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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12094
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 896 Localisation: La Tour du Pin
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 08:21 Sujet du message: |
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Je filais la veine "Pratchett", mon cher Anaxagore... Cohen est un héros récurrent du Disque Monde. Ce qui est bien, avec les héros, c'est que personne ne peut les tuer. Mais comme personne ne peut les tuer, ils ne peuvent pas mourir ! Et du coup, les héros vieillissent... Cohen est un petit vieux arthritique, vêtu uniquement d'un petit pagne en cuir dont l'odeur est célèbre dans tous les temples maudits du "Pratchettverse", du Trigonocéphale aux jungles d'Howonda, temples qu'il a allègrement pillés, la plupart plusieurs fois. La vieillesse lui a pris ses dents, "che qui le fait un peu jhojhoter", mais il a compensé en se fabriquant un superbe dentier avec des dents de troll (qui, comme chacun le sait, sont en diamant!) _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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mikey1983
Inscrit le: 17 Fév 2010 Messages: 676 Localisation: Helsinki, Finland
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 09:08 Sujet du message: |
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Youth: "What is it that a man may call the greatest things in life?"
Ghenghiz Cohen, a.k.a. Cohen the Barbarian, pre-dentures: "Hot water, good dentishtry and shoft lavatory paper." |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16027 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 09:42 Sujet du message: |
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Bon, retour aux affaires courantes…
Pourquoi inventer un Enfer alors que la Terre se débrouille très bien toute seule ? ……
6 septembre – La campagne d’Italie
Opération Concord – Le défi gagné
Jusqu’au Tagliamento (voire un peu au-delà) – Ce qui subsiste de la 14. Armee (Vietinghoff) dans le Frioul continue à se replier, en dépit des poursuivants et des raids aériens.
Il faut d’ailleurs avouer que les Alliés ne montrent pas un grand intérêt pour la poursuite. Hier soir, Bernard Montgomery a bien reçu les nouvelles du passage du Tagliamento. Sa réponse a été sans ambiguïté : « Continuez d’avancer vers l’est, les Alpes ne sont pas le sujet. ». Monty aurait tout aussi bien pu écrire « l’Italie n’est pas le sujet » – tant il est vrai que dans son esprit, seule la récupération de la Ist Army présente un intérêt. Du coup, la 1st Army Tank Brigade (Douglas H. Pratt) continue vers San Giorgio di Nogaro et sans doute bientôt Palmanova, sans trop prêter attention à ses adversaires de la veille.
De fait, 7. SS-Gebirgs Prinz-Eugen (Otto Kumm) et 4. SS-Polizei-Panzergrenadier (Jürgen Wagner) reculent désormais jusque sur une ligne Codroipo-Talmassons – harcelées par l’aviation, certes, mais au moins personne n’est sur leur dos ! Ce sera le rôle de la 10a Corazzata Piave (Ugo Tabellini) – les Italiens, frustrés par leurs petits engagements de cette nuit face aux Waffen-SS, vont devoir passer les eaux… Après les blindés de Pratt, évidemment prioritaires. Du coup, la libération d’Udine attendra. En seconde ligne, la 6th Infantry (Ronald Scobie) commence à poser des ponts et entre enfin dans un Portogruaro déserté par les Huns et secoué lui aussi par de multiples règlements de compte.
A quarante kilomètres de là, la 6th Armoured (SA) (William Poole) abandonne la poursuite vers Vittorio Veneto – les Italiens et les Latino-Américains s’en chargent, d’évidence – pour pousser vers Annone Veneto par Oderzo afin d’appuyer la 78th Infantry (Donald Butterworth), qui progresse vers San Vito al Tagliamento. Ce qui permet à la 356. ID (Karl Faulenbach) et au 525. schw PanzerJäger Abt (Major Friedrich Guttmacher) de respirer… un peu ! Car, de Saccon à Vittorio Veneto, il y a encore 15 longs kilomètres. Cela faisant, Poole manque de justesse d’accrocher la 29. Panzergrenadier (Walter Fries) et le 506. schw Panzer Abt (Hauptmann Heligenstadt), lesquels arrivent à Pordenone peu avant midi – ils peuvent souffler un peu avant de poursuivre dès cette nuit vers Maniago.
Enfin, derrière les Sud-Africains, la 3rd Armoured Brigade Latin Dodgers (Otho Prior-Palmer) et la 4th Armoured Brigade Black Rats (John Currie) contournent Portogruaro par le sud et Sindacale – à la suite de Pratt et de Tabellini, certes, mais – l’a-t-on assez dit – l’Isonzo n’intéresse pas Monty ! Derrière, la 2nd Infantry (SA) (Hendrik Klopper) progresse elle aussi – avec d’autant moins d’entrain qu’elle sait qu’elle n’ira pas beaucoup plus loin.
Opération Concord – Du côté des Italiens, des Américains, des Brésiliens…
Au nord de Padoue et de Trévise – Plus rien n’arrête les Italiens, lesquels sont tout à la fois galvanisés par le repli allemand… et très, très inquiets des rumeurs qui leur parviennent sur les souffrances de la population civile sous le joug allemand – notamment !
Raison de plus pour aller vite. En tête, fendant la foule de Conegliano, la 102a Divisione Celere Trento (Umberto Utili) atteint Vittorio Veneto en milieu de journée. Là, elle tombe – comme prévu et espéré – sur l’arrière des forces allemandes en retraite depuis la Piave, soit la 356. ID (Karl Faulenbach) et le 525. schw PanzerJäger Abt (Major Friedrich Guttmacher). Coincés dans ce goulet, ceux-ci souffrent encore un peu plus sous les coups des Sherman (short barrel) et des P-39… Finalement, la ligne de l’Axe craque, et les Allemands refluent en désordre, qui vers Tovena, qui vers Fadalto. En face, bien évidemment, les Latins exultent – On a fait la peau aux Goths ! Ceux-ci ne paraissent pas près de se rétablir et le Val de Piave est ouvert, offrant deux chemins que la Trento emprunte immédiatement. Sur la droite, l’affaire se décidera sans doute au niveau du Lago di Santa Croce, dont le barrage mussolinien contraint la topographie. Sur la gauche, la remontée de la 13a Divisione de Fanteria Goito (Arturo Scattini) depuis Pieve di Soligo laisse peu de chances aux survivants.
C’est bien ! Mais, à la tête de l’infanterie du Regio Esercito, Giovanni Magli sent bien qu’il n’a plus de véritable opportunité à exploiter – il demande donc des instructions à son cher supérieur, Miles Dempsey. En vérité, il se prépare déjà à répartir ses divisions le long des Alpes, en préalable à une poussée difficile.
En attendant, la 20a Divisione de Fanteria Friuli (Bartolomeo Pedrotti) continue de bousculer la 188. Gebirgsjäger (Hans von Hößlin) dans un combat particulièrement hargneux à Arsiè et Rivai, sans vainqueur évident pour l’instant. Du moins sur le plan tactique – car sur le plan opérationnel, le résultat est déjà clair : Hößlin n’y arrive pas, face à ces Italiens surmotivés, bénéficiant d’un terrain favorable et d’une supériorité numérique, avec une parité en armement… Tout juste empêche-t-il encore Pedrotti d’atteindre Mezzano. C’est déjà ça.
Pendant ce temps, au centre du dispositif et de mauvaise humeur, Wade H. Haislip avance… La 92nd Infantry Buffalo Soldiers (Edward M. Almond) entre dans Pordenone, avec la 1ère DI Cobras Fumantes (Mascarenhas de Morais) sur sa droite à Corva – sur les traces de Poole ou peu s’en faut.
Opération Concord – Dans les cieux
Au-dessus du Frioul – Avec la disparition des derniers appareils italiens – et de l’Axe, à peu de choses près – la RAF in Italy frappe impunément… et s’ennuie un peu, il faut l’avouer. D’autant qu’elle commence à manquer de cibles. Et en vérité, c’est une campagne de deux ans qui touche à sa fin… comme les armées qui en sont la cible.
Pour preuve, l’Air Vice-Marshal Hugh Lloyd se retrouve à organiser le transfert de plusieurs de ses formations vers l’Extrême-Orient : Squadron 89 (sur Beaufighter X), Squadron 55 (sur Beaumont), Squadron 603 (sur Banshee)… Et ce n’est que le début.
Crabb et la Decima
Sauver Venise
Venise – Un navire a sauté sur une mine dans la lagune ! Crabb reçoit l’ordre de passer au peigne fin tous les canaux de la ville pour identifier et désamorcer tous les explosifs qui y resteraient. Sans autre plongeur, cette mission est impossible, et les autorités alliées n’ont personne à lui proposer pour l’aider. Mais Belloni lui révèle que de nombreux plongeurs de la Decima étaient emprisonnés avec lui à l’Académie navale – il cite d’ailleurs des noms bien connus de Crabb. Celui-ci retourne à l’Académie et convainc les Partisans qu’il vaut mieux condamner les plongeurs à risquer de sauter sur une mine en essayant de sauver la ville plutôt que les pendre…
Crabb ramène ainsi sur le Vignole une douzaine de nageurs, dont le fameux lieutenant de vaisseau Tadini, qui a mené la dernière attaque de la Decima Mas à Gibraltar en février 1943 (attaque victorieuse, puisque deux cargos ont été coulés) et le Dottore Moscatelli, l’ancien commandant de l’Olterra. Tous les plongeurs ne sont pas enthousiastes à l’idée de coopérer avec le responsable de la mort de Visentini, leur idole, même s’il lui a ensuite rendu les honneurs… Crabb leur explique qu’il ne force personne et qu’il peut ramener chez les Partisans ceux qui préfèrent ne pas coopérer, ce qui réussit à convaincre les plus récalcitrants. N’ayant pas assez de soldats pour garder à la fois les précieux ateliers et “ses” prisonniers, il se contente de leur parole d’honneur qu’ils n’essaieront pas de s’échapper : aucun ne se dédira.
Avec ces renforts, les opérations de déminage vont avancer rapidement : les mines de la lagune, débranchées électriquement mais laissées sur place par crainte d’un mécanisme magnétique, sont progressivement neutralisées et relevées. Des torpilles cachées dans un canal, sous un pont multicentenaire, exigent des soins minutieux pour être désamorcées. Un tanker, échoué à l’entrée du Grand Canal et miné, est un défi plus difficile : Crabb a besoin de temps pour étudier comment traiter le problème, mais le commandant du tanker tente de bouger son navire en vidant les ballasts pour le déséchouer, déclenchant ainsi la mine magnétique ! Heureusement, celle-ci est profondément enfouie dans la vase, et l’explosion n'est pas aussi puissante qu’on le craignait, le quai n’est pas ébranlé et la basilique Saint Marc est sauve…
Mais Italiens et Anglais n’en ont pas fini avec le déminage de Venise… et moins encore avec les surprises que réserve la Sérénissime à tous ses visiteurs [appendices 1 et 2] !
Résistance et répression
Unternehmen Feuerzange
D’Udine à Trévise – L’évacuation du Frioul et les opérations de sécurisation qui s’ensuivent tournent de plus en plus à ce qu’elles sont – des destructions massives, sur le modèle appliqué en Grèce, afin de jeter la population civile dans la misère et la terreur. Les Alliés qui viendront devront se débrouiller pour gérer ces contingences.
Au petit matin, une compagnie en retraite vers Gemona encercle la petite ville de Savorgnano del Torre avant de la bombarder au mortier. Ensuite, les obus ayant dégagé les rues, l’infanterie entre dans des maisons choisies au hasard pour piller et incendier. Cinq civils – Giuseppe Martinis (14 ans), Giovanni Saccavino (45 ans), Antonio Jacob (53 ans), Anna Sich (62 ans) et Maria Sudaro (87 ans) – trouvent ainsi la mort de façon parfaitement gratuite.
Plus haut dans les montagnes, l’une des compagnies du 541. Feldgendarmerie Abt entame une remontée sanglante de la Valcellina depuis Montereale Valcellina. Le village de Barcis est entièrement pillé et incendié – deux vieillards n’ayant pas pu fuir sont brûlés vifs dans leurs maisons.
Fin de vacances
Udine – Depuis cette nuit, et en fonction des instructions de la veille ordonnant l’abandon du Frioul, la dernière tanière du SS-Polizeiführer Karl Wolff flambe. Les Waffen-SS et les forces de police appliquent ici aussi la tactique de la terre brûlée, incendiant les archives, faisant sauter les immeubles, liquidant témoins et traces gênantes – dans cet ordre ou autrement. Avant midi, tout sera terminé. L’immeuble de la Via Mercatovecchio, lieu de tant de malheurs et de morts, brûle de la cave aux combles. Karl Wolff, lui, remonte le Tagliamento vers l’Autriche [appendice 3].
Fin de vacances (ici aussi)
Trieste – Panique et Götterdammerung ! Dans la forteresse impériale du Castello di San Giusto (20, les archives brûlent et les munitions explosent ! Le Reich abandonne son dernier grand port sur l’Adriatique, dans une confusion totale. Dans une atmosphère irrespirable, les autorités italiennes sont largement dépassées – elles se contentent d’éteindre les incendies, empêcher leurs anciens amis de tout détruire semblant hélas impossible. Pourtant, les arsenaux navals et les quais de chargement seraient si utiles après la guerre !
Hélas, l’armée allemande est encore trop forte ici. Cependant, elle disparaît peu à peu vers le nord par petits groupes, qui espèrent remonter l’Isonzo jusqu’à Villach avant qu’il soit trop tard. Quant au général Ludwig Kübler, il a déjà filé vers le nord en berline, avec l’Obergruppenführer Friedrich Rainer… Les deux hommes ne reverront les Balkans qu’après le conflit, pour les procès de Sarajevo, avant leur exécution pour crimes de guerre [appendices 4 et 5].
Basse vengeance
Carbonera – En dépit des assurances données par certains chefs partisans, les activités n’ont pas vraiment cessé dans la déjà trop fameuse papeterie de Mignagola. Les Résistants (ou se présentant comme tels) y font de nombreux passages, régulièrement accompagnés de captifs – venus parfois d’Oderzo. Et qui ressortent toujours moins nombreux qu’ils ne sont entrés…
Opportunisme
Sappada – Le petit village des Préalpes carniques, perdu à 1 200 mètres d’altitude au fond du Val de Piave, est le théâtre d’un changement d’allégeance comme on en voit de plus en plus ces temps-ci. La garnison locale, composée de 400 “Allemands”, pas moins – en réalité des Sudètes se découvrant finalement Tchèques… – se rend ainsi à la brigade Garibaldi locale, pourtant bien moins armée et moitié moins nombreuse. Les captifs provisoires ne tarderont pas à rejoindre leurs geôliers, pour reprendre le combat sans même changer d’uniforme, mais avec un brassard tricolore à la manche. Le tout aggrave encore l’insécurité pourtant déjà notable dans la région.
Note
20- Édifié au XVe siècle, sous le Saint-Empire romain germanique. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16027 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 09:58 Sujet du message: |
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Appendice 1
Crabb et la Decima
Union sacrée pour Venise
Entente cordiale italo-britannique
La fin de la mission du Commander Lionel Crabb à Venise n’ira pas sans incidents parfois tragi-comiques…
………
Alors que les travaux de déminage se poursuivent, tandis que Belloni est accaparé par de nouveaux travaux dans son laboratoire… Crabb reçoit un appel téléphonique de Forza, qui s’enquiert de sa petite troupe de nageurs.
– Ça va comme-ci, comme-ça… Entre Belloni qui finira par tous nous faire sauter et ses deux filles qui se baignent vêtues de confettis sous les yeux de mes nageurs ! Seul Tadini demeure de glace devant elles, il faut dire qu’il file chaque nuit à la nage jusqu’au Lido retrouver sa petite amie.
– Excellent entrainement pour un Gamma ! répond Forza, qui propose à Crabb de dîner avec lui ce soir-là.
Attablés dans un restaurant du Rialto, après l’apéritif, Forza hèle un homme accoudé au bar voisin, un véritable athlète qui les rejoint et que Forza présente à Crabb comme celui qui pourrait régler ses soucis de discipline : le lieutenant de vaisseau Eugenio Wolk, ancien de la Decima (et commandant de la section sous-marine de la Decima de Borghese du côté de la RSI), celui qui a formé la plupart de ses nageurs.
Crabb ramène Wolk à San Andrea du Vignole comme son dernier “prisonnier”. Wolk rétablit immédiatement une saine discipline ! Désormais, Tadini ne rejoint plus sa petite amie qu’une fois par semaine, avec un ordre de permission en bonne et due forme, tandis que les autres “prisonniers” rendent aimablement les dizaines d’armes de poing qu’ils avaient conservées pour leur sécurité personnelle… Crabb se doute bien que l’arrivée de Wolk cache sans doute d’autres motivations que le seul désir de préserver sa vie en s’éloignant des Partisans, mais il fait confiance à Forza et, bizarrement peut-être, aux anciens de la Decima en général.
D’ailleurs, avec Wolk, Belloni comme les autres nageurs se mettent à parler. Sur leurs indications, Wolk plonge à la recherche des matériels coulés par les Allemands à leur départ et remonte cinq SLC à peine endommagés. Pour les réparer, des ouvriers milanais arrivent en renfort. Contre toute attente, le courant passe entre les anciens de la Decima, dont certains portent des tatouages fascistes, et ces ouvriers au foulard rouge et arborant faucille et marteau à la boutonnière : la mécanique avant tout ! S’occuper d’engins de cette qualité est un tel bonheur – il suffit de ne pas parler politique à table…
Un SLC est remis en état de marche : c’est un des nouveaux engins améliorés, un type San Bartolomeo. Crabb revendique l’honneur de l’essayer devant des nageurs italiens goguenards puis franchement médusés devant le niveau de maîtrise du plongeur anglais… qui finit par leur avouer avoir remonté et essayé tout seul un SLC abandonné à Gibraltar !
………
Un jour, Wolk prend Crabb à part et lui dit qu’une dame veut le rencontrer. Perplexe, Crabb se rend néanmoins au rendez-vous, dans un appartement non loin du Grand Canal. Ce sont non pas une mais deux femmes qui l’y attendent : la veuve et la mère de Visintini, qui désirent avoir des détails sur sa mort à Gibraltar presque deux ans plus tôt… Crabb, ému, trouve difficilement les mots pour les éclairer et les réconforter. Après cet entretien, il ne pourra les oublier : apprenant que, délaissées par les autorités de leur pays, elles vivent dans la misère, il embauchera la veuve de Visintini comme secrétaire bilingue, lui offrant à la fois un moyen de subsistance pour sa famille et un environnement bienveillant et solidaire à San Andrea, dans la grande famille de la Decima Mas…
………
Quand les Italiens feront passer en justice Belloni, Wolk, Moscatelli, Tedini et plusieurs autres nageurs de la “Decima du Nord”, Crabb les défendra avec acharnement. Faisant valoir leur rôle dans le sauvetage de Venise, il contribuera à leur acquittement, sous réserve de continuer à œuvrer au déminage de la ville.
………
Plus tard, une délégation de l’US Navy, escortée de nombreux MP armés jusqu’aux dents, viendra à San Andrea du Vignole pour demander aux anciens de la Decima de se rendre aux Etats-Unis pour des démonstrations de SLC ! Contrairement aux craintes de Marsloe (qui avait entretemps épousé Minella Belloni), la plupart accepteront et commenceront ainsi une nouvelle vie sur un nouveau continent…
Fin de partie
Historiquement, le Commander Crabb sera après la guerre employé pour une dernière mission officielle, à Haïfa, pour défendre les navires de Sa Majesté contre les attaques des saboteurs juifs tentant d’obtenir la levée du blocus de la Palestine mandataire… Mais c’est dix ans plus tard que sa chance légendaire l’abandonnera.
………
19 avril 1956, Portsmouth – Le Commander Lionel Crabb est porté disparu, présumé mort. Il s’était après la guerre lancé dans une carrière civile et avait en particulier exploré l’épave d’un galion espagnol, tout en coopérant ponctuellement avec la Royal Navy, notamment pour les opérations de sauvetage après les accidents survenus à deux sous-marins, les HMS Truculent et Affray.
Crabb a été vu pour la dernière fois à Portsmouth. La présence à cette date dans le même port du croiseur soviétique Ordzhonikidze (qui venait de transporter Khrouchtchev en visite diplomatique au Royaume-Uni et dont la rumeur prétend qu’il est doté d’un système de propulsion novateur) est assurément une coïncidence. D’ailleurs, le Premier ministre Anthony Eden déclarera à la Chambre des Communes : « Il n’est pas dans l’intérêt public de dévoiler les circonstances dans lesquelles il est présumé que le Commander Crabb a trouvé la mort ».
Appendice 2
Éternelle Sérénissime
Une fable de Venise
« Je ne peux pas imaginer ma vie sans femmes » (Ugo Eugenio Prat, dit Hugo Pratt)
Siège de l’AMGOT de Venise (Palais des Doges, place Saint-Marc) – La porte de l’officier de garde cogne trois fois, annonçant un visiteur dans ce bureau à l’élégance peinte et surannée, mais (un peu) trop chaud. La lagune est d’une moiteur pas très agréable, en cette saison… Mais pour autant, l’affectation n’a rien d’une punition – la ville est belle, les ragazze jolies, le Bellini étonnamment abondant et le front fort loin. De quoi se laisser aller. Le major ne sait plus qui a dit que Venise rendait fainéant, voire qu’elle était faite pour cela !
– Bonjour David, je ne vous dérange pas ?
– Salut Walt. Quel bon vent vous amène ?
– Pas grand-chose, mettre de l’ordre dans les dossiers de certains Spaghettis, trier les captifs, ce genre de trucs.
– Et vous souhaitiez me parler d’un… truc en particulier ?
– D’un dossier particulier, en effet.
Une mince chemise – une fiche, trois photos – tombe en travers du bureau.
– Oh. C’est un gamin. Mais en uniforme allemand. Il a, quoi ? Dix-huit…
– Dix-sept ans depuis juin dernier. On l’a pris avec d’autres sur une barge, où il faisait le planton avec un fusil même pas chargé.
– Un peu jeune, pour faire des bêtises pareilles. Et donc ?
– J’aimerai le faire libérer.
– Pardon ?
– Il n’a rien à faire en prison.
– Désolé, mais c’est tout de même un soldat du camp d’en face, tout en étant un ressortissant d’un pays… mettons ami… donc un traître !
– Je sais. Mais laissez-moi vous expliquer, vous allez comprendre.
– Oh Walt, je sens que ça va être compliqué cette histoire…
– C’est vrai qu’elle nous emmène assez loin. En Abyssinie, pour être précis. Ce petit gars est un fils de militaire, parti à dix ans rejoindre son père là-bas.
– Première bêtise, mais je suppose qu’il n’y pouvait rien.
– Pas davantage quand son père le fait engager à 13 ans dans la police coloniale, pour réprimer les soulèvements nègres.
– Un peu jeune, une fois encore. Mais je suppose que ça a été une magnifique expérience ?
– Si l’on peut dire. Apparemment, une tribu là-bas coupe les… parties de ses ennemis pour les offrir en cadeau de mariage [Les fameux Danakils.]. Le chef du petit en a fait les frais – le gamin l’a trouvé dans son bureau, avec son ennemi, qui venait… d’opérer, le couteau à la main.
– Barbare de nègres…
– Bref, comme vous le savez, nous nous sommes bien débrouillés là-bas avec nos divers alliés, et les colonies italiennes sont tombées dès 40. Notre ami a donc fini dans un camp d’internés civils.
– Il y a pire.
– En effet. Quarante garçons et six mille femmes, dont de très nombreuses adolescentes.
– Hein ?
– La mobilisation, les prisonniers de guerre, toute cette sorte de choses.
– Je sens que ça ne nous emmène pas au mariage, toute cette sorte de choses.
– Il m’a dit avoir appris très très vite.
– Bon…
– Évidemment, le rapatriement par la Croix-Rouge ne lui a pas spécialement fait plaisir. C’était sans son père, dont il est d’ailleurs sans nouvelles [Fait prisonnier en 1940, Rolando Prat est mort de maladie en détention au camp de Dire-Dawa, en 1941.]. Mais tout de même avec sa mère, qui l’a ensuite confié à son oncle, un cacique du Parti fasciste de Venise. Et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé sur la lagune.
– Moins drôle que le camp !
– Ça dépend. Personne ne le surveillait et il s’est vite mis à faire… n’importe quoi dans la ville. Jusqu’à trouver, m’a-t-il dit, « une belle combine » : se faire passer pour un pilote allié abattu – ou un espion, ça dépendait. De préférence auprès de femmes esseulées, au grand lit et à la cave bien garnie.
– … !
– Il a du bagout, c’est indéniable.
– Et puis, il faut dire qu’espion ou pilote allié, ça donne l’excuse parfaite pour filer dès le lendemain.
– Jusqu’à tomber sur la mauvaise.
– Mari jaloux ?
– Pire. Comme il m’a dit : « Je ne risquais pas de savoir qu’elle portait l’uniforme : quand je l’ai accostée sur la plage, elle était en maillot de bain ! ».
– Donc une Gretchen. Jalouse ?
– Amoureuse ! Elle n’a pas accepté qu’il disparaisse sans laisser d’adresse, comme les Partisans italiens le lui avaient gentiment conseillé. Et elle l’a rattrapé, après une course dans tout Dorsoduro… mais avec une patrouille de Feldgendarmes.
– Le drame. Un coup à se faire fusiller, dites-moi !
– Ça a failli être le cas. Enfin, jusqu’à ce que la famille arrive à la rescousse. Notre ami ne parle pas allemand. L’oncle fasciste a donc fait la traduction devant le colonel Kraut, qui lui posait des questions auxquelles il ne fallait répondre que par oui ou par non.
– Et donc ?
– Et donc l’oncle transpirait beaucoup et faisait des réponses beaucoup plus longues que oui ou non. Mais bon, ce n’était pas un pilote allié, ce n’était pas un espion…
– Et quelle meilleure manière de le prouver que de s’engager de son plein gré sur une barge sans intérêt, à rester planté comme un imbécile au milieu des mouettes !
– Voilà !
– Et ça vous amuse, cette histoire ?
– David ! Nos Italiens vont accuser ce gosse d’être un traître et le fusiller ! Sauf si nous le faisons… disparaitre discrètement.
– Ah. Et que ferions-nous de votre petit protégé ?
– Il propose de servir comme interprète et… organisateur de spectacles. Et il prétend avoir quelques contacts pour monter des revues. Sur ce point, vous comprendrez que j’ai des raisons de le croire ! […] Sinon, il adore les comics américains, c’est d’ailleurs comme ça qu’il a appris l’anglais, il a même tenté de m’en acheter. Je lui ai prêté un roman de Kenneth Roberts en attendant.
– (Soupir) Je vais voir ce que je peux faire…
Le jeune prétendu espion et pas vraiment transfuge devait ainsi se retrouver au Gruppo di Venezia, lequel allait rassembler les meilleurs artistes de l’époque et les écrivains comiques Fernando Carcupino, Dino Battaglia et Damiano Damian…
Alors, bien sûr, toute cette histoire est peut-être un peu romancée. Mais comme toutes les belles histoires, on a aussi un peu envie d’y croire.
Dernière édition par Casus Frankie le Lun Sep 28, 2026 10:19; édité 1 fois |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14107 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 10:05 Sujet du message: |
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Peut être préciser que Krabb n'est pas de moi ? _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16027 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 10:11 Sujet du message: |
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Merci à LADC (Crabb) et à Demo Dan (Pratt).
A présent, trois personnages nettement moins sympathiques.
Appendice 3
Un serpent très malin
« Karl Friedrich Otto Wolff, 1900-1984, SS-Obergruppenführer und General der Waffen SS, criminel de guerre.
Né le 13 mai 1900 à Darmstadt (grand-duché de Hesse), Karl Wolff étudie en Westphalie. En plus de l’enseignement du Ludwig-Georgs Gymnasium, il suit une formation militaire donnée par la Jugendwehr et se voit affecté au 115. Leibgarde-Infanterie-Rgt comme Fahnenjunker. En avril 1917, son Abitur obtenu, il devance sa conscription et, dès septembre, se porte volontaire pour le front. Il combat sur le front français jusqu’à l’armistice puis quitte l’armée avec le grade de lieutenant.
En 1931, Karl Wolff rejoint le Parti nazi et en 1932 la SS. Gravissant les échelons avec une célérité sidérante, il devient dès 1933 chef de l’état-major particulier du Reichsführer-SS – signe que ce dernier le considérait comme son homme de confiance et qu’il était d’une intelligence brillante. Véritable éminence grise de l’Ordre Noir, Karl Wolff joue un rôle trouble dans la constitution du NEF de Pierre Laval, puis participe à l’entrevue d’Hendaye d’octobre 1940 entre le Führer Hitler et le caudillo Franco.
Du 12 au 15 juin 1941, il est présent à la réunion des Gruppenführer organisée au château de Wewelsburg par Himmler et Heydrich. Himmler y expose sa vision de l’avenir de l’Allemagne, entre (future) Solution finale et General Ostplan, accueillie par l’enthousiasme général. A cette date, seuls deux hommes comptent sous Himmler dans la SS : Wolff et Heydrich. La mort du fameux “HHhH” aurait dû lui laisser le champ libre… A un détail près – son remariage sans l’autorisation de Himmler, ce qui lui coûte sa faveur. La SS et Himmler avaient leurs priorités…
En février 1943, Wolff est nommé chef suprême de la SS et de la Police – Höchste SS- und Polizeiführer (HöSSPf) – pour l’Italie du Nord (il a notamment sous ses ordres Wilhelm Harster, qui commande le camp de Bolzano). A ce poste féodal, il a tout pouvoir pour exploiter ces territoires au bénéfice du Reich et y assurer l’ordre avant une possible annexion de la Vénétie Julienne et des provinces adriatiques – après la guerre, le Reich envisage de développer le commerce en Méditerranée depuis l’Autriche par Trieste [Celle-ci aurait dû devenir une cité indépendante sur le modèle de Dantzig – modèle raté, mais à cause de la vile et déloyale concurrence de Gdansk la polonaise, bien sûr.].
En théorie, c’est une promotion – en fait, c’est une disgrâce. Néanmoins, le HöSSPf assumera personnellement la direction, donc la responsabilité, de la quasi-totalité des crimes commis par les forces allemandes dans le nord de la péninsule – déportations vers les travaux forcés, rafles de Juifs, pillages et autres rapines, et surtout représailles menées toujours plus violemment et avec toujours moins d’états d’âme (s’il y en eut un jour). Wolff reste à ce poste de sang et de brutalité jusqu’à l’évacuation du Frioul en septembre 1944 – il ne commandera plus ensuite que des lambeaux d’unités SS et quelques forces de police en Autriche ou Bavière jusqu’à la capitulation, dans un chaos sans cesse plus grand.
Individu maléfiquement brillant au regard de serpent, l’ancien rival d’Heydrich et – malgré tout – héritier putatif d’Himmler réussit à duper son monde après la guerre, en prétendant n’avoir jamais rien su des camps et des Einsatzgruppen, alors qu’il était l’aide de… camp personnel du Reichsführer-SS jusqu’en janvier 1943. Condamné à 15 ans de prison pour ses méfaits en Italie – dont il attribuait sans vergogne la responsabilité à la 14. Armee, prétendant n’avoir agi que “sur ordre” – Wolff est libéré dès 1954 pour “raison de santé” [Certaines accointances avec l’extrême-droite italienne et une fraction radicale de l’Église catholique ne peuvent être écartées, surtout dans le contexte politique de l’après-guerre.].
Il aura ensuite l’intelligence de se faire oublier… sauf en 1973, lors d’une interview très commentée dans l’émission de la BBC The World at War, où il reconnut sans difficulté avoir été témoin – parfois en présence d’Heinrich Himmler – du massacre de nombreux prisonniers, juifs notamment, le tout avec force détails anatomiques. Pourtant, Herr Wolff décédera tranquillement chez lui en 1984, à Rosenheim (Allemagne de l’Ouest). »
(Robert Stan Pratsky – Dictionnaire de la Seconde Guerre Mondiale en Méditerranée, Flammarion, 2008)
Appendice 4
Général battu et criminel de guerre ordinaire
« Ludwig Kübler, 1889-1946, général et criminel de guerre allemand.
Né à Unterdill, dans la commune de Forstenried, près de Munich, de père médecin, dans une fratrie de six garçons et deux filles. Après des études au lycée de l’abbaye de Schäftlarn, au Gymnasium de Rosenheim et au lycée Louis à Munich, il est diplômé en 1908 avec d'excellentes notes dans toutes les matières. Néanmoins, il refuse une place à la prestigieuse fondation académique du Maximilianeum, préférant entrer dans l’armée bavaroise. Il rejoint le 15e Rgt d’Infanterie en tant que Fahnenjunker cadet le 20 juillet 1908. Du 1er octobre 1909 au 14 octobre 1910, il suit les cours de l’École de guerre à Munich, où il est classé cinquième sur 166 élèves de sa promotion. Le 23 octobre 1910, il est promu lieutenant.
Au début de la Première Guerre mondiale, il sert En France et participe aux combats en Lorraine et autour de Saint-Quentin comme commandant d’un peloton de mitrailleuses. La Croix de Fer de 1ère puis de 2e classe lui est décernée (16 septembre et 17 novembre 1914). Le 24 septembre, il est blessé par un éclat d’obus – il gardera une cicatrice au visage. Bien que la blessure ne soit pas complètement guérie, il retourne dès le 13 janvier 1915 à son régiment, engagé dans la bataille de la Somme. Le 21 septembre 1915, il devient chef d’état-major de son régiment et le reste jusqu’au 18 août 1918. Il est alors promu Hauptmann et nommé commandant de bataillon.
Après la guerre, il est retenu dans la Reichswehr en tant qu’élément de valeur. Il est nommé à divers postes d’état-major jusqu’à devenir en 1934 chef d’état-major du VII. AK. Le 1er juin 1935, il est promu commandant de la 1. Gebirgsjäger-Division.
En 1939, il participe à la campagne de Pologne, franchissant les Carpates au col de Dukla après de violentes combats. En décembre, il est promu au grade de Generalleutnant et passe alors pour l’un des chefs les plus brillants de l’armée allemande. Nommé à la tête du XLIX. Gebirgs-Armee-Korps, il prend part à l’opération Merkur, en Corse en 1941 – laquelle se conclut par un succès mais au prix de très lourdes pertes.
En 1942, le XLIX. GAK participe à Barbarossa en Ukraine. Mais en février 1943, il fait face à Grand Uranus et se voit défait en détail. Ses performances n’ayant pas répondu aux attentes de Hitler, Kübler est alors relevé de ses fonctions et placé dans la FührerReserve, A la fin de l’année, il prend finalement en charge l’Oberbefehlshaber du Littoral adriatique Nord-Est – un poste de peu d’importance : il gère surtout les représailles ou les opérations de ratissage contre les Partisans yougoslaves. C’est à cette place, où il ne commande que de petits éléments de maintien de l’ordre et une seule division, la 173.ID, que Ludwig Kübler observe la défaite inexorable des forces de l’Axe dans les Balkans. Et ce avec d’autant plus d’acuité que son frère Josef Kübler, qui commande la 118. Jäger, n’est pas si loin de lui !
Kübler évacue précipitamment Trieste dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944, mais il est capturé après la capitulation et extradé vers la Yougoslavie. Condamné à mort en 1946 pour crimes de guerre par un tribunal yougoslave, il est pendu à Sarajevo le 18 août 1946 (peu après son frère).
Spécialiste du combat en montagne, Ludwig Kübler conserve une sorte de place d’honneur dans a mémoire des unités de Gebirgsjägers allemandes. En mai 1964, la caserne de Mittenwald (Bavière) est baptisée “General-Kübler-Kaserne” – un hommage très polémique ! Il faudra attendre novembre 1995 pour que le ministre allemand de la Défense change ce nom en “Karwendel-Kaserne”, assurément plus consensuel. »
(Robert Stan Pratsky – Dictionnaire de la Seconde Guerre Mondiale en Méditerranée, Flammarion, 2008)
Appendice 5
Un parfait fonctionnaire nazi
« Friedrich Rainer, 1903-1946, Gauleiter, commissaire Waffen-SS et criminel de guerre.
Fils de Norbert Rainer, enseignant à Sankt Veit et auteur d’articles dans des journaux nationalistes. Après le Realgymnasium de Klagenfurt, il étudie le droit à l’université de Graz, tout en travaillant comme employé de banque puis clerc de notaire avant son doctorat, obtenu en 1926. Il devient notaire en 1931 à Klagenfurt – mais à cette date, il a déjà… diversifié ses activités. En effet, dès 1923, Rainer a rejoint la SA – il était déjà membre de plusieurs organisations nationalistes basées à Sankt Veit, telles la Bürgerwehr et le Turnerbund, et avait participé au conflit austro-slovène en Carinthie. En octobre 1930, il prend finalement la carte du NSDAP, en tant que cofondateur de la section de Sankt Veit an der Glan.
En janvier 1934, il entre dans la SS et devient membre du SD. Pur nazi et proche d’Odilo Globocnik, Rainer est embauché la même année au cabinet du Gauleiter Hubert Klausner. En août 1935, cette brillante carrière politique est entachée par une arrestation pour “haute trahison”, dans des circonstances jamais éclaircies. Grâce à ses relations, il est toutefois libéré en mars 1936 – nous ne pouvons que penser à une intrigue byzantine typique du panier de crabes nazi. Malgré ce faux pas, en mai 1936, Rainer est nommé au bureau de Carinthie du NSDAP. Lors de l’Anschluss, le 13 mars 1938, il devient naturellement chef du cabinet du nouveau commissaire du Reich pour l’Autriche, Josef Bürckel.
En mai 1938, Rainer est nommé gauleiter de Salzbourg par Adolf Hitler en personne. Après les élections législatives de 1938, il devient membre du Reichstag. Commissaire à la Défense du Reich de la XVIIIe Région militaire le 1er septembre 1939, il devient le 15 mars 1940 Reichsstatthalter de Salzbourg. Le 18 novembre 1941, Rainer reçoit la Gauleitung de Carinthie. Tout réussit alors à ce potentat nazi, sans état d’âme et d’une loyauté absolue – précisément ce qu’on attend d’un membre du Parti.
C’est peut-être cette perfection qui le mènera à sa perte. Le 11 novembre 1941, Hitler nomme Rainer Reichsstatthalter et CdZ-Gebiet de Carinthie et Carniole occupées (pour l’essentiel, la Slovénie actuelle). Il s’agit de préparer l’intégration du Laibach à l’Autriche, donc au Reich.
Mais au début de 1943, après la Noël de Sang et le retournement italien, l’Autrichien se retrouve à assumer d’un coup de bien plus larges fonctions. Sous l’Obergruppenführer Karl Wolff, le si fiable Rainer devient commissaire suprême de la zone d’opérations du littoral adriatique, donc chef de l’administration civile dans les provinces italiennes théoriquement libres du Frioul et de l’Istrie, laissant la lucrative gestion du Laibach à son subordonné Erwin Rösener et au régime du Slovène Léon Rupnik. En juin 1943, il parvient à se faire nommer Obergruppenführer, pour équilibrer ses relations avec son collègue chargé de l’Italie – lutte d’influence coutumière à l’ombre de la Croix gammée, entre intrigues politiques et enjeux pécuniers. Rainer exerce alors les fonctions d’un commissaire du Reich en zone occupée, avec tout ce que cela implique de réquisitions, rafles, répressions, arrestations et tortures – menées comme toujours sans état d’âme et d’autant plus violemment que le front s’approche.
Le 5 septembre 1944, Rainer abandonne (comme tant d’autres) son poste devenu… théorique et s’enfuit dans la région du Weissensee. Dénoncé après la capitulation, il est arrêté par l’armée britannique. Il témoignera à Nuremberg au procès d’Arthur Seyss-Inquart.
En février 1946, Rainer est extradé en Yougoslavie. Il est condamné à mort à Sarajevo le 19 juillet 1946 par un tribunal militaire – verdict confirmé début août. Rainer est exécuté le 18 août 1946 – même si des rumeurs persistantes prétendant qu’il aurait été gardé en vie jusqu’en novembre 1950, pour d’obscures considérations internes à la Slovénie. »
(Robert Stan Pratsky – Dictionnaire de la Seconde Guerre Mondiale en Méditerranée, Flammarion, 2008) |
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ladc51
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 1334 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 10:52 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | Merci à LADC (Crabb) et à Demo Dan (Pratt).
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Avec une dédicace spéciale à raven03 qui m'avait fait découvrir le personnage de Crabb il y a plus de dix ans ( ) et qui avait attiré mon attention sur la plupart des scènes de coloriages que je vous ai proposées (Crabb en Italie en 1943 et 1944)...
Yvan, si tu nous lis encore, un grand merci ! _________________ Laurent |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1772 Localisation: Ile de France
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 11:06 Sujet du message: |
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Bon, retour aux affaires courantes…
Pourquoi inventer un Enfer alors que la Terre se débrouille très bien toute seule ? ……
6 septembre – La campagne d’Italie
Opération Concord – Le défi gagné
Jusqu’au Tagliamento (voire un peu au-delà) –
...
Opération Concord – Du côté des Italiens, des Américains, des Brésiliens…
Au nord de Padoue et de Trévise –
...
Fin de vacances (ici aussi)
Trieste – Panique et Götterdammerung ! Dans la forteresse impériale du Castello di San Giusto (20 ( (20) ), les archives brûlent et les munitions explosent !
...
Appendice 1
Crabb et la Decima
Union sacrée pour Venise
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RAS
Appendice 2
[b]Éternelle Sérénissime
Une fable de Venise
...
RAS
Merci à LADC (Crabb) et à Demo Dan (Pratt).
A présent, trois personnages nettement moins sympathiques.
Appendice 3
Un serpent très malin
« Karl Friedrich Otto Wolff, 1900-1984, SS-Obergruppenführer und General der Waffen SS, criminel de guerre.
...
RAS
Appendice 4
[b]Général battu et criminel de guerre ordinaire
...
Spécialiste du combat en montagne, Ludwig Kübler conserve une sorte de place d’honneur dans a (la ) mémoire des unités de Gebirgsjägers allemandes.
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Appendice 5
[b]Un parfait fonctionnaire nazi
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RAS _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Capu Rossu

Inscrit le: 22 Oct 2011 Messages: 2951 Localisation: Mittlemeerküstenfront
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 11:56 Sujet du message: |
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Bonjour,
Au sujet de Kübler :
| Citation: | | La Croix de Fer de 1ère puis de 2e classe lui est décernée (16 septembre et 17 novembre 1914). |
La logique n'est elle pas Crox de Fer de 2ème Classe puis Croix de Fer de 1ère Classe ?
@+
Capu _________________ Aux Postes de Propreté - Mouillé, c'est lavé ! Lavé, c'est propre ! - Rompre des Postes de Propreté |
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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4523 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 16:45 Sujet du message: |
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| Citation: | | Höchste SS- und Polizeiführer (HöSSPf) |
Non ! C'est Höherer SS- und Polizeiführer (HSSPF) _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4197 Localisation: I'am back
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 18:45 Sujet du message: |
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avec wolff, il serait intéressant de parler de son âme damnée : kapler ;
... et peut être aussi des tractations avec l'OSS (otl>ftl?) pour la récupération des œuvres d'art italiennes spoilées lors de la remontée des teutons vers le nord _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 12094
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 19:34 Sujet du message: |
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| patzekiller a écrit: | avec wolff, il serait intéressant de parler de son âme damnée : kapler ;
... et peut être aussi des tractations avec l'OSS (otl>ftl?) pour la récupération des œuvres d'art italiennes spoilées lors de la remontée des teutons vers le nord |
OTL Wolff a eu 10 ans de prison (si je me souviens bien) mais essentiellement pour sa répression des habitants de Rome, particulièrement les Juifs. FTL, vu que Rome n'est pas occupé, il devrait s'en sortir un peu mieux. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14107 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 19:55 Sujet du message: |
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Allez, les petits portraits. A tous seigneurs, tout honneur ...
Karl Friedrich Otto Wolff
Je le range soigneusement tout contre moi, dans le portefeuille 'mes plus belles têtes d'assassins <3"
Ludwig Kübler. La tête de son emploi.
Et enfin Friedrich Rainer. L'autre tête de l'emploi. Il a l'air bête ... Ici avec, à droite, un certain prêfet de Trieste dont on reparlera.
Ca vous a plu, la fable de Venise ? Version romancée, mais bon ... Hé.
Che confusione, sarà perché ti amo. È un'emozione che cresce piano piano. Stringimi forte e stammi più vicino. Se ci sto bene, sarà perché ti amo. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 11092 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Lun Sep 28, 2026 21:04 Sujet du message: |
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patz et demodan, tenez-moi au courant pour l'OZAV _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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