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Le Front Russe, Août 44
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 15:00    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Les dragueurs de mines, en nombre dramatiquement insuffisant

Je conteste, cf. https://german-navy.de/kriegsmarine/ships/minehunter/index.html :
Citation:
Until the end of World War II, about 540 minehunters and minesweepers of four different classes were build.


Exact, mais en y regardant de plus près…
1) LA MOITIE d'entre eux ont été perdus durant la guerre (on peut tabler sur une proportion au moins semblable FTL - et en août 44 FTL, la grande majorité de ces pertes ont déjà été subies)
2) Sur 540, 300 étaient des R-boots, n'opérant qu'au voisinage des ports, dans les rivières etc.

Alors, sinon "dramatiquement insuffisant", du moins… "toujours insuffisant".
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Casus Frankie

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loic
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 15:55    Sujet du message: Répondre en citant

Mouais, pas mal ont été perdus en effet, mais en faisant leur devoir.
Il en reste pas mal à la fin du conflit (ils serviront d'ailleurs à déminer les eaux européennes).

Mais on ne peut pas reprocher à l'Allemagne de ne pas avoir fait un effort sur ce plan.

Par contre, ils sont légers en armement AA, d'où les pertes.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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loic
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 16:07    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
https://www.materielsterrestres39-45.fr/fr/index.php/tout-guerre-terrestre/140-france-guerre-terrestre/vosges-lorraine/1687-toul

La bataille de Toul commence le 17 juin OTL.

En toute rigueur, FTL il pourrait s'en sortir, tout dépend dans quel type d'unité il sert.

@Casus : il faudrait connaître son opinion potentielle sur les hommes qui sont au gouvernement à Alger. C'est surtout ça qui me semble dimensionnant.

Par ailleurs, JY Cousteau lui-même n'apparaît dans la chrono qu'en septembre 1943, c'est un peu tard. Lui-même reste probablement dans le service actif, il sera probablement en capacité de faire quelque chose pour son frère + tôt.

Par contre, en novembre 40 (Occupée), on écrit : "Je n’aurais quand même pas voulu, explique-t-il à ses proches, laisser le champ libre à Béraud et à Cousteau »".
À cette date, il est encore en Stalag, sauf si le côté + extrémiste du NEF fait qu'il en sort + tôt ?
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Wings



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 17:13    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Désolé - faute de frappe. La première citée est la 14.PanzerGrenadier.


Elle est a Budapest celle-la.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 17:38    Sujet du message: Répondre en citant

Il ne faut pas tout attendre de la FTL. Quand on est rédac chef de Je suis partout, c'est pas de l'égarement.
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 17:46    Sujet du message: Répondre en citant

Je chie partout, ça va très bien avec La gerbe, autre torchon collabo (parfaitement nommé celui là, et par accident - c'est toute la beauté du truc.).

A la fin de la guerre c'était plutôt Je fuis partout (enfin surtout, à Sigmaringen) voire Je fuis de partout (tout pleins de trous après le peloton d'exécution, comme le Blitz Wolf de Tex Avery)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

Wings a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Désolé - faute de frappe. La première citée est la 14.PanzerGrenadier.


Elle est a Budapest celle-la.


1) la 10. PzGr (Ernst Schneider), = la 10. est ailleurs, et son commandant est Schmidt.
J'ai cru à une coquille : la 14. est commandée par Schneider.
2) En fait, il s'agissait d'un mélange entre deux unités se trouvant ailleurs.
3) Bref, ni la 10. ni la 14. - aucune (sauf si Himmler en a une autre dans sa manche).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 18:11    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Il ne faut pas tout attendre de la FTL. Quand on est rédac chef de Je suis partout, c'est pas de l'égarement.


Loin de là. Le site que Loïc a cité est très explicite. Il est inimaginable que Pierre-Antoine Cousteau réponde à l'appel d'un gouvernement qu'il jugerait évidemment comme "sous la coupe des Juifs fauteurs de guerre".

Très imaginable, en revanche, qu'il soit libéré plus tôt par le Reich !
Mais s'il faut corriger le fichier de novembre 40, c'est parce qu'il place PA Cousteau à Gringoire, ennemi juré de Je Suis Partout !
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Dernière édition par Casus Frankie le Ven Mar 27, 2026 18:18; édité 1 fois
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 18:16    Sujet du message: Répondre en citant

Y a que la 10. PZG à Kustrin.
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 18:17    Sujet du message: Répondre en citant

Et j'ajoute concernant le Cousteau que tout le monde connait - c'est comme Henri Salvador ou tierces. A un moment, il faut arrêter le parasocial. Ce n'est pas parce qu'on aime l'oeuvre qu'on apprécie l'homme.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 18:24    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Y a que la 10. PZG à Kustrin.

Ce que j'avais fini par conclure… La 10. PzGr de Schmidt est à Küstrin, la 14. PzGr de Schneider à Budapest, et la 10. PzGr de Schneider n'existe pas.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 18:25    Sujet du message: Répondre en citant

Mes excuses Confused
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 20:12    Sujet du message: Répondre en citant

C'est qui Tierces ?
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mar 27, 2026 20:24    Sujet du message: Répondre en citant

X, Y et Feintes de tierces. Une expression tout à fait personnel pour dire troisième etc.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mar 28, 2026 09:55    Sujet du message: Répondre en citant

19 août
Opération Hannibal
Une victoire pour un U-boot
Au large de Bornholm
– Dans l’ambiance sinistre qui règne chez les marins allemands, toute victoire, même petite, est bonne à prendre. C’est le cas aujourd’hui : l’U-367, un Type VIIC chargé de ravitailler Dantzig (et d’assurer quelques évacuations), surprend le sous-marin M-202 en surface et le coule d’une torpille. Il n’y a aucun survivant parmi l’équipage.

Après l’opération Oder
Payer l’addition
Stavka (Moscou)
– Le général Nikolai Vedeneyev n’en mène pas large. La commission qui l’interroge cherche-t-elle à comprendre le déroulement des opérations ou à trouver un coupable ? Heureusement, elle est dirigée par Antonov – un homme réputé intègre et intelligent, ce qui est toujours un signe de qualité. Quoiqu’il en soit, Vedeneyev ne cache rien et répond sur tout, quitte à charger un peu la mule de ses collègues ne l’ayant pas assez soutenu – Morozov (de la 42e Armée), notamment…

Un autre balcon sur la Baltique
Gdynia
– La 3e Armée de Choc (Mikhail Purkayev) a plus ou moins fini de nettoyer les décombres du port de tous ceux qui tentaient encore de s’y terrer. La fin de cette tâche ingrate et ancillaire – encore que le pire reste à venir, pour ceux qui devront déblayer puis enterrer – ne signifie toutefois pas que les hommes de Purkayev vont quitter l’est de la Poméranie. En effet, il reste au nord du grand port une foule de petites redoutes à éliminer, au premier rang desquelles on trouve bien sûr la péninsule d’Hel. Les frontovikis en ont bien pour quatre ou cinq jours, avec l’appui de quelques unités de fusiliers marins.
………
Dantzig – A force de destructions, barrages d’artillerie et dynamitages d’immeubles, la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) a fini de nettoyer les quartiers d’Altstadt et de Rechtstadt… à quelques blocs près. Avec la chute annoncée de Gotenhafen et plus généralement avec l’écho des opérations en cours sur l’Oder, le moral des défenseurs allemands s’effondre, au rythme des destructions de leurs foyers.
Désormais à peu près assurés de leur flanc ouest, les Polonais – et leurs généreux camarades du 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko) – devraient s’occuper demain des îles de Bleihof et de Speicherinsel, par un vaste assaut mené à travers les canaux sous les fumigènes. Ensuite, ne restera plus que les Langgarten et l’île d’Holm. Autant dire que l’affaire devrait bientôt être réglée. Bien sûr, il y aura de la casse… mais quelle importance ?
………
Kolberg – Nouvel assaut sur la Festung, où la 169. ID (Georg Radziej) s’accroche envers et contre tout. Nouvel échec ! C’est que, les Rouges s’approchant de plus en plus de ses bases, la Kriegsmarine déploie ici plusieurs destroyers et le CL Nürnberg, afin d’appuyer les défenseurs de leur feu. Alors certes, c’est risqué. Mais nous ne sommes jamais qu’à 150 kilomètres de la baie de Greisswalder. Et, de plus, Walter Model – pour une fois d’accord avec Himmler – a bien insisté sur la nécessité de tenir Kolberg le plus longtemps possible… Ne serait-ce que pour en évacuer le maximum de chanceux !
………
Le long de l’Oder – Le 2e Corps de Cavalerie de la Garde (I.A. Pliev) est désormais devant le Camminer Bodden. Ce lac de 125 km2 peut être traversé en deux points principaux : à Woltin et à Bad Berg Dievenow Ost. Des passages gardés par des troupes essorées, mais toujours déterminées. Au nord, c’est un bouchon formé d’éléments divers de la Kriegsmarine (fusiliers de métier et matelots convertis). Au sud, se trouve la 163. ID (Karl Rübel) – ou plutôt ce qu’il en reste. Entre les deux, près de Misdroy, la 15. Panzer (Willibald Borowitz) tente jouer le rôle de réserve… Ici, le rythme des opérations diminue rapidement, faute de perspective – en attendant qu’elles cessent tout à fait, après divers coups de main destinés à tester la défense.
Plus en amont, le 13e Corps Blindé (Boris Bakharov) passe Gollnow sans s’arrêter pour toucher Altdamm en fin de journée. Pour lui aussi, il ne s’agit pas tant de prendre cette banlieue de Stettin que d’assurer la couverture du secteur, pour descendre encore plus au sud vers Pyritz, à la suite de la 2e Armée de la Garde (Leonid Govorov). Sur sa droite, le 1er Corps Mécanisé de la Garde (Mitrofan Zinkovich) passe de Massow à Stargard in Pommern – un nœud ferroviaire d’une certaine importance qui a le front de résister. Comme à Pyritz contre la 2e Armée de la Garde, les conséquences ne manqueront pas de s’y faire sentir.
Et Govorov, justement, a fini de ravager son médiocre adversaire de la veille, incendié à 75 % (1). Dûment aiguillonné par ses chefs, et certain d’être paradoxalement à cette heure la formation soviétique la plus avancée dans la région, il poursuit en direction de Soldin…

Passer l’Oder
Le rocher de Joukov – Après l’opération Braunbär
Sur l’Oder – 3e Front de Biélorussie
– … Et la 2e Garde heurte ainsi le flanc de la 559. VGD (Kurt Freiherr von Mühlen), qui faisait maladroitement front avec le 501. schw. PzAbt (Major Erich Löwe), la 551. VGD (Siegfried Verhein) et le 905. StuG Abt (Major Jobst Veit Braun), contre le 2e Corps Mécanisé (Vasily Volsky). Lequel devait cependant se couvrir sur son propre flanc droit contre les 549. Volksgrenadier (Karl Jank), 161. ID (Paul Drekmann) et 107. Panzerbrigade (Major Fritz von Maltzahn)… eux-mêmes poursuivis à travers bois par le 2e Corps Blindé de la Garde (Ivan Vovchenko), tandis que la 63e Armée (Vasiliy Kuznetsov) arrive à son tour du sud, de Landsberg an der Warthe.
La bataille de Soldin se déclenche donc ainsi, avec un gigantesque mille-feuilles d’unités empilées au hasard des routes sur un terrain semi-couvert et contraint par des lacs (dont la Soldiner See est le plus grand). L’affrontement sera riche en rebondissements au fil des renforts parvenant de tous les côtés… Il serait vain de l’évoquer ici en détails. Bien après la guerre, il fera le bonheur de nombreux amateurs de wargames et sera le sujet de plusieurs ouvrages spécialisés, historiques ou romancés. Retenons-en simplement les conclusions. D’un côté, l’Armée rouge, scindée en deux Fronts et engageant des formations peu coordonnées, rata peut-être ici une occasion en or d’encercler et de détruire une grande partie de la 2. Armee allemande – laissant ici de côté une obsession il est vrai typiquement prussienne. Mais en face, l’Ostheer, comprenant sa vulnérabilité extrême (sans doute, l’infanterie arrivait de Pyritz, mais où étaient donc les chars ?) ne put – bon gré mal gré – que sauver des meubles encore point trop abimés en se retirant vers l’ouest à hauteur de Rufen et Wartenberg. Sur la route de Königsberg. Donc de l’Oder. Autant dire que c’était déjà accepter sa défaite.
De fait, dans Küstrin, la 10. Panzergrenadier (August Schmidt) se trouvait désormais encerclée par, de gauche à droite, le 7e Corps Blindé (Alexei Panfilov) et la 64e Armée (Mikhaïl Sharokine). Elle était ainsi coincée dos à l’Oder et, curieusement, à des divisions blindées SS, hélas séparées d’elle par un terrain difficile… et une tête de pont soviétique. La 10. PzGr n’avait plus qu’à périr… Sa destruction prochaine signerait à coup sûr la fin des espoirs de Model de chasser les Rouges du nord de Frankfurt.
Et en effet, de Seelow à Podelzig, les canons ne tonnent déjà plus trop sur les points de passage ! Du coup, la 4e Armée de la Garde (Ivan Muzychenko) et le 18e Corps Blindé (Alexei Burdeiny) reprennent toujours davantage de couleurs – mais pas vraiment de tonus, disons que le patient a pu être transfusé, mais qu’il n’est pas guéri. Face à la 5. SS-Panzer Wiking (Herbert-Otto Gille) et à la 3. SS-Panzer Totenkopf (Hermann Priess) qui n’en peuvent plus, Muzychenko et Burdeiny rognent, rongent, grignotent, consolident leurs positions… et finalement s’enracinent.
Plus en amont, la Hermann-Göring (Paul Konrath), la 104. Panzerbrigade (Oberst Kurt Gehrke) et la GrossDeutschland (Hasso von Manteuffel) sont toujours incapables d’aider leurs équipières. En effet, elles ont affaire à quatre armées soviétiques fort agressives et n’ayant pas encore reçu l’ordre de calmer le jeu. Au point que la 70e Armée (Alexander Ryzhov) s’empare de plusieurs positions avancées sur la rive ouest, à Eichwald, tout en envoyant des groupes de reconnaissance sur la presqu’île du Carthaus Werder – juste au sud du centre-ville. En soi, ce n’est pas une percée décisive pouvant déboucher immédiatement sur quelque chose. En revanche, c’est indéniablement une préparation ainsi qu’un coup de pression.

Mais qui a eu cette idée folle ?
Frankfurt-am-Oder
– C’est officiel, la Sturmbrigade der Waffen-SS Charlemagne / Karl der Grosse (Französische Nr. 1) est retirée du front. Il faut dire qu’avec 175 hommes valides sur les quelque 6 000 qu’elle comptait encore il y a six mois, cette unité a plus que donné pour le Vaterland. Et il est douteux qu’elle puisse contribuer en quoi que ce soit à la bataille qui se poursuit – même si, de l’avis général, elle s’achemine doucement vers sa fin.
Les volontaires français, belges et (un peu) espagnols sont décimés, éreintés… et surtout ils sont démoralisés. La perte de Darnand, présumé mort (2), est le symbole de la destruction des cadres de l’unité – qui n’étaient pourtant pas tous des foudres de guerre. N’empêche : sur les dix officiers francophones commandant bataillons ou compagnies, six sont hors de combat. Les Obersturmführer Noël de Tissot et Paul Pleyber sont tombés durant la bataille pour la rive est. L’Obersturmführer Léon Gaultier a été grièvement blessé par un tir de sniper. Ivan Bartolomei, lui, a été capturé – autant dire qu’il est mort, aux yeux de ses camarades. L’Hauptsturmführer Artus a été tué par… le recul de son Panzerfaust pendant une attaque de T-34, lors des ultimes combats avant l’arrivée de la Wiking. Quant à Jean Croisille, la dernière fois qu’il a été vu, il avait été blessé à la cuisse par un gros éclat d’obus (3), quelque part près de la Kommandantur.
Ces pertes sont impossibles à compenser. La Charlemagne est venue, a vu et a été vaincue – comme bien d'autres du reste (4). Dans ces conditions, on comprendra que les envolées lyriques de Doriot diffusées la veille n’attirent que ricanements dans les rangs. Mobilisation générale ? « Mes fesses ! » comme l’écrira Céline : « La merde a de l’avenir. Vous verrez qu’un jour on en fera des discours. ».

Les Festungen, encore et toujours
Festung Posen
– La 10e Armée de la Garde (Vasily Chuikov) et la 50e Armée (Konstantin Golubev) assaillent toutes deux le fort Winiary, l’une du nord, l’autre du sud ! Avec pas moins d’un corps de fusiliers de chaque côté, soutenus par une débauche d’artillerie – canons tractés et canons d’assaut, patiemment accumulés les jours précédents. C’est bien… mais faire trembler des remparts ne suffit pas – il faut les escalader. Et donc traverser la douve. Dans un étrange écho des guerres médiévales, les forces soviétiques utilisent des échelles pour franchir cet obstacle. Les premiers à le faire sont vite balayés par le feu nourri des redoutes de la citadelle… Mais mètre après mètre, sur un monceau de cadavres, l’infanterie bolchevique avance. La redoute I, au nord-ouest, est la première à se taire, victime d’une charge de sapeurs. Elle s’effondre sous les hourras des attaquants survivants…

Festung Breslau – La stratégie cynique de grignotage mise en œuvre par Koniev produit ses premiers effets – le XXXIX. AK et la majorité des unités allemandes sont désormais dispersées, qui pour défendre la gare, qui pour reprendre la Werder Straße (au sud de la Burger Werker), qui pour tenir Sandinsel. Pourtant – et c’est le plus étonnant pour les Rouges – les fascistes ne s’effondrent pas et résistent partout avec acharnement. C’est ainsi, par exemple, que le Provinzial-Lebensversicherungsansfald, sur la Tiergarten Straße (près du Vieil Oder), repousse tous les assauts. Il n’est pourtant tenu que par 40 hommes (avec, il est vrai, quatre MG42 et deux MG34). L’Allemand serait donc capable d’une endurance typiquement soviétique ! Curieux…

Tankiste (Evgeni Bessonov)
Hors saison
Au repos
« Alexander Guschenkov a voyagé vers Elblag une ou deux fois pour échanger nos trophées contre du lard, de la vodka, de la saucisse et du pain blanc. Mais nous sommes vite tombés à court de trophées et avons dû revenir au Millet et à l’alcool de contrebande.
Alors que l’été passe, nous recevons enfin nos tenues estivales. La Mère Patrie prend grand soin de nous et nous sommes déjà parés pour l’automne : chapeaux, gants, pantalons longs, sous-vêtements en coton (ce qui ne fait pas de mal à Andrei). Les officiers ont même reçu des vestes en laine ou en fourrure ! Pour nous, rien de tel – pas même des vestes en cuir ou des bottes. »

(Tankiste ! – Jusqu’au cœur du Reich avec l’Armée Rouge, Evgueni Bessonov, Skyhorse 2017)

Notes
1- De 12 000 habitants en 1939, Pyritz devenue Pyrzyce n’en comptera plus que 5 000 en 1960 !
2- « Il semble désormais évident qu’il ne reviendra pas » avait dit Krukenberg. De fait, à ce jour, son sort final nourrit plus d’un fantasme : conseiller dans l’Armée Rouge, exilé en Iran, retourné au pays sous une fausse identité – voire dans la Légion ! Un seul fait est certain : en disparaissant sur l’Oder, l’Obersturmbannführer Joseph Darnand, ancien grand soldat de l’armée française, a offert à son pays d’origine l’économie d’un procès particulièrement douloureux.
3- Ramassé par les Russes et étonnamment protégé par son grade, il passera deux mois à l’hôpital – il ne rentrera en France qu’en 1956, et fort discrètement… A cette époque, nul ne se souciera de le traîner en justice.
4- La bataille de Frankfurt-am-Oder – médiocre, coûteuse et incomplète victoire tactique de l’Ostheer (et l’une des toutes dernières !) attire hélas l’attention de moult mémorialistes mal intentionnés, désireux de transformer l’histoire de la Charlemagne en une sorte d’épopée fantastique, voulant voir la Gloire et la Romance où cela les arrange, depuis la défense de la rive est jusqu’à l’arrivée des blindés de Gille en passant par la disparition de Darnand. Témoin de ces médiocres obsessions : la recherche par certains maires d’extrême-droite d’un jumelage avec des localités de la région, sinon avec Frankfurt même, « pour l’amitié franco-allemande » (bien sûr).
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