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Italie et Balkans, Septembre 44
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Sep 19, 2026 12:40    Sujet du message: Répondre en citant

@John : le 'peu importe' est évidemment un effet de style.
@ Hendryk : c'est la dernière fois que mon avatar le voit. Vous, vous allez encore en entendre parler. Mais pas longtemps. Car évidemment, c'est la fin pour lui. Enfin, les fins - faute d'avoir pu en choisir une. Vous verrez.

En attendant, vous remarquerez que lui et Pierre se répondent.

Citation:
Je ne saurais décrire l’impression que m’a faite ce pauvre diable, reprenant sa marche sur une route pluvieuse, un enfant peut-être mourant entre ses bras, dans ce qui m’a paru être un silence total. Seuls les corbeaux semblaient répondre au vent dans les arbres.
Peut-être qu’Il nous teste. Si c’est le cas, nous échouons glorieusement. À côté de moi, j'entendis alors mon sergent avaler une grande gorgée d'alcool. Bruyamment, comme pour faire passer un goût particulièrement désagréable. »


Puis

Citation:

– Un mercenaire n’est pas censé sauver les gens. Et encore moins d’eux-mêmes. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un mercenaire. Un mercenaire est censé faire son sale travail, puis prendre la bourse que l’on jette à ses pieds avant de filer sans rien demander d’autre. Pourtant, il m’est arrivé de faire autre chose, et gratuitement. Les bénéficiaires ne s’en sont sûrement jamais rendu compte. Ils n’ont même sûrement jamais compris. (Long soupir) N’avions-nous pas assez souffert ?


C'est complétement repris sur cette musique. Vous n'avez qu'à imaginer la scène du vieux milicien qui passe, et à 0:30, Ratko qui explique leur avoir sans doute sauvé la vie (à tout du moins voulu leur sauver la vie).

https://www.youtube.com/watch?v=z31xypjDuLY

Si quelqu'un fait un jour l'audio de ces coloriages, qu'il me contacte. J'ai déjà la bande son de figée.

Oui Casus, ca avance. Je fini une annexe sur Trieste là. On en a discuté, c'est compliqué. Pire que l'Albanie en fait.


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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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John92



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MessagePosté le: Sam Sep 19, 2026 13:03    Sujet du message: Répondre en citant

Force et courage à "notre" Daniel
Bravo à toi
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Ne pas confondre facilité et simplicité
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Sep 19, 2026 13:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo à vous de supporter mes épanchements;
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Sep 19, 2026 13:15    Sujet du message: Répondre en citant

Excellent, comme d'habitude, mais cela ne coûte rien de le rappeler.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Sep 19, 2026 14:09    Sujet du message: Répondre en citant

Merci. Ca compte pour moi plus que tu ne l'imagine.
Pour information, le 1-8 Balkans plus Italie m'a pris un mois de boulot. C'est toujours dur, par ailleurs, de dire au revoir à un Personnage. Mais j'ai sa fin depuis longtemps en tête.
Ratko restera avec moi dans sa vitrine. J'ai Dennis ... faut vraiment que je trouve un diorama avec Pierre. Je ne sais pas, moi, un VTT41 au 35e ...
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

4 septembre
La campagne d’Italie

Opération Concord – Le défi relevé
Entre Brenta et Piave… voire un peu au-delà
– La 1st Army Tank Brigade (Douglas H. Pratt) a roulé toute la nuit, sans hésiter à prendre des risques pour sa sécurité. Sur les flancs, du moins ! Car en arrière, la 10a Corazzata Piave (Ugo Tabellini) la couvre efficacement, tandis que la 6th Infantry (Ronald Scobie) tient désormais les points de passage qui vont en se multiplient de Fossalta di Piave vers Noventa di Piave.
Bref : le 42nd Royal Tank Regiment ne craint toujours rien ! Un dernier coup de collier lui permet finalement, malgré plusieurs embuscades, de s’emparer au débotté de Santo Stino di Livenza (10) pour poursuivre incontinent vers Portogruaro. Néanmoins, ce dernier trophée est peut-être un peu trop gros pour Pratt… Il prévoit donc de contourner la ville par le sud et Concordia Sagittaria. L’infanterie s’occupera du reste. De toute façon, la seule présence de ses chars par ici suffit, d’évidence, à semer le chaos dans ce qui fut les arrières allemands – et qui ne l’est plus : l’ennemi s’enfuit visiblement, en appliquant la tactique de la terre brûlée.
Il ne reste qu’une grosse vingtaine de kilomètres jusqu’au Tagliamento. Et Pratt – comme toute la chaîne de commandement alliée à commencer par Miles Dempsey en personne – sait que le Kraut prévoit de livrer à cet endroit une bataille d’arrêt, avec, apparemment, deux divisions SS extirpées de Yougoslavie. C’était logique – et puis les nazis se déplacent en ravageant la campagne depuis la Slovénie, autant pour la discrétion ! Mais la SS-Prinz Eugen et la SS-Polizei ne sont plus les croquemitaines qui ont jadis terrorisé les Balkans – en tout cas, à la Ist Army de Sa Majesté, elles ne font peur à personne. Avec leurs fantassins mal rasés, leur matériel dépassé et leur encadrement spécialiste du combat de montagne contre de l’infanterie légère, elles valent sans doute une brigade alliée à elles deux. Cet adversaire n’a donc rien de redoutable. Au pire, les Italiens mettront la main à la pâte !
Un peu plus à l’ouest, dans le secteur de Breda di Piave, la 6th Armoured (SA) (William Poole), déjà hier en ballotage favorable, commence à repousser franchement les troupes allemandes en direction du Piave. Tout simplement parce qu’elle est plus puissante que ses adversaires… Et aussi que ceux-ci se replient à travers le fleuve vers San Michele di Piave par la grande île de Grave di Papadopoli, la situation stratégique catastrophique rendant leur présente position aussi aventurée que sans objet. Les pointes de Pratt sont 30 kilomètres plus à l’est, et toute une masse de troupes bigarrées – latino-négro-brésilo-nipponnes – leur tombe dessus de l’ouest ! La 715. ID (Hans-Georg Hildebrandt) est la première à se mettre à l’abri, si l’on peut dire. Elle est suivie par le 278. StG Abt (Hauptmann Johannes Stier). Enfin, la 356. ID (Karl Faulenbach) ferme la marche, avec les Jagdleopard du 525. schw PanzerJäger Abt (Major Friedrich Guttmacher), toujours aussi redoutables pour les blindés alliés… mais de moins en moins nombreux. Les fauves allemands se repaissent d’ailleurs surtout de semi-chenillés d’infanterie – la tactique de surmotorisation imposée par Dempsey trouve ici ses limites. Dès que l’on sort d’un secteur battu par l’artillerie amie, circuler en véhicule devient proprement suicidaire (11) !
Du côté de la 78th Infantry (Donald Butterworth), la situation est globalement analogue : bonne, mais qui pourrait être encore meilleure. Après sa brève rencontre de la veille avec les grenadiers et les Tiger, l’unité britannique repousse l’ennemi par-delà la Piave, s’empare de Bocca Callalta puis de Ponte di Piave… mais s’avère globalement incapable de rattraper un adversaire qui se défile, et qui a pour cela d’excellentes raisons ! La 29. Panzergrenadier (Walter Fries) et le 506. schw Panzer Abt (Hauptmann Heligenstadt) ont déjà passé Oderzo et traversent Motta di Livenza pour aller défendre Portogruaro – voire pour tenter une énième prise de flanc de l’ennemi avec les renforts arrivés du Laibach. Manœuvre logique – mais qui implique de sacrifier sur le chemin de Butterworth un certain nombre d’enfants perdus, abandonnés au détour d’un cours d’eau ou d’un bosquet pour gagner quelques heures et prélever quelques engins. C’est dans ces circonstances que le Hauptmann Paul Dahms, patron d’un 286. StG Abt – tout ce qui reste du XIV. Armee Korps (Fridolin von Senger und Etterlin) – se fait tuer dans son engin par une frappe de Jabos.
C’est bien – mais le Xth Corps pourrait sans doute faire mieux. La faute à la fébrilité d’un Gerard Bucknall ayant pris son commandement trop récemment ? Peut-être. Quoique l’envergure évidente de son confrère John Harding n’aide pas non plus à coordonner les deux formations britanniques – emportées par leur immense succès, elles commencent même à s’entrechoquer un peu.
La preuve : à Trévise, la 3rd Armoured Brigade Latin Dodgers (Otho Prior-Palmer) et la 4th Armoured Brigade Black Rats (John Currie) ont bien du mal à sortir en bon ordre de la ville pour progresser respectivement vers Bocca Callalta et Noventa di Piave, comme prévu. Au soir, ces deux unités ont à peine atteint le fleuve. Quant à la 2nd Infantry Division (SA) (Hendrik Klopper), elle n’est pas loin derrière. Pas loin, mais derrière.

Opération Concord – Du côté des Italiens, des Américains, des Brésiliens…
Au nord de Padoue et à l’ouest de Trévise
– La ruée continue, sans remède pour les Allemands. La 102a Divisione Celere Trento (Umberto Utili), devançant l’infanterie du Regio Esercito, s’empare ainsi de Nervesa della Battaglia dans une atmosphère de liesse d’autant plus grande que beaucoup redoutaient de subir la même dévastation que lors de la bataille de la Piave, en 1918. Les Italiens ne s’arrêtent pas – en tout cas pas trop. Ils continuent de remonter vers le nord, Vittorio Veneto et Pordenone, cherchant un point faible à l’entrée de chaque vallée.
Cette fois, Giovanni Magli reste bien à gauche du XVth Corps US (Wade H. Haislip). Celui-ci, fort agacé, progresse de Spresiano vers Brugnera et ses ponts. De là, ses divisions marcheront, si tout va bien, vers Gemona, voire Udine, pendant que les Italiens auront droit à la montagne. Non mais !
A propos de montagne, la 20a Divisione de Fanteria Friuli (Bartolomeo Pedrotti) remonte le val de Brenta jusqu’à Enego. Là, elle se heurte, sur les contreforts de Coste, non point aux chasseurs teutons redoutés, mais à une simple arrière-garde. Le LI. Gebirgs-Armee-Korps (Valentin Feuerstein) a mis trop de temps à reculer, la 188. Gebirgsjäger-Division (Hans von Hößlin) est encore à 30 kilomètres d’Enego ! Évidemment, le soldat allemand va se battre pour reprendre cette position aux traîtres italiens. Mais du coup, toute l’aile droite allemande – la seule part de l’édifice qui tenait encore, face aux divisions de montagne du Regio Esercito (général Battisti) – pourrait bien devoir demander à Rommel d’envoyer des troupes en urgence tenir le val de Piave vers Longarone… Même si, pour l’heure, ce n’est qu’une hypothèse, cela va de soi.

Opération Concord – Dans les cieux
Base aérienne d’Udine-Campoformido
– Après une nuit d’attente destinée à faire les comptes (et l’appel), la Luftwaffe décide enfin d’arrêter de jouer. Rassemblés dans une ambiance qui rappelle une certaine nuit de Noël (mais aucun des présents ne peut s’en rendre compte), les pilotes italiens sont informés que leurs unités sont officiellement dissoutes, en raison des pertes subies lors de leur lutte héroïque face aux bombardements terroristes de l’ennemi – et pour aucune autre raison… évidemment.
Mais que ces valeureux alliés soient rassurés ! Ils continueront de voler, au sein d’une future Légion Aérienne Italienne, commandée par Maximilian Ritter von Pohle et intégrée au fameux JG 27, lequel défend l’Autriche et a subi de lourdes pertes ces derniers temps. Quant aux personnels au sol, ils rejoindront sûrement une formation d’infanterie ad-hoc.
C’est donc un véritable coup de poignard dans le dos pour ce qui restait de la force aérienne de la RSI. Cependant, celle-ci étant déjà morte et enterrée, il parait logique que ses ornements suivent… Et bien sûr, personne n’a vraiment le choix. Fermez le ban !

Crabb et la Decima
Sauver Venise
Venise
– Crabb et Marsloe débarquent avec quelques MP sur l’île du Vignole. Ils sont accueillis par deux hommes, torse nu et arme au côté, qui les reçoivent amicalement, appelant par son nom un Commander Crabb qui n’en revient toujours pas d’être aussi célèbre !
Il s’agit bien entendu de deux anciens de la Decima, qui révèlent avoir entraîné ici des nageurs allemands et ne pas avoir voulu les suivre quand ils se sont repliés. Ils indiquent à Crabb et Marsloe que les Allemands ont coulé leurs torpilles pilotées mais ont laissé intactes les installations terrestres : ateliers, laboratoire, armurerie, ponts roulants et autres palans ou plans inclinés pour la mise à l’eau des maiale… Ils avouent que la base était commandée par le fameux Dottore Angelo Belloni (l’inventeur des combinaisons de plongée et des appareils respiratoires de la Decima Mas), qui est resté jusqu’à la dernière minute avant d’aller se cacher à Venise car, ami personnel du Duce (et arborant sur le bras un tatouage représentant une tête de mort avec la rose de la Decima Mas), il craignait pour sa vie…
Crabb, couvert par l’amiral en charge du port de Venise pour les Alliés, prend officiellement possession de la base et la rebaptise “Station expérimentale des marines alliées”.

Entre alliés
Petites bassesses
De Versailles à Kaposvár
– Une semaine après le démarrage de Concord et prenant acte avec une froide sobriété de l’absence d’informations dans laquelle les Britanniques ont maintenu le XVth Corps US jusqu’au dernier jour, le SHAFE informe officiellement le commandement du 18th AAG qu'il étudie le retrait du front italien des forces américaines (et brésiliennes) rattachées depuis fin août à ce groupe d’armées. Ce retrait devrait être effectif d’ici trois mois.
Trois mois ! D’ici là, on sera en Allemagne, ou même rentrés at home. Autant dire que ce sont des menaces en l’air. En en dépit de ce genre de prises de bec (12), tout cela ne risque donc pas d’aller beaucoup plus loin – et Montgomery le sait. Car, en vérité, l’US Army – organisation certes en réforme constante mais encore, à cette date, corsetée par certaines traditions pas toujours très égalitaires (13) – ne sait pas quoi faire des Buffalos et des Brésiliens. Elle n’en a pas besoin pour sa campagne du Pacifique et elle ne tient absolument pas à les voir sur le Rhin, au milieu des valeureux boys WASP. Donc, c’est encore en Italie qu’ils gênent le moins ! Quoiqu’en Chine, peut-être… Mais ce n’est pas (encore) d’actualité.
Quant au maréchal, il préfère risque de perdre deux divisions réputées médiocres, un groupe d’artillerie et quatre bataillons blindés pour récupérer une armée britannique complète. Alors… Tant pis pour Wade H. Haislip, il sait déjà qu’obéir à un étranger n’est pas toujours facile et il apprendra à être dépité, seul dans son coin s’il le faut (14).

Résistance et répression
Unternehmen Feuerzange
D’Udine à Trévise
– Terre brûlée ou pas, populations terrorisées ou non, la Wehrmacht contrôle de moins en moins la campagne. Et même si les mouvements de Résistance ne peuvent toujours pas faire grand-chose, pour l’instant, contre les unités allemandes, c’est aussi une affaire de symboles.
Ainsi, à Varmo, quelqu’un a peint « Dehors les Allemands ! Mort aux fascistes ! Vive les Partisans ! Vive les Alliés ! » sur la façade de la mairie et d’autres bâtiments officiels. En d’autres temps, on aurait promptement effacé le tout. Mais cela fait déjà presqu’une semaine qu’il est là – des Partisans le vérifient tous les jours – et personne n'ose y toucher.
A Gemona, c’est différent : un Allemand isolé – même pas un soldat, un administratif – se fait larder de coups de couteau… Autre lieu, autres mœurs. Ou pas.

Basses vengeances
Carbonera
– Stupeur et sacrilège ! Tous les membres du gang Collotti ont été abattus cette nuit, y compris la femme enceinte ! Le Père Don Giovanni Piliego emprunte une voiture pour se rendre immédiatement à Trévise, raconter à Son Éminence tout ce que ces apostats de Bolcheviques commettent ici, pour le supplier d’intervenir. Ou de faire intervenir ! Ce matin encore, il a vu Luigi Lorenzi, un jeune sous-lieutenant de la RSI, monter à l’échafaud avec sa croix autour du cou. Avant de mourir, il a dit : « La croix que Jésus portait ne peut pas effrayer un chrétien. » La Justice oui – même si celle des hommes ne vaut pas celle du Seigneur. La vengeance, non !
………
Oderzo – La traversée de la petite localité par les forces allemandes en retraite – voire carrément en déroute – n’a pas échappé aux unités partisanes locales. Celles-ci sortent du bois sitôt passé le dernier semi-chenillé et hissent le drapeau rouge sur la mairie, histoire de devancer l’arrivée des forces capitalistes.
Toutefois, Oderzo n’est pas n’importe quelle cité du Frioul : elle abrite l’école des cadets officiers de l’armée italienne (ex Regio Esercito), commandée par le colonel Giovanni Baccarani et où stationne les restes du bataillon de Romagne commandé par le major Amerigo Ansaloni. Deux hommes pas trop enthousiastes à l’idée de suivre le Goth dans sa fuite. Ils l’ont vite fait savoir au CLN représentant Rome, par l’entremise du curé local, Don Domenico Visentin, et du maire autoproclamé de la ville, Plinio Fabrizio : les officiers et leurs hommes sont tout disposés à se laisser désarmer, pour peu qu’on les laisse rentrer chez eux.
Un accord est griffonné sur un coin de table et signé à 14 heures. Il vise à « éviter les effusions de sang » et à « assurer la prise de fonction dans l’ordre des autorités nouvellement rétablies ». Dans le détail, cet accord prescrit :
1. Le regroupement dans les locaux du collège Brandolini-Rota de tous les membres des forces de l’ancienne RSI encore présents dans Oderzo ;
2. Le désarmement de tous les membres susmentionnés, à l’exclusion des officiers, et la livraison de leurs armes et matériels militaires au Comité de Libération Nationale ;
3. La délivrance par le Comité de Libération Nationale d’un laissez-passer à tous les désarmés, lesquels seront alors autorisés à rejoindre leurs lieux de résidence respectifs.
Détail significatif, l’accord exclut explicitement les Chemises Noires, supposées rester dans les locaux du collège.
Cela concerne environ 400 hommes, dont 175 cadets. Tous se rassemblent comme convenu dans les locaux du collège de Brandolini-Rota, pour recensement et remise des armes avant dispersion. Mais à ce moment débarquent en ville deux cents hommes de la Brigade Garibaldi Cacciatori delle Pianure. Or, leur chef, le nommé Attilio Da Ros “Tigre”, est réputé… disons impulsif – au point d’avoir été renvoyé du secteur de Trévise, où il avait multiplié les actions violentes, inefficaces et coûteuses en termes de représailles allemandes.
Considérant qu’un accord signé par un maire non élu et un curé ne vaut rien, Da Ros fait donc rattraper tous ces fascistes en train de rentrer chez eux, puis décide d’improviser un bon petit tribunal de guerre. Tout le monde est reconduit au collège, pour un procès parfaitement illégal et inique selon la conception habituelle de la Justice – mais parfaitement valable selon la rude « Loi de la Montagne » invoquée par Da Ros. Son pseudo-tribunal prononce des dizaines de condamnations à mort en quelques heures à peine. Comme le documentera le (véritable) procès qui suivra, bien plus tard : « Il n’y a jamais eu de jury [...] ; il n’y avait aucune possibilité de défense pour l’accusé, aucun crime spécifique n’a été plaidé contre l’accusé [...], les condamnations à mort n’ont même pas été prononcées publiquement, [...] la vie et la mort de chacun dépendaient de l’arbitraire le plus illimité. ».
Avant la nuit, des dizaines d’hommes sont ainsi emmenés sur les bords des rives de la Monticano et abattus d’une balle dans la nuque, leurs corps tombant dans la rivière. L’équipe de tueurs dirigés par Silvio Lorenzon “Bozambo”, dit aussi “le boucher de Montaner”, traîne les captifs sur le sol, les mains liées dans le dos au fil de fer barbelé, jusqu’à la rivière, en leur promettant « le camp de concentration, comme tes copains fascistes ». Dans l’excitation et les vapeurs d’alcool, la confusion devient telle que Da Ros ne parvient même plus à coordonner les transferts vers les lieux d’exécution. Il ne dispose d’ailleurs pour cela que d’un camion et d’une ambulance ! C’est ainsi qu’un certain nombre de captifs se voient sauvés, car simplement… oubliés dans leurs cellules. Deux condamnés, Giuseppe Biasi et Mario Marci, réussissent même à se cacher sous les planches du camion qui les transportait. Mais pour les autres… Les corps qui ne tombent pas à l’eau sont laissés sur place – les agriculteurs n’auront qu’à les enterrer demain ! C’est l’une des nombreuses raisons qui font qu’il ne sera même pas possible, par la suite, d’établir une liste précise des victimes.

Petite mésentente entre camarades
Rome
– Esclandre considérable au Conseil des ministres italien, à la suite de la révélation du récent “Rapport Krieger” sur la frontière Est et les relations entre l’Italie et la Yougoslavie – la pagina della vergogna, la page de la honte, comme l’Histoire retiendra ce document. Mis en grande difficulté, Mario Togliatti est contraint de faire preuve de patriotisme en désavouant brutalement et totalement son subordonné, suspendu dans l’heure de l’ensemble de ses fonctions (15).
La lettre est parvenue au gouvernement de Rome par des canaux non précisés – et qui ne le seront d’ailleurs jamais (16). Mais les faits sont là – et le résultat aussi. Le PCI est décrédibilisé sur cet aspect tout de même stratégique de la politique italienne : l’intégrité territoriale de la Nation. Pour regagner de la respectabilité, il va devoir remettre en ordre ses affaires… En attendant, tout cela a de quoi redonner de l’intérêt à certaines démarches, dont on aurait pourtant pu croire, hier encore, qu’elles étaient d’avance vouées à l’échec.


Notes
10- Sur la petite rivière du même nom, qui n’a rien d’un obstacle sérieux.
11- Ce point fera plus tard l’objet de critiques particulièrement acerbes, de la part notamment de Pretoria – mais pas seulement, loin de là. Noblesse oblige : avec une élégance rare chez lui, Montgomery couvrira personnellement son nouveau subordonné, qui venait, il est vrai, de lui offrir une belle victoire.
12- Qui feront sans doute beaucoup pour la mauvaise réputation de Monty dans l’historiographie américaine.
13- Et que Montgomery approuve parfois…
14- Les mémoires de Montgomery sont parsemées de discrètes références acides au fait qu’il aurait été le premier général britannique à commander à des Américains depuis 1778. D’évidence, les contrariétés liées au manque constant de moyens humains dans les Balkans, pour partie du fait des pressions de Washington, devaient s’exprimer ! Le maréchal feint d’ignorer que la mise à l’écart des Américains dans la préparation de Concord agaça Eisenhower au point qu’il confierait plus tard avoir été « cruellement tenté de convoquer Monty au SHAFE en interdisant toute mise à disposition de transport aérien, pour l’obliger à marcher jusqu’à Versailles ».
15- Ce qui ne lui fera d’ailleurs ni chaud ni froid… Officier au sein des troupes titistes à la fin de la guerre, Vincenzo Bianco rentrera tranquillement chez lui en 1950 pour travailler à L’Unità, l’organe de presse officiel du PCI, où son travail fut surtout de traduire des articles de la Pravda. Il occupera ce poste jusqu’à sa mort en 1980, toujours pur stalinien impénitent. Auparavant, il aura appuyé avec force la politique de “tri” des prisonniers de guerre italiens en Yougoslavie ou ailleurs, qui sera responsable de plusieurs milliers de morts du fait des mauvais traitements subis, dont le PCI niera toujours avoir eu la moindre connaissance.
16- Possiblement par Belgrade, qui aurait pu considérer qu’un affrontement entre titistes et Italiens lui serait favorable, notamment sur le plan international (et en dépit de ses propres ambitions territoriales !). On sait ce qu’il en advint.


Dernière édition par Casus Frankie le Dim Sep 20, 2026 18:45; édité 1 fois
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Hendryk



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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 18:42    Sujet du message: Répondre en citant

A peine le temps de dire au revoir à Casus après notre séance de Cthulhu hebdomadaire qu'il a déjà posté un nouveau chapitre! Chapeau au Raccoon pour l'efficacité.

Casus Frankie a écrit:
Car, en vérité, l’US Army – organisation certes en réforme constante mais encore, à cette date, corsetée par certaines traditions pas toujours très égalitaires (13) – ne sait pas quoi faire des Buffalos et des Brésiliens. Elle n’en a pas besoin pour sa campagne du Pacifique et elle ne tient absolument pas à les voir sur le Rhin, au milieu des valeureux boys WASP. Donc, c’est encore en Italie qu’ils gênent le moins ! Quoiqu’en Chine, peut-petre… Mais ce n’est pas (encore) d’actualité.

Pourquoi pas, en effet? Elle y rejoindrait, entre autres, la Force Publique belge et ses Congolais.
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John92



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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 20:45    Sujet du message: Répondre en citant

…
4 septembre
La campagne d’Italie

Opération Concord – Le défi relevé
Entre Brenta et Piave… voire un peu au-delà
–

…
Car en arrière, la 10a Corazzata Piave (Ugo Tabellini) la couvre efficacement, tandis que la 6th Infantry (Ronald Scobie) tient désormais les points de passage qui vont en se [color=red multiplient] (multipliant)[/color] de Fossalta di Piave vers Noventa di Piave.
…
Opération Concord – Dans les cieux
Base aérienne d’Udine-Campoformido
–
…
Ils continueront de voler, au sein d’une future Légion Aérienne Italienne, commandée par Maximilian Ritter von Pohle et intégrée au fameux JG 27, lequel ( JG, c’est féminin, jagdgeschwader ; escadre donc plutôt « à la fameuse … laquelle » ???) défend l’Autriche et a subi de lourdes pertes ces derniers temps.
…
Entre alliés
Petites bassesses
De Versailles à Kaposvár
–
…
Quant au maréchal, il préfère risque (risqué) de perdre deux divisions réputées médiocres, un groupe d’artillerie et quatre bataillons blindés pour récupérer une armée britannique complète.
…
Oderzo –
…
Toutefois, Oderzo n’est pas n’importe quelle cité du Frioul : elle abrite l’école des cadets officiers de l’armée italienne (ex Regio Esercito), commandée (dirigée ; ici ou plus bas) par le colonel Giovanni Baccarani et où stationne les restes du bataillon de Romagne commandé par le major Amerigo Ansaloni.
…
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 20:46    Sujet du message: Répondre en citant

John ! Il préfère risquer, enfin.
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John92



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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 20:47    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
John ! Il préfère risquer, enfin.

oups
Merci Daniel
et comme c'est de toi (je pense avoir reconnu ton style) pour "la" JG27 à la place de "le", tu valides???
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 20:49    Sujet du message: Répondre en citant

Compliqué. La JG27, le 1/JG27. En allemand, c'est Die.
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John92



Inscrit le: 27 Nov 2021
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MessagePosté le: Dim Sep 20, 2026 20:53    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Compliqué. La JG27, le 1/JG27. En allemand, c'est Die.

Mouais donc neutre
Alors c'est à Frank de jouer, à voir comment on à traiter ce problème précédemment (de mémoire, je pense féminin, mais la mémoire, à mon âge ...)
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Ne pas confondre facilité et simplicité
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 12094

MessagePosté le: Lun Sep 21, 2026 07:50    Sujet du message: Répondre en citant

Donc… à part les Hongrois, toutes les forces aériennes alliées aux Allemands ont été dissoutes?
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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demolitiondan



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Messages: 14107
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MessagePosté le: Lun Sep 21, 2026 08:45    Sujet du message: Répondre en citant

Mais enfin, les italiens ont pas été dissouts. Ils ont été réequipés en avions allemands, au sein d'une unité allemande, qui combat sur le sol ...

Oui.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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mikey1983



Inscrit le: 17 Fév 2010
Messages: 676
Localisation: Helsinki, Finland

MessagePosté le: Lun Sep 21, 2026 09:45    Sujet du message: Répondre en citant

Do the Slovaks have anything left?

There is Japan, but they are on the other side of the world, and their air operations are becoming increasingly of the "one-way trip" kind...
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