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Complément BELGE Mai 1941

 
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Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 12:26    Sujet du message: Complément BELGE Mai 1941 Répondre en citant

Deux généraux de plus pour l’Armée belge

1er mai

Aux Drapeaux
Palais Royal (Bruxelles)
– Le général Tilkens convoque Rombauts : « Capitaine, voici une lettre destinée au Père abbé de l’abbaye de Zevenkerken, Dom Théodore Nève. Remettez-la lui en mains propres de ma part. »
– A vos ordres mon Général.
– Et prenez quelqu’un avec vous, car si j’ai bon souvenir, il y aura du travail pour deux…



2 mai
En quête d’officiers belges
Base aérienne de Manston, Squadron 349 (B)
– Le Roy du Vivier a reçu des informations : c’est pour la nuit du 3 au 4 mai. Il fait passer les ordres, tous les pilotes présents à 17h00 le 3 au soir, et le 4 à partir de 03h00 du matin, pilotes prêts et moteurs chauds pour les Spitfire.
………
La Roche en Ardenne« Mon général, c’est pour demain soir. Reposez-vous bien cette nuit car la suivante, vous ne dormirez pas beaucoup ! »


3 mai
Un général dans un Lysander
La Roche en Ardenne
– A 22h00, Pire, accompagnés de trois Résistants, quittent la ferme et se dirige vers Cielle, la bien nommée : là se trouvent plusieurs prairies propices aux atterrissages discrets.
– Je suppose que nous attendons un avion, demande Pire.
– C’est bien cela, mon général.
– Et il saura se poser ici ?
demande t’il, un peu surpris.
– Les Anglais ont un appareil surprenant, indique un des Résistants.


4 mai
Un général dans un Lysander
Cielle-en-Ardenne
– Vers 03h00, un bourdonnement se fait entendre… Soudain, un avion apparaît, silhouette sombre dans la nuit claire. Une lampe de signalisation commence à clignoter un code de reconnaissance. L’avion décrit un cercle et se pose.
– Venez vite, il doit rester au sol le moins longtemps possible.
Pire court avec les Résistants vers le Lysander qui fait demi-tour sur la prairie. Une portière s’ouvre : « Hello boys ! Vôs avez un package for me ? »
– Yes ! »
– Fine ! Hurry up boys.
– Allez-y, embarquez !
– Merci Messieurs…
– On fait de notre mieux, mon général. Mais ne tardez pas à revenir avec le reste de l’Armée… Bonne chance et bon vol.

Le pilote remet les gaz à fond et s’élance. A l’arrière, son passager n’en mène pas large.
– A la grâce de Dieu ! Un général belge qui joue les filles de l’air au clair de lune, ça restera dans les annales, pense-t-il…
L’avion décolle en rasant les arbres et prend la direction de l’Angleterre…
………
Base aérienne de Manston, 04h30 – Les pilotes du 349 (B) sont dans leurs avions, certains somnolent un peu quand soudain une fusée verte jaillit de la tour.
– Gent Leader [Les squadrons belges opérant avec la RAF en Angleterre ayant été baptisés d’après les neuf Provinces du pays, leurs leaders ont pris comme indicatifs les chefs-lieux de chacune (ici, Gand – ou Gent, selon les jours et l’humeur).] à tous, on y va !
Seize moteurs Merlin se mettent à gronder, puis les avions décollent et prennent le cap indiqué par le contrôle.
Le Roy du Vivier espère être exact au rendez-vous aérien. Il sait que le Lysander passera la côte entre Dunkerque et Nieuwpoort. Il est convenu qu’une fois l’appareil repéré, la section Jaune sera chargée de son escorte rapprochée.
Bientôt, la côte belge est en vue.
– De Bleu 2, contact à 2 heures, bas…
– De Gent Leader, vu, c’est notre client ! Section Jaune, prenez-le en charge de près ! Les autres sections restent au pigeonnier et veillent au grain.

Dans le Lysander, Pire a constaté qu’ils étaient maintenant au-dessus de la mer, quand il voit apparaître des chasseurs tout près de leur avion.
– Our escort, Sir ! commente le pilote en levant le pouce. Le paquet d’aujourd’hui doit être diablement important, se dit-il !
– Je ne rêve pas, ces avions portent des cocardes belges !
– Yes Sir, Belgian Air Force!

Le Lysander se pose à Manston sans autre incident pour lui – quant au 349 (B), il a dû repousser une bande de 109 en maraude au-dessus de la mer du Nord, mais il n’a pas eu de perte.
Plusieurs hommes attendent près des hangars : le général Briquet, le Lt-colonel Tanghe et le major Lemercier. En voyant Pire descendre de l’avion, ils poussent un ouf de soulagement. Briquet s’avance : « Jules, je suis bien content de te voir ! »
– Et moi donc mon cher Jules !
– Permet-moi de te présenter les hommes qui ont participé à l’organisation de ton évasion. Voici le Lt-colonel Tanghe et le major Lemercier.
– Eh bien messieurs, bravo. Et j’espère que vous avez prévu quelque chose pour le major Baeyens,
déclare Pire, car sans lui, je ne serais pas ici.
Quand les pilotes du Sqn 349 arrivent à leur tour, Pire demande à les remercier. C’est Le Roy du Vivier qui se présente.
– Major, vous présenterez nos félicitations à vos pilotes pour l’escorte, demande Pire.
– Merci mon général, mais nous ne faisons que notre devoir.
– J’ai entendu dire que vous aviez été accrochés, avez-vous eu des pertes ?
– Non mon général, nous avons descendu un Boche et les autres courent encore.
– Cela nous change de l’année dernière !
– Cher collègue,
intervient Briquet, il est temps de prendre la direction de Londres. Un avion de liaison nous attend. Le chef d’état-major général souhaite vous rencontrer au plus vite.
– Mon cher Briquet, et mon uniforme ?
– Nous en avons prévu un pour toi, mais pour aujourd’hui, ça ira comme ça !

………
Etat-major belge (Londres) – Dès son arrivée, Pire, accompagné de Briquet, est conduit au bureau de Vinçotte, qui se lève pour accueillir son hôte : « Jules ! Enfin te voilà ! »
– Mon général…
– Allons, pas de cérémonie entre nous, j’ai passé l’âge… Je vais enfin pouvoir passer le relais sur plusieurs problèmes et ta présence montrera à l’ennemi que l’Armée belge existe encore. Cependant, nous allons garder ton évasion secrète pendant quelque temps pour éviter de compromettre nos réseaux en Belgique. Et surtout, tant que Maurice Keyaerts ne nous aura pas rejoints.
– Je comprends. Sache qu’avant de partir, je lui ai écrit une lettre avec mes intentions.
– Meci infiniment ! Tu seras surpris par beaucoup de choses, sache-le. Pour aujourd’hui, tu restes avec moi, tu va nous donner quelques informations sur ce qui se passe vraiment au Pays. Ensuite, nous te montrerons tes quartiers. Demain matin, on te fournira des uniformes et l’après-midi, nous rencontrerons le ministre de la Défense.


En quête d’officiers belges
Bureaux de l’OTAD (Bruxelles)
– Keyaerts relit une nouvelle fois le courrier qu’il a reçu de Jules Pire. Ce dernier lui fait part de son intention de partir pour Londres afin de reprendre le combat. Il tente également de le convaincre de le rejoindre : « L’armée a besoin de nous… A la tête de nos hommes, nous serons beaucoup plus utiles qu’en Belgique… »
Le général soupire. Il doit montrer cela à Raoul Van Overstraeten.

Aux Drapeaux
Abbaye de Zevenkerken (Saint André-Lez-Bruges)
– Rombauts et un 1er sergent-major de la Maison militaire du Roi demandent à voir le Père abbé. Dom Théodore de Nève les reçoit avec un peu d’étonnement et Rombauts lui remet aussitôt la lettre du général Tilkens, à en-tête de la Maison militaire du Roi. L’abbé la lit attentivement, la relit plus attentivement encore, puis regarde Rombauts d’un œil étonné.
Celui-ci répond à la question muette : « Je ne sais pas vous dire ce qu’il y a écrit, mon Père. Le général Tilkens a rédigé et cacheté lui-même la lettre. »
– En fait, le général me prie de répondre à vos demandes… pour le bien de l’Armée Belge. Quelles sont ces demandes ?
– Eh bien, mon Père, j’ai ordre de récupérer les Drapeaux et Etendards qui ont été cachés dans votre abbaye dans la nuit du 27 au 28 mai dernier.
– Et que devez-vous en faire ?
– Les rapporter à Bruxelles. Ensuite, ils… Ils prendront le chemin de la liberté.
– C’est une grande responsabilité que je dois prendre. Mais les hommes qui sont venus il y a un an avaient été envoyés par le général Tilkens. Donc, je me vois mal refuser à d’autres hommes du général la restitution des Drapeaux. Venez, Messieurs.

En sortant, l’abbé appelle un moine : « Frère Henry, allez me chercher le Père Francis et le Frère Yves Lencot. »
Les trois hommes se dirigent ensuite vers une tourelle de l’aile réservée au Père abbé, où les deux moines demandés par l’abbé les rejoignent.
– Frère Yves, vous allez devoir défaire un peu de maçonnerie… et en refaire aussitôt, car je suppose, Messieurs, que vous ne prenez que les Drapeaux.
– En effet. D’ailleurs, je ne saurais pas dire combien il y en a…
– 35 précisément ! répond le Père Francis.
– Diable… Oh pardon, mon père…
– Ce n’est rien, mon fils, sourit l’abbé. Vous l’aurez compris, dit-il en s’adressant aux deux autres moines, nous devons rendre les Drapeaux à l’Armée, qui semble pouvoir en faire bon usage. Ah, Messieurs, vous dormirez ici cette nuit, mais vous allez avoir un problème. Vous n’êtes que deux, comment allez-vous transporter tout cela ?
– Je pensais prendre le train, mon père…
– Ça c’est pour vous faire contrôler sûrement !
– C’est que je ne pensais pas qu’il y aurait autant de Drapeaux ! Mais que faire ?
– Je pense que j’ai une solution, venez voir.

L’abbé conduit Rombauts jusqu’à un garage où se trouve une superbe Buick noire.
– Elle est en parfait état de marche. L’un de nos frères à un certain talent pour la mécanique.
– Ça alors ! Mais d’où sort-elle ?
– De l’archevêché de Malines-Bruxelles. Monseigneur nous l’avait confiée pour la mettre à l’abri en mai. Et, voyez : les Drapeaux peuvent trouver place dans le coffre dans quatre valises, cachés sous des vêtements sacerdotaux et autres ornements religieux.
– Mais vous trouvez que ce sera discret… Ne serait-ce pas le contraire ?
– Non, si vous portez les habits de notre Frère secrétaire et que je modifie ma tenue habituelle pour qu’elle ressemble à celle d’un évêque… Dieu me pardonnera bien, je pense, ce petit déguisement. Et je suppose que votre homme saura conduire cette voiture.

………
En fin de journée, après avoir mis au point leurs déguisements, le Père abbé et le capitaine retournent dans la tourelle. Le chef a aidé les deux moines à démolir le mur, sortir les Drapeaux et refaire la maçonnerie.
– Ils sont là mon capitaine, dit le chef, pratiquement au garde-à-vous devant leur butin.
– Mon Dieu… Trente-cinq ! De quels Régiments ?
– Le 3e d’Artillerie, le 3e Lanciers, le 2e Cyclistes, le 1er Grenadiers, le 1er Chasseurs Ardennais…
– Magnifique. Nous ne prendrons que les étoffes, pouvez-vous garder les hampes, mon Père ?
– Bien sûr. Nous partirons demain matin, très tôt, dès la levée du couvre-feu. Le Père Francis sait conduire, il prendra le train pour aller à Bruxelles nous récupérer, la Buick et moi.



5 mai
Aux Drapeaux
Abbaye de Zevenkerken (Saint André-Lez-Bruges)
– A l’aube, Dom Théodore Denève sort de ses appartements portant des habits d’évêque. Le Frère Yves et le Père Francis, tous deux présents ainsi que le chef, sourient.
– Ne vous inquiétez pas mes frères, ce n’est que temporaire. Venez donc, capitaine !
Ce dernier sort, portant soutane.
– Chef, si vous souriez, vous prenez 4 jours !
Ils prennent la route et se dirigent vers Bruxelles, sans rouler trop vite pour ne pas trop attirer l’attention, mais une Buick en 1941, c’est assez voyant, et à hauteur d’Asse, ils sont arrêtés par la Feldgendarmerie.
– Halt, contrôle. Papiers ! Où allez-vous ?
– Nous retournons à l’Archevêché, mon fils,
répond Rombauts, prenant son rôle au sérieux.
– D’où vient cette voiture ?
– Elle a été mise à la disposition de Monseigneur l’Evêque pour aller chercher des ornements sacerdotaux qui avaient été entreposés dans une abbaye pendant les combats.
– Ouvrez le coffre !
– Allez-y, Albert, dit Rombauts au chef, qui tient le rôle du chauffeur.
– Voici…
– Ouvrez les valises !

Le Feldgendarme fouille, mais les tissus des Drapeaux et des vêtements sacerdotaux sont faciles à confondre si on ne les sort pas des valises et visiblement, il cherche de la nourriture pour le marché noir – ou des armes, qui sait !
– C’est bon. Allez y.
Dans la voiture, c’est un ouf de soulagement.
– Bénissez-moi, mon Père, car j’ai péché ! J’ai menti effrontément !
– Ego te absolvo, Capitaine !

La Buick est déposée près de la cathédrale St-Michel et Gudule. Rombauts et le Chef s’en vont en emportant les précieuses valises, pendant que l’abbé reste attendre le Père Francis.
– Allez en paix, mes Fils, et que Dieu bénisse nos fiers Drapeaux.
Les deux hommes se rendent au domicile de Rombauts. Ce dernier cache les valises dans son grenier.


6 mai
En quête d’officiers belges
Chez le général Keyaerts (Bruxelles)
« On m’a transmis un courrier de Jules Pire. Il a rejoint Londres ! »
– Quand ? Et comment ?
– Je ne sais répondre, ma chérie… Mais si c’est vrai, je lui tire mon chapeau, car c’est au nez et à la barbe des Allemands. De plus, plusieurs de mes officiers ont… disparu. Ils ne se sont plus présentés à l’OTAD du jour au lendemain.
– Je vois. Mais tu n’as aucune envie de les empêcher de partir, n’est-ce pas. Et… toi ?
– Moi… Je suis tenu par ma parole.
– Pourtant, il faut trouver une solution. Je n’ai aucune envie de te voir partir, mais ne serais-tu pas plus utile à Londres qu’ici, à commander nos hommes plutôt qu’à les démobiliser ?
– Sûrement, mais que faire ?


Aux Drapeaux
Palais Royal (Bruxelles)
« C’est fait mon général, nos Drapeaux sont à Bruxelles. »
– Combien ?
– Trente-cinq en tout mon général !
– Très bien, capitaine. Vous les confierez à qui de droit en temps voulu.



18 mai
En quête d’officiers belges
Bruxelles
– Via un contact, Baeyens reçoit de mauvaises nouvelles. Constant Martiny, un des radios du réseau Daumerie, a été repéré et arrêté le 13. Et hier, c’est Daumerie lui-même qui a été pris ! Pour couronner le tout, Lentz a également été emprisonné. Il l’avait prévu et avait fourni à Baeyens une liste de gens susceptibles de prendre sa succession. Heureusement, le major a une bonne mémoire.
– M… Il faudra prévoir une autre filière d’évasion et d’arrivée. Et il faut que je me cache, au cas où les Allemands sauraient faire parler Lentz.
Par bonheur, le message donne l’adresse de deux autres fermes dans la région de Hotton.
En outre, un mot de Rombauts lui demande de le retrouver au Parc royal le 22 mai à midi.

20 mai
En quête d’officiers belges
Bureaux de l’OTAD (Bruxelles)
« Mon général, un colonel de la Militärverwaltung veut vous rencontrer. »
– Faites-le entrer, je ne peux pas refuser !
soupire Keyaerts.
– Heil Hitler ! Herr général, nous avons constaté que certains officiers démobilisés relevant de l’OTAD ont disparu.
– Colonel, que sais-je y faire, de Bruxelles ? Si ces hommes se trouvent ailleurs…
– Vous aviez donné votre parole que vous ne tenteriez rien contre l’Allemagne ! La Belgique a capitulé ! Ne l’oubliez pas !
– Je n’oublie rien. Mais au sein de l’OTAD, nous ne nous occupons que des démobilisés. Si des officiers ont disparu et qu’ils ont repris les armes sous l’uniforme, par définition, ils ne sont plus démobilisés. Par ailleurs, colonel, il me semble que, d’après une communication du colonel Kiewitz en septembre dernier, l’acte de capitulation dont vous parlez ne concernait que les troupes qui se trouvaient physiquement sous les ordres de Sa Majesté, c’est-à-dire ni le gouvernement belge, ni les civils, ni les troupes se trouvant hors de Belgique le 28 mai.
– Ne jouez pas sur les mots, Herr Général ! Vous avez été vaincus !
lance le colonel en sortant.
– Pour le moment, murmure Keyaerts en pensant à la lettre de Pire.
Après cet entretien, il demande à rencontrer Van Overstraeten.


22 mai
Aux Drapeaux !
Parc Royal (Bruxelles)
« Bonjour Monsieur. J’ai une bonne nouvelle pour vous, mais par sécurité, ne la transmettez pas encore à nos amis. »
– Je vous écoute.
– Les drapeaux sont à Bruxelles. Je les ai récupérés. Il y en a 35, ils se trouvent dans quatre valises.
– Ce n’est pas très discret, mais nous trouverons une solution. Le cas échéant, puis-je compter sur votre aide pour les transporter en Belgique ?
– Bien sûr.
– Fort bien, je reprends contact avec vous.


En quête d’officiers belges
Palais Royal (Bruxelles)
– Keyaerts raconte à Van Overstraeten la visite de l’officier de la Militärverwaltung. Il est scandalisé par ses propos, mais que peut-on faire ?
– Rien, pour le moment, c’est vrai, commente Van Overstraeten.
– Il faut pourtant faire quelque chose ! Jules Pire a pris ses responsabilités et des risques, lui. Quant à moi… Mon devoir m’imposerait de partir sur le champ, mais mon honneur m’en empêche, car j’ai donné ma parole que l’OTAD ne servirait pas à couvrir des actions contre l’Allemagne.
– Je comprends. Cependant, nous devons trouver une solution à votre problème ! Le Roi et le Pays ont besoin d’hommes comme vous dans l’armée que reconstruit le Gouvernement.
– Mais si je m’évade, ma famille, mes proches et l’OTAD lui-même risqueraient de subir des représailles justifiées par la rupture de mon serment !
– Attendez… Et si nous vous faisions révoquer ! Vous ne seriez plus tenu par votre serment !
– Une révocation ? Mais pour quelle raison ?
– Je puis prendre contact avec le colonel Kiewitz et lui faire part de doutes quant à votre fidélité. Disons que vous n’interdiriez pas l’écoute de la BBC à vos collaborateurs, que vous l’écoutez vous-même, et que vous avez tenu des propos un peu ambigus…
– Cela suffirait-il ?
– Mon cher, les serviteurs d’une dictature soupçonnent a priori tout et tout le monde… Donc oui, cela devrait suffire.
– Dieu vous entende.
– Je vais alerter Kiewitz, disons, la semaine prochaine. Cela vous laissera le temps de vous préparer à votre révocation.

Alors que Keyaerts sort du palais, Van Overstraeten fait appeler Rombauts : « Capitaine, dites à qui de droit que le général Keyaerts sera bientôt disponible. »
– A vos ordres mon général.

Le soir, Rombauts fait passer un message à Baeyens concernant Keyaerts.


24 mai
En quête d’officiers belges
Chez le général Keyaerts (Bruxelles)
– Cela fait maintenant une demi-heure que le général Keyaerts est rentré chez lui. Bayens a eu le temps d’observer la rue et de se rendre compte que personne ne l’avait suivi. Il redoute un peu sa future entrevue avec le chef de l’OTAD… Il tâte sa poche, la lettre de Van Strijdonck de Burkel est bien là, cela devrait être son sauf-conduit vis-à-vis de Keyaerts. Il sonne.
– Bonjour Madame, le général Keyaerts est-il là ?
– Oui, entrez, qui le demande ?
– Monsieur Baeyens, madame.
– Veuillez attendre s’il vous plaît.

Quelques instant plus tard, Keyaerts arrive : « Commandant Baeyens ! Passons dans mon bureau ! »
Dans le bureau, Keyaerts commence par faire des remontrances à son subordonné : « Commandant ! A l’automne dernier, vous êtes venu me trouver pour entrer à l’OTAD, et qu’avez-vous fait au mois de janvier ? Je vous le demande ! Vous avez abandonné votre poste ! Oui commandant, je considère cela comme un abandon de poste. Où étiez-vous ? Et ne me faites pas croire que vous étiez malade. Vous avez disparu de la circulation ! Plus de nouvelles, envolé ! Quelle excuse allez-vous me trouver ? »
– Mon général, je n’ai pas abandonné mon poste… Je… J’ai rejoint l’Angleterre.
– L'Angleterre !
– Pour tout vous dire, l’automne dernier, j’étais déjà envoyé par l’état-major général de notre Armée, qui se trouve actuellement à Londres.
– Allons, c’est une plaisanterie ! Un état-major général pour cinq ou dix mille hommes qui se sont retrouvés par hasard en Angleterre !
– Si vous permettez mon général, j’ai une lettre pour vous.

Sans plus attendre, Baeyens tend à Keyaerts la lettre de Van Strijdonck de Burkel. Le général décachette l’enveloppe et Baeyens constate avec plaisir ses réactions, Keyaerts n’ayant pas dû être informé des évacuations par Callataÿ.
– Près de 150 000 hommes ! C’est tout bonnement incroyable… Mais comment est-ce possible ?
– Mon général, quand le gouvernement français a décidé de continuer la lutte, le nôtre lui à emboîté le pas et a ordonné l’évacuation des CRI et de la Réserve de Recrutement.
– J’étais déjà en Allemagne quand les Allemands ont atteint la Méditerranée, mais j’ai pensé que dans le chaos de l’époque, la majorité de nos hommes qui se trouvaient en France étaient revenus par petits paquets, sans se faire connaître.
– Et nous avons aussi évacué les restes des Unités qui s’étaient repliées en France, je pense notamment à l’Aéronautique et à la 7e Division d’Infanterie.
– Celle qui a subi le premier choc sur le Canal Albert…
– En effet, mais elle a commencé à prendre sa revanche en Bretagne.
– Vraiment !… Et mon estimé collègue me demande de passer en Angleterre.
– Oui mon général. Nous avons les hommes, mais peu d’officiers généraux ayant une autorité comme la vôtre. Vous avez fait très forte impression à la tête du Corps des Ardennes et nous avons besoin de chefs tels que vous, mon général !

Un peu de flatterie n’a jamais fait de tort, pense Baeyens.
– Major… Je suis tiraillé entre deux sentiments : mon devoir m’imposerait de rejoindre Londres pour continuer le combat, mais mon honneur me dicte de rester ici. Voyez-vous, quand on est venu me chercher à Tibor pour prendre la tête de l’OTAD, j’ai dû donner ma parole d’officier que cet organisme – y compris son chef ! – ne couvrirait pas d’activités hostiles à l’Allemagne.
– Je comprends, mon général. Cependant, voici une copie de l’arrêté du gouvernement concernant votre futur poste… Si vous décidez de nous rejoindre.
– Allons commandant, est-ce que cet arrêté est valable juridiquement ? La Constitution stipule que seul le Roi, en tant que commandant en chef des Armées, peut signer un tel arrêté.
– Sauf si le Roi est reconnu comme n’ayant pas la pleine liberté de ses moyens d’action.
– Un juriste a-t-il confirmé cela, commandant ? De toutes façons, pour le moment je ne peux rien faire, ni vous promettre.
– Mon général, je reviendrai vers vous avec de nouveaux arguments. Et quelqu’un qui pourra répondre à votre question.



28 mai
En quête d’officiers belges
Chez le général Keyaerts (Bruxelles)
– En ce triste anniversaire (un an déjà !), Baeyens et Hayoit de Thermicourt sont reçus chez Keyaerts.
– Mon général, voici l’avocat général Raoul Hayoit de Thermicourt. Il a rédigé à la demande de Sa Majesté un avis juridique concernant la Capitulation.
– Général, le 30 mai, avec mes collègues Joseph Phollien et Albert Devèze, nous avons remis au Roi, un avis sur les événements du 28 mai. Le Roi a scrupuleusement respecté la Constitution, car la capitulation était un acte purement militaire et non politique. De plus, Il n’a pas traité avec l’ennemi, ni demandé un armistice.
– Je le sais bien, Monsieur, mais à présent, le commandant Baeyens me donne un arrêté du gouvernement concernant une future nomination… Nomination qui ne peut être signée que par Sa Majesté !
– Sauf si le Roi est dans l’impossibilité de régner, général. Or, c’est bien le cas ici, puisqu’Il est considéré comme prisonnier de guerre. Je vous cite de mémoire l’article 82 de la Constitution, qui prévoit la procédure qui peut être suivie en pareil cas :
« Il appartient au Gouvernement d’apprécier si, dans les circonstances présentes, il est permis de réunir les Chambres, alors que les membres de la Représentation nationale mobilisés ou demeurés en Belgique occupée ne peuvent faire entendre leur voix. »
– J’ai juré fidélité au Roi…
– Vous avez juré fidélité au Roi ? Eh bien, aujourd'hui, constitutionnellement, le Roi, c'est le Gouvernement, quoi que vous pensiez des personnages qui le composent. Et cette situation durera tant que Sa Majesté n'aura pas recouvré la pleine liberté de ses moyens d’action. Juridiquement, il n’y pas le moindre doute à ce sujet. Sa Majesté Elle-même a dû le reconnaître, suite à la note que nous avons rédigée après la capitulation,
s’emporte Hayoit de Thermicourt.
– Je comprends… Bien, commandant, je me range à ces arguments juridiques… et je dois vous dire que je ne suis plus tenu par ma parole. Hier, en effet, j’ai été révoqué de l’OTAD.
– Dans ce cas, mon général, souhaitez-vous rejoindre nos troupes qui sont libres ?
– Je n’ai plus aucune objection à ce sujet, commandant.
– Fort bien mon général. Tenez-vous prêt, à partir de maintenant. Je puis venir vous chercher à n’importe quel moment. Et… mon général, je me permets de vous signaler que j’ai été nommé au grade de Major au mois de décembre.
– Ah ! Eh bien… félicitations, major.



29 mai
En quête d’officiers belges
Etat-major belge (Londres)
– Briquet et Lemercier se présentent au général Wahis. Ce dernier est accompagné de Jules Pire qui, ayant retrouvé avec plaisir un uniforme, passe en revue les changements survenus depuis un an.
– Maurice Keyaerts accepte de nous rejoindre, annonce Briquet.
– Enfin, s’exclame Pire.
Bon, sa récupération sera organisée comme celle du général Pire, je suppose ? interroge Wahis.
– Oui, et le major Baeyens reviendra avec lui. Nous demanderons à la RAF et au 11e Group de prévoir une escorte.
– Faites préparer pour lui une demande d’attribution du titre de Commandeur de l’Ordre de Léopold !
– Certainement.
– Vois-tu Jules, cette guerre permet une certaine adaptation des règlements. Ainsi, tu as pu constater que les membres de notre Aéronautique Militaire portent tous maintenant le même uniforme que la RAF. Il faudra juste attendre le retour au pays pour qu’elle devienne la Force Aérienne Belge.
– J’aimerais accueillir Maurice quand il arrivera en Angleterre.
– Bien sûr, nous te préviendrons,
répond Briquet.


31 mai
En quête d’officiers belges
Bruxelles
– Un message est transmis à Baeyens : « Evacuation prévue dans la nuit du 5 au 6 juin. Rejoindre Hotton le 4. »
Le major va aussitôt prévenir le général Keyaerts, puis se rend au domicile de Rombauts : « Nous quittons Bruxelles le 4 au matin. Je passerai prendre les drapeaux avant. »
– Seul, ce sera difficile, il y a quatre valises.
– Diable ! Comment faire ?
– Je peux vous accompagner jusqu’à votre point de rendez-vous avec un de mes hommes de la Maison militaire du Roi. Le général Tilkens couvrira mon absence.
– Très bien. Je passerai ici le 3 au soir prendre deux valises. Le 4, soyez à l’heure à la gare du Nord pour prendre le train en direction du Luxembourg. Vous descendrez à Marloie.
– Bien compris.
– Et merci de votre aide.
– De rien. Je partirais avec plaisir moi aussi, mais je crois que je peux encore me rendre utile ici. Vous… Ne tardez pas trop à revenir avec nos troupes, pour botter le cul des Allemands – si je puis me permettre…
– Vous pouvez, vous pouvez.
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Hendryk



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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 13:00    Sujet du message: Re: Complément BELGE Mai 1941 Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Base aérienne de Manston, 04h30

Tiens, après des années d'oubli, cet aéroport est récemment revenu dans l'actualité: il sert désormais de parking géant pour les poids-lourds coincés à la frontière pour cause de paperasseries administratives post-Brexit.
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 13:29    Sujet du message: Répondre en citant

Tiens, il ne pleut pas ?

Etat-major belge (Londres)


Meci infiniment ! Tu seras surpris par beaucoup de choses, sache-le.

Si c'est pour l'accent belge, c'est râpé ! Very Happy
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 14:24    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Major… Je suis tiraillé entre deux sentiments


À ce moment (24 mai), Bayens ne lui a pas encore dit qu'il a été promu; il ne le mentionne que le 28.
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 14:56    Sujet du message: Répondre en citant

Puisqu’on évoque à nouveau le sujet de l’impossibilité de régner etc., il me semble utile de préciser l’invocation par analogie de l’article 79 de la constitution belge (actuellement article 90).

Le constituant de 1831 n’avait certes pas prévu l’occupation du pays par une puissance étrangère qui tiendrait le roi prisonnier alors que le gouvernement se trouve en exil dans un pays étranger. On peut difficilement lui en vouloir pour ce manque d’imagination. Mais il avait prévu le cas de la mort du roi, éventuellement survenant alors que les chambres ne siègent pas suite à une élection législative. Cette situation assez théorique a été jugée suffisamment proche de celle de 1940 pour justifier une interprétation par analogie, que la Cour de Cassation a entérinée a posteriori.

Il est à noter qu’en Belgique, au contraire par exemple du Royaume-Uni, il n’y a pas de « Le roi est mort, vive le roi ! ». L’héritier du trône ne devient roi qu’après prestation du serment constitutionnel devant les chambres réunies. Il y a donc un interrègne, que la constitution limite a 10 jours.

Pour ce qui est des évènements de 1940, le roi prisonnier des Allemands était dans l’impossibilité de régner (article 82 de la constitution, invoqué par le gouvernement) et l’impossibilité de réunir des chambres empêchait d’installer un régent. On a donc considéré que la situation était analogue a celle de la mort du roi, et donc que le gouvernement (« les ministres réunis en conseil ») exercerait les pouvoirs du roi, mais que le délai de 10 jours prévu par la constitution ne pouvant être respecté, cet interrègne durerait indéfiniment, jusqu’au moment où le roi serait libéré ou qu’un régent serait nommé, assurant ainsi la continuité du pouvoir exécutif.

Le texte intégral de l’article 79 dispose que :
Citation:
À la mort du Roi, les Chambres s'assemblent sans convocation, au plus tard le dixième jour après celui du décès. Si les Chambres ont été dissoutes antérieurement, et que la convocation ait été faite, dans l'acte de dissolution, pour une époque postérieure au dixième jour, les anciennes Chambres reprennent leurs fonctions, jusqu'à la réunion de celles qui doivent les remplacer.
A dater de la mort du Roi et jusqu'à la prestation du serment de son successeur au trône ou du Régent, les pouvoirs constitutionnels du Roi sont exercés, au nom du peuple belge, par les ministres réunis en conseil, et sous leur responsabilité.


Par contre, le passage suivant du texte pose probleme:
Citation:
Je vous cite de mémoire l’article 82 de la Constitution, qui prévoit la procédure qui peut être suivie en pareil cas : « Il appartient au Gouvernement d’apprécier si, dans les circonstances présentes, il est permis de réunir les Chambres, alors que les membres de la Représentation nationale mobilisés ou demeurés en Belgique occupée ne peuvent faire entendre leur voix. »


L'article 82 de la constitution ne parle évidemment pas de Belgique occupée etc. Ça semble plutôt etre une citation extraite de l'avis remis au roi par les constitutionnalistes.
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 15:05    Sujet du message: Re: Complément BELGE Mai 1941 Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

– Ce n’est pas très discret, mais nous trouverons une solution. Le cas échéant, puis-je compter sur votre aide pour les transporter en Belgique ?

Ils sont déjà en Belgique. Ne serait-ce pas plutôt "les transporter en Angleterre" ? Ou, si on veut rester un tantinet évasif, "leur faire quitter le pays" ?
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 15:41    Sujet du message: Re: Complément BELGE Mai 1941 Répondre en citant

LaMineur a écrit:
Ils sont déjà en Belgique. Ne serait-ce pas plutôt "les transporter en Angleterre" ? Ou, si on veut rester un tantinet évasif, "leur faire quitter le pays" ?


Il veut dire "les transporter à l'intérieur du pays". Je comprends, ce n'est pas très clair, je corrige.
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 15:49    Sujet du message: Répondre en citant

Merci JPB. J'apporte les retouches nécessaires.
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MessagePosté le: Mer Fév 03, 2021 20:51    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
tu vas nous donner quelques informations

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