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L'infanterie en gros plan, par CRIXOS
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mer Jan 02, 2013 03:35    Sujet du message: Répondre en citant

Ce qui ressort merveilleusement bien de ce récit, c’est la consternation de ces soldats qui découvrent la barbarie nazie. Nous, nous sommes habitues. On sait depuis toujours, on a vu et lu les documents, on a entendu les témoignages, on a visité les hauts lieux de l’épouvante. En plus, nous n’ignorons rien de la barbarie stalinienne ni de la folie meurtrière de Mao, de Pol Pot et des Khmers Rouges. Eux, les hommes de ce récit, ils se prennent l’horreur en pleine tronche. Ce ne sont pas des enfants de cœur, loin de là, mais ce sont des soldats, que rien ne prépare a la révélation du degré zéro de l’ignominie. Et ce sentiment la, il est très bien rendu, et de manière allusive plus qu’explicite, par ce récit exceptionnel. Un grand bravo a l’auteur.
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"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mer Jan 02, 2013 03:54    Sujet du message: Répondre en citant

crixos75 a écrit:

Et j’en oublie.


Vous semblez en effet avoir rencontré une belle brochette d’abrutis, aussi bêtes que méchants.

La haine de l’autre est hélas une composante incontournable de l’alliage assez volatile qui fait notre humanité. Les hommes sont capables du meilleur et du pire à la fois. Les mêmes hommes. Il faut simplement admettre que les sociétés humaines sont bâties sur l’affinité que ressentent certains hommes entre eux, qui est opposée à tous les autres hommes. L’amour des siens, la haine des autres. Les notions de race, de culture, de religion sont les supports de ce subtil distinguo qui fait que les gens comme soi sont top du top, et tous les autres des sous-hommes tout juste bons a être exploites si ce n’est pire.

Il faut cependant raison garder. Les Occidentaux ne sont pas seuls à cultiver ce travers, ni probablement les pires. Une des choses les plus consternantes que je découvre en Asie, c’est qu’ici tout le monde déteste tout le monde. Les Chinois détestent les Malais qui le leur rendent bien, et tous s’accordent à détester les Indiens. Quant aux Blancs, c’est un cas à part. Et tout cela se superpose aux conflits de religion, entre animisme, chrétienté, islam, bouddhisme et confucianisme, et aux tensions socio-économiques qui font se télescoper un 19e siècle poussif et un 21e siècle agressif dans la même rue d’une mégalopole. Et ici il ne s’agit pas de discussions rancies sur des haines recuites qui datent d’un demi-siècle. C’est la haine ordinaire au quotidien.

On a le droit de détester les Juifs, de mépriser les Noirs, de haïr les Musulmans, de se méfier des Francs-Maçons, des Catholiques, des Auvergnats, etc. sans devoir s’en justifier (mais le pourrait-on ?). Notre monde n’est pas celui merveilleux des Bisounours, admettons-le. Mais puisqu’on ne peut pas s’aimer les uns les autres, au moins respectons nous, et nous avons la loi pour codifier ces comportements. Par contre, ceux qui cultivent la nostalgie du Troisième Reich, qui idéalisent l’Allemagne nazie et qui, grossièrement ou de manière plus subtile, s’efforcent d’estomper la crue vérité qu’il s’agissait d’un régime monstrueux dirige par des fous criminels, ceux la méritent a la foi tout notre mépris et l’application de toute la rigueur de la loi.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Jan 02, 2013 19:29    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis historien (pas de diplome... mais c'est comme pour la philo... je trouve débile cette manie de diplomer ce que seule la patience et la passion peut créer)... ma spécialité c'est le moyen-âge.

Au VIIème siècle, lors de la peste jaune et au XIV lors de la grande peste noire, des milliers de Juifs furent massacrés pour avoir "empoisonné les chrétiens pour livrer l'Europe aux musulmans".

Vous pouvez remplacer "Juif" par "musulman", "singe noir", "catholique" "protestant"... etc... vous trouverez toujours les mêmes conneries.

Vincenzo03 a écrit:
crixos75 a écrit:
Comme en plus cogner les gens ne les rend pas plus intelligents c’est un peu bouché.

Ouais, mais qu'est-ce que cela soulage....

Plus sérieusement, venant d'une famille de pieds noirs catho intégristes tendance Pétain et OAS, je connais tout ça. Justement, en souvenir de ma grand-mère (la seule qui fit de la résistance active pendant la guerre), pourquoi faire se suicider l'Objectif? Ne pourrais-tu pas imaginer qu'il serait sauvé de son désespoir par son petit-fils qui l'appellerait justement à la haute mission de témoigner pour clouer le bec aux négationistes et autre pourritures du même acabit? Ton histoire est trop noble pour la faire finir sur une note aussi sombre, je trouve. Et tout ceux qui ont voulu sauver des Juifs (j'ai connu une vieille dame déclarée juste parmi les nation qui était d'une énergie et d'un espoir sublime à plus de 80 ans), ne l'ont-ils pas fait parce qu'ils croyaient en la vie justement? Mais c'est toi l'auteur et le maître à bord.


A cause de Primo Levi, je pense.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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sting01



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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 02:21    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
crixos75 a écrit:

Et j’en oublie.


Vous semblez en effet avoir rencontré une belle brochette d’abrutis, aussi bêtes que méchants.

La haine de l’autre est hélas une composante incontournable de l’alliage assez volatile qui fait notre humanité. Les hommes sont capables du meilleur et du pire à la fois. Les mêmes hommes. Il faut simplement admettre que les sociétés humaines sont bâties sur l’affinité que ressentent certains hommes entre eux, qui est opposée à tous les autres hommes. L’amour des siens, la haine des autres. Les notions de race, de culture, de religion sont les supports de ce subtil distinguo qui fait que les gens comme soi sont top du top, et tous les autres des sous-hommes tout juste bons a être exploites si ce n’est pire.

Il faut cependant raison garder. Les Occidentaux ne sont pas seuls à cultiver ce travers, ni probablement les pires. Une des choses les plus consternantes que je découvre en Asie, c’est qu’ici tout le monde déteste tout le monde. Les Chinois détestent les Malais qui le leur rendent bien, et tous s’accordent à détester les Indiens. Quant aux Blancs, c’est un cas à part. Et tout cela se superpose aux conflits de religion, entre animisme, chrétienté, islam, bouddhisme et confucianisme, et aux tensions socio-économiques qui font se télescoper un 19e siècle poussif et un 21e siècle agressif dans la même rue d’une mégalopole. Et ici il ne s’agit pas de discussions rancies sur des haines recuites qui datent d’un demi-siècle. C’est la haine ordinaire au quotidien.

On a le droit de détester les Juifs, de mépriser les Noirs, de haïr les Musulmans, de se méfier des Francs-Maçons, des Catholiques, des Auvergnats, etc. sans devoir s’en justifier (mais le pourrait-on ?). Notre monde n’est pas celui merveilleux des Bisounours, admettons-le. Mais puisqu’on ne peut pas s’aimer les uns les autres, au moins respectons nous, et nous avons la loi pour codifier ces comportements. Par contre, ceux qui cultivent la nostalgie du Troisième Reich, qui idéalisent l’Allemagne nazie et qui, grossièrement ou de manière plus subtile, s’efforcent d’estomper la crue vérité qu’il s’agissait d’un régime monstrueux dirige par des fous criminels, ceux la méritent a la foi tout notre mépris et l’application de toute la rigueur de la loi.


Les malfaisants (Bernard Blier) sont partout, dans ma vie je les rencontres des ma tendre enfance, au bon vieux temps des colonies; puis cela m'a suivi lors de la PMS (preparation militaire superieure), a l'universite, a l'armee (Raven doit se rappeler ce 'margi' qui vint au Mess Sous Off en grande tenue SS et nous gratifia d'un salut hitlerien parfait. Puis dans ma vie professionelle ... Meme ici en Thailande, peut etre me surtout ici, le nombre d'admirateurs de Hitler est incroyable; mais au moins ils ont des excuses (alcohol, yaba, opium tout cela vous laisse le cerveau ramoli!)

L'etre humain est tres loin d'etre ce que Rousseau decrivait. De base, c'est un etre veul, lache, intellectuellement feignant (le pire crime a croire le GMI d'echecs Damir Levasic), egoiste, assoiffe de petits pouvoirs (sr sa femme, ses gosses, ses voisins). Le gros probleme etant que cela est commun, donc nous aussi (moi aussi) souffront de ces defauts (surtout moi helas).

Et oui en Asie, le racisme au quotidien, le faible cout de la vie humaine (4000 bhts soit 100 euros), les extremismes et fanatismes religieux, le fait de non seulement pouvoir ecraser les autres mais aussi de le faire quotidiennement sont des visions reguliere (de l'ordre de la minute) que cesoit en Inde, a SillyPoor, KrungThep (la cite des Anges en Thai) ou Polphet. L'autre est toujours le coupable designe, surtout en Asie ou la 'face' est si importante. Cela expliquant pourquoi en Asie on copie, mais ne creer que tres peu.

Ce qui est marrant, c'est que la majorite de ces personnes sont en fait des nains qui veulent que les autres les voient comme des geants.
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La can can-can, cancouillote,
c'est pas fait pour les francois.

Anscarides je suis ne,
heritier de la Comte je serai.
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Archibald



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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 08:45    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les commentaires sur internet (essayez yahoo vous tomberez sur les bas-fonds)


En effet. Les commentaires sur les articles de Yahoo sont a vomir. On dirait que tout les attardés s'y donnent rendez-vous. Ne parlons pas de ceux de You Tube (ou la moindre vidéo rigolote de Bollywood devient le repère de tout les haineux)

La connerie humaine est universelle, a tout les niveaux. Il suffit de prendre sa voiture pour le constater !
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Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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Vincenzo03



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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Citation:
Les commentaires sur internet (essayez yahoo vous tomberez sur les bas-fonds)


En effet. Les commentaires sur les articles de Yahoo sont a vomir. On dirait que tout les attardés s'y donnent rendez-vous. Ne parlons pas de ceux de You Tube (ou la moindre vidéo rigolote de Bollywood devient le repère de tout les haineux)

La connerie humaine est universelle, a tout les niveaux. Il suffit de prendre sa voiture pour le constater !


C'est le phénomène internet. L'anonymat, l'éloignement physique (on se prend pas un pain de la part de son interlocuteur derrière l'écran) permet voire encourage toutes les bêtises les plus innommables, toutes les lâchetés, tous les instincts les plus bas.
Mais internet n'étant qu'un outil, cela permet aussi la FTL et des oeuvres magnifiques telle celle de Crixos. Au fait, à quand l'édition chez Lulu?
_________________
Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.
W.S.Churchill

Ce n'est pas parce qu'une erreur se répand qu'elle devient vérité.
Gandhi
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loic
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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 13:14    Sujet du message: Répondre en citant

Merci à tous de ne plus encombrer ce fil déjà très long par des discussions qui ne font guère avancer le schmilblick (sachant en plus que nous sommes tous d'accord sur la question).
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...


Dernière édition par loic le Jeu Jan 03, 2013 13:44; édité 1 fois
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Vincenzo03



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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 13:25    Sujet du message: Répondre en citant

Ok.
_________________
Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.
W.S.Churchill

Ce n'est pas parce qu'une erreur se répand qu'elle devient vérité.
Gandhi
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Breguet 693



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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 20:49    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Je présente mes vœux, tout d'abord, à tous les membres du site et du forum pour cette nouvelle année.

J'apporte une petite correction. La pellicule la plus utilisée par les photographes (et encore plus les professionnels) de l'époque est de la pellicule 6x6 cm, plutôt que du 24x36.

Wink
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"Haut les têtes, la mitraille c'est pas de la merde !!!" (colonel-major Lepic à la bataille d'Eylau)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Jan 20, 2013 16:16    Sujet du message: 113e courtes Répondre en citant

CRIXOS prépare les deux ultimes et derniers chapitres (hé oui, même les meilleures choses ont une fin).

Pour nous faire patienter, il m'a envoyé cinq histoires courtes. Ci-après, les deux plus brèves.




Comique troupier

France, avril 1944
– Le soldat *** venait d’être désigné par le chef de section pour rejoindre le groupe de tête. Il devait pour cela descendre une petite pente en partie exposée, suivie d’un pré. En tout, à peine 200 mètres.
Il arrivait en bas de la pente quand un coup de feu claqua d’en face. Un nuage de poussière jaillit deux mètres devant lui. Il stoppa, avant de repartir immédiatement en changeant de direction – à cet instant un nouveau projectile frappa derrière lui. Il accéléra, cherchant un couvert, les impacts semblaient le poursuivre, il bondissait, se couchait, tombait, boulait, se relevait, allait de droite et de gauche suivant une trajectoire erratique, un vrai haricot sauteur mexicain !
Ses camarades qui l’observaient cherchèrent au début d’où venaient les coups de feu. Et puis une chute suivie d’un bond fit éclater de rire l’un des plus jeunes, un Marseillais engagé après la libération de sa ville. Comme les autres s’indignaient, il expliqua : « On dirait Charlot Soldat ! ». L’image était juste et peu à peu presque tout le monde se mit à rire.
Le soldat *** arriva au but indemne. Dès qu’ils le revirent, ses camarades le remercièrent pour la franche rigolade qu’il leur avait offerte ! Mais il fallut attendre la fin de la guerre pour que *** cesse de répondre « Il n’y a pas de quoi rire ! » à ceux qui l’appelaient Charlot.



Antistress

Sur tous les fronts
– À chaque bombardement, *** sortait son Bouquin. Obus de 155 ou de 105, bombes, Nebelwerfer, mortiers de tous calibres, quand ça commençait à péter, il sortait son bouquin et se plongeait dedans. Au bout d’un moment, ça finit par se savoir. Un zigue qui bouquine sous les obus, c’était quand même un peu particulier. Par contre, personne ne savait ce qu’était ce Bouquin. *** le portait dans la poche de sa vareuse. C’était un format poche, recouvert de grosse toile, comme les livres de classe que les mamans couvraient pour les protéger. Deux fois, *** perdit le Bouquin – une fois dans une rivière qu’on traversait à gué avec de l’eau jusqu’aux épaules, une fois parce qu’un obus inattendu était tombé sur la tente où se trouvait le barda de *** (mais pas ***). Deux fois, il ne mit que quelques jours à s’en procurer un autre, recouvert à l’identique.
Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir dans ce Bouquin, se demandaient les copains. Car plus ça pétait, plus *** s’abîmait dedans. Les paris allaient bon train : policier, scientifique, religieux, philosophique, quel pouvait bien être le thème, sacré bon sang. Et bien sûr, quand on le lui demandait, *** faisait comme s’il n’avait rien entendu.
………
Orange, janvier 1945 – Après la capitulation allemande, il y eut pas mal de travail. Il fallait vérifier des états, satisfaire des intendants de place et faire le tri des souvenirs. ***, qui rangeait des pistolets de prise dans son sac, avait un tas de choses à jeter. Après avoir bazardé toute une caisse de fourbi à la décharge du cantonnement, il sembla hésiter. Puis il ouvrit la poche de sa vareuse et jeta également son Bouquin. Il était à peine hors de vue qu’au moins cinq hommes se ruaient dessus, ils allaient enfin savoir !
Le Bouquin était une sorte d’album rempli de photos de femmes nues.


Dernière édition par Casus Frankie le Lun Jan 21, 2013 15:39; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Jan 21, 2013 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

Les belles histoires de l'Oncle Crixos

Opportunisme

France occupée, 1942
– *** et *** s’étaient portés volontaires pour des missions en France occupée. Après leur formation, ils furent parachutés quelque part en Normandie. Ils devaient y remplir un certain nombre de missions, mais ce fut l’exécution de la rue de l’Eglise qui les rendit célèbres.
Pour des raisons de justice et de sécurité, Alger avait ordonné la liquidation de ***. Membre important de l’une des multiples polices du NEF, il était redoutablement efficace dans sa traque des résistants et totalement dénué de scrupules. Son exécution avait été décidée pour envoyer un signe clair aux Collaborateurs.
Mais ce n’est pas le tout de tuer quelqu’un, après il ne faut pas se faire prendre. Après avoir décidé que l’affaire se ferait par armes à feu, on l’organisa avec soin. Qui apporterait les armes prévues (mitraillettes, grenades), où elles seraient remisées ensuite, quels seraient les voies de repli et quels hommes seraient en couverture, à quel médecin discret on pourrait recourir en cas de besoin… Le « comment » était au point, le « quand », c’était dès que possible, restait le « où ». Ils y passèrent au moins trois semaines. Ils en devenaient mûrs, cet homme n’avait aucun schéma régulier d’activité. Dès le moment où il quittait son domicile, tout devenait aléatoire, et même l’heure du début de sa journée changeait tous les jours. Pas possible de planifier une opération, et son logis était trop fortement gardé pour prendre le risque d’agir là-bas. Par ailleurs, la Cible se baladait toujours avec deux gardes du corps, et elle était toujours armée – mais ça, c’était du classique.
N’ayant toujours pas trouvé de faille, les deux amis découragés rentraient à leur planque après avoir une nouvelle fois observé de loin le domicile de leur Cible. Ils avançaient sur le trottoir quand ils virent la voiture de la dite Cible (ils reconnaissaient le numéro) garée devant un restaurant, l’un de ceux qui se moquaient des restrictions grâce à leur clientèle « choisie ». Se décider prit trente secondes, s’organiser – qui tire sur qui – dix autres. Chacun d’eux était armé d’un Colt 45 avec de trois chargeurs. Les mains dans les poches de leurs pardessus, ils entrèrent dans le restaurant. Leur cible était là, qui dînait avec une femme, les deux gardes du corps étaient installés à la table voisine.
Avant que le maître d’hôtel vienne à leur rencontre, *** et *** s’avancèrent très tranquillement. À cinq-six mètres des tables ils sortirent leurs armes. Le premier fit un doublé sur les gardes du corps en leur mettant à chacun deux balles dans le torse, un seul eut juste le temps de sortir son arme. Le second tira trois coups à hauteur du sternum de la Cible. Ensuite, malgré les hurlements de la femme, les trois hommes furent achevés d’une balle dans la tête – « C’est quand le cerveau est hors de la boîte crânienne ou que la tête est séparée du corps qu’on est certain de la mort » disait leur instructeur en coups tordus.
En moins de dix secondes, c’était fini. En dehors d’eux (et de la femme, qui criait toujours), tout le monde dans la salle était couché sous une table ou une autre. Calmement, ils se dirigèrent vers l’arrière du restaurant, le premier puis le deuxième changeant de chargeur tout en marchant, on ne sait jamais. Ils sortirent par les cuisines et rentrèrent chez eux sans courir.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Lun Jan 21, 2013 18:16    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,


Citation:
Chacun d’eux était armé d’un Colt 45 et de trois chargeurs.


@+
Alain
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Jan 22, 2013 15:03    Sujet du message: Répondre en citant

Les belles histoires de l'Oncle Crixos

Amen


Le soldat *** était un redoutable libre-penseur. Franc-maçon du Grand Orient de France, anticlérical patenté, il faisait fi des religions et de « toutes les autres superstitions ». Il ne demandait à aucun ange gardien de le protéger, sa chance, il l’organisait : son matériel était toujours soigneusement préparé, ses armes propres et graissées, il s’entraînait chaque fois qu’il en avait l’occasion et, en opération, il ne se relâchait jamais. Il devait passer à travers la guerre sans une égratignure. Une fois pourtant, la mort le frôla de très près.
C’était en février 1943, en Italie. Sa compagnie venait d’avoir un accrochage très violent avec une formation allemande agressive. Le terrain était resté aux Français qui le ratissaient pour relever morts et blessés et pour récupérer armes et équipements.
Le soldat *** fouillait le terrain, le fusil à la hanche. Anfractuosités, gros buissons, il inspectait tout ce qui pouvait cacher un Boche encore opérationnel, l’arme prête à cracher le feu. C’est ainsi qu’il découvrit un Allemand, mais celui-ci paraissait bien inoffensif. Visiblement gravement blessé, l’homme pressait ses mains sur son ventre, son Mauser était à trois pas de lui.
*** ramassa l’arme avant de s’approcher précautionneusement du blessé. Un coup d’œil lui suffit pour faire son diagnostic. L’Allemand serait bientôt froid comme un pâté, c’était la fortune de la guerre. Il s’agenouilla près du blessé, pour voir s’il pouvait faire quelque chose, avec de la chance. Il dégrafa la vareuse, coupa la chemise et le tricot de corps, posa des pansements. L’allemand balbutiait des « Danke ». A son cou, près de sa plaque d’identité, il portait une petite croix – une croix catholique, pas une svastika, ni même une croix huguenotte. Elle ne l’avait pas protégé, ricana intérieurement *** : l’homme avait pris une rafale dans le torse, trois impacts allaient de la hanche gauche au bras droit.
Ayant signalé sa position et appelé des brancardiers, *** attendait. Il entendit alors le moribond gémir « Ein Pfarrer, bitte ! Ein Pfarrer ! » Un prêtre ? Il n’y avait pas l’ombre d’un aumônier à portée de voix !
Comme beaucoup de libres-penseurs, *** avait été au catéchisme. Il avait même été enfant de chœur ! Cherchant parmi ses souvenirs d’enfance, il prit la main du blessé et commença :
– In nomine Patris…
– Et Filii...
– Et Spiritus Sancti…
– Amen.

Le blessé répétait les paroles latines. Peu à peu, sa voix s’apaisait, il semblait même moins souffrir.
– Pater noster…
– Qui es in caelis…
– Sanctificetur nomen tuum…
– Adveniat regnum tuum…
– Fiat volontas tua…
– Sicut in caelo et in terra.
– Panem nostrum quotidianum da nobis hodie…
– Et dimitte nobis debita nostra…
– Sicut et nos dimittimus…
– Debitoribus nostris…
– Et ne nos inducas in tentationem…
– Sed libera nos a malo…
– Amen.

A la fin de la prière, l’Allemand était mort. *** l’allongea sur le sol et lui croisa les mains. Un de ses camarades, témoin des derniers instants, fut stupéfait : « Tu crois en Dieu maintenant ? ».
– Non, mais lui oui.
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folc



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Messages: 910
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MessagePosté le: Mar Jan 22, 2013 19:52    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai pris la liberté de corriger deux petites fautes d'orthographe :
deux "t" à "dimittimus" au lieu d'un seul
inversement, un seul à "debitoribus" et non pas deux 8)
_________________
Folc

"Si l'ost savait ce que fait l'ost, l'ost déferait l'ost"
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patrikev



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Messages: 1765

MessagePosté le: Mar Jan 22, 2013 22:42    Sujet du message: Répondre en citant

Un Colt 45 avec trois chargeurs? Voilà qui m'embrouille tous mes souvenirs de western. Ce ne serait pas un M1911, produit par Colt, mais dessiné par John Browning?
_________________
- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
- Commençons par le plus facile: capturer la bête.
- Le voilà, l'inconvénient majeur.
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