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Capu Rossu

Inscrit le: 22 Oct 2011 Messages: 2944 Localisation: Mittlemeerküstenfront
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Posté le: Lun Mai 29, 2017 17:22 Sujet du message: |
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Bonsoir Anaxagore,
| Citation: | | Le premier à tourner le coin de la rue, baïonnette au canon tomba fut touché par Nguyen et tomba au sol. |
Il faudrait dire :
| Citation: | | Le premier à tourner le coin de la rue, baïonnette au canon, fut touché par Nguyen et tomba au sol. |
@+
Alain |
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Zendorp
Inscrit le: 29 Avr 2017 Messages: 6
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Posté le: Mar Mai 30, 2017 14:12 Sujet du message: |
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Avec la prise du port de Saigon, le ravitaillement par sous-marin serait-il possible afin de soulager la logistique de la route d'Ho-chi-Min?
Même si c'est surement une goute d'eau par rapport au besoin. |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12085
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Posté le: Mar Mai 30, 2017 16:12 Sujet du message: |
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10 mars, offensive du Têt (quarante-quatrième jour)
Saigon (Cochinchine)
Cholon
Revenus de l'inextricable mangrove de Can Giao, refuge traditionnel du Binh Xuyen, le "général" Bai Vien est de retour dans son fief de Cholon. Son arrivée a été facilitée par le Vietminh. Il faut dire que les deux groupes viennent d'arriver à un accord de collaboration. Après avoir aidé Bai Vien à subjuguer ses rivaux au sein de la triade, les Vietminhs attendent de lui un retour de faveur, d'abord à Saigon même, où il vient d'engager une force de onze cent "frères" Binh Xuyen, mais surtout pour la reprise de Poulo Condor qui nécessite de nombreux navires...
Secteurs sud et sud-ouest de Saigon (Vietminh)
Alors que les Japonais continuent leurs contre-attaques vers le nord de la ville, la résistance au sud s'effrite. La journée se passe en opérations de nettoyage de positions japonaises isolées. La banque de l'Indochine et la banque franco-chinoise sont prises. Les combats se concentrent à présent autour de la gare qui est encerclée. Les patrouilles envoyées plus au nord font jonction avec les Laotiens dans le parc Maurice Long.
Secteur nord-est (Belges)
Les combats se concentrent rue Norodom. Les Japonais n'ont toujours pas renoncé à repousser les Belges et continuent à attaquer férocement. Toutefois, Français et Laotiens profitent de la situation pour frapper de flanc les positions ennemies. Bombardement d'artillerie et de mortiers succèdent à des assauts de l'un ou de l'autre camp toute la journée. En dépit du gain de plusieurs pâtés de maisons autour de la rue d'Espagne, les pertes nipponnes sont plus importantes que celles des Alliés, et constituent un véritable gâchis d'effectifs vu que le rapport de force ne cesse de se dégrader en faveur des assiégeants.
Le soldat Joseph-Désiré Gdemani regardait avec curiosité les bâtiments qui entouraient l'avenue Norodom. Les bombardements n'en avaient laissés que des squelettes, voire des amas de décombre. Par exemple, celle qu'il dépassa ressemblait à une illustration qu'il avait vue en classe, étant enfant : une coupe d'un immeuble d'habitation à l'européenne. La façade s'était effondrée dans la rue, il n'en restait plus qu'un tas de briques d'où émergeaient quelques meubles. Pourtant, l'intérieur des appartements était étrangement intact.
Le sergent Sesete distribuait des ordres. L'ennemi - ces étranges petits hommes jaunes à la fois cruels agressifs et si ridicules- approchait. On entendait la fusillade qui gonflait, à peine à 100m d'ici. Il fallait les arrêter et cet endroit ferait l'affaire. Une partie des hommes s'installa dans deux des bâtisses encore dotée d'une façade, les autres édifièrent une barricade de fortune avec les planches et les briques qui jonchaient la rue. Le soldat Gdemani monta au deuxième étage. Plus facile à dire qu'à faire, le rez-de-chaussée se remplissait de décombres, et l'escalier jusqu'au second était à moitié effondré. Il y avait aussi un vaste morceau de plancher qui manquait au premier. Il s'installa à une fenêtre. La vue n'était pas terrible, son fusil ne battait la rue qu'en oblique. Gdemani ne pouvait voir les ennemis s'ils longeraient la façade de cet immeuble, ni les deux bouts de la rue. En fait, il n'embrassait du regard qu'une partie du barrage élevé par la Force Publique.
Les Japonais furent là d'un seul coup. Gdemani vit les traçantes filer entre les immeubles et une explosion naquit sur la barricade, fauchant un groupe de soldats. Les Congolais ripostaient, mais à la grande frustration de Gdemani, impossible de juger du résultat.
Le premier japonais surgit, contournant des débris tombés d'une façade. L'homme n'apparut qu'un instant et Gdemani braqua son Garand, la respiration superficielle, le doigt sur la détente. Oublieux de tout le reste, le soldat congolais attendait que "son" Japonais ressorte de l'autre côté. Lorsqu'il surgit le fusil tira presqu'indépendamment de sa volonté. Gdemani baissa l'arme et regarda le cadavre secoué de soubresauts.
À trois reprises, d'autres Japonais entrèrent dans son champ de tir, il en tua un. Les deux autres ne firent que quelques mètres... après tout, Gdemani ne constituait pas à lui seul la Force Publique, et d'autres tireurs les couchèrent sur le sol.
Puis les Japonais chargèrent... il y avait tellement de cible que le Congolais vida tout un chargeur. Alors que ce dernier s'éjectait dans un bruit métallique, il en chercha un autre et descendait l'escalier.
Dehors c'était une mêlée furieuse. Heureusement les hommes jaunes leurs tournaient le dos. Gdemani épaula et tira à plusieurs reprises... pris à revers, les Japonais se faisaient tailler en pièce. Le chargeur du Garand tomba au sol. Le Congolais en tira un de la ceinture de toile qui lui serrait la taille. Cependant, alors qu'il voulait faire le remplacement, il vit un Japonais se jeter sur lui et s'affola... incapable de se protéger de la baïonnette qu'il voulait l'éventrer, Gdemani crut sa dernière heure venue. À ce moment, une balle frappa l'homme et le rejeta en arrière.
Encore tremblant, son cœur pompant l'adrénaline, Gdemani mit un long moment pour comprendre que l'affrontement était terminé....
Le sergent Sesete éleva la voix :
- Retournez à vos postes, d'autres hommes jaunes peuvent venir.
.... terminé pour l'instant. La guerre était un travail qu'il fallait toujours recommencer.
Au soir, la situation a largement tourné en faveur des assiégeants. La garnison est à l'abandon - ses défenseurs ayant tous péris dans des contre-attaques,- et les miliciens qui défendaient la radio sortent du bâtiment les bras levés. Le palais du gouvernement général se trouve au bout de la rue, juste après la cathédrale. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Dernière édition par Anaxagore le Mar Mai 30, 2017 18:24; édité 1 fois |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2788 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Mar Mai 30, 2017 17:14 Sujet du message: |
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cela aurait été marrant si les soldats de la FP avaient amenés un sélection de l'artisanat local africain en terme de casse-tête. _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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le roi louis
Inscrit le: 13 Mar 2009 Messages: 252
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Posté le: Mar Mai 30, 2017 18:01 Sujet du message: |
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Petite faute de frappe
| Citation: |
(...) il vit un Japonais se jeter sur lui et s'affola... in capable de se protéger de la baïonnette qu'il voulait l'éventrer
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12085
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Posté le: Mar Mai 30, 2017 18:25 Sujet du message: |
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Merci ! _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Mai 30, 2017 22:18 Sujet du message: |
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Je signale, pour tous ceux que l'Indochine (OTL) intéresse, la parution du livre de Thomas Vaisset, consacré à l'Amiral Georges d'Argenlieu, dont je viens de publier une recension sur RussEurope: https://russeurope.hypotheses.org/6056
Fantasque _________________ Fantasque |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12085
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Posté le: Mer Mai 31, 2017 16:05 Sujet du message: |
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Nuit du 10 au 11 mars, offensive du Têt (quarante-cinquième jour)
Hanoi, Hôtel Métropole (Tonkin)
Bien que les pendules aient déjà dépassé minuit, l'activité du Q.G. japonais en Indochine reste fiévreuse. Le nombre de messages a traité a clairement diminué depuis le début de l'offensive du Têt, cependant bien peu ont eu un contenu positif.
Le dernier message de Saigon fait l'effet d'un coup de foudre, à peine décodé il est transmis à son destinataire, le général Andou Rikishi :
" Votre excellence,
Des larmes de honte ruissellent sur mes joues alors que j'écris ces quelques lignes. Vous m'avez confié la mission de dégager Saigon et j'ai échoué. La résistance de mes hommes ne pourra être étendue que quelques jours, au plus et au prix de souffrances que je préfèrerais éviter à mes hommes. Aussi j'ai ordonné que tous nos hommes donnent leur vie dès l'aube dans une ultime charge qui je le sais sera pour eux une libération. Nous avons lutté aussi longtemps que nous l'avons pu. Face à un ennemi quatre fois supérieur en nombre, maître du ciel, et doté d'une puissante artillerie, nous avons tiré presqu'à notre dernière cartouche. Rapportez à nos familles que nous sommes morts en héros et en priant pour que les kamis les protègent.
Afin d'éviter les risques d'une capture infâmante et expier notre faute vis-à-vis de votre excellence et de Sa Majesté impériale, mes officiers supérieurs et moi-même avons décidé de mettre fin à nos jours. Au moment où vous recevrez ce message un honorable seppuku m'aura permis de rejoindre dignement mes ancêtres, sachez que là où je suis à présent, je prie pour votre succès et pour la gloire du Grand Japon.
Dix Mille Années de Vie pour le Tennô
Lieutenant-général Yuzo Matsuyama, commandant de la 56ème division.
11 mars, offensive du Têt (quarante-cinquième jour)
Saigon (Cochinchine)
Les premières lueurs du jour sont accueillies par un cri sorti de plusieurs milliers de poitrines. Tous les survivants de la garnison japonaise sortent de leurs trous et se regroupent pour lancer une charge furieuse. La plupart des groupes isolés - qui n'ont pas reçu le dernier ordre du général Matsuyama- se joignent spontanément à l'assaut.
Du fait de la surprise et du désir forcené des Japonais de tuer... et de mourir, les envahisseurs réussissent à submerger plusieurs barricades et à massacrer leurs défenseurs. Ils prennent également d'assaut plusieurs bâtiments tenus par leurs ennemis. Certains témoins racontèrent que des forcenés armés de ceintures de grenades se firent sauter parmi les Alliés, espérant ainsi entraîner un maximum d'ennemis dans la mort.
Cependant, canalisés par les rues, la marée japonaise se révèle une cible facile pour l'artillerie et l'aviation. Obus, bombes et mitrailleuses d'avion couchent les hommes par centaines, tandis que les FM, les fusils... puis les baïonnettes, les couteaux, les pelles aiguisées... et même les poings et les dents fauchent ceux qui déferlent encore sur les positions alliées.
Le massacre dure près de trois heures, dans un déchaînement d'une violence rarement atteint, même sur ce front.
Le fracas des armes s'éteignit aussi brusquement que l'on tire un rideau.
Au milieu des fumées et des quelques coups de feu retardataires, on entend que des gémissements et des sanglots. Pas un cri de joie de la part des vainqueurs, saoulés de sang. On se contente de trouver un endroit où s'asseoir, se reposer... enfin. Les yeux écarquillés, comme des dormeurs au sortir d'un cauchemar, ils balaient un paysage atroce constitué de milliers de corps imbriqués, mourants ou déjà morts.
Après quarante-cinq jours de combat, Saigon est tombée.... non pas libérée, mais bien enterrée sous les décombres de ses rues, sous les cadavres de ses habitants, pris au piège de la guerre. Saigon monument fait à la guerre totale. Pavane des barbares défunts et de leurs innocentes victimes.
Quarante-trois Japonais qui tournaient dans les rues, comme ailleurs (dans quel sombre rêve ?), furent capturés sans coups férir. Près de trois cents blessés furent également emportés par des brancardiers. Seuls la moitié survécut.
En tout, sur les 8000 Japonais de la garnison seuls 213 furent faits prisonniers.
Les éclaireurs qui atteignent les bâtiments gouvernementaux -heureusement intacts- les découvrent pavoisés de drapeaux blancs. De la caserne des Gendarmes, tenu par les Bérets Blancs, sortent des miliciens épuisés, à court de munitions.
Alors comme sonnant le réveil, les cloches de la cathédrale Notre-Dame de mirent à sonner à la volée, entraînant celle des autres églises. Malheureusement, Monseigneur Jean Cassaigne vicaire apostolique de Saigon ne pourra accueillir les fidèles venus célébrer la libération de la ville. Il a été assassiné la veille par ses geôliers, comme des centaines d'autres prisonniers.
Le général Bourdeau se rend au palais du Gouvernement Général, plus précisément dans son parc où les Japonais ont installé un vaste bunker qui servait de QG à la défense de la ville. Il y découvre un bûcher qui fume encore. Sur un drap blanc étendu à proximité, le général découvre une lettre qui lui est adressé, un katana et une boîte de laque.
La libelle est courte, rédigée en Français et porte le sceau personnel du général Matsumaya. Ce dernier offre son sabre à son "honorable vainqueur" lui demandant de s'assurer que la mèche de cheveux dans la boîte soit envoyée à sa famille.
Lorsque le général Bourdeau sortit boulevard Norodom, une foule immense avait envahie les allées plantées d'arbres et le parvis de la cathédrale, se répandant aux rues proches. Des soldats congolais, vietnamiens, laotiens et cambodgiens, des officiers belges et français, ainsi que de nombreux civils l'acclamèrent.
Bourdeaux eut pour première impression qu'on le prenait pour quelqu'un d'autre... puis il comprit qu'aujourd'hui une page de l'histoire du Vietnam venait d'être écrite et qu'il avait tenu le stylo. Son voisin, un officier vietminh, lui souffla qu'il devait un discours à la population. Plus facile à dire qu'à faire....
Bourdeaux leva le katana du général Matsumaya, imposant le silence.
- Vous m'acclamez, mais vous êtes les vainqueurs. Vous devant moi, par vos efforts incessants vous avez construits votre victoire. Ce jour sera célébré dans l'histoire comme étant celui de la libération de Saigon, objectif final de l'offensive du Têt qui s'achève également aujourd'hui.
Une pause, le temps que son traducteur achève son office, puis le général français reprit la parole.
- L'anéantissement de la 56ème division et les territoires libérés au Vietnam et au Cambodge ne sont qu'une petite partie des défaites infligées à l'occupant depuis quelques mois. En ce moment même des combats ont lieu en Birmanie et en Chine. Partout l'ennemi recule, il est à présent sur la défensive, dominé sur terre, dans les airs, sur les mers. Le Vietnam ne se bat pas seul, parmi cette foule se trouve des soldats de la Force Publique belge qui sont vos alliés, qui ont fait un long chemin pour vous aider. Cependant, c'est vous les Indochinois qui faites le plus gros des efforts, et ce depuis l'invasion. Si vous voulez célébrer quelqu'un en ce jour, célébrez-vous vous-même, vous l'avez plus que mérité.
L'offensive du Têt s'était achevée par une victoire indiscutable. Un mois et demi après son commencement, elle avait radicalement changé le rapport de force entre occupant et occupé. L'armée japonaise, partout défaite, ne s'emblait plus que s'accrocher du bout des ongles à quelques débris de son ancien dominion.
** Annexe **
L'offensive du têt
Après la victoire de Dien Bien Phu, il était évident pour les Franco-Indochinois qu'il fallait commencer à dresser les plans d'une offensive de grande ampleur pour chasser les Japonais du Vietnam.
La première mouture de ce dessein prévoyait une diversion au Laos, pour éloigner la 56ème division du général Yuzo Matsuyama. Ensuite, devait avoir lieu trois mouvements tactiques pour s'emparer de Cao-Bang au Tonkin, Tchépone au Laos, Mytho en Cochinchine. Une fois ces attaques préliminaires conduites, un soulèvement généralisé devait éclater dans tout le Vietnam au moment du jour J. Simultanément, trois attaques devaient êtres conduites : vers Huê à partir de Tchépone ; vers Saigon à partir de Mytho, et vers Hanoi par le gros de l'armée franco-indochinoise.
Cependant, ce plan "parfait" ne survécu pas à la confrontation avec la réalité.
Au Laos :
Les succès remportés par les Franco-laotiens après la prise de Tchépone provoquèrent la chute du gouvernement pro-japonais et la sortie de la guerre de la Thaïlande. En soi des résultats inespérés, cependant sans raison de rester, la 56 ème division quitta le Laos pour retourner en Cochinchine.
En Cochinchine :
La prise de Mytho fut en soi une opération guère disputée. Mais quelques jours après, une véritable guère civile éclata entre le Viethminh et la secte Hoa Hao (deuxième bataille de Mytho). Les soldats japonais de la 56ème division réussirent à reprendre la ville (troisième bataille de Mytho) avant de se retrouver assiégé en son sein (quatrième bataille de Mytho)... par des éléments de l'armée vietminh qui allaient donc manquer pour attaquer Saigon.
Au Tonkin :
Le soulèvement prématuré de Hanoi fut une catastrophe. En dépit d'un réel courage des insurgés qui réussirent à tenir tête aux Japonais pendant des semaines, et leur infligeant de lourdes pertes, la base Épervier ne put pas faire grand chose pour les aider. De plus, les ressources prévues pour la prise de Cao-Bang furent investies dans une offensive bien trop précipitée en direction de Hanoi et qui aboutit à une défaite des Franco-vietnamiens.
Le plan d'origine dû donc être profondément remanié. L'idée d'une offensive sur le Tonkin fut abandonnée au profit d'une feinte vers Cao-Bang pour attirer la 33ème division du général Genzo Yanagita le plus au nord possible. En Cochinchine, les effectifs prévus pour attaquer Saigon de l'extérieur devaient à présent être utilisé pour assiéger Mytho. Finalement, le gros du travail à faire revenait au général Bourdeau. Lui qui n'était à l'origine que chargé de libérer l'Annam se voyait confié la tâche d'atteindre Saigon, en libérant au passage toutes les villes sur son chemin !
La date de l'offensive fut finalement fixée au 25 janvier, jour de la fête de la nouvelle année vietnamienne, pour des raisons symboliques, mais également historique. En effet, la révolte du Têt de 1789 avait chassé les Chinois du Vietnam.
Au final, l'offensive du Têt fut une grande réussite, provoquant même la chute de la "république khmer". _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Dernière édition par Anaxagore le Mer Mai 31, 2017 19:39; édité 1 fois |
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Capu Rossu

Inscrit le: 22 Oct 2011 Messages: 2944 Localisation: Mittlemeerküstenfront
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Posté le: Mer Mai 31, 2017 16:40 Sujet du message: |
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Bonsoir Anaxagore,
| Citation: | | De la caserne des Gendarmes, tenu par les Bérets Blancs, sortent des miliciens épuisés, à court de munitions. |
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Alain |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14079 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Mai 31, 2017 17:39 Sujet du message: |
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BOnsoir
"se firent sauter PARMI les Alliés, espérant ainsi entraîner des groupes d'ennemis. "
Non ? _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4197 Localisation: I'am back
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Posté le: Mer Mai 31, 2017 18:10 Sujet du message: |
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normalement, franck devrait me redonner un peut d'avance puisque black prince en birmanie ne se terminera que courant avril _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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Imberator
Inscrit le: 20 Mai 2014 Messages: 5616 Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.
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Posté le: Mer Mai 31, 2017 18:38 Sujet du message: |
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En tout cas bravo pour tout l'épisode du Tet !
Si ça continue comme ça, à la fin de l'année, non seulement il n'y aura plus un Japonais en Indochine, mais les forces françaises, vietnamiennes et congo-belges vont pouvoir être redéployées au sud de la Chine et/ou en Malaisie. _________________ Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable ! |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12085
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Posté le: Mer Mai 31, 2017 19:42 Sujet du message: |
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En fait là, je vais espacer les épisodes car, on approche d'une zone de "calme relatif"... les Franco-indochinois doivent se réorganiser et recommencer à remplir leurs entrepôts. Quand aux Japonais... ils ont perdu la moitié de leurs effectifs en 45 jours ! _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16026 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Juin 01, 2017 00:17 Sujet du message: |
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| patzekiller a écrit: | | normalement, franck devrait me redonner un peut d'avance puisque black prince en birmanie ne se terminera que courant avril |
Pour éviter un excès de dispersion, j'attends de disposer aussi du front chinois. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Imberator
Inscrit le: 20 Mai 2014 Messages: 5616 Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.
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Posté le: Jeu Juin 01, 2017 16:26 Sujet du message: |
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| Anaxagore a écrit: | | En fait là, je vais espacer les épisodes car, on approche d'une zone de "calme relatif"... les Franco-indochinois doivent se réorganiser et recommencer à remplir leurs entrepôts. Quand aux Japonais... ils ont perdu la moitié de leurs effectifs en 45 jours ! |
Enfin, disons trois mois de réorganisation, deux mois pour libérer Hanoï et ce qui reste de l'Indochine occupée, cela devrait laisser un peu de temps en fin d'année pour au moins préparer de futures opérations en dehors de la région, non ?
Politiquement il serait intéressant de voir la France engager quelques forces, même symboliques (de l'ordre de quelques bataillons), au delà de l'Indochine.
Pareillement, le Vietminh gagnerait en crédibilité sur la scène internationale s'il pouvait être présent en Chine du sud ou en Malaisie ne serait-ce qu'avec quelques régiments seulement (et les régiments vientminh n'ont pas un très gros effectif il me semble, donc ça devrait être possible).
Reste à savoir si ces deux contingents opéreraient ensemble, donc sous commandement français, au moins nominal, ou séparément, ce qui, en lui accordant une autonomie d'action de facto sinon de jure, constituerait une petite victoire politique supplémentaire pour le Vietminh. _________________ Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable ! |
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