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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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alexandre_2002
Inscrit le: 26 Avr 2020 Messages: 177
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Posté le: Ven Jan 30, 2026 22:49 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | https://www.abebooks.fr/magazines-periodiques/Purnell%C2%92s-History-First-World-War-volume/32174691714/bd |
Alors oui des fascicules séparés, ça se trouve. Mais toute la collection, impossible. C'est le genre de choses qu'on ne trouve que dans un vide-grenier... J'en ai vue une une fois à 1000 livres sterling, j'ai pas osé l'acheter. En plus, entre les Osprey et autres (la collection Larousse de Raymond Cartier est très bien) j'ai déjà rempli toute ma bibliothèque qui reflète mon appétence, voire obsession pour une certaine période historique...  _________________ Ce que je sais, c'est que je ne sais rien |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Jan 30, 2026 23:08 Sujet du message: |
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Ecoute, je prend note. Y en a combien ?
Chacun son problème. Moi c'est les Dampyr que je cherche. Vous connaissez Dampyr. C'est l'histoire d'un chasseur de vampire mi homme mi vampire serbe qui se balade dans le monde avec son pote et une vampiresse soldate récupérée lors du siège de Sarajevo.
Et vous savez quoi ? C'est vachement bien. Parce que, par-delà le sujet archi convenu, Dampyr est l'objet d'une série 'Pokemon' où l'on traverse le monde dans toutes ses légendes locales*, depuis le hussard noir des carpates jusqu'aux spectres des chasseurs de scalp ranimés par les reconstitutions historiques (critique de la glorification du Far West ??? NOOONN !). Quand je parle de la comtesse Araxe de Kersauson, qui a eu sa période dans les guerres de Vendée, c'est de là. Quand Dennis parle avec Sekhmet des mânes de l'armée d'Erlik Khan, ca vient aussi de ca. C'est très riche. Du Hellboy, mais en moins onirique**.
Ca a même été adapté en 2022 et apparamment c'est pas trop mal.
* Ce qu'aurait dû être Witcher, faute de bien vouloir adapter le bouquin, hein Netflix ? Mais non, il faut qu'on ait de la critique sociale et des soirées Bunga bunga à Kaer Morhen pour réveiller le spectateur.
** Hellboy ses meilleurs jours 'Fais pas chier, je viens de me bourrer la queule avec des squelettes !' _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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alexandre_2002
Inscrit le: 26 Avr 2020 Messages: 177
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Posté le: Ven Jan 30, 2026 23:39 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Ecoute, je prend note. Y en a combien ? |
Merci! Alors c'est huit volumes et très très lourd. Et à mon avis impossible à trouver en France.
| Citation: | | Chacun son problème. Moi c'est les Dampyr que je cherche. Vous connaissez Dampyr. C'est l'histoire d'un chasseur de vampire mi homme mi vampire serbe qui se balade dans le monde avec son pote et une vampiresse soldate récupérée lors du siège de Sarajevo. |
C'est vrai que je n'a pas une très grande culture BD. Mais j'avoue qu'il y a quelque chose d'énigmatique et un univers riche. C'est fait par un italien, non? Si je comprends bien il y en a des centaines? Je connais pas des vampires, mais alors des vampiresses...  _________________ Ce que je sais, c'est que je ne sais rien |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Jan 30, 2026 23:45 Sujet du message: |
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C'est une série en 288 épisodes - ca fait 30 volumes.
Oh Tesla (c'est le nom de la Madame) n'est pas exactement dans le genre Pin-up. En même temps, c'est une ancienne soldate.
Incidemment, pour ceux qui aiment l'esthétique lechée, le Dampyr est aussi l'objet d'une série ... étonnante de Japanim, vampire hunter d, que je trouve personnellement un peu trop ... too much et colorée mais dont je reconnais une forme de poésie onirique.
https://www.youtube.com/watch?v=IIHnnI17joE _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Dim Fév 01, 2026 17:55 Sujet du message: |
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(Bruit de micro pourri et de kermesse) ALALALALLALA TERRIBLE ERREUR DU BROCANTEUR FRANCAIS MON CHER JEAN MIMI.
Tout à fait Thierry. Comme on le voit sur ces images, le prix de vente a été largement sous-évalué.
ALALLALA c'est ca la France. Je veux pas dire, mais avant de classer des bouquins dans la catégorie 'Vieux à jeter', faut les ouvrir des fois, ca peut servir ! Parce que si ca se confirme, ca vaut largement plus que 15 e tout ca.
En vrai, cette andouille ne risquait pas de lire un bouquin. Et ca, ca pourrait bien intéresser nos marins.
 _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3688 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Dim Fév 01, 2026 20:35 Sujet du message: |
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Pour une trouvaille, c'est une trouvaille :
Wikimédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Weygand _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Fév 07, 2026 21:19 Sujet du message: |
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Shinsengumi. Littéralement "groupe nouvellement sélectionné". La première fois que j'en ai entendu parler, c'était dans un vieux manga de la belle époque : 'Rurouni Kenshin', dis 'Kenshin le vagabond'. Il y était question d'un assassin fictionnel 'repenti' du camp impérial, à la recherche de la paix physique et psychologique dans des circonstances bien évidemment sans cesse impossible. Parmi ses alliés d'aujourd'hui, il y avait un ennemi d'hier : Hajime Saito, un gentil flic toujours souriant mais aux manières, passifs et méthode de tueur à gage. Saito a bien existé, il a bien fini flic. Mais plus porté semble-t'il sur la boisson que sur la vengeance à postériori.
Le Shinsengumi est un groupe de samourais pro-shogunat, extraits d'un autre autre corps spontané constitué ayant juré fidélité aux autorités pour mieux les contester, comme il en avait beaucoup en réaction à l'ouverture forcé du pays en 1854 sous les canons de la flotte américaine. Le Japon, pays fermé et arriéré, coincé dans un système féodal complétement décadent et corseté de règles dans la plus pure logique versaillaise, découvre d'un coup sa vulnérabilité et l'humiliation. S'ensuit une forte montée xénophobe 'Expulsons les barbares" qu'aucun shogun Tokugawa n'avait les moyens ou la capacité d'exécuter - faute de suite, les plus enragés ne tardèrent pas à rejoindre le courant impérial des Ishin Ishin, suivi de près par tout un tas de seigneurs de provinces et autres opportunistes voyant là la belle occasion de renverser une table défavorable après 250 ans d'oppression.
Le Shinsengumi, donc, c'était dans la belle époque quelque chose comme 250 hommes, centré autour de deux hommes : Serizawa Kamo; Kondō Isami et Hijikata Toshizō, tourné avec dix capitaines de dix divisions, qu'il serait vain de tous citer. Plutot que de tourner casaques, ces bretteurs de province - qui ne sont même pas tous samourais, bien que d'excellents sabreurs des deux styles Tennen Rishin-ryu et Shindō Munen-ryū) ont donc décidé d'offrir spontanément leurs services à un pouvoir en déliquescence. Pour prix de leurs services, il n'était qu'une seule contrepartie : l'argent et le droit de tuer, supposément encadré par un code de l'honneur sans faille). Un escadron de la mort, déployé à Kyo (en plein fief pro-impérial) et qui fit régner la terreur à coup de sabres, en externe et aussi en interne - en témoigne Serizawa Kamo, seul noble de la bande, qui finit assez rapidement éliminé par ses pairs pour des débordements il est vrai scandaleux mais somme toute courants. Un aphorisme leur vint assez rapidement de la rue 'Les loups de Mibu[la ville où ils furent basés au début] se mangent entre eux.'
Il ne fait pas bon croiser la patrouille du Shinsengumi. Vêtus de leurs uniformes bleus et blancs, leurs capitaines,couverts par l'autorité du Shogun, ont pris le pli des puissants et les manières des Daimyos d'autrefois. Ils décapitent d'un coup de sabre, ils tranchent sur un coup de tête. Ils représentent aussi une redoutable police politique, d'autant plus efficace qu'elle connait bien souvent amicalement ses adversaires. Pour Kamo comme pour tous les autres, c'est frappe dans le dos, attaque à 4 contre un, descente de police sabre au clair dans une auberge après le Saké. Comme quand il faut éliminer quelqu'un : la cuite avant est systématique.
Oui je ressent comme un genre de mode opératoire dans toute cette histoire.
Tout ca est donc assurément beaucoup moins glorieux et romanesque, et beaucoup plus violent, brutal et excécrable. On ne peut toutefois pas éluder une dimension sociale extrêmement forte, avec des capitaines toujours plus violents et enragés (continuant la lutte, même après que leurs maitres aient capitulé !) ... Simplement parce que la mort ou le retour à la roturerie les attendait à la défaite. A raison -Kondō Isami fut décapité et sa tête mise sur une pique, le sort infamant des bandits de grands chemins. Hijikata Toshizō serait parmi les derniers défenseurs de l'éphèmère république d'Ezo ... Finalement, il n'en resta que cinq ou six pour raconter l'histoire;
Sortie des fantasies et autres productions pour adolescents, il est difficile de trouver de vrais bouquins spécialisés sur pareils sujets si on ne parle pas le japonais. Cet ouvrage est l'un des seuls à ma connaissance. Il n'est pas exempt de défauts : Hillsborough a le pli orientaliste (en témoigne le titre, que je trouve assez racoleur), multiplie les aphorismes de peu de pertinence, a une vision peut-être un peu trop compatissante envers le destin qu'il raconte. Mais il tape juste, a les sources (les derniers témoins en 1910, enregistrés sur phono !) et son propos est clair. Ce qui n'est pas un luxe au vu des multiples trahisons, duperies, changements d'alliances, soumissions, entre et contre les légitimistes et les impériaux (qui se tapent aussi sur la tête entre eux pour des raisons économico-politiques).
Un auteur à suivre, donc, que ce Romulus Hillsborough. Il a fait plusieurs ouvrages aux titres alléchants sur la guerre du Boshin, la restauration Meiji et Ryoma Sakomoto - que d'aucuns considèrent comme feu-le père spirituel du Japon de l'ère industrielle. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11731
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Posté le: Dim Fév 08, 2026 10:07 Sujet du message: |
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Charmants garçons. La meute est lachée, en mode Kill Bill. Ils étaient un peu... extrêmes, les japonais à l'époque. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Dim Fév 08, 2026 13:11 Sujet du message: |
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Recomposition sociale, politique et territoriale totale, après 250 ans d'immobilité. Plus le choc technologique (le Japon est passé de 1585 à 1885 en 30 ans), plus la peur de se faire dépecer sur le mode des concessions chinoises. Ca ne pouvait être que violent.
Tiens, un épisode bien connu : le raid sur l'auberge Ikedaya, siège des pro-impériaux de Kyo en 1864. Le jeune garcon à la manoeuvre de l'assaut est Okita Soji, chef de la 1ère division et maitre de génie. D'une santé fragile - ca ne se voit pas mais si - il est mort de la Tuberculose en 1868 et n'a donc pas vu la chute finale.
https://www.youtube.com/watch?v=ptqgi1KLnE4 _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
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Monomaker

Inscrit le: 04 Juin 2023 Messages: 371 Localisation: Nantes
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Posté le: Dim Fév 08, 2026 23:27 Sujet du message: |
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Il est intéressant aussi de voir que l'histoire du Shinsengumi a profondément marqué le public japonais au point qu'il existe des dizaines de romans, films, séries, jeu vidéos et mangas qui y font référence, racontent l'histoire de la bande ou font apparaître les hommes du shinsengumi. Demodan a cité le manga Rurouni Kenshin, mais il y a aussi le manga humoristique Gintama, les mangas plus historiques Chiruran, Golden Kamuy ou encore Peacemaker Kurogane. Dans Valkyrie Apocalypse, un manga opposant des dieux et des combattants humains dans des combats à mort pour la survie de l'humanité, Soji Okita est l'un des combattants humains. On peut aussi citer la saga de jeu vidéo Hakuoki qui est une sorte de visual novel de drague pour filles, un otome game comme on les appelle (il y en a d'autres). En série, on peut citer Last Samurai standing, qui se passe après la guerre du Boshin mais fait référence au Shinsengumi. Et sinon, il y a aussi un astéroïde qui s'appelle Shinsengumi.
La fascination des japonais pour le shinsengumi montre bien d'ailleurs la représentation qu'ils ont du bakumatsu, cette période charnière entre l’isolationnisme du bakufu et l'ouverture de Meiji : une période de grande violence, de mort, de maladie et de famine (de guerre civile quoi) où le camp du shogunat s'est battu jusqu'à la mort alors même que tout était perdu et que les forces de l'empereur ont pactisé avec les méchants étrangers pour mettre fin au Japon traditionnel qui était très bien dans son coin mais que c'était tout de même nécessaire pour éviter que le Japon finisse comme la Chine. Il n'est pas si étonnant que les japonais aiment beaucoup le shinsengumi. Pour le peuple qui adore les samouraïs, le shinsengumi et la rébellion de Satsuma constitue le dernier sursaut d'un monde voué à disparaître.
Pour un pays entre tradition et modernité, les japonais, ils préfèrent quand même beaucoup plus la tradition.  _________________ "Bonjour ! Oh et au cas où on ne se reverrait pas d'ici là, je vous souhaite une bonne soirée et une excellente nuit!" Truman |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Dim Fév 08, 2026 23:36 Sujet du message: |
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Tu as bien résumé, même si je ne peux aussi que trouver dans ce dossier un côté unité maudite romantique d'une cause perdue, la Lost cause confédéré est le plus proche qui me vient à l'esprit;
| Citation: | | Pour un pays entre tradition et modernité, |
Ambiance JDG. Pardon, je pense à cet aphorisme 'Terres de contraste' Un prof de géo m'a un jour répondu 'Bien ca. Ca marche de la Creuse au Kazakhstan". _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4388 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Lun Fév 09, 2026 14:01 Sujet du message: |
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| Monomaker a écrit: |
La fascination des japonais pour le shinsengumi montre bien d'ailleurs la représentation qu'ils ont du bakumatsu, cette période charnière entre l’isolationnisme du bakufu et l'ouverture de Meiji : une période de grande violence, de mort, de maladie et de famine (de guerre civile quoi) où le camp du shogunat s'est battu jusqu'à la mort alors même que tout était perdu et que les forces de l'empereur ont pactisé avec les méchants étrangers pour mettre fin au Japon traditionnel qui était très bien dans son coin mais que c'était tout de même nécessaire pour éviter que le Japon finisse comme la Chine. Il n'est pas si étonnant que les japonais aiment beaucoup le shinsengumi. Pour le peuple qui adore les samouraïs, le shinsengumi et la rébellion de Satsuma constitue le dernier sursaut d'un monde voué à disparaître.
Pour un pays entre tradition et modernité, les japonais, ils préfèrent quand même beaucoup plus la tradition.  | C'est quand même un peu plus compliqué que cela, puisque les 3 derniers Tokugawa ont immédiatement compris que le Japon n'avait pas d'autres choix que la modernisation (1) - notamment de l'armée, qui fut "européanisée" sous la direction et conduite des Français - et l'ouverture à l'étranger, tandis qu'à Kyoto, Komei Tenno (visiblement complètement coupé des réalités extérieures à Kyoto) et les grands daimyos poussaient à l'expulsion des barbares. Il est vrai que l'ampleur des concessions faites auxdits barbares dans les traités inégaux signés par le shogun avaient de quoi révolter n'importe quel patriote... Et comme, outre des raisons économiques et sociales, les kamis semblaient condamner cette capitulation, à grands coups de tremblements de terre et raz-de-marée, sans compter les épidémies et autres calamités, cette opposition se transforma en soulèvement armé visant à la fin du shogunat, d'autant que la réaction shogunale pour maintenir son pouvoir fut extrêmement brutale. Néanmoins, toujours intelligemment, les Tokugawa tentèrent de négocier le rapprochement avec Kyoto. C'est ainsi que Iemochi épousa la princesse Kazu (fille de Kinko Tenno et soeur de Komei Tenno) et que son successeur Yoshinobu négocia la remise de ses pouvoirs à Meiji Tenno, converti à la politique de modernisation et d'ouverture à l'étranger.
Ceci ne remet pas en cause le fait que l'ouverture contrainte du Japon ne s'est pas faite dans la douceur et la joie de vivre. Mais il faut remarquer l'intelligence avec laquelle les Japonais ont réussi à concilier traditions et inévitable occidentalisation qui leur a permis, en 50 ans, de passer du statut de semi colonie à puissance de (presque) premier rang...
(1) Au passage, la politique du Rangaku (1640-1867?) permettant au Japon d'être informé (par les marchands hollandais de l'île de Deshima/Tsukushima, en face de Nagasaki, lors de leur visite annuelle à Edo) "en temps réel" des progrès techniques et scientifiques de l'Occident, le shogun n'avait aucune illusion sur le retard technologique du pays, avant même l'arrivée des "pavillons noirs". En fait, les élites d'Edo étaient assez bien préparées au choc de l'invasion occidentale, d'où une adaptation assez rapide aux nouvelles réalités, bien mieux qu'à Kyoto confite dans des traditions héritées de l'ère Kamakura. _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12852 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Fév 09, 2026 14:03 Sujet du message: |
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Le shinsengumi et les gars d'Ezo se sont battus, supposément pour le shogunat ... ben après ce que tu dis en fait. D'où le sujet romantico tragique. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Monomaker

Inscrit le: 04 Juin 2023 Messages: 371 Localisation: Nantes
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Posté le: Lun Fév 09, 2026 14:57 Sujet du message: |
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Ah mais je suis tout à fait d'accord avec toi Chtijef. Les japonais ont toujours eu depuis l'ouverture du pays fin XIXe un pragmatisme envers les innovations venant de l'extérieur (et même avant le sakoku). Mais je disais que d'un point de vue des représentations dans les médias japonais, la majorité écrasante des œuvres abordent la période avec un certain romantisme que ce soit avec le Shinsengumi, les derniers samouraïs ou même les bandits de grands chemins tous voués à disparaître ce qui donne une image assez romancée de ces groupes. L'opposition personnifiée par les forces pro-empereur est rarement le centre du propos et on tombe parfois dans la machinisation de l'armée impériale qui n'a jamais aucune pitié.
C'est comme si en France, la majorité des films et séries sur la période de la Révolution se concentraient sur la révolte vendéenne, la mort de Louis XVI, les gardes royaux tués au palais des Tuileries ou la Restauration. _________________ "Bonjour ! Oh et au cas où on ne se reverrait pas d'ici là, je vous souhaite une bonne soirée et une excellente nuit!" Truman |
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