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Complément BELGE Janvier 1941

 
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Auteur Message
Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 11323
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 12:47    Sujet du message: Complément BELGE Janvier 1941 Répondre en citant

Le texte politique est toujours de Sa Sainteté, les aspects plus militaires sont de Wil Coyote.

Reconstruire l’Armée belge

4 janvier 1941

En quête d’officiers belges
Bruxelles
– Baeyens se doute qu’il va bientôt être rappelé à Londres et il a un cas de conscience. Doit-il tenir au courant le général Keyaerts ou pas ? Il est toujours en train de réfléchir quand son hôte lui apporte un message : « Retour prévu pour le 14 Janvier. Rejoignez votre point d’entrée le 12. »
Cela lui laisse une semaine pour peaufiner son rapport et pour compiler un maximum de renseignements sur les officiers disponibles et leurs préférences.


5 janvier
En quête d’officiers belges
Bureaux du général Keyaerts (Bruxelles)
– Le commandant Baeyens fait ses comptes.
Pour les officiers supérieurs, 12 majors, 5 lieutenants-colonels et 4 colonels sont prêts à passer en Angleterre. Deux des colonels ont fait comprendre qu’ils n’attendraient pas longtemps avant de tenter le coup… et d’anciens chefs de corps en plus.
Pour les officiers subalternes, les plus jeunes étant soit encore prisonniers, soit déjà en Angleterre, seulement 5 capitaines et 4 commandants se sont décidés. Les autres souhaitent rester en Belgique pour reprendre la lutte de manière clandestine.
Dans son rapport, il signalera également les contacts qu’il a eus avec le lieutenant-colonel Lentz.


6 janvier
En quête d’officiers belges
Bureaux du général Keyaerts (Bruxelles)
– Commandant Baeyens !
– Oui mon général.
– Tenez, voici du courrier à envoyer au général Pire. C’est personnel. Je viens seulement d’apprendre le drame qu’il a vécu durant la Campagne des 18 Jours. Son épouse a été tuée dans le bombardement d’une colonne de réfugiés… Et malgré tout, il a montré un courage exemplaire à la tête de la 10e Division.
– Je vais l’envoyer, mon général.

Ce faisant, Baeyens prend note mentalement de l’adresse de Jules Pire. Il l’annexera au rapport qu’il va envoyer à Londres.


7 janvier
Une armée en reconstruction
Près de Sfax (Tunisie)
– Les hommes du 3e Chasseurs à Pied ont découvert l’Afrique du Nord, son soleil et sa poussière. Même si, la nuit, le froid peut être vif, le jour, la grisaille européenne est le plus souvent remplacée par un ciel d’azur. Le camp où est installé le 3e Chasseurs est rustique, mais très amélioré par rapport aux descriptions faites quelques mois plus tôt par le général-major médecin Defalle. Des baraquements en bois remplacent peu à peu les tentes, les sanitaires sont corrects et le ravitaillement suit.
Les hommes du 1er Bataillon ont repris leur entraînement.
Entraînement physique d’abord : depuis l’évacuation, la forme des hommes laissait à désirer. Dorénavant, tous les matins, séance de gymnastique, suivie deux fois par semaine d’exercices plus intenses : course de fond ou longue marche avec un équipement léger et de l’eau en suffisance. L’importance d’une bonne lecture de carte se fait sentir.
Pour le moment, seule la 1ère Compagnie a reçu les nouveaux fusils américains M1 Garand (qui changent des Mauser K), des FM Bar et quelques mitrailleuses M1919, dont la puissance et la cadence de tir impressionnent, surtout ceux qui ont utilisé les Hotchkiss. Les autres compagnies ont toujours l’ancien armement. Les officiers et une partie des sous-officiers ont reçu des PM Thompson, puisqu’à présent, même les officiers vont tirer au PM. Par ailleurs, l’arrivée de camions tout-terrain américains améliore la mobilité du bataillon de façon spectaculaire. C’en est fini, dorénavant, des longues marches avec tout le paquetage ; on va se faire à la guerre motorisée.
On n’évoque pas encore de nouvelles tactiques, mais chacun sait que si, jusqu’à mai 40, on pouvait se contenter de réfléchir à la défensive en regardant la frontière orientale, il va falloir maintenant passer à l’offensive… et la seule fois que les Belges ont attaqué (en dehors de l’Afrique de l’Est), c’était en 1918. Il y a du travail à faire pour remettre l’attaque au goût du jour. D’autant plus que, cette fois, on ne partira pas de l’Yser vers Bruges et Gand, mais de bien plus loin.


10 janvier
En quête d’officiers belges
Bureaux du général Keyaerts (Bruxelles), en fin de journée
– Le général Keyaerts a de plus en plus de doutes au sujet du commandant Baeyens, mais il n’en laisse rien paraître. Il n’a pas à se plaindre de lui, au contraire, il fait du bon travail. Mais, il ne sait pas pourquoi, il le soupçonne de ne pas jouer franc-jeu.
Baeyens, lui, sait que c’est son dernier jour au sein de l’OTAD : il doit prendre le chemin de La Roche demain soir, pour être sur place dimanche matin.
– Bon week-end mon général.
– A vous aussi commandant, et à lundi… si tout va bien,
glisse le général avec un léger rictus.
Aurait-il deviné ? s’interroge Baeyens. Enfin, les dés sont jetés.


11 janvier
Une armée en reconstruction
Sfax (Tunisie)
– Les jours précédents, les officiers ont fait la tournée du bataillon pour trouver des hommes ayant des notions de conduite sur camion. En tout, ils en ont sélectionné une cinquantaine. Ces derniers, sous les ordres de l’adjudant Delville, se rendent au port de Sfax, où deux cargos de la CMB sont en train de débarquer du matériel en provenance des Amériques.
– Dites, mon adjudant, interroge le soldat Vanneste, tout ce matériel là, c’est vraiment pour nous ?
– Oui. Les quarante camions et toutes les caisses qui sont là-bas.
– Misère… C’est des Dodge, dites-donc ! Pour des cadeaux, c’est des beaux cadeaux !
– Oui, mais pour rentrer au Pays, il va falloir apprendre à se servir comme il faut de ce qui se trouve dans les caisses.
– C’est quoi ?
– De nouvelles armes.

Après avoir inspecté les camions pour voir si rien ne manquait et avoir aidé à charger les caisses, la colonne prend le chemin du retour vers le camp belge. Les hommes sont surpris de la facilité de conduite des Dodge, beaucoup plus simples à utiliser que certains camions qu’ils avaient conduits avant mai 40 !
Arrivé au camp, les camions sont déchargés, sous les yeux ébahis des Chasseurs. Certaines caisses sont envoyées directement à l’armurerie, d’autres sont déposées dans les locaux du peloton de ravitaillement.
………
Weber et Balleger font le point.
– Bernard, comment se passe l’arrivée des renforts ?
– Les 1ère et 2e Compagnies sont à effectifs complets, la 3e est à 80 %. Mais nous devons encore recevoir une vingtaine d’hommes qui n’ont plus leurs unités. Ils sont déjà instruits et leur incorporation chez nous devrait aller vite.
– Et combien sont partis au cours cadres ?
– Quinze hommes. Ils seront de retour d’ici juillet – avant le 21, en tout cas ! De toute façon, en dehors de l’entraînement, nous n’avons rien de prévu d’ici là… Sauf si Herr Hitler décide d’envahir l’Afrique.
– Ce qui m’étonnerait. La Méditerranée, ce n’est pas la Lys !
– Demain, n’oubliez pas mon major, nous avons notre cours de tir au PM.
– Qui nous change du tir au pistolet ! A ce propos, comment se passe l’instruction de la 1ère Compagnie sur le nouvel armement ?
– Les hommes sont ravis. C’est du bon matériel et il a l’air efficace. Les .30 nous apportent une bonne puissance de feu. J’ai d’ailleurs une idée à vous soumettre.
– Je t’écoute.
– Actuellement, nous n’avons assez d’armes modernes que pour équiper la 1ère Compagnie. Je propose donc que, dès que nous aurons d’autres livraisons, elle participe à l’instruction des 2e et 3e Compagnies. On peut même envisager de réorganiser nos compagnies, tant que rien n’est figé, en mettant un peloton de la 1ère dans chacune des autres compagnies.
– En fait, tu voudrais que la 1ère serve de modèle pour les autres.
– C’est cela. Ses pelotons tireront les autres vers le haut. Quand nous aurons de quoi équiper notre 2e Cie, un de ses pelotons sera transféré vers la 1ère et un peloton de la 1ère ira vers la 2e. Ça renforcera la cohésion du bataillon. Et le régiment pourrait en prendre exemple !
– Je vais soumettre l’idée au Colonel. On peut déjà l’appliquer au bataillon. Tu expliqueras tout ça aux commandants de compagnie. Et pour ce que l’EM nous a demandé ?
– J’ai terminé mon rapport sur les tenues. J’ai fait la synthèse des remarques de nos cadres. Ce qui ressort le plus, c’est qu’il faut abandonner les bandes molletières ; des chaussures de marche adaptées seraient plus utiles. Et puis il faudra arrêter de transporter tout notre brol sur le dos, maintenant que nous avons des camions. Un des sous-off’ a remarqué, paraît-il :
« Nous ne sommes plus dans les tranchées de l’Yser ! »
– Remarque pertinente. Autre chose ?
– Oui. Nous ne serons pas toujours sous le soleil d’Afrique. Il faudrait des tenues chaudes mieux adaptées, laissant plus de liberté de mouvement. La capote lourde est à proscrire.
– Bon, je fais remonter ça chez le Colonel, qui va transmettre le tout à l’EM. J’espère que les décisions viendront vite et qu’on fera preuve de pragmatisme.
– Je crois que c’est le nouveau mot d’ordre à l’Etat-Major. Regardez les trains de nominations de décembre. Avant mai 40, pour que je passe capitaine, vous, le colonel et le commandant de la Division, vous auriez dû signer je ne sais combien de documents. Là, je suis entré dans le bureau Lieutenant et j’en suis sorti Capitaine. Et puis, j’ai croisé en Angleterre des gars de notre Aéronautique, ils ont des tenues spécifiques et des grades comme à la RAF, bref ils prennent leur indépendance ! Il était temps.
– En effet,
sourit Weber. Parfois, le malheur peut avoir de bons côtés, en tout cas, il peut donner de bonnes idées.


12 janvier
En quête d’officiers belges
La Roche (Belgique)
– Le commandant Baeyens est pris en charge par l’équipe Daumerie.
– Vous êtes venus par les airs, vous retournerez par les airs, lance le colonel.
– Euh… C’est à dire ?
– Les Anglais utilisent maintenant des avions qui peuvent faire des missions discrètes en territoires occupés. Ils savent atterrir et décoller de terrains sommaires.
– Ah, je comprends. C’est pour quand ?
– La nuit du 13 au 14. Nous allons profiter des longues nuits d’hiver.

………
Quelques heures plus tard, quelque part dans les Ardennes belges – La prairie est relativement plate et le ciel est assez dégagé. Les hommes attendent dans le froid sans mot dire. Soudain, un bourdonnement se fait entendre, un des hommes actionne une lampe. L’avion apparaît, s’aligne et atterrit sans casse.
– Merci pour tout, Messieurs.
– Commandant, revenez vite… Mais avec nos troupes cette fois !

Comme à l’aller, Baeyens a une sourde angoisse maintenant qu’il est en vol. Ce serait trop bête maintenant de se faire abattre. Mais le pilote maîtrise parfaitement son avion et évite les points dangereux en Belgique. Ne reste plus qu’à passer la côte… Heureusement, la couverture nuageuse s’épaissit et le voici bientôt au-dessus de la mer du Nord. Après de très longues minutes, l’Angleterre apparaît. Oui, ça y est, ils survolent la campagne anglaise…
Le pilote et son passager se détendent un peu : « Good job ! »
– Thank you sir !



16 janvier
En quête d’officiers belges
2e Bureau de l’Armée belge (Londres)
– Le Lt-colonel Tanghe et le major Lemercier président la réunion de ce jour. Le commandant Baeyens, qui a retrouvé avec plaisir son uniforme, y participe pour présenter oralement son rapport.
– Allez-y, commandant, nous vous écoutons.
– Merci mon colonel. Courant octobre dernier, suite à mon entrevue avec le général Keyaerts, je suis entré à l’OTAD à une place de secrétaire. Les premières semaines, j’ai pu discrètement évaluer les différents officiers présents.
– Est-ce que nos informations étaient correctes concernant ceux de l’active ?
– Oui mon colonel. Plusieurs ont été mis sciemment sur les listes de libérables, dont quelques francophones.
– Mais sur ordre de qui, mon commandant ?
demande un capitaine.
– Je ne saurais vous le dire, hélas. Mais il semblerait que le général Van Overstraeten tire quelques ficelles en coulisse.
– C’est possible… Continuez,
commente Tanghe.
– Le jour de la fête du Roi, j’ai été approché par le major Souka, un ancien du 4e de Ligne, qui m’a sondé pour savoir si j’accepterais de rejoindre une organisation clandestine rassemblant des anciens de l’Armée. Quelques jours plus tard, j’avais un message me disant de rechercher l’ancien CEM de la 17e DI, le Lt-colonel Lentz. Après l’avoir rencontré, il semblerait bien, en effet, que plusieurs officiers tentent de reconstituer une forme d’Armée clandestine.
– Mais quel est leur but ?
interroge Lemercier
– Reprendre le combat contre les Allemands par des actions de sabotage. Une sorte de guérilla !
– Je vois. Et concernant l’envie de combattre de nos collègues ?
– J’ai pu jauger qu’au moins une trentaine d’officiers supérieurs seraient prêt à nous rejoindre si on leur en donne la possibilité. Cependant, d’après ce que j’ai pu constater, notre action serait beaucoup plus aisée si nous avions le soutien – officieux bien sûr – du Palais.

Un ange passe. Là, c’est une question pour le Gouvernement…
– A moins que… pense tout haut Tanghe… A moins que nous ayons l’appui du général Van Overstraeten.
Un second ange passe…
– D’après certaines informations que je tiens d’un homme qui se trouvait au GQG, continue Tangue, le général souhaitait continuer le combat, mais par fidélité au Roi, il a préféré rester à son poste.
– Il y aurait donc peut-être une possibilité par là !
lance un commandant.
– Et le général Keyaerts ? reprend Tanghe.
– Difficile à juger… Je pense qu’il a deviné ce que je faisais, mais il n’a rien dit. En fait, je pense qu’il reprendrait bien la lutte. Pour terminer, j’ai une information sur un de nos officiers généraux, le général Pire. Il est toujours en Belgique, il n’est pas prisonnier.
– C’est bon à savoir. On fera remonter l’information. Commandant, encore bravo pour votre mission.
– J’ai une requête à déposer.
– Nous vous écoutons.
– Je souhaiterais intégrer le 2e Bureau.
– Diable ! Il faudra voir avec le Bureau du personnel. Mais si le général Briquet sait s’arranger avec le général Wahis, cela devrait aller. Nous vous tiendrons au courant. Laissez-nous votre rapport,
conclut Tanghe.


18 janvier
Une armée en reconstruction
Près de Sfax (Tunisie)
– Nouvelle livraison de camions – et, mieux encore, ces camions sont pleins de caisses de cadeaux ! Cette fois-ci, point d’armes, mais du matériel et surtout de nouvelles tenues. En effet, des tenues adaptées ont été commandées, ce qui va permettre de reléguer enfin les lourdes capotes et surtout les bandes molletières dans un musée (ou, mieux encore, aux oubliettes de l’ABL).


20 janvier
Une armée en reconstruction
Sfax
– Le colonel Wets est sur la plaine d’exercice pour assister à l’entrainement du I/3 Ch. L’industrie américaine vient de livrer de quoi équiper la 2e Cie du bataillon. Cette dernière s’instruit sur le nouvel armement avec l’aide d’un peloton de la 1ère Cie.
– Eh bien, capitaine Cambier, qu’en pensez-vous ? demande Wets au commandant de compagnie.
– Mon colonel, c’est fantastique. Si nous avions eu cela en mai, nous battions les Allemands !
– Vous oubliez la Luftwaffe et les panzers, capitaine.
– C’est vrai, mon colonel. Mais quand même…
– Continuez, capitaine. Que vos hommes maitrisent d’abord l’armement avant d’attaquer la partie tactique.

Puis Wets se dirige vers une autre partie de la plaine dans le Peugeot DKJ5 aimablement fourni par les Français – il n’a jamais vu un si grand camp d’entraînement. Il va retrouver la 1ère Cie qui, sous le commandement du capitaine Cordier et de son second, le capitaine Balleger, est passée à un entraînement plus poussé. Le major Webber dirige l’ensemble.
– Mes respects mon colonel.
– Bonjour Jacques. Comment ça va ?
– Les hommes sont surpris de la teneur des exercices. Jusqu’il y a peu, on s’entraînait à tenir nos positions et parfois à contre-attaquer. Maintenant, très peu de défensive et beaucoup d’attaque. De plus, il faut s’habituer aux nouvelles tenues, beaucoup plus commodes, et à confectionner un paquetage léger, puisque le reste est dans le camion.
– Et que penses-tu des camions, justement ?
répond Wets en regardant l’alignement de Dodge.
– Mon colonel, ce n’est pas une évolution, mais une révolution !
Le major est interrompu par des coups de feu venant du stand de tir.
– Là aussi, mon colonel : avant, chaque munition était comptée, maintenant, chaque homme peut apprendre à maîtriser son arme.
– Une prochaine livraison ne devrait pas tarder. Tu pourras équiper ta dernière compagnie.
– Et pour les antichars ?
– Il faudra encore attendre. Nous ne sommes pas prioritaires à ce niveau, mais on devrait recevoir dans un premier temps des nouveaux 47 mm.
– Je vois. Et concernant les véhicules légers et de commandement ? ajoute Webber en voyant le véhicule du colonel.
– Nous attendons un nouveau tout-terrain américain. Il parait qu’il est très prometteur.

Un camion arrive près d’eux. C’est le ravitaillement qui apporte le repas de midi.
– Radio, prévenez le capitaine Cordier que le dîner est arrivé. Je dois aussi m’habituer à disposer d’une radio, mon colonel ! Quel est le menu, adjudant ?
– Mouton, haricots et pommes de terre, mon major.
– Ma foi, il y a pire,
commente Wets.
Cordier et Balleger arrivent et saluent le colonel.
– Vos impressions, Messieurs ?
– Les hommes apprennent vite, et du fait de leur jeunesse, ils n’ont pas les mauvais réflexes des anciens… Je veux dire qu’ils cherchent à s’améliorer sans cesse,
déclare Cordier.
– Oui, continue Balleger, on leur a bien expliqué qu’à partir de maintenant, nous devions penser de façon offensive… Bien sûr, ils doivent aussi savoir défendre une position, mais le but, ce sera d’obliger les Boches à reculer et à rentrer chez eux.
– Et concernant les tenues ?
– C’est le jour et la nuit ! Les bottines sont efficaces. Les tenues peuvent encore être améliorées mais on ne va pas se plaindre.
– Tous les hommes ont sauté de joie quand ont leur a dit qu’ils pouvaient jeter les bandes molletières !
– Je les comprends,
commente Wets.
– Vous dînez avec nous, mon colonel ? interroge Webber.
– C’est que je n’ai pas pris mon équipement, répond Wets.
– Adjudant Delville, avez-vous de quoi faire pour le chef de Corps ?
– Bien sûr mon Major, voici !
– Eh bien, Messieurs, bon appétit !



22 janvier
En quête d’officiers belges
Etat-Major belge (Londres)
– Le ministre Denis et les généraux Vinçotte, Wahis, Vandaele, Briquet et Van Strijdonck de Burkel assistent à la présentation du rapport du 2e Bureau. Chef organique du service, le lieutenant-général Briquet l’a déjà lu, mais il a demandé au Lt-colonel Tanghe et au major Lemercier d’assister à la réunion.
– Colonel, commence le Ministre, vous me présenterez l’homme qui a effectué cette mission. Mon cher Wahis, il serait opportun de le récompenser pour les risques courus, énormes il me semble.
– Si je puis me permettre, mon général,
répond Tanghe, le commandant Baeyens a émis le souhait de rejoindre le 2e Bureau.
– A première vue, je n’ai pas d’objections,
indique Wahis.
– Et si vous le proposez au grade de major, à titre temporaire, je signerai, conclut Vinçotte.
– Bon, revenons à votre rapport, reprend Denis. Concernant les TRI et la RR, il semblerait que le général de Callataÿ ait signalé leur évacuation.
– En effet, Monsieur le ministre. Mais ils sont un peu dans le brouillard concernant le nombre d’hommes et beaucoup pensent que nous ne sommes que quelques milliers. Cependant, comme vous le constatez, certains de nos officiers seraient prêts à tenter de nous rejoindre pour reprendre la lutte.
– Oui, et c’est ici que cela va prendre une tournure politique, car dans la dernière partie du rapport, vous signalez que nous pourrions être soutenus par beaucoup plus d’entre eux si nous avions le soutien, officieux bien sûr, du Palais ou au moins du général Van Overstraeten. Je vais être franc, messieurs, cela va faire des étincelles au gouvernement…

Un silence général, mais qui n’en pense pas moins, suit ces paroles.
– Bon, ensuite vous signalez la possible constitution d’une “Armée Clandestine” !
– Oui Monsieur le ministre. Notre envoyé a rencontré un de ses probables instigateurs, le lieutenant-colonel Lentz, ancien CEM de la 17e Division. Je dois signaler deux points à ce sujet :
- d’abord, un de ses… comment dire, adjoints
[les participants à la réunion ignorent encore que c’est Lentz qui est l’adjoint de Claser] est en train d’essayer de rassembler des hommes à travers le pays.
- ensuite, il a fait comprendre qu’il avait des appuis en très haut lieu…
– Très haut ? Serait-ce dans l’entourage du Roi ?
– Oui, c’est probable…

Le ministre réfléchit quelques instants sur la façon dont il va aborder cela avec le Premier Ministre…
– Bon, et concernant les généraux disponibles en Belgique ?
– Le général Keyaerts s’est douté de quelque chose vis-à-vis de notre homme, mais il n’a rien dit,
reprend Lemercier, et nous ne l’avons pas encore approché au sujet d’un possible ralliement. Ensuite, nous avons appris la présence en Belgique du général Pire, ainsi que son adresse.
– Jules sera plus facile à convaincre,
commente Van Strijdonck de Burkel. Il pourrait reprendre la place du général Van Daele comme commandant opérationnel des Force Belges au Royaume-Uni. Comme cela, mon cher Victor, tu pourrais t’occuper à temps plein du 1er Corps.
– Bon, Messieurs je vous remercie. Je pense qu’il faut vous préparer à renvoyer notre homme en Belgique.
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loic
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MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 16:10    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
la conduite des Dodge, beaucoup plus simples à utiliser que certains camions qu’ils avaient conduits avant mai 40 !

Remplacer par pilotage/piloter pour éviter la redite ?
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Etienne



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MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 16:15    Sujet du message: Répondre en citant

Piloter est un poil exagéré.

"eus entre les mains"?
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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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houps



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Localisation: Dans le Sud, peuchère !

MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 17:44    Sujet du message: Répondre en citant

Grillé !Sad

manipulés / utilisés / eus en charge /

ceci dit, piloter, mais avec des guillemets ("pilotés") serait une pointe d'ironie.
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Timeo danaos et dona ferentes


Dernière édition par houps le Dim Jan 31, 2021 18:44; édité 1 fois
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Hendryk



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MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 18:03    Sujet du message: Re: Complément BELGE Janvier 1941 Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
En effet, des tenues adaptées ont été commandées, ce qui va permettre de reléguer enfin les lourdes capotes et surtout les bandes molletières dans un musée (ou, mieux encore, aux oubliettes de l’ABL).

Je croyais que l'armée belge avait déjà laissé tomber les bandes molletières en 1940?
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MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 19:36    Sujet du message: Re: Complément BELGE Janvier 1941 Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Casus Frankie a écrit:
En effet, des tenues adaptées ont été commandées, ce qui va permettre de reléguer enfin les lourdes capotes et surtout les bandes molletières dans un musée (ou, mieux encore, aux oubliettes de l’ABL).

Je croyais que l'armée belge avait déjà laissé tomber les bandes molletières en 1940?


Oui, au profit de hautes guêtres lacées un peu comme les Gis américains. Probablement pas très confortables, et donc il est souhaitable de les abandonner si possible.. Le mieux, c’est les bottes comme les Allemands ou les Russes, ou les bottines comme les Britanniques, avec éventuellement de courtes guêtres a agrafes.
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Dim Jan 31, 2021 20:04    Sujet du message: Répondre en citant

Certaines Unités de Reserves avaient encore des bandes molletieres....et comme la majorité des Unités évacuées étaient de réserves ou d instructions il est plus que probable qu ils portaient les sites bandes..
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