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Bataille de France, Mai 1944
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 13213
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MessagePosté le: Mar Juil 11, 2023 18:42    Sujet du message: Répondre en citant

Ah ben je me sers des photos (pour mon boulot) mais j'ai jamais regardé les cartes.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Bob Zoran



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Messages: 292

MessagePosté le: Mar Juil 11, 2023 19:06    Sujet du message: Répondre en citant

Les numéros de route actuels sont souvent transparents de l'ancienne numérotation.
Si ça commence par RD9XX en général ça sent bien la nationale qui a été déclassée en 1972. Et le XX suivant le 9 récupère souvent le numéro de la dite nationale.
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Heorl



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Messages: 717

MessagePosté le: Mer Juil 12, 2023 09:29    Sujet du message: Répondre en citant

Pour Bradley : certes, il n'y a pas de Skorzeny dans le coin. Mais nous sommes à Bergerac le 19, le front n'a quitté la zone que depuis quelques jours et plusieurs unités allemandes ont été dispersées. Il y a encore des égarés de la 265. ID qui battent la campagne à l'ouest, et un peu de tout ce qui n'a pas réussi à se barrer avec les divisions en retraite : quelques Feldgendarment, quelques Sipo par ci par là, bref il y a matière à être soupçonneux.

Surtout que la situation est étrange pour un simple soldat : il s'agit probablement d'un homme servant au sein des unités organiques du 4th US Corps, pour lui son chef c'est le "grand chef", point. Au-dessus oui il y a du monde mais qu'est-ce qu'ils viendraient faire ici ? Ergo, soupçon, zèle et erreur.

Quant à la réaction de Bradley, l'homme était notoirement équanime et patient (avec un sens de l'humour très Ivy League cependant et un relationnel compliqué avec ses subordonnés quand il était trop près d'eux). Peu de chances donc qu'il s'énerve face à un simple soldat qui ne fait au fond que son travail.
_________________
"Un sub' qui s'ennuie, c'est un sub' qui fait des conneries"
Les douze maximes de l'adjudant-chef

"There's nothing more dangerous than a second lieutnant with a map"
US Army adage
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FREGATON



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MessagePosté le: Jeu Juil 13, 2023 11:41    Sujet du message: Répondre en citant

Petit retour sur le 18 mai et l'USS Texas

Citation:
Le Texas poursuit de son côté son duel avec la Hamburg – il encaisse un nouvel obus de 280, qui frappe les quartiers de l’équipage… mais ne pénètre pas le blindage.

Pour illustrer:





En fait l'obus allemand de 240 a pénétré la coque sans exploser, au retour en Angleterre l'obus à été désamorcé puis extrait de la brèche et récupéré comme trophée
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La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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Kenneth MacKenzie



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MessagePosté le: Ven Juil 14, 2023 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

détail

Dernière édition par Kenneth MacKenzie le Lun Juil 17, 2023 20:52; édité 1 fois
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Heorl



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MessagePosté le: Ven Juil 14, 2023 21:43    Sujet du message: Répondre en citant

Kenneth MacKenzie a écrit:
Casus Frankie a écrit:
19 mai

Front sud
Opération Arrowheads

Un des soldats, énervé, arrose les façades au Mauser et les habitants se mettent à l’abri.


Armement mal choisi

Pour rester dans l'image, tu arroses avec un goutte à goutte...

Même avec un Gewehr 43 semi auto on ne pourrait pas parler d'arrosage, je pense.

Et comme à la première balle tirée tout le monde se planque, pas besoin de tirer une seconde fois...

remplacer le Mauser par une MP40?

Le diable se cache toujours dans les détails.


Casus, je propose la modification suivante :

"Parmi les soldats, la tension est grande, et évidemment, au bout de quelques minutes les nerfs d'un des Landsers craque et il fait feu avec son Mauser sur les façades, repris par ses camarades."
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Casus Frankie
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Messages: 15562
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 09:12    Sujet du message: Répondre en citant

20 mai
Opération Overlord
Fin de partie à Cherbourg
Cotentin
– Le baroud de l’amiral Walter Hennecke n’aura pas duré bien longtemps. Avant l’aube, les forces de la Kriegmarine offrent à leur tour leur reddition – en ayant cependant soigneusement détruit ou saboté tout ce qui était encore à leur portée et aurait pu servir à l’ennemi.
La chute de Cherbourg a donc eu lieu moins de 48 heures après le bombardement naval qui a visé la ville. L’US Navy a donc notablement contribué à prendre Cherbourg. A ce sujet, juste après l’intervention de la flotte alliée, Reichert avait envoyé à ses chefs un message radio des plus alarmants, dans lequel il indiquait que sa résistance était en train de devenir « inutile, en raison du feu intense que nous subissons depuis la mer ». L’amiral Hennecke, en homme du métier, parlera bien plus tard d’un « bombardement naval d’une férocité jusqu’alors inégalée ».
L’affaire laissera des traces dans toute la Wehrmacht – on en parlera même dans le journal Front und Heimat, lequel invitera ses lecteurs à prendre garde au rôle de la flotte alliée, donnant à leurs adversaires « un avantage particulier » grâce à des navires pouvant servir à tout moment d’artillerie flottante. « Un torpilleur a la puissance de feu d’une batterie d’obusiers et un destroyer celle d’une batterie d’artillerie. Un croiseur équivaut à un régiment. Quant aux cuirassés équipés de canons de 38 à 40 cm n’ont pas d’équivalent dans la guerre terrestre. Ils ne peuvent être défiés que par une concentration inhabituelle de batteries très lourdes. » A ce sujet, il faut admettre que les batteries côtières allemandes n’ont pas pu faire grand-chose : leur visée était gênée par les fumées, leurs radars brouillés, les bombardements constants, et surtout (mais les Allemands l’ignoraient)… leurs munitions étaient défectueuses, ce qui explique d’ailleurs en partie le peu de gravité des dommages subis par les navires alliés (1) ! La synthèse publiée par le journal allemand s’achève sur un mot de Gerd von Rundstedt en personne, précisant que l’appui-feu naval allié est « flexible et bien dirigé [en] soutien des troupes terrestres (...) allant du cuirassé au destroyer (…) telle une artillerie rapidement mobile, constamment disponible, en défense contre nos attaques comme en soutien aux attaques [alliées]. L’ensemble est habilement conduit par des observateurs aériens et terrestres, et dispose d’une grande capacité de tir rapide à distance. » En face, Eisenhower commentera plus sobrement dans ses mémoires : « l’assaut final a été matériellement assisté par des tirs navals puissants et précis. »
La rade est donc sécurisée – malheureusement, il parait improbable qu’elle puisse servir à quoi que ce soit avant plusieurs semaines. Les défenseurs du Reich ont bien fait leur travail (2) ! En attendant, il faudra faire avec les Mulberries… et tâcher de libérer un autre port.
Néanmoins, la chute de la Festung Cherbourg libère enfin le VIIth Corps, lequel va pouvoir descendre vers le sud pour des tâches plus gratifiantes. Joseph Collins ne laisse dans le Cotentin que des unités du génie afin d’entamer la reconstruction, ainsi que des forces de couverture chargées d’assiéger les autres batteries et positions côtières de la péninsule. Elles tomberont toutes dans les cinq jours – la fameuse batterie Hamburg dès le soir du 20. Pour le reste, cap sur la Loire !

La libération de la Bretagne
Ille-et-Vilaine
– Journée de transition pour l’armée américaine dans ce secteur – après la coûteuse embuscade subie à Saint-Grégoire, la 4th Armored de John Wood reste incapable d’arracher Rennes à l’occupant nazi, faute d’infanterie. La 83rd Infantry Thunderbolt de Robert Macon continue de jouer les utilités devant Saint-Malo – où les premiers paras de la 101e arrivent à peine – et surtout devant Dinan, toujours rudement bombardée. La seule chose qui calme l’ardeur des artilleurs américains est un certain manque de munitions : c’est qu’en théorie, la 83rd occupe tout de même ce qui ressemble beaucoup à un saillant aventuré en territoire ennemi.
Wood est donc contrarié – ce d’autant plus qu’il a régulièrement au bout du fil son chef Joseph Collins, lui-même harcelé par Patton afin qu’il « règle le problème de cette p… de Bretagne, à présent que le problème de cet en…ré de Reichert est réglé ». Une instruction explicite, qui se passe de commentaires.
La 4th Armored doit donc contourner Rennes. Oui, mais par où ? Pour Wood, la solution la plus logique serait de se diriger vers Châteaubriant, au sud, pour pouvoir ensuite viser Nantes et Saint-Nazaire. C’est loin (100 kilomètres) mais toujours moins loin que Brest. L’ennui, c’est que cette manœuvre fait aussi défiler ses Sherman devant les lignes ennemies ! Au surplus, la remontée rapide des troupes de Bradley depuis le sud rend cette solution beaucoup moins attrayante aux yeux du chef de la 1st US Army – pourquoi consacrer une division blindée à tendre la main à son confrère ! Alors, marcher vers Laval, plus à l’est ? Aucun intérêt : la chevauchée du VIIIth Corps et des Anglo-Canadiens démontre que la route de Paris comme d’Orléans est déjà ouverte ou en passe de l’être.
Va donc pour l’ouest et la péninsule bretonne. Les engins du 37th Tank Bataillon se portent dans un premier temps vers Saint-Gilles, visant la N12 jusqu’à Saint-Méen-le-Grand, avant sans doute d’emprunter les petites routes du Morbihan menant à Vannes. Derrière, l’artillerie continue de pilonner par intermittence les positions du colonel Eugen König, à Rennes. Lequel constate, à sa grande surprise et à son (au moins aussi) grand soulagement, que l’assaut tant craint ne vient pas. La ville n’étant pas encerclée, il en profite pour tenter d’évacuer ses derniers non-combattants – administratifs, blessés… – et ses captifs. Il lui reste environ 800 « terroristes » et 400 prisonniers de guerre à transférer vers l’Allemagne. Et tout en préparant ces convois, König n’oublie pas de demander à ses chefs l’autorisation de filer pour lui et ses hommes…

Gigue vers la Seine
Mayenne
– Le Vth Corps continue de glisser sous la pluie et sans plus rencontrer de résistance, sinon quelques barrages improvisés par des retardataires là où le Destin les a abandonnés. La 29th Infantry Blue and Gray (Charles Gerhardt) a ordre de s’emparer de Mayenne – au moins de sa rive est, et idéalement d’une tête de pont à l’ouest de la rivière éponyme. Tâche plus difficile qu’en apparence ! Car la rivière n’est traversée que par quatre ouvrages, d’abord. Ensuite, l’Occupant semble avoir décidé de s’accrocher à ce carrefour – celui-ci dessert plusieurs routes de salut venant de Bretagne, actuellement utilisées par une foule d’éléments divers, mais tous en fuite !
Gerhardt n’a pas de moyens de franchissement suffisants pour traverser la Mayenne. Il doit donc s’emparer d’au moins un ouvrage intact. Alors, tout en préparant un assaut de nuit, il reste pour l’heure en périphérie de la localité vers Ambrières et Oisseau, à la recherche d’un plan…
Heureusement pour l’Américain, les GI ne sont pas seuls : un groupe de huit maquisards commandés par René Justin – chef d’un réseau d’espionnage et d’évasion – est venu spontanément à eux à Domfront-en-Poiraie, avec un grand nombre de renseignements sur les positions adverses. Cette démarche a d’ailleurs permis d’éviter d’écraser Ambrières sous un bombardement d’artillerie prévu le jour même, à titre de précaution… L’homme est crédible. Il est utile, concis, efficace – il parle bien aussi. Au point de pouvoir conférer – après plusieurs rapports – avec Patton himself, sous une tente quelque part sur la route de Flers. The Old Man – qui apprécie toujours autant ces Français aussi mordants que lui – veut bien faire confiance à Justin. Et il fait placer son groupe en tête de colonne. Dès cette nuit, ils devront s’infiltrer en ville et gratter par surprise un point de passage aux Huns…

Normandie – La 2nd Infantry Indian Head (Walter Robertson) atteint Lalacelle et se scinde en deux colonnes dirigées respectivement vers Alençon et Sées – l’une pour ouvrir la route d’Orléans, l’autre pour soutenir les forces en train d’écraser ce qu’il reste d’Allemands un peu plus au nord. Derrière, la 30th Infantry Old Hickory (général Leland Hobbs) continue de border les forces britanniques sur sa gauche et glisse vers Rânes, afin de bien ratisser tout ce qu’il pourrait subsister de traînards dans la campagne.
Devant, le LXXXI. ArmeeKorps d’Adolf Kuntzen achève de se désintégrer sous les coups de la 2e DB française, qui pousse et ferme la route vers Gacé en dépit d’une pluie tenace. L’unité de Leclerc fait finalement la jonction avec la 7th Armoured Division de George Erskine en fin de journée, sur une route de campagne quelque part à l’est de Trun. Ce qui subsistait de forces allemandes dans le secteur est donc à présent anéanti : une semaine d’affrontements intenses a permis de détruire l’équivalent de trois voire quatre divisions d’infanterie. Hanskurt Höcker (15. Feld Division) a réussi à fuir, mais Curt Jahn (feu la 709. ID) est capturé. Quant à Adolf Kuntzen, la dernière fois qu’on a vu sa voiture, elle filait vers Dreux, à vive allure et avec une escorte des plus légères !
C’est maintenant à la 3rd Infantry de Tom Rennie, puis à la 53rd Infantry Welsh de Robert Knox Ross, de stabiliser un nouveau front sur une ligne Saint-Pierre-en-Auge – Vimoutiers – Sées. Car les lignes sont encore poreuses : nous ne sommes pas sur le Front de l’Est ; la campagne est relativement accueillante, les distances praticables à pied. Les jours suivants, ce sont des dizaines de groupes, de sections, voire de soldats isolés qui marcheront dans la nature, sans perspective autre que de se diriger vers l’est à la boussole ou au soleil, en espérant éviter une mauvaise rencontre.
Pendant ce temps, les 15th Infantry Scottish (Gordon MacMillan), 6th Airborne (Richard Gale) et 50th Infantry Northumbrian (Douglas Graham) continuent de repousser les débris de la 709. ID (moins d’un régiment), de la 36. Panzergrenadier et de la 4. Fallschirmjäger (toutes deux très entamées) vers Orbec, au-delà de l’Orbiquet. Lisieux tombera dans la nuit, abandonnée par l’Occupant. Panzergrenadiers comme parachutistes reculent vite – ils seront au Neubourg dans la nuit.
Et ils ont raison de se dépêcher ! Sur la côte, le Ier Corps canadien d’Harry Crerar continue de progresser le long de la Seine vers Bourg-Achard et approche de Rouen. Rouen, où la 26. Panzer de Smilo von Lüttwitz arrive justement, pour passer le fleuve en traversant une cité en état de siège. C’est qu’il va bien falloir quelqu’un pour défendre la rive droite de la Seine, au moins pour les jours à venir.
Les Nations Unies triomphent donc définitivement en Normandie. Pourtant, au grand étonnement des Britanniques, les Français de ce Leclerc ne paraissent pas plus heureux que cela de leur réussite commune. Ils ont l’esprit ailleurs – plus à l’est. C’est compréhensible… mais les officiers paraissent franchement inquiets. Pire : ils communiquent ce sentiment à toute la troupe. Avant la nuit, la rumeur d’un possible bain de sang dans la capitale enfle démesurément. Les chars français pivotent alors d’un coup vers l’est et commencent à rouler vers Laigle, sans en avoir pourtant reçu l’ordre de l’état-major allié. Quant à Leclerc de Hauteclocque, il paraît désormais injoignable !

Le coup de trop
Saint-Cyr-l’Ecole
– Le général Friedrich Dollmann, commandant d’une VII. Armee désormais bien théorique (un de ses AK est détruit, les deux autres sont enfermés dans des Festungen) apprend le dénouement des opérations près d’Argentan en fin de journée, alors que la reddition de Cherbourg est claironnée depuis la veille par toutes les radios alliées.
Après un entretien téléphonique avec Rundstedt où – selon son aide-de-camp – le mot Kriegsgericht (cour martiale) a été prononcé, Dollman, comme victime d’un coup de massue, s’enferme dans son bureau. Dans la soirée, on s’inquiète – le général n’est pas descendu dîner. L’aide de camp prend sur lui de pénétrer dans la pièce, silencieuse et plongée dans l’obscurité. Dans la pénombre, il entrevoit une silhouette effondrée sur la table de travail…
………
« Aujourd’hui encore, il n’est pas sûr que le général Dollmann se soit suicidé par empoisonnement. L’hypothèse reste bien sûr éminemment crédible : devant l’effondrement total que venait de connaitre l’armée allemande en Normandie, et avec l’ambiance régnant depuis Walkyrie dans la Wehrmacht – voire dans le Reich en général ! – il paraissait évident que Berlin allait vouloir trouver un bouc émissaire du désastre. Manstein avait déjà payé en janvier, avant même l’attentat, puis ç’avait été le tour de von Weichs, en mai. Il paraissait évident que Friedrich Dollmann, officier de tradition assez éloigné de l’idéal nazi donné en exemple depuis le 15 mars, allait suivre. Et aussi que, pour lui, ce serait pire, attendu qu’il ne disposait ni des appuis, ni du grade pouvant le protéger. Il est donc très vraisemblable que le chef de la 7. Armee, désespéré, ait préféré la mort à un procès truqué et humiliant, lequel aurait pu, en outre, entraîner sa famille dans la déchéance.
Pourtant, bien plus tard, Gerd von Rundstedt proposera une autre version des faits ! Le maréchal admettait volontiers (comme souvent, après la guerre !) la responsabilité de Hitler – lequel, « enragé au-delà de toute raison », aurait promis la corde à Dollmann. Mais Rundstedt prétendit avoir réussi à protéger son subordonné et à sauver sa vie à défaut de son commandement. Le coup de fil évoqué par l’aide de camp de Dollman ne lui promettait donc pas la cour martiale, mais bien d’éviter celle-ci, remplacée par une simple disgrâce (avec un possible remplacement par Paul Hausser, pourtant alors sur le front de Pologne). Et Dollmann serait alors mort d’une attaque consécutive à une forte poussée de stress, bien compréhensible à ce moment.
Nous savons que Rundstedt a consacré ses dernières années à se poser en défenseur d’une armée allemande victime de ses chefs politiques. Alors, Dollmann : victime involontaire de Walkyrie ou simple malchanceux ? Il nous parait impossible de trancher. Les deux hypothèses ne sont pas complètement exclusives, du reste. Elles n’en disent pas moins quelque chose du délabrement de l’armée allemande, de son moral, et de la déliquescence globale de son corps d’officiers, condamnés à vaincre ou mourir – la première option s’avérant désormais visiblement inaccessible. »

(Jean-Jacques Picassier, La chance du démon, Tallandier 2008)

La 16. Panzer enfin réunie en Normandie
Evreux
– La colonne Collins rejoint celle de Back dans la nuit, à mesure que la Panzer Lehr arrive à Dreux pour prendre position en relais de ses engins.
La 16. Panzer est enfin rassemblée après une odyssée de neuf jours à travers une France en état d’insurrection larvée, alors qu’un rouleau compresseur nommé Auchinleck s'élance depuis la Normandie pour rejoindre un autre rouleau compresseur nommé Frère, lequel remonte du tiers sud de l’Hexagone afin de prendre en tenailles une grande partie de l’armée allemande en Europe de l’Ouest. Pendant le trajet, plus de cent cinquante soldats ont été tués ou mis hors de combat. Une demi-douzaine de SdKfz et une dizaine de camions jonchent les champs et chemins bourguignons et cinq Panther ont été ponctionnés pour la défense du Groß Paris. Mais surtout, les pertes subies durant Lüttich n’ont pas été compensées – en bref, la 16. Panzer ne possède plus guère que 60 % de sa force théorique.
La question, désormais, c’est : que fait-on ?

La Panzer Lehr dans le doute
Dreux
– Cette question, le général Fritz Bayerlein ne manque pas de se la poser aussi. Sa précieuse division d’élite (qui n’est pas en bien meilleur état que la 16. Panzer) se retrouve quatre-vingts kilomètres en avant de la ligne de défense décrétée par le commandement, sous le nez d’un adversaire visiblement aussi nombreux que bien armé… Et voilà qu’il apprend que l’infanterie dont il était supposé couvrir la retraite s’est fait exterminer du côté d’Alençon !
On le comprend, le Bavarois est inquiet. Combattre pour le Reich, périr peut-être – oui. Mais pour le Reich, donc pas en vain. Faute de reconnaissances aériennes, l’incertitude demeure quant aux positions des pointes adverses : le brouillard de la guerre est opaque. Aussi, malgré sa répugnance – tant pis pour sa réputation – Bayerlein sollicite du QG de la Westheer des instructions pour une manœuvre de redéploiement en tiroir, qu’il suggère coordonnée avec Back, afin de couvrir les abords du Groß Paris respectivement du côté de Mantes-la-Jolie, au nord-ouest, et d’Etampes, au sud-ouest. Certes, c’est aussi libérer la route directe à l’ouest de la capitale française – mais la bagarre en milieu urbain dense n'est pas l’affaire des panzerdivisions… lesquelles n’oublient pas non plus qu’on leur a confisqué quelques Panther en transit. Que la piétaille du gouverneur Kittel se débrouille. Pendant ce temps, la Panzerwaffe fera son métier – à savoir, manœuvrer. Evidemment, avec les événements en cours, Bayerling n’aura pas de réponse cette nuit…

Front sud
Opération Arrowheads
Sud de la France
– Deuxième jour de pluie sur l’ouest de la France. Deuxième jour de paralysie pour l’aviation alliée, donc un jour de plus qui facilite les mouvements de l’ennemi. Et d’après les météorologues, on ne verra pas d’embellie avant le 22. Ces nouvelles feraient enrager un général au tempérament explosif comme Patton, mais Bradley et ses adjoints à la 7th Army sont juste déçus – et même pas très mécontents : l’USAAF ne pourra pas s’attribuer les succès du jour, ce qui fera taire certaines mauvaises langues à Bordeaux.
………
VIIIth Corps US, Charente – Au sein de la 7th Army, le VIIIth Corps mène pour l’instant au score, tant en unités ennemies mises en déroute qu’en territoire libéré. Son chef compte bien maintenir cette avance, ne serait-ce que par un sain esprit de compétition avec ses collègues. Et puis, cette offensive ne ressemble pas trop à un véritable combat – elle tourne même à une gigantesque partie de chasse à courre. L’objectif pour le VIIIth Corps est donc de border les Festungen de Royan et La Rochelle, déterminer leurs faiblesses et si possible les réduire sans trop détruire les villes, ce que leur ont poliment fait savoir les Français, qui vont déjà avoir fort à faire pour reconstruire Lyon, Cherbourg et sans doute d’autres villes après la guerre. Mais le travail de forteresse sera réservé aux divisions d’infanterie.
Geoffrey Keyes ordonne donc d’entamer à 5h00 un roque entre la 85th Infantry et la 2nd Armored – la manœuvre doit commencer à 7h00 au plus tard. La 85th Infantry Custer (John Coulter) reçoit l’ordre de tenter de négocier avec la 159. ID enfermée dans Royan et de couvrir La Rochelle, où se trouve la 349. ID. Pendant ce temps, la 2nd Armored (Edward Brooks) poursuivra la 265. et la 245. ID vers le nord.
L’ennemi n’essaie même pas de maintenir une liaison entre les deux supposées forteresses, au grand dam de Coulter qui aurait bien aimé pouvoir réduire encore leurs moyens avant leur retrait dans des positions préparées. Cependant, ses éclaireurs lui donnent des nouvelles encourageantes en ce qui concerne Royan : la 159. ID n’est pas une unité de première ligne, mais une unité de réserve, peu manœuvrante et manquant de moyens lourds. Elle semble avoir établi trois môles défensifs à Saujon, Médis et Saint-Georges-de-Didonne, avec des positions avancées sur Le Chay, Semussac et Meschers-sur-Gironde. Le pont de La Tremblade a été détruit et des éléments montent la garde sur l’estuaire de la Seudre. Des éléments de la… 265. ID ? Mais celle-ci est en train de fuir devant Brooks ! Il ne s’agit évidemment plus d’un adversaire majeur. Une petite moitié de la Custer manœuvre donc pour envelopper La Rochelle, alors que le reste de la division et en particulier le gros de l’artillerie prend position devant Royan. Coulter prévient aimablement son adversaire qu’il sait sa position précaire et qu’il a les moyens de l’écraser en un ou deux jours, mais cet adversaire sait que ces deux jours sont justement cruciaux pour permettre la retraite du gros de la 1. Armee et ne veut rien entendre.
Vers La Rochelle, les GI entrent dans Rochefort et sont accueillis en héros par la population. Certains auront la chance de repartir avec une petite cordelette offerte en souvenir par les ouvriers de l’ancienne Corderie Royale (3). On trouve aujourd’hui à Fort Brening parmi les reliques de l’infanterie américaine un vrai bout marin offert à Coulder par la Corderie après la guerre. Une petite section de reconnaissance se rend sur Oléron avec l’aide du chalut d’un marin de Fouras : les positions allemandes ont été abandonnées car indéfendables. Toute l’île est donc officiellement libérée par une unique section, portée en triomphe dans les différents villages et qui repartira avec… quelques problèmes digestifs, après avoir été toute la journée invités à déguster des églades de moules marinières. Vers 20h00, la 85th enveloppe entièrement la 349. ID, qui s’est retranchée dans la ceinture périurbaine de La Rochelle et dont le flanc gauche est couvert par le marais poitevin, où n’importe quelle unité aurait du mal à opérer.
Quant à la 2nd Armored Hells on Wheels (Brooks), elle est sur les talons d’un ennemi qui tente encore de se faufiler vers l’est. Se déployant de plus en plus largement, son aile gauche libère peu après midi Saint-Jean d’Angély, où elle retrouve les traces des restes de la 265. ID passée par la ville dans la matinée, puis elle atteint Surgères dans la soirée. Le centre et l’aile droite de la division poursuivent la 245. ID jusqu’à Chizé et Bioux-sur-Boutonne, où l’ennemi n’apparaît toujours pas. Brooks, perplexe, finit par comprendre que son adversaire a dû vouloir passer d’abord par Niort avec la 265. ID. Il va donc pouvoir les intercepter à Saint-Maixent. Poussant son unité, Brooks parvient à mettre en position les deux tiers de sa division sur une ligne Saint-Maixent-La Motte Saint-Héray. Demain, son ennemi sera contraint au combat, et il le détruira. Seule ombre au tableau, l’échelon de soutien logistique et matériel lui indique que près de la moitié de ses chars et camions peuvent tomber en rade à n’importe quel moment, par fatigue mécanique ou en panne d’essence, les réserves ayant atteint leur étiage ! La 2nd Armored a encore deux jours d’essence avant d’être forcée de s’arrêter. De plus, les hommes sont épuisés, ayant cavalé près de douze heures. Mais Brooks a atteint son objectif principal : coincer son adversaire. Et en face, il en est à peu près certain, les Landsers ne sont pas plus frais ! Il a raison : Düvert et Sander, poussant leurs troupes, entrent dans Niort à la tombée de la nuit et laissent reposer leurs hommes quelques heures. La plupart s’endorment comme des masses, mais quelques autres, ayant perdu tout espoir de revoir le Heimat, se livrent à diverses déprédations, surtout après avoir pillé une cave à vin proche de la gare. Pour « rentrer plus vite en Allemagne », une dizaine d’hommes tentent de mettre en marche une locomotive sabotée par les cheminots de la SNCF (comme toutes les locomotives de l’Ouest d’ailleurs : telle partie du train de roulement ou de la chaudière a disparu, officiellement prélevée pour entretenir une locomotive déjà partie, et en réalité enterrée non loin). Surpris par les Feldgendarmen, les malheureux sont accusés de désertion – ils seront fusillés le lendemain à l’aube.
Le jeu du chat et de la souris se poursuit entre la 9. Panzer (ErwinJolasse) et la 1st Armored Old Ironsides (Ernest Harmon) et c’est encore une fois la (grosse) souris qui gagne. Ayant perdu de précieuses heures pour contourner Angoulême puis réarticuler sa division, Harmon, qui n’en peut mais, finit par arriver en soirée à Ruffec en fin de soirée. Au même moment, Jolasse, lui, atteint Vivonne et devance ses hommes sur les derniers kilomètres avec une forte escorte pour aller rendre compte à Kurt Gallenkamp, qui le félicite – alors qu’il n’arrive plus à joindre Niort depuis plusieurs heures, ce qui commence à l’inquiéter… Dès le lendemain, Jolasse aura toute latitude pour siphonner ce qu’il reste d’essence à Poitiers, c’est-à-dire pas grand-chose mais mieux que rien ! Gallenkamp et son état-major partiront avec lui, puisque l’infanterie ne semble pas joignable.
Le soir venu, au QG du VIIIth Corps US, on s’estime heureux et on commence à préparer les vins de Bordeaux pour le lendemain. Selon toute vraisemblance, d’ici deux jours le 80. AK aura complètement cessé d’exister et l’équivalent de trois départements auront été libérés. Un grand fait d’armes.
………
IVth Corps US, Vienne – Le combat le plus important de la journée est la bataille de Saint-Junien (pour les Allemands) ou de Rochechouart (pour les Franco-Américains). Deux divisions allemandes, la 327. ID (Rudolf Friedrich) et la 708. ID (Edgard Arnt) face à la 1st Infantry Big Red One (Clarence Huebner), qui veut les empêcher de passer la Vienne. Bien que leur ordre soit de se replier au plus vite, les Allemands n’ont pas le choix : s’ils franchissaient maintenant la Vienne, les Américains pourraient les attaquer dans le dos et les massacrer. Les deux généraux allemands savent que même s’ils sont nominalement à deux contre un, la division US est de loin plus solide et dispose d’une plus grande puissance de feu. S’étant coordonnés la veille, ils comptent utiliser la classique tactique du marteau et de l’enclume. La Big Red One va sans doute se jeter comme un loup sur la première proie à sa portée : la 327. ID devra tenir autour de Rochechouart pendant que la 708. ID débordera l’aile droite de l’Américain pour le prendre à revers. Le soir, les deux divisions pourront se retirer par les ponts de Saint-Junien et Saint-Victurnien.
Dans la matinée, Huebner jette en effet sur Rochechouart le 18th Infantry Rgt, appuyé par toute l’artillerie de la division à l’exception des 155 mm du 5th Field Artillery Btn, gardé en réserve à Chéronnac, où se trouve le PC d’Huebner. Mais après les affrontements peu concluants de la veille, il a déployé sur sa droite une part non négligeable de ses forces pour couvrir la Vayres et tâcher de trouver un gué : c’est la mission du 1st Engineer Btn et du gros du 26th Infantry Rgt. Et sur sa gauche, un des bataillons du 16th Infantry Rgt est chargé de prendre Chassenon et de pousser jusqu’au pont de Saillat-sur-Vienne en cas d’absence d’opposition.
Ainsi, lorsqu’Edgard Arnt lance sa 708. ID – ou ce qui en reste – sur le village de Vayres pour envelopper les Américains, il tombe sur une compagnie du 26th Infantry Rgt. Ses fantassins comprennent vite qu’il s’agit d’une unité bien plus grosse qu’une compagnie ennemie qui jouerait le même rôle qu’eux et donnent l’alerte. La 708. ID voit s’abattre sur elle le feu du 5th FAB pendant que le 748. Grenadier Rgt essaye d’établir une tête de pont dans le village. Rapidement dépassée, la compagnie du 26th Infantry Rgt bat en retraite en bon ordre et le 26th Rgt se regroupe sur Les Meynieux et Glandoulat, tandis que Huebner engage sa réserve sur les hauteurs à l’ouest de Vayres. Alors que le 5th FAB bat les abords est du village, le 728. Grenadier Rgt tente de passer en force la Vayre au nord de Glandoulat, mais se heurte au 1st Engineer Btn et essuie un cuisant échec. Il est vrai que le 728. GR a été très diminué par les combats de la veille, qu’il manque de cadres expérimentés pour mener les assauts, que les hommes du génie sont très à leur aise en défense… et que les 105 mm du 33rd Artillery Btn sont très vite détournés de l’attaque du village pour les aider. C’est un massacre : les Landsers de la 708. ID perdent sous les obus l’équivalent de trois compagnies.
A midi, donc, si Vayres est toujours aux mains de la 708. ID, le 748. Grenadier Rgt a subi de lourdes pertes et le gros du 728. Grenadier Rgt est en déroute. Arnt commence à regretter sa décision de s’engager : il ne dispose plus que de deux bataillons de mêlée, le 708. Feldersatz (tout est dans le nom) et le 708. Division-Fusiliers-Bataillon. Jouant le tout pour le tout, il les jette en avant avec ce qu’il reste du 728. GR pour tenter de déborder le 16th Infantry Rgt par le sud et d’aller faire taire ce satané 5th FAB, dont les obus de 155 ont un effet dévastateur. Il ne garde avec lui aux Ollières que la Flak-Kompanie (qui manque d’armement lourd et qui n’a pas la moindre cible, sous la pluie et sans chars en face) et les autres unités divisionnaires (soit l’équivalent de deux compagnies), très sollicitées lors des combats sur la Dordogne et qui ne peuvent plus peser aujourd’hui.
Malheureusement pour la 708. ID, immédiatement après le départ des éléments envoyés vers le sud, le 26th Infantry Rgt reçoit l’ordre de contre-attaquer pour reprendre Vayres, et le 16th étire son dispositif du plateau de Peyrassoulat à la forêt en contrebas. Là, le régiment américain affronte les Landsers. Les arbres et des couverts interdisent toute manœuvre cohérente. C’est une bataille faite d’un ensemble d’escarmouches, ou une dizaine d’hommes peuvent infliger un échec à une compagnie, la croiser sans le savoir ou être balayés. A 15h00, il est clair que les Landsers ne passeront pas, car le 16th Rgt tient trop bien les abords ouest des bois. Ils remontent donc vers Vayres… pour tomber sur le 26th Rgt, qui a repoussé le 748. Grenadier Rgt de l’autre côté de la rivière. Pris en tenaille, les deux bataillons et ce qui restait du 728. GR sont dispersés. Certains tentent de reprendre le village et finissent sous les balles du 26th Rgt, d’autres tentent de se sauver par les bois, où un grand nombre sont abattus ou capturés par les Américains. Arnt, devant la destruction sous ses yeux de sa division, tente de décrocher avec le plus de monde possible. Mais son repli devient rapidement une déroute, les Landsers courant vers les ponts pour les atteindre avant l’arrivée des Américains. Ce qu’il reste de la 708. ID se transforme en une douzaine de groupes épars qui tentent de gagner Saint-Junien ou Saint-Brice-sur-Vienne. Alors qu’Arnt espère encore pouvoir rejoindre un pont à temps, des détonations éclatent dans les bois autour de sa voiture – mais ce ne sont pas des fusils américains. Une rafale de Sten balaie sa voiture, tuant son chauffeur. Edgard Arnt est capturé et traîné avec quelques autres officiers au château de Saint-Auvent. Selon les comptes-rendus officiels, on y perd sa trace. Mais après-guerre, quelques anciens Résistants éprouvant le besoin d’alléger leur conscience donneront l’emplacement de sa tombe ; l’examen du cadavre du général montrera clairement qu’il a été abattu à bout portant. Il a payé – peut-être injustement – le prix des nombreuses « opérations anti-terroristes » qui ont ravagé la région (4).
Partout au sud-est de Rochechouart, des embuscades harcèlent les survivants de la division. La 708. ID n’existe plus.
Du côté de la 327. ID, Friedrich ignore bien sûr le sort de son collègue, mais ses hommes n’ont pas manqué de remarquer les nombreux tirs d’artillerie plus au sud et des fuyards les ont rejoints. Regroupant ses troupes, il abandonne donc l’affaire et, protégé par un court barrage d’artillerie, il évacue Rochechouart dans l’après-midi et pousse ses hommes au maximum. Ils traversent la Vayres à Saint-Junien après avoir repoussé un échelon de reconnaissance au niveau de Saillat-sur-Vienne. En fin d’après-midi, les quatre ponts entre Saillat et Saint-Brice ont sauté.
Ayant appris que les survivants de la 708. ID avaient subi de nombreuses attaques de la Réistance, Friedrich, une fois réfugié au nord de la Vayres, décide – pour intimider d’autres « terroristes » ou pour redonner du cœur à ses hommes ? – d’exercer des représailles aux alentours. Il ordonne d’incendier Saint-Junien et de faire payer à sa population la mort de plusieurs dizaines, voire de plusieurs centaines de soldats du Reich abattus par des « francs-tireurs ». Aucune pitié donc . Tout le quartier entre la mairie et la collégiale est livré aux flammes et la collégiale romane construite sur le tombeau de Saint Junien n’y échappe pas. A l’intérieur de l’édifice, une quarantaine d’otages, dont le maire et le curé, ont été enfermés. Ils ne s’en sortent que grâce au courage de scouts de la troupe clandestine formée dans la région, qui parviennent à forcer l’une des portes latérales nord, alors que l’intérieur du bâtiment s’emplit de fumée toxique (5) – il n’y aura finalement que peu de morts.
Ces atroces rituels accomplis (6), Friedrich parvient à Bellac avec sa 327. ID (ou ce qui en reste) dans la soirée. Il ne peut y rester trop longtemps : c’est trop près de Limoges et pile sur la route de Poitiers, qui semble être l’objectif des Américains. Dès le lendemain, il faudra pousser jusqu’à Montmorillon, au minimum. Vers 222h30, il parvient à joindre le chef du LXIV. AK, Karl Sachs, et lui apprend les résultats de la journée. Sachs ne s’étouffe pas en apprenant la perte de la 708. ID. Lui qui craignait la perte des deux divisions, il ne va pas pleurer parce qu’il n’en a perdu qu’une. De plus, la 362. ID (Heinz Greiner) a encore réussi à filer au nez et à la barbe de l’ennemi. Elle campe pour la nuit près d’Azerables et compte rallier Chateauroux demain ; elle y rejoindra les états-majors du LXIV. AK et du XC. AK.
Pour ce qui est du reste du IVth Corps US, les ponts de Limoges ont été remis en état, et la 36th ID Texas (John Dalquist) a nettoyé la ville, ouvrant la voie à la 3rd Armored Spearhead (Maurice Rose), chargée de poursuivre la 362. ID.
Ne sachant dans quelle direction aller, Rose choisit de coordonner son mouvement avec la 7th Infantry Bayonet (Lyman Lemnitzer), qui a trouvé un pont sur la Vienne au Dognon. Pendant que la 7th s’occupe de la tourbière des Dauges, la 3rd Armored débouche au nord de Limoges et s’installe pour la nuit entre Chamboret et Compraignac. Huebner ayant prévenu son collègue de l’échappée de la 327. ID, Rose compte lui couper la route d’Argenton, ignorant que l’Allemand va tenter de passer plus à l’ouest.
………
Vth Corps US, plateau de Millevaches – Le dernier face à face de la journée concerne le XC. AK (Wilhelm Wetzel) et le VIth Corps US (John Lucas). Sortant au compte-gouttes du labyrinthe de Millevaches, les unités de Lucas se mettent progressivement en position et s’organisent pour prendre d’assaut les positions sur lesquelles le XC. AK semble s’être retranché. En réalité, Wetzel a ordonné la retraite générale sur Châteauroux. Le soir venu, la 266. ID est à Argenton et la 85. ID à Chavin. En revanche, la 355. ID commence à traîner la patte et atteint tout juste Aigurande. Pressentant que cette division épuisée ne tardera pas à être rattrapée par les Amis, Wetzel lui adjoint ce qu’il reste du PanzerAbteilung du XC. AK pour l’appuyer lors des combats sacrificiels que la division devra mener. Il s’agit d’occuper le VIth Corps US, non seulement pour permettre au reste du XC. AK de s’en sortir, mais aussi pour protéger le reste de la 1. Armee, dont les forces s’amenuisent chaque jour.
Fatiguées, les divisions américaines se contentent de mollement accompagner le mouvement adverse, et de s’arrêter assez tôt pour permettre à leurs soldats de se reposer. La 28th Infantry Keystone (Lloyd Brown), la 88th Infantry, la 3rd Infantry et la 10th Mountain Climb to Glory (Lloyd Jones), qui repousse devant elle la 334. ID, campent donc sur une ligne Le Grand Bourg – Evaux-les-Bains.

Opération Dixmude
Massif central
– Vichy est libérée. Constellée de cratères, son casino incendié et ses rues jonchées de débris, mais libérée. Sous la pression de la 19e DI (Pierre Kœnig), la 243. ID d’Heinz Hellmich a achevé de se dégager vers Varennes-sur-Allier – où elle a rejoint la 84. ID d’Erwin Menny. Les deux unités filent désormais vers Nevers, évitant ainsi le massif du Morvan où il se passe – paraît-il – de vilaines choses pour les Allemands.
La 14e (Joseph de Goislard de Monsabert) a bien tenté de leur barrer la route… mais elle s’est retrouvée menacée – pas assaillie, mais quand même ! – sur sa gauche par la 165. ID (Wilhelm Daser), elle aussi en retraite depuis Montmarault vers Moulins et qui a bien dû jouer la solidarité pour ne pas se retrouver à son tour coincée… Au surplus, Daser a encore pour lui la couverture de la 334. ID (Friedrich Weber), qui s’accroche entre Cosne-d’Allier et Souvigny, ce qui la protège au moins un peu d’un éventuel coup de rein américain sur ses arrières.
Les Français du corps belge n’ont donc pas détruit leur adversaire. Cependant, ils continuent de lui mettre la pression, voire de lui tailler des croupières. L’aviation ne peut toujours pas intervenir ? Qu’importe ! Ça ne durera pas, on est au printemps… Et en avançant sur une ligne Le Montet – Neuilly-le-Réal, les soldats n’oublient pas que s’ils progressent en leurs terres, c’est aussi que l’ennemi les quitte.
………
Dans le Morvan, la chasse à courre se poursuit – ici aussi, ralentie par la pluie. La 255. ID (Theo-Helmut Lieb), durement molestée lors des combats de la veille, est passée devant. Elle arrive à Autun en fin de journée, ayant donc presque (presque !) rattrapé son décalage avec les troupes qui reculent au même moment dans la vallée de la Saône.
Derrière, les Belges pressent l’ennemi sur la route directe depuis La Boulaye – c’est le 7e Chasseurs Ardennais (général-major Arthur Lambert) et la Tancrémont, qui bousculent la 16. Luftwaffen-Feld-Division de Karl Sievers. Les Belges alternent adroitement entre prudence et violence, mais hélas, dans les deux cas, cela ne va pas sans pertes.
De son côté, la 4e DI (Roger Libbrecht) déborde l’ennemi et entre dans Montceau-les-Mines, abandonnée par l’Occupant et aux mains d’insurgés locaux renforcés de maquisards FFI. Ceux-ci ont reflué du secteur d’Autun pour échapper à des colonnes en retraite bien trop puissantes pour leur goût. Parmi ces combattants improvisés, on trouve de nombreux mineurs d’origine… polonaise, qu’il n’a pas fallu beaucoup motiver pour aller chercher du Boche ou du Collabo ! Bref, la ville est vite libérée, tenue et totalement sécurisée.
Surtout qu’au même moment, le 1er Chasseurs Ardennais (colonel Florent Merckx) est passé sur la gauche en éclaireur vers Charmoy, fermant la route à toute – bien improbable – action allemande dans le secteur. Le régiment progresse vite. Demain, il sera peut-être au Creusot…

Opération Marguerite
Autour de la Saône
– La 182. ID (Richard Baltzer) et la 14. SS-Panzergrenadier Götz von Berlichingen (Otto Binge) passent la Dheune. Puis, après avoir fait sauter tous les ponts, ces deux unités poursuivent vers Beaune – espérant visiblement atteindre Dijon, sans oublier toutefois de se servir dans les caves en passant. Derrière, la 3e Division Blindée de Jean Rabanit et la 15e DBLE Massada-Valmy restent empêtrées dans des problèmes divers, entre ratissage, ravitaillement et maintien de l’ordre. La Dheune est atteinte en milieu de journée, certes – mais pour la franchir, il va falloir attendre les pontonniers !
Sur la rive ouest de la Saône, le LXXXV. ArmeeKorps d’Erich Straube continue de se retirer avec une relative maîtrise sur une ligne allant grossièrement de Seure (c’est la 91. Luftlande Infanterie de Wilhelm Falley) à Poligny (c’est la 5. Fallschirmjäger de Gustav Wilke), avec la 39. ID entre les deux. Ça tombe bien : la 2. Fallschirmjäger d’Hans Kroh arrive justement à Champagnole. En ayant perdu, c’est vrai, quelques dizaines de soldats en route, entre embuscades et coup de main de légionnaires… Mais elle reste toutefois largement à même de poursuivre seule vers Pontarlier.
Le cours des opérations pourrait donc paraitre maîtrisé par le corps de Straube. Cependant, il faut bien comprendre que, de ces quatre divisions, aucune ne peut se prétendre intacte… loin de là ! Et c’est aussi le cas de la 16. SS-Panzer Hitlerjugend… La plus en forme est la 5. FJ, tout récemment formée, mais les autres n’ont guère qu’une fraction de leur force théorique : un quart (39. ID), un tiers (Hitlerjugend) ou la moitié (91. LL et 2. FJ). La situation reste donc désespérément en défaveur de la Heer, toujours incapable de pouvoir même prétendre se rétablir sur une ligne donnée. Par contre, effectivement, elle peut toujours cavaler devant. Un peu comme les Français en juillet 1940, diront certains.
Pourtant, le commandement allemand, en dépit des inquiétudes de ces derniers jours, n’est plus trop inquiet. Le ciel est toujours avec le Reich, et le Doubs, ainsi que les marais du Dol, forment des obstacles majeurs sur lesquels la Heer compte pour freiner ses adversaires. Ici, pas question de déménagement vers la Baltique, c’est vrai – mais on espère bien que la simple usure et la dispersion naturelle des forces alliées feront gagner assez de temps pour former une véritable ligne Wisigoth, à l’aide des troupes en redéploiement d’un peu partout en Europe occupée. Les Français ne vont tout de même pas courir jusqu’à Berlin ! Même pour aller jusqu’à Marseille, il a fallu que le Reich fasse une pause de trois semaines ! Et c’était la race des Seigneurs au mieux de sa forme, pas une médiocre meute de chiens africains, d’ailleurs déjà moins mordants !
En effet, du côté des poursuivants, l’exaltation paraît bel et bien avoir fait place à la prudence. Les chars tricolores ont subi des pertes plus que sensibles depuis trois semaines – aggraver celles-ci ne changera rien au résultat final. Au fond, il faut se souvenir que toute l’armée française combat depuis quatre longues années “les reins brisés” et subit un phénomène de plus en plus visible et dangereux d’attrition. Les nouvelles recrues, dont la plupart sont encore en formation, n’arrivent que très progressivement, tandis que la vieille garde des vétérans est usée par le rythme particulièrement intense des opérations.
Or, pour que la République continue de tenir son rang jusqu’à la victoire sur les terres du Reich (et après la guerre), son armée doit – comme elle en pris l’habitude – continuer de gérer, de patienter, de s’économiser… Et, paradoxalement, de ralentir la poursuite d’un adversaire pourtant bien malmené. Quitte à laisser les Alliés d’Outre-Atlantique faire demain le sale boulot… Beaucoup diront (ou au moins penseront) qu’ils n’avaient qu’à arriver plus tôt !


Notes
1- Les marins alliés ont eu beaucoup de chance – l’amirauté américaine le reconnaitra elle-même, en demandant dans ses rapports que le tir à longue distance soit désormais privilégié pour l’appui des troupes…
2- A tel point qu’Hennecke recevra la Croix de Chevalier par décret d’Hitler pour son action, « un fait d’armes sans précédent dans les annales de la défense côtière ».
3- Les ouvriers les plus qualifiés ont été embarqués lors du Grand Déménagement. Il s’agit ici d’ouvriers peu qualifiés et de retraités remis au travail par l’Occupant.
4- Historiquement, Edgard Arnt a été tué par la Résistance au château de Crogny pour venger les habitants de la région victimes des massacres perpétrés par les SS.
5- Certains de ces scouts seront présents au Jamboree de la Paix de 1947.
6- Friedrich a pensé aller jusqu’à Oradour-sur-Glane et détruire aussi ce village, mais le temps lui a manqué.
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Le Chat



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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 10:54    Sujet du message: Répondre en citant

Plus tard, la vision de la section américaine en treillis traversant l’estuaire donnera des idées au promoteur d’un célèbre jeu télévisé estival pour leur générique… même si le zodiac retenu pour l’occasion n’a que peu à voir avec le paisible chalut utilisé pour la traversée historique! Wink
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John92



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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 11:31    Sujet du message: Répondre en citant

Pour moi, départ en vacances demain. Je vais donc être absent quelques semaines.

...
Quant aux cuirassés équipés de canons de 38 à 40 cm , ils (à ajouter ?? ) n’ont pas d’équivalent dans la guerre terrestre.
...
Il est utile, concis, efficace – il parle bien l’anglais (à ajouter ?? ) aussi.
...
Certains auront la chance de repartir avec une petite cordelette offerte en souvenir par les ouvriers de l’ancienne Corderie Royale (3). On trouve aujourd’hui à Fort Brening parmi les reliques de l’infanterie américaine un vrai bout marin offert (solennellement remis ??) à Coulder par la Corderie après la guerre. Une petite section de reconnaissance se rend sur Oléron avec l’aide du chalut d’un marin de Fouras : les positions allemandes ont été abandonnées car indéfendables. Toute l’île est donc officiellement libérée par une unique section, portée en triomphe dans les différents villages et qui repartira avec… quelques problèmes digestifs, après avoir été toute la journée invités (invitée) à déguster des églades de moules marinières.
...
Seule ombre au tableau, l’échelon de soutien logistique et matériel lui indique que près de la moitié de ses chars et camions peuvent tomber en rade à n’importe quel moment, par fatigue mécanique ou en panne d’essence (sèche ?), les réserves ayant atteint leur étiage ! La 2nd Armored a encore deux jours d’essence (de carburant ?) avant d’être forcée de s’arrêter.
...
Il a raison : Düvert et Sander, poussant leurs troupes, entrent dans Niort à la tombée de la nuit et laissent reposer leurs hommes (leurs hommes se reposer ? ) quelques heures.
...
Alors qu’Arnt espère encore pouvoir rejoindre un pont à temps, des détonations éclatent dans les bois autour de sa voiture (son véhicule ?)– mais ce ne sont pas des fusils américains. Une rafale de Sten balaie sa voiture , tuant son chauffeur.
...
Ayant appris que les survivants de la 708. ID avaient subi de nombreuses attaques de la Réistance (Résistance), Friedrich, une fois réfugié au nord de la Vayres, décide – pour intimider d’autres « terroristes » ou pour redonner du cœur à ses hommes ?
...
Vers 222h30 (22h30 ), il parvient à joindre le chef du LXIV. AK, Karl Sachs, et lui apprend les résultats de la journée.
...
Pressentant que cette division épuisée ne tardera pas à être rattrapée par les Amis ( ????), Wetzel lui adjoint ce qu’il reste du PanzerAbteilung du XC. AK pour l’appuyer lors des combats sacrificiels que la division devra mener.
...
Or, pour que la République continue de tenir son rang jusqu’à la victoire sur les terres du Reich (et après la guerre), son armée doit – comme elle en a (à ajouter ? ) pris l’habitude – continuer de gérer, de patienter, de s’économiser…
....
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FREGATON



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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 12:02    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Une petite section de reconnaissance se rend sur Oléron avec l’aide du chalut d’un marin de Fouras

Chalutier, le chalut c'est juste le filet...
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GUY2LUZ



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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 12:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
20 mai
[b]Front sud
Opération Arrowheads
[...]
[b]VIIIth Corps US, Charente

[...]
Quant à la 2nd Armored Hells on Wheels (Brooks), elle est sur les talons d’un ennemi qui tente encore de se faufiler vers l’est. Se déployant de plus en plus largement, son aile gauche libère peu après midi Saint-Jean d’Angély, où elle retrouve les traces des restes de la 265. ID passée par la ville dans la matinée, puis elle atteint Surgères dans la soirée. Le centre et l’aile droite de la division poursuivent la 245. ID jusqu’à Chizé et Brioux-sur-Boutonne, où l’ennemi n’apparaît toujours pas. Brooks, perplexe, finit par comprendre que son adversaire a dû vouloir passer d’abord par Niort avec la 265. ID. Il va donc pouvoir les intercepter à Saint-Maixent. Poussant son unité, Brooks parvient à mettre en position les deux tiers de sa division sur une ligne Saint-Maixent-La Motte Saint-Héray. Demain, son ennemi sera contraint au combat, et il le détruira. Seule ombre au tableau, l’échelon de soutien logistique et matériel lui indique que près de la moitié de ses chars et camions peuvent tomber en rade à n’importe quel moment, par fatigue mécanique ou en panne d’essence, les réserves ayant atteint leur étiage ! La 2nd Armored a encore deux jours d’essence avant d’être forcée de s’arrêter. De plus, les hommes sont épuisés, ayant cavalé près de douze heures. Mais Brooks a atteint son objectif principal : coincer son adversaire. Et en face, il en est à peu près certain, les Landsers ne sont pas plus frais ! Il a raison : Düvert et Sander, poussant leurs troupes, entrent dans Niort à la tombée de la nuit et laissent reposer leurs hommes quelques heures. La plupart s’endorment comme des masses, mais quelques autres, ayant perdu tout espoir de revoir le Heimat, se livrent à diverses déprédations, surtout après avoir pillé une cave à vin proche de la gare. Pour « rentrer plus vite en Allemagne », une dizaine d’hommes tentent de mettre en marche une locomotive sabotée par les cheminots de la SNCF (comme toutes les locomotives de l’Ouest d’ailleurs : telle partie du train de roulement ou de la chaudière a disparu, officiellement prélevée pour entretenir une locomotive déjà partie, et en réalité enterrée non loin). Surpris par les Feldgendarmen, les malheureux sont accusés de désertion – ils seront fusillés le lendemain à l’aube.


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Wings



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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 12:50    Sujet du message: Répondre en citant

Une ligne Saint-Maixent vers La Motte Saint-Héray?

Il a fait comment Brooks? Le front derriere lui est a Ruffec!
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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 12:52    Sujet du message: Répondre en citant

GUY2LUZ a écrit:
Rochefort, La Rochelle, Saint Jean d'Y., Niort, Saint Maixent l'E., Vivonne, Brioux sur Boutonne, Poitiers... C'est la FTL à la maison!

Chacun son tour. Le mien ce fut lors des premières semaines de Dragon.
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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 13:20    Sujet du message: Répondre en citant

Tentative de carte mais gros doute pour la ligne vers Saint-Maxient.


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Heorl



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MessagePosté le: Dim Juil 16, 2023 14:19    Sujet du message: Répondre en citant

Wings a écrit:
Une ligne Saint-Maixent vers La Motte Saint-Héray?

Il a fait comment Brooks? Le front derriere lui est a Ruffec!


Les Américains savent quelles sont les unités présentes sur le théâtre : dans les Festungen ce sont la 159. ID et la 349. ID, qui ne bougeront pas. Et Coulder borde déjà l'une et bouge pour encercler l'autre. Zéro risque de ce côté-là. Sinon, c'est la 9. Panzer, qui a passé la Charente à Angoulême et cingle tout droit vers Poitiers, donc là aussi peu de risques, surtout qu'elle a Harmon sur les talons donc il n'y a pratiquement pas de chances que Jolasse tombe sur Brooks et en plus qu'il veuille livrer bataille. Ne restent que la 265. ID (en grande partie dispersée, ne représente plus un réel danger) et la 245. ID, seule unité de manoeuvre cohérente restant de ce côté-ci de la Charente, et Brooks doit la retrouver sous la pluie. Il pense que la 245. ID est passée par Saint-Jean-d'Angély après avoir évacué Matha en vitesse la veille, et que donc il pourra l'intercepter sur la N150 (aujourd'hui D950). Arrivé au niveau de la frontière entre Charente-Maritime et Deux-Sèvres, il se rend compte, tant avec les rapports des éclaireurs (à Chizé et Brioux) et que ce que disent les locaux, que personne n'est passé par là. Donc, ça veut dire que la 245. ID veut passer par Niort, et qu'il n'y a personne devant lui entre Niort et la Charente, il peut donc foncer. Entre sa position au nord d'Aulnay et Saint-Maixent, il y a à peine plus de 40 km, dont la plupart peuvent être faits sur la N150, qu'un ennemi qui n'est pas passé par là ne peut pas avoir miné. Pour une division blindée, c'est une chevauchée de 4-5 heures grand maximum, ce qui fait que les tankistes et le matériel sont épuisés le soir mais que la division peut être en position pour 21 heures (en comptant prise de positions, installations des troupes pour la nuit, préparation des manoeuvres, etc).
En ce qui concerne les voies utilisées, c'est bifurcation à Chey sur la C45 pour quelques km jusqu'à La Motte où on passe sur la N737 (aujourd'hui les deux routes sont des départementales du même numéro, elles étaient déjà bitumées à l'époque, j'ai vérifié). Bref, moyennant deux jours de repos pour le regroupement, la réparation et la mise en place d'un échelon du train, la chevauchée est non seulement possible mais conforme à la doctrine US de l'époque, qui est qu'une décision de marche doit être prise en fonction de la mission et de la position supposée des forces ennemies (cf p.17 du manuel sur les DB américaines de l'époque, je joins un lien).
Pour la vitesse d'un DB-US, elle est souvent sous-estimée, la doctrine de l'époque, faite du retex de Tunisie et en FTL des opérations en Italie et dans le Sud de la France, font qu'une DB peut avancer de 20mph en moyenne à Vmax (cf toujours la p.17), mais dans la situation actuelle en raison des différentes pauses et virages pris, j'ai limité ça à 20 km/h. De plus, c'est normal que la DB n'atteigne en pratique jamais les 20mph, étant donné qu'elle doit faire une pause d'une dizaine de minutes toutes les heures ou presque pour vérifier l'état des véhicules, remettre de l'huile, de l'essence, bref les trucs de maintenance rapide. Selon la doctrine, c'est 45min de marche puis halte de 15min, puis 1h20/1h50 de marche puis halte de 10min, et on alterne entre 1h20 et 1h50. Une DB respectant ces principes avale les kilomètres.
Une autre raison de douter de la vitesse d'exploitation ce serait la présence de Brooks à l'arrière de la colonne, ce qui aurait dû ralentir la réorganisation de la division, or la doctrine blindée US là encore met en exergue un commandement de l'avant pour être le plus rapidement mis au courant des évolutions de la situation par les éclaireurs.
Et enfin, pourquoi Brooks et pas Harmon ou Rose? D'abord, parce que les deux autres sont trop loin : Harmon est du mauvais côté de la Charente et doit poursuivre la 9. Panzer, et Rose est en train de passer Limoges. Ensuite, parce que Brooks est un officier d'un rare talent (talent reconnu qui lui a fait sauter complètement le grade de colonel, il a commandé une division ans commander de régiment) et est un des concepteurs de la doctrine interarmes US d'avant-guerre, il a été au War Department sous les ordres de Marshall et Stimson, alors que Harmon a un parcours plus classique et que Rose a passé le plus clair de sa carrière en tant qu'instructeur pour officiers de réserve. Autrement dit, si parmi les trois il y en a un qui est le plus à même de tirer le potentiel de son unité et de réussir une marche forcée de près de 80km en deux jours, c'est Brooks.

Et pour précision, le front à l'ouest de Guéret n'est plus vraiment un front, c'est surtout une vaste plaine dans laquelle les divisions US coursent les divisions allemandes, d'où ce genre de progressions et des zones entières que pas une seule division ne va parcourir alors que d'autres endroits sont très fréquentés.

EDIT : ajout du pdf de la doctrine DB-US post-1942: https://www.ibiblio.org/hyperwar/USA/ref/FM/PDFs/FM17.pdf
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