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gryffon2a
Inscrit le: 08 Mar 2019 Messages: 16 Localisation: Corse
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 12:46 Sujet du message: |
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Ne t'inquiète pas requesens moi non plus je n'ai jamais joué à un wargame papier après sur ordinateur là ... entre heart of iron et red dragon  |
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Wardog1

Inscrit le: 29 Aoû 2015 Messages: 1239 Localisation: Puy de Dome,France
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 13:09 Sujet du message: |
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A les wargames, quel plaisir de pouvoir annexer l’Allemagne et l'urss en jouant la Pologne dans HOI4! _________________ "You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."
Larry Foulke |
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requesens
Inscrit le: 11 Sep 2018 Messages: 1640
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 13:21 Sujet du message: |
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| gryffon2a a écrit: | Ne t'inquiète pas requesens moi non plus je n'ai jamais joué à un wargame papier après sur ordinateur là ... entre heart of iron et red dragon  |
Oui mais moi c'est pire, je n'ai jamais joué à un wargame, ni sur PC, ni sur papier ni sur tablette d'argile ou papyrus, . _________________ "- Tous les allemands ne sont pas nazis, monsieur !
- Oui, je connais cette théorie, oui." |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 13:26 Sujet du message: |
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| requesens a écrit: | | patzekiller a écrit: | il s'agit d'un wargame à l'echelle tactique (Tactical Combat Serie de Gamers), qui retrace/simule les combats de l'Azul à krasni bor
les pions représentent une section ou un véhicules (il y en a plus de 1000) et le systeme marche avec des feuilles d'ordre |
Je n'ose avouer...non pas les legumes pourris...que je n'ai jamais...non pas le goudron...joué à un wargame de ma vie….non pas les plumes….même ceux pour primo débutant agé de moins de 12 ans...non pas dans le lac avec des poids aux pieds ! |
pas de honte à avoir, ça nous ramène juste à un commentaire récent sur les lecteurs de Jeux et Strategie ou Casus Belli dans les années 80 par rapport au profil moyen des intervenants sur ce forum.
d'un autre coté, le sujet revenant régulièrement à l'occasion de sondages d'age sur strategikon : on est de plus en plus des dinosaures...autre temps, autres mœurs 8) _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13215 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 13:34 Sujet du message: |
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Et Vae Victis Patz  _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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requesens
Inscrit le: 11 Sep 2018 Messages: 1640
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 13:34 Sujet du message: |
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| patzekiller a écrit: | | requesens a écrit: | | patzekiller a écrit: | il s'agit d'un wargame à l'echelle tactique (Tactical Combat Serie de Gamers), qui retrace/simule les combats de l'Azul à krasni bor
les pions représentent une section ou un véhicules (il y en a plus de 1000) et le systeme marche avec des feuilles d'ordre |
Je n'ose avouer...non pas les legumes pourris...que je n'ai jamais...non pas le goudron...joué à un wargame de ma vie….non pas les plumes….même ceux pour primo débutant agé de moins de 12 ans...non pas dans le lac avec des poids aux pieds ! |
pas de honte à avoir, ça nous ramène juste à un commentaire récent sur les lecteurs de Jeux et strategie ou casus belli dans les années 80 par rapport au profil moyen des intervenant sur ce forum.
d'un autre coté, le sujet revenant régulièrement à l'occasion de sondages d'age sur strategikon : on est de plus en plus des dinosaures...autre temps, autres mœurs 8) |
En fait je n'aime pas les jeux, ni de strategie ni de course de voiture, ni de pilotage ni de je ne sais quoi...Grace a mon activite professionnelle j'ai souvent reçu des jeux en beta-test pour le plus grand bonheur de ma fille, qui apres les avoir teste, soit les gardait soit les offrait car "jeu de garçon", à la notable exception d'assassin creed dont elle est une fan absolue. _________________ "- Tous les allemands ne sont pas nazis, monsieur !
- Oui, je connais cette théorie, oui." |
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gryffon2a
Inscrit le: 08 Mar 2019 Messages: 16 Localisation: Corse
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 14:06 Sujet du message: |
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Pour moi la meilleure chose sur hoi 4 c'est de jouer la Finlande et de faire une pseudo ligne maginot sur toute la frontière et voir les russes se briser dessus. Ou jouer la France et gagner la guerre en creant les république d'Allemagne et d'Italie  |
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Etienne

Inscrit le: 18 Juil 2016 Messages: 3217 Localisation: Faches Thumesnil (59)
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 14:19 Sujet du message: |
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| requesens a écrit: | | patzekiller a écrit: | il s'agit d'un wargame à l'echelle tactique (Tactical Combat Serie de Gamers), qui retrace/simule les combats de l'Azul à krasni bor
les pions représentent une section ou un véhicules (il y en a plus de 1000) et le systeme marche avec des feuilles d'ordre |
Je n'ose avouer...non pas les legumes pourris...que je n'ai jamais...non pas le goudron...joué à un wargame de ma vie….non pas les plumes….même ceux pour primo débutant agé de moins de 12 ans...non pas dans le lac avec des poids aux pieds ! |
Je te rassure, tu n'es pas le seul.  _________________ "Arrêtez-les: Ils sont devenus fous!" |
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requesens
Inscrit le: 11 Sep 2018 Messages: 1640
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 14:24 Sujet du message: |
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| Etienne a écrit: | | requesens a écrit: | | patzekiller a écrit: | il s'agit d'un wargame à l'echelle tactique (Tactical Combat Serie de Gamers), qui retrace/simule les combats de l'Azul à krasni bor
les pions représentent une section ou un véhicules (il y en a plus de 1000) et le systeme marche avec des feuilles d'ordre |
Je n'ose avouer...non pas les legumes pourris...que je n'ai jamais...non pas le goudron...joué à un wargame de ma vie….non pas les plumes….même ceux pour primo débutant agé de moins de 12 ans...non pas dans le lac avec des poids aux pieds ! |
Je te rassure, tu n'es pas le seul.  |
Ouf, sauvé
Je craignais de me retrouver dans le lac avec des poids aux pieds car comme tout le monde le sait elles sont boueuses en cette saison  _________________ "- Tous les allemands ne sont pas nazis, monsieur !
- Oui, je connais cette théorie, oui." |
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Etienne

Inscrit le: 18 Juil 2016 Messages: 3217 Localisation: Faches Thumesnil (59)
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 14:55 Sujet du message: |
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On n'aura peut-être que le fouet, mais il n'est pas encore sec.
 _________________ "Arrêtez-les: Ils sont devenus fous!" |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 15:38 Sujet du message: |
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Pour sa part, le Capitaine n'a jamais joué à autre chose que les jeux en encart du magazine "Vae Victis", le reste coutait trop cher et il a toujours manqué cruellement de partenaires de jeu. Au point de jeter l'éponge il y a quelques années et de ne même plus acheter le magazine. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 18:13 Sujet du message: |
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pourtant, il suffit de regarder sur strat, vers tours, y'a du monde et des conventions _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11889
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Posté le: Lun Avr 08, 2019 19:02 Sujet du message: |
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| requesens a écrit: | | patzekiller a écrit: | il s'agit d'un wargame à l'echelle tactique (Tactical Combat Serie de Gamers), qui retrace/simule les combats de l'Azul à krasni bor
les pions représentent une section ou un véhicules (il y en a plus de 1000) et le systeme marche avec des feuilles d'ordre |
Je n'ose avouer...non pas les legumes pourris...que je n'ai jamais...non pas le goudron...joué à un wargame de ma vie….non pas les plumes….même ceux pour primo débutant agé de moins de 12 ans...non pas dans le lac avec des poids aux pieds ! |
Ah mais moi non plus, j'ai découvert le terme "wargame" sur ce forum il y a 12 ans.
Bref je fait ce coming-out sans honte. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15564 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Avr 09, 2019 09:40 Sujet du message: |
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Velikaya Krucha (secteur nord), 22h00 – La lutte avait diminué d’intensité mais des obus continuaient à tomber à intervalles irréguliers. Doucement, il revint à la réalité, se redressa – rassuré, il devina des silhouettes dans les trous voisins. Des bribes de conversation en castillan lui parvinrent. La nuit était jeune, il devait aller aux ordres et se renseigner. Mais avant, il allait faire le tour de ses hommes afin d’essayer de les réconforter. Il s’extirpa lentement du trou dans lequel il avait dormi.
Il n’entendit pas l’explosion, une main énorme se saisit de lui par derrière, il eut l’impression de s’envoler, tout était lent, il ne souffrait pas. C’était donc ça la mort ? Ce n’était ni rouge, ni bleu, ni même froid – par contre, un silence absolu régnait, il n’entendait rien. C’était trop bête, mourir ici et de cette façon. De la terre et des cailloux volaient autour de lui. Cela dura une éternité.
Le choc sur le sol fut brutal. Après un moment qui lui sembla très court, il vit des visages se pencher au-dessus de lui, des mains l’agrippaient, le retournaient, le palpaient. Garcia, déguisé en Peau-Rouge de western, arborait un magnifique bandeau, qu’avait-il à s’agiter ainsi ? Il disait quelque chose, pourquoi ne l’entendait-il pas ? Pourquoi n’entendait-il rien, d’ailleurs… ? Peu à peu, cependant, il commença à percevoir une sorte de bourdonnement qui allait croissant, comme si des insectes s’étaient installés dans sa tête.
– Tu m’entends ?
– Mais oui je t’entends !
– Infirmier, par ici ! – Comment vas-tu ? A priori tu n’as que des égratignures, mais il vaut mieux vérifier, tu as eu énormément de chance. Tu pourras aller mettre un cierge dans la prochaine église que tu verras !
Les yeux de Garcia reflétaient l’inquiétude et le soulagement : « L’obus est tombé pratiquement dans le trou que tu venais de quitter. Si tu n’avais pas bougé tu ne serais plus là. »
L’infirmier arriva, l’examina : « Félicitations caporal, vous n’avez rien de cassé, je vais panser quelques petites blessures et vous serez bon pour retourner auprès de vos hommes. »
Ils l’installèrent dans un autre abri, où une boîte métallique remplie de terre imprégnée d’essence brûlait en diffusant une légère chaleur, une bâche faisait office de toit. Selon les critères du front, l’ensemble était confortable !
– Nous sommes en train de lever le camp, les sapeurs piègent tout ce qu’ils peuvent, les derniers laisseront derrière eux un véritable champ de mines. Reprends tes esprits et nous irons chercher Escriva.
De là où il était, il voyait passer par l’ouverture de la toile les bottes de ceux qui se repliaient, les démarches étaient lourdes, fatiguées. Il sourit, ces soldats lui rappelaient le plan de ce film soviétique qu’il avait vu à Barcelone, “Le cuirassé Potemkine”, les bottes qui descendaient l’escalier et qui ne s’arrêtaient que pour tirer sur la foule.
Au loin, les échanges de tirs continuaient, les fusées éclairantes illuminaient les ruines de la petite ville et les milliers de cadavres que la mort et froid avaient saisi. D’abord passaient les rescapés des unités qui avaient été détruites dans la journée, puis ce serait leur tour.
Le temps s’écoulait, indifférent aux préoccupations des hommes. Les survivants des compagnies lourdes passèrent avec leurs mortiers démontés. Les hommes de son peloton se montraient nerveux et venaient aux nouvelles : « Quand partons-nous caporal ?... Bientôt, bientôt, ne vous en faites pas… Que se passe-t-il, tous font leurs bagages et nous restons là ?... Ça va être notre tour… Caporal, il est presque 01h00 heure et nous ne bougeons pas, même les gars de la première ligne commencent à décrocher… » Luis n’avait plus de réponse à donner, il ne comprenait pas ce qui se passait.
Garcia arriva, l’air soucieux : « Tu vas mieux, tu peux te lever ? Alors viens, il se passe quelque chose, Monasterio veux nous voir. Escriva est avec lui et nous sommes convoqués dans son bureau. Avant que tu le demandes, je ne sais pas pourquoi. »
Luis se mit sur pied péniblement.
Ils se dirigèrent vers un bâtiment situé à côté de ce qui avait été l’état-major de la Division. Des camions et des Kübelwagens dont les moteurs tournaient stationnaient devant le bâtiment, des soldats chargeaient des caisses et des meubles, des officiers s’entassaient dans les voitures, les chauffeurs essayaient de ne pas oublier de bagages et tous filaient vers le nord. Un grand feu alimenté par des documents jetés à pleines mains éclairait le chaos ambiant. Les deux hommes regardaient le spectacle avec tristesse et dégoût.
– Ils partent tous alors que des centaines d’hommes sont encore là à affronter les Russes !
Garcia était révolté.
Les deux sous-officiers frappèrent à une porte, entrèrent et se figèrent au garde à vous. A l’intérieur, l’atmosphère était étrange. Monasterio et Escriva se faisaient face, leurs expressions tendues suggéraient une violence silencieuse.
Monasterio, un ancien des troupes coloniales d’avant-guerre, ressemblait un peu à Franco – bref de taille, ventripotent (un peu moins que le Caudillo) et moustachu (sa moustache était plus imposante). Il faisait rire la troupe, qui l’avait surnommé “Paquito” (d’après Paco, le diminutif de Franco). Une chose était certaine, tous deux avaient le même goût pour le sang. Pour l’heure, le visage du commandant était rouge et congestionné, il semblait étouffer, une veine battait sur sa tempe.
Escriva, lui, était tendu, les mâchoires serrées, regardant fixement son interlocuteur. Il restait toutefois maître de lui. Quand enfin il tourna la tête pour regarder les arrivants, ses yeux s’agrandirent en voyant l’aspect de ses subordonnés, le turban de Garcia et les pansements de Reyes.
– Messieurs, lança Monasterio, regroupez tous les hommes de la compagnie en état de combattre et organisez la défense de la sortie nord de la ville. J’ai proposé au général Esteban-Infantes de demeurer ici et de retenir les Rouges afin d’éviter toute poursuite lors de notre… repositionnement stratégique. Il a accepté ma proposition, nous serons le dernier rempart de la Division. J’ajoute que le lieutenant Escriva est, comme on pouvait s’y attendre, en désaccord avec cet ordre. Je l’ai relevé de son commandement, vous ne devrez plus lui obéir. Rompez.
Aucun des deux ne bougea, ils savaient que cet ordre signifiait une condamnation à mort pour tous. Luis ne put s’empêcher une pointe d’ironie : « Toute la compagnie, mon commandant, vous voulez dire trente hommes ? »
Monasterio ne comprit pas : « J’ai dit tout le monde ! »
Escriva rompit le silence : « Mon commandant, que peuvent faire une trentaine d’hommes pour retenir des milliers de Russes alors qu’une division complète n’a pu y arriver ? J’ajoute que la sortie nord de la ville est totalement plate, le moment de surprise passé, les Russes nous contournerons et notre anéantissement n’aura servi à rien. C’est une folie inutile. »
– Vous vous trompez lieutenant, ces hommes peuvent honorer l’Espagne, se battre avec courage et valeur pour nos idées et notre foi ! Et pour mourir en vrais Espagnols.
– C’est un suicide ! Ces derniers jours, des milliers d’hommes sont morts en vrais Espagnols et vous demandez à ceux qui se sont battus vaillamment, qui ont survécu à trois jours de combat continu, de mourir pour rien, pour une notion périmée et même fausse de l’honneur.
– Vous n’avez aucune idée de ce qu’est l’honneur, contrairement à ce que vous prétendez ! Il n’y a rien de plus honorable que de mourir pour ses idées et pour sa foi. Le martyre, Escriva, le martyre, vous devriez comprendre cela. Nous allons lutter et mourir en martyrs.
– Non mon commandant, vous ne parlez que de mort, vous avez une vision pervertie de la religion et du martyre. Le catholicisme est amour alors que pour vous il se résume au paradis et à l’enfer ! Votre vision de la foi est morbide. Vous êtes l’héritier de Torquemada et de l’Inquisition, la manifestation de votre foi passe par des bûchers… ou par des pelotons d’exécution. Vous êtes dans l’erreur, et de plus, vous êtes dans le péché, car l’orgueil est un péché capital ! Vous vous attribuez le droit de décider de la mort d’autrui : vous voulez que vos hommes meurent quand vous l’avez décidé et de la façon que vous avez choisie – or, cela, seul Dieu peut le faire.
– Comment osez-vous ? Vous, ni un prêtre ni mon confesseur ! La vie de ma famille est consacrée à la gloire de Dieu et de l’Espagne, Pro gloria Dei et Hispaniae. Ne l’oubliez pas, Escriva ! Vous n’êtes qu’un faible, un couard, un lâche, j’aurais dû vous abattre le jour du peloton d’exécution.
Monasterio porta la main à son arme.
– Avec des hommes comme vous, Escriva, nous sommes perdus ici et nous ne pourrons jamais extirper le marxisme d’Espagne. Vous êtes un Rouge déguisé, comme ces prêtres basques qui nous combattaient avec un crucifix dans une main et un fusil dans l’autre. Ils sont morts maintenant.
Il dégaina et visa le front du lieutenant.
– Dehors vous deux, je vous ai dit de rompre. Etes-vous, vous aussi, en désaccord avec mon ordre ?
Garcia, toujours au garde à vous, pris la parole : « Mon commandant, avec tout mon respect, je ne me permettrais pas de discuter un ordre, mais je ne peux comprendre qu’un officier espagnol mette en joue un autre officier espagnol et menace de l’abattre. Je suggère d’en référer au colonel ou au général commandant le régiment. Si le lieutenant Escriva doit être puni, il le sera, mais en suivant les procédures militaires. »
– Mon père vous aurait fait fusiller, sergent ! Sachez qu’un jour il a abattu d’une balle dans la tête un soldat qui avait jeté sa gamelle à ses pieds parce qu’il trouvait que sa nourriture n’était pas bonne. Dehors, vous dis-je !
Garcia salua et rompit mais non avoir dit qu’il ferait un rapport sur cette situation au chef de corps.
Luis resta seul en compagnie des deux hommes.
– Et vous caporal, que faites-vous encore là, vous n’êtes pas d’accord non plus ?
– Je n’ai pas à me prononcer sur un ordre, mon commandant, j’attends simplement le lieutenant Escriva afin d’organiser la défense du périmètre.
– Vous n’avez pas à l’attendre, il est relevé de son commandement. A présent, dehors !
Sans plus de discours, Monasterio se tourna vers Escriva, leva son arme et arma le Lüger.
De l’extérieur, Garcia entendit claquer un coup de feu et se précipita. Le commandant gisait au sol, son pistolet à la main, le mur derrière lui était rouge de sang.
– Que s’est-il passé ?
Le caporal ne laissa pas le lieutenant Escriva ouvrir la bouche : « Il s’est suicidé. Une mort de Romain. »
Garcia dévisagea les deux hommes qui se regardaient, très raides. Un bref silence s’installa, rompu de nouveau par Luis.
– Bien… Partons maintenant. Mon lieutenant, pourriez-vous informer la hiérarchie du suicide du commandant Monasterio ? Dites-leur que, conscient de l’inutilité du sacrifice qu’il demandait à ses hommes, il a annulé son ordre d’ultime résistance et est mort… comme je l’ai dit, en Romain.
Après un temps d’hésitation, Escriva ouvrit la bouche pour parler mais les mots moururent sur ses lèvres. Il sortit le premier, silencieux.
– Allons sergent, dit Luis, nous avons du travail….
– Oui, mais prends son pistolet, il pourrait tomber en de mauvaises mains. Et ferme l’étui du tien. Un jour, tu devras m’expliquer ce qu’est une mort de Romain.
Les deux hommes sortirent dans le froid, Escriva les attendait. Il resta silencieux jusqu’au cantonnement des survivants de la compagnie. Ils furent accueillis par des cris et des questions. Le lieutenant prit la parole.
– Le commandant Monasterio est mort, sachez simplement qu’il est mort en officier et en chrétien. Je prends le commandement et je vous ordonne de lever le camp. Cherchez des véhicules, tout ce qui peut rouler ou glisser. Vite.
Au loin, la bataille se taisait peu à peu, la mort repue laissait un répit aux vivants. Les soldats partirent dans toutes les directions, ils comprenaient que sans moyens de locomotion, ils étaient condamnés. Garcia s’était joint aux recherches, Reyes et Escriva étaient seuls.
– Merci Luis, je vous dois la vie.
Il lui tendit une main que Luis serra.
– Je ne pouvais pas le laisser faire, cet homme était fou, fou de guerre. Que faisons-nous maintenant ?
– Il y a encore forcément des troupes à nous là-bas, vous entendez les explosions ? Nous partirons avec elles, mais nous sommes trente et il nous faut un moyen de transport. Je ne laisserai personne ici.
Les hommes revinrent, ils avaient trouvé une “Panjewagen” (une charrette)… sans chevaux, et un Opel Blitz en bon état, mais dont le moteur refusait de démarrer. Escriva organisa sa petite troupe, quatre hommes en sonnette, un tous les 50 mètres en direction des premières lignes, tous les autres poussèrent et tirèrent le camion sur la route. Un soldat qui se prétendait passionné de mécanique s’affaira sur le moteur, presque tous ses camarades se regroupèrent autour du capot. Le temps passait, il était maintenant plus de 2 heures.
Les sentinelles revinrent en courant : « Des chars ! »
Deux chars arrivaient. Chacun se précipita vers son arme et le peloton se répartit de chaque côté de la route. Qu’allaient-ils pouvoir faire sans armes lourdes ? Ils ne pouvaient compter que sur un miracle.
Garcia et Luis étaient allongés dans la neige, côte à côte. Ils étaient silencieux, ne sachant que dire. Ils pouvaient déjà entendre les bruits des moteurs et des chenilles. Soudain, Luis prit la parole.
– Alejandro m’a raconté que s’il lui arrivait quelque chose, son plus grand regret serait de ne pas revoir ses chevaux. Il en avait deux qu’il adorait, des bêtes magnifiques, un noir et un blanc. La veille de son départ, il a passé une partie de la nuit avec eux. Il est certain qu’ils savaient qu’il partait. Ses chevaux le connaissaient mieux que son père. Et toi, quel serait ton plus grand regret si tu ne devais pas revenir ?
Garcia le regarda, étonné : « Caporal Luis Reyes ! Vraiment tu es bizarre. De quoi parles-tu ? Nous sommes sur le point de livrer notre dernier combat et peut-être de perdre la vie et tu me parles de chevaux que tu n’as jamais vu ! Tu ne crois… »
– Attends ! Luis posa sa main sur le bras de son voisin. Attends, je te dis. Ecoute, ce ne sont pas des T-34 !
– Tu es sûr ?
– Certain. Leurs chenilles font un bruit inimitable.
Reyes traversa la route en courant et se laissa glisser près du lieutenant : « Ecoutez, ce ne sont pas des chars russes, j’en suis sûr. » Escriva ne répondit pas mais se tourna vers le bruit qui se rapprochait.
Maintenant, quelques hommes s’étaient redressés et incitaient leurs camarades à faire de même, ils avaient reconnu le bruit de deux SdKfz. Toute la troupe se leva.
Le conducteur du premier engin freina sèchement, les hommes à l’intérieur les tenaient en joue. Le conducteur se pencha par sa portière : « Qu’est-ce que vous faites là ? Vous auriez dû partir, nous sommes les derniers, les Russes arrivent derrière nous ! »
– Je suis le lieutenant Escriva ! Vous êtes ?
L’homme dans le semi-chenillé salua : « Caporal Sopalajo, et dans l’autre engin, c’est le caporal Torrezno. Nous sommes du génie divisionnaire. Mon lieutenant, les Russes… »
– Bien caporal, nous allons attacher ce camion et cette charrette derrière vos véhicules.
– Mais, mon lieutenant…
– Essayez de dire autre chose, caporal ! Vous avez des cordes ?
Quelques minutes plus tard, deux curieux attelages prirent la route vers le nord. Tous les hommes avaient pu embarquer. Reyes et Garcia étaient assis à l’arrière du camion, une MG installée entre eux pointait vers la route.
– Dis-moi, caporal Reyes, comment s’appellent les chevaux dont tu me parlais ?
– Le blanc, Fantôme. Et le noir, Tornado. |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Mar Avr 09, 2019 09:51 Sujet du message: |
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Ce Monasterio me fait penser au tribun fou du "Dieu sauvage", un des épisode de la BD Alix de Jaques Martin. Personnage inspiré d'un commandant de légionnaire dans un poste perdu du Sahara que Martin avait rencontré dans sa jeunesse... il faut croire que le "fou militaire" est une espèce répandue de l'époque de la Rome antique jusqu'au sable saharien et aux neiges de Russie... mais que l'espèce ne se différencie pas par le comportement. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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