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Italie et Balkans, Septembre 44
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 14079
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MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 11:33    Sujet du message: Répondre en citant

J'en ai pas parlé. Patz ?
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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LaMineur



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Messages: 487

MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 11:34    Sujet du message: Répondre en citant

Petit souci avec les notes de bas de page.... De toute évidence elles ne vont pas avec le texte.
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patzekiller



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Messages: 4197
Localisation: I'am back

MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 11:39    Sujet du message: Répondre en citant

ya peut etre un décallage dans les notes Wink
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Toubib



Inscrit le: 15 Sep 2011
Messages: 99

MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 15:24    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Wil the Coyote a écrit:
FTL, la Yougoslavie est une horreure sans noms..........et pour m'etre ballader, du coté de Léposavic fin des années 90..... (et pour notre sécurité nous étions en Léopard 1A5).....cela ne changeras jamais....


Pas mal, le Léopard 1A5, comme car de touristes !
On ne doit pas avoir trop de mal dans les embouteillages. Laughing

Mon expérience de la Yougoslavie et notamment de la Bosnie-Herzégovine date de 20 ans plus tôt (aïe). Cela reste un souvenir… étrange. Et ineffaçable. Comme une sorte d'univers parallèle.
Mais si on m'avait dit "dans 20 ans, les rues que tu arpentes seront un champ de tir, l'hôpital où tu travailles sera bourré de blessés de guerre" - je n'aurais pas pu le croire. C'était à Sarajevo…
J'avais pourtant un indice : les études médicales yougoslaves comprenaient un module obligatoire de Chirurgie de Guerre. "Ils sont fous ces Yougoslaves" avais-je pensé. Sad


Je crois que j'ai déjà eu l'occasion sur ce forum de dire ce que je pensais de cette région du monde. J'ai écris sur mon expérience Afghane, je ne l'ai jamais fait sur le Kosovo et les dures journées de février et mars 2000 à Mitrovica. J'ai perdu à mon retour les quelques illusions que j'avais sur l'être humain. Sans versé dans la mystique, étant un matérialiste moniste ce serait difficile, mes deux séjours m'invitent à méditer sur la nature du mal et comment il se reproduit ce que ces textes illustrent très bien.
un exemple anecdotique : ma traductrice était une jolie jeune femme, une KOA pour kosovarde d'origine albanaise, éduquée et ayant voyagé. Elle racontait comment elle avait été expulsée de chez elle et comment elle avait failli mourir avant de trouver refuge en Macédoine puis en Turquie avant de rentrer avec la KFOR chez elle. Elle me surprit et me déçut quand elle manifesta à l'endroit d'un de nos soldats noirs un racisme décomplexé et absurde (c'est un pléonasme).
Ce pays est parfaitement désespérant.
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 14079
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 18:28    Sujet du message: Répondre en citant

Hé bien. Je n'en fini pas de nailed it, comme on dit.
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Casus Frankie
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Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 16026
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 19:13    Sujet du message: Répondre en citant

LaMineur a écrit:
Petit souci avec les notes de bas de page.... De toute évidence elles ne vont pas avec le texte.


Toujours la même chose, plus une interruption intempestive. J'ai rectifié.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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Archibald



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Messages: 12230

MessagePosté le: Jeu Sep 24, 2026 19:30    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
un exemple anecdotique : ma traductrice était une jolie jeune femme, une KOA pour kosovarde d'origine albanaise, éduquée et ayant voyagé. Elle racontait comment elle avait été expulsée de chez elle et comment elle avait failli mourir avant de trouver refuge en Macédoine puis en Turquie avant de rentrer avec la KFOR chez elle. Elle me surprit et me déçut quand elle manifesta à l'endroit d'un de nos soldats noirs un racisme décomplexé et absurde (c'est un pléonasme).
Ce pays est parfaitement désespérant.


Y a pas de vaccin contre la connerie humaine - épisode 8597856. Hélas.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 06:36    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Citation:
un exemple anecdotique : ma traductrice était une jolie jeune femme, une KOA pour kosovarde d'origine albanaise, éduquée et ayant voyagé. Elle racontait comment elle avait été expulsée de chez elle et comment elle avait failli mourir avant de trouver refuge en Macédoine puis en Turquie avant de rentrer avec la KFOR chez elle. Elle me surprit et me déçut quand elle manifesta à l'endroit d'un de nos soldats noirs un racisme décomplexé et absurde (c'est un pléonasme).
Ce pays est parfaitement désespérant.


Y a pas de vaccin contre la connerie humaine - épisode 8597856. Hélas.


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ChtiJef



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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 07:36    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
LaMineur a écrit:
Petit souci avec les notes de bas de page.... De toute évidence elles ne vont pas avec le texte.


Toujours la même chose, plus une interruption intempestive. J'ai rectifié.
Non, c'est pas rectifié. Enfin, pas complètement...
- Le 4 septembre s'achève avec la note 16.
- Le 5 septembre on passe à la note 19.
Quid des notes 17 et 18 ?
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Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 09:42    Sujet du message: Répondre en citant

Je prie instamment les chers lecteurs de ne pas s'obséder sur la numérotation des notes.
1) La partie Italie et la partie Balkans ont des notes numérotées séparément.
2) Il arrive qu'après avoir posté, les observations des uns et des autres me conduisent à enlever une note, à l'intégrer dans le texte, ou à en ajouter une. Tout ceci étant évidement marginal par rapport au fond du texte, mais retentit sur le post suivant.
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Casus Frankie

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loic
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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 09:44    Sujet du message: Répondre en citant

De toutes façons, les numéros des notes sont gérés automatiquement dans le fichier source et ça suit lors de la conversion en PDF.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 09:52    Sujet du message: Répondre en citant

5 septembre – La campagne des Balkans
Agreement – Clearance : pour de bon
Vallée de la Save (rive nord)
– Après s’être gaillardement avancée fort loin vers le nord, comme cela lui était ordonné, la 1ère Brigade Blindée grecque (Socrates Demaratos) lutte désormais pour tenir sa ligne – et protéger ses arrières. De ce fait, elle doit abandonner la poursuite de la 297. ID (Otto Gullmann) et de la 2. GebirgsJäger (August Krakau), en fuite vers Breznički Hum, à la recherche du couvert des Kalnik, voire de l’Ivanščica. Les blindés grecs, étirés et en sous-effectifs, ne sauraient courir tous les lièvres à la fois… Ils laissent donc ceux-là à l’aviation et se vengent sur la 114. Jäger (Hans Bölsen), à laquelle ils ne laissent aucune chance. Poursuivie par la 192e DIA (Paul Jouffrault) remontant du sud, celle-ci est définitivement écrasée à Brckovljani. Herr Doktor Bölsen est capturé (appendice 4). Encore une unité allemande qui disparait de l’inventaire…
Un peu plus à l’est, le 8e Corps “Dalmate” (Vicko Krstulović, Ivan Kukoč) est plus nerveux. Il ne parvient pas à annihiler complètement les débris de feu l’armée oustachie qui restent dans le secteur, ce qui permet à de nombreux éléments isolés – légionnaires noirs et cavaliers de la brigade d’Aurel Schlacher – de s’échapper. Parmi eux, Rafael Boban en personne – il est vrai que l’intéressé a d’excellentes raisons de craindre la capture. Boban disparait dans les reliefs au nord-ouest, en jurant de poursuivre la lutte avec une poignée de fidèles… Le 6e Corps “Slavon” (Mate Jerković, Otmar Kreacic), lui, fait du nettoyage autour de Gradec.
Enfin, tout au nord, la 118. Jäger (Josef Kübler) a bien compris ce qui vient d’arriver au reste de son XXI. Gebirgs-Armee-Korps (Ernst von Leyser), et elle ne tient pas à subir le même sort ! Elle décroche donc en silence de Križevci vers Rasinja, à la recherche du couvert illusoire d’une 42. Jäger (Walter Jost), qui va elle-même devoir protéger son flanc. Heureusement pour la 118. Jäger, il n’y a encore à cette heure que le 15e Corps “Macédonien” (Tihomir Milosevski, Naum Naumovski) pour la poursuivre. Un peu léger tout de même pour mettre en déroute une division allemande…

Vallée de la Save (rive sud) – La 117. Jäger (August Wittmann) lutte et se débat pour échapper au sort funeste qui la guette elle aussi. Courant depuis Velika Gorica en direction de l’Ouest, elle n’y parvient pas. Irrémédiablement coincée entre les blindés titistes de la brigade Fraternité, le 10e Corps “de Zagreb” (Vladimir Matetić, Ivan Šibl) et la 38e Division “de Bosnie orientale” (Franjo Herljević, Rados Raicevic) au sud, les royalistes de la brigade Unité au nord – avec les Prolétariens et le 2e GTM (Augustin Guillaume) juste derrière, l’unité se disloque complétement aux environs de Lučko, sans pouvoir espérer de secours.
Un peu plus loin, les débris de la 104. Jäger (Hartwig von Ludwiger) tentent de s’échapper vers Brežice, derrière la 1. Gebirgsjäger (Hubert Lanz). Wittmann parvient ainsi à se cacher dans un village du secteur de Brezovica, mais il en sort dans la soirée et se fait capturer par les Tabors – ce qui vaut toujours mieux pour lui que des Yougoslaves, de quelque sorte que ce soit (appendice 5) !
Pendant ce temps, devant le 2e GTM, le 4e RST (colonel Georges Guillebaud) commence à repasser la Save en direction de Sesvete. Il est prêt à progresser vers Ptuj et Celje, avec le reste des Français, comme on l’attend assurément du Groupement divisionnaire des Balkans (Camille Caldairou). Les coloniaux laissent ainsi la place aux Grecs de la 3e Brigade de Montagne (colonel Thrasyvoulos Tsakalotos) et de la 1ère DI (Vasileios Vrachnos), qui commencent à contourner largement Zagreb par le sud pour avancer vers Ljubljana. Ces Grecs sont accompagnés du 12e Corps “de Voïvodine” (Danilo Lekic “Spaniard”, Stefan Mitrović) et du 2e Corps de Choc (Radovan Vukanović, Mitar Bakić) pour avancer vers Ljubljana… notamment !

Zagreb – Il y a décidément foule dans l’ex-capitale croate ce matin. On compte pas moins de quatre formations majeures en ville !
La 1ère Brigade Blindée Unité (colonel Milutin D. Stefanović) est sur la place Ban Jelačić, qu’elle a atteint hier dans la soirée après avoir fini de mettre en pièces ce qui restait de la 1. Padobranska lovačka bojna – laquelle aura opposé jusqu’au bout une belle résistance. Peut-être pour honorer son statut de troupe d’élite. Peut-être aussi parce que ses hommes s’attendaient à ce qu’on ne leur fasse aucun quartier en cas de reddition. Bref ! La moustache frémissante sous sa casquette ornée de l’aigle à deux têtes, Stefanović a pris personnellement d’assaut le bureau de Pavelic… pour constater que non seulement que le traître s’est envolé (appendice 6), mais surtout qu’on l’a devancé (16) !
C’est un fait : le Groupement blindé Nord (Lazlo Marin) de la Brigade Blindée Fraternité est arrivée ici avant lui. Pas longtemps, mais avant ! Et il est accompagné du 1er Corps Prolétarien (Peko Dapčević, Mijalko Todorovic) et du 3e Corps Prolétarien (Kosta Nađ, Osman Karabegovic), que les royalistes soupçonnent déjà –non sans raison – d’avoir quelques arrières-pensées en termes de saisies de biens et d’archives. Heureusement, la plupart des collectivistes sont occupés en ville à faire la chasse aux traînards du feu Corps du Poglavnik. A moins qu’ils n’aient tendance à faire (un peu) la fête (17).
Toutefois, cela n’empêche pas Vojislav “Voja” Radić d’improviser en hâte un petit défilé, où l’on voit surtout quelques T-34 roulant bien espacés dans les rues, entre deux rangs d’une foule peu dense… Situation théâtrale et transitoire – il s’agit de faire de belles photos à adresser à qui de droit (mais surtout à Moscou…). Mais cela permet aussi de faire le bilan intermédiaire de ces cinq jours d’affrontement, certes pas aussi violents que redouté, mais tout de même assez rudes. Ne serait-ce que pour repartir dès demain de l’avant…
D’ailleurs, le 11e Corps “Croate” (Pavle Jaksic, Artur Turkulin) et le 5e Corps “Bosniaque” (Slavko Rodić, Velimir Stojnic), sont déjà en marche vers l’ouest.
………
Derrière les lignes, la chute du régime de Pavelic libère aussi, hélas, un torrent de haine et de violence que les soldats alliés de tous bords ont du mal à contenir. Devant Karlovac, un médecin militaire hellène discute depuis dix minutes avec une robuste jeune fille croate, se prétendant infirmière de profession et qui vient offrir ses services. Cependant, elle insiste pour être affectée auprès des prisonniers – la nature humaine étant ce qu’elle est, en creusant un peu, le praticien finit par comprendre que son fiancé a été fusillé le mois précédent pour avoir secouru un Partisan. Au lieu de suivre sa famille en exil, elle a donc décidé d’offrir ses services à l’hôpital le plus proche, où elle pense se trouver des Allemands blessés, afin d’assouvir sa vengeance sur l’un d’eux – voire plusieurs…

Au nord-ouest de Zagreb – Cette Némésis serait-elle encouragée dans sa furie vengeresse si elle savait qu’au même moment, une troupe pathétique de réfugiés remonte douloureusement vers l’Autriche, dans des caravanes de voitures ou de chariots surchargés et bien souvent à pied… Ils ne s’arrêtent dans les villages que pour trouver de l’eau et récupérer quelques passagers supplémentaires au mépris du danger, dans une ambiance de tragédie. Vaguement escortés par les décombres d’une armée en déroute, combien sont-ils ? L’Histoire ne le saura jamais, mais les chiffres vont de 40 000 à 250 000 personnes, presque toutes Croates (il y a quelques Slovènes), qui fuient sans espoir de retour.
Et pourtant leur damier flotte au vent, au milieu du feu et de la cendre. A tort ou à raison, l’identité croate en ce qu’elle a de plus nationaliste n’est pas morte – au contraire, elle est plus vivante que jamais. En vérité, les Croates ne cesseront jamais d’assumer cette si sombre période, comme un simple épisode de plus dans les éternelles vendettas balkaniques, glorifiant leur déroute et leur exil en une martyrologie très classique. Selon la légende, un jeune réfugié aurait ainsi déclaré : « Chassé de ses terres, notre peuple doit être vengé. Par deux fois plus de sang. Non, par trois fois plus de sang, par des marées de sang. Du sang comme si vous étiez en enfer et qu’il en pleuvait. Alors, seulement, ce serait assez de sang, peut-être. Ou peut-être pas. »
Trois ans plus tôt, un jeune Serbe disait sans doute la même chose avant de rejoindre telle ou telle milice. Quarante ans plus tard, la saillie ressortira du néant. Peu importe l’époque, il est ici-bas des haines qui ne changent jamais… c’est même leur caractéristique la plus brûlante.

Agreement – Union : Diversion sur l’Adriatique
Front de Dalmatie et de Croatie centrale
– La jonction est faite entre les forces titistes parties de la Save et le 2e Corps d’Armée grec (Dimitrios Papadopoulos). Du coup, les 1ère et 2e Armées yougoslaves (Koča Popović, Blazo Lompar / Peko Dapcevic, Mijalko Todorović) retrouvent elles aussi une liaison, aussi agréable qu’utile pour finir de libérer le pays.
Les Allemands qui ont pu s’échapper cavalent devant. La SS-Handschar (Desirius Hampel) et la 162. ID (Ralph von Heygendorff), encore relativement exposées – outre la 1ère Brigade yougoslave (Marko Mesić) et la 6e Brigade de Montagne (Pafsanias Katsotas), ce sont désormais les blindés royalistes et titistes qui arrivent de l’est ! – se dépêchent donc de filer vers Krško tant qu’elles le peuvent encore. En théorie, ces troupes pourraient se porter vers Novo Mesto en suivant la vallée de la Krka, voire rejoindre Krüger dans la capitale du Laibach. En pratique, sous la menace d’éléments motorisés et de l’aviation ennemie, il est plus probable qu’elles obliquent très vite vers le nord, en suivant la Save à l’ombre des reliefs jusqu’à Celje. Du reste, ce n’est pas comme si tout le monde avait le choix. Les rares blindés allemands encore opérationnels tombent en panne les uns après les autres et sous les attaques aériennes, les semi-chenillés SdKfz 251 sont de véritables cercueils roulants. Quant aux mercenaires de la Handschar, ils décident de plus en plus collectivement…
Dans les monts Žumberak, la SS-Freiwilligen PzrGr Brigade Nederland (Helmut Scholz) et la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Karstjäger (Hans Brandt) retrouvent le couvert et les pièges d’un terrain qu’elles connaissent bien. C’est la clé de leur survie immédiate : pas plus talentueux que les autres, les titistes ne risquent pas de les déloger tandis qu’elles progressent (très) péniblement vers Budinjak. Mais il est vrai qu’ils ne le recherchent nullement ! Ici, le risque pour les Batavo-Slovènes serait plutôt l’enveloppement.
En effet, au même moment, la 7e Division Banija (Vojislav Djokic, Kluro Kladarin) et la 9e Division “de Bosnie” (Vojo Todorovic Lerer, Pavle Goranin), en tête du 4e Corps “Croate” (Ivan Gosnjak, Veeslav Holjevac), sortent des monts Gorjanci et atteignent Novo Mesto, sur la Krka. Cette localité, défendue par quelques sections en retraite, tombe après de courts quoique violents combats, coupant de fait la route de Zagreb à Ljubljana, encore vitale pour les forces de l’Axe.
Précisons que cette chevauchée n’a pas été exactement gratuite, entre embuscades et accrochages contre des éléments isolés. Pour le rappeler, on trouve aujourd’hui pas moins de deux monuments Spomenik, à Mačkovec pri Suhorju et Suhor, soit à environ deux kilomètres l’un de l’autre ! C’est un fait : le Groupement blindé Sud (Periša Grujić) accumule les pertes comme les autres… voire davantage. Mais derrière, la 39e Division “de Bosnie” (Vojo Todorovic Lerer, Pavle Goranin) et la 13e DI (Charalambos Katsimitros) ne sont pas loin.
Conséquence de tout ceci (et des plus récentes instructions), la 264. ID (Otto Lüdecke) se retire en hâte vers Velike Lašče, cessant de s’opposer à une 5e DI grecque (Georgios Stanotas). Celle-ci ne l’espérait plus… mais elle n’est pas longue à se ressaisir pour lancer la poursuite en dépit des reliefs boisés. Et plus bas, sur la côte, la 173. ID (Hermann Fischer) commence d’ailleurs elle aussi à évacuer Fiume, qu’elle laisse aux mains du 13e Corps de l’AVNOJ (Ljubo Vuckovic, Vasilije Smajević), marchant au canon dans une véritable anarchie issue des menées contraires de tant de mouvements locaux.
Au milieu de cette confusion, les Partisans communistes italiens des Garibaldi Natisone sont les premiers à sortir du bois comme de la masse, saisissant les décombres d’un port ravagé en attendant leurs camarades libérateurs internationalistes, selon les termes des accords conclus de longue date. Ils risquent d’être déçus…
Quant à l’armée oustachie, elle n’existe plus, hormis quelques poches d’isolés et des colonnes de fuyards tentant de rejoindre l’Autriche, mêlés à des civils et à leurs propres familles…

Agreement – Concord + Union + Clearance : Trop c’est trop !
Château de Ljubljana, 11h00
– Le téléphone sonne enfin dans la tanière de l’Obergruppenführer Walter Krüger, qui commençait à s’impatienter franchement ! C’est que le son du canon commence à se rapprocher ! Les Partisans auraient débouché à Novo Mesto, et la 2. SS-Gebirgs-Armee n’a pas vraiment de troupes pour s’y opposer. Avec la déroute en cours autour de Zagreb, la division présentable la plus proche se trouve à Kočevje, soit à peine plus près du QG de la 2. SS-Gebirgs-Armee que les terroristes bolcheviques. Bon, il reste certes toujours les cosaques de von Pannwitz, mais ce serait un pis-aller : des Slaves, impossible de leur faire confiance.
Le bon côté, quand on travaille sous Rommel, c’est que le Feld-maréchal aime les instructions efficaces et brèves. Au téléphone, elles sont sans ambiguïté : « L’OB Donau tout entier doit se réaligner sur le massif alpin pour protéger le Vaterland. A votre droite, la 14. Armee de von Vietinghoff ira défendre la ligne jusqu’à Gemona. A votre gauche, la 12. Armee de Löhr va se décaler sur un axe Maribor - Varaždin. Quant à vous, il vous revient de tenir l’unique voie de progression depuis le Laibach : la trouée de la Save vers Villach. Les autres cols ne donnent sur rien, sinon sur la Drava, au pire. Pouvez-vous le faire, Obergruppenführer ? »
Debout et noir devant son combiné, Walter Krüger claque des talons. Il attendait cela depuis un certain temps – être lucide n’est pas être défaitiste, si l’on reste discipliné. Mais…
– Zum Befehl. Cependant, la remise en ordre de mon centre n’ira pas de soi. Il faut que la 12. Armee nous assiste au moins un temps en s’avançant autour de Celje, afin que nous puissions rallier nos forces.
– Impossible. Le Führer… La situation exige que de nouvelles opérations démarrent en Hongrie au plus vite. Gagnez du temps par tous les moyens. Servez-vous du terrain. Mettez le pays en pièce s’il le faut (18). Les Slovènes ont prouvé qu’ils n’étaient pas des nôtres.

Très bref silence, puis : « Heil Hitler ! ».
Le combiné claque sur sa fourche, puis les ordres fusent. Avec une précision toutefois : Krüger aime à se considérer avant tout comme un combattant. Depuis l’Autre guerre et les Freikorps en Baltique. C’est dans son sang, il aime cela. Actuellement, son seul regret est donc de ne pas pouvoir se battre contre ces Fransözen qui ont le front de hisser à nouveau leur sale tricolore sur Straßburg, sa chère ville natale. Alors, il ne fuira pas. Non : il va partir avec ses hommes, en maîtrisant bien la situation et surtout en montrant l’exemple.
Cela dit, il va falloir trouver des troupes fraîches en urgence. Le XVIII. Gebirgs-Armee-Korps (Julius Ringel) est le mieux placé avec… son unique division. Bah, il absorbera la 173. ID, voilà tout. Avec la perte – pardon, l’évacuation – de la côte adriatique, l’Oberbefehlshaber du littoral adriatique nord-est semble de toute façon voué à être dissous et Ludwig Kübler n’a déjà plus aucun pouvoir. Dommage pour lui – mais, tout Schutzstaffel qu’il soit, ce n’était pas un soldat. Un politique, oui, voué à gérer des terres étrangères. Ah, et Trieste ? Et l’Istrie, au fait ? On n’en a même pas parlé ! Bah, c’est un détail – les Italiens, aucune importance.

Guerre aérienne – Les affaires continuent
Au-dessus des Balkans
– Avec la chute de la Croatie, c’est désormais la pauvre Slovénie qui concentre les assiduités de la 1ère Division aérienne du général Vallin. Boston, Baltimore et Bucéphale sont partout, semant la terreur sur les routes, massacrant tout ce qui traîne, paniquant les chevaux des cosaques – lesquels seront prompts à accuser de supposés espions.
Principal sujet du jour pour la 81e EB yougoslave : les petits villages de Kal, Pricekni et Cargaro (Grgar), tous suspectés servir de dépôt de carburant. Petites cibles, petits risques – les bimoteurs n’ont aucune perte pour cette fois. En attendant Ljubljana – non que les aviateurs alliés aient peur de la survoler. Son tour (re)viendra, voilà tout.
………
Retour d’expérience
Au sud de Podgorica
– Après son petit exploit prétendument fortuit d’il y a deux jours, le Squadron 352 n’a pas subi la mise aux arrêts infamante ayant jadis frappé la 83e EB (dont la reformation est finalement envisagée…). Il faut dire que son action obéissait à des ordres “interprétables” et n’a pas eu les conséquences politiques du 7 mai…
Quoiqu’il en soit, la force aérienne partisane (Mileta Protić, Franjo Kluz) continue donc d’absorber du matériel et du personnel. C’est tout de même une quarantaine de navigants expérimentés qui viennent de s’engager. Cependant, leur décision a été quelque peu… tardive. Et Kluz et ses hommes sont donc en train de faire le tri. Un tri parfois un peu expéditif, certes – on en est déjà à sept fusillés – mais ceux qui sont approuvés ont gagné le droit de porter haut les nouvelles couleurs, le plus souvent dans leur ancien avion… pour le moment.
Et pour preuve de leur foi dans le nouveau régime, leur première mission sera de préparer… le retour à Zagreb. L’aviation titiste y sera bien mieux pour poursuivre ses opérations, sous le commandement de son nouveau chef, le général Franjo Pirz (19). Une preuve de plus, s’il en fallait, que l’intégration avec les FARY n’est décidément pas du tout à l’ordre du jour !
A terme, il est probable que l’ensemble des escadrilles dites locales (Daruvar, Glina, Gospić, Zadar… il y en a une par terrain notable !) seront regroupées à Zagreb pour une nouvelle organisation plus efficace. Là encore, il va sans doute falloir faire du tri…

Notes
16- Contrairement à une légende belle mais tenace véhiculée par certains films, il n’y a jamais eu de concours de fanfare entre titistes et royalistes, se croisant dans les rues en tâchant de jouer plus fort que l’autre. D’abord, parce que ces unités ne disposaient pas de pareilles formations d’apparat. Ensuite, parce que l’atmosphère n’était pas exactement à la musique…
17- L’armée titiste était cependant – fort paradoxalement – plus disciplinée que l’Armée Rouge en ce domaine.
18- Cet ordre, jamais cité dans aucun des ouvrages rédigés a posteriori par Rommel, mais attesté par le témoignage de l’aide de camp de Lothar Rendulic (lequel assistait à l’entretien téléphonique), contraste singulièrement (comme bien d’autres) avec la fameuse « guerre sans haine » du feld-maréchal.
19- Ancien commandant du 2e Rgt de chasse royaliste en 1941, Pirz avait rejoint la ZNDH dès la capitulation… pour en déserter en 1943. Même si sa loyauté éprouvée n’est plus en doute, il risquerait donc d’être assez mal reçu par ses anciens collègues. Le fameux commandant Ostric claironnera longtemps, dans son français très personnel, vouloir « lui claquer deux fois la gueu… la tête : une fois pour oustachis, une fois pour titistes. ».
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 10:01    Sujet du message: Répondre en citant

Appendice 4
… Et un autre général banal

« Hans Bölsen
, 1894-1960, général allemand.
Engagé volontaire dans l’armée impériale au début du mois d’août 1914, Hans Bölsen est affecté au 2e Rgt de Grenadiers de Bade Kaiser Wilhelm I, puis est transféré le 22 octobre 1914 au 4e Rgt d’Infanterie de Bade Prince Wilhelm. Début décembre 1914, il devient élève-officier au 10e Rgt d’Infanterie du Wurtemberg, unité avec laquelle il monte au front. Il est promu lieutenant le 21 juin 1915.
Gravement blessé mi-1916, il est muté au 247e Rgt d’Infanterie de réserve et passe la majeure partie du second semestre 1916 à l’hôpital. Début 1917, il rejoint le 476e Rgt d’Infanterie, où il occupe des postes de soutien. À l’été 1918, il est affecté à l’état-major. Il reçoit pendant la guerre de nombreuses décorations, dont la Croix de chevalier de l’Ordre royal du Mérite militaire du Wurtemberg et deux classes de la Croix de fer.
Après l’armistice, à la suite d’un passage dans les Freikorps, il intègre temporairement la Reichswehr, mais la quitte mi-1919 avec le grade honorifique de lieutenant. Il entreprend alors des études civiles et obtint deux doctorats avant 1928. Mi-juillet 1934, il réintègre toutefois la Reichswehr avec le grade de capitaine et est affecté au 1er Btn du 15e Rgt d’Infanterie à Giessen, où il devient commandant de compagnie le 1er octobre 1934. Son régiment redevient ensuite le 36. Infanterie Rgt, où il conserve son poste. Le 6 octobre 1936, il est muté au 115. Infanterie Rgt, toujours comme commandant de compagnie. Promu major le 1er janvier 1938, il est affecté à l’École de guerre de Hanovre comme instructeur de tactique le 10 novembre 1938. Enfin, mi-août 1939, il est détaché à l’École d’Infanterie de Döberitz pour deux mois – le début du Second Conflit mondial est donc pour Bölsen une période… scolaire.
Mi-octobre 1939, il est nommé aide de camp au commandement général du XXII. AK. A ce poste, il participe à la conquête de l’Europe de l’Ouest, dans ce qui deviendra le Panzergruppe von Kleist. Décoré de la Croix de fer de 2e classe, il suit naturellement la mutation du Panzergruppe en 1. Panzer-Armee, mi-novembre 1940.
Promu lieutenant-colonel le 1er mars 1941, il est nommé à sa demande commandant du II. Abteilung du 111e Rgt de Fusiliers en mai 1942, juste à temps pour Barbarossa. Hans Bölsen espère sans doute mener ce bataillon durant la campagne en Ukraine du sud, mais il est blessé au bout de quelques jours seulement, ce qui lui vaut d’ailleurs la Croix de fer de 1ère classe.
Après sa convalescence, il est transféré à la Führer-Reserve. Fin juillet 1943, il est nommé commandant du 160e Btn de Fusiliers motocyclistes, toujours sur le secteur sud du Front de l’Est. Le 17 novembre 1943, il reçoit la Croix allemande en or mais doit définitivement quitter son commandement en décembre pour raison de santé.
Après un nouveau passage par la Führer-Reserve, il est promu colonel en mars 1944 et nommé commandant du 3e Btn d’Entraînement à l’École d’Infanterie de Döberitz. Le 19 mai 1944, après plusieurs démarches infructueuses, il est affecté de nouveau sur le front : il est nommé commandant de la 114. Jäger Division au sein du HG E, alors en Croatie. Cette place ne lui porte pas bonheur – si la 114. Jgr fait bonne figure face à Goodwill, elle en sort très usée et elle se voit balayée sur la route de Zagreb lors de Clearance. Hans Bölsen est alors capturé par les troupes coloniales françaises du général Caldairou.
Après la guerre, l’ex-général collectionnera les petits boulots avant d’entrer dans la Bundeswehr comme employé civil. Sans jamais avoir été inquiété pour le comportement de son unité en Yougoslavie, il meurt chez lui à Francfort en 1960. »

(Robert Stan Pratsky – Dictionnaire de la Seconde Guerre Mondiale en Méditerranée, Flammarion, 2008)


Appendice 5
Officier brillant et général malheureux

« August Wittmann,
1895-1977, général allemand.
Engagé volontaire dès le 16 août 1914 dans le 1er Rgt royal d’Artillerie de campagne bavarois Prince Regent Luitpold. Après sa formation de base, il rejoint le front le 27 septembre 1914. Le 1er janvier 1915, il est transféré au 8e Rgt d’Artillerie de campagne de réserve bavarois et promu lieutenant le 29 mai 1917.
Après la fin de la Première Guerre mondiale, le 22 avril 1919, il intègre temporairement le Freikorps Landsberg. La même année, il passe à la 44e Batterie d’Artillerie puis au 21e Rgt d’Artillerie de la Reichswehr. Un poste peut-être ennuyeux, car il rejoint la police d’État bavaroise dès le 1er octobre 1920. Promu lieutenant de police en 1923, capitaine en 1931, puis commandant de compagnie en 1932, il entre finalement à l’état-major de la police en 1934.
Le 1er octobre 1935, il retourne toutefois dans la Wehrmacht comme capitaine. Il devient commandant de batterie au 69e Rgt d’Artillerie de montagne. Promu major le 1er novembre, il enchaine les commandements de batterie puis de bataillon dans l’artillerie de montagne. Lieutenant-colonel à compter du 1er octobre 1938, il prend le commandement du 256e Rgt d’Artillerie le 15 mars 1940, puis du 95e Rgt d’Artillerie de montagne le 1er octobre 1940.
Son régiment se distingue durant l’opération Merkur, puis dans la première campagne des Balkans, notamment en Grèce. Pour ces succès, il est décoré de la Croix de Chevalier le 21 juin 1941, puis promu colonel le 1er octobre.
Le 20 janvier 1943, alors qu’il se trouve avec son régiment sur le Front de l’Est, il est transféré à la Führer-Reserve pour suivre le cursus des futurs généraux divisionnaires – conséquence logique d’appréciations dithyrambiques. Le 12 mars, son ancien commandant de division, le fameux major-général Ringel, lui décerne l’évaluation suivante : « Chef au caractère affirmé, énergique et doté d’un tempérament inspirant, déterminé et orienté vers les résultats. Il a fait ses preuves lors de la campagne des Balkans et pendant l’assaut de l’Attique, se révélant un commandant intrépide et énergique face à l’ennemi. Ses compétences et ses accomplissements sont exceptionnels et ont largement contribué aux succès de la division. Futur commandant de division, commandant d’une école de tir d’artillerie de montagne ou d’une école de haute montagne. »
Le cours de la guerre étant ce qu’il est, après un passage à la 390. ID, le nouveau général Wittmann est envoyé le 17 mai 1944 à la 1. Gebirgs-Division, pour assumer à titre temporaire le commandement de cette unité. Il est semble-t-il choisi personnellement par le général Gustav Fehn, le chef du XXII. GAK, lequel dira de lui : « Homme dynamique et énergique, doté d’une saine ambition et de qualités de meneur, et fervent national-socialiste. Il a commandé une division avec discipline et prudence et a su gérer de nombreuses crises. Intellectuellement supérieur à la moyenne, tactiquement compétent, physiquement robuste et performant. Courage inspirant et disponibilité exemplaire, résilience face aux crises. Parfois un peu sensible. Au-dessus de la moyenne. »
Le 10 juillet 1944, il est donc enfin nommé chef de la 117. Jäger – juste à temps pour encaisser l’offensive Clearance, laquelle disloque son unité ! Capturé le 5 septembre 1944 par les forces alliées en marche vers Zagreb, il sera libéré un an plus tard.
Il finira sa vie dans un relatif anonymat en 1977 à Glonn, en Bavière. »

(Robert Stan Pratsky – Dictionnaire de la Seconde Guerre Mondiale en Méditerranée, Flammarion, 2008)
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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 10:11    Sujet du message: Répondre en citant

Appendice 6
La loi du sang


« Feu Visnja Pavelic (1923-2015) adorait la figure de son père, Ante Pavelic, sous le régime duquel, plus de 300 000 personnes ont pourtant été assassinées en Croatie. L’Espagne lui avait offert un abri dans la plus grande discrétion à la mort de son père, en 1959, et elle avait tenu à transférer le cercueil de celui-ci au cimetière de San Isidro, « en terre chrétienne européenne ». Elle nous avait ouvert les portes de sa maison à Madrid quelque temps avant sa mort. Chez elle, nous n’avons trouvé aucune faille. Seulement de la haine. Une haine enkystée et douloureusement virulente.
………
La fille du génocidaire vivait seule dans un appartement toujours sombre. Elle avait l’habitude de baisser à moitié les stores du salon et de fermer les rideaux. Cloîtrée durant des années, des décennies, un demi-siècle, elle passait son temps à travailler d’une façon maniaque sur les archives de son père, accumulées dans une pièce pleine de piles de vieux dossiers. Lors de notre ultime entrevue, le silence n’a été troublé que dans l’après-midi, quand elle s’est assise pour se reposer sur le canapé et a mis son tourne-disque pour écouter un opéra de Verdi avec la voix de son baryton préféré, Gino Bechi.
Visnja Pavelic, décédée en 2015, était la fille d’Ante Pavelic, le dictateur croate abattu en 1957 dans son refuge argentin. Un fasciste parrainé par l’Allemagne nazie, qui a persécuté de 1941 à 1945 Serbes, Juifs, Tsiganes et opposants, et ouvert des camps de la mort dans lesquels plus de 300 000 civils ont été tués, selon les statistiques du United States Holocaust Museum, sans parler des dizaines de milliers de morts du fait de la famine organisée à l’hiver 43-44. « C’était un régime monstrueux et il en était le chef. Pour moi, il est au même niveau que Hitler ! » affirme Hrvoje Klasic, historien de l’Université de Zagreb.
Cet individu a pourtant passé ses dernières années de vie comme un vieil homme paisible qui se promenait dans les rues de Buenos-Aires. Sur l’une des photographies inédites de ce temps que sa fille a confiées à El País, il apparait vêtu avec sobriété, avec un chapeau et un long pardessus noir, à l’ombre de la basilique Saint-François. Son visage est devenu très ridé, les joues se sont relâchées et son attitude n’est plus celle, froide, rigide et caudillesque (4) comme dans ses portraits des années quarante. Au surplus, il a fait pousser sa moustache. Il a cependant conservé deux de ses traits les plus caractéristiques : ses grands et épais sourcils et ses oreilles énormes, dont les lobes pendaient tels des steaks.
À sa mort, à l’âge de 70 ans, l’agence de presse argentine avait brièvement rapporté qu’il avait été enterré à la Recoleta « lors d’une cérémonie funéraire dans la plus stricte intimité » et s’était bornée à préciser : « Le Dr Ante Pavelic était chef de l’État indépendant de Croatie pendant la Seconde Guerre mondiale ». La seule notice nécrologique, parue dans La Nacion, figurait en bas de page sous des annonces de mariages et de fiançailles et des idées de jeux avec des fleurs pour les enfants.
– Voulez-vous un chocolat ?
La fille du génocidaire était une femme sérieuse, gentille, éduquée et toujours aimable. Elle m’a reçu plusieurs fois à son domicile au cours de ses dernières années de vie. Elle semblait aimer avoir de la compagnie et parler de l’histoire de son père, bien qu’elle souhaitât que rien ne fût publié de ces rencontres, sinon plusieurs années après sa mort. Lorsque notre conversation était terminée et que je disais au revoir, elle m’accompagnait systématiquement jusqu’à la porte, petite et bossue, répétant dans son espagnol à syntaxe boiteuse, avec un accent slave coriace et quelques défauts argentins datant de son précédent exil : « Mais tout ça, avant ma mort, rien, hein, rien ! »
Elle était obsédée par la discrétion. Elle ne voulait pas qu’on parle d’elle ou qu’on prenne des photos d’elle, et elle veillait sur la tombe de son père avec un zèle pathologique. « Elle partait avec une chaise pliante, s’asseyait devant la tombe et passait ses soirées à la protéger », se souvient Almudena Moreno, directrice de San Isidro dans les années 70, justement après sa réinhumation. Elle avait fait placer une pierre tombale très lourde et avait demandé au cimetière de ne pas signaler aux étrangers où son père avait été enterré, car elle craignait que les Serbes profanent sa tombe. « Elle était prise de panique à cette idée, a déclaré Moreno. Je lui ai dit : Restez calme, ils ne vont pas venir en Espagne pour vous chercher. » Son inquiétude s’est étendue à la postérité et elle a laissé une procédure toujours pendante au ministère de la Justice, interdisant qu’à l’avenir les restes de son père puissent être exhumés.
Visnja Pavelic est décédée le jour de Noël 2015, à l’âge de 92 ans. Elle a été incinérée et ses cendres ont été déposées dans le caveau familial avec celles de son père, sa mère et son frère à San Isidro, où elles se trouvent toujours à ce jour.
Visnja aimait la photographie et aimait être photographiée lors de ses excursions en famille. Sur l’une d’elles, ils posent tous au bord de la mer. Visnja sourit, détendue. Velimir, son frère, a une expression formelle et affable. Maria, sa mère, porte des lunettes de soleil et son rictus semble un peu plus contracté. Son mari est de profil. Sous le bord du chapeau, la dureté d’antan transparait.
L’austérité de la vie de la famille contraste avec le soupçon que le satrape aurait fui la Croatie avec une fortune en or volée à ses victimes et à son État. Dans son livre Croatia under Ante Pavelic (2014), l’historien Robert B. McCormick souligne que Pavelic a réussi à dépouiller des millions de personnes pendant la guerre et mentionne un rapport de la CIA selon lequel, dans les dernières semaines du conflit, il aurait envoyé douze boîtes pleines d’or et de bijoux en Autriche. Cela se serait donc produit quatorze ans avant une autre photo de sa fille, dans laquelle tous les quatre sont assis un dimanche à l’ombre des arbres, avec leur Volkswagen Beetle garée sur le bord de la route. Visnja ne se souvenait pas avec certitude où il les avait emmenés, mais pensait que cela pouvait être lors de la dernière sortie qu'ils avaient faite avec lui en 1957, vers les plages de La Plata. Pavelic, avec son éternel chapeau, a l’air faible, les épaules basses et le regard distant. Il rappelle Vito Corleone dans Le Parrain, avant sa mort.
Le gangster sicilien de fiction et le tyran croate sont pourtant morts de la même manière, assassinés dans leur vieillesse. Corleone est abattu alors qu’il achète des oranges sur un étal de rue à New York. Pavelic reçoit plusieurs balles en rentrant chez lui, dans la banlieue de Buenos Aires, en 1957. « Il est entré debout et a dit : “Ils m’ont eu !” », se souvenait sa fille. Il est mort deux ans plus tard des suites de ses blessures.
On ne sait toujours pas qui l’a abattu. On a supposé que c’était des envoyés de Tito, le véritable maître de la Yougoslavie, ou peut-être des vétérans des forces armées royalistes des Karađorđević. Mais Visnja n’y croyait pas : « Les Serbes ont demandé son extradition, ils le voulaient vivant ! ». Elle soutenait qu’il s’agissait plutôt de Croates déterminés à prendre le contrôle des débris des forces exilées.
À la fin de la guerre, en 1944, Pavelic s’est enfui en Autriche, où il s’est caché dans un monastère jésuite, ayant sans aucun doute prévu cet abri plusieurs semaines auparavant, au moins. « Personne n’a jamais su où. Seulement nous, ha ! » disait-elle, très contente. Là, il a eu l’intelligence d’attendre que son sort n’intéresse plus trop de monde.
En 1948, sous le faux nom d’Antonio Serdar, il s’embarquait à Gênes pour l’Argentine, suivant la route clandestine connue sous le nom de “Ratline” par laquelle bien des nazis se rendirent en Amérique latine. La famille Pavelic s’est ensuite installée à Buenos Aires avec la permission expresse du gouvernement Perón et y a passé près d’une décennie. Pavelic y a lancé une entreprise de construction. Il avait également un métier à tisser et une ferme. « Nous avions des poules, m’a dit Visnja. Je ramassais les œufs le matin. »
Pendant les interviews, elle s’asseyait sur le canapé du salon, sous un portrait au fusain de son père, ombrageux et maussade, dans une veste blanche de maréchal.
– Vous ne pensez pas qu’il ait été coupable de quoi que ce soit ?
– Pas du tout.

Lors de nos premières rencontres, elle se levait de temps en temps pour chercher des documents avec lesquels elle essayait de démontrer que son père n’était pas l’homme abject qu’il était. Elle disparaissait dans le couloir de la maison, entrait dans son bureau et on entendait une rafale de feuilletages anxieux. Puis, au bout de deux ou trois ans, elle a été paralysée par l’ostéoporose et ne pouvait plus marcher qu’avec beaucoup de difficultés, avec l’aide d’un déambulateur. Sa marche dans le couloir est donc devenue lente, accompagnée d’un fort hoquet – mais cette femme était plus tenace que l’ostéoporose elle-même. Elle allait quand même chercher ses dossiers et revenait avec pour répéter la même chose sans jamais varier.
– C’est tout un mensonge. Tout ce qu’ils disent de mon père est un mensonge. Tout tout.
………
L’État indépendant de Croatie, installé par les nazis après leur invasion de la Yougoslavie en 1941 et dirigé par Pavelic jusqu’en 1944, visait à créer une nation pure ethniquement et religieusement, uniquement croate et catholique. Dans son plus grand camp de concentration, Jasenovac, au moins 83 145 personnes ont été tuées, selon les données officielles. Parmi eux, 47 627 Serbes, 16 173 Roms et 13 116 Juifs. Sur le total, 20 101 étaient des enfants de moins de 14 ans. Les Ustasha (rebelles en croate), les soldats de Pavelic, tuaient avec une férocité telle qu’elle choquait même leurs alliés nazis.
Dans le livre Ustasa (1998), l’historien Srdja Trifkovic met dans la bouche du général Glaise-Horstenau, le représentant militaire du Führer en Croatie, que la “révolution” de Pavelic avait été « de loin la plus sanglante et la plus horrible » de toutes les choses qu’il avait vues. « Dans le tristement célèbre camp de Jasenovac, écrit Robert McCormick, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés avec des balles, des haches, des marteaux et tout autre outil à portée de main. » L’appétit meurtrier des Ustasha n’était comparable, dit-il, « qu’à celui des SS les plus maniaques du Troisième Reich ». Le livre 36 mois à Jasenovac (2016), écrit par le survivant Egon Berger, donne une somme de détails atroces : « L’écho de cris horribles traversa la pièce tandis que Milos tranchait son corps de haut en bas, puis lui coupait le cou (…) Un des Ustasha, un enfant de 12 ans, sortit son couteau et coupa les oreilles du prêtre. (…) Tandis que les Allemands empoisonnaient leurs victimes avant de les brûler, les Oustachis jetaient les leurs vivantes dans les flammes. (…) Le cimetière puait lors des jours les plus chauds parce qu’ils avaient enterré les corps dans des tombes très peu profondes. Et dans ce même champ où nos amis et notre famille avaient été enterrés, les Ustasha avaient planté des tomates. »
………
– Jasenovac est une exagération, me répondait la vieille femme. C’était un camp de travail et il y avait de la pauvreté, mais ils avaient des médecins, leurs propres dirigeants, tout ce qu’ils voulaient. Ce n’était pas Auschwitz, vous comprenez ? Ils étaient tous vivants et en paix.
De toutes les sauvageries attribuées à son père, elle était particulièrement irritée par une anecdote racontée dans son livre Kaputt par le journaliste Curzio Malaparte, lequel avait tendance à enjoliver ses chroniques de littérature. Il décrit une interview avec Pavelic dans son bureau où le dictateur, en costume militaire et bottes d’équitation, a un panier en osier sur son plan de travail. Le couvercle est à moitié ouvert. Toujours selon son récit, Malaparte pense qu’il s’agit de fruits de mer frais et demande alors s’il s’agit d’huîtres dalmates. « Alors, Pavelic a soulevé le couvercle du panier, en a sorti une poignée d’huîtres visqueuses et gélatineuses et, me lançant un de ses sourires pleins de gentillesse comme de lassitude, m’a dit : “Non, c’est un cadeau de mes fidèles Ustacha : vingt kilos d’yeux humains”. »
– Ha !
s’exclamait-elle. Incroyable, ce que dit cet homme ! Tout est faux, tout est faux !
Sur la table du salon, elle avait un livre intitulé L’industrie de l’Holocauste et les journaux qu’elle achetait chaque matin : El País, El Mundo et Abc. Elle insistait sur le fait que son père n’était « ni nazi ni fasciste », mais simplement un nationaliste qui s’était battu « pour la libération de la Croatie du joug serbe ». Elle n’a pas montré de sentiment de culpabilité, même le plus ténu.
Elle ne me semblait pas cynique. Elle me semblait aveugle.
C’est une attitude courante parmi les descendants des hiérarques nazis. Dans son livre Sons of Nazis (2016), Tania Crasnianski donne quelques exemples : « Dans le cas des enfants, les défenses mentales sont en effet très fortes. Gudrun Himmler a toujours été caractérisée par son manque total de recul devant la figure paternelle. ». Comme Gudrun, « Edda Göring avait un amour immuable pour son père et refusait de voir en lui l’un des initiateurs de la Shoah. » Edda, comme Visnja, « vivait dans une petite maison à Munich et l’appartement était un musée à la gloire de cet homme. » Wolf Rüdiger Hess, enfin, a toujours idéalisé son parent et « n’a jamais cessé de le considérer comme un messager de paix ».
Visnja était devenue la personne de confiance de son père. C’est elle qui organisa secrètement le départ pour l’Espagne du cercueil paternel. De Madrid, un prêtre croate lui avait confirmé que le chef du gouvernement espagnol lui avait donné son feu vert, avec une seule condition : « Ne leur demandez qu’une chose, Père : la discrétion ».
À Madrid, Maria, Visnja et Velimir se sont ainsi retrouvés seuls. En 1961, ils ont emménagé dans l’appartement d’une copropriété où ils passèrent le reste de leur vie. María, la mère, cuisinait, cousait et s’occupait de la maison. Elle est décédée en 1984. Velimir a joué professionnellement du violon et a surtout passé des heures enfermé, à lire des livres sur la philosophie et l’histoire politique, à écrire des aphorismes ou encore à enchaîner une cigarette après l’autre. Il est décédé d’un cancer du poumon en 1998. L’immeuble était situé dans le quartier de Concha Espina, près de Santiago Bernabéu. Visnja se rappelait que le week-end, on pouvait entendre les supporters du Real Madrid depuis le salon… mais ils n’ont jamais été assez curieux pour franchir les dix minutes à pied qui les séparaient du stade afin d’aller voir Di Stéfano, Amancio ou Butragueño.
La famille a été entretenue, a-t-elle dit, grâce aux droits des écrits de son père – parmi d’autres, Erreurs et horreurs, un essai anticommuniste qu’elle cite avec respect – et surtout grâce aux contributions apportées par des organisations d’exilés depuis des pays comme le Canada ou l’Australie. Visnja est ainsi devenue l’héritière symbolique de son père et la gardienne de la tombe de San Isidro, sanctuaire pour les nostalgiques des Oustachis. Pendant la guerre des Balkans, les miliciens croates chantaient, les armes à la main : « À Madrid, il y a une tombe dorée et Pavelic, chef de tous les Croates, repose dessous. Lève-toi, Pavelic, nous mourrons tous pour toi ! » Et chaque fois qu’une équipe de football croate a joué en Espagne, des fans radicaux, voire des footballeurs ont visité le cimetière et souhaité lui rendre hommage.
Sur une autre photographie de son dossier personnel, elle apparaît à côté de la tombe, accompagnée d’un jeune homme vêtu de vêtements traditionnels croates. A côté de cette dame aux lunettes et aux cheveux blancs, petite comme un oiseau, cet ultra-nationaliste exprimait sa haine génocidaire envers les Serbes : « Ce sont des tueurs-nés. Aucun Serbe n’est un criminel au sens humain du terme. Ils ne savent que tuer ! Rien de plus. Tuer est génétique en eux, c’est un instinct. »
La dernière fois que je l’ai vue, elle avait du mal à bouger. Elle portait autour du cou un bouton d’urgence pour les personnes âgées. Elle ne parlait presque jamais à quiconque, à l’exception de sa femme de ménage et d’une nièce qui vivait à Ontinyent (Valence) et lui rendait parfois visite. Lorsqu’elle a été contactée par nos services, sa nièce n’a pas voulu participer à cet article. Et lorsque nous nous sommes rendus à Ontinyent pour essayer de lui parler, le conseil municipal de la municipalité de cette ville douce et ensoleillée nous a informés qu’elle n’était plus inscrite sur aucune liste municipale.
Lors de cette dernière visite, la vieille femme m’a dit qu’un visiteur croate avait pris chez elle trois malles pleines de documents sur Pavelic pour les enterrer quelque part en Croatie.
– Pourquoi les enterrer ? lui a-t-elle demandé.
– Pour que tout soit en sécurité, a-t-il répondu. Sous terre, tout sera en sécurité.
Elle m’a ensuite remis la dernière photo de son père.
Le corps du dictateur, couché en robe de chambre sur un lit d’hôpital, avec un bouquet de fleurs sur les jambes. La raideur de la mort est déjà marquée sur sa mâchoire, sur ses pommettes, sur son nez et ses sourcils noirs menaçants. Ses oreilles énormes restent là. A la tête du lit, un crucifix, et sur les côtés, deux bougies sombres allumées. Par la fenêtre, les rideaux ouverts, une lumière hivernale maladive pénètre et éclaire le cadavre.
– C’était très difficile d’être sa fille, a conclu Visnja Pavelic.
Oui, très difficile. »

D’après un article paru dans El País le 3 avril 2020, dans le cadre d’un dossier sur l’histoire de la Croatie (5).

Notes
4- Rappelons que le rédacteur est espagnol !
5- Le texte reproduit ici est (hélas) authentique, pour l’essentiel – il a simplement été adapté au contexte de notre uchronie.
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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Sep 25, 2026 10:28    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Trois ans plus tôt, un jeune Serbe disait sans doute la même chose avant de rejoindre telle ou telle milice. Quarante ans plus tard, la saillie ressortira du néant. Peu importe l’époque, il est ici-bas des haines qui ne changent jamais… c’est même leur caractéristique la plus brûlante.

Et ça continue, encore et encore...


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