Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
|
Posté le: Mar Sep 18, 2007 17:26 Sujet du message: Conférence d'Argentia |
|
|
La Chrono a évoqué brièvement la conférence d'Argentia (Terre-Neuve), en août 41, qui en FTL réunit bien sûr non seulement les Anglais et Américains, mais les Français.
Le texte ci-dessous (validé par Fantasque) détaille ses conclusions.
14 août 1941
Déclaration d’Argentia
Les trois délégations publient la déclaration suivante. Plusieurs des points de cette déclaration ont été chaudement discutés. La délégation française (bombardée de télégrammes par De Gaulle, anxieux d’être tenu au courant) a ainsi obtenu l’inclusion de certains éléments, soulignés dans le texte ci-dessous.
« M. Franklin D. Roosevelt, président des Etats-Unis d’Amérique, M. Winston S. Churchill, Premier Ministre, représentant le gouvernement de Sa Majesté au Royaume-Uni, et M. Paul Reynaud, Président du Conseil, représentant le gouvernement de la République française, jugent bon de faire connaître certains principes sur lesquels ils fondent leurs espoirs en un avenir meilleur pour le monde et qui sont communs à la politique nationale de leurs pays respectifs.
1. Leurs pays n’ont pour objectif aucune extension de territoire.
2. Ils ne désirent voir aucune modification territoriale, qu’elle les concerne ou concerne d’autres pays, qui ne soit en accord avec les vœux librement exprimés des peuples intéressés.
3. Ils respectent le droit qu’a chaque peuple de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre ; ils désirent que soient rendus les droits souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été privés par la force. Ils reconnaissent le devoir qui incombe aux nations civilisées de protéger les pays moins avancés et de favoriser leur développement.
4. Ils s’efforcent, tout en tenant compte des obligations qu’ils ont déjà assumées, d’ouvrir également à tous les Etats, grands ou petits, vainqueurs ou vaincus, l’accès aux matières premières du monde et aux transactions commerciales qui sont nécessaires à leur prospérité économique. Il sera cependant dans un premier temps donné priorité aux pays qui auront de plus souffert de l’occupation nazie et fasciste.
5. Ils désirent réaliser entre toutes les Nations la collaboration la plus complète dans le domaine de l’économie, afin de garantir à toutes l’amélioration de la condition ouvrière, le progrès économique et la sécurité sociale.
6. Après la destruction finale de la tyrannie nazie, qui a repris de façon plus monstrueuse et plus brutale le rêve de domination mondiale de l’Empire de Guillaume II, ils espèrent voir s’établir une paix qui permettra à toutes les Nations de demeurer en sécurité à l’intérieur de leurs propres frontières et garantira à tous les hommes de tous les pays une existence affranchie de la crainte et du besoin.
7. Une telle paix permettra à tous les hommes de naviguer sans entraves sur les mers.
8. Ils ont la conviction que toutes les Nations du monde, tant pour des raisons d’ordre pratique que d’ordre spirituel, devront renoncer finalement à l’usage de la force. Et du moment qu’il est impossible de sauvegarder la paix future tant que certaines Nations qui la menacent – ou pourraient la menacer – possèdent des armes sur mer, sur terre et dans les airs, ils considèrent qu’en attendant de pouvoir établir un système étendu et permanent de sécurité générale, le désarmement de ces Nations s’impose. De même, ils aideront et encourageront toutes les autres mesures pratiques susceptibles d’alléger le fardeau écrasant des armements qui accable les peuples pacifiques. […] »
Au lendemain de cette déclaration, De Gaulle comme Churchill commenteront « qu’il [serait] vain de soulever à ce moment des questions d’interprétation dont le caractère et la portée [seraient] difficiles à déterminer. » (Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre, t. 2, L’Union). Tous deux songent, bien sûr, au sort qui sera fait après la guerre aux colonies de leurs pays respectifs. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
|