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Conte de Noël

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Le Pacifique
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Casus Frankie
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Messages: 11156
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MessagePosté le: Lun Déc 23, 2019 15:15    Sujet du message: Conte de Noël Répondre en citant

Ce petit texte de saison (malgré les apparences) est dû à Raven. Et comme d'habitude, ceux qui aiment les engins volants apprécieront…


Campagne de Nouvelle-Guinée
La nuit, tous les Cats sont verts…

Décembre 1942
Port Moresby, 17h00
– Nez au vent, moteurs à plein régime, 2 700 RPM, hélice au plein petit pas, 48 pouces à l’admission, un Catalina de la RAAF déjauge et monte pesamment sur son redan. Son pilote le garde longuement ainsi, le laisse courir, prenant de la vitesse, nœud après nœud, une longue minute et presque une seconde… avant que lui et son co-pilote tirent à eux la grande barre des commandes… Tout en douceur, le Cat s’élève au-dessus de la baie, lentement, comme à regret… Cent pieds… 200… 300… Rétraction des ballonnets, on gagne un peu de finesse, un peu de portance et quelques nœuds… Toujours tout droit… 1 000 pieds… Cap à l’ouest, vers le détroit de Torres, l’hydravion entame une lente montée en hippodrome vers son plafond maximum (14 700 pieds) avant de s’engager au-dessus de terres mille fois plus hostiles que les êtres humains qui les peuplent, ou même les envahisseurs qui les occupent.
Ensuite, un peu plus d’une heure pour passer de la mer jusqu’à l’autre côté de la chaîne des Owen Stanley, dont une bonne moitié à batailler avec la nature, les dents de roche cachées ou pas dans les nuages, et les éléments – les trous d’air, la pluie parfois intense et la foudre… Nuit noire, 120 mph au badin, en légère descente… Douze mille pieds, le PBY5 gicle du massif comme s’il était recraché de la gueule d’un monstre vorace, tel Jonas par la baleine ! La fin de la traversée, juste sous la masse de nuages pas très amicaux et presque toujours présents du côté nord.
Laissant la couche cotonneuse au-dessus de lui tout en restant quelques mètres au-dessus du relief et des arbres, le Catalina plonge vers le ruban sinueux de la Sepik River qu’on distingue au loin. Il ne rétablit qu’une fois au-dessus du long serpent argenté, les ailes plus bas que la cime des arbres, la coque au ras de l’eau. Il ralentit alors à 70 nœuds, juste au-dessus de la vitesse de décrochage, et il abaisse ses flotteurs d’aile… Pendant près d’une heure, il suit ainsi le cours du fleuve, fantôme vert sombre sur le fond de même couleur de l’épaisse végétation qui étouffe le bruit des moteurs au-delà du méandre suivant…
………
20h15 – A bord, mitrailleur sur l’avant, pilote et co-pilote concentrés sur leur pilotage, le reste de l’équipage scrute les berges à la recherche du moindre signe de vie, avant de se concentrer sur le côté gauche du fleuve, là où devraient être les fantassins de l’AMF et leurs guides papous. Deuxième mission identique en dix jours : ravitailler le commando et récupérer les blessés. Dans le compartiment central, au milieu des caisses, des paquets et des sacs, quatre soldats de renfort.
Depuis avant-hier, ils ne peuvent pas avoir parcouru une bien longue distance… pas plus de 10 à 15 milles. Là, au fond du prochain coude du fleuve… une lampe clignote, rapidement puis plus lentement, et fait le code du jour ! Répondre avec le phare… entamer immédiatement la procédure d’amerrissage. Rester au milieu du fleuve… tout réduire… Le splash de l’impact sur l’eau ! Ralentissement brutal… moteurs au ralenti, laisser courir le zinc sur son erre jusqu’à l’arrêt presque complet… Devant à gauche, au ras de l’eau, la lampe est devenue fixe et rouge, donc tout va bien.
Palonnier à gauche, un coup au moteur droit pour aider à tourner… Le Cat glisse sur l’eau… le rivage approche… moteurs coupés… L’étrave talonne et s’enfonce doucement dans la terre meuble d’une petite plage… bon choix !
Le mitrailleur avant a ouvert le toit de sa tourelle et fait passer une corde (c’est un aviateur, pas un marin…) à un soldat qui attend, les pieds dans l’eau, et part l’arrimer à un arbre à quelques mètres. Ouverture des trappes de toit par le mécano… le pilote monte sur le toit, brève discussion avec le chef du commando, qui a escaladé le nez de l’avion en s’aidant du canon de la mitrailleuse avant.
Le courant rabat l’arrière du Cat vers le rivage. Vite, le mécano rentre le ballonnet droit avant qu’il soit endommagé. Ouverture du blister droit, une corde de plus et l’avion est immobilisé – ce sera plus simple pour le vider et embarquer les deux blessés, dès que la Browning sera démontée.
Une chaîne se forme à terre et dans l’hydravion. Les quatre passagers passent caisses de munitions et paquets de ravitaillement, qui s’entassent vite sur la berge avant de débarquer à leur tour, récupérés, chaussures autour du cou, par de solides Papous qui les prennent sur leurs épaules. Aux deux blessés d’embarquer, maintenant. Le premier, sur une civière improvisée, est passé à l’équipage par les mêmes Papous avec d’infinies précautions avant d’être installé sur une des couchettes du compartiment central. C’est presque plus difficile avec le deuxième, blessé à l’épaule… La bonne façon sera de le porter à deux et de le poser sur le rebord du blister.
………
21h30 – Voilà, c’est terminé. Quelques cartouches de cigarettes oubliées passent par le blister… « Thanks, guys. And merry Christmas ! »… Moteur 1 en route… Moteur 2… Ils sont rapidement en température… Deux soldats décrochent les cordes, les autres repoussent le Catalina dans le courant… Vite, redescendre le ballonnet droit…
En jouant du moteur et du palonnier, le Catalina se retrouve vite face au fleuve. Montée en régime sur les deux… le lit du fleuve… accélération à pleine puissance… L’avion déjauge, passe sur le redan et, plus léger, décolle en quelques centaines de mètres… Prendre un peu d’altitude, faire demi-tour et replonger à l’abri, au ras de l’eau… Quand il repasse à hauteur de la “plage” (?), une lampe clignote : des traits, des points… T.H.A.N.K… Y.O.U… G.O.O.D… L.U.C.K… Le radio répond avec la lampe à signaux : M.E.R.R.Y… X.M.A.S…
Une demi-heure à remonter le cours du fleuve avant d’entamer une montée à l’altitude maxi… puis de se lancer dans la traversée de la chaîne de montagnes, tout aussi dangereuse dans ce sens. Une heure à suer malgré la froideur de l’altitude, à zigzaguer au-dessus des pitons et des sommets couverts de forêt vierge et inhospitalière… avant de se retrouver au-dessus de la plaine côtière… Quelques minutes encore, et le Cat débouche au-dessus de l’océan puis vire à l’est vers Port Moresby.
………
25 décembre
Port Moresby, 01h30 (AM)
– Le Catalina vert sombre uni amerrit dans la baie, guidé par le projecteur d’une chaloupe. Une vedette vient récupérer les blessés dès que l’hydravion est amarré à sa bouée, une autre embarque l’équipage… Les mécanos s’occuperont de l’hydravion quand il fera jour.
Equipage au débriefing… Routine des questions et des réponses pour une mission où les principaux ennemis sont toujours les mêmes : la montagne et la météo !
Quant aux Japonais, ils ne semblent pas vouloir pénétrer aussi loin à l’intérieur des terres, se contentant de patrouilles fluviales qui remontent une petite partie des 1 200 km du fleuve en semant le chaos et la destruction dans les villages qui le bordent. Cependant, très peu de pertes humaines pour les Papous : ceux-ci ont vite appris à disparaître dans la jungle à l’approche des soldats impériaux… qui, eux, ont compris que, passé la limite des arbres, leur survie devenait improbable ! Les quelques patrouilles qui se sont risqué à le faire ont tout simplement disparu, comme avalées, dévorées par la forêt ou…
………
C’était quand même une nuit un peu spéciale. Une nuit de Noël sans neige, sans sapin, sans boules ni guirlandes… Mais avec des cadeaux pour les hommes du commando. « Si on baptisait notre Cat « Santa » ? » suggère un mitrailleur.
L’idée est bonne, mais pour l’instant, il est temps pour tout l’équipage d’aller dormir. Demain sera une autre nuit !
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Déc 23, 2019 15:27    Sujet du message: Répondre en citant

Un peu de tendresse ne fait jamais de mal ... Cool
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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