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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10778 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Dim Jan 28, 2024 11:14 Sujet du message: Chronologie de la lutte contre Enigma |
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De fil en aiguille, je me suis pas mal documenté sur la lutte des Alliés contre la machine cryptologique allemande.
Nous avons mentionné quelques épisodes, notamment via la guerre météo (annexe E B1) et navale, mais nous n'avons pas insisté sur le fait que les codes et la puissance du cryptage de l'armée ne sont pas identiques à ceux de la marine, ces derniers étant bien meilleurs.
Il y a d'ailleurs eu un blackout de quasiment 10 mois en 1942 dans la lecture du trafic naval allemand :
(source : uboat.net)
En FTL, on peut estimer qu'une capture plus précoce d'une Enigma M4 courant 1942 pourrait changer la donne, c'est possible aux alentours de Gibraltar étant donné que la zone est mieux quadrillée.
Et par ailleurs, ni la chrono ni les annexes ne mentionnent le nom d'Alan Turing, ce qui est passablement scandaleux (attention, je n'incrimine personne, c'est une faute collective).
Je vais m'atteler à combler les trous et corriger les erreurs, toute aide est bienvenue, of course ! _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Dernière édition par loic le Dim Jan 28, 2024 12:20; édité 2 fois |
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houps

Inscrit le: 01 Mai 2017 Messages: 2162 Localisation: Dans le Sud, peuchère !
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Posté le: Dim Jan 28, 2024 11:57 Sujet du message: |
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Ne pas oublier le rôle des Polonais dans l'histoire. _________________ Timeo danaos et dona ferentes.
"Les étudiants entrent à l'université persuadés de tout savoir. Ils en ressortent persuadés de ne rien comprendre. Où est passé le savoir ? A l'université, où on le sèche pour l'entreposer et en prendre soin." |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10778 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Dim Jan 28, 2024 12:19 Sujet du message: |
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Les Polonais sont mentionnés (chrono et annexes), mais nous avons sans doute considéré à tort qu'ils resteraient du côté français (Alger). Je pense qu'il y aurait eu répartition entre France et GB. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Dernière édition par loic le Dim Jan 28, 2024 21:47; édité 1 fois |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3787 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Dim Jan 28, 2024 21:16 Sujet du message: |
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OTL les Polonais n'ont pas travaillé pour Bletchley Park avant 1943 et ne furent pas utilisés sur le décodage d'Enigma. Il y a peu de chances qu'il en soit autrement FTL d'autant que les Français leur donneront certainement des moyens conséquents en AFN. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10778 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Dim Jan 28, 2024 21:48 Sujet du message: |
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OTL, le PC Bruno a été évacué en AfN, mais beaucoup de Polonais ont dû fuir par leurs propres moyens.
De facto, la lutte contre les sous-marins étant, comme la gestion des convois, coordonnée depuis la GB, il y aura forcément répartition des cerveaux (c'est d'ailleurs une façon pour la France de monnayer autre chose).
Accessoirement, la collaboration POL-FR-GB date de janvier 1940 et Turing a d'ailleurs visité le PC Bruno et apporté du matériel aux Polonais (et issu de travaux polonais). À cette occasion, le premier décodage en temps de guerre fut réalisé.
À part Wikipedia qui est factuel, pas mal de sites passent sous silence la participation française, voire polonaise (notamment https://bletchleypark.org.uk). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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houps

Inscrit le: 01 Mai 2017 Messages: 2162 Localisation: Dans le Sud, peuchère !
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Posté le: Lun Jan 29, 2024 08:43 Sujet du message: |
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Hum... N'est-ce pas un peu "best case" que de voir F et GB marcher glorieusement main dans la main vers un avenir radieux ? Les Anglais ont Turing, qui va construire sa machine dans le secret le plus absolu ils pourraient laisser le démontage d'une ou deux Enigma aux Français, un os à ronger, à eux de se débrouiller pour se protéger, et puis si les Allemands ont vent de l'affaire, ça détournerait les soupçons. Eux sont très bons, excellents, même. C'est oublier Supermarina, qui lit carrément les messages de la Navy par dessus les épaules des opérateurs. _________________ Timeo danaos et dona ferentes.
"Les étudiants entrent à l'université persuadés de tout savoir. Ils en ressortent persuadés de ne rien comprendre. Où est passé le savoir ? A l'université, où on le sèche pour l'entreposer et en prendre soin." |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10778 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Lun Jan 29, 2024 08:53 Sujet du message: |
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La collaboration FR-GB était bien plus étroite qu'on ne veut le faire croire, le message "les Anglais nous ont laissés tomber" dans le contexte de l'armistice a bien été martelé.
Je pense que, en-dehors de considérations qui relèvent du colonialisme et donc d'intérêts économiques à moyen ou long terme (notamment les ressources pétrolières, comme l'a si bien décrit Menon-Marec à propos de l'affaire d'Irak), il n'y a pas de raison que la collaboration n'ait pas lieu. Evidemment, vers la fin de la guerre, quand se dessineront les perspectives d'une future compétition pour vendre des matériels militaires (ce n'est qu'un exemple), les couteaux vont s'affuter à nouveau. Mais, en 1940-1941, la collaboration est la condition de la survie. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3787 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Lun Jan 29, 2024 09:39 Sujet du message: |
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L'article Wikipédia que le PC Bruno dit que les Polonais (et les Espagnols) ont été évacués par avion le 26 juin sur Alger puis sur Oran. Il ne semble pas que ce soit eux qui se soient débrouillés pour ça.
Il est également dit que Bertrand a refusé à ce moment de laisser partir les Polonais en Grande Bretagne. Si c'est bien le cas, y a-t-il une raison qu'il en soit autrement FTL ?
Il me semble qu'Alger voudra remonter le PC Bruno comme OTL. Le PC Cadix en France occupée étant, bien entendu, hors de question, il est probable que les Anglais auront moins de réticences à partager les codes quotidiens.
De plus, De Gaulle, mis au courant, s'arrangera certainement pour que le PC Bruno dispose de plus de moyens.
La collaboration entre Britannique et Franco-Polonais devrait être plus intense que OTL avec échanges occasionnels ou visites mais je continue à penser que la majorité des Polonais resteront à Alger (à Kouba, plus précisément), moins frustrés que OTL car ayant davantage de moyens.
Avec des opérations beaucoup plus intenses en Méditerranée et dans les Balkans, cela a du sens, Kouba s'occupant de ce théâtre, Bletchley Park de l'Europe du Nord. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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loic Administrateur - Site Admin

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Posté le: Lun Jan 29, 2024 10:09 Sujet du message: |
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C'est en janvier 40 que Bertrand refuse que les Polonais aillent en GB.
Le PC Bruno a été évacué en AfN, mais revient ensuite en zone libre.
Bertrand communique avec les Anglais à partir de mars 1941.
En FTL, je ne vois aucun obstacle à la collaboration. Les Polonais sont assez nombreux pour que certains aillent en GB et d'ailleurs il n'y a ps d'obstacles aux voyages non plus.
PS : j'ai trouvé ceci, j'ignorais totalement ! Des voitures radiogoniométriques allemandes opèrent en zone Sud à partir de septembre 1942 avec accord de Vichy. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3787 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Lun Jan 29, 2024 10:21 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | | C'est en janvier 40 que Bertrand refuse que les Polonais aillent en GB. |
Il doit donc y avoir une erreur dans Wikipédia.
| loic a écrit: | | Le PC Bruno a été évacué en AfN, mais revient ensuite en zone libre. |
Oui, PC Cadix. Mais, comme évoqué, il n'y a aucune chance que ce soit le cas FTL.
| loic a écrit: | Bertrand communique avec les Anglais à partir de mars 1941.
En FTL, je ne vois aucun obstacle à la collaboration. Les Polonais sont assez nombreux pour que certains aillent en GB et d'ailleurs il n'y a ps d'obstacles aux voyages non plus. |
Tout à fait d'accord.
| loic a écrit: | | PS : j'ai trouvé ceci, j'ignorais totalement ! Des voitures radiogoniométriques allemandes opèrent en zone Sud à partir de septembre 1942 avec accord de Vichy. |
Hélas oui... _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10778 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Lun Jan 29, 2024 13:19 Sujet du message: |
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| DMZ a écrit: | | loic a écrit: | | C'est en janvier 40 que Bertrand refuse que les Polonais aillent en GB. |
Il doit donc y avoir une erreur dans Wikipédia. |
Info tirée du Wikipedia en anglais. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11873
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Posté le: Mar Jan 30, 2024 09:48 Sujet du message: |
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Dans les livres de Pierre Nord (agent du 2ème bureau avant guerre, devenue membre des cervices de renseignement gaulliste) raconte que le 2ème bureau vichiste n'a jamais arrêté de collaborer avec les Anglais. le chef du 2ème bureau 'vichyste' était persuadé que la guerre serait gagné par les alliés.
Je ne vois pas pourquoi les services secrets anglais et français collaboreraient moins en FTL.
Ce serait paradoxale. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3787 Localisation: Le Creusot, France
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Posté le: Mar Jan 30, 2024 11:01 Sujet du message: |
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Ce qui pose la question de l'éventuelle collaboration du 2e Bureau des maigres forces armées du GPEF avec les Britanniques. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11873
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Posté le: Mar Jan 30, 2024 11:13 Sujet du message: |
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Je pense que la situation (OTL) est due à la personnalité du chef du Deuxuième Bureau, il n'a (par exemple) jamais cessé de consdérer Pierre Nord comme un mebre actif du 2ème Bureau alors même que techniquement c'était un 'traitre'.
En FTL, le patron du 2ème Bureau a du être 'déménagé' à Alger... tandis que les agents restés en France ont probablement suivis les ordres du NEF.
En fait, je pense que comme tous les aures organismes du NEF, leur version du 2ème Bureau serait juste un résidu... quelques agents qualifiés, beaucoup d'incpables nommés par les différeantes cliques (doriotistes, lavalistes etc) incapables de travailler entre eux... bref un ramassis dénué de toute légitimité. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10778 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Ven Juil 05, 2024 20:58 Sujet du message: |
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Voici une série d'ajouts jusqu'en 1943. On peut sans doute faire mieux et il reste évidemment plusieurs mois à étudier pour de futurs passages.
J'attends vos remarques, notamment celles de nos marins pour l'aspect naval bien entendu.
Deux sources intéressantes (en plus de Wikipedia et autres sites) :
- La protection du renseignement britannique, américain et allemand pendant la Seconde Guerre mondiale (thèse)
- A History of U.S. Communications Intelligence during World War II: Policy and Administration
21 juin 1940 Avenir (modifs en rouge)
[…] le colonel S. Menzies (directeur du SIS [Note : Secret Intelligence Service britannique, plus connu sous le nom de MI6.])
[…] « Après décembre 1939, se souvient fièrement Rejewski, nous avions cassé à nouveau Enigma, avec un coup de main des Anglais. » [Note : En janvier 1940, le mathématicien anglais Alan Turing a passé plusieurs jours au PC Bruno, apportant du matériel qui ne tarda pas à se révéler fort utile.]
xx novembre 1940 Diplo-Eco (ajout)
Londres – Un accord secret est conclu entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, en vue d’échanges « sans restriction » de systèmes cryptographiques, de techniques de cryptanalyse, de radiogoniométrie, d'interception radio et d'autres questions techniques relatives aux communications. Les cibles sont les services diplomatiques, militaires, navals et aériens de l'Allemagne, du Japon et de l'Italie, voire de l’URSS. La participation française n’a pas été sans certaines réticences du côté de Washington, qui n’a pas encore une totale confiance en la stabilité du régime replié à Alger. Par ailleurs, il a fallu que Roosevelt passe outre la forte opposition de l’US Navy à l’idée d’une telle coopération internationale, pourtant soutenue par l’US Army.
Cet accord est donc un premier pas, mais il est encore limité par le fait que les Etats-Unis ne sont tout simplement pas en guerre et que leurs services de renseignements sont très divisés.
xx novembre 1940 Atlantique (ajout vers le 5 du mois)
Douvres – Le Lieutenant Commander Ian Fleming, du Naval Intelligence, est passablement dépité. L’opération Ruthless (« Sans pitié ») qu’il a minutieusement mise au point, vient d’être annulée. Il s’agissait de tenter de mettre la main sur la notice de la version navale de la machine à crypter allemande Enigma, que les analystes de Bletchley Park ont le plus grand mal à casser [Note : Les techniques de cryptage de la Kriegsmarine sont beaucoup plus élaborées que celles de Luftwaffe ou de la Heer, car les communications de ces dernières peuvent transiter sur le réseau téléphonique, moins vulnérable que les ondes radio].
Pour ce faire, un équipage parlant parfaitement l’allemand devait décoller à bord d’un Heinkel 111 capturé en février dernier [Note : L’appareil avait dû faire un atterrissage forcé après avoir été endommagé par un Spitfire.], rejoindre un raid ennemi sur le chemin du retour vers la France, puis simuler une panne de moteur et se poser dans la Manche après avoir lancé un SOS. Il suffirait alors aux Britanniques d’attendre d’être secourus par un navire allemand, neutraliser son équipage et rentrer en Angleterre, avec sa machine Enigma et sa documentation.
Néanmoins, les reconnaissances aériennes et la surveillance des communications ennemies n’ont pas permis de repérer le navire ennemi adéquat. Comme l’écrira plus tard un des responsables de Bletchley Park : « Turing et son équipe sont venus me voir il y a deux jours, comme des croque-morts à qui l'on aurait volé un beau cadavre, tout penauds de l'annulation de l'opération Ruthless ».
1er février 1941 Atlantique (modifs en rouge)
Le voyage des Vilaines Sœurs
Londres, Amirauté britannique – Les services de renseignements britanniques et la Résistance norvégienne ont repéré les Scharnhorst et Gneisenau dans le fjord de Bergen. Informée, l’Amirauté comprend évidemment de ce qui se trame. Elle mobilise le Hood, cinq croiseurs et onze destroyers pour tendre un écran d’interception entre l’Islande et les îles Féroé. Une seconde force est maintenue en alerte à Scapa Flow avec le Rodney, trois croiseurs, six destroyers et le groupe du Richelieu.
(Le King George V présent initialement dans le texte est à ce moment-là en train de revenir des USA, voir passage suivant.)
6 février 1941 Avenir (ajout)
Scapa Flow – En début d’après-midi, le cuirassé King George V achève sa première mission, l’opération Parcel (« colis », sans doute une marque d’ironie toute britannique) : il vient en effet d’effectuer un aller-retour aux Etats-Unis, où il a convoyé Lord Halifax, le nouvel ambassadeur nommé par Churchill.
Parmi les passagers à débarquer à Scapa Flow se trouvent deux officiers de l’US Army et autant de l’US Navy, qui prennent immédiatement la route de Bletchley Park. Avec leurs bagages se trouve une réplique, fabriquée par le Signal Intelligence Service de l’US Army, de la machine à crypter japonaise servant au code diplomatique Purple, ainsi que l’ont désigné les services américains. Ces officiers vont passer pratiquement trois mois en Angleterre, rencontrant l’équipe d’Alan Turing, mais aussi ses homologues français, avant de repartir avec un appareil de radiogoniométrie, une abondante documentation et une description détaillée de l’Enigma allemande.
Les interceptions de Purple menées depuis la Grande-Bretagne vont se révéler particulièrement importantes pour les Alliés, en raison des rapports détaillés sur les plans d’opération allemands que l'ambassadeur japonais à Berlin expédie régulièrement vers Tokyo. Les services d’espionnages britanniques envisageront bientôt d’expédier cette machine miraculeuse à Singapour.
xx april 1941 Diplo-Eco (ajout avant le 17)
Berlin – Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires Etrangères, reçoit une note en provenance de l’ambassade du Reich à Washington. D’après une source « totalement fiable », il s’avère que les Américains auraient cassé le code diplomatique japonais. L’identité de la personne à l’origine de l’information n’est bien entendu pas mentionnée [Note : Après-guerre, des études historiques démontreront que la source était très probablement rien moins que l’ambassadeur soviétique à Washington, le flamboyant mais surtout intriguant Konstantin Umansky.]. L’information est rapidement transmise à Tokyo, mais le Japon, confiant en la robustesse de son code, ne changera pas ses procédures. Et pourtant, le Signal Intelligence Service de l’US Army a bel et bien cassé, depuis plusieurs mois, le code Purple, ainsi que les Américains l’ont surnommé.
27 août 1941 Atlantique (ajout)
Sud de l’Islande – L’U-570 (Type-VIIC), lors de sa première mission, est surpris en surface par un Hudson de la RAF en patrouille ASM. Sévèrement grenadé, le sous-marin voit son alimentation électrique coupée, des infiltrations d’eau débuter et une intense fumée envahir les coursives. L'équipage inexpérimenté [Note : C’est une des conséquences de la croissance rapide de l’U-bootwaffe.] est incapable de réparer ces dégâts sont somme toute mineurs et le capitaine décide de faire surface. La mer étant trop agitée pour que le canon anti-aérien puisse être utilisé, un drapeau blanc est hissé. Les Allemands ignorent que l’avion ennemi a largué toutes ses grenades. L’équipage va commettre une erreur en signalant sa situation à l’amirauté allemande dans un message en clair, intercepté par les Britanniques. Ces derniers vont immédiatement dépêcher d’autres avions et plusieurs navires pour tenter de capturer le sous-marin, tout en empêchant d’autres U-boot d’intervenir.
Au bout d’une douzaine d’heures, l’U-570 est finalement capturé avec son équipage, qui a néanmoins détruit ou jeté à la mer les équipements sensibles. Mais même là, le manque d’expérience va se révéler, car plusieurs documents cryptés et leur contre-partie en clair, ainsi que le manuel du commandant de bord, seront saisis et ultérieurement transmis aux cryptanalystes de Bletchley Park.
Deux jours plus tard, l’U-570 sera remorqué jusqu’en Islande, puis échoué. S’en suivra un mois de réparation et d’essais, avec en prime la visite de deux officiers de l’US Navy, qui repartiront avec une torpille G7a.
Le sous-marin rejoindra un chantier naval britannique début octobre, sous l’œil des caméras des actualités Pathé. Contrairement à l’U-110 quelques mois plus tôt, il était inutile de chercher à dissimuler cette capture, car trop de monde avait été impliqué dans l’opération.
Après avoir été rebaptisé HMS Graph, il sera étudié dans ses moindres détails, y compris par les services de l’US Navy qui cherchent à évaluer les performances de leurs propres sous-marins. Churchill songera un temps à l’offrir aux Etats-Unis, puis à l’envoyer en Méditerranée avec un équipage yougoslave. Finalement mis en service par la Royal Navy, il effectuera quelques missions, devenant ainsi le seul U-boot à avoir été en service actif dans les deux camps pendant la guerre, avant d’être mis au rencart par manque de pièces détachées [Note : Contrairement aux batteries britanniques, celles des sous-marins allemands doivent être remplacées au bout d’une année de service, tandis que les moteurs MAN doivent être révisés régulièrement.].
Du côté de la Kriegsmarine, le destin de l’U-570 fut connu par le biais des communiqués de presse britanniques. Le Konteradmiral Erhard Maertens, chef du service de renseignements [Note : Maertens est un ancien sous-marinier de la première guerre mondiale.] fut chargé par le BdU d’une enquête de sécurité complète, devant s’assurer en premier lieu qu’Enigma n’était pas compromise. Ce n’était pas la première fois qu’une telle investigation serait menée ; c’est même la règle à chaque fois qu’un navire ou sous-marin est perdu dans des conditions douteuses, que des marins allemands sont capturés ou que les Alliés déjouent une opération de façon suspecte.
La perte du sous-marin était en grande partie due au manque d’expérience de l’équipage. La durée de la formation, qui ne dépassait pas deux à trois mois au début de la guerre, étant insuffisante au regard d’une opposition de plus en plus efficace de la part des alliés. Plusieurs U-boots furent en effet perdus lors de leur première mission. Il fut décidé de renforcer la formation et de disséminer des sous-mariniers vétérans au sein de chaque équipage novice.
27 septembre 1941 Atlantique (ajout)
Quadrille sous les tropiques
Baie de Tarrafal, Îles du Cap-Vert – Dans la nuit du 27 au 28, trois sous-marins allemands ont rendez-vous dans ce lieu isolé de la colonie portugaise, sur ordre du BdU. Après avoir attaqué avec succès un convoi ennemi, l’U-68 (Type-IXC) n’a quasiment plus de torpilles [Note : Plusieurs d’entre elles ont connu un défaut de fonctionnement, un problème qui a surtout sévi au début de la guerre.]. À bord de son sister-ship U-67, un marin nécessite des soins urgents. Enfin, l’U-111 (Type-IXB) est sur le chemin du retour vers la France, après avoir opéré entre Afrique et Amérique du Sud. Il pourra transférer ses dernières torpilles à l’U-68, tandis que le médecin de bord de ce dernier pourra soigner le malade de l’U-67, qui dans le pire des cas pourra être rapatrié à bord de l’U-111.
En Angleterre, la Naval Intelligence Division de Bletchley Park, suite à une interception Ultra, a décodé le message du BdU. Mais un des capitaines allemands a explicitement mentionné la Baie de Tarrafal : le lieu de rendez-vous est à présent connu [Note : la Kriegsmarine a mis au point un système de grille qui couvre toutes les mers du globe pour désigner toutes les zones d’opérations par un code.]. Malgré le risque de révéler que le code naval allemand a été cassé, l'Amirauté décide d'agir et dépêche sur place le sous-marin HMS Clyde (classe River), en mission dans l'Atlantique Sud.
Un peu avant minuit, la première partie du rendez-vous se passe bien : après avoir échangé salutations et informations, tout en faisant transférer les torpilles, les commandants des U-68 et U-111 décident de sortir de la baie en restant en surface, pour attendre l’U-67.
Au même moment, le HMS Clyde, également en surface, arrive à l'embouchure de la baie. Apercevant l'U-68, son commandant prépare rapidement une attaque à la torpille, mais avant que celles-ci ne puissent être lancées, ses vigies repèrent l'U-111 qui se dirige vers lui sur une trajectoire de collision. Au même moment, sur ce dernier, une homme sur le kiosque aperçoit le sous-marin anglais. Alors que celui-ci manœuvre pour faire face, le commandant allemand choisit de plonger en catastrophe plutôt que de risquer d'éperonner son adversaire, nettement plus gros que lui. L’U-111 passe ainsi à quelques pieds seulement sous la quille du Clyde. Celui-ci retourne rapidement à l'attaque du U-68, tirant une salve complète de six torpilles. Cependant, toute cette agitation n’a pas échappé au capitaine de ce dernier, qui repère aussi le sillage des torpilles : il réussit à les peigner in extremis, avant d’ordonner à son tour une immersion en catastrophe.
Deux des torpilles finissent leur course en explosant sur le rivage, tandis que le Clyde plonge également pour recharger. À ce moment-là, la baie de Tarrafal compte trois sous-marins, tous immergés, qui se cherchent à l'aide de leurs hydrophones.
Sur ces entrefaites, l’U-67, dont le capitaine s'attend à retrouver ses deux camarades, arrive sur les lieux. Alerté par les explosions à terre, il plonge à son tour pour tenter de détecter d’autres unités. Peu après, il entend des hélices s'approcher, mais ne voit rien au périscope. Il décide alors de faire surface et de gagner la haute mer. Ce faisant, il se retrouve sur une trajectoire de collision avec le Clyde, qui se dirige lui aussi vers la sortie de la baie. Jugeant qu'il est trop près pour une attaque à la torpille, son commandant décide d'éperonner l’U-boot, tandis que son adversaire, renonçant à un plongeon en catastrophe, ordonne machine arrière pour éviter l’ennemi qui lui arrive dessus. Il évite ainsi que son sous-marin ne soit coupé en deux, mais la proue du U-67 frappe l'arrière du Clyde. Ce dernier n'est pas gravement endommagé, mais la proue de l'U-Boot est pliée presque à angle droit par rapport à la coque ! Les protagonistes se dispersent en pleine mer et le calme retombe...
Le Clyde peut reprendre sa patrouille, mais ne parvient pas à rétablir le contact avec les sous-marins ennemis. Du côté allemand, l’U-67 n’est plus en état de poursuivre sa mission, car ses tubes lance-torpilles sont hors d’usage. Il reçoit l’ordre de rentrer en France, avec toujours à son bord – ça tombe bien ! – le marin dont l’état de santé a pour ainsi dire été à la source de cet incident rocambolesque. Le U-68 va pouvoir poursuivre sa patrouille, mais il devra au préalable récupérer les torpilles et une partie du carburant de son jumeau. Ce rendez-vous aura lieu – cette fois sans incident ! – dans une baie isolée de la côte ouest-africaine. L'U-111 rentre également à son port d'attache.
Quelques jours plus tard, à Berlin, une commission fera le bilan de cet incident. L'arrivée du sous-marin ennemi dans la Baie de Tarrafal le soir même où les U-Boot devaient se rencontrer fut considérée comme trop improbable pour être une coïncidence. Le Konteradmiral Maertens, chef du service de renseignements de la Kriegsmarine dû mener une nouvelle enquête de sécurité.
24 octobre 1941 Atlantique (ajout)
Ne changeons rien !
Berlin, siège de la Kriegsmarine – Le Konteradmiral Maertens a rendu ses conclusions à propos des « incidents » des mois précédents, depuis la perte du Bismarck et de des navires de soutien, la capture de l’U-570 et l’incident de la Baie de Tarrafal. Il affirme qu'Enigma est sûre, attribuant cet incident à l’utilisation par l’ennemi du radar et de la radiogoniométrie (Huff-Duff) par l’ennemi ou à des rapports transmis par des navires neutres. Il explique de la même façon le fait que les convois alliés évitent souvent leurs meutes de sous-marins.
Par ailleurs, Maertens n’arrive pas à croire que les Britanniques, s’ils avaient cassé le code naval allemand, auraient pu rater une telle occasion de couler plusieurs sous-marins. Il conclut ainsi : « L'inquiétude concernant la compromission de notre opération secrète n'est pas justifiée. Notre code ne semble pas avoir été cassé. », renforçant ainsi l'opinion générale prévalant au sein de l’Amirauté allemande, selon laquelle ses communications restent sûres. À vrai dire, l’amiral Dönitz a toujours reçu l’assurance de ses services qu’une attaque cryptanalytique ennemie constituait la faille de sécurité la moins probable. Pourtant, les failles existent bel et bien, car les opérateurs allemands ont la fâcheuse habitude de conclure leurs messages par des formules de salutations usuelles (telles que « Heil Hitler »).
Malgré tout, le BdU a ordonné au début du mois un changement de procédure, conduisant à un black-out du côté de Bletchley Park et Alger pendant plusieurs jours, le temps que les analystes s’adaptent à la nouvelle donne. À bord des sous-marins, les ordres devront dorénavant être imprimés avec de l'encre soluble dans l'eau, celle-ci devant aussi être utilisée pour les annotations sur les cartes.
Au final, l’avantage que possèdent les Alliés dans la guerre du renseignement reste précaire. Seule la trop grande confiance de la marine allemande envers son système Enigma a empêché des conséquences bien plus graves, du moins à court terme. L’U-bootwaffe préfère en effet ne prendre aucun risque et prévoit de mettre en service dans les mois prochains une nouvelle version de la machine Enigma (dite M4), ainsi qu’un nouveau standard de cryptage spécifique aux sous-marins.
28 octobre 1941 Atlantique (ajout)
Les Oncles Maléfiques prennent la plume
Bletchley Park – Les principaux responsables des équipes de décryptage [Note : Ils sont surnommés les « Oncles Maléfiques » par leurs collègues.], après constaté que leur personnel est au bord de la rupture, ont sollicité davantage de moyens humains et matériels. N’ayant obtenu aucune réponse satisfaisante par la voie hiérarchique, Alan Turing et ses collègues écrivent directement à Churchill, qui leur a rendu une visite – appréciée – au mois de septembre,
Leur technique de décryptage du trafic Enigma est efficace et, cet été, leurs efforts ont porté leurs fruits, car les pertes navales sont tombées sous les 100 000 tonnes par mois. Mais l’équipe manque de personnel, malgré le renfort à partir de mars d’un premier détachement de personnel du Women's Royal Naval Service [Note : Surnommées Wrens]. Par ailleurs, les « bombes » qui servent à décrypter le trafic sont encore trop peu nombreuses [Note : Cinq exemplaires étaient en service en juin ; elles sont à présent une quinzaine, mais ce nombre reste dramatiquement insuffisant.]. De nombreux messages ne peuvent être décryptés et les Allemands s’adaptent. Les « Oncles » terminent en précisant que leurs besoins restent très modestes par rapport aux effectifs et équipements des forces armées, alors que leur travail permet de sauver de nombreuses vies.
Ce courrier ne laissant pas Churchill indifférent, ce dernier rédige aussitôt le memo suivant : « Veillez à ce qu'ils aient tout ce qu'ils veulent en priorité extrême et faites-moi un rapport sur ce qui a été fait. » Les cerveaux de Bletchley Park n’auront pas connaissance de la réponse du Prime Minister, mais ils vont rapidement constater que toutes les difficultés rencontrées jusqu’à présent vont miraculeusement s’aplanir.
1er février 1942 Atlantique (ajout)
Bletchley Park – Les analystes de l’équipe d’Alan Turing sonnent l’alarme : une partie des messages radio cryptés de la Kriegsmarine reçus ce jour sont très différents de ce à quoi ils sont habitués. Comme ces messages concernent les sous-marins ennemis, ils suspectent immédiatement un changement de taille dans les procédures de l’U-bootwaffe. Les prochains jours vont leur donner raison : c’est l’introduction de la nouvelle version de la machine Enigma (dite M4, avec un quatrième rotor de cryptage) qui les empêche de décrypter le trafic radio opérationnel des U-boot. Pendant de nombreux mois, les Alliés vont subir un black-out qui aura des conséquences dramatiques, car ils ne sont plus capables d’anticiper les déplacements des sous-marins allemands. Les pertes de navires marchands vont ainsi grimper en flèche.
Néanmoins, ce changement avait été anticipé, car des documents saisis l’année dernière avaient fait référence à l’ajout du quatrième rotor. Il n’en reste pas moins que les Alliés vont devoir rapidement s’adapter, en développant des nouvelles « bombes » cryptographiques rapides, sous peine de perdre un nombre d’heures considérable à décoder chaque message.
Le succès croissant des attaques en meute dans l’Atlantique aurait pu donner aux Allemands un indice sur le fait que le trafic codé avant la modification était vulnérable. Mais la conclusion qui en avait été tirée à Berlin était toute autre et surtout simpliste : les États-Unis étaient entrés en guerre et les nombreux navires quittant ou rejoignant la côte Est constituaient des proies faciles.
Ce changement au niveau Enigma (OTL!) a des conséquences pour les mois suivants, car on ne peut plus invoquer Enigma. Je modifie donc les passages suivants.
10 janvier 1942 Méditerranée (modif)
Pendant ce temps, les reconnaissances aériennes permettent aux états-majors français et britannique de suivre à la trace un convoi de ravitaillement se rendant de Salonique au Pirée.
(et non plus les déchiffrages d’Enigma)
11 février 1942 Atlantique (modif)
L’Amirauté britannique s’attend bien à une sortie imminente de la flotte allemande, car elle a détecté la concentration des navires d’escorte. La Résistance a également remonté des rumeurs – glanées dans les bars de Brest ! – indiquant que les canonniers des deux cuirassés étaient récemment à l’entraînement en Baltique.
(et non plus les écoutes Enigma)
x mai 1942 Diplo-Eco (ajout à la fin du mois)
Londres – Suite à l’entrée en guerre de Moscou aux côtés des Alliés, Churchill ordonne l'arrêt des opérations d’espionnage au détriment de l’URSS. Le renseignement britannique avait pourtant œuvré depuis les années 1920 à casser les codes militaires soviétiques, en y consacrant parfois plus de moyens par rapport aux opérations contre l’Allemagne.
Les services britanniques vont néanmoins rester très prudents quant aux renseignements transmis à ce nouvel allié jugé peu fiable et par ailleurs fort peu coopératif. Malgré ces précautions, Londres est en réalité déjà en position de faiblesse par rapport à Moscou, car les plus hauts échelons du renseignement et du pouvoir britanniques ont infiltrés, dès avant la guerre, par un réseau d’espions au service de l’URSS. Ce dernier sera surnommé, bien plus tard, les « Cinq de Cambridge ».
2 octobre 1942 Diplo-Eco (ajout)
Washington – Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France signent « l’accord Holden » [Note : Du nom du directeur des communications de l’US Navy.], qui tente d’organiser les rôles de chacun en matière de communications et de renseignements navals.
Les Américains auront l’exclusivité de l’analyse des codes japonais, notamment le fameux JN-25, sur lesquels les Britanniques ont fait énormément de progrès. À l’inverse, les théâtres Atlantique et Méditerranée seront sous responsabilité partagée, ce qui démontre que Washington est en train de prendre l’ascendant sur ses deux alliés majeurs. Les normes de sécurité retenues sont néanmoins conformes aux standards franco-britanniques.
En réalité, toutes les difficultés ne sont pas aplanies, notamment par le fait que toutes les branches des forces armées ne sont pas concernées et que les termes de l’accord restent assez vagues. Par ailleurs, De Gaulle est réticent à placer le renseignement français pour ainsi dire sous tutelle d’une puissance, certes amie, mais étrangère.
xx novembre 1942 Diplo-Eco ou Avenir (ajout)
Washington – Le cryptanaliste Alan Turing arrive aux Etats-Unis pour un séjour de plusieurs mois. Il doit travailler avec ses alter-égo américains sur la machine Enigma et les « bombes » qui permettent de décoder les messages cryptés de la marine allemande.
La faiblesse de la production de « bombes » britanniques a en effet décidé les Etats-Unis, plus précisément l’US Navy, à se lancer dans la course. Ayant reçu les plans d’Enigma de la part de Bletchley Park en juillet, la marine américaine a proposé d’allouer deux millions de dollars début septembre, enveloppe aussitôt approuvée.
La « bombe » américaine, initialement entièrement électronique, devait être achevée avant la fin de l’année. Toutefois, ce concept fut rapidement jugé infaisable et un plan révisé fut approuvé pour une machine électromécanique. Et qui mieux qu’un fabricant de caisses enregistreuses pour produire un tel appareil ? C’est ainsi que les locaux de la NCR (National Cash Register), basée à Dayton, dans l’Ohio, hébergèrent de façon confidentielle le U.S. Naval Computing Machine Laboratory.
Turing sera peu emballé par l’approche américaine, que l’on peut qualifier de « force brute », car chaque appareil équivaut à 16 machines Enigma M4. Le Britannique pourra néanmoins démontrer qu'il n'était pas nécessaire de produire un très grand nombre d’appareils, grâce à l’utilisation judicieuse de techniques mathématiques.
3 mai 1943 Avenir (ajout)
U.S. Naval Computing Machine Laboratory, Dayton, Ohio – La première « bombe » cryptanalytique américaine, qui doit contrecarrer l’Enigma M4 allemande, est testée avec succès, se révélant beaucoup plus rapide que son équivalent britannique. Un peu plus d’une centaine doivent être produites, dont une petite partie sera envoyée aux Britanniques et aux Français.
17 mai 1943 Diplo-Eco (ajout)
Suite à la visite en avril de plusieurs hauts responsables du renseignement américain auprès des services alliés, à Bletchley Park d’abord, puis Alger ensuite, un nouvel traité est signé entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Il vient clarifier les termes de l’accord Holden de novembre 1942, en précisant comment doivent se dérouler les échanges de personnels, ainsi que le stockage et la répartition des informations sensibles.
La création de cette alliance de sécurité sans précédent sans l’histoire est l’aboutissement d’un souhait de Winston Churchill remontant au tragique juin 1940, lorsqu’il voyait la Grande-Bretagne se retrouver seule face à l’Allemagne. Il ne semblait alors pas évident que la France allait pouvoir faire autre chose que se contenter de survivre, arque-boutée sur son empire. De son côté, Washington semblait largement isolationniste et ses services divisés et inaptes à remplir leur mission. D’ailleurs, le MI6 s’était à cette occasion révélé fort utile pour sonder les intentions de Roosevelt et petit à petit faire en sorte que les Etats-Unis se dotent d’un service renseignement centralisé et anglophile.
23 septembre 1943 Méditerranée (modifs en rouge)
[...] Les analystes franco-polonais d’Alger et les Britanniques de Bletchley Park sauront utiliser ces nouvelles données, qui ne sont toutefois, vu la supériorité alliée, plus aussi déterminantes qu’en 1941. L’U-377 sera remorqué discrètement jusqu’à Toulon.
Annexe D B1 (modifs en rouge)
Un rapport venant de Berne, où ces informations étaient arrivées par des voies discrètes, fut déposé début novembre sur le bureau du Lieutenant Commander Ian Fleming, du Naval Intelligence à Londres. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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