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Le monde de la BD

 
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loic
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MessagePosté le: Dim Aoû 22, 2021 22:03    Sujet du message: Le monde de la BD Répondre en citant

Sujet séparé de celui-ci.

Merlock a écrit:
Mort du scénariste de BD Raoul Cauvin, père des « Tuniques bleues »
https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/08/20/mort-du-scenariste-de-bd-raoul-cauvin-pere-des-tuniques-bleues_6091880_3382.html

DjiboutiForever a écrit:
Décidément, tous les grands auteurs de BD nous quittent, ces derniers temps... Autant je n'ai pas lu les "tuniques bleues", autant j'ai dévoré ses "Cédric" il y a quelques années de cela.

Par sa mort, il clôt, je crois pouvoir l'affirmer, l'âge d'or de la bande dessinée... et Angoulême voit s'éteindre une partie de son âme, si vous voyez ce que je veux dire.

Mes condoléances à ses proches.

JPBWEB a écrit:
Raoul Cauvin était un monument, la pierre d’angle de la BD humoristique, et aussi quelqu’un de très courageux. Se sachant condamné, il avait choisi de rendre public le diagnostic de sa maladie, et il avait pris la peine de répondre personnellement a de nombreux témoignages de sympathie. Un grand monsieur, parti trop tôt.

Anaxagore a écrit:
Au m*rde! J'aimais beaucoup les Tinques Bleues, le caporal Bluth et surtout arabesque, son cheval, qui se couchait et faisait le mort dès qu'il entendait un coup de feu... entraînement spécial du caporal!

JPBWEB a écrit:
Lambil et Cauvin, les auteurs des Tuniques Bleues, étaient très solidement documentés. Ces cavaliers éclectiques servent également dans l'artillerie, dans l'infanterie, comme aérostiers , dans la marine (sur le cuirassé USS Monitor et l'USS Kearsarge), en plus de leur participation a des grandes batailles et des escarmouches, ainsi que de nombreuses missions plus ou moins suicide. Ils croisent au fil de leurs aventures de nombreux personnages historiques comme les generaux Ulysses S. Grant, Robert Lee, George McClellan et le président Abraham Lincoln.

Mon personnage préféré reste cependant le capitaine Stark.

borghese a écrit:
Citation:
Ces cavaliers éclectiques servent également dans l'artillerie, dans l'infanterie, comme aérostiers ,


-Vous avez fait changer le fond de la nacelle au moins?
-Oui heureusement c'est comme ça qu'on a retrouvé le général qui était resté collé dessous...

JPWEB, moins récurrent que Stark, mais bien barré: Cancrelat.

Merlock a écrit:
borghese a écrit:

JPWEB, moins récurrent que Stark, mais bien barré: Cancrelat.


Sinistre personnage apparu très tôt dans la série, puisque c'est dans l'album n°6, "La Prison de Robertsonville" qu'il se forge une haine sévère à l'encontre de nos deux héros... Il apparaît dans les albums "Le david", "Les Bleus en folie", "La Traque", "Miss Walker" et "La Bataille du Cratère"...

Notons que la prison de Robertsonville est une évocation directe du très tristement réel camp de prisonniers d'Andersonville, véritable mouroir qui préfigure les futurs camps du 20ième siècle.

J'ai précisément relu cet album il y a 3 semaines (en congé chez mon père où se trouvent mes vieilles BD), en même temps que d'autres. C'est frappant de relire avec quel soin Lambil et Cauvin ont été capables d'aborder avec rigueur et honnêteté des sujets graves (1) dans une BD pour enfants, sans tomber dans le manichéisme (il y a des bons et des mauvais dans les deux camps), le simplisme, le parti-pris "engagé" ou "l'horreur-porn" indignée... Rien que pour ça ces BD méritent qu'on les lise, les relise et les fasse lire...


(1) car, enfin, on trouve en vrac une dénonciation en règle de:
1- les horreurs de la guerre en général à chaque dessin de champ de bataille ;
2- de l’incompétence criminelle d’une caste officiers peu comptables de la vie de leurs hommes : Stark a au moins le mérite de mettre sa vie en danger à chacune de ses charges suicidaires, mais que penser du lâche abandon des centaines de blessés de l’armée dans l'album 15 "Rumberley" ? ;
3- de l’esclavage et la révolte (album 20 "Black Face", certainement un des meilleurs albums de la série) ;
4- du déchirement des familles dont les fils se battent entre eux (album 23 "Les Cousins d'en face") ;
5- l'espionnage et ses risques avec "Les Bleus dans la gadoue" et le très émouvant "Drummer boy" ;
6- Les opérations "sales" derrières les lignes ennemies sans trop de considération pour la morale ("Et pour quinze cents dollars en plus", "Bronco Benny", "Les Cinq Salopards", "L'Or du Québec", "Quantrill"…) ;
7- entre autres…


Bien sûr, il y aussi des albums plus "légers" aux thématiques plus "western classique" ("Les Déserteurs"; "Outlaw" ; "Le blanc-bec") ou humoristiques ("El padre" ; "Les cavaliers du ciel" ; "Les Bleus tournent cosaques") ou des références directes à des évènements historiques réel au déroulement très bien présenté par les auteurs ("Les Bleus de la marine", "Le David", "Bull Run", "Duel dans la Manche", "Émeutes à New York"…).

Enfin, il faut admettre que la qualité globale de la série n’exclut pas quelques ratages remarquables, tels le lamentable "Les Bleus de la balle" (caricature de la "folle"), le grotesque "Captain Nepel" ou l’inutile "Stark sous toutes les coutures". D’une manière générale la série perd grandement de son intérêt à partir des derniers albums, sans qu’il soit possible de donner un stade où commence précisément ce phénomène…

Hendryk a écrit:
Je vais être un peu cruel, mais pour moi Cauvin le scénariste était déjà mort depuis au moins 30 ans, il attendait juste que Cauvin l'homme le rattrape. Comme beaucoup d'autres ici, je dévorais les BD publiées dans Spirou étant gamin, et en particulier les Tuniques Bleues. Eh bien à partir de la fin des années 1980 (ou est-ce simplement parce que je suis sorti de l'adolescence?), j'ai constaté que ses scénarios devenaient répétitifs voire auto-référentiels, et son humour de plus en plus lourd. Sa vision de l'homosexualité, notamment, était franchement répugnante: Merlock a déjà mentionné "Les Bleus de la balle", mais quelle que soit la série, chez lui les homosexuels sont tous des folles efféminées. Et que dire de sa vision de la maladie mentale...

demolitiondan a écrit:
Raoul Cauvin était un des piliers de la BD Française, un homme aux multiples talents, capable de redites honteuses mais aussi d'un éclectisme sans limite. Qui aurait, à 10 ans, entendu parler de Bull Run sans lui (pour ensuite aller peindre des petits cavaliers de l'union Italeri au 72) ? Qui aurait pu apprendre à rigoler adolescent de la mort au milieu des jolies demoiselles de Pierre Tombal ? De la maladie avec les femmes en blancs ? Et finalement apprécier la tendresse d'un Cédric face à un Boule et Bill à mon sens très surcoté ?
Maladroit Cauvin ? Sans aucun doute. Mais il faut aussi revoir le contexte. A l'époque où Dupuis envoyait encore des lettres incisives (à tout du moins ...) auprès des rédactions en chef à la moindre incartade -voir exemple ci-dessous (humm la bonne ambiance) - il était difficile d'être fin. Au moins aura t'il eu le mérite de s'engager contre l'extrême droite, même par l'absurde, à l'époque où on s'offusquait encore de la voir aux élections.
Cauvin, c'était une époque. Une époque qui disparait - et plus encore depuis que Dupuis a été racheté par Disney. Abonné depuis 22 ans, je ne reconnais plus mon Spirou aujourd'hui, parasité par des mauvaises copies de mangas. Et je vois de moins en moins d'intéret à le lire, au point - hérésie - d'envisager de passer chez Fluide Glacial. Vulgaire, certes - mais ils ont aussi la nouvelle génération que j'apprécie (Salch, Monsieur le Chien, Pochep ...).
Alors pour tout cela, Monsieur Cauvin, merci à vous.



Hendryk a écrit:
demolitiondan a écrit:
A l'époque où Dupuis envoyait encore des lettres incisives (à tout du moins ...) auprès des rédactions en chef à la moindre incartade -voir exemple ci-dessous (humm la bonne ambiance) - il était difficile d'être fin.

Ah ben moi qui pensais que la cancel culture avait été inventée par la gauche américaine en 2020, me voilà bien ridicule.

demolitiondan a écrit:
Dupuis aimait à se donner l'image d'un bon père de famille. Et par certains aspects il l'était. Notamment avec des jeunes dessinateurs pas forcément talentueux qu'il recevait dans son bureau pour acheter des planches (pas très cher). Puis il débarquait dans la rédaction et disait "J'ai pris ca à un jeune homme qui avait besoin d'argent ... bon ce n'est pas très bien dessiné mais ... publiez le un jour ..." On disait "Oui monsieur Dupuis" puis ca finissait au fond du placard ...
Mais ca avait aussi un corrolaire. Dans père, il y a paternaliste. Le bon vieux papa catho des familles, qui gère ses affaires sur le mode tout public (de 7 à 77 ans n'est-ce-pas ?). Surtout pas de vague, surtout pas choc, surtout pas de femme, surtout pas d'ambiguité ... mais Franquin glissait des allusions dessus dans ses Gastons (Prunelle qui engueule Gaston parce qu'il ose aller à une manif pacifiste - et nos lecteurs militaires ?), protégé par son statut d'icône. D'une manière générale, Delporte a eu fort à faire avec le service marketing qui disait que pour vendre, il fallait "un tiers Franquin, un tiers Roba, un tiers Peyo". Et lui de dire qu'il fallait aussi faire de la place aux jeunes ... pas toujours aussi consensuels, d'où ce gentil courrier.

Hendryk a écrit:
Oui, 1977, c'est l'année de la fin du Trombone illustré de Franquin et Delporte, jugé non conforme à la ligne éditoriale imposée par Dupuis.

demolitiondan a écrit:
Et lui de dire qu'il fallait aussi faire de la place aux jeunes ... pas toujours aussi consensuels, d'où ce gentil courrier.

Yann et Conrad en ont fait les frais: Dupuis les a virés comme des malpropres en plein milieu d'Aventure en Jaune, parce qu'on y voyait des femmes! de petite vertu!! et en petite tenue!!! Jésus Marie Joseph et tous les saints, qu'est-ce que ce stupre venait faire dans Spirou!

demolitiondan a écrit:
Et Natacha ! Mon Dieu, tu flirte avec l'infamie là !

Merlock a écrit:
Il y a trois semaines j’ai exhumé quelques cartons d’archivage contenant ma collection du Journal de Spirou entre 1985 et 1991 (soit 10 et 16 ans pour moi). J’ai relu les 3 premières années avec un immense plaisir (2 albums de Papyrus, 2 albums d’Archie Cash, Yoko Tsuno, Jérôme K Jérome Bloche, Arkel, Spirou de Tome & Janry, Soda…), mais à partir de 1989-1990, mon Dieu ! En moins de 2 ans, on change radicalement de style et d’auteurs et on se retrouve avec Cédric, Billy The Cat et cette immonde nullité appelée Les Puzzoletti (vous n’avez qu’à googler vous-mêmes)... je me suis souvenu pourquoi j’avais été lecteur de Spirou et aussi POURQUOI j’ai cessé de l’être d’un seul coup...

Hendryk a écrit:
Sa vision de l'homosexualité, notamment, était franchement répugnante: Merlock a déjà mentionné "Les Bleus de la balle", mais quelle que soit la série, chez lui les homosexuels sont tous des folles efféminées.


Disons: ringardisée. N'oublions pas que "Les Bleus de la balle" est sorti en 1988, soit juste 10 ans après "La Cage aux folles" (1978), avec lequel il est en totale adéquation. Il faudra plus d'une décennie pour que le cinéma traite le sujet d'une façon moins grotesque avec "Le Placard" sorti en 2001...

JPBWEB a écrit:
demolitiondan a écrit:
Dupuis aimait à se donner l'image d'un bon père de famille. ...
Dans père, il y a paternaliste. Le bon vieux papa catho des familles, qui gère ses affaires sur le mode tout public (de 7 à 77 ans n'est-ce-pas ?). Surtout pas de vague, surtout pas choc, surtout pas de femme, surtout pas d'ambiguité ...


Au moins, Dupuis n’était pas mono-produit, il admettait qu’on essaie de nouveaux héros, mais dans le cadre d’un conservatisme qui correspondait a l’idée qu’il se faisait de son lectorat, laissant a d’autres plus entreprenants le soin de faire autre chose. Et je crois que l’avenir lui a donné raison. Il subsiste un substantiel lectorat potentiel pour un journal comme le Spirou ou Tintin des années 70-80, avec les memes ingredients. Comme disait Walt Disney: “A good story, well told”. Quitte a passer pour un vieux con, il faut admettre que la production actuelle de BD propose surtout une forte dose d’amertume et de deception, pour reprendre l’expression de Charles Dupuis.

Apres tout, un magazine, c'est une entreprise commerciale, avec un produit qu'il faut vendre. Ce n’est ni un mécénat pour artistes non-reconnus, ni un service public. Charles Dupuis était libre d’accorder sa confiance a qui il voulait, et de faire valoir son point de vue d’’actionnaire propriétaire sur la ligne éditoriale. Il pouvait se tromper, et par excès de conservatisme parvenir a rendre le produit insipide et voir le lectorat diminuer, mais si on en croit sa propre argumentation, le contenu non-conventionnel amena par Yvan Delporte aura détourné les lecteurs existants sans en attirer de nouveaux. Dupuis a laissé faire Delporte, qui a échoué.

C’est un débat classique, en fait, en BD comme ailleurs. Des gens comme Matt Groenig (les Simpsons), Charles Chultz (Charlie Brown), Jim Davis (Garfield), Uderzo (Asterix) et beaucoup d’autres (dont Raoul Cauvin, c’est entendu) sont certainement coupables d’avoir, par facilité et appât du gain, abusé de la photocopie couleur et tiré sur la ficelle pendant plusieurs décennies. Il est toujours preferable d’arrêter quand on est au sommet, comme le fit Bill Waterson (Calvin & Hobbes), qui fait figure de saint-homme et de parangon d’éthique parce qu’il a décidé d’arrêter sa série quand il était au sommet, et s’est meme opposé a tout merchandising.

demolitiondan a écrit:
C'est sans doute aussi parce que la production actuelle ne prend plus le moindre risque ! A tort ou à raison, et surtout après la disparition des autres magazines, Delporte estimait que le rôle de Spirou n'était pas de capitaliser sur les stars (le fameux 3 X 1/3 que j'évoquais plus haut) mais bien de dénicher les pépites de demain. Pour l'art, pour elles ... et puis aussi et surtout pour le journal lui-même, car le public se lasse et les gens finissent toujours par raccrocher un jour où l'autre ou (hélas) à mourir. Nous en avons un bon exemple ces temps-ci. Dans ces conditions, il considérait que son rôle de rédac chef, ce n'était pas seulement de faire de la compta, mais aussi et surtout de développer le titre.
On comprend qu'il y ait eu des étincelles avec Dupuis. Après, si j'osais, l'intéressé savait aussi qui il embauchait. Delporte avait dit un jour "Si ce sont les lecteurs qui décident de la programmation, je me barre." (la référence au référendum des séries préférées des lecteurs, organisé chaque année et évoqué dans le courrier). Une boutade certes, mais qui dans le fond veut surtout dire "A quoi sert un rédacteur chef dans ces conditions ?"
Alors oui, on peut toujours argumenter. Et même évoluer sur le bon vieux débat de l'art commercial ou non, de sa finalité ... En attendant, une réalité : qui est allé voir un film au cinéma récemment ? Je veux dire quelque chose qui ne soit ravagé par le marketing, et qu'on n'oublie pas sitôt sorti ? Le Marvel Cinématic machin truc en est un bon exemple. Aucune prise de risque, du prêt à mâcher. Les derniers SW aussi d'ailleurs.
Les ravages du contrôle de gestion appliqué à la créativité ! Alors oui, créer, ca veut aussi dire des fois se planter. Encore faut-il définir ce que ce terme recouvre.

Hendryk a écrit:
demolitiondan a écrit:
A tort ou à raison, et surtout après la disparition des autres magazines, Delporte estimait que le rôle de Spirou n'était pas de capitaliser sur les stars (le fameux 3 X 1/3 que j'évoquais plus haut) mais bien de dénicher les pépites de demain. Pour l'art, pour elles ... et puis aussi et surtout pour le journal lui-même, car le public se lasse et les gens finissent toujours par raccrocher un jour où l'autre ou (hélas) à mourir.

Pour ma part, je crois que Delporte avait raison contre Dupuis, et indirectement contre Cauvin qui incarnait le côté pépère, rente de situation, du magazine. Le Trombone illustré rassemblait la fine fleur de la rédaction de Spirou, Franquin bien sûr, mais aussi Bilal, Bretécher, F'murrr, Gotlib, Mézières, Moebius, Tardi et plein d'autres noms depuis devenus légendaires. Une telle concentration de talents, qui se voient donner toute liberté pour exprimer leur créativité, ce serait normalement pain bénit pour un éditeur qui prend son métier au sérieux. Mais pas pour Dupuis.

JPBWEB a écrit:
Interessant débat. La solution est dans ce que les marketeurs appellent la segmentation: on cree autant de produits que de cibles. Dans l’aérien, on cree plusieurs classes (de la First, qui offre un confort de satrape, a la Classe Eco, qui offre un inconfort de bétaillère, en passant par la Business Class, la bonne manière de voyager et la Economy Premium, entre Business et Eco, mais plus proche de l’Eco), dans l’hôtellerie, on cree plusieurs enseignes (chez Accor, Sofitel, Novotel, Mercure, Ibis, Etap, Formule 1). Comme ca, il y en a pour tous les gouts, chacun choisit le produit qui lui correspond le mieux, et on s’efforce de conserver une affiliation globale, de manière a encourager la fidélité de la clientele et permettre la migration d’un produit a l’autre, mais toujours dans le groupe.

Evidemment, pour Dupuis et Delporte a l’époque, c’était plus difficile, pour des raisons opérationnelles et logistiques. Faire tourner un magazine, ca coute cher, surtout sans pub, et en faire tourner deux ou trois, c’est prohibitif. Quant a faire un magazine mixte, dont le lecteur ne lit que la moitié et s’indigne de la presence de l’’autre moitié, ca revient a mécontenter tout le monde, et c’est pire que d’aliéner une seule des deux audiences.

De nos jours, la technologie et l’evolution des media permet plus de souplesse, mais ca revient a créer des bulles de plus en plus étroites. Les algorithmes de Facebook, Youtube et autres Instagram ne nous montrent plus que ce qui nous correspond et nous intéresse. Ca limite les déceptions et les indignations, mais ca rend beaucoup plus difficile de découvrir quelque chose de différend, et de grandir.

demolitiondan a écrit:
N'est ce pas un peu paradoxal d'évoquer la segmentation (que je déplore, surtout en BD ! Il n'est qu à voir les étrons que l'on commet "les gendarmes', 'les rugbyman' ...) pour évoquer le fait Spirou ne peut pas - par définition - être exclusivement rassembleur sauf à mécontenter tout le monde ... mais pour ensuite déplorer cette même segmentation ?

JPBWEB a écrit:
C'est certainement paradoxal, et ca illustre la triste réalité que ni Delporte ni Dupuis n'avaient ni entièrement raison ni totalement tort. Pour un magazine de BD comme pour un parti politique, le centrisme, c’est difficile, et c’est très frustrant. C’est pourtant la que ce trouve le plus gros marché (comme disait le pas forcement regretté mais assurément perspicace VGE: Deux Français sur Trois) . Il faut une ligne (éditoriale ou politique) claire, avec un centre gauche et un centre droit qui sont en équilibre, suffisamment différents pour que chacun s’y retrouve sans aliéner personne. Et en prime, gagner de l’argent (ou les elections).

demolitiondan a écrit:
Certainement. Et c'est aussi cela le problème de la vocation assumée de Spirou, soit disant universaliste. En réalité, ce n'était de la BD pour tous, mais de la BD à tous.

Anaxagore a écrit:
Débat intéressant... en tant qu'auteur, je suis confronté (tous les jours!) à des problèmes de ce genre. Quoi que vous écriviez, et je dis bien "n'importe quoi", vous aurez des gens qui hurleront.

Wil the Coyote a écrit:
Anaxagore a écrit:
Débat intéressant... en tant qu'auteur, je suis confronté (tous les jours!) à des problèmes de ce genre. Quoi que vous écriviez, et je dis bien "n'importe quoi", vous aurez des gens qui hurleront.


Ah çà mon bon monsieur....je suis surpris d'ailleurs que certaines séries BD n'aient pas encore été brulées sur l'autel de la "bonne pensée".....

Tel Largo Winch (houuuu le vilain hétéro blanc capitaliste)..... Tanguy et Laverdure (houuuu des Pilotes valeureux).....


Ou encore des critiques sur certains aspect historique.....

Maintenant, étant grand fan de BD, cela m'attriste la disparition de Raoul Cauvin....certains gags de la série les PSY valent leurs pesants d'or....


Cela étant, l'avenir est sombre question "culture"....car pour pouvoir paraitre, sortir en salle ou avoir droit à son Expo, il faudra être politiquement correct. Je suis d'ailleurs surpris du film "BAC Nord"...il n'a pas encore été censuré.....

Hendryk a écrit:
Wil the Coyote a écrit:
Ah çà mon bon monsieur....je suis surpris d'ailleurs que certaines séries BD n'aient pas encore été brulées sur l'autel de la "bonne pensée"...

En la matière, la lettre de Dupuis citée plus haut nous rappelle utilement quelle est la "bonne pensée" en question.

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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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