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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 4023 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 10:36 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Et les Soviétiques ont plein de belles idées. Expansion de la 1ère Armée polonaise par création d’un second corps d’armée (commandement à préciser), engagement de troupes dans la réduction des Festungen allemandes (Posen aujourd’hui, Dantzig demain ?), remise en marche de l’industrie sous l’égide de l’Etoile Rouge… |
Vu le cynisme de Staliine, je me demande s'il a délibérément utilisé les armées des pays "libérés" comme chair à canon? Histoire d'avoir moins de fortes têtes potentielles à mettre au pas ensuite. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1724 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 10:58 Sujet du message: |
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| Hendryk a écrit: | | Casus Frankie a écrit: | | Et les Soviétiques ont plein de belles idées. Expansion de la 1ère Armée polonaise par création d’un second corps d’armée (commandement à préciser), engagement de troupes dans la réduction des Festungen allemandes (Posen aujourd’hui, Dantzig demain ?), remise en marche de l’industrie sous l’égide de l’Etoile Rouge… |
Vu le cynisme de Staliine, je me demande s'il a délibérément utilisé les armées des pays "libérés" comme chair à canon? Histoire d'avoir moins de fortes têtes potentielles à mettre au pas ensuite. |
C'est bien possible mais vu qu'il traite aussi comme chair à canon sacrifiable à l'envie ses propres soldats !
En fait on peut dire que pour le Vojd toute vie humaine, si ce n'est la sienne propre, est une chair canon potentielle, sacrifiable pour servir ses propres intérêts !
Et puis Staline n'est pas que cynique. Car même un cynique complet a des limites ! Pas par morale mais par simple intérêt : il ne sacrifierait pas des millions d'individus utiles juste pour servir une aberration idéologique nonsensique !
Staline oui !
Tout comme son homologue moustachu autrichien d'ailleurs ! _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11875
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 11:05 Sujet du message: |
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Staline et Hitler étaient cyniques ET paranoïaques, le mélange leur fait considérer tout être humain comme une menace potentielle ce qui leur ôte toute empathie lorsqu'il faut signer un décret qui aboutit à un massacre de masse. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1620 Localisation: Ile de France
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 11:40 Sujet du message: |
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14 juillet (suite)
Opération Sonnenwende
Contre-attaque stoppée
Breslau et région de l’Oder –
…
Les Jabos de la Luftwaffe – Fw 190 F, Bf 110 F et G – fournissent pourtant des efforts remarqués, se jetant dans le brasier avec le désespoir du perdant (17 appareils perdus (abattus ?), contre 41 Soviétiques).
…
La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Tolboukhine doit jouer… et perd !
4e Front d’Ukraine, région de Budapest –
…
… et l’exercice commence décidément à coûter cher aux engins de soutien des Soviétiques , sans parler de leur infanterie… A ses côtés, la 225. ID (Ernst Riße) tient la ligne, la 1ère Brigade de Montagne (Ferenc Lóskay) occupe les intervalles.
Mais le pire, pour les Soviétiques (Rouges ?), se déroule dans Vecsés, où la Division Szent Lászlo (major-général Zoltán Szügyi) – …
…
La saison russe
Ciel de Hongrie –
…
A la tête de son 101/3, le lieutenant (problème de grade avec son futur remplaçant qui est lieutenant-colonel (2 ficelles contre 5, ca fait beaucoup d’écart, non ?) József Bejczy repère un escadron de T-34 en route vers Budapest – …
…
Le commandement du 101/3 passe au lieutenant-colonel (voir remarque précédente) György Debrődy, as aux 23 victoires (dont 17 sur le Front de l’Est). Une promotion très rapide : il n’était que lieutenant (idem, 3 ficelles en 4 mois, waouh ! ) quatre mois auparavant.
Pologne désolée
Opération Polka
A l’est de Wongrowitz –
…
… mais tout ceci ne fait pas un bon (à ajouter ? N’importe qui peut être nommé officier, non ? ) officier, même un simple lieutenant.
…
Pologne “libérée”
Payer ses dettes
Sukiennice, Rynek Główny (Cracovie) –
…
…
– vers l’aérodrome local, pour une autre sympathique cérémonie : la remise officielle aux nouveaux cadets de l’aviation tchécoslovaque de leurs appareils d’écolage. Les futurs pilotes sont très élégants, quoiqu’un peu raides dans leurs tenues de pilotage (vol ?) marron.
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11889
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 11:43 Sujet du message: |
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| le poireau a écrit: | | Hendryk a écrit: | | Casus Frankie a écrit: | | Et les Soviétiques ont plein de belles idées. Expansion de la 1ère Armée polonaise par création d’un second corps d’armée (commandement à préciser), engagement de troupes dans la réduction des Festungen allemandes (Posen aujourd’hui, Dantzig demain ?), remise en marche de l’industrie sous l’égide de l’Etoile Rouge… |
Vu le cynisme de Staliine, je me demande s'il a délibérément utilisé les armées des pays "libérés" comme chair à canon? Histoire d'avoir moins de fortes têtes potentielles à mettre au pas ensuite. |
C'est bien possible mais vu qu'il traite aussi comme chair à canon sacrifiable à l'envie ses propres soldats !
En fait on peut dire que pour le Vojd toute vie humaine, si ce n'est la sienne propre, est une chair canon potentielle, sacrifiable pour servir ses propres intérêts !
Et puis Staline n'est pas que cynique. Car même un cynique complet a des limites ! Pas par morale mais par simple intérêt : il ne sacrifierait pas des millions d'individus utiles juste pour servir une aberration idéologique nonsensique !
Staline oui !
Tout comme son homologue moustachu autrichien d'ailleurs ! |
Et c'est là qu'on réalise que Poutine est l'héritier de Staline - parfaitement assumé, d'ailleurs. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13214 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 13:18 Sujet du message: |
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Vous aurez compris que l'objectif est d'anéantir toute possibilité de structuration indépendante. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Finen
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 2224
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 13:28 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Vous aurez compris que l'objectif est d'anéantir toute possibilité de structuration indépendante. |
Le tout dans la droite ligne de Katyn. |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11889
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 13:40 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Vous aurez compris que l'objectif est d'anéantir toute possibilité de structuration indépendante. |
Le Pacte de Varsovie est en marche, FTL. Le Pacte de la Hongrie ? _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1724 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 14:37 Sujet du message: |
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| Archibald a écrit: | | demolitiondan a écrit: | | Vous aurez compris que l'objectif est d'anéantir toute possibilité de structuration indépendante. |
Le Pacte de Varsovie est en marche, FTL. Le Pacte de la Hongrie ? |
A titre personnel j'aurai bien vu le Pacte de Prague.
Comme cela à la place du PAVA de l'OTL on aurait FTL un PAP... mais un PAP communiste !
Oui, je sais, le calembour est facile ; mais avec le conclave qui s'ouvre c'est de saison ! _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13214 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 14:54 Sujet du message: |
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Prague sera en effet centrale. Bucarest est à part, Sofia trop éloignée. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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ciders

Inscrit le: 16 Sep 2016 Messages: 1206 Localisation: Sur un piton
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 14:59 Sujet du message: |
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| Hendryk a écrit: | | Vu le cynisme de Staliine, je me demande s'il a délibérément utilisé les armées des pays "libérés" comme chair à canon? Histoire d'avoir moins de fortes têtes potentielles à mettre au pas ensuite. |
Non. J'ai souvenir de plusieurs cas où Staline a expressément ordonné que l'on n'engage pas en première ligne des unités pour des raisons politiques. Notamment une division lettone durant Bagration. _________________ - "I'm sorry. You're a hero... and you have to leave." (Fallout) |
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Wings

Inscrit le: 11 Mar 2022 Messages: 1011 Localisation: U.S.A
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 15:24 Sujet du message: |
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Solniki Wielkie = Groß Zöllnig
Smolna = Schmollen
Ligota Mała = Klein Ellguth
Mąkoszyce = Mangschütz (Polonais en '39)
Jaźwiny = Werndorf _________________ "It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10782 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 15:57 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | | Citation: | | Citation: | | Le commandement du 101/3 passe au lieutenant-colonel György Debrődy, as aux 23 victoires (dont 17 sur le Front de l’Est). |
Ou d'autre que sur le front de l'Est ? |
En défense du ciel de Hongrie, notamment contre les Américains. |
Je ne me souviens pas m'être répondu à moi-même  _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Bob Zoran
Inscrit le: 19 Nov 2017 Messages: 292
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Posté le: Mer Mai 07, 2025 20:36 Sujet du message: |
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| Citation: | | Breslau pour Koniev et Budapest pour Tolboukhine |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15562 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mai 10, 2025 12:03 Sujet du message: |
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15 juillet
Opération Hannibal
Infaisable
Mer Baltique – Nouvelle attaque des Loups rouges. Le S-54 (capitaine de 3e classe Dmitri Kondratievitch Bratishko) se met en position et lâche une torpille vers le SS Ganter (1 771 GRT), qui esquive de justesse. Contre-attaqué par un escorteur qui, pour une fois, n’était pas trop loin, le type Stalinec plonge et disparait, sans que les grenadages allemands fassent remonter le moindre débris. Un résultat sans doute satisfaisant pour la Kriegsmarine.
Quant au S-13 (capitaine de 3e classe Alexander Marinesko), il arrive dans le secteur qui lui a été assigné : un carré situé au large de Palmnicken. Il est prié d’y attendre sagement que l’ennemi le traverse.
Opération Oder
Siegfried
Prusse orientale – Front de la Baltique – La 1ère Armée (Aleksei Kourkine) ne parvient toujours pas à percer le dispositif du XXVI. ArmeeKorps (Willibald von Langermann). Il est vrai que celui-ci n’est pas à cette heure le plus rudement sollicité du Front de l’Est : d’une part, l’attaquant n’a guère de soutien blindé – le 12e Corps Blindé (Fiodor Rudkine) reste en réserve – et d’autre part, la 1ère Armée a longtemps servi de garde-flanc et n’a donc pas été franchement prioritaire en matière de renforts. Les tranchées allemandes tiennent donc, sauf quelques redoutes de la 206. ID (Alfons Hitter), écrasées sous les roquettes et les obus et dont les occupants ne veulent pas disparaitre pour rien ! Au reste, ces positions sont le plus souvent réoccupées dans la nuit – ce qui déclenche de nombreux affrontements sanglants qui s’achèvent au corps-à-corps.
Plus à l’ouest, dans les marais le long de la Rzhevka, la 4e Armée (Nikolai Gusev) ne fait pas autre chose, lançant des coups de main et coups de sondes, notamment autour de l’église de Lauknen, dont les murs en brique rouge souffrent régulièrement dans les combats (1)…
Situation comparable aussi à Insterburg, où la 7e Armée (Alexey Krutikov) et la 42e Armée (Ivan Morozov) continuent de rogner doucement, pour l’une, la 19. Waffen-Grenadier-Brigade (lettische) (OberFührer Nikolaus Heilman), pour l’autre, la 226. Volksgrenadier (Franz Sensfuß). Cette dernière, située au sud du périmètre, commence toutefois à montrer des signes de faiblesse notables, exigeant l’intervention régulière (et coûteuse) de la 21. ID (Gerhard Matzky) – laquelle, à Yarki, n’est plus trop sollicitée par une Armée Rouge qui concentre ses tubes. Et dire que, le mois dernier, c’était Sensfuß qui venait au secours de Matzky : la Heer manque toujours autant de réserve… Mais ici aussi, la percée n’est pas pour demain !
D’autant moins que la mort de Vasily Koptsov, la nuit dernière, a replongé le 15e Corps Blindé dans la confusion. Cela libère le I. ArmeeKorps (Otto Wöhler) de toute pression significative en direction d’Allenburg. La 59. Volksgrenadier (Rudolf Sperl) et les débris de la 1. LFD (Rudolf Petrauschke) peuvent donc aller alimenter le broyeur de Raudingen, où la 64. Volksgrenadier (Fritz Warnecke) fait toujours face à la 7e Armée de la Garde (Nikolai Berzarine). Le 505. schw. Panzer Abt (Hauptmann Werner Freiherr von Beschwitz), lui, est repassé en réserve vers Novo-Bobruisk.
Bien peu de changements, en somme, pour le Front de la Baltique – lequel, entre fatigue et économie relative de moyens, attend toujours son heure. Tout cela est décidément bien médiocre… Mais c’est aussi que l’opération Oder finit par coûter cher à la Patrie des Travailleurs ! Certes, elle coûte encore plus cher à l’adversaire fasciste, mais même la puissante Armée Rouge ne peut prétendre presser partout en permanence.
Prusse orientale et Pologne – 1er Front de Biélorussie – Désormais sans adversaire – le XLVII. PanzerKorps (Rudolf von Bünau) a fui par-delà la Vistule – le 10e Corps Blindé (Aleksei Popov) continue de déferler vers la Baltique, en terrain certes médiocre et piégeux, mais avec une vitesse accrue par le désir de faire fructifier les nombreux efforts déjà consentis. Il en résulte quelques maladresses tactiques, donc autant de pertes – sans gravité toutefois. Avant 14h00, le 10e CB se retrouve sur l’Elbinger Weichsel, face à Rybina – donc à la frontière de feu la cité libre de Dantzig, où tout a commencé près de cinq ans auparavant. L’aile gauche de Popov a même repris le contact avec le 13e Corps Blindé (Boris Bakharov) dans le secteur de Niedźwiedzica. Demain, en forçant un peu – et avec l’aide d’une infanterie venue de l’arrière – il sera assurément possible de franchir le petit fleuve et d’envoyer quelques détachements jusqu’à la mer, en direction de Stutthof et Stegna, dont les habitants auraient pour la plupart déjà fui vers l’ouest. Ici, Oder parait s’achever.
Dans le secteur d’Elbing, le 6e Corps Mécanisé (V.V. Koshelev) ne parvient plus à avancer face au XLI. PanzerKorps (Hellmuth Weidling) et à la 13. SS-Grenadier Kurland (Carl Friedrich von Pückler-Burghauss). Pourtant, le premier est à bout de souffle, tandis que la Kurland est déjà bien entamée… Mais Koshelev se trouve en bout de chaine logistique, tandis que le dispositif allemand a logiquement concentré ici ce qui lui reste de forces vives, après la course à la mer qui s’est déclenchée au début du mois. Wilkowo tient, Gronowo Górne et Rogowo restent contestées. En fait, ici, l’Armée Rouge ne s’active encore que pour occuper les « mercenaires nazis ».
En effet, du côté de la 3e Armée de la Garde (Ivan Zakharkine), la situation continue à évoluer lentement, mais dans un sens favorable à l’étoile rouge. Après sa défaite de la veille, la 208. ID (Hans Piekenbrock) est repoussée de Markowo aux bois de Zimnochy. Une progression de 3 kilomètres, certes très inférieure aux précédentes – les attaques de flanc de la 167. ID (Hans Hüttner) et de la 267. ID (Otto Drescher) venues de Preußisch Holland et Mohrungen freinent les Soviétiques – mais encore très inquiétante pour la 3. PanzerArmee en pleine déconfiture. Que les Rouges insistent encore un peu – dix kilomètres à peine – et ils seront à Liebstadt, soit en bonne position pour menacer la liaison Allenstein-Bartenstein à hauteur de Guttstadt. Autant dire que le spectre d’un enveloppement de la 16. Armee par sa droite hante toujours l’état-major du HG Nord, qui ne peut compter sur aucun renfort !
De fait, la 16. Armee lutte déjà pour défendre Allenstein. Elle est obligée de tenir une portion toujours plus grande du front théoriquement dévolue au LII. ArmeeKorps (Hans-Karl von Scheele), de la 3. PzA. Et sur la route directe depuis Osterode in Ostpreußen, la 1ère Armée de la Garde (Ivan Chistiakov) croit en ses chances, face à une 39. Volksgrenadier (Ludwig Löweneck) à la fois atone et exsangue, qui continue de perdre du terrain à Podlejki et qui commence, faute de moyens, à se faire envelopper dans Gietrzwałd, par Woryty et surtout par Łajsy. Les obus des tubes soviétiques et les roquettes des Sturmovik transforment les pins en un milliard de projectiles mortels. La forêt parait prendre feu, et la percée semble imminente.
Toutefois, derrière Löweneck, la 122. ID (Gustav Hundt) et le 655. schw. PzJ. Abt (Karl-Max Freiherr von Hofenfels) arrivent à Allenstein. Dans la nuit, ils montent se positionner entre Szelągowo et Sząbruk, en s’appuyant, au nord, sur les bois et les cours d’eau qui ferment les voies de progression et, au sud, sur le lac Wulpynk. Six kilomètres de terrain difficile – une division encore relativement neuve doit pouvoir défendre ce front. De plus, Hundt espère bien recueillir ici d’éventuels survivants ou… égarés en route vers l’ouest. Son flanc gauche paraît assuré : vers les berges du lac Omulew, la 20e Armée (Arkady Ermakov), embourbée et en sous-effectifs, ne progresse plus guère.
………
OKH, bunker Maybach I (20 km au sud de Berlin) – L’OKH entérine officiellement la perte de liaison avec la Prusse orientale en actant le transfert du XLVII. PanzerKorps (Rudolf von Bünau) de la 3. PanzerArmee à la 2. Armee (Carl Hilpert). Exactement ce que souhaitait la Stavka – mais ce n’est pas non plus comme si l’OKH avait le choix.
Le reste de la 3. PanzerArmee relève toujours du HG Nord. Officiellement, cette armée reste donc tout à fait active et opérationnelle – même si sa position est inquiétante, son ravitaillement incertain, ses perspectives nulles… et même si elle n’a toujours pas de chef.
………
Tankiste (Evgeni Bessonov)
Blessure
« Après plusieurs jours, les Allemands se sont calmés, ont interrompu leurs attaques, puis sont clairement passés sur la défensive avant de se replier. A la mi-juillet, nous avons transféré notre secteur à une unité de l’arrière.
C’est durant une pause entre en deux assauts, alors que je discutais de la situation avec Chernyshov sous un arbre, en faisant rapport au commandant de bataillon grâce à un téléphone de campagne, que les Fritz ont ouvert le feu – des chars, probablement. Les obus ont explosé à la fois devant et au-dessus de nous. Ils ne connaissaient visiblement pas la position de la compagnie et tiraient au hasard.
Un obus a frappé l’arbre sous lequel Chernyshov et moi nous trouvions. Des éclats ont touché plusieurs hommes, dont moi. Tout cela a eu lieu en un clin d’œil – je n’avais même pas réalisé que j’étais blessé, et j’étais au sol alors que je ne m’étais même pas jeté à terre. Quelque chose l’avait fait pour moi. J’ai crié à Chernyshov que j’étais touché et j’ai couru vers le poste de secours du bataillon. En fait, j’étais touché au côté droit de la poitrine, aux deux épaules et au pied gauche. Ils m’ont bandé rapidement. J’espérais ne pas être envoyé à l’hôpital, mais ce rêve ne s’est pas réalisé.
Je suis allé à la section médicale du régiment, qui disposait d’un hôpital de campagne. Ils ont désinfecté mes blessures et m’ont pansé plus sérieusement. J’ai alors quitté l’hôpital de campagne et je suis allé voir le commandant, qui m’a donné l’autorisation de rester au poste de secours avancé. Fiodor et les autres sont vite passés me voir – et la vodka guérit tout. »
(Tankiste ! – Jusqu’au cœur du Reich avec l’Armée Rouge, Evgueni Bessonov, Skyhorse 2017)
Vers la Poméranie – 2e Front de Biélorussie – Le XLVII. PanzerKorps (Rudolf von Bünau) semble en passe de s’extirper du piège de l’embouchure de la Vistule, en dépit de l’arrivée sur sa route du 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko). Il est vrai qu’il n’a plus beaucoup d’effectifs à sauver… En sus, Kirichenko n’a vraiment pas les moyens de créer un véritable barrage sur la Vistule, même à hauteur de Klein Zünder seulement – ses forces sont bien trop dispersées et sollicitées pour cela depuis Czarlin. En d’autres circonstances, on pourrait même croire le Soviétique en danger, car sa manœuvre hardie expose son flanc à une contre-attaque.
Heureusement pour lui, l’adversaire n’a aucune possibilité de le mettre à mal. Rudolf von Bünau se contente ainsi de repousser les éléments qui le harcèlent et recule vers Dantzig en suivant le Tote Weichsel jusqu’à la hauteur de Bürgerwiesen. Il ne doute pas qu’on lui ordonnera bientôt de créer ici une nouvelle ligne de défense. Quant à la 15. Panzer (Willibald Borowitz), le plus rude de la bataille étant passé, elle arrête les frais à Waćmierek et se retire un peu à l’ouest de Swarożyn – tant pour défendre Preußisch Stargard que pour attendre la suite des événements. Pari gagnant donc, pour le 14e Corps Blindé – mais malheureusement, il n’y avait pas de véritable enjeu. A moins que l’on compte la gloire d’arriver le premier sous les murs de Dantzig ?
En effet, il est plus que probable que le 13e Corps Blindé (Boris Bakharov) lui cède cet honneur : toujours dispersé en plaine, ce corps reste occupé à dompter Marienburg, qui lui tient tête obstinément. Les premiers obus tombent pourtant déjà sur ses remparts. Ils sont encore peu nombreux, certes, mais cela ne durera pas…
Au nord de Bydgoszcz, la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) continue sa petite progression dans les forêts de la Wda. Incapables de menacer sérieusement la 52. Volksgrenadier (Konrad Purucker) qui défend Śliwice, les Polonais se contentent de nettoyer et de sécuriser. C’est déjà beaucoup de travail – mais ils ne vont pas bouder leur plaisir.
Plus bas, la 15e Armée (Georgiy Zakharov) remonte la Noteć jusqu’à Sadki, soit face à la nouvelle ligne de défense allemande et sur la droite de la 63e Armée (Vasiliy Kuznetsov), en attendant des renforts. Ceux-ci arrivent du sud ; ils sont nombreux : 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky), 29e Armée (Alexander Gorbatov) et 1er Corps Mécanisé de la Garde (Mitrofan Zinkovich). Tous viennent de Znin, après plusieurs jours de transfert – ils vont sans doute mettre au moins 3 ou 4 jours encore pour passer l’Oder. On comprend que Zakharov ne soit pas trop pressé – au contraire de son chef, Rokossovski. Ses qualités de diplomate lui sont ici des plus utiles (2)… Pour l’heure, le chef de la 15e Armée se contente de reconnaissances en force, le temps de réorganiser ses troupes. De fait, il n’échappe à personne que la logistique soviétique montre des signes d’essoufflement, après bientôt un mois de bataille qui a conduit l’Armée Rouge à 300 kilomètres de ses lignes de départ. Ça, et les soucis de discipline…
Mais pour l’heure, le plus important n’est pas là. Et l’aile gauche de Rokossovski, contrainte et forcée de céder la place à Joukov, se referme par le nord sur Posen…
Silésie polonaise – 3e Front de Biélorussie – La 3e Armée de Chars (Pavel Rybalko) sonne l’hallali ! Et toute l’aile droite du 3e Front Biélorusse se rue en avant. Les gardes d’Hitler - Panzer-Brigade Führer Begleit (colonel Gustav Streve) et Panzergrenadier-Brigade Führer Grenadiers (Oberst Hans-Joachim Kahler) ont lutté toute la nuit le long de la Sama pour retarder l’inévitable, jusqu’à ce qu’enfin, le 2e Corps Blindé de la Garde (Ivan Vovchenko) perce à Pamiątkowo.
La progression rapide de cette unité vers Objezierze déclenche un effondrement en cascade en direction d’Oborniki – la Führer Begleit recule vers cette ville et vers la Warta pour ne pas être rabattue vers Posen, tout en laissant le temps aux panzergrenadiers de tenter de se dégager. Ceux-ci y parviennent – mais leur chef est grièvement blessé, ce qui achève de déstabiliser tout le flanc gauche allemand, que la 12. Panzer (Wilhelm Philipps) n’est absolument pas en état de consolider. Surtout avec le 2e Corps Mécanisé (Vasily Volsky) qui charge droit devant lui, soutenu par le 18e Corps Blindé (Alexei Burdeiny), lui-même relayé de plus en plus fort par la 54e Armée (Sergei Roginski) face à Breslau.
Au matin, il est clair que la ligne de la Warta ne tiendra pas. Pavel Rybalko confère avec ses chefs de corps, lesquels le pressent de leur laisser au moins le temps de rameuter leur artillerie. La réponse est claire, précise, justifiée – un peu cruelle aussi : « Je comprends votre situation et je compatis. Autrefois, on vous aurait accordé deux ou trois jours. Mais aujourd’hui, je ne peux pas laisser perdre une minute, c’est trop cher. Vous devez immédiatement vous préparer à franchir la Warta et vous acharner à le faire. » Et ça marche ! Sous un orage de Sturmovik fournis par la 8e Armée Aérienne de Timofei Kutsevalov, le 2e Corps Mécanisé (Vasily Volsky) passe en force, obligeant Gustav Streve et ses panzers à se retirer vers Ludomy en entraînant avec eux tout ce qui peut encore rouler.
Au même moment, les forces de Rokossovski arrivent de l’est, à hauteur de Rogoźno. La 2e Armée de la Garde (Leonid Govorov) et le 2e Corps de Cavalerie de la Garde (I.A. Pliev) écrasent tout ce qu’il reste du LXXII. ArmeeKorps (Anton Grasser), impitoyablement rabattu vers le sud ou anéanti. Quant au LXII. ArmeeKorps (Carl Rodenburg), il court vers le nord et Kolmar in Posen – un point de passage sur la Noteć qu’il n’est absolument pas certain d’atteindre. En vérité, seule une brusque dégradation météo en fin d’après-midi lui sauve la mise, comme à beaucoup d’autres… Et la masse confuse et pressée commence à traverser, alors que plus bas, à l’ouest, le 18e Corps Blindé regarde vers Sękowo et la route de Francfort, où un agglomérat d’éléments variés tente de fortifier une ligne Pniewy – Bolewice avant une probable retraite vers l’Obra. Parmi ceux-ci, une fois encore, les Français de la Sturmbrigade Charlemagne, moins le groupe de Darnand parti on ne sait où, au milieu de la garde d’Hitler.
La jonction finale entre Pliev et Volsky, quelque part autour du village de Boguniewo, a lieu à 16 heures – l’arrivée depuis le sud du 7e Corps Blindé (Alexei Panfilov) ne fera que renforcer la nasse, que la 54e Armée (Sergei Roginski) tient désormais bien ferme au nord. Le nœud coulant se resserre déjà sur Posen. Avec la 69e Armée (Mikhaïl Kazakov), qui arrive au sud vers Jaryszki, face à la ceinture extérieure, et la 50e Armée (Konstantin Golubev), qui monte vers Komorniki sur sa gauche, il parait douteux que quelqu’un puisse désormais s’en échapper.
Silésie – 3e Front d’Ukraine – La 5e Armée (Mikhail Potapov) et la 9e Armée de la Garde (Nikolai Pukhov) commencent à presser fortement le XXXIX. PanzerKorps (Otto Schünemann), qui ne défend qu’au prix du sang le point de passage sur le canal de crue nord de Breslau, au sud de Bischwitz. Ces Landsers, qui luttent pour leur survie – comme les restes du 276. StuG Abt (Norbert Braun) et de la 23. Panzer (Nikolaus von Vormann) – ne sont absolument plus en état d’influencer ce qui se passe au nord. C’est malheureux… car sauf à filer très rapidement vers le nord, il est probable qu’ils se retrouvent encerclés.
Dans Breslau (qui se rapproche de plus en plus de Wrocław…), chacun a déjà bien compris qu’il est coincé. Sur la rive gauche de l’Oder, la 103. Panzerbrigade (Oberst Treuhaupt) et la 104. Panzerbrigade (Oberst Kurt Gehrke) continuent de tenir face à une masse puissante mais confuse d’unités rouges : 5e Corps Blindé de la Garde Jitomir (Vladimir Zhdanov), 5e Corps Mécanisé (Ivan Sukhov) et 5e Armée de Choc (Ivan Chernyakovsky). Toutes ces forces n’ont qu’un seul objectif : la Wrocław Nadodrze Station. Laquelle, pour l’heure, n’est toujours pas conquise : la faute au terrain, à l’usure, à la dispersion et aussi au retour de la pluie.
Pas grave ! La 1ère Armée de Chars de la Garde (Sergei Bogdanov) couvre bien le flanc et avance même vers la Wütende Neiße. Avec prudence, toutefois… Les chars rouges n’approcheront pas de Striegau ou de Legnickie Pole avant la nuit. Par ailleurs, cette région se révèle riche en anciens Stalags et autres camps de prisonniers, mais aussi (pour d’autres pensionnaires…) en instituts militarisés d’éducation politique. L’arrière-cour du Reich, en somme, toujours instructive à visiter !
(suite et fin demain)
Notes
1- Après la guerre, il ne restera presque plus rien de l’édifice de 1905, sinon les façades du clocher et un tas de briques dont les colons du coin se serviront. L’église était pourtant célèbre pour son autel orné d’un crucifix en ivoire, surmonté d’une belle triple fenêtre…
2- « Zakharov était un général très diplomate et intelligent. En tant que commandant adjoint du Front, il pouvait fortement peser sur les décisions lorsqu’il se trouvait au quartier général, ou intervenir pour calmer une fierté blessée par un mauvais choix. Et si nécessaire, Zakharov savait comment orienter et infléchir, sans pour autant souligner son influence. » (Ordre du jour de l’Armée Rouge nommant Zakharov commandant d’armée).
Dernière édition par Casus Frankie le Dim Mai 11, 2025 08:18; édité 1 fois |
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