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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Mar Fév 19, 2013 20:51 Sujet du message: |
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@ Crixios : 500 000 stg ! mais seuls 300 000 étaient utilisés au front... et encore... car le problème de l'arme c'était sa munition. A ce stade de la guerre sa production était trop faible pour avoir une bonne dotation en cartouche par homme.
De plus, j'ai relu ce que j'avais mis de côté sur les rapports au feu de cette arme. Et l'un des rapports qui ont poussé à faire entre le STG 43 en production massive a été que les unités dotés de cette arme avaient une puissance de feu doublée. Or, je trouve que le texte n'appuis pas assez sur la puissance des possesseurs de Stg... Les Américains pendant la contre-attaque des Ardennes parlaient d'effet boule de feu... _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 10:43 Sujet du message: |
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@ Fantasque sur les avions de reconnaissance :
Après coup, il y en aurait bien pour dire que les avions d’observation qui se relayaient au-dessus d’eux (et qui étaient bien passés par là un moment plus tôt) avaient mal fait leur boulot. Mais il faut relever divers points à leur décharge. La Bavière, sur la fin de l’année, c’est souvent brumeux – et ce jour-là, c’était très brumeux. En plus, quand des troupes sont planquées sous des arbres, ne bougent pas et ont noirci leurs armes pour éviter les reflets (parce que ça fait des mois que tous les avions qui passent sont Alliés ou presque), elles deviennent vraiment difficiles à voir. Déjà, diraient les aviateurs, de l’infanterie à pied et à l’arrêt ce n’est pas toujours simple, alors si personne ne bouge ! Ils s’en voudraient quand même, mais quoi, la perfection n’est pas de ce monde.
(de la part de Crixos)
Dernière édition par Casus Frankie le Dim Fév 24, 2013 10:51; édité 1 fois |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 10:50 Sujet du message: |
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@ Anaxagore sur les STG-43
Les deux éclaireurs de la colonne de droite, et plusieurs hommes qui les suivaient, avaient été fauchés par le tir croisé de trois armes automatiques très puissantes et de type inconnu (1), dont les tireurs s’étaient ensuite fait descendre comme à la foire par le fusilier ***, qui employait son FM comme n’importe qui une carabine.
(1) Il s'agissait de MP-43, ou Stg43. Cette arme ne fut produite qu’à quelques dizaines de milliers d’exemplaires.
(difficile d'insister plus, car il n'y a que quelques Stg43 en face, l'effet est donc nettement moins impressionnant que si beaucoup de monde en avait été équipé) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 10:55 Sujet du message: |
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La Suite ! Et bientôt la Fin...
Les adieux du Colonel
La période suivant la Victoire en Europe fut très dure pour tout le monde et particulièrement pour les chefs de corps. Il y avait les cantonnements à organiser, l’ordre à assurer, les armes et le matériel allemand à rassembler et préparer pour l’emploi ou pour la destruction – Terropi et son équipe avaient déjà reçu 20 exemplaires de Stg 43/44 pour analyse (le solde était resté au régiment et inscrit sur l’inventaire). Il fallait empêcher les hommes de se défouler de leurs années de guerre de manière excessive.
Les prisonniers allemands défilaient en longues colonnes vers leurs camps d’internement. Les prisonniers français, les travailleurs forcés et les déportés libérés avaient décidé pour beaucoup de s’affranchir de l’organisation, allemande ou alliée, et rentraient chez eux par petites étapes, mais dans leur flot se cachaient nombres de collaborateurs. Des dizaines de milliers de civils allemands, peut-être des centaines de milliers, fuyaient les territoires de l’est par peur des Russes – certaines de leurs colonnes étaient guidées par des prisonniers alliés de 40-41, parfois les derniers hommes valides, les Allemands ayant été mobilisé pour le Reich de Mille Ans. Il fallait trier et encadrer ces mouvements de population.
Et comme c’était la fin de la guerre, la cohue des gratte-papier, des officiers et sous-officiers de caserne sortit au soleil. Cachés sous des pierres pendant la guerre, dès que les balles cessèrent de siffler on les vit sortir de leurs trous. Pleins de morgue dans leurs uniformes propres, ils passaient partout, fourraient leur nez dans tous les coins, débarquaient pour des contrôles et des inspections. Ils menaçaient tout le monde du falot. Il y avait des états à fournir et des réponses à rendre.
– Pourquoi votre parc véhicule compte-t-il près du double de votre dotation réglementaire ? Le surplus doit être retourné au commandement du train.
– Pourquoi les hommes ne portent-ils pas la cravate réglementaire ? Faites un état des pertes, le déficit sera imputé sur la solde.
– Où sont les rapports et formulaires sur : les armes, les munitions, le ravitaillement, les fournitures de bureau (véridique)… Et mille et une autres paperasses.
Le quartier-maître combattit vaillamment. Pour un feuillet exigé il en rendait trois, pour un rapport de dix pages, il en écrivait vingt-cinq. Il tenta de combattre la bureaucratie avec ses propres armes – sans effet, elle digérait et avalait tout.
Pour finir, De *** prit une décision radicale. On vida les stocks, tous les hommes du 113e reçurent l’équipement complet réglementaire (le port de la cravate fit grogner beaucoup de monde). L’armement non réglementaire fut distribué à tous ceux qui en firent la demande à raison d’une arme de poing et une arme d’épaule par tête, 1 000 cartouches pour la première et 200 pour la seconde (en cas de nouvelle guerre, on monterait la résistance plus facilement). Les armes collectives et le solde (pas énorme) des armes individuelles furent chargées dans les véhicules excédentaires. L’adjudant-chef *** forma un convoi de tous ces camions, jeeps et divers que ses efforts et ceux de ses séides avaient remis à neuf ou rendu à une affectation virile et fit expédier le tout aux services de l’intendance.
Une fois tout en règle et toutes les archives de l’intendance du régiment chargées dans un camion, il arriva à celui-ci un accident malheureux – il fut intégralement carbonisé lors de l’essai de trois nouveaux lance-flammes, des outils très performants. Par malheur, il ressemblait trait pour trait au camion de réforme qui devait être utilisé pour le test.
La quille n’était pas pour tout de suite. Les plus jeunes étaient priés de rester sous les drapeaux jusqu’à atteindre un an de service. Les anciens seraient libérés dans un délai à précisé incessamment (là, le margis et ses collègues participèrent aux plans de la mutinerie, qui fut ajournée quand le délai fut fixé).
Et puis il y eut l’inspection finale du régiment dans ses quartiers. Une voiture d’état-major arriva l’avant-veille. Une équipe d’officiers passa partout. Elle dut reconnaître que les états de matériels et d’équipements flambant (c’est le mot) neufs étaient parfaitement à jour. Elle dut tolérer une dotation de décorations, de palmes et de fourragères digne de la Garde impériale. Mais elle put prouver que les us et coutumes militaires n’étaient pas respectés dans le régiment (peu de subalternes saluaient) et il apparut que, scandale, l’unité ne savait pas défiler correctement. Le rapport le souligna avec horreur.
De *** fulmina, éructa, mais du point de vue du règlement, le rapoort était inattaquable. Le colonel présenta sa démission dans la foulée du rapport d’inspection. La précipitation avec laquelle elle fut acceptée lui parut suspecte. Mais heureusement, ce serait son adjoint qui prendrait la suite et pas un parachuté venant d’on ne sait où. Prudemment, lui et le lt-col *** gardèrent sous le coude les détails de la passation de pouvoirs.
Au mess, on prenait déjà des paris sur le premier des inspecteurs qui se ferait casser la figure, ou l’équivalent. C’est Katz qui gagna : avant la cérémonie, l’inspecteur des cuisines se retrouva accidentellement enfermé dans la chambre froide pendant deux heures ; compatissant, Katz le saoula au rhum pour le réchauffer. Après ça, l’équipe des inspecteurs (qui commençaient à connaître le 113e) resta étroitement groupée pour écouter le discours d’adieu de De *** à son régiment formé en carré.
Officiers, sous-officiers et soldats, mes amis.
La guerre qui nous a rassemblés est aujourd’hui terminée.
Nous ne l’avons pas choisie mais nous l’avons acceptée.
Nous ne l’avons pas désirée mais nous l’avons menée jusqu’au bout.
Nous l’avons mal commencée mais nous l’avons gagnée.
De citoyens nous sommes devenus soldats.
De civils nous sommes devenus guerriers.
Nous avons lutté sans trêve ni repos pour voir ce jour, loin de notre pays et de ceux qui nous étaient chers.
Nombreux sont ceux que nous avons perdu en chemin.
Si nous en sommes tristes, ils ont accompli leur devoir.
Tous ici, nous avons rempli notre devoir de guerre.
Moi, vous, nous tous, nous allons remplir notre devoir de paix.
Nous sommes encore des guerriers, pour un temps.
Mais bientôt nous serons de nouveau des civils, des fils, des maris, des pères.
On ne se lèvera plus pour l’assaut mais pour le travail.
Ce ne sera plus le poids d’un fusil dans notre main, mais celui d’une mallette ou d’un outil.
Il ne faudra plus jeter de grenade avant d’entrer dans une pièce, même s’il faudra toujours se garder un peu des femmes [sourires en coin et rires discrets dans l’assemblée].
Les sifflements seront ceux des freins de métro et non plus des bombes ou des obus.
Oui ce sera, c’est déjà la paix, et ce sera, c’est déjà si dur.
Et cela restera dur, jusqu’à la fin de vos jours
Car la guerre restera avec nous, partout et toujours.
Certains devront se battre contre elle encore longtemps.
Alors battez-vous, avec la même hargne, la même résolution, le même courage.
Vous allez vivre.
Vous allez rejoindre vos familles, vos amis, votre travail, vos enfants.
Vous allez accepter que la guerre reste dans votre tête et lui laisser sa place, mais seulement sa place.
Vous allez accepter la vie et lui donner sa place, TOUTE sa place.
Vous avez gagné la guerre, maintenant vous devez gagner la paix.
Officiers, sous-officiers et soldats, je remets aujourd’hui mon commandement au lt-col ***.
Je lui fais confiance pour vous conduire toujours par les voies de l’honneur.
Mes amis, mes frères, mes enfants, voici le dernier ordre de votre colonel.
VIVEZ, c’est un ordre.
VIVE LE 113e !
VIVE LA FRANCE !
Sa conclusion ne souleva d’abord aucun cri. La plupart des hommes avaient le visage fermé. Certains pleuraient. Et puis une rumeur commença qui venait des rangs, elle crût à toute vitesse pour finir par tonner. Quatre bataillons qui hurlaient à pleins poumons, y compris les officiers qui l’entouraient sur son estrade, y compris son remplaçant : « VIVE LE COLONEL ! »
« Vous voyez mon général, nous avons bien fait de le renvoyer dans ses foyers. Ce n’était plus un régiment de l’armée française, mais une véritable armée privée ! » laissa tomber un major de l’équipe d’inspection. Puis la dite équipe, toujours étroitement groupée, fit sa sortie en hâte. Pour la suite de la cérémonie, on resta entre soldats. |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4503 Localisation: Tours
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 11:53 Sujet du message: |
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Snif!Snif! :ivrogne:Ca donnerait presque envie de chialer une bon coup et de faire la fête avec les gars du 113ème. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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Wil the Coyote

Inscrit le: 10 Mai 2012 Messages: 1930 Localisation: Tournai (Belgique)
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 14:31 Sujet du message: |
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Je n'ai qu'un mot: BRAVO
Mais de grace, vous avez bien un nom a mettre sur le Colon.... qui à mon avis est devenu une Légende.... Et puis je suppose que LE Général devait etre présent.... |
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lebobouba

Inscrit le: 12 Juil 2008 Messages: 358 Localisation: Devant son écran
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 15:16 Sujet du message: |
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Encore mieux, le "Connétable" vient lui accrocher l'Ordre de la Libération ou la cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur.
Et ce en présence des "planqués" qui s'étrangleront un peu plus de rage...  |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 16:04 Sujet du message: |
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Scoop : Crixos mettra un nom sur le Colon lors du dernier épisode.  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Jubilé
Inscrit le: 03 Jan 2013 Messages: 794
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 16:52 Sujet du message: |
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Superbe !
Le retour à l'ordre serré et au règlement me fait penser à Capitaine Conan. |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 4023 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 16:52 Sujet du message: |
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Beau chapitre et beau discours. Le Colonel a raison, gagner la paix, pour des gars comme ceux du 113e, ça peut être aussi dur que gagner la guerre. On repense à la fin de "Capitaine Conan", où, la paix revenue, le personnage principal se laisse mourir, incapable de renouer avec la vie civile après ce qu'il a traversé. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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crixos75
Inscrit le: 26 Mai 2011 Messages: 67
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 19:52 Sujet du message: |
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Ah Capitaine Conan, pensez vous ?
J'adore Roger Vercel comme écrivain, j'ai placé dans un des chapitres du
113ème deux personnages issus de ses romans maritimes. la qualité de son
français m'est à chaque fois un plaisir. |
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Wil the Coyote

Inscrit le: 10 Mai 2012 Messages: 1930 Localisation: Tournai (Belgique)
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 20:05 Sujet du message: |
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| En plus du Général, il devait bien y avoir une demi douzaine de grands étoilés et pour bien faire (excuser du peu) quelques invités de l'escadrille des Cocottes.... mais très peu de Texans (sauf peut etre dans l'équipe d'inspection 8) ) Au fait Dio et L-P etaient présent I présume...? |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 20:16 Sujet du message: |
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ce serait marrant d'avoir un texte de la meme période ou scène mais vu du coté des biffins/s-off  _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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crixos75
Inscrit le: 26 Mai 2011 Messages: 67
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 20:21 Sujet du message: |
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Je rappelle le mot du Général
"soyez assurés toute mon ingratitude" faisant très bien pendant avec le mot
de Clémenceau disant qu'il faudrait fusiller tous les anciens combattants.
Je regarde si je fais encore quelques histoires courtes, à régler avec Casus. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Fév 24, 2013 20:25 Sujet du message: |
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| crixos75 a écrit: | | Je regarde si je fais encore quelques histoires courtes, à régler avec Casus. |
C'est toi qui vois !  _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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