| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
gaullien
Inscrit le: 13 Avr 2010 Messages: 952 Localisation: l'Arbresle
|
Posté le: Lun Avr 21, 2025 15:53 Sujet du message: "Gorbatchev responsable de la chute de l’URSS en 1991 ? |
|
|
La chute de l’URSS en 1991 est un sujet complexe, et Mikhaïl Gorbatchev est au cœur de cette discussion. Il y a deux grandes écoles de pensée, et les deux ont des arguments solides :
🧠 Thèse 1 : Gorbatchev a provoqué la chute de l’URSS
Arguments :
Réformes trop ambitieuses : La Perestroïka (réforme économique) et la Glasnost (transparence politique) ont fragilisé le système soviétique. Elles ont soulevé des attentes qu’il était impossible de satisfaire rapidement.
Libération de la parole : En autorisant plus de liberté d'expression, il a permis aux critiques du régime, aux mouvements nationalistes et séparatistes de s’exprimer ouvertement.
Non-intervention en Europe de l’Est : Il a refusé d’intervenir militairement pour maintenir les régimes communistes en place (ex : chute du mur de Berlin en 1989), ce qui a accéléré l'effondrement du bloc de l'Est.
Affaiblissement du Parti communiste : Il a réduit le pouvoir du Parti, ce qui a désorganisé le fonctionnement de l'État.
👉 Résultat : ses réformes ont ouvert la boîte de Pandore, et il a perdu le contrôle du système.
🧱 Thèse 2 : L’URSS serait tombée de toute façon, malgré lui
Arguments :
Économie en ruine : L’URSS était déjà surendettée, avec une économie inefficace, en stagnation depuis les années 1970. Le système planifié ne marchait plus.
Course aux armements : La rivalité avec les États-Unis avait épuisé les ressources du pays.
Nationalismes latents : Les tensions ethniques et les aspirations à l’indépendance existaient depuis longtemps (dans les pays baltes, le Caucase, etc.).
Pression internationale : Le monde changeait rapidement, et la globalisation commençait à marginaliser les modèles fermés comme celui de l’URSS.
👉 En gros, Gorbatchev aurait plutôt accompagné la chute inévitable, voire tenté de l’éviter en réformant le système."
Qu'en pensez-vous ?" |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Flavien, dit le Colisée
Inscrit le: 23 Juin 2024 Messages: 516
|
Posté le: Lun Avr 21, 2025 16:38 Sujet du message: |
|
|
Alors, je vais essayer de me souvenir de mes cours de fac...
Les deux thèses en même temps je dirais. Gorbatchèvre a un role indéniable dans la chute de l'URSS. Il a mal géré le passage à une économie de marché, ce qui a aggravé la crise car il a ralentit le processus. Par son inaction pendant la tentative de putsch du PC, il a détruit sa légitimité et ipso facto celle de l'URSS. Et oui, il a ouvert une boite de pandore qu'il n'a pas pu géré.
CEPENDAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANT
Le système économique de l'URSS était en phase terminale, le refus d'admettre la réalité, le dogmatisme, l'incapacité à remettre en cause le système, la courses aux armes. l'URSS allait vers un effondrement économique quoi qu'il arrivait. Gorbat a tenté de la surmonter, il n'a pas réussit, mais qui en URSS avait les compétences ? Il aurait fallut un pouvoir très autoritaire pour mettre tout le monde au pas. Ce qui était incompatible avec les réformes sociétales vers la démocratisation. Réformes inévitables car sinon impossible d'impulser un changement de système.
Pour les nationalismes, c'est à voir. l'URSS allait surement perdre les états baltes et des états du caucase, mais rien ne dit que l'ukraine aurait prit son indépendance si la question ne s'était pas posée. Après tout l'Ukraine a donné des secrétaires généraux et pesait beaucoup. Et l'URSS n'est pas la russie, dans l'idée.
Pour la pression internationale...meh. C''est sur ça aide pas l'économie, mais de base il y a tellement de problèmes....
La réforme du système devait passer par la dictature pour tenir la crise. Mais le système était tellement mauvais et branlant qu'il fallait de toute façon tendre vers la démocratie. Pas forcément pour le plaisir de la liberté, mais juste pour être capable d'agir différement. Gorbatchou s'est retrouvé face à un problème impossible à résoudre. Un autre aurait pu mieux gérer l'affaire, un autre aurait pu faire pire. Il a un role capital dans l'effondrement de la légitimité politique. Un autre aurait peut être pu rebondir dessus pour faire passer les réformes et proposer une nouvelle union, ukraine, russie, biélorussie, états d'asie centrale. Mais de toute façon l'URSS allait sur la fin. _________________ Terminator 1 est meilleur que Terminator 2 et le pain au chocolat est une arnaque |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11885
|
Posté le: Lun Avr 21, 2025 16:40 Sujet du message: |
|
|
J'ai fait quelques recherches sur ce vieux croûton de Leonid Brejnev. Car c'est bien à lui qu'il faut remonter. De ce que j'en ai compris, les successeurs ne pouvaient venir que de, soit le Politburo lui même, soit de secrétaires régionaux montés à Moscou via un parrain au Politburo.
Et bien Brejnev a complètement gelé toute possibilité de succession, et ce dès 1973. Mais alors gelé de gelé. Il a tout paralysé !
Déjà au Politburo, il n'a laissé comme potential remplaçant en 1981 que Suslov, l'idéologue du parti: de fait, pratiquement intouchable. Tous les autres - Kirilenko, Kosyguine - il les a eu à l'usure sur toutes les années 70.
Quand au secrétaires régionaux, il n'y en a eu que 8 (Gorbachev inclu, et son mentor Kulakov, mort suspecte en 1978) sur les années 70. Une partie d'entre eux ayant misé sur Kirilenko, ils ont fini sur une voie de garage.
En fait, la seule alternative à Suslov in fine fin 1981, c'était Chernenko : bras-droit de Brejnev, son clone tout aussi dinosaure. Et qui a finit par avoir le job, début 1984.
Mais du coup, comment Andropov a t'il pu se glisser dans la succession ? pas évident, le KGB, comme voie royale. La réponse est que Suslov, vieux brontosaure, est mort début 1982. Andropov a alors manoeuvré pour prendre sa place dans la succession, et réussit.
Sauf que ses reins l'ont trahi.
Au final, Chernenko a eu le job et prolongé l'héritage Brejnev - stagnation et corruption absolues - sur un peu plus de 20 ans : Octobre 1964 - Mars 1985.
Et c'est bien pour tout ça que Gorbachev a fait crouler la baraque pourrie en voulant la rénover.
Brejnev qui survit presque jusqu'en 1983, c'est l'arrêt de mort de l'URSS: le baiser de la mort. Si le vieux corrompu avait eu le bon goût de crever vers 1977, peut être son successeur aurait il pu sauver les meubles. Et encore.
Aussi, on dit que Andropov était un peu plus réformateur que les autres, ou un peu plus avisé, mais il a quand même approuvé l'invasion de l'Afghanistan - autre clou dans le cercueil vermoulu de l'URSS.
Bref, passé 1976 voire avant, Brejnev a bloqué toute forme de succession "classique", il n'y a aucun successeur en vue, vieux ou jeune.
Dès fois je me dit qu'il aurait même fallu faire tomber une armoire ou une météorite sur Brejnev en 1963, avant qu'il ne s'incruste au pouvoir comme une vieille bernique. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4414 Localisation: Agathé Tyché
|
Posté le: Lun Avr 21, 2025 16:59 Sujet du message: |
|
|
La deuxième explication me semble plus exacte.
Il faut se souvenir de la brutalité avec laquelle Gorbatchev a tenté de réprimer les volontés d'indépendance baltes pour voir qu'il n'avait pas la moindre intention de voir l'URSS (et le Parti) disparaître.
Les putschistes du 19 août 1991, eux, ont fait beaucoup pour ça. Après leur échec, l'autorité du premier et dernier président de l'Union était tombée à zéro, pendant que les présidents et parlements de chacune des 15 républiques en faisaient à leur tête...
La seul façon de sauver l'URSS, ou plutôt le pouvoir du PCUS, c'est la même chose, aurait été de suivre la voie, qui réussit fort bien au PCC, actuellement suivie par la Chine.
Il y avait une blague qui décrit finalement assez bien l'URSS au moment de l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev.
Tous les dirigeants soviétiques sont dans un train.
Soudain, le train s'arrête.
Lénine se lève et dit "Je m'en occupe". Quand il revient, il explique qu'il a parlé aux machinistes de leurs devoirs envers la Révolution et la prolétariat international et annonce que le train va repartir.
Mais un peu plus tard, le train s'arrête à nouveau.
Staline se lève. Quand il revient, il déclare que tous les saboteurs ayant été fusillé, le train va repartir.
Ce qu'il fait pour s'arrêter encore une fois.
Khrouchtchev, quand il revient, dit qu'il a réhabilité les fusillés et que le problème est résolu.
Et le train, une nouvelle fois, s'arrête.
Alors Brejnev se lève, ferme les rideaux et se rassoit en disant "Supposons que le train roule..."
L'époque de Brejnev (et ses 2 successeurs) a été appelée "l'ère de la stagnation"... _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11885
|
Posté le: Lun Avr 21, 2025 17:01 Sujet du message: |
|
|
J'avais fait un petit schéma, tiens, pour montrer comment Breznev a tout bouché.
https://www.alternatehistory.com/forum/attachments/brezhnev-png.945135/ _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
gaullien
Inscrit le: 13 Avr 2010 Messages: 952 Localisation: l'Arbresle
|
Posté le: Mar Avr 22, 2025 16:05 Sujet du message: |
|
|
| Archibald a écrit: | J'ai fait quelques recherches sur ce vieux croûton de Leonid Brejnev. Car c'est bien à lui qu'il faut remonter. De ce que j'en ai compris, les successeurs ne pouvaient venir que de, soit le Politburo lui même, soit de secrétaires régionaux montés à Moscou via un parrain au Politburo.
Et bien Brejnev a complètement gelé toute possibilité de succession, et ce dès 1973. Mais alors gelé de gelé. Il a tout paralysé !
Déjà au Politburo, il n'a laissé comme potential remplaçant en 1981 que Suslov, l'idéologue du parti: de fait, pratiquement intouchable. Tous les autres - Kirilenko, Kosyguine - il les a eu à l'usure sur toutes les années 70.
Quand au secrétaires régionaux, il n'y en a eu que 8 (Gorbachev inclu, et son mentor Kulakov, mort suspecte en 1978) sur les années 70. Une partie d'entre eux ayant misé sur Kirilenko, ils ont fini sur une voie de garage.
En fait, la seule alternative à Suslov in fine fin 1981, c'était Chernenko : bras-droit de Brejnev, son clone tout aussi dinosaure. Et qui a finit par avoir le job, début 1984.
Mais du coup, comment Andropov a t'il pu se glisser dans la succession ? pas évident, le KGB, comme voie royale. La réponse est que Suslov, vieux brontosaure, est mort début 1982. Andropov a alors manoeuvré pour prendre sa place dans la succession, et réussit.
Sauf que ses reins l'ont trahi.
Au final, Chernenko a eu le job et prolongé l'héritage Brejnev - stagnation et corruption absolues - sur un peu plus de 20 ans : Octobre 1964 - Mars 1985.
Et c'est bien pour tout ça que Gorbachev a fait crouler la baraque pourrie en voulant la rénover.
Brejnev qui survit presque jusqu'en 1983, c'est l'arrêt de mort de l'URSS: le baiser de la mort. Si le vieux corrompu avait eu le bon goût de crever vers 1977, peut être son successeur aurait il pu sauver les meubles. Et encore.
Aussi, on dit que Andropov était un peu plus réformateur que les autres, ou un peu plus avisé, mais il a quand même approuvé l'invasion de l'Afghanistan - autre clou dans le cercueil vermoulu de l'URSS.
Bref, passé 1976 voire avant, Brejnev a bloqué toute forme de succession "classique", il n'y a aucun successeur en vue, vieux ou jeune.
Dès fois je me dit qu'il aurait même fallu faire tomber une armoire ou une météorite sur Brejnev en 1963, avant qu'il ne s'incruste au pouvoir comme une vieille bernique. |
Les raisons pour lesquelles Brejnev aurait été choisi en 1964 comme nouveau chef du Parti : Il faisait office d’arbitre entre la tendance néo-stalinienne incarnée par Souslov et les technocrates représentés par Kossyguine. Brejnev avait été un partisan modéré de Khrouchtchev, tout en ayant été promu à l’origine par Staline. Fatigués des « Numéros 1 » trop ambitieux ou dangereux pour leurs carrières, les dirigeants soviétiques ont préféré choisir un « Numéro 0 » ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11885
|
Posté le: Mer Avr 23, 2025 07:55 Sujet du message: |
|
|
| gaullien a écrit: | | Archibald a écrit: | J'ai fait quelques recherches sur ce vieux croûton de Leonid Brejnev. Car c'est bien à lui qu'il faut remonter. De ce que j'en ai compris, les successeurs ne pouvaient venir que de, soit le Politburo lui même, soit de secrétaires régionaux montés à Moscou via un parrain au Politburo.
Et bien Brejnev a complètement gelé toute possibilité de succession, et ce dès 1973. Mais alors gelé de gelé. Il a tout paralysé !
Déjà au Politburo, il n'a laissé comme potential remplaçant en 1981 que Suslov, l'idéologue du parti: de fait, pratiquement intouchable. Tous les autres - Kirilenko, Kosyguine - il les a eu à l'usure sur toutes les années 70.
Quand au secrétaires régionaux, il n'y en a eu que 8 (Gorbachev inclu, et son mentor Kulakov, mort suspecte en 1978) sur les années 70. Une partie d'entre eux ayant misé sur Kirilenko, ils ont fini sur une voie de garage.
En fait, la seule alternative à Suslov in fine fin 1981, c'était Chernenko : bras-droit de Brejnev, son clone tout aussi dinosaure. Et qui a finit par avoir le job, début 1984.
Mais du coup, comment Andropov a t'il pu se glisser dans la succession ? pas évident, le KGB, comme voie royale. La réponse est que Suslov, vieux brontosaure, est mort début 1982. Andropov a alors manoeuvré pour prendre sa place dans la succession, et réussit.
Sauf que ses reins l'ont trahi.
Au final, Chernenko a eu le job et prolongé l'héritage Brejnev - stagnation et corruption absolues - sur un peu plus de 20 ans : Octobre 1964 - Mars 1985.
Et c'est bien pour tout ça que Gorbachev a fait crouler la baraque pourrie en voulant la rénover.
Brejnev qui survit presque jusqu'en 1983, c'est l'arrêt de mort de l'URSS: le baiser de la mort. Si le vieux corrompu avait eu le bon goût de crever vers 1977, peut être son successeur aurait il pu sauver les meubles. Et encore.
Aussi, on dit que Andropov était un peu plus réformateur que les autres, ou un peu plus avisé, mais il a quand même approuvé l'invasion de l'Afghanistan - autre clou dans le cercueil vermoulu de l'URSS.
Bref, passé 1976 voire avant, Brejnev a bloqué toute forme de succession "classique", il n'y a aucun successeur en vue, vieux ou jeune.
Dès fois je me dit qu'il aurait même fallu faire tomber une armoire ou une météorite sur Brejnev en 1963, avant qu'il ne s'incruste au pouvoir comme une vieille bernique. |
Les raisons pour lesquelles Brejnev aurait été choisi en 1964 comme nouveau chef du Parti : Il faisait office d’arbitre entre la tendance néo-stalinienne incarnée par Souslov et les technocrates représentés par Kossyguine. Brejnev avait été un partisan modéré de Khrouchtchev, tout en ayant été promu à l’origine par Staline. Fatigués des « Numéros 1 » trop ambitieux ou dangereux pour leurs carrières, les dirigeants soviétiques ont préféré choisir un « Numéro 0 » ! |
Il me manquait cet élément ! Ouais bon, ok donc ils ont choisi l'immobilisme dès le départ, ça explique bien des choses. Ca a sacrément bien marché, ils en ont pris pour 18 ans voir 20 si on ajoute Chernenko.
Une baderne. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Volkmar
Inscrit le: 12 Oct 2017 Messages: 516
|
Posté le: Mer Avr 23, 2025 08:47 Sujet du message: |
|
|
En fait le choix du premier secrétaire de l'union soviétique, c'est un peu comme le conclave des Cardinaux
Conclusion : pour sauver l'URSS, il aurait fallu que l'URSS accorde l'indépendance à toutes les républiques (Russie comprise) et se replie sur le seul territoire du Kremlin ^^ |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 687
|
Posté le: Lun Avr 28, 2025 09:49 Sujet du message: |
|
|
| Volkmar a écrit: | En fait le choix du premier secrétaire de l'union soviétique, c'est un peu comme le conclave des Cardinaux
Conclusion : pour sauver l'URSS, il aurait fallu que l'URSS accorde l'indépendance à toutes les républiques (Russie comprise) et se replie sur le seul territoire du Kremlin ^^ |
Ou comme celui du Petit roi des nains (dont on apprend à la fin qu'il s'agit d'une Petite tite reine) chez Pratchett : "vous voulez dire que la veritable raison pour laquelle il a eu ce poste, c'est que personne dans les différentes factions ne le déteste suffisamment pour l'empêcher de le prendre ?' _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
gaullien
Inscrit le: 13 Avr 2010 Messages: 952 Localisation: l'Arbresle
|
Posté le: Jeu Mai 01, 2025 15:27 Sujet du message: |
|
|
En un mot, la cause directe de la chute de l’URSS en 1991, c’est l’argent. Tant que le système était alimenté en liquidités pour tout acheter, il pouvait encore durer longtemps. En réalité, l’URSS était déjà "périmée" depuis les années 1970, mais elle a continué à fonctionner, exsangue, jusqu’en 1991. L’argent, associé à une armée puissante, permettait d’éviter les ingérences, comme ce fut le cas pour Saddam Hussein ou Kadhafi.D’après les statistiques — une donnée froide, dénuée d’idéologie — c’est Brejnev qui est désigné comme le principal responsable. Avec son attitude de laisser-aller, affirmant que « le communisme est atteint » et qu’il n’est donc plus nécessaire de lutter, il a entraîné un lent suicide du système soviétique, aussi bien au sein du Parti que dans la population. Quel a été le prétexte de Brejnev pour relâcher les efforts ? Les chocs pétroliers des années 1970. Le prix du baril atteignait alors des sommets indécents sur le marché mondial. L’administration soviétique découvre alors qu’elle peut, elle aussi, comme l’Arabie saoudite, vendre son pétrole à l’international à un prix couvrant quasiment l’intégralité de son budget annuel.En vendant simplement du pétrole, on pouvait alimenter tout le pays ! Alors à quoi bon s’embêter à chercher, développer, ou produire, quand il suffit d’échanger son pétrole pour tout acheter ? Lors du choc pétrolier, une anecdote célèbre en France résumait l’état d’esprit : « Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées. » L’URSS, quant à elle, semble avoir adopté l’attitude inverse : « Nous avons du pétrole, plus besoin de réfléchir ! »
Tout le pays adopte alors une mentalité de rentier, devenant de plus en plus gourmand, voire totalement dépendant de ses recettes pétrolières. Puis, quinze ans plus tard, survient le contre-choc pétrolier : l’or noir ne vaut plus rien. L’histoire est terminée.
Encore aujourd’hui, la politique de Brejnev reste quasiment incritiquable en Russie, tant la vie semblait belle sous son règne. Pourtant, la démocratie de Gorbatchev, l’accident de Tchernobyl, la guerre en Afghanistan, la fin de la "fraternité des peuples", la chute du rideau de fer et l’introduction du capitalisme n’ont fait qu’accélérer l’inévitable.
La base du fonctionnement de l’URSS, c’était le Parti. Or, ce Parti était cérébralement mort sous Brejnev, noyé dans l’inertie et le confort procuré par les pétrodollars. Seul cet argent permettait encore au pays de fonctionner — plus rien d’autre. Comme les dirigeants, les citoyens soviétiques eux-mêmes avaient cessé de réellement travailler. Il n’y en avait plus besoin : l’argent tombait, que l’on se rende au travail ou non.
Le résultat fut un taux d’absentéisme massif, dans les bureaux comme dans les usines. Certaines chaînes d’assemblage entières étaient à l’arrêt faute de personnel, ce qui a littéralement massacré la productivité dont l’Union soviétique avait jadis tiré sa fierté. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11885
|
Posté le: Jeu Mai 01, 2025 16:53 Sujet du message: |
|
|
Vraiment intéressant ton post. C'est vrai que le retournement du prix du barril après 1979 est spectaculaire.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Contre-choc_p%C3%A9trolier _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
gaullien
Inscrit le: 13 Avr 2010 Messages: 952 Localisation: l'Arbresle
|
Posté le: Jeu Mai 01, 2025 17:09 Sujet du message: |
|
|
Sur le plan économique, Andropov avait commandé une étude secrète à la fin des années 1970 sur l’état réel de l’Union soviétique. Il avait alors constaté, avec stupéfaction, que l’URSS avait été dépassée économiquement par l’Allemagne de l’Ouest et le Japon. Ce constat était pour lui effarant : les vaincus de la Seconde Guerre mondiale vivaient désormais mieux que l’Union soviétique.
Un exemple concret : les voitures Lada, certes toujours fabriquées en Russie, n’étaient même plus assemblées par des ouvriers soviétiques, mais par des robots achetés... aux Japonais ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11885
|
Posté le: Jeu Mai 01, 2025 17:52 Sujet du message: |
|
|
| gaullien a écrit: | Sur le plan économique, Andropov avait commandé une étude secrète à la fin des années 1970 sur l’état réel de l’Union soviétique. Il avait alors constaté, avec stupéfaction, que l’URSS avait été dépassée économiquement par l’Allemagne de l’Ouest et le Japon. Ce constat était pour lui effarant : les vaincus de la Seconde Guerre mondiale vivaient désormais mieux que l’Union soviétique.
Un exemple concret : les voitures Lada, certes toujours fabriquées en Russie, n’étaient même plus assemblées par des ouvriers soviétiques, mais par des robots achetés... aux Japonais ! |
C'est ça le truc avec Andropov. En tant que boss du KGB pendant 15 ans (1967-1982) il était aux premières loges pour assister à la décomposition du pays.
Il a réussit a se glisser dans la succession de Brejnev mais - pas de bol - le vieux schnock a duré si longtemps, les reins d'Andropov ont pas tenu le coup.
Et l'autre blague, c'est que c'est lui qui a favorisé l'ascension de Gorbachev.
Me suis toujours demandé si il avait des doutes sur Gorby. Ils étaient tout deux réformateurs sur l'économie, par contre sur le reste c'était le jour et la nuit.
Comme par hasard, le Kryuchkov qui a fait le coup de Aout 1991 avec les six autres était un bras droit d'Andropov. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
GAULLISTE 54
Inscrit le: 18 Juin 2013 Messages: 845 Localisation: Nancy
|
Posté le: Lun Mai 05, 2025 20:45 Sujet du message: |
|
|
Ca peut vous intéresser
https://youtu.be/w3SrEGAQCxM?feature=shared _________________ Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France !
Charles de Gaulle
"Qui s'y frotte, s'y pique !"
Devise des Ducs de Lorraine
"Non inultus premor"-"Nul ne me touche sans impunité"
Devise de la Ville de Nancy |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|