Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Les Balkans (et la Hongrie), Janvier 1944
Aller à la page Précédente  1, 2, 3 ... 6, 7, 8 ... 15, 16, 17  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Europe du Sud
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 4023
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 10:37    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Alliée? Think

Oui, c'est une radio d'intox qui pratique la psychologie inversée.
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 3217
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 10:43    Sujet du message: Répondre en citant

Ah? J'avais pas tout compris jusqu'ici, alors... Embarassed
_________________
"Arrêtez-les: Ils sont devenus fous!"
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
houps



Inscrit le: 01 Mai 2017
Messages: 2162
Localisation: Dans le Sud, peuchère !

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 11:03    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
14 janvier
La campagne des Balkans

[b]Noirs soldats, noirs projets
Dakovo (Croatie)
– Après presqu’un mois de repos et de reformation, la redoutée Légion Noire du général Rafael Boban est enfin de nouveau opérationnelle. Cette unité a perdu beaucoup de son crédit auprès du Poglavnik depuis les événements de Belgrade… sans parler du fait que la tête de son chef a été mise à prix par le gouvernement royal depuis le massacre de Bubanj.
Toutes les forces armées oustachies dites régulières sont accaparées par Brzo ou mises à la disposition des Allemands.
Et de fait, désormais tout le monde en Croatie attend la suite.




Le discours d’un roi débutant
Belgrade


On peut s’étonner que de si importants travaux aient été menés en période de reconstruction, où l’argent manquait tant – mais le symbole était d’importance et la situation politique avait bien changé depuis…
!

_________________
Timeo danaos et dona ferentes.
"Les étudiants entrent à l'université persuadés de tout savoir. Ils en ressortent persuadés de ne rien comprendre. Où est passé le savoir ? A l'université, où on le sèche pour l'entreposer et en prendre soin."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 13217
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 11:59    Sujet du message: Répondre en citant

Le IK 3 fait 520 km/h et une structure mixte bois-métal. Il est plus que dépassé en 44. Très sincérement, ca serait une gageure. Mais j'aime bien cet avion, je l'ai en maquette (peint à la truelle mais je l'ai). Donc..
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15565
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 12:13    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux relecteurs / correcteurs.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Bob Zoran



Inscrit le: 19 Nov 2017
Messages: 292

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 13:53    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
14 janvier
La campagne des Balkans

15 janvier




A l’est, rien de nouveau ?
Kremlin (Moscou)
– Le bureau du maréchal Staline reçoit une nouvelle dépêche en provenance de Londres – sensiblement moins aimable que la précédente. En effet, Sir Anthony y exprime « au nom du gouvernement de Sa Majesté, sa plus vive préoccupation quant aux événements survenus hier samedi 15 janvier 1944 aux environs de Mihajlovac (Yougoslavie). Ces agissements, qui constituent une douloureux faux-pas dans les relations que nos deux Nations entretiennent et dans la lutte qu’elles mènent conjointement contre le Reich, réclament de votre part une réaction rapide et salutaire. Nous restons bien sûr pleinement convaincus du caractère purement accidentel de ce désagréable incident, qui ne saurait nullement à lui seul entacher la chaleur de nos relations. Toutefois, nous estimons que cet épisode rend d’autant plus nécessaire la rencontre bilatérale que nous vous proposons d’organiser sous peu. Dans cette attente, nous ne doutons pas que vos services sauront faire vis-à-vis des nôtres les gestes appropriés pour rapprocher le jour de notre Victoire commune. »

La bêtise de ses subordonnés en Bulgarie fragilise donc son assise et donne à son patron une accusation qu’il n’a même pas à inventer !
– Un détachement de garde-frontières de la 140e Division d’Infanterie [Dite Division de Sibérie, formée à Novossibirsk à l’été 1942 à partir de sections du NKVD.] [i]commandé par le lieutenant Iolkov était effectivement déployé sur la frontière ouest de la Roumanie pour interdire toute intrusion de saboteurs ou d’espions fascistes – après plus de deux ans d’occupation allemande, ils pullulent en Yougoslavie.


Petit problème de date.
Et en Bulgarie ou en Roumanie pour l'incident de frontière?
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15565
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 14:01    Sujet du message: Répondre en citant

En effet, il fallait lire "Hier vendredi 14 janvier" et "ses subordonnés en Roumanie".
Merci.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hardric62



Inscrit le: 20 Avr 2019
Messages: 218
Localisation: Dijon

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 15:21    Sujet du message: Répondre en citant

Eh bien, ça promet pour la Yougoslavie, tout ça... J'espère pour Tito qu'il va être en forme, car la situation a l'air... relativement difficile.
Et Von Weichs... Puisqu'il parle de tours de magie, j'ai l'impression que les Alliés risquent de faire disparaître tout son front dès que la situation logistique le permettra.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 11889

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Le IK 3 fait 520 km/h et une structure mixte bois-métal. Il est plus que dépassé en 44. Très sincérement, ca serait une gageure. Mais j'aime bien cet avion, je l'ai en maquette (peint à la truelle mais je l'ai). Donc..


note que peu importe les performances, si on fait une escadrille de voltige / démonstration avec ces oiseaux... une petite douzaine, juste pour la gloire...
_________________
Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 13217
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Avr 22, 2019 17:57    Sujet du message: Répondre en citant

Oui enfin relancer une ligne de production par terre pour 5 oiseaux. Ils ont presque tous été détruit lors de 'Chatiment', en s'opposant courageusement à la LW. Après, une idée plus proche de nous pt ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Lascaris



Inscrit le: 21 Avr 2019
Messages: 17

MessagePosté le: Mar Avr 23, 2019 00:26    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:


Maux de tête
Athènes (GQG de la place Syntagma)
– Pendant que certains prennent des vacances, un homme se désolé de devoir gérer seul (ou presque) le chaos des Balkans : Sylvestre Audet. Le général français (qui ignore encore qu'il va être appelé à d'autres responsabilités) assure l’intérim, théoriquement en tandem avec son collègue Panagiotis Spiliotopoulos.

...

10 janvier
La campagne des Balkans
Migrations contraintes
Kosovo
– Du côté allié de la ligne de front, et dans une ambiance pluvieuse et pas moins maussade que celle que subissent les Jägers, le 2e CA grec de Georgios Tsolakoglou arrive dans la vallée des Merles,


Uhm... moment here. What is Spiliotopoulos doing as commander in chief of the Greek army and what is Tsolakoglou doing leading a corps into Kosovo?

Ok Tsolakoglou did not surrender to the Germans and did not end as a somewhat unwilling collaborationist in FTL. But the man had leukaemia from which he died in 1948. Sounds to me a pretty good reason to retire him.

As for Spiliotopoulos he was a colonel in 1940 and as such commanded XV infantry division later in the war. But while pretty good at the job the Greek army had loads of officers his senior and in many cases more capable both royalist and republican. In OTL he found himself in command of Athens in 1944 because most other officers his rank and above had become unavailable for one reason or other (not in Athens, with the partisans, with the army in exile, captured by the Germans, surrendered to the Germans and so on)

But in FTL this has been hardly the case. So what's a colonel even if promoted is doing in command of the army? When you have around to pick from three former army chiefs (Pangalos, Othonaios, Katheniotis), several 1940 corps commanders (frex Kosmas, Demestichas and Pitsikas) several 1940 division commanders senior to him and with a better war record (frex Vrachnos, Katsimitros and Stanotas) and a multitude of returned republican officcers on top of that?
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15565
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Avr 23, 2019 08:01    Sujet du message: Répondre en citant

About Tsolakoglou - if he died from leukaemia in 1948, he was probably in fairly good health in 1944 (I mean, at this time, you didn't last very long with leukemia).

About Spiliotopoulos - he is not commander-in-chief. He is army corps general, representing Greek army in Montgomery's headquarters.

More answers will come from Demo Dan.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 13217
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Mar Avr 23, 2019 09:24    Sujet du message: Répondre en citant

As Casus Said, Tsolakoglou di not fail indeed. He was a army commander in 1941 - we found it logical to place him as Army Corps Commander. I don't think he was so old to retire. And Spiliotopoulos is not at all a army commander - he is the greek représentative at Montgomery's side (and gave him quite a few headaches during liberation but that other matters ...). For the more general aspect, please considerer my answer on the other topic.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15565
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Avr 23, 2019 11:05    Sujet du message: Répondre en citant

Je poursuis… compte non tenu d'éventuels changements de noms dans le commandement grec.


16 janvier
La campagne des Balkans
Migrations contraintes
Podgorica (Monténégro)
– Alors que les troupes oustachies embrigadées dans la Heer continuent leurs manœuvres, Hellmuth Felmy et son état-major préparent leurs cartons dans une atmosphère de sérénité inusitée. Les Partisans sont calmes, l’aviation alliée clouée au sol par la neige et avec le temps qu’il fait, on ne risque même pas des reconnaissances ! La preuve : il pleut encore en Hongrie. Sous un ciel de plomb, les Allemands continuent donc de se préparer à déléguer le contrôle du Monténégro aux Croates – une façon polie de dire qu’ils s’en débarrassent.

A l’est, du nouveau
Kobišnica (frontière roumano-yougoslave)
– Le brigadier Sir Godfrey Rhodes a fait préparer son paquetage (et ceux de ses plus proches adjoints) pour une longue virée au pays des Soviets – enfin, au pays contrôlé par les Soviets. Pas pour faire du tourisme, non – le Canadien connaît déjà bien le pays, il a tout de même dirigé les chemins de fers bulgares et il n’est de toute façon pas vraiment d’humeur. Dans son nécessaire, on ne trouve donc pas trop de guides ou d’appareils photos. Mais bien des cartes d’état-major, des piles de rapports et deux théodolites précieusement remisés à l’arrière de son camion !
Rhodes n’a pas oublié d’emporter quelques fusils Lee-Endfield et une Bren – après l’incident d’il y a deux jours, on n’est jamais trop prudent. Le Bedford, fortement escorté, s’avance jusqu’à la frontière où une délégation en uniformes bleus paraît l’attendre d’un air parfaitement neutre. « Tenez-vous prêts à décamper si jamais ça se passe mal » souffle Sir Godfrey au chauffeur. Ce dernier acquiesce, quand le lieutenant soviétique – une nouvelle tête, on dirait – fait signe de s’arrêter.
Mais par la suite, tout se passera bien. Toujours serrée de près par le NKVD, mais en parfaite sécurité, l’équipe d’investigation alliée circulera une pleine semaine dans l’est, rapportant des informations capitales pour la suite des travaux.
………
« La ligne de chemin de fer à grande vitesse Budapest-Belgrade-Skopje-Athènes, financée à égalité par des fonds européens et chinois et achevée l’an dernier, vient d’être officiellement mise en service après des essais techniques poussés, au terme d’une cérémonie transnationale associant les six gouvernements concernés (de la Hongrie à la Grèce en passant par la Serbie, la Macédoine, la Bulgarie et la Roumanie). Cette voie n’atteint évidemment pas la vélocité des équipements français, allemands ou japonais (200 km/h de moyenne). Elle n’en est pas moins un outil de développement précieux, « à même de favoriser les échanges entre les nations de cette région du globe, et ainsi de contribuer à un avenir commun de paix et de prospérité » selon les termes du commissaire européen au Développement, le Croate Neven Mimica. Ce dernier a par ailleurs souligné le fait que « l’aboutissement de ce projet constitue l’épilogue d’une page douloureuse et tourmentée des Balkans et la reconversion à des fins pacifiques d’installations conçues pour aider des régimes qui ne le furent pas forcément. » Des propos qui ont immédiatement fait polémique à Belgrade, dont les relations sont toujours plus que tendues avec Zagreb… » (Le Monde, édition du 17 avril 2014, pages “International”)

Enthousiasme sincèrement intéressé
Moscou
– L’ambassadeur d’URSS en Yougoslavie Viktor Plotnikov, bien qu’officiellement sans affectation depuis 1941, annonce par télégramme au ministre des Affaires étrangères Momčilo Ninčić son « retour dans les plus brefs délais sur le territoire yougoslave, afin de rétablir des relations bilatérales et égalitaires entre nos deux Nations et de favoriser la réconciliation nationale entre le gouvernement de Sa Majesté Pierre II et l’AVNOJ de Monsieur Ibar. » Cette formulation fait évidemment bondir le responsable yougoslave, sans que ce dernier ose toutefois aller jusqu’à annuler les lettres de créance du Soviétique. En effet, l’URSS vient de signifier à Belgrade, de la plus explicite des manières, qu’elle considérait équivalentes les légitimités de Tito et Pierre II à diriger le pays !
Il semble donc bien que la démarche de Léon Blum – fort heureusement inconnue du Roi et de son gouvernement – ait eu l’effet inverse de celui escompté. Loin de pousser les communistes à la négociation, le Français a ragaillardi Moscou et le Komintern, en montrant que les Occidentaux se méfiaient du roi de Yougoslavie. La France a donc fait entrer l’Ours Rouge dans la bergerie, et le pesant animal s’efforce désormais avec sa proverbiale subtilité de parvenir à ses propres objectifs. Dans les couloirs du Quai de la Joliette comme de la Rue Michelet, on ironisera beaucoup (mais à mots couverts) sur cette curieuse maladresse d’un ministre réputé proche des communistes. Mais, polémique ou pas, une chose est certaine : le gouvernement royal a désormais des raisons de douter de son avenir… et de ses alliés.

Et pendant ce temps-là, sur les ondes
Balkans
– “A duna hullám” et “Az Igazi Magyar” poursuivent leurs émissions à destination de la Hongrie, qui semble de plus en plus incertaine de son alignement – une hésitation qu’il convient évidemment de décourager, au nom du Führer ! Au menu de ce soir donc, les événements de la Noël 1942 en Italie et de septembre 1943 en Bulgarie. Deux occurrences hautement bénéfiques pour la réputation du Reich et l’estime que chaque Hongrois porte (bien sûr) au Landser qui risque sa vie pour défendre Budapest du péril Rouge…


17 janvier
La campagne des Balkans
Manœuvres obscures
Lukavec (Etat indépendant de Croatie)
– Toujours sous l’égide de Mladen Lorković, la conjuration croate – car c’est désormais le nom qu’on peut lui donner – continue discrètement de recruter, par l’intermédiaire du ministre des Transports et des Travaux publics, Ante Vokić. Celui-ci a réalisé, ces dernières semaines, trois prises de choix étroitement liées entre elles.
D’abord, August Košutić, du Parti paysan croate, ancien ministre de la construction sous Uzunović et héroïque aviateur de la Première Guerre Mondiale, qui a toute une série d’excellentes raisons d’en vouloir aux Serbes – tout comme à Pavelic d’ailleurs, qui ne lui a jamais vraiment fait confiance et l’a emprisonné à plusieurs reprises entre 1941 et 1942. Košutić est extrêmement déçu de l’attitude hégémonique, voire dictatoriale, du Poglavnik – il n’aura donc aucun scrupule à le trahir si cela permet à la Croatie de survivre au conflit. Dans ce but, il mène depuis l’année dernière une très discrète campagne politique destinée à promouvoir son “patron” Vladimir “Vladko” Maček (actuellement en résidence surveillée) comme une alternative crédible à Pavelic, pour les Occidentaux comme pour la garde nationale oustachie.
Ensuite, il y a Ljudevit Tomašić, autre ancien parlementaire du Parti paysan croate et adjoint d’August Košutić. Sa discrétion confinant à l’insignifiance peut servir la cause – d’ailleurs, il serait paraît-il déjà en contact avec les Alliés (ou plutôt avec les Partisans du NVOJ) pour négocier sa tête et celles de ses patrons contre de multiples informations utiles à Tito.
Enfin, il y a Ivanko Farolfi, le jeune et dynamique ancien maire de Vis, chassé de son poste par les Italiens. Il dirige un réseau politique et de diffusion de tracts plus que confidentiel et négocie lui aussi depuis un certain temps avec les communistes, sans pour autant oser franchir le Rubicon (et sans non plus que ses contacts daignent le considérer comme un égal…).
Toutes ces personnalités, nationalistes et opportunistes, sont rassemblées par le souhait de voir une Croatie indépendante survivre au conflit et par la certitude que seul le fanatisme d’Ante Pavelic y ferait obstacle, tandis que leurs propres profils seraient évidemment tout à fait acceptables pour les Occidentaux. Leur aveuglement est bien du même ordre que celui de certains conspirateurs allemands anti-nazis…
Depuis sa cachette de Lukavec, Lorković continue donc d’organiser la conjuration. Il est convenu que Farolfi prendra contact directement avec les Occidentaux, éventuellement via les Partisans, les services secrets français ou même grecs (réputés plus neutres) afin de tenter de négocier une sortie du conflit. Sortie qui permettra évidemment d’effacer d’un trait de plume toutes les horreurs commises ces trois dernières années.
Tomašić, de son côté, tentera de rallier à la cause un maximum d’officiers, de responsables administratifs et de chefs du Parti, en mettant à profit le réseau d’August Košutić. Le tout sous la bienveillante égide d’Ante Vokić – lequel s’est pourtant largement sali les mains pour Pavelic. Mais ne dit-on pas que « c’est dans la nature de l’Homme de fabriquer des monstres et c’est dans celle des monstres de détruire leurs créateurs » ?

Machinations serbes
Aérodrome avancé de Leštane (sud de Belgrade)
– Moins d’un mois après la libération de Belgrade, le gouvernement royal yougoslave (il semble bien qu’il faille désormais préciser “royal”) fait un retour triomphal sur le territoire national.
Enfin, le terme “triomphal” n’est peut-être pas le plus adapté – en effet, depuis Bubanj et la révélation des atrocités commises par les Oustachis, les liens entre les ministres des différentes ethnies se sont sensiblement relâchés. On pourrait même parler d’ostracisme envers les deux Croates Juraj Krnjević et Juraj Sutej… Sans d’ailleurs que ceux-ci paraissent s’en offusquer outre mesure.
En effet, et c’est bien là le drame des Croates loyalistes, l’incrédulité devant l’énormité des crimes commis par les Oustachis et la tentation de les mettre en balance avec les nombreuses exactions des Tchetniks ont entrainé chez eux une espèce de sursaut national qui se manifeste par une fierté bravache. Ainsi, Krnjević a écrit en personne l’hiver dernier aux dirigeants du Parti paysan croate (son propre parti, allié des Oustachis !) pour lui demander « d’arrêter la grande politique et de tenter de réduire au minimum l’inévitable occupation [sic !] alliée », de « faire tout ce qui est possible pour éliminer Draža [Mihailovic, encore bien vivant à l’époque] ou au moins pour le forcer à coexister avec nous » et surtout, de « coopérer avec les Serbes qui luttent sincèrement et équitablement [y en aurait-il d’autres ?] » pour « montrer la résistance du peuple croate [et non pas yougoslave !] ». Des propos équivoques, qui ont achevé de nourrir les soupçons des Serbes les plus nationalistes…
Evidemment, les Alliés ne voient pas les choses du même œil et restent convaincus que les Croates royalistes sont sincèrement attachés à la Yougoslavie et au roi Pierre II, malgré leur désolant aveuglement envers Pavelic, dont ils minimisent encore la nocivité. Et puis… ils pourraient aussi constituer une porte d’entrée commode vers le cœur de l’Etat indépendant croate, afin de permettre sa désintégration sans combats. Toutefois, les Serbes les plus remontés par les événements des derniers mois, au premier rang desquels on trouve bien sûr Petar Živković ou Momčilo Ninčić, semblent bien ne pas l’entendre de cette oreille. D’ailleurs, et comme un symbole évident de dédain, voire de mépris, Pierre II Karađorđević n’a pas daigné accueillir son vice-président du Conseil et son ministre des Finances à leur descente d’avion…

Enthousiasme sincèrement intéressé
Moscou
– L’ambassadeur Viktor Plotnikov continue de mettre avec entrain les pieds dans le plat de la… macédoine yougoslave. Balayant d’un revers de main des mois de négociations menées par Momčilo Ninčić, il indique au royaume de Yougoslavie que l’URSS « ne saurait en l’état signer le traité d’amitié et de partenariat proposé par le gouvernement royal de Belgrade, tant que les relations de ce dernier avec l’AVNOJ de Monsieur Ivan Ribar [citer le président de l’AVNOJ évite bien sûr de parler de Tito] n’auront pas été clarifiées. De même, il est bien évident que le pacte de non-agression signé le 5 avril 1941 par le Maréchal Staline [qui n’était pas maréchal à ce moment, mais qu’importe] ne saurait s’appliquer qu’après un règlement pacifique de la situation politique yougoslave, intégrant pleinement les revendications légitimes de l’ensemble de sa population afin de démontrer la complète représentativité du gouvernement yougoslave. »
A l’évidence, l’ours soviétique se fait de moins en moins subtil, allant presque jusqu’à menacer de reconnaitre l’équipe de Josip Broz comme légitime à la place du gouvernement de Pierre II. Par cette pression pour le moins virile, il espère assurément amener le jeune roi à la table des négociations, dans une configuration très favorable au partenaire local de Moscou. Le tout d’ailleurs, sans que les capitales occidentales protestent vraiment – pour ces dernières, le mal étant déjà fait, il paraît encore préférable que ce soit Moscou qui joue le rôle du “méchant flic” pour ramener Belgrade à la raison.
Tout cela, l’ambassadeur yougoslave à Moscou, Stanoje Simić, va passer de longues heures au téléphone pour tenter de l’expliquer à son gouvernement – sans forcément convaincre. A Alger, puis à Belgrade, les royalistes ont depuis longtemps jugé qu’il était désormais bien plus proche des communistes que de son ministère. Ce qui est exact, mais n’enlève vraiment rien à la pertinence de son argumentation…

De Sparte à Teutoburg (capitaine Pierre Percay)
Des objets naissent les émotions
Belgrade
« A la joie enfiévrée du Nouvel An avait succédé une forme de désillusion fort prévisible durant ces longues périodes d’inaction. Toujours coincé entre mes compatriotes réticents et la troupe hostile des Serbes, je commençais à trouver le temps un peu long – si j’avais su ce que l’année 1944 allait m’offrir, j’aurais sans doute compris que je mangeais alors mon pain blanc.
Errant durant ce froid mois de janvier de ruines en camps et de forteresses en taudis, je finis par tomber sur un marchand de souvenirs particulièrement louche, installé dans les restes du quartier de Viline Vod, qui avait été ravagé par la soldatesque du Reich. L’individu, qui prétendait avoir contribué à l’insurrection patriotique du mois dernier, exhiba devant moi tout un appareil d’objets provenant de nos adversaires : ceinturons, drapeaux, armes, effets personnels…
Inutile, bien sûr, de tenter de connaitre la provenance de ce fatras – tout juste réussis-je à apprendre que l’homme avait son réseau jusqu’à Salonique, où un dénommé “Achille” l’approvisionnait en biens divers. Bah – les Méridionaux ! Je fis donc, après d’âpres négociations, l’acquisition d’un drapeau nazi (qui serait un souvenir glorieux si l’on persistait à me refuser le droit de me battre) et d’un pick-up à aiguille Deutsch Grammophon accompagné de deux ou trois disques. Rentrant sous ma tente, j’entrepris d’écouter – au hasard – le premier de la pile.
C’était un disque de Zarah Leander, tiré du film Première je crois. La musique sensuelle et triste envahit mon pauvre espace – combien de temps avant qu’elle attire Augagneur ou Dennoyeur ? « Merci mon ami, es war wunderschön, Tausend Dinge möchte' ich Dir noch sagen, Liebling wir müssen und wiederseh'n, Es war ja so schön Vielleicht kannst, Du heut mich nicht ganz versteh'n, Nächstes Mal da werd' ich alles fragen… » Rien à faire : l’allemand restait une langue agréable à écouter, si l’on se donnait la peine de la chanter et non pas de l’aboyer comme un sergent bavarois rabrouant des prisonniers. Gashi me manquait… »


Tito le magnanime
Région de Sjenica (Yougoslavie)
– Au quartier général de Tito, et alors que le petit incident entre Herta Haas et “Zdenka” est – semble-t-il – oublié depuis longtemps, Josip Broz reçoit son vieux complice Svetozar Vukmanović “Tempo”, pour évoquer les pénibles événements de l’année dernière et les ambitions déçues du camarade Hoxha.
“Tempo” n’en mène pas large – il sait que ses initiatives en Macédoine ou en Albanie n’ont pas vraiment été appréciées du “Vieux” (comme l’appellent ses plus proches camarades). Pourtant, Vukmanović ne pensait vraiment pas à mal, quoi que puisse en dire cet infect réactionnaire polonais, envolé depuis. Non, s’il a tenté d’unifier le PC macédonien et le LNÇ dans une action commune, c’était pour faire front face aux troupes capitalistes polonaises, qui ont causé tant de difficultés aux camarades de l’ELAS. Car enfin, le conflit entre dans sa phase finale ! C’est l’occasion tant attendue pour lancer enfin la révolution à travers tous les Balkans, de Sofia (où la glorieuse Armée Rouge a déjà fini le travail), jusqu’à Zagreb, Ljubljana et même au-delà. “Tempo” ne mûrit donc pas d’ambitions personnelles, mais souhaite simplement défendre le LCY… et son président Josip Broz “Tito”.
Face à lui, le président en question reste peu disert et le considère du regard perçant de ses yeux bleu très clair. Lui et Vukmanović se connaissent depuis bientôt dix ans – ce sont plus que des amis, ce sont des camarades de lutte. Il sait bien que ses camarades (et subordonnés) prennent parfois des initiatives contre-productives, dont il garde à l’esprit de trop nombreux exemples. Il se rappelle notamment la désastreuse tentative menée en 1941 par le comité central du PCC de ce cher Hebrang pour libérer les intellectuels communistes détenus par les Oustachis à Kerestinac – l’affaire avait été si mal préparée que 68 otages avaient trouvé la mort durant l’assaut. Il se rappelle aussi les exécutions de koulaks réalisées en 1941-1942 par Milovan Đilas, quand ce dernier jugeait que l’invasion allemande permettrait au Monténégro de se purger de ses parasites sociaux. Pour donner plus de publicité à son geste, il était allé jusqu’à publier un bulletin reprenant sur deux ou trois pages les noms des condamnés et précisant « la suite au prochain numéro » – évidemment, la principale conséquence de cette imbécilité avait été de jeter le prolétariat dans le bras des tchetniks de Mihailovic…
Tout cela, Tito l’a pardonné – et à côté d’elles, les incartades de Tempo sont presque des bévues d’enfant. Aussi, alors que son camarade cherche à faire son autocritique sans s’humilier, le secrétaire général prend son air le plus glacé pour le convier à une simple balade en forêt. Quand elle prendra fin, les deux hommes auront parlé de tout et de rien, et Tempo pourra repartir, heureux et léger… comme un enfant.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 11875

MessagePosté le: Mar Avr 23, 2019 11:14    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
« c’est dans la nature de l’Homme de fabriquer des monstres et c’est dans celle des monstres de détruire leurs créateurs » ?

En Yougoslavie, le docteur Frankenstein aurait eu beaucoup beaucoup, beaucoup de travail, s'il avait du créer tout seul tous les monstres qui ont été lâchés sur le monde.
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Europe du Sud Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page Précédente  1, 2, 3 ... 6, 7, 8 ... 15, 16, 17  Suivante
Page 7 sur 17

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com