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Palantir
Inscrit le: 09 Oct 2007 Messages: 59 Localisation: Colmar
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 11:33 Sujet du message: |
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Je ne sait pas si l'ALAT existe déjà (création en 1954).
petite faute : corps d'armée pas "Corps d’Armés" |
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Breguet 693

Inscrit le: 12 Juil 2010 Messages: 15 Localisation: Kremlin-Bicêtre
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 12:58 Sujet du message: |
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"Je ne sait pas si l'ALAT existe déjà (création en 1954)."
En OTL, le réglage d'artillerie dépend des GAO ou GAOA qui sont détachés par l'armée de l'air auprès des régiments d'artillerie. Ils sont pilotés par des gens de l'armée de l'air avec des Grasshopper ou des Cessna. |
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raven 03
Inscrit le: 20 Mar 2009 Messages: 1184 Localisation: loire (42)
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 13:04 Sujet du message: |
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| Palantir a écrit: | Je ne sait pas si l'ALAT existe déjà (création en 1954).
petite faute : corps d'armée pas "Corps d’Armés" |
bonjour
pour la FTL, lire l'annexe 42-9-7 "les avions Miles".
amicalement |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 19:27 Sujet du message: |
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si on suppose que dio est au dessus du 4eme spahis et que l'on suppose aussi que le parallele avec otl est conservé, cela signifie que que le 4eme spahi fait parti du GTD de la 2eme DB dont le regimet de char de combat est le 12 eme cuir dans lequel on retrouve un certain jacques lelong
sinon, c'est que le GTD ce la 2eme DB FTL s'appelle autrement...mais qui? _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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patrikev

Inscrit le: 28 Mai 2010 Messages: 1765
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 19:39 Sujet du message: |
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La 148.Reserve-Division se composait des Reserve-Grenadier-Regiment 8 (Vallauris), Reserve-Grenadier-Regiment 239 (Nice) et Reserve-Artillerie-Regiment 8 (probablement disséminé le long de la côte). D'après la description de Pierre-Emmanuel Klingbeil, "Le Front oublié des Alpes-Maritimes", p. 25-26, c'était une unité d'Autrichiens et de Volksdeutsche, disciplinée, mais maigrement équipée et qui ne brillait pas par son ardeur combative. Il est probable que pour cette opération, elle a été épaulée par une unité un peu plus nerveuse, amenée soit d'autres régions de France, soit d'Italie du Nord. Entre fin 1942 et fin 1943, il y a plusieurs va-et-vient d'unités allemandes entre la France et l'Italie: entre autres la 2.SS-Division Das Reich (Discussions 1942, OdB allemand fin 1942, p.2). _________________ - Votre plan comporte un inconvénient majeur.
- Commençons par le plus facile: capturer la bête.
- Le voilà, l'inconvénient majeur.
Dernière édition par patrikev le Sam Juin 23, 2012 08:16; édité 1 fois |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 20:42 Sujet du message: |
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ce qui semble dire en relation avec l'autre sujet que la 2eme SS sera en france au repos ou en cours de reconstitution au moment du debarquement de provence _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 22:28 Sujet du message: |
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Quelques commentaires pour ceux qui n'auraient pas suivi.
Dans la terminologie US les Half-Track (Troop carriers), les Automoteur (Gun Motor Carriage) et les Chars (Tanks), avec la distinction entre chars légers, moyens et lourds, ont une numérotation séparée.
Donc, un M3 peut-être un half-track (c'est LE half-track d'ailleurs, qui sert en priorité dans l'infanterie mécanisée des Armoured Divisions), un automoteur (lee T-12 soit un Half-Track M2 avec un canon de 75-mm "français") un char léger (le M3 "Stuart" ou "Honey" pour les Britanniques) et un char moyen (le M3 "Lee" ou "Grant" suivant que la tourelle était montée à gauche ou à droite et en fonction de l'équipement radio).
Jusque là, c'est simple.
Nous avions décidé, dans les temps anciens et obscurs des débuts de la FTL, de sauver de l'oubli l'excellent char léger M7, ne serait-ce qu'en raison de sa tourelle qui est la même (mais dé-blindée) que celle du RAM canadien, avec un 6-pdr (57-mm) arme léthale qui fut la première à tirer des obus à sabot (APDS pour les intimes). Or, le RAM, excellent char au demeurant construit sur une base de M3 (moyen), était destiné à équiper en 42/43 les forces françaises...
C'est un peu moins simple, j'en conviens.
Or, donc, FTL, le M7 (le char) ne connut pas le sort funeste qui - OTL - le vit être transformé en un char moyen des plus médiocres. C'est donc CE M7 qui équipe les 4ème Spahis (unité de reconnaissance) et non un M3 (léger) ou un M5 (léger). On notera que l'adaptation e l'obusier de 75-mm a été réalisée sur le M7 (y a pas de raison, cela a fonctionné sur un M3 plus étroit).
Bon, mais le M7 HMC (ou Howitzer Motor Carriage, bref notre bon vieux Priest)????? Mais on le garde tel quel, et donc, histoire de compliquer un peu la tâche des officiers de la logistique, on aura un M7 (char léger) et un M7 (automoteur de 105-mm). Sur le terrain, pas d eproblème, le gros père hérite du surnom de Priest, en raison de la chaire du mitrailleur, et ce dernier étant armé d'une M2 HB (vous suivez toujours, j'espère, ) on ne pouvait pas dire que la chaire est faible.
Reprenons; le 4ème spahis (qui opère avec le 113ème RI dit régiment de marche) est équipé de M3 (half-track), de M7 (char léger en version combat et appui-feu soit avec le 57-mm et avec le 75-mm court) mais aussi de bricolages fait à Alger, comme le montage d'un mortier de 82-mm sur un M3 (char léger) qui donne le AU-82.
Le regroupement d'une unité de reconnaissance mécanisée avec une unité d'infanterie d'élite s'impose pour constituer un "battle-group" incisif, avec des appuis divisionnaires (un bataillon de Priest/Prieur) voire de CA (le Régiment de 155 GPF / Long Tom) appuis qui sont coordonnés par l'officier présent sur la ligne de front et bien sur par l'observateur aérien. Ce "Battle-Group" ou "groupement de choc" a traversé la Drôme la veille (et non la vielle drôle...) .
D'où aussi le fait que l'on mette des chasseurs-bombardiers à disposition.
Comme on se rapproche de Valence, et que l'on est en décembre 43, on peut penser que les troupes allemandes sont au moins en partie des SS (de la 2eme Pz SS "Das Reich"), d'où l'observation "des uniformes noirs" dans le texte.
Vous aurez certainement noté que les intentions (sournoises, nécessairement) de l'ennemi était de monter une sérieuse embuscade avec 3 "Marders" et 10 Léopards "Royaux". Ca eut pu faire très mal, une fois. Sauf que, quand il voit que l'embûche est loupée il décroche sans insister.
Par ailleurs, je maintiens - le narrateur étant Français - qu'il parle de dentelle de Calais, et que c'est bien des petits pois extra (obtenu par on ne sait quel obscur trafic) qui furent offerts aux aviateurs. J'ai le souvenir d'avoir dans ma lointaine jeunesse lu le livre de R. Lallemand où il raconte avec émotions avoir trouvé des petits pois de Malines en Angleterre .
Pour y avoir goûté il y a près de vingt ans alors que mobilisé par une évaluation PHARE j'errais avec quelques autres experts entre le Berlaimont et la Grand Place, et les avoir trouvé délicieux. Il n'y a pas que la bière en Belgique (même si il y a AUSSI la bière.... )
Amitiés
F _________________ Fantasque |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 23:24 Sujet du message: |
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Je me souvenais fort bien du "sauvetage" du char léger M7, mais je crois que nous avions omis de lui trouver un nom propre, genre Sherman, Stuart etc.
Cette apparition de l'engin me semble une bonne occasion pour cela... _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Fantasque
Inscrit le: 20 Oct 2006 Messages: 1335 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 23:31 Sujet du message: |
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Comme il faut sauvé (des eaux) par Delestraint, on pourrait le nommer le Delestraint. Sauf que c'est long.
Alors pourquoi pas le "petit Charles" (hommage à Charles Delestraint et indirectement à Qui vous savez...)
F _________________ Fantasque |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Juin 22, 2012 23:36 Sujet du message: |
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Je verrais bien les Américains le surnommer "M7 Charlie" !
Cela dit, revenons avec CRIXOS un peu en arrière... Il y avait en effet un trou inadmissible dans les activités du 113e entre l'Italie et la Provence.
Régiment de marche
En avant-garde
SURCOUF 1 – Recrutement sur le terrain
« J’ai une idée pour compenser le manque d’effectifs ! » affirma le 1er avril 1943 le lt-col de ***. Chacun tendit l’oreille – malgré le grand professionnalisme de la troupe et des cadres du 113e, il y avait eu des pertes et la plupart des compagnies étaient à peine à 60% d’effectifs. Du coup, 1er avril ou pas, le patron devait être sérieux. La dite idée tenait en deux points.
Premier point, si on manquait de bras, il fallait augmenter la puissance de feu. Considérée dès 1939 comme un des Beaux-Arts par les hommes de De *** et assidûment pratiquée depuis, la… récupération de tout ce qui passait à portée de main avait permis de quasiment doubler la dotation du régiment en mitrailleuses et en FM. Désormais, il serait bon que les fusils deviennent des semi-automatiques plutôt que des armes à répétition manuelle. Il fallait donc chercher à obtenir des Garand ou, mieux, des MAS 40 (la version adoptée par les US Marines, ce qui avait permis de la faire fabriquer aux Etats-Unis).
Deuxième point, du jour où on pourrait retrouver le sol de la Mère Patrie, on allait pouvoir recruter. Comme d’autres corps étaient prioritaires, il faudrait se servir avant eux. Or, parmi les préalables au Grand Retour figuraient l’obtention de renseignements et la désorganisation des préparatifs de défense des Allemands. Le Deuxième Bureau recrutait déjà des volontaires pour aller, disons, « animer » les maquis, il fallait pousser dans ce sens et obtenir l’envoi en France de petites unités constituées. Ces équipes s’implanteraient dans les maquis et une fois la jonction faite avec les forces de Libération, elles rejoindraient le 113e avec des renforts abondants, déjà recrutés et entraînés selon les normes du régiment.
Voilà, qu’en pensez-vous ?
Tout le monde en pensa le plus grand bien. Depuis qu’on avait quitté l’Italie, après un séjour de deux bons mois bien rempli, l’entraînement tournait à la routine, on avait hâte de pouvoir mettre le cap sur la rive nord de la Méditerranée et le plus tôt serait le mieux.
Une fois le principe acquis, ce qui posa le plus de problèmes fut le tri des volontaires. En effet, Radio-Cuisine passa l’information, certes sous une forme un peu floutée, mais à l’appel du lendemain, tout l’effectif attendait une demande de volontariat et chacun affûtait ses arguments et tentait de démonter ceux des copains.
« Moi je connais bien la Provence ! – T’es Lillois ! – Oui, mais j’y suis allé en 36, deux semaines, avec mes premiers congés payés ! »
« Moi j’ai une trop grosse dette chez le mozarabe du coin, il faut que je gagne des primes de saut ! – Je te signale que le mozarabe du coin est resté à Cherchell et qu’on est en Corse depuis qu’on a quitté l’Italie ! »
« Je manque d’air, pour ma santé il me faut de l’exercice ! – Lévy t’as aucune chance, tu ne sortiras pas de l’atelier couture avant le débarquement, tu sais bien ! »
Pour faire simple, De *** et son équipe commencèrent donc par planifier l’opération et désignèrent ensuite les participants en fonction des besoins.
La mission comporterait trois volets.
(i) Repérer et surtout identifier avec précision (effectifs, armement) les forces allemandes sur le terrain, suivre leurs déplacements et retransmettre le tout à Alger.
(ii) Se joindre à un maquis (ou en créer un) et instruire les civils au combat d’infanterie.
(iii) Harceler les forces d’occupation.
Pour cela, on parachuterait trente équipes spéciales de huit hommes chacune, soit 240 bonshommes, une forte ponction sur les effectifs du 113e. Chaque équipe serait ainsi composée :
1 chef d’équipe
1 adjoint
1 radio
1 infirmier
1 sergent d’armes (juste un peu plus spécialiste en pétoires que les autres)
3 voltigeurs d’assaut.
L’armement serait constitué de carabines USM1, avec un fusil à lunette (pour le sergent d’armes) ; tous les participants se verraient également dotés d’une arme de poing. Le GP 35 fut choisi, car du même calibre que certaines armes allemandes, ce qui permettrait de la récupération de munitions.
Les équipes seraient parachutées sur leurs secteurs d’engagement en plusieurs nuits étalées sur une semaine.
Le plan général d’une mission serait de s’implanter d’abord au sein des maquis locaux, puis de prendre contact avec Alger pour réclamer des parachutages de matériel spécifiques – les maquis demandaient toujours trop et n’importe quoi (c’était du moins l’idée qui prévalait au GQG), on pourrait compter sur les professionnels du 113e pour passer des commandes bien ciblées.
Comme De *** et son état-major réfléchissaient sur le nom à donner à l’opération, le nom de Surcouf fut proposé et immédiatement plébiscité.
Une bonne quinzaine des secteurs choisis par De *** se trouvaient en Provence, comme par hasard ; la route du Rhône et la Route Napoléon seraient des axes à surveiller. Quelques équipes seraient envoyées dans le Languedoc tandis que trois ou quatre (partant d’Angleterre) iraient en Bretagne et autant dans les Vosges, histoire de mettre le souk un peu partout.
Le 2 mai, quand le projet fut soumis à la hiérarchie, il y eut des « Oui, mais », des « Pt’être bien que oui, pt’être bien que non », des « C’est risqué » et même quelques « N’importe quoi ! ». Mais De *** avait à présent un protecteur bien placé à la Présidence du Conseil, ça commençait à se savoir et finalement le projet passa comme une lettre à la poste (la Poste d’avant la guerre). Quand ses supérieurs lui demandèrent le rapport entre le célèbre corsaire malouin et l’opération projetée, De *** répondit qu’il n’y en avait aucun et que c’était pour ça qu’ils avaient choisi ce nom, logique pas vrai ? En fait, il passait sous silence le fait que lui et ceux du 113e qui avaient entendu parler de l’opération Bananas avaient failli faire une jaunisse à l’idée que la fête s’était déroulée sans eux – or, le sous-marin Surcouf avait joué un rôle clé dans l’affaire.
Dio et L-P avaient fait le siège de leur chef pour partir. L-P affirmait que sa famille essayait de le faire muter dans la cavalerie contre son gré (ce qui était exact, mais il prétendait qu’un de ses oncles, colonel, n’avait participé au Déménagement que pour ça, ce qui était exagéré, et puis le colonel en question était depuis tombé au champ d’honneur, comme la plupart de ses ascendants depuis les Croisades, alors il n’avait plus trop d’influence). Dio gémissait qu’il ne connaissait pas la France, ce qui était évidemment faux, mais affirmé avec une telle candeur – « La France, le pays de mes ancêtres les Gaulois ! » – que De *** se serait senti coupable de refuser. Il regrettait bien un peu de perdre momentanément (si tout allait bien) deux de ses meilleurs chefs de section, mais après tout ils avaient de bons arguments. Finalement les équipes se formèrent par cooptation, chaque chef d’équipe choisissant son adjoint, tous deux désignant un troisième larron et ainsi de suite. Et comme De *** voyait loin, alors que le plan prévoyait de parachuter trente équipes, il en forma cinquante juste au cas où, ce qui lui permit ensuite de sélectionner les meilleures.
Comme il faudrait faire de la formation, tous les impétrants se retrouvèrent dans des unités d’infanterie à former les classes, locales ou passées par l’Espagne. Leurs supérieurs provisoires chougnèrent un peu pour la forme puis laissèrent faire, il y avait des savoir-faire à récupérer ! Quelques simples deuxième classe se révélèrent des enseignants nés et d’autres totalement inaptes, ce qui permit de faire un premier tri.
Comme il faudrait faire de la radio, tout le monde passa à l’école des radios. C’est vrai, les balles ne sont pas sélectives et à quoi bon disposer d’un poste quand personne ne sait le faire fonctionner. Bon, un quart de l’effectif environ se montra inapte au morse, mais finalement chaque équipe put compter sur un vrai radio expérimenté et deux ou trois suppléants.
Comme il faudrait faire du renseignement en ordre, ils se tapèrent tout ce qu’on savait des formations de la Wehrmacht et des différentes polices et milices mises sur pied par « l’autorité de fait » siégeant à Paris, ainsi que tous les matériels possibles et imaginables que ces forces mettaient en œuvre. Il y avait eu des méprises en Italie, en particulier sur les avions.
Tout le monde passa une visite médicale, se fit plomber les caries existantes – deux hommes furent retirés pour cause de hernie et versés dans la compagnie d’instruction. Ils devaient y faire des merveilles, mais prononcer le mot hernie devant eux vous valait illico une démonstration de combat corps à corps. Un autre apprit qu’il avait la syphilis – la vérole, quoi – et qu’il ne partirait sous aucun prétexte. Il fut sauvé par le chef du service auto (ce dernier était passé sgt-chef après avoir réussi à augmenter de 50% la motorisation du régiment, moitié par récupération d’épaves, moitié par des moyens que la morale réprouve et que nous n’évoquerons donc pas davantage dans ce document de haute tenue). Celui-ci se débrouilla avec ses contacts américains pour obtenir de la pénicilline (encore distribuée au compte-gouttes aux armées alliées). Quand il sortit de l’hôpital, le convalescent se vit remettre une grosse boîte de condoms, avec ordre formel de ne plus sortir sans eux jusqu’à la fin de la guerre (au moins).
Puis ce fut le grand jour, les grands jours plutôt, et pour être exact les grandes nuits, du 2 au 7 juillet.
Décollant d’Ajaccio, et pour certains d’Angleterre, tout ce petit monde (Surcouf 113/1 à 113/240) fut largué sur l’Hexagone (enfin, largué – selon les largueurs, il fallait plutôt les empêcher de sauter avant la lumière verte !).
L-P (Surcouf 113/9), parachuté dans le Forez, se demandait quel accueil serait fait à son équipe et à lui-même.
Dio (Surcouf 113/41) ne pensait à rien, parce qu’il avait mal placé une sangle de son parachute et que pour le moment, il n’arrivait pas à penser à quoi que ce soit en dehors de la douleur dans les parties.
À Corte, on attendit les nouvelles, les vacations radio ayant lieu le soir.
Les débuts furent prometteurs. Aucune équipe ne rata plus de trois vacations radios avant de se signaler au PC. Les largages s’étaient déroulés de manière satisfaisante, seuls Surcouf 113/153 et 155 s’étaient cassé une jambe, deux dans la même équipe, pas de bol ! Ils étaient planqués dans une bergerie au sud des monts d’Auvergne. Il fallait les évacuer sur un hôpital, faute de quoi ils finiraient handicapés. Il fallut quatre jours aux Résistants locaux pour leur trouver des identités bidon et un des deux blessés dut être opéré, sa fracture présentant des complications. Tout le monde le crut quand il affirma être tombé de son échelle en cueillant des pommes (mensonge simple, histoire crédible). Et puis, les médecins français avaient appris que, jusqu’à la fin de la guerre, ce serait mieux de ne pas poser de questions oiseuses à leurs patients.
Les équipes avaient toutes réussi à gagner leur secteur d’opération et à prendre contact avec les maquis locaux, même si ces derniers n’étaient parfois rien de mieux que des bandes de réfractaires à l’envoi en Allemagne. Surcouf 113/169 comprit enfin pourquoi De *** lui avait demandé s’il parlait espagnol, il avait dit oui, à présent, il allait pouvoir s’exercer parce que les républicains espagnols qui composaient « son » maquis semblaient réfractaires à la langue de Molière. Si plusieurs maquis étaient ouvertement communistes, certains étaient farouchement « blancs » (d’où les questions politiques posées avant le départ par De *** aux chefs d’équipe et que d’aucuns avaient trouvé déplacées). Mais tous étaient avides d’armes, de matériel et de moyens en général.
En recevant les premières demandes de parachutages, De *** se contenta de les transmettre à la hiérarchie (il disait souvent que ces détails sordides l’indisposaient). Un colonel du transport aérien et un autre de l’approvisionnement lui firent remarquer que ses hommes réclamaient de quoi équiper en gros deux brigades dont une blindée et qu’il faudrait quand même les rationner.
Comme De *** était pragmatique, il proposa de préparer des lots d’armement avec le matériel de prise sur les troupes allemandes récupéré dans le Péloponnèse et en Italie (et un peu en Corse) pour le parachuter en France. Il n’y en avait pas des masses, mais ce serait un bon début et cela pourrait simplifier la logistique, les cartouches étant déjà sur place.
Une compagnie se trouva désignée pour remettre en état le matériel de prise qui leur fut envoyé et y ajouter le nécessaire (souvent du vieux matériel français, là encore pour des raisons de compatibilité) pour en faire des lots. La structure des maquis étant constituée de sizaines, de trentaines et de centaines, le lot de base était pour six et comportait, dans l’idéal :
1 PM (MP 38 ou MP 40 de prise), avec 6 magasins et une chasuble de torse pour en porter 5.
1 FM (la plupart du temps un ZB 26 de prise), avec 15 magasins
4 Mauser k98, avec des bandoulières porte-munitions en toiles (5 x 5 coups), quatre par arme
1 000 cps de 9 mm Para
2 000 cps de 8x57 FM
1 000 cps de 8x57 fusil
12 grenades offensives
12 charges de 100 gr de plastic
24 détonateurs
12 mines anti-personnel
6 mines anti-véhicules.
Plus un peu d’équipement, en allant à l’essentiel : 6 musettes ou sacs à dos, 6 coutelas, 3 pelles de tranchée, 2 haches, 1 scie, 6 trousses de soins, 1 sacoche de sapeur.
Et comme le moral du soldat est au fond de la gamelle, tous les interstices des containers étaient farcis de rations avec quelques paquets de cigarettes et, pour les chanceux, un flacon d’alcool soigneusement enveloppé.
Un container parachuté équipait deux sizaines et leur fournissait aussi de la nourriture pour une semaine (sans faire d’excès…). Certains contenaient des fonds pour acheter sur place ce qui manquerait (la banque de France avait fourni sans trop sourciller – depuis le début, cet usage était prévu – des « vieux » francs qu’elle ne reconnaissait plus, mais qui étaient les seuls valables en Métropole, pour le moment).
Le problème, c’était que le nombre d’appareils alloués aux parachutages clandestins était notoirement insuffisant. Certaines équipes durent patienter et beaucoup d’hommes durent se contenter de fusils de chasse ou de mousquetons, de fusils Berthier ou de Mauser k98 de récupération. Et pour tout ça, bien sûr, les munitions manquaient.
Par ailleurs, l’implantation dans les maquis posa parfois problème. En effet, maquisards et soldats du 113e avaient au moins en commun d’être aussi cabochards les uns que les autres, ce qui conduisait ou à une symbiose rapide ou à des affrontements récurrents. Pour éviter les ennuis, les consignes données aux équipes étaient très claires : les hommes du 113e venaient comme conseillers techniques, puis tactiques, non pour remplacer les chefs en place ! Très souvent d’ailleurs, ces derniers étaient des personnalités de qualité auprès de qui ceux du 113e jouèrent au mieux leur rôle d’instructeurs et de conseillers.
L’autorité formelle théoriquement conférée par les grades ne donnait pas grand-chose avec les maquisards et de toute façon, tout le monde s’appelait par son prénom ou son surnom au sein des équipes du 113e. Cependant, leur compétence technique et leurs qualités humaines les firent rapidement respecter – et obéir.
Dans trois cas cependant, confrontés à des dérives autoritaires extrêmes, les hommes du 113e effectuèrent une rude purge. Comme disait le père Boulle, on ne va pas cautionner le comportement de notre adversaire en employant les mêmes méthodes que lui. Les trois fois, l’équipe du 113e prit le pouvoir par une sorte de mini coup d’état ; les trois chefs de maquis et leurs adjoints furent fusillés après un jugement rapide et sévère (mais juste) rendu en application de la loi martiale. Chefs d’accusation : meurtre, pillage, viol, incendie volontaire.
Il fallut deux mois avant que les maquis renforcés par les soldats d’Alger (comme on les appelait à peu près partout) commencent à devenir militairement opérationnels. En effet, l’un des inconvénients de la vie de maquis par rapport à la vie de garnison est une logistique défaillante (l’avantage étant qu’on était moins strict sur la tenue). Beaucoup de temps devait être occupé à se procurer du ravitaillement. Ensuite, maintenir une hygiène de base n’était pas si facile dès qu’une certaine masse critique était dépassée. Il fallait prévoir des latrines, des couchages également. Tout le monde ne possédait pas une tente et une couverture. On édifiait des petites cabanes, l’ennui étant que la quantité de celles-ci désignait ces camps comme ceux de réfractaires à l’œil inquisiteur d’un avion fouineur. Ces contraintes conduisirent à proposer qu’un camp ne loge jamais plus d’une trentaine d’hommes. Ces camps de trentaine étaient disposés en arc de cercle autour d’un camp de commandement. Des corvées allaient chercher les rations au camp central et des réunions de cadres coordonnaient les missions. Et puis, évidemment, il fallait changer régulièrement de site et parfois évacuer en hâte un camp à peine installé quand on s’apercevait que l’ennemi avait des soupçons.
De plus, une bonne part de l’effectif était en permanence de garde pour réagir face aux Allemands ou aux hommes du NEF, Garde dite française ou autre (la FST n’était pas considérée comme une menace). Avec tout ça, l’instruction avançait fatalement moins vite.
Dans l’ensemble, la première phase de l’opération Surcouf porta sur les points suivants.
- Reconnaître le secteur d’engagement par de multiples patrouilles et planifier plusieurs sites de camp ainsi que différents sites de repli, tous désignés par des noms de codes.
- Reconnaître des sites de parachutages et les aménager.
- Organiser le ravitaillement et tenter d’améliorer l’équipement (il y eut plusieurs actions sur des postes de gendarmerie pour récupérer du matériel ; cela se passait généralement dans la bonne humeur et sans chichis.)
- Rechercher et utiliser les compétences des maquisards. Tous ceux qui étaient couturiers, cordonniers, charpentiers, cuisiniers ou maréchaux-ferrants se retrouvèrent à des postes de responsabilité dans le ravitaillement et dans la construction – parfois à leur grand déplaisir. L’un de ces cordonniers fabriquait des espèces de galoches en cuir d’une seule pièce. Il fallait connaître le coup de main, mais elles protégeaient bien les pieds des aspérités du terrain, à défaut de la pluie.
- Donner une instruction de fantassin léger de base aux maquisards. C’est-à-dire, entre autres, beaucoup de marches, de jour comme de nuit. Il fallut que les hommes du 113e adaptent leur rythme aux possibilités de leurs élèves, tous plus ou moins mal nourris…
- Organiser la distribution du matériel parachuté. Cela se faisait de manière très simple. Chaque maquisard désireux de recevoir une arme devait suivre un cours (fusil, puis PM ou FM en fonction des qualités qu’il avait montrées – pour le FM, la première de ces qualités était souvent d’être costaud). Quand le cours était réussi, le participant recevait son arme, ainsi que le reste de l’équipement individuel de base. Parfois il y avait du surplus et on informait un maquis voisin – ce qui se traduisait en général par une fusion.
Au bout de deux mois, les équipes Surcouf (240 bonshommes au départ) encadraient directement ou indirectement 4 768 hommes organisés de façon rustique et passablement hargneux parce que frustrés. En effet, les consignes étaient de se tenir à carreau pour ne pas donner l’éveil et éviter de causer des représailles. Le bilan des actions entreprises en deux mois contre l’ennemi paraissait donc faible, mais restait intéressant.
- Aucun déplacement militaire allemand sur la route du Rhône et la route Napoléon n’avait été manqué dans un sens ou dans l’autre. Toutes les informations recueillies avaient été transmises à Alger, par Corte.
- Des listes d’objectifs à attaquer avaient été établies. Certaines cibles étaient même déjà étudiées sur boîte à sable pour planifier leur attaque.
- Chaque fois que possible, les boites à graisse des wagons de chemin de fer utilisés par les troupes allemandes avaient été remplies avec du sable. Certains maquis comportant des cheminots s’étaient fait une spécialité de vider les feux des locomotives ou de truquer les aiguillages (ce qui nécessitait plus de savoir-faire mais moins de matériel que le dynamitage de la voie).
- Quatre chargements d’uniformes allemands avaient été saupoudrés de limaille d’acier ultra-fine. Cela causerait aux porteurs des démangeaisons horribles et les vêtements seraient bons à brûler.
- Les véhicules allemands laissés un instant sans surveillance voyaient leur carter rempli de toile émeri coupée en petits morceaux. Ailleurs, le jeu consistait à mettre un clou sous le pneu du véhicule à l’arrêt. Au démarrage, le clou se plantait dans la gomme et en quelques kilomètres la chambre à air était déchirée (et souvent irréparable).
Toutes ces opérations restaient discrètes afin de limiter les représailles. Mais cette prudence ne réussissait pas toujours à éviter l’organisation par les Allemands (activement secondés par la Garde) de ratissages meurtriers. Certains maquis qui avaient refusé le principe de l’itinérance parce qu’ils se trouvaient bien où ils étaient en furent victimes et quatre d’entre eux anéantis durant cette période. Une équipe Surcouf, la 113/209-216, fut éliminée jusqu’au dernier homme dans un de ces engagements.
Le reste attendait le signal.
« Pas loin de 5 000 hommes, même si on ne nous en laisse que le quart, nous fonctionnerons de nouveau avec un effectif normal. »
« Oui, il faudra juste qu’ils signent un engagement dans l’armée pour la durée de la guerre. »
« Qu’est-ce que c’est que cette arnaque ? »
« Le règlement mon colonel, désolé. »
« Brmmff… »
« (Hum) Oh, vous lisez toujours ce vieux livre tout corné et taché, mon colonel ?»
« C’est ma bible, mon inspiration : « Les avant-postes de cavalerie légère » par le général Antoine de Brack. Tous les officiers devraient le lire ce livre. Mais il n’y a pas assez d’exemplaires en Afrique du nord et je n’ai pas pu obtenir qu’on le réédite. Et en Corse, je n’ai pu en trouver que deux, au musée Napoléon, »
« Nous finirons bien par trouver une solution, mon colonel. »
« Oui, nous finissons toujours par trouver une solution. Et puis s’il n’y en a pas, c’est qu’il n’y a pas de problème, n’est-ce pas ? »
SURCOUF 2 – Lâchez les chiens
Par un beau soir de fin août 1943, de nombreux cadres du 113e se firent confirmer par les autres auditeurs le « message personnel » qu’ils venaient d’entendre sur Radio Alger : « Shakespeare revient à la mode ; je répète : Shakespeare revient à la mode ». Ces mots avaient paru moins révélateurs que la citation de l’auteur de Jules César qui les avait inspirés : « Criez « Dévastation ! », lâchez les chiens de guerre. » (Cry Havoc ! and let slip the dogs of war).
Aussitôt une activité fébrile s’empara d’une centaine de maquis en liaison avec une des équipes Surcouf. On sortit les dossiers d’objectif, c’en était fini des ennuyeuses reconnaissances, cette fois c’était pour de bon.
Mais ce n’est pas tout de taper dans le nid de guêpes, encore faut-il éviter de se faire piquer. Les cadres du 113e eurent fort à faire pour calmer l’enthousiasme de leurs élèves. C’était vraiment les volontaires de l’An II, mal armés, mal équipés, mais plein d’ardeur.
Ils commencèrent petit bras : coupures de rails multiples et bien ciblées. En exploitant les compétences des gars de la SNCF, de petites unités allaient démonter des rails et les emportaient pour les dissimuler (de préférence pas trop loin, pour pouvoir les remettre en place aux beaux jours, sans compter qu’un rail, c’est lourd). C’était gonflé, il fallait mettre une protection de chaque côté du chantier, mais ça fonctionna assez bien. Mi septembre, un fonctionnaire de la Reichsbahn en porte à Lyon calcula qu’on lui avait commandé en deux semaines autant de rails de remplacement pour la « région Méditerranée » qu’en trois mois ordinaires ; à ce rythme il ne pourrait bientôt plus en fournir, de plus le personnel chargé des réparations commençait à fatiguer.
Dans le même temps, les Transports se plaignaient de la surconsommation de pneumatiques ainsi que de l’usure excessive des moteurs de ses véhicules. Le rendement du parc automobile était tombé très bas. Il fallait organiser des priorités en fonction des demandes.
Les Transmissions avait tout simplement arrêté de fournir du câble téléphonique, il n’y en avait plus en stock. Toutes les unités en accumulaient et devaient mobiliser des effectifs importants juste pour limiter les ruptures de réseau. Les estafettes commencèrent à voyager en voitures blindées après que plus de quarante d’entre elles expédiées à moto ne fussent jamais arrivées à destination.
Le service des carburants fit tripler la garde dans ses dépôts après que trois livraisons à des unités de blindés eurent eu pour effet de noyer le moteur ou de le faire prendre feu. Dans toute la Provence, plus personne n’osait faire un plein sans avoir contrôlé la qualité du carburant.
Même les chevaux de l’artillerie ne furent pas épargnés. Des crises de coliques les laissaient épuisés et inaptes à l’effort.
Les hommes de la Wehrmacht se doutaient bien que tout cela n’était pas gratuit. Ils sentaient monter une hostilité plus hargneuse que celle, sourde, avec laquelle ils avaient vécu jusque-là. Les soldats ne sortaient plus seuls, ils se sentaient entourés d’ennemis et leur moral en prenait un coup. « Nous préférions une vraie guerre face à face à cette atmosphère qui faisait sans cesse craindre un piège ou un coup de poignard dans le dos » devait raconter l’un d’eux – alors que, pour éviter les prises d’otages et les exécutions, Alger avait précisément interdit de s’en prendre à des militaires isolés en ville.
Incapables de mettre une image sur un adversaire qui demeurait insaisissable et qui préférait annuler une mission que prendre des risques, les Allemands reportaient leur rancœur sur la population civile, multipliant les vexations. Les civils réagirent par la résistance passive : plus personne n’avait de feu, ne connaissait un chemin ou ne pouvait vendre quoi que ce soit. Même le marché noir faisait des poussées de patriotisme, et il n’est pas faux de dire que son ersatz de café restait sur l’estomac du landser.
Comme plusieurs maquisards se plaignaient que ce qu’ils faisaient n’avait rien d’héroïque, ils eurent une réponse qui surprit certains : « Vous êtes des soldats et un soldat n’est pas là pour être un héros mais un combattant, dont le but est d’accomplir sa mission, pas un exploit ! Celui qui évite aujourd’hui un combat mal engagé pourra réussir sa mission demain. Souvenez-vous que les cimetières sont pleins de héros morts, comme l’enfer est pavé de bonnes intentions. » Un chef d’équipe qui avait assisté à une visite de Patton sur le front, en Sicile, ajouta même, sans préciser sa source : « Le boulot d’un soldat n’est pas de mourir pour sa patrie, mais de faire en sorte que le type d’en face meure pour la sienne ! »
Mais tout a une fin. Comme le déclara Boris Vassilievitch Komarov, chef respecté d’un maquis de Haute Provence et sergent de l’Armée Rouge en rupture de Stalag (il avait trouvé plus facile de s’évader vers l’ouest), « Il est temps à prrrésent d’entrrrer dans phase plus extrrrêmement active ». Sur ce, il s’aboucha avec le Niçois (surnom de Surcouf 113/25, chef de la quatrième équipe) et tous deux partirent bras dessus bras dessous, accompagnés d’une douzaine d’hommes, attaquer l’aérodrome de ***. L’affaire devait coûter à la Luftwaffe 8 sentinelles tuées, 17 avions allant d’endommagé à complètement carbonisé, et le ravitaillement en saucisses de la cantine (pas perdues pour tout le monde, les saucisses).
Comme, après trois mois de préparation et trois semaines de sournoiseries, on ne pouvait plus retenir personne, Dio et L-P décidèrent de chercher une compagnie ennemie en vadrouille pour se passer les nerfs. Pas vraiment par hasard, ils tombèrent à bras raccourcis sur la même, et comme devait le dire son commandant, « ça n’a pas été notre journée. »
Il avait subi une première embuscade en forêt de ***. Ses hommes, un peu à cran, avaient riposté avec brutalité et dans toutes les directions, ce qui avait fait monter le bilan de cette première attaque (menée par L-P et une trentaine) à 15 tués et 31 blessés, dont au moins 25% par le feu ami.
Lors de son repli vers sa base, il était tombé dans une embuscade montée par Dio et une autre trentaine, avec comme prélude une bonne charge d’explosifs. Comme les landsers sautaient de leur camion, le sergent d’armes de Dio fit péter une chaîne de charges le long du bord droit de la route (disciplinés et respectant le Code de la Route, les camions allemands se rangeaient à droite en s’arrêtant). Heureusement pour cette malheureuse compagnie, les hommes du 113e estimaient que leurs poulains n’étaient pas encore mûrs pour monter à l’assaut, mais ça allait venir.
Les faïenceries de Provence faisaient des affaires d’or. En effet, le maquis faisait une grande consommation d’assiettes. Les colonnes allemandes s’étaient habituées à ce que les routes soient minées. Les voies bitumées étaient tranquilles, mais toutes les routes damées, les chemins forestiers etc, étaient semées de petits monticules révélateurs de la présence d’une mine. Quand on fouillait le monticule, 19 fois sur 20 c’était une assiette à soupe. La vingtième, c’était une mine. Bref la progression moyenne d’une colonne allemande se mesurait au kilomètre/heure – ou au camion/kilomètre quand, exaspéré, un chef de convoi décidait de passer outre et de pulvériser toute cette vaisselle.
Une des équipes Surcouf réussit un petit raid sur un dépôt de gaz, où elle récupéra un stock de bonbonnes, format familial. Un test grandeur nature fut effectué sur une petite route du Limousin. Recette, creuser un trou, mettre une mine anti-véhicule au fond, poser délicatement la bonbonne dessus (là tout est dans la délicatesse), reboucher avec soin (la délicatesse, toujours) et observer. Rendus prudents par leurs cours avec O’Neill, les artificiers se planquèrent à plus de 200 mètres. C’est peu dire que le résultat leur coupa le souffle. Le… souffle, justement, les laissa un bref instant comme des poissons hors de l’eau. L’explosion fit un trou de trois mètres de diamètre dans la route et sema des débris de Sdkfz dans un rayon de 500 mètres. Quand la Wehrmacht vint récupérer ses hommes, elle dut apporter des échelles pour monter aux arbres.
Comme le disait un chef d’équipe, notre boulot c’est d’être de la gelée de pudding. C’est presque impossible à saisir, ça trouve toujours un trou pour filer, mais ça pèse sur l’estomac !
Les troupes d’occupations avaient beau faire de plus en plus d’efforts, il y avait presque toujours un trou. Tenus en laisse par les hommes du 113e, les maquisards décrochaient dès que le morceau semblait un peu trop gros. Mais quand ils tombaient malgré tout dans une embuscade, ils réagissaient avec une agressivité brutale, en ouvrant un feu violent, consommant de grandes quantités de cartouches pour faire baisser la tête de l’adversaire et filer (à quoi bon se faire descendre avec une cartouchière pleine).
Malheureusement, on ne parvenait pas toujours à évacuer les blessés et les morts. Après une opération où les Allemands avaient trouvé la carte d’identité d’un mort sur lui, sa famille fut déportée. Quand l’information revint aux oreilles des combattants de la forêt, ils appliquèrent avec plus de rigueur la règle de partir vierge de tout signe distinctif au combat (cet anonymat et les nombreux surnoms des maquisards rendirent parfois difficile leur identification après leur décès). Pour les blessés, après l’exécution des premiers intransportables par les Allemands, pas toujours pas ceux qui les capturaient mais plus tard, par les hommes du SD, il y avait des consensus par maquis. Dans telle unité on achevait les blessés graves (ce n’est pas pour rien que le coup de grâce se nomme ainsi), dans une autre on leur laissait une grenade.
Le maquis Lupin était conduit par un cambrioleur d’origine britannique reconverti dans le patriotisme et surnommé Arsène. Son adversaire local respectait un peu les formes de la guerre et « Arsène » se fit une spécialité d’aller récupérer ses blessés à l’hôpital (il disposait d’une panoplie cuir noir et traction avant complète qui faisait de lui un gestapiste très crédible) ou de les échanger contre des landsers fait prisonniers.
Participant à Alger à une énième réunion d’état-major d’avant débarquement, le lt-col De *** s’entendit demander par un gradé d’état-major si son unité remplissait correctement sa mission. Il y avait des rumeurs de mauvaise tenue et de non respect des règlements militaires. De *** resta courtois et se contenta de répondre : « Ils remplissent leur mission dans le strict respect de leurs ordres, mon général. C'est-à-dire qu’ils sèment le bo… je vous demande pardon, mon général, le désordre chez l’ennemi. »
« Dis L-P, tu feras quoi après la guerre, tu rempileras ? »
« Jamais ! Ma famille serait trop contente ! Non, dès qu’on aura raccompagné les Boches à Berlin, je fais autre chose. J’aime bien enseigner, alors je crois que je vais me faire instituteur, au moins les enfants ont un fond d’innocence. Et toi ? Tu retournes au Sénégal ? »
« Bof, je ne me prends pas pour Jeanne d’Arc, mais je crois que je vais rester dans l’armée. La guerre m’a permis de monter en grade, je vais essayer de faire carrière. Dans mon village, ils sont très fiers de moi et j’aime ça. »
« Ben mon vieux, t’es motivé. »
« Oui, mais la France c’est aussi mon pays. Regarde, elle a fait de moi un officier, alors que j’ai tout juste le certificat. Et encore, j’ai eu une mauvaise note en dictée. »
« Bah, la fin de la guerre c’est encore loin. T’as le temps d’améliorer ton orthographe… » |
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ladc51
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 1296 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Juin 23, 2012 01:46 Sujet du message: |
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Excellent !
Je suis vraiment épaté de voir que notre auteur réussit à se renouveller tout en restant aussi intéressant, bravo !  _________________ Laurent |
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lebobouba

Inscrit le: 12 Juil 2008 Messages: 358 Localisation: Devant son écran
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Posté le: Sam Juin 23, 2012 07:43 Sujet du message: |
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Une petite remarque:
Des SS en uniformes noirs sur le terrain est douteux (c'est plutôt la tenue pour parader).
Si l'action en cours a lieu du coté de Valence pendant l'hiver 43-44, on verra plutôt l'usage des tenues de camouflage par dessus la tenue de campagne feldgrau, voire des tenues hivernales type "Ostfront" (pour les plus chanceux). |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4148 Localisation: I'am back
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raven 03
Inscrit le: 20 Mar 2009 Messages: 1184 Localisation: loire (42)
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Posté le: Sam Juin 23, 2012 08:34 Sujet du message: |
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| lebobouba a écrit: | Une petite remarque:
Des SS en uniformes noirs sur le terrain est douteux (c'est plutôt la tenue pour parader).
Si l'action en cours a lieu du coté de Valence pendant l'hiver 43-44, on verra plutôt l'usage des tenues de camouflage par dessus la tenue de campagne feldgrau, voire des tenues hivernales type "Ostfront" (pour les plus chanceux). |
sur le terrain ,en noir c'est des Panzer Truppen , non??? |
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Alias

Inscrit le: 06 Juil 2007 Messages: 812 Localisation: Dans les environs de Genève-sur-Léman
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Posté le: Sam Juin 23, 2012 08:53 Sujet du message: |
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| ladc51 a écrit: | Excellent !
Je suis vraiment épaté de voir que notre auteur réussit à se renouveller tout en restant aussi intéressant, bravo !  |
Pareil, c'est toujours aussi fabuleux. _________________ Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
Multi-classé rôliste / historien / graphiste / fan de rock-prog / utilisateur de Mac |
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