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1940 - La France continue la guerre
 
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Europe occupée - Avril 1944
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 08:47    Sujet du message: Répondre en citant

Le Racoon part en congés amplement mérités - mais avant, il n'oublie pas de conclure le 18. J'en suis au 24 - un peu d'avance donc, pour le feuilleton qui reprendra assez vite et dans deux semaines au plus tard. Dans l'attente, d'autres auteurs ont peut être des choses sous le coude !

18 avril 1944
La lutte finale
Croatie –
Le 10e corps ‘de Zagreb’ (commandant Vladimir Matetić, commissaire Ivan Šibl) poursuit ses opérations dans le centre du NDH, pour menacer désormais ouvertement la ville-carrefour de Glina. On rapporte aussi la présence de plusieurs attaques de convoi dans le secteur de Novi Grad – soit 40 kilomètres plus loin, sur la route de Prijedor et Banja Luka. C’est donc toute la route directe reliant Zagreb à Sarajevo qui connait actuellement une féroce activité partisane, ceci alors même que la situation dans la vallée de la Save reste ce qu’elle est ! La chute entière de toute cette région parait n’être qu’une question de temps … à moins bien sûr que la garde nationale croate, qui chemine par monts et vallées avec une désespérante lenteur (c’est que les oustachis ne sont pas motorisés !) n’arrivent très vite pour rétablir l’ordre violent du NDH.

Région de Požega, nord de la Croatie –
C’est ce que tente d’ailleurs justement de faire, au même moment, le Ve corps de Vjekoslav Servatzy. Avec chaque jour un peu plus de masse et de violence – sinon d’énergie ou de munitions – le 6e corps slavon de Petar Drapšin. Lequel doit bien commencer à céder un peu de terrain pour ne pas risquer l’enveloppement et/ou l’anéantissement en plaine.
Hélas, au moment où le NDH se voyait enfin commencer à triompher, le 5e corps bosniaque de Slavko Rodić et Velimir Stojnic sors littéralement du bois pour assaillir plusieurs villages autour de Slavonski Brod, dont par exemple Novo Selo, Donja Močila voire même Rušćica sur la rive Nord de la Save. Déséquilibrée dans son effort destiné à reprendre avant tout Požega, l’armée croate doit ordonner à la Légion noire (Rafael Boban) de sursoie à son attaque vers Pieternica, faisant gagner aux camarades de la 12e division slavonne un temps précieux. Au soir, tout est donc à refaire pour les oustachis : garnison, organisation et concentration, avant l’assaut et avec toujours moins de munitions ! En dépit des risques d’attaque aérienne, on demande aux monitors disponibles de venir …

Entre Gospić et Knin – Le 11e corps croate (Pavle Jaksic) a fini de sécuriser le secteur montagneux de Plitvice, avec ses bois, lacs et cascades. Cette tâche effectué, la 35e division croate (commandant Stanko Perhavec, commissaire Šime Balen) envisage à présent d’envoyer plusieurs détachements de Bihać vers Cazin puis Novi Grad, afin d’aider le 10e corps ‘de Zagreb’ dans la future lutte qu’il aura à mener. Sans toutefois désorganiser son dispositif (il est vrai, très étiré, mais c’est que le territoire libéré est vaste !) et en tachant aussi d’aider la 13e Division “de Primorje-Gorski Kotar” face aux slovènes dans les secteurs de la descente de Senj et de Jezerane. Une gageure, vu la faiblesse des moyens disponibles.
Et pendant ce temps, le 4e corps croate continue d’assumer des tâches de garnison : sa 8e division ‘Kordun’ (commandant Vlado Cetkovic, commissaire Arthur Turkulin) faisant toujours face au 28. Waffen-Gebirgsjäger Rgt der SS de la Handschar (SS-Sturmbannführer Hans Hanke) dans la vallée de la Zrmanja. Andrija Hebrang envoie néanmoins le plus gros de la 7e Division Banija (commandant Vojislav Djokic, commissaire Kluro Kladarin) vers Bihać, afin d’aider la 35e … il était temps !

Et pendant ce temps-là, sur les ondes
Balkans –
Voilà déjà plusieurs jours que les stations pirates “A duna hullám” et “Az Igazi Magyar” spécifiquement destinées aux hongrois se demandent un peu comment s’adapter à la nouvelle donne politique de Budapest … Il est vrai que ce n’est pas comme si leurs émissions avaient la moindre chance de pousser au retournement ! Après quelque réflexions, les comités de rédacteurs ont finalement trouvé la solution : naturellement, c’est celle de l’outrance, de la vérité et du récit glorieux de ce que subit désormais la Hongrie pour le bénéfice du Reich. Ce soir, sur les ondes, on parlera donc beaucoup de pillage économique et des traitres morts le 13 avril – quitte à avoir un discours un peu évident, c’est vrai. Mais parfois, il n’est hélas pas besoin de forcer le trait pour décrire une réalité effroyable …

Proximité non désirée
Kolašin (Monténégro) –
L’arrivée dans le secteur de la 373e DI Tigar divizija de Nikolaus Boicetta ne fait décidément pas que des heureux … De fait, par-delà les tunisiens, la population (évidemment !) et l’armée nationale monténégrine qui ne campe pas si loin, il est aussi un groupe que tout le monde a oublié : les verts de Krsto Popović, retournés suite à leur victoire face au du SS Polizei-Selbstschutz Rgt Sandjak et qui sont désormais de facto une force armée opposée à l’Axe et … cobelligérante des alliées. Enfin, pour peu bien sûr que ceux-ci le souhaitent et soient au courant. Du haut de leurs montagnes, les rudes partisans monténégrins, pas si nombreux et armés que cela mais néanmoins toujours susceptibles de nuire, observent les légionnaires oustachis prendre racine dans leur terre en ravageant la campagne. Ils attendent évidemment leur heure.

Impérieuse nécessité (Bis)
Wewelsburg –
La demande de renfort adressée par Friedrich-Wilhelm Krüger a bien atteint le bureau de son maitre. Et elle pose, à vrai dire, quelques soucis. En réalité, on pourrait même affirmer que la Schutzstaffel du SS-ReichFührer Heinrich Himmler n’est pas loin de faire ici face à un problème d’orgueil !
Celle-ci s’est engagée en Yougoslavie pour suppléer à une double défaillance naturelle et inadmissible de la Heer puis de la NDH. Soit – par contre, la nouvelle de l’offensive alliée bouleverse le rapport de forces passées, autrefois favorable et en consolidation mais qui semble désormais devenir mauvais. Il n’est pas question de perdre pour rien 3 divisions d’élite en Bosnie. Et pas davantage de se dédire face au Reich en jetant le gant : ca serait ridicule, et d’ailleurs, tout le HG E ne va pas reculer non plus à cause de l’ordre noir (l’inverse, par contre, étant assurément acceptable).
Le cabinet militaire d’Himmler, animé par ces considérations byzantines, a donc bien été contraint de chercher des renforts. Et il en a trouvé plusieurs, d’horizons très divers :

- La SS-Freiwilligen Panzergrenadier-Brigade Nederland – 6 000 hommes environ, sous le commandement du SS-Brigadeführer Jürgen Wagner. Des vétérans du front de l’Est et des combats de la Baltique, actuellement au repos dans la région de Rostock. Bien formés et équipés, ils seront assurément un renfort de poids … quand ils arriveront, c’est-à-dire dans une quinzaine de jours,
- La SS-Kosaken-Freiwilligen Kavalerie-Brigade : 15 000 cavaliers russes, sous le commandement du bon allemand Helmuth von Pannwitz – ils viendront des Carpates avec leurs familles. Il est vrai qu’à présent que le front s’est déplacé d’Ukraine, leur expertise anti-terroriste est moins utile à l’Ostheer… Arrivée prévue sous dix jours,

Evidemment, c’est tout à la fois beaucoup et peu. Mais c’est aussi un début, à présent que la mise au pas de la Hongrie permet enfin de grande chose – notamment par la formation d’au moins deux futures divisions ! Et ceci sans préjuger de l’activation prochaine et imminente de la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Kama (SS-Standartenführer Helmuth Raithel) au 25 avril. Au final, le tableau est donc très satisfaisant – du moins du point de vue du maitre de l’ordre noir, qui peut estimer avoir régler ici le problème. Oui, la SS peut assurément voir loin – mais en attendant, n’en déplaise au Reichführer, la guerre continue.

Boucherie
Territoire du NDH –
Le régime oustachi continue de se radicaliser, entre tueries de masses, purges et autres exactions barbares à faire frémir même les Schutzstaffel les plus endurcis. Dernière innovation en date, de la part des maisons de la terreur de Vjekoslav Luburić : un genre particulièrement sordide de piniata, où l’on suspend le prisonnier par les mains coincées entre les genoux depuis le dos, pour le frapper à grand coup de tout ce qui se passe sous la main. Le tout bien sûr, avant exécution. A Jasenovac évidement, où le bourreau Miroslav Filipović aurait semble-t-il introduit le fameux ‘jeu de la baïonnette’ inventé à Varsovie par la Dirlewanger – en y ajoutant toutefois le sadisme de parier devant les mères des enfants sacrifiés …
Evidemment, c’est contre-productif. Mais les alliés se rapprochent, et il faut s’assurer de la sécurité en créant de la place pour plus tard … L’inévitable colonie de peuplement croate commence dès à présent, nourrie de férocité, de haine et d’une forme particulièrement féroce de cruauté mystique. Sans que pour l’heure, l’avancée des troupes alliées ne troublent plus que cela les assassins.

L’affaire Hebrang
Gospić –
Depuis son bout de terre croate libérée entre Bosnie et Adriatique, la stratégie d’Andrija Hebrang, membre du comité central du PC de Croatie et camarade de toujours du maréchal, continue d’interroger. Au point de relancer les rumeurs sur son éventuel retournement, à l’époque de sa détention chez les oustachis – des ‘médisances’ selon Edvard Kardelj, colportées notamment par Josip Kopinič – ou sur ses propres ambitions. De fait, s’il est aujourd’hui d’une rigueur particulièrement stricte envers les défecteurs et les prisonniers retournés, ‘Fatty’ n’a rien perdu de son aura stalinien, ni de cette tendance à se considérer comme l’égal de Tito en ce que certains considère comme un ‘dangereux état d’esprit’.
C’est donc avec un étonnement certain qu’une discrète rumeur parcourt aujourd’hui les locaux de l’AVNOJ en Dalmatie : Fatty aurait rencontré des envoyés royaux. Des membres des corps-francs, des américains, voire peut-être cet ancien assassin de la main noire Puniša Račić. Bruit de couloir, bavardage, colportage – tout ceci n’ira pas loin, le NKOJ y veillera. Et d’ailleurs, il n’est à ce jour aucune preuve de négociation entre tous ces personnages …

Etat-croupion
Sans espoir ( ?)
Slovaquie « insurgée » –
Cela fait à peine 48 heures que l’armée allemande est engagée en Slovaquie et déjà les déconvenues s’accumulent face à ce pourtant si méprisable adversaire. Dans les gorges de Strečnianska, un assemblage bâtard franco-slovaque bloque toujours avec efficacité la progression des KG Ohlen et Junck, lesquels n’avancent qu’avec difficulté en dépit de l’appui d’avions, de blindés et de mortiers ! Au milieu de ce magnifique paysage de bois et montagnes, où la Váh serpente un peu comme l’Ardèche à Vallon-Pont-d’Arc, l’armée allemande ne progresse décidément pas. Fichus Français, qui viennent apporter leur expérience aux novices slovaques ! Et puis, il se trouve aussi – de temps à autre, mais c’est toujours trop ! – l’un ou l’autre biplan frappé de croix sur tricolore pour passer en pétaradant au-dessus des lignes, lançant à la volée des grappes de bombes de petit calibre (1) ou arrosant de ses quelques mitrailleuses les fantassins aventurés ! Que c’est médiocre et agaçant !
Par ailleurs, afin d’aider les défenseurs des gorges de Strečnianska, les partisans du lieutenant Piotr Alexeyevich Veličko ont finalement réussi à faire sauter cette nuit les tunnels de Strečno, Kraľovian et Štubnian – un fait d’armes d’ailleurs non validé au préalable par l’état-major slovaque et qui risque fort de compliquer bientôt ses liaisons avec plusieurs poches subsistants plus au nord… Mais ces considérations ne sont pas le problème du Rouge – après avoir pillé l’usine de Turany et démontré une fois de plus à tous son impulsivité face aux Fascistes, Veličko se mure dans la défensive, visiblement très pris par des considérations plus privées et politiques que militaires… Il est pourtant supposé tenir la rive droite de la Váh, pour appuyer les Franco-Slovaques !
Pendant ce temps, à Poprad, le régiment envoyé par le HG A (KG Schmidt) a enfin réussi à s’emparer de l’aérodrome local – mais il est incapable d’aller chercher les fuyards dans leurs montagnes. Et l’assaut a tout de même coûté au Reich 12 hommes, plusieurs camions, 4 mortiers et deux canons anti-aériens !
Quant à Banská Bystrica, elle tient toujours, quand bien même la ligne de front se trouve dorénavant à Badín, soit à 8 kilomètres à peine du QG slovaque. Un QG où se trouve d’ailleurs toujours Ján Golian lui-même, toujours occupé à diriger de son mieux la résistance. Et la radio Slobodný slovenský vysielač, installée au 21, rue Horná à Banská Bystrica, continue d’émettre ! Elle donne à chaque heure des informations plus ou moins exactes sur la situation du front, aide chacun à communiquer sur son sort ou celui de ses proches, tente de galvaniser le moral de tous … et démontre surtout à chacun que la résistance slovaque existe et se bat !

Château de Wewelsburg – Pendant ce temps, Heinrich Himmler s’active. Le Reichsführer-SS aime les théâtres secondaires : ils se prêtent bien aux intrigues, pour mener un jeu bien moins dangereux – et pour lequel il est bien plus doué ! – que la grande bataille sur les théâtres principaux. Un jeu dont il espère également qu’il permettra peu à peu à ‘sa’ Waffen-SS de prendre un ascendant définitif sur la Heer.
Agissant ainsi avec toute la célérité, l’efficacité et l’agressivité nécessaire (il n’est plus à une menace près, et l’heure n’est pas aux longues enquêtes face à ceux qu’on pourrait désigner comme traîtres), le maitre de l’Ordre noir a donc sorti ses griffes et obtenu en une journée au moins deux avantages décisifs :
– le passage du secteur Ouest (slovaque) sous le joug du SS-Obergruppenführer Gottlob Berger, grand recruteur et criminel de guerre bien connu, ami de toutes les racailles (dont Oskar Dirlewanger). On peut donc s’attendre à voir bientôt fleurir à Brastislava les potences comme les affiches de recrutement pour la SS.
– l’engagement face à l’insurrection d’un Kampfgruppe Schill (2). Celui-ci partira de Bratislava en direction de Nitra, afin de prendre part héroïquement à la bataille. Le KG Schill est très loin des unités improvisées de l’armée régulière : formé de trois bataillons complets (3 000 hommes) bien équipés en canons automoteurs et en semi-chenillés, il est de surcroit animé par la crème des instructeurs de la Schutzstaffel – dont de nombreux anciens de la 1. SS-Panzer Leibstandarte Adolf-Hitler. Il ne saurait donc être que victorieux. Pour ce faire, il est d’ailleurs également dirigé par le principal organisateur des valeureuses divisions baltes, le SS-Gruppenführer Karl Friedrich von Pückler-Burghaus - lequel se trouve aussi être l’ancien adjoint du brillant Erich von dem Bach-Zelewski, dont chacun sait qu’il a laissé à Varsovie une ineffable impression. On peut donc être tranquille sur le résultat…
Cela est peut-être beaucoup. Mais pour Himmler, la SS doit surenchérir au plus vite sur ce genre de petits dossiers (Slovaquie, Bosnie, Slovénie…) afin de démontrer de son efficacité comme sa valeur. Quitte pour cela à faire un peu de casse – mais soyons francs, personne à Berlin ne se soucie vraiment du sang des Slovaques !

Etat fantôme
Intérêts mutuels
Commissariat aux Affaires extérieures (Moscou) –
Jan Masaryk, représentant du gouvernement tchécoslovaque en exil, accompagné de l’ambassadeur de Tchécoslovaquie en Union soviétique, Zdeněk Fierlinger, est reçu personnellement par le ministre Viatcheslav Molotov – signe transparent de l’importance qu’à Moscou, on accorde à la démarche. C’est que les relations soviéto-tchécoslovaques, contre toute attente, sont loin d’être mauvaises ! Edvard Beneš, toujours sous le coup de la trahison de Munich et ayant depuis longtemps perdu toute confiance envers les Alliés occidentaux, a bien compris avec qui il doit désormais négocier pour le bien de son pays – en témoigne l’accord de coopération signé en 1943. Et de fait, les Tchécoslovaques ont désormais à l’encontre de l’URSS une politique, disons, réaliste ou d’accommodement, destinée à apaiser l’ours soviétique en lui offrant des gages maîtrisés avant qu’il ne prenne lui-même ce qu’il estime lui revenir de droit (3)… Au passage, cela leur permettra assurément de négocier aussi quelques futurs avantages en termes de tracé des frontières et de « déplacement » des Sudètes après le conflit.
Jan Masaryk est justement un ancien de Munich, qui représentait l’ancienne Nation auprès de Chamberlain durant les plus mauvais jours de mars 1938. En conséquence, c’est une personnalité tout à la fois très avertie contre les Occidentaux et convaincue de l’absolue nécessité de l’expulsion des germanophones de son pays. Molotov et lui sont donc entre gens de bonne compagnie – nul ne saurait douter qu’ils ne puissent parvenir rapidement à un accord.
Et pendant ce temps, sur les arrières du 2e Front Ukrainien, les représentants de l’insurrection slovaque - dont la présence est d’évidence devenu superflue - se préparent à reprendre l’avion pour retourner dans leur pays. Ce qui est évidemment tout à leur honneur.

(1) Dix bombes de 50 kg pour un Letov 328.
(2) Ainsi nommé en l’honneur d’un officier prussien des guerres napoléoniennes, Ferdinand von Schill.
(3) Cette politique – ironiquement pas si éloignée du funeste appeasement britannique d’avant-guerre – devait rencontrer le destin que l’on sait. Daniel Růžička la résumera ainsi : « L’intention de Beneš était d’empêcher l'URSS de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Tchécoslovaquie d’après-guerre, en cadrant les choses dès le départ. Dans l’esprit de Staline, ce cadrage n’était jamais que la légalisation de ces futures ingérences. » On notera d’ailleurs que les Britanniques eux-mêmes, pensant mettre à profit l’égo considérable de Beneš, l’avaient carrément missionné auprès du gouvernement polonais en exil, afin de l’encourager à discuter avec Moscou ! Et dans un câble du 4 janvier 1944, Churchill d’écrire à Roosevelt : « Beneš peut être très utile pour essayer de faire entendre raison aux Polonais et les faire se réconcilier avec les Russes, dont il a depuis longtemps la confiance. »
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 09:51    Sujet du message: Répondre en citant

Bonne vacances le Racoon ! Et on oublie les affreux zozos de tout poil, polonais, nazis, slovaques, croates, staliniens etc. pendant quelques jours. ça ne peut pas faire faire de mal de se blanchir le cerveau de cette triste humanité.
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 10:41    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
C’est ce que tente d’ailleurs justement de faire, au même moment, le Ve corps de Vjekoslav Servatzy. Avec chaque jour un peu plus de masse et de violence – sinon d’énergie ou de munitions – face au (?) 6e corps slavon de Petar Drapšin.

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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 10:56    Sujet du message: Répondre en citant

Bonnes vacances !
Je me permets de mettre le bec ici et là, quand même...
demolitiondan a écrit:
Le Racoon part en congés amplement mérités - mais avant, il n'oublie pas de conclure le 18. J'en suis au 24 - un peu d'avance donc, pour le feuilleton qui reprendra assez vite et dans deux semaines au plus tard. Dans l'attente, d'autres auteurs ont peut être des choses sous le coude !

18 avril 1944
La lutte finale
Croatie –
Le 10e corps ‘de Zagreb’ (commandant Vladimir Matetić, commissaire Ivan Šibl) poursuit ses opérations dans le centre du NDH, pour menacer désormais ouvertement la ville-carrefour de Glina. On rapporte aussi la présence de plusieurs attaques de convoi dans le secteur de Novi Grad – soit 40 kilomètres plus loin, sur la route de Prijedor et Banja Luka. C’est donc toute la route directe reliant Zagreb à Sarajevo qui connaît actuellement une féroce activité partisane, ceci alors même que la situation dans la vallée de la Save reste ce qu’elle est ! La chute entière de toute cette région parait n’être qu’une question de temps … à moins bien sûr que la Garde Nationale Croate, qui chemine par monts et vallées avec une désespérante lenteur (c’est que les Oustachis ne sont pas motorisés !) n’arrive très vite pour rétablir l’ordre du NDH.

Région de Požega, nord de la Croatie –
C’est ce que tente d’ailleurs justement de faire, au même moment, le Ve corps de Vjekoslav Servatzy. Avec chaque jour un peu plus de masse et de violence – sinon d’énergie ou de munitions – le 6e corps slavon de Petar Drapšin doit bien céder un peu de terrain pour ne pas risquer l’enveloppement et/ou l’anéantissement en plaine. (***)
Hélas, au moment où le NDH se voyait enfin commencer à triompher, le 5e corps bosniaque de Slavko Rodić et Velimir Stojnic sort littéralement du bois pour assaillir plusieurs villages autour de Slavonski Brod, dont par exemple Novo Selo, Donja Močila voire même Rušćica sur la rive Nord de la Save. Déséquilibrée dans son effort destiné à reprendre avant tout Požega, l’armée croate doit ordonner à la Légion noire (Rafael Boban) de sursoir à son attaque vers Pieternica, faisant gagner aux camarades de la 12e division slavonne un temps précieux. Au soir, tout est donc à refaire pour les Oustachis : garnison, organisation et concentration, avant l’assaut et avec toujours moins de munitions ! En dépit des risques d’attaque aérienne, on demande aux monitors disponibles de venir …

Entre Gospić et Knin – Le 11e corps croate (Pavle Jaksic) a fini de sécuriser le secteur montagneux de Plitvice, avec ses bois, lacs et cascades. Cette tâche effectuée, la 35e division croate (commandant Stanko Perhavec, commissaire Šime Balen) envisage à présent d’envoyer plusieurs détachements de Bihać vers Cazin puis Novi Grad, afin d’aider le 10e corps ‘de Zagreb’ dans la future lutte qu’il aura à mener. Sans toutefois désorganiser son dispositif (il est vrai, très étiré, mais c’est que le territoire libéré est vaste !) et en devant aussi aider la 13e Division “de Primorje-Gorski Kotar” face aux Slovènes dans les secteurs de la descente de Senj et de Jezerane. Une gageure, vu la faiblesse des moyens disponibles.
Et pendant ce temps, le 4e corps croate continue d’assumer des tâches de garnison : sa 8e division ‘Kordun’ (commandant Vlado Cetkovic, commissaire Arthur Turkulin) faisant toujours face au 28. Waffen-Gebirgsjäger Rgt der SS de la Handschar (SS-Sturmbannführer Hans Hanke) dans la vallée de la Zrmanja. Andrija Hebrang envoie néanmoins le plus gros de la 7e Division Banija (commandant Vojislav Djokic, commissaire Kluro Kladarin) vers Bihać, afin d’aider la 35e … il était temps !

Et pendant ce temps-là, sur les ondes
Balkans –
Voilà déjà plusieurs jours que les stations pirates “A duna hullám” et “Az Igazi Magyar” spécifiquement destinées aux Hongrois se demandent un peu comment s’adapter à la nouvelle donne politique de Budapest … Il est vrai que ce n’est pas comme si leurs émissions avaient la moindre chance de pousser au retournement ! Après quelque réflexion, les comités de rédacteurs ont finalement trouvé la solution : naturellement, c’est celle de l’outrance, de la vérité et du récit glorieux de ce que subit désormais la Hongrie pour le bénéfice du Reich. Ce soir, sur les ondes, on parlera donc beaucoup de pillage économique et des traîtres morts le 13 avril – quitte à avoir un discours un peu évident, c’est vrai. Mais parfois, il n’est hélas pas besoin de forcer le trait pour décrire une réalité effroyable …

Proximité non désirée
Kolašin (Monténégro) –
L’arrivée dans le secteur de la 373e DI Tigar divizija de Nikolaus Boicetta ne fait décidément pas que des heureux … De fait, par-delà les Tunisiens, la population (évidemment !) et l’armée nationale monténégrine qui ne campe pas si loin, il est aussi un groupe que tout le monde a oublié : les verts de Krsto Popović, retournés suite à leur victoire face au du SS Polizei-Selbstschutz Rgt Sandjak et qui sont désormais de facto une force armée opposée à l’Axe et … cobelligérante des Alliés. Enfin, pour peu bien sûr que ceux-ci le souhaitent et soient au courant. Du haut de leurs montagnes, les rudes partisans monténégrins, pas si nombreux et armés que cela mais néanmoins toujours susceptibles de nuire, observent les légionnaires oustachis prendre racine dans leur terre en ravageant la campagne. Ils attendent évidemment leur heure.

Impérieuse nécessité (Bis)
Wewelsburg –
La demande de renfort adressée par Friedrich-Wilhelm Krüger a bien atteint le bureau de son maitre. Et elle pose, à vrai dire, quelques soucis. En réalité, on pourrait même affirmer que la Schutzstaffel du SS-ReichFührer Heinrich Himmler n’est pas loin de faire ici face à un problème d’orgueil !
Celle-ci s’est engagée en Yougoslavie pour suppléer à une double défaillance naturelle et inadmissible de la Heer puis de la NDH. Soit. Par contre, la nouvelle de l’offensive alliée bouleverse le rapport de forces passées, autrefois favorable et en consolidation mais qui semble désormais devenir mauvais. Il n’est pas question de perdre pour rien trois divisions d’élite en Bosnie. Et pas davantage de se dédire face au Reich en jetant le gant : ça serait ridicule, et d’ailleurs, tout le HG E ne va pas reculer non plus à cause de l’Ordre Noir (l’inverse, par contre, étant assurément acceptable).
Le cabinet militaire d’Himmler, animé par ces considérations byzantines, a donc bien été contraint de chercher des renforts. Et il en a trouvé plusieurs, d’horizons très divers :

- La SS-Freiwilligen Panzergrenadier-Brigade Nederland – 6 000 hommes environ, sous le commandement du SS-Brigadeführer Jürgen Wagner. Des vétérans du front de l’Est et des combats de la Baltique, actuellement au repos dans la région de Rostock. Bien formés et équipés, ils seront assurément un renfort de poids … quand ils arriveront, c’est-à-dire dans une quinzaine de jours,
- La SS-Kosaken-Freiwilligen Kavalerie-Brigade : 15 000 cavaliers russes, sous le commandement du bon Allemand Helmuth von Pannwitz – ils viendront des Carpates avec leurs familles. Il est vrai qu’à présent que le front s’est déplacé d’Ukraine, leur expertise anti-terroriste est moins utile à l’Ostheer… Arrivée prévue sous dix jours.

Evidemment, c’est tout à la fois beaucoup et peu. Mais c’est aussi un début, à présent que la mise au pas de la Hongrie permet enfin de grandes choses – notamment par la formation d’au moins deux futures divisions ! Et ceci sans préjuger de l’activation prochaine et imminente de la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Kama (SS-Standartenführer Helmuth Raithel) au 25 avril. Au final, le tableau est donc très satisfaisant – du moins du point de vue du maître de l’Ordre Noir, qui peut estimer avoir régler ici le problème. Oui, la SS peut assurément voir loin – mais en attendant, n’en déplaise au Reichführer, la guerre continue.

Boucherie
Territoire du NDH –
Le régime oustachi continue de se radicaliser, entre tueries de masses, purges et autres exactions barbares à faire frémir même les Schutzstaffel les plus endurcis. Dernière innovation en date, de la part des maisons de la terreur de Vjekoslav Luburić : un genre particulièrement sordide de piniata, où l’on suspend le prisonnier par les mains coincées entre les genoux depuis le dos, pour le frapper à grands coups de tout ce qui se passe sous la main. Le tout bien sûr, avant exécution. A Jasenovac évidement, où le bourreau Miroslav Filipović aurait semble-t-il introduit le fameux ‘jeu de la baïonnette’ inventé à Varsovie par la Dirlewanger – en y ajoutant toutefois le sadisme de parier devant les mères des enfants sacrifiés …
Evidemment, c’est contre-productif. Mais les Alliés se rapprochent, et il faut s’assurer de la sécurité en créant de la place pour plus tard … L’inévitable colonisation de peuplement croate commence dès à présent, nourrie d'atrocités, de haine et d’une forme particulièrement féroce de cruauté mystique. Sans que pour l’heure, l’avancée des troupes alliées ne troublent plus que cela les assassins.

L’affaire Hebrang
Gospić –
Depuis son bout de terre croate libérée entre Bosnie et Adriatique, la stratégie d’Andrija Hebrang, membre du comité central du PC de Croatie et camarade de toujours du maréchal, continue d’interroger. Au point de relancer les rumeurs sur son éventuel retournement, à l’époque de sa détention chez les Oustachis – des ‘médisances’ selon Edvard Kardelj, colportées notamment par Josip Kopinič – ou sur ses propres ambitions. De fait, s’il est aujourd’hui d’une rigueur particulièrement stricte envers les défecteurs et les prisonniers retournés, ‘Fatty’ n’a rien perdu de son aura stalinienne, ni de cette tendance à se considérer comme l’égal de Tito en ce que certains voient comme un ‘dangereux état d’esprit’.
C’est donc avec un étonnement certain qu’une discrète rumeur parcourt aujourd’hui les locaux de l’AVNOJ en Dalmatie : Fatty aurait rencontré des envoyés royaux. Des membres des corps-francs, des Américains, voire peut-être cet ancien assassin de la main noire Puniša Račić. Bruit de couloir, bavardage, colportage – tout ceci n’ira pas loin, le NKOJ y veillera. Et d’ailleurs, il n’est à ce jour aucune preuve de négociation entre tous ces personnages …

Etat-croupion
Sans espoir ( ?)
Slovaquie « insurgée » –
Cela fait à peine 48 heures que l’armée allemande est engagée en Slovaquie et déjà les déconvenues s’accumulent face à ce pourtant si méprisable adversaire. Dans les gorges de Strečnianska, un assemblage bâtard franco-slovaque bloque toujours avec efficacité la progression des KG Ohlen et Junck, lesquels n’avancent qu’avec difficulté en dépit de l’appui d’avions, de blindés et de mortiers ! Au milieu de ce magnifique paysage de bois et montagnes, où la Váh serpente un peu comme l’Ardèche à Vallon-Pont-d’Arc, l’armée allemande ne progresse décidément pas. Fichus Français, qui viennent apporter leur expérience aux novices Slovaques ! Et puis, il se trouve aussi – de temps à autre, mais c’est toujours trop ! – l’un ou l’autre biplan frappé de croix sur tricolore pour passer en pétaradant au-dessus des lignes, lançant à la volée des grappes de bombes de petit calibre (1) ou arrosant de ses quelques mitrailleuses les fantassins aventurés ! Que c’est médiocre et agaçant !
Par ailleurs, afin d’aider les défenseurs des gorges de Strečnianska, les partisans du lieutenant Piotr Alexeyevich Veličko ont finalement réussi à faire sauter cette nuit les tunnels de Strečno, Kraľovian et Štubnian – un fait d’armes d’ailleurs non validé au préalable par l’état-major slovaque et qui risque fort de compliquer bientôt ses liaisons avec plusieurs poches subsistants plus au nord… Mais ces considérations ne sont pas le problème du Rouge – après avoir pillé l’usine de Turany et démontré une fois de plus à tous son impulsivité face aux Fascistes, Veličko se mure dans la défensive, visiblement très pris par des considérations plus privées et politiques que militaires… Il est pourtant supposé tenir la rive droite de la Váh, pour appuyer les Franco-Slovaques !
Pendant ce temps, à Poprad, le régiment envoyé par le HG A (KG Schmidt) a enfin réussi à s’emparer de l’aérodrome local – mais il est incapable d’aller chercher les fuyards dans leurs montagnes. Et l’assaut a tout de même coûté au Reich 12 hommes, plusieurs camions, 4 mortiers et deux canons anti-aériens !
Quant à Banská Bystrica, elle tient toujours, quand bien même la ligne de front se trouve dorénavant à Badín, soit à 8 kilomètres à peine du QG slovaque. Un QG où se trouve d’ailleurs toujours Ján Golian lui-même, toujours occupé à diriger de son mieux la résistance. Et la radio Slobodný slovenský vysielač, installée au 21, rue Horná à Banská Bystrica, continue d’émettre ! Elle donne à chaque heure des informations plus ou moins exactes sur la situation du front, aide chacun à communiquer sur son sort ou celui de ses proches, tente de galvaniser le moral de tous … et démontre surtout à chacun que la résistance slovaque existe et se bat !

Château de Wewelsburg – Pendant ce temps, Heinrich Himmler s’active. Le Reichsführer-SS aime les théâtres secondaires : ils se prêtent bien aux intrigues, pour mener un jeu bien moins dangereux – et pour lequel il est bien plus doué ! – que la grande bataille sur les théâtres principaux. Un jeu dont il espère également qu’il permettra peu à peu à ‘sa’ Waffen-SS de prendre un ascendant définitif sur la Heer.
Agissant ainsi avec toute la célérité, l’efficacité et l’agressivité nécessaire (il n’est plus à une menace près, et l’heure n’est pas aux longues enquêtes face à ceux qu’on pourrait désigner comme traîtres), le maitre de l’Ordre noir a donc sorti ses griffes et obtenu en une journée au moins deux avantages décisifs :
– le passage du secteur ouest (slovaque) sous le joug du SS-Obergruppenführer Gottlob Berger, grand recruteur et criminel de guerre bien connu, ami de toutes les racailles (dont Oskar Dirlewanger). On peut donc s’attendre à voir bientôt fleurir à Brastislava les potences comme les affiches de recrutement pour la SS.
– l’engagement face à l’insurrection d’un Kampfgruppe Schill (2). Celui-ci partira de Bratislava en direction de Nitra, afin de prendre part héroïquement à la bataille. Le KG Schill est très loin des unités improvisées de l’armée régulière : formé de trois bataillons complets (3 000 hommes) bien équipés en canons automoteurs et en semi-chenillés, il est de surcroît animé par la crème des instructeurs de la Schutzstaffel – dont de nombreux anciens de la 1. SS-Panzer Leibstandarte Adolf-Hitler. Il ne saurait donc être que victorieux. Pour ce faire, il est d’ailleurs également dirigé par le principal organisateur des valeureuses divisions baltes, le SS-Gruppenführer Karl Friedrich von Pückler-Burghaus - lequel se trouve aussi être l’ancien adjoint du brillant Erich von dem Bach-Zelewski, dont chacun sait qu’il a laissé à Varsovie une ineffable impression. On peut donc être tranquille sur le résultat…
Cela est peut-être beaucoup. Mais pour Himmler, la SS doit surenchérir au plus vite sur ce genre de petits dossiers (Slovaquie, Bosnie, Slovénie…) afin de démontrer de son efficacité comme sa valeur. Quitte pour cela à faire un peu de casse – mais soyons francs, personne à Berlin ne se soucie vraiment du sang des Slovaques !

Etat fantôme
Intérêts mutuels
Commissariat aux Affaires extérieures (Moscou) –
Jan Masaryk, représentant du gouvernement tchécoslovaque en exil, accompagné de l’ambassadeur de Tchécoslovaquie en Union soviétique, Zdeněk Fierlinger, est reçu personnellement par le ministre Viatcheslav Molotov – signe transparent de l’importance qu’à Moscou, on accorde à la démarche. C’est que les relations soviéto-tchécoslovaques, contre toute attente, sont loin d’être mauvaises ! Edvard Beneš, toujours sous le coup de la trahison de Munich et ayant depuis longtemps perdu toute confiance envers les Alliés occidentaux, a bien compris avec qui il doit désormais négocier pour le bien de son pays – en témoigne l’accord de coopération signé en 1943. Et de fait, les Tchécoslovaques ont désormais à l’encontre de l’URSS une politique, disons, réaliste ou d’accommodement, destinée à apaiser l’ours soviétique en lui offrant des gages maîtrisés avant qu’il ne prenne lui-même ce qu’il estime lui revenir de droit (3)… Au passage, cela leur permettra assurément de négocier aussi quelques futurs avantages en termes de tracé des frontières et de « déplacement » des Sudètes après le conflit.
Jan Masaryk est justement un ancien de Munich, qui représentait l’ancienne Nation auprès de Chamberlain durant les plus mauvais jours de mars 1938. En conséquence, c’est une personnalité tout à la fois très avertie contre les Occidentaux et convaincue de l’absolue nécessité de l’expulsion des germanophones de son pays. Molotov et lui sont donc entre gens de bonne compagnie – nul ne saurait douter qu’ils ne puissent parvenir rapidement à un accord.
Et pendant ce temps, sur les arrières du 2e Front Ukrainien, les représentants de l’insurrection slovaque - dont la présence est d’évidence devenue superflue - se préparent à reprendre l’avion pour retourner dans leur pays. Ce qui est évidemment tout à leur honneur.

(1) Dix bombes de 50 kg pour un Letov 328.
(2) Ainsi nommé en l’honneur d’un officier prussien des guerres napoléoniennes, Ferdinand von Schill.
(3) Cette politique – ironiquement pas si éloignée du funeste appeasement britannique d’avant-guerre – devait rencontrer le destin que l’on sait. Daniel Růžička la résumera ainsi : « L’intention de Beneš était d’empêcher l'URSS de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Tchécoslovaquie d’après-guerre, en cadrant les choses dès le départ. Dans l’esprit de Staline, ce cadrage n’était jamais que la légalisation de ces futures ingérences. » On notera d’ailleurs que les Britanniques eux-mêmes, pensant mettre à profit l’égo considérable de Beneš, l’avaient carrément missionné auprès du gouvernement polonais en exil, afin de l’encourager à discuter avec Moscou ! Et dans un câble du 4 janvier 1944, Churchill d’écrire à Roosevelt : « Beneš peut être très utile pour essayer de faire entendre raison aux Polonais et les faire se réconcilier avec les Russes, dont il a depuis longtemps la confiance. »


*** j'avoue ne pas bien comprendre ce paragraphe
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 11:03    Sujet du message: Répondre en citant

Simple : les partisans sont en terrain ouvert. Même l'adversaire est médiocre, faut bien reculer à un moment ...
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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 11:24    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Le Racoon part en congés amplement mérités -

Mérités en effet, quel boulot abattu en quelques mois! Chapeau Cool
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juil 29, 2022 14:14    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Hendryk. Et attend le 7 mai ... Laughing Cool Cool Cool Cool Cool
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Juil 31, 2022 10:01    Sujet du message: Répondre en citant

Bonne vacance demolitiondan. Very Happy
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