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La véritable histoire de l'Attentat d'Oran (par TYLER)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mar 24, 2012 11:46    Sujet du message: La véritable histoire de l'Attentat d'Oran (par TYLER) Répondre en citant

Le texte dont la première partie figure ci-dessous est l'oeuvre de Tyler.
Il a été revu et modifié à la suite de mes observations, puis de celles de Fantasque, de Menon-Marec et de Dak 69 - j'encourage ces derniers à le relire, car le résultat final a pas mal évolué par rapport à la première version. - Casus F.



27 mai 1942
Paris
– Le NEF est un état de droit. Du moins, c’est ce que pensent ses dirigeants – enfin, une partie d’entre eux, les autres se souciant comme d’une guigne de ces distinctions byzantines. Mais Pierre Laval, président du NEF, en est convaincu, ou s’en est convaincu. C’est pourtant sans en référer à quiconque qu’il vient de créer un organe qui, de fait, coiffe le gouvernement : le Conseil de Sécurité Nationale. Il ne semble pas que Laval, au moment où il institue le CSN, formalisant ainsi une situation officieuse, ait voulu singer le Comité de Défense Nationale d’Alger. En fait, Pierre Laval, qui a dû renoncer cinq mois plus tôt à tout espoir de se réconcilier avec les Etats-Unis, souhaite pouvoir réagir plus vite et plus efficacement aux soubresauts nationaux et internationaux qu’il faut prévoir à présent que, l’Allemagne ayant envahi l’URSS, les communistes sont officiellement entrés dans le conflit mondial.
En pratique, la composition du CSN est soumise au bon plaisir de son président, nul autre que “le Président”, soit Laval en personne. Pour cette première réunion, ont été conviés bien sûr Joseph Darnand et Jacques Doriot, ministres de l’Intérieur (et de la Sécurité pour l’un, et de la Reconstruction pour l’autre) ainsi que Marcel Déat, ministre de l’Economie et du Travail. Sont également présents Gaston Bergery, ministre des Affaires Etrangères, et l’amiral Charles Platon, ministre de la Marine et des Colonies. Outre ces personnages, le CSN accueille aujourd’hui le général Olléris, directeur du cabinet militaire de Laval, Eugène Deloncle, proche de Darnand et chef de l’Organisation d’Action Nationale (laquelle fait office de service de renseignements extérieurs du NEF – l’étendue de son action et même la date de sa création sont encore aujourd’hui sujets à controverse) ainsi que Simon Sabiani, le plus fidèle lieutenant de Doriot au sein du PPF.
« Mes chers amis, commence Laval, comme vous le savez, nos partenaires allemands ont enfin lancé l’offensive qui devrait nous débarrasser du danger bolchevique qui risquait de s’insinuer au cœur de cette Europe que nous chérissons tous. Les dernières nouvelles du front, que l’ambassadeur Otto Abetz m’a transmises aujourd’hui, sont excellentes. L’issue de la guerre est proche ! Une fois les Soviétiques éliminés, il sera possible à l’Allemagne de négocier avec les Anglo-Saxons. De l’autre côté de la Méditerranée, la plupart des politiques qui se sont fourvoyés dans une aventure sans issue se rendront compte de leurs erreurs et nous pourrons étendre la Reconstruction Nationale (il se tourne diplomatiquement vers Doriot) et assurer la Sécurité (il se tourne vers Darnand, lequel fusille du regard Doriot, qui le lui rend bien) dans tout notre Empire. La question est maintenant de savoir, en ces heures historiques, ce que nous pouvons faire pour montrer à l’Allemagne et à ses alliés que nous serons, que dis-je, que nous sommes déjà des partenaires de premier ordre dans l’élaboration de la Nouvelle Europe. C’est une occasion unique de redonner à notre pays la place qui est la sienne et qu’il n’aurait jamais dû perdre. Dans cet esprit, que suggérez-vous ? »
Les discussions vont se prolonger tout l’après-midi et jusqu’à l’heure du dîner. Le général Olléris émet un vœu pieux, qui n’en fait pas moins l’unanimité : développer la collaboration de la FST avec « les forces étrangères présentes sur le sol français », c’est à dire avec l’armée d’Occupation. Encore faudrait-il que les « forces » en question s’y prêtent… Doriot lance alors une proposition plus concrète, elle aussi acceptée bien que Laval ne se soit pas montré très enthousiaste et qu’Olléris et Darnand aient franchement regimbé : la création d’une Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme. Cette troupe devra « porter haut les couleurs de la France dans la lutte contre la vermine rouge ». Déat a soutenu Doriot (une fois n’est pas coutume) et, vis-à-vis des Allemands (qui seront forcément informés du contenu des débats), Laval n’a pas voulu paraître reculer devant une aussi belle manifestation de Collaboration. C’est le général Bridoux qui est choisi pour prendre la tête de la LVF : partisan convaincu de la Collaboration et anticommuniste farouche, il commandait la 41e DI en juin 1940 et s’est arrangé pour échapper au Déménagement.
Encouragé par son succès, Jacques Doriot reprend la parole : « A présent que le sort des Bolcheviques est réglé, l’heure est enfin venue de mettre fin à la comédie qui se joue à Alger, c’est à dire chez nous ! Les Africains sont à bout, ils ont compris que la guerre va tourner en leur défaveur, vous l’avez dit vous-même en commençant, Président ! Nous devons porter l’estocade à la vieille gueuse parlementariste ! »
– L’estocade ? Qu’entendez-vous par là, Monsieur le Ministre ? demande Bergery, intrigué.
– J’entends l’élimination physique des valets de Staline qui prétendent diriger notre pays. Reynaud, Blum, Mandel ainsi que ce général d’opérette, De Gaulle. Abattons-les de sang froid et tous les Fuyards se prosterneront à nos pieds. Ils étaient prêts à le faire il y a moins de deux ans, ils l’auraient fait si ces résidus de moisissure démocratique n’avaient pas assassiné le Maréchal et envoyé à la mort le général Weygand. Fidèles à leur mémoire, nous devons en finir avec cette mascarade qui n’a fait que trop souffrir notre peuple et notre Empire.
– Allons, Monsieur le Ministre !
s’exclame Laval, apparemment scandalisé. Tant que je serai à la tête du Nouvel Etat Français, je proscrirai l’assassinat politique ! Les individus que vous avez cité doivent être traduits en Haute Cour, jugés et alors seulement condamnés.
En apparence, tout est dit. Mais tard dans la soirée, Doriot reçoit dans son bureau du ministère de la Reconstruction Nationale, place Beauvau, non seulement son grand ami Sabiani, mais Deloncle, qui leur a discrètement fait savoir qu’il partageait leur opinion quant au sort à réserver aux chefs des « Africains ». Les deux autres se doutent qu’il risque fort de tenir Darnand au courant (et peut-être même Laval), mais l’aide des réseaux de la Cagoule devrait leur être fort utile – et après tout, dit Doriot, « si certains s’en lavent les mains, ceux qui acceptent de faire le sale boulot en seront un jour ou l’autre récompensés ! »


16 juillet 1942
Salbris, Loir-et-Cher
– Le centre d’instruction principal de la FST est installé dans cette base détruite en grande partie en 1940 et qui, deux ans plus tard, est toujours en travaux. Ce n’est pas grave : la promotion 42 est squelettique. Il s’agit généralement de candidats malheureux à : la Garde, les Croisés de Doriot, les Gardes Economiques de Déat, les restes du SONEF de Darnand. Le fond du panier en quelque sorte…
Et voici qu’un des hommes à l’instruction demande à partir ! Le désormais adjudant Lahcen, ancien caporal du 2e RTM fait prisonnier en 1941 en Sardaigne, avait accepté de s’engager dans la FST quand, dans le camp de prisonniers italien où il pensait passer la fin de la guerre, il avait été alléché par la perspective de monter en grade (ce qu’il n’avait jamais réussi à faire dans « l’armée d’Alger » en raison, selon lui, de ses origines), sans parler d’une prime rondelette. Même cause, mêmes effets : la promesse faite par un dénommé Coston d’un grade de lieutenant dans la Nouvelle Armée Française (celle qui prendra place dans la Nouvelle Europe), appuyée par un chèque à quatre zéros, l’ont convaincu de se porter volontaire pour « une action qui changera l’histoire ».
Coston va lui présenter un autre « bon Français », le capitaine André Cavailhé, venu de l’Oflag V-A, à Weinsberg, près de Stuttgart. Ce dernier a toujours refusé de s’engager dans la FST, non par fidélité à la République, mais parce qu’il visait plus haut : comme il l’a expliqué dans une lettre à son chef de camp, il se considère comme « l’ennemi de l’Ancienne France pourrie, de l’Angleterre et des Etats-Unis ploutocratiques et de la Russie bolchevique ». Et il proclame : « Je suis prêt à mettre pleinement et entièrement mes connaissances et ma personne à la disposition du Führer ! » Le chef de camp a transmis à l’Abwehr, qui a transmis, non au Führer, mais bien à… l’Organisation d’Action Nationale. Un homme de Deloncle est venu chercher Cavailhé afin de savoir jusqu’où pouvait aller sa motivation. Il a été agréablement surpris : le capitaine, ayant fait contre mauvaise fortune bon cœur, a décidé que, faute de SS, il servirait l’OAN, qui serait toujours mieux que la FST.


31 juillet 1942
Tanger
– Depuis qu'en juin 1940, les Espagnols ont renoncé à en prendre le contrôle, la ville est devenue l’un des nids d’espions les plus fréquentés de la Méditerranée.
Le couple qui vient de s’installer dans un des meilleurs hôtels ne dépare pas dans ce tableau. La femme est connue : c’est Violette Morris, bien française malgré son passeport suisse. Mlle Morris a de la gouaille et, malgré l’approche de la cinquantaine, une allure robuste qui ne surprend pas les lecteurs de L’Auto (le grand quotidien sportif). Dans les années Vingt et Trente, elle a détenu une quantité de titres en athlétisme – lancer de poids, de javelot et de disque – mais aussi en natation, en football féminin, en cyclisme et en course automobile ! Elle est accompagnée d’un homme beaucoup plus jeune que chacun considère comme son gigolo, un certain Mathieu Laurier.
C’est Violette qui porte la culotte et noue rapidement des contacts de toutes les nationalités possibles : espagnols, allemands, italiens, français, anglais, américains ! Les correspondants du Deuxième Bureau se souviennent qu’elle avait été fichée avant guerre par l’Intelligence Service comme un agent au service de l’Allemagne, mais l’ancienne championne va leur livrer les noms d’une demi-douzaine d’agents italiens et allemands – des seconds couteaux, certes, mais quand même. Leurs noms lui avaient-ils été fournis par Deloncle ? Par les Allemands eux-mêmes ? A-t-elle de son propre chef trahi les agents qui avaient facilité son arrivée et son installation à Tanger ? La question n’est pas résolue. Toujours est-il qu’elle intrigue pour obtenir le droit d’entrer en territoire français. Ce droit lui est refusé, mais elle ne se décourage pas… En réalité, ses démarches ne sont que poudre aux yeux : avec la complicité des services espagnols, elle passe et repasse à plusieurs reprises la frontière franco-espagnole, préparant son installation à Oran. Les agents alliés en poste à Tanger s’habituent à la voir s’absenter puis réapparaître…


20 septembre 1942
Saint-Jean de Luz
– Le sergent Lahcen et le capitaine André Cavailhé, qui ont appris à se connaître au cours de l’été, entrent discrètement en territoire espagnol. Ils y sont accueillis, poliment quoique sans chaleur excessive, par des hommes des services les plus secrets de l’armée du Caudillo. Ceux-ci vont les conduire, après les avoir dotés de vrais-faux papiers espagnols, jusqu’au petit port de Melilla, au Maroc espagnol, non loin de la frontière avec le protectorat français. Ils ont avec eux un poste émetteur d’une fort bonne marque – allemande évidemment.


18 octobre 1942
Oran
– Le stade Calo, repaire du CDJ d’Oran, quadruple vainqueur de la coupe d’Afrique du Nord de football, a servi pendant le Grand Déménagement de base de transit pour les hommes débarquant de Métropole. Depuis, les bureaux et vestiaires ont été transformés par la mairie en appartements pour faire face à la crise du logement. C’est l’un de ces locaux discrets que louent, sous le nom de Monsieur et Madame Laurier, Violette Morris et son compagnon, dotés d’excellents faux papiers. Dans le pittoresque quartier Derb, leur installation va passer inaperçue. Et Vigouroux va pouvoir montrer son savoir-faire avec un poste émetteur qui ressemble comme un frère à celui qu’ont avec eux Cavailhé et Lahcen.


15 novembre 1942
Madrid
– Henri du Moulin de Labarthète est un haut fonctionnaire à la carrière déjà bien remplie. Ancien adjoint du chef de cabinet des ministres des Finances Chéron et Reynaud en 1928-1930, il suit Reynaud aux Colonies entre 1931 et 1932 et devient son chef de cabinet. Il sera aussi son chef de cabinet à la Justice. Il est ensuite nommé directeur de la Banque d’Afrique Occidentale française. De retour aux Finances en novembre 1938, Reynaud le reprend comme chef de cabinet. Le même Reynaud, ministre des Finances, le nomme en mai 1939 attaché financier à l’ambassade de France à Madrid. Labarthète sera un collaborateur apprécié de l’ambassadeur, c’est-à-dire de Philippe Pétain. Ainsi, il devait mettre en œuvre la décision, prise par le gouvernement sur les instances du maréchal, de livrer à Franco l’or des Républicains espagnols, que ceux-ci avaient déposé en France.
Curieusement, à côté de ce cursus de serviteur de la République, Labarthète n’a jamais fait mystère de ses opinions monarchistes…
Il est mobilisé en septembre 1939, mais dès le mois d’octobre, il est nommé par son ami Raoul Dautry, ministre de l’Armement, chef d’une Mission d’achats de matériel de guerre en Espagne et au Portugal, notamment pour des achats de pyrite et de mercure. Il réside alors à Lisbonne.
A la fin de l’année 1940, il décide de faire allégeance au gouvernement d’Alger – Pétain disparu, il semble naturel qu’il choisisse de travailler avec son patron Reynaud plutôt qu’avec Laval. A sa demande, il retourne à Madrid, non pas bien sûr dans les locaux de l’ambassade, occupée par Pierre-Etienne Flandin, nommé par Laval, mais dans les locaux du consulat, où André François-Poncet est l’ambassadeur d’Alger.
C’est au titre de fidèle du Président du Conseil qu’il lui fait parvenir aujourd’hui, à l’insu de François-Poncet, un message des plus troublants.
Labarthète explique qu’il a cru bon de rester en relations avec un secrétaire d’ambassade, un nommé René Morillon, dont il avait fait la connaissance lors de son passage à Madrid en 1939 et qui, n’ayant pas quitté son poste, travaille aujourd’hui pour Flandin. Ce dernier, qui semble voir passer les courriers les plus secrets de l’ambassade lavaliste, lui a révélé par patriotisme un gigantesque complot qui pourrait faire tomber la République… Labarthète précise qu’il a d’abord douté, puis que des bruits concordants lui sont revenus de ses contacts espagnols et même, par leur intermédiaire, des ambassades allemande et italienne.
De plus, Morillon lui a prouvé sa fiabilité un mois plus tôt en lui remettant les éléments qui ont permis de faire expulser d’Espagne le nommé Theodor Auer, pseudo conseiller économique de l’ambassade d’Allemagne et en réalité efficace recruteur d’espions. Photos et autres documents démontrant l’homosexualité d’Auer ont choqué le très catholique Franco, qui a demandé à l’ambassade d’Allemagne de rapatrier le plus vite possible ce sulfureux personnage. Morillon n’a pas caché que ces informations avaient été envoyées à Flandin, « à toutes fins utiles », par Deloncle (1) .
Bien sûr, il va falloir quelques semaines pour rassembler des preuves, mais il faudra faire preuve d’ici là de la plus extrême discrétion – y compris à Alger : Labarthète adjure Reynaud de ne se fier à personne.
Le Président du Conseil est sceptique, mais c’est la guerre et tout, il le sait, peut arriver… Il va néanmoins en parler à Soustelle, le responsable des services de renseignements. Lui aussi est sceptique, mais lui non plus ne peut rien négliger.

(1) On ignore comment Deloncle s’est procuré ces documents – a-t-il joué de la guerre des services qui déchirait les renseignements allemands ? Quoi qu’il en soit, l’homme a jusqu’à sa mort intrigué dans tous les sens, avec tous les interlocuteurs possibles.


17 décembre 1942
Melilla, Maroc espagnol
– Un petit bateau de pêche emmène Nahcen et Cavailhé et les dépose nuitamment en territoire français. Ils vont réussir à échapper aux patrouilles de gendarmerie et à rejoindre Oran.


20 décembre 1942
Madrid
– René Morillon retrouve Henri du Moulin de Labarthète et lui présente triomphalement les fameuses preuves dont il lui parle depuis des semaines. Des documents (forgés avec soin par les hommes de Deloncle) évoquent un complot de toutes les forces anticommunistes d’Algérie (en cheville, évidemment, avec l’équipe Laval) pour renverser le gouvernement Reynaud et négocier un armistice avec l’Allemagne, maintenant qu’elle affronte l’URSS et livre enfin le bon combat ! A l’appui de ses dires, Morillon brandit aussi une liste de différentes personnes qui seraient impliqués dans ce complot. La liste compte deux douzaines de noms, mais plus d’un millier de partisans du NEF seraient impliqués. Bien entendu (mais Labarthète affirmera qu’il l’ignorait), les noms sont pour la plupart ceux de cagoulards présents le plus patriotiquement du monde à Alger, la Cagoule s’étant coupée en deux en 1940 entre ceux qui voulaient continuer la lutte et ceux qui choisissaient la Collaboration.


21 décembre 1942
Madrid
– Du Moulin de Labarthète annonce à Reynaud – par l’intermédiaire de Soustelle – qu’il a enfin réuni les preuves nécessaires. Il propose de rencontrer à Reynaud à Oran (c’est moins visible qu’Alger), dans un endroit discret, lors de la visite que le Président du Conseil doit rendre à la flotte de Mers-el-Kébir pour le Nouvel An 1943 (pour des vœux à la Flotte en quelque sorte).


23 décembre 1942
Alger
– Reynaud accepte la proposition de son ancien collaborateur. Il fixe comme lieu de rendez-vous discret le bâtiment des Douanes d’Oran, au soir du 6 janvier. De fait, les Douanes servent depuis deux ans d’annexe à la Préfecture maritime, surchargée de travail, et elles disposent de salles de réunion bien commodes.
Labathète affirmera plus tard qu’il a en toute innocence fait part aussitôt de ce rendez-vous à l’insoupçonnable René Morillon…
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mar 25, 2012 10:24    Sujet du message: Répondre en citant

Suite et fin de l'épisode



27 décembre 1942
Oran
– André Cavailhé et Violette Morris se rencontrent dans un estaminet près du Stade Calo. Morris annonce qu’elle a reçu confirmation que l’opération Marat (du nom du révolutionnaire assassiné par Charlotte Corday) pourra avoir lieu dans les dix prochains jours. Elle ajoute qu’elle a pu rassembler tout ce qu’il faut : voiture, moto, plusieurs armes et même une poignée de grenades. Certes, pour ne pas attirer l’attention, les véhicules sont des antiquités, mais elle les a révisés elle-même et garantit leur fiabilité. Cavailhé – qui est le seul à savoir qui est la cible – doit donc se tenir prêt ainsi que son acolyte.


1er janvier 1943
Oran
–Malgré la guerre, comme partout dans le monde, la police a dû procéder dans la nuit à de nombreuses arrestations pour ivresse sur la voie publique, bagarre et autres troubles à l’ordre public.
Parmi les individus qui se retrouvent en cellule de dégrisement, un certain Mathieu Laurier… Le jeune homme, auquel Violette Morris a imprudemment accordé une « permission de détente » pour le réveillon a beaucoup trop bu et lance quelques rodomontades du genre « Bientôt vous verrez ce que vous verrez » qui sont rapportées au commissaire principal de la ville d’Oran par un gardien de la paix attentif, qui a toujours pensé que la catastrophe du printemps 1940 était due à la Cinquième Colonne.
Le commissaire, peu soucieux de courir le moindre risque, décide de garder plusieurs jours le jeune homme en garde à vue (sans trop se préoccuper des délais légaux). Le prétendu Laurier mettra moins de 72 heures à avouer qu’il s’appelle Paul Vigouroux, 23 ans, ancien des Jeunesses Patriotes, de la Cagoule et du Parti français national-collectiviste… Mais il saura garder silence sur les vraies raisons de sa venue en Algérie, abusant les policiers en exagérant beaucoup son importance personnelle. Le commissaire n’alerte pas les services compétents, espérant qu’il pourra faire parler davantage son prisonnier, arrêter tout le « réseau » que prétend diriger Vigouroux et réussir ainsi un coup qui lui rapporterait avancement et décoration !
De son côté, Violette Morris constate la disparition de son compagnon. Bien qu’elle se trouve ainsi privée d’opérateur radio (elle sait utiliser l’appareil comme récepteur, mais non comme émetteur…), elle ne s’inquiète pas. Supposant que Vigouroux a décidé d’embrasser la carrière de souteneur plutôt que celle d’agent secret, elle traite cette défection par le mépris !


4 janvier 1943
Oran
– Violette Morris reçoit par radio le message codé indiquant qu’elle doit se tenir prête avec toute son équipe dans deux jours, près du bâtiment des Douanes. Elle prévient Cavailhé et Lahcen. Cavailhé, qui a reçu de son côté un message complémentaire, révèle enfin l’objectif de l’opération : le Président du Conseil, qu’il faut abattre !


6 janvier 1943
Oran, 23h30
– Un discret convoi (seulement deux voitures, celle de Reynaud et celle de ses gardes du corps, et deux motards) arrive aux Douanes. Paul Reynaud et Jacques Soustelle sont attendus par Henri Du Moulin de Labarthète. Morris, Cavailhé et Lahcen, qui ont repéré les lieux les jours précédents, prennent position.


7 janvier 1943
Oran, 03h21
– Apres plusieurs heures de discussion sur les « preuves » apportées par son ancien collaborateur, c’est un Paul Reynaud perplexe qui sort du bâtiment des Douanes, accompagné d’un Jacques Soustelle méfiant. Du Moulin de Labarthète est encore dans le bureau où s’est tenue la réunion, il doit repartir séparément pour Madrid, toujours l’impératif du secret ! Alors que Reynaud et Soustelle s’apprêtent à monter en voiture dans la cour des Douanes, l’un des deux douaniers en faction devant l’entrée hurle « Grenade ! ». La phase « Exécution » de l’opération Marat vient de commencer. La postérité parlera de l’attentat des Douanes d’Oran.
La grenade explose et une fusillade très violente se déclenche. Pendant une à deux minutes, Cavailhé et Lahcen mitraillent tout ce qui bouge dans la cour des Douanes ; ils lancent aussi deux autres grenades, dont l’une n’explosera pas. Violette Morris arrive en trombe du coin de la rue où elle s’était embusquée avec sa Renault Monasix, freine en face du portail de la cour des Douanes (il semble qu’elle ait voulu empêcher la sortie de la voiture de Reynaud) et se met elle aussi à mitrailler par la fenêtre de l’auto. Les douaniers – l’un d’entre eux du moins, l’autre a été tué par la première grenade – ripostent de leur mieux, ainsi que les quatre gardes du corps de Reynaud et les deux motards. Très vite, ils reçoivent du renfort – quelques douaniers de garde seulement, mais l’un d’eux a eu la présence d’esprit d’actionner la sirène d’alerte aérienne dont le bâtiment est équipé, avant de se jeter sur le téléphone. Prévoyant l’arrivée de la cavalerie, Cavailhé et Morris s’enfuient, sans se préoccuper du sort de Lahcen, qu’ils ont vu tomber sous les balles des défenseurs – de fait, il a été tué sur le coup. Violette Morris file vers le port dans sa voiture criblée de balles, Cavailhé enfourche une D3 monocylindre cachée tout près et disparaît dans la nuit.
Outre le douanier en faction, le chauffeur de Reynaud, qui venait de lui ouvrir la porte de son automobile, un motard et l’un des gardes du corps ont été tués ou mourront peu après de leurs blessures. Soustelle a été projeté contre un mur par l’explosion de la première grenade, il n’est que légèrement commotionné. Quant à Reynaud…

Oran, 03h35 – Paul Reynaud est évacué par une ambulance, inanimé et couvert de sang. Quelques curieux réveillés par la fusillade sont accourus, ils vont parler aux douaniers encore sous le choc et, de fil en aiguille, une rumeur va naître et enfler dans toute la ville…
Au même moment, près du parc du Champ de manœuvres, un barrage de police militaire fait feu (après sommations, raconteront les policiers) sur une moto qui a tenté de franchir le barrage, puis de faire demi-tour. André Cavailhé, touché de plusieurs balles et qui s’est cassé un bras en tombant de moto, est transporté à l’hôpital.

Un peu partout dans le monde, 05h37 (heure de Paris) – Un bulletin d’Havas-OFI, sans source, tombe sur les téléscripteurs : « Paul Reynaud, chef du prétendu gouvernement d’Alger, a été abattu, sans doute par des patriotes. » L’urgent qui suit souligne, après le rappel de l’événement, que « Le soi-disant président du Conseil, qui a abandonné les colonies françaises aux appétits des ploutocrates anglo-américains, des bolcheviques de Moscou, des Juifs cosmopolites et des francs-maçons, n’a, en somme, obtenu que ce qu’il méritait. » Havas-OFI salue « les responsables de cet acte de salubrité publique », mais ne dit rien de leurs identités, ni de leur appartenance.
C’est Violette Morris qui, à la faveur d’une brève escale, a réussi à joindre au téléphone son contact à Tanger et à lui dire : « Charlotte va bien », phrase convenue annonçant le succès de l’attentat. Avec, là encore, un petit coup de main espagnol, la nouvelle n’a pas tardé à atteindre Paris, où Deloncle, premier informé, l’a transmise à l’un de ses affidés à l’OFI. Très rapidement, l’annonce va faire le tour de la planète, d’autant plus que dès 06h00, Havas Libre publie à son tour un bulletin qui allume un contre-feu : « Le président du Conseil, M. Paul Reynaud, a été victime d’un attentat, indique-t-on de source officielle. On ajoute que sa vie, aux dires des médecins, n’est pas en danger. »
Aux Etats-Unis, une demi-douzaine de journaux de la cote Est annoncent l’événement presque sans commentaires. Le Los Angeles Times, qui a eu plus de temps, publie quelques faits – et surtout quelques spéculations – sous le titre « President Reynaud has been shot », avant de corriger dans ses éditions suivantes : « Premier Reynaud… ». The Garden Island, quotidien d’Hawaï, va jusqu’à publier un début de nécrologie. C’est que les journalistes, dans le monde entier, redoutent ce que peut cacher un démenti du genre de celui d’Havas Libre.

07h00 – L’Algérie s’éveille au bruit des rumeurs les plus folles : Reynaud serait mort dans un attentat, à moins que ce ne soit Blum ou De Gaulle, ou les trois. On lui aurait tiré dessus. Ou bien c’était un attentat à la bombe. Ou on l’aurait empoisonné. Le coupable serait ce fameux Skorzeny qui a libéré Mussolini quelques semaines plus tôt. Ou bien des hommes de Doriot. De Laval. De Franco même !
Mais à la même heure, pour Radio-Paris, qui n’a pas tardé à reprendre le plus fort possible les rumeurs les plus apocalyptiques, les coupables sont tout trouvés : un assassinat politique, ça ne peut être qu’un coup des communistes ! Ayant à peine retrouvé leurs sièges de députés à l’Assemblée, les vermines rouges ont décidé de se débarrasser de Reynaud, qui les gênait sans doute dans leur complot pour prendre le pouvoir à Alger !

09h30, Oran – Une grande partie des députés et sénateurs français ont été relogés après la confusion du Grand Déménagement dans les bâtiments-dortoirs conçus par Raoul Brandon (architecte et député) peu avant son décès en 1941, tandis que les autres se sont trouvé des logements personnels. Mais un problème du même genre (quoiqu’à plus petite échelle) se pose depuis quelques mois : en effet, jusqu’en mai 1942, une partie des députés communistes étaient logés (et surveillés) aux frais de l’Etat au milieu des sables du Sahara : une fois réhabilités au nom de la fraternité d’armes contre l’ennemi commun, il a bien fallu les loger. D’autres, qui avaient été mobilisés et entraînés dans le Grand Déménagement au sein de leur unité, ont eu droit à une longue permission pour reprendre leur place à l’Assemblée ; ils ont accepté de s’installer provisoirement à Constantine ou à Oran. C’est le cas de Fernand Grenier, fameux, entre autres, pour avoir battu Doriot lors d’une élection municipale en 1937 à Saint-Denis. Cette petite célébrité va lui valoir quelques problèmes avec une bande d’excités membre du Parti National du Peuple.
Le PNP est une association non officiellement reconnue créée au début de 1941 par Victor Arrighi. Elle sert de refuge à tous les personnages d’extrême-droite d’Afrique du Nord qui, tout en n’appréciant guère le gouvernement Reynaud, rejettent l’équipe Laval comme capitularde. Le PNP a d’abord connu un relatif succès avant de se désagréger au fil du temps et de l’amélioration de la situation militaire, et le gouvernement n’a même pas pris la peine de l’interdire. Mais après la réhabilitation des députés communistes qui avait indigné ses membres, l’attentat des Douanes a enflammé leur anticommunisme virulent. Une demi-douzaine de PNP-istes ayant quelque peu abusé de l’anisette vont forcer la porte de l’appartement de Fernand Grenier et y lancer une grenade tout en tirant quelques coups de feu avant de s’enfuir à toutes jambes.
Grenier en est quitte pour la peur – il semble même que cet épisode l’ait servi par la suite dans sa carrière politique. En revanche, Victor Arrighi, qui n’était directement pour rien dans l’affaire, va payer les pots cassés. Arrêté dès le lendemain, il passera plus d’un an en résidence surveillée à Ouarzazate.

11h40, Hôpital Civil, Oran – Dominique Leca, directeur de cabinet de Paul Reynaud, annonce à la presse que le Président du Conseil est sain et sauf ! Afin de faire taire « les ragots les plus immondes propagés par nos ennemis », Reynaud recevra en fin d’après-midi un petit groupe de journalistes.
De fait, Paul Reynaud l’a échappé belle : secoué par l’explosion de la première grenade, il a violemment donné de la tête contre la carrosserie de sa voiture avant d’être plaqué au sol par son garde du corps. Il a une grosse bosse et un superbe coquard, mais sa seule blessure sérieuse a été causée par une balle qui l’a atteint à l’avant-bras gauche (il ne récupérera jamais vraiment l’usage de sa main). C’est son garde du corps qui a reçu la plupart des balles qui lui étaient destinées – il est mort.

15h30, près de Lalla-Marnia, à la frontière du Maroc espagnol – La Renault Monasix de Violette Morris a fini par rendre l’âme. Alors que l’ancienne championne a ouvert le capot pour tenter une réparation de fortune – elle n’est plus qu’à une dizaine de kilomètres de la frontière, elle aperçoit une patrouille, un sergent et deux soldats de la 181e DIA, qui chemine dans sa direction. Craignant sans doute d’être reconnue, ou que les traces de balles qui ornent sa voiture attirent l’attention, Morris tente sa chance : elle fait feu sur les militaires. L’un des soldats est tué sur le coup, le sergent est gravement touché, mais l’autre soldat réussit à se mettre à couvert, puis riposte avec précision. Violette Morris tombe, touchée en pleine poitrine. Elle mourra avant l’arrivée d’une ambulance.
L’identité de l’espionne ne sera découverte qu’en début de soirée. Ce haut fait vaudra au soldat survivant une médaille et au sergent d’être nommé adjudant. Tous deux seront mutés, en principe sur leur demande, de la 181e DIA (unité de souveraineté surtout chargée de faire du maintien de l’ordre) dans une unité de première ligne.

17h00, Oran – Paul Reynaud, dans sa chambre d’hôpital, pose devant une demi-douzaine de journalistes et photographes. Il parvient à sourire, malgré son œil au beurre noir et son bras en écharpe. « Je vais bien, assure-t-il, mais je vais prendre quelques jours de repos. Monsieur Blum et Monsieur Mandel, vice-présidents du Conseil, assureront ce bref intérim. En fait, je devrais presque remercier les assassins de m’offrir ainsi le temps de souffler si cet épisode n’avait pas coûté la vie à quatre courageux Français. Notre Mère Patrie commune n’oubliera aucun d’entre eux. »
Le douanier est en effet un musulman d’Algérie, le chauffeur est un Pied-Noir, les deux autres sont des Métropolitains. Tous seront décorés à titre posthume lors d’une cérémonie commune dont les Actualités Pathé ne rateront pas une image.
Pendant ce temps, au commissariat central, on fait enfin le lien entre Paul Vigouroux et ce qui vient de se passer. Il avoue très vite.
Quelques mois plus tard, Cavailhé et Vigouroux seront les seuls accusés du procès de l’attentat des Douanes. Cavailhé, ayant refusé de révéler les noms de ses commanditaires parisiens et ayant même prétendu avoir été le cerveau de l’opération, sera condamné à mort pour meurtres avec préméditation (entre autres) et exécuté en juillet. Vigouroux sera condamné à la prison à perpétuité pour complot contre l’état, haute trahison, complicité de meurtre et de tentative de meurtre, plus une demi-douzaine d’autres charges. En 1955, il trouvera le moyen de faire publier ses mémoires sous son nom d’emprunt, Mathieu Laurier. L’ouvrage, intitulé « Il reste le drapeau noir et les copains », est très évasif sur l’épisode d’Oran… Vigouroux mourra en prison en 1968.
Henri Du Moulin de Labarthète devait jurer avoir été trompé par son contact à Madrid, le fameux Morillon. Dans l’espoir qu’après la Victoire, il serait possible de tirer les choses au clair, il allait être placé en résidence surveillée en Oubangui-Chari, mais il devait y mourir du paludisme au début de 1944. A l’heure actuelle, les historiens disputent toujours pour savoir si Labarthète était le complice ou la dupe du fameux Morillon (lequel ne rentra jamais en France et mourut à Madrid de mort naturelle en 1957). Pour certains, toujours royaliste, Labarthète était sans doute complice, mais pensait que l’opération servirait simplement à jeter la confusion dans le camp d’Alger.
On découvrira après la guerre que le complot avait une autre facette. Deloncle avait en effet recruté une autre équipe, constituée de quatre hommes, des volontaires pour la Garde française – donc en théorie la crème des fidèles. Ces hommes avaient eux aussi été infiltrés par l’Espagne, sous le masque de Résistants désirant rejoindre l’armée de la République. Ayant fait le mur de leur caserne en profitant de la fête de Noël, ils étaient censés rejoindre Cavailhé à un point de rendez-vous convenu à l’avance, mais l’un d’eux – pris de remords, affirmerait-il – avait dénoncé toute l’équipe. Néanmoins, le temps de mettre la main sur les autres et de faire parler le chef, qui ignorait tout de la cible de l’opération il était trop tard pour que les enquêteurs soient au rendez-vous avec Cavailhé – lequel, ayant constaté l’absence de ses complices, semble avoir décidé qu’il réussirait sans eux et que sa gloire n’en serait que plus grande.

18h00, Paris – Laval a convoqué impromptu une réunion du Conseil de Sécurité Nationale. Evoquant l’attentat d’Oran, il fait clairement comprendre à tous qu’il n’est pas dupe des discours de Philippe Henriot, qui accuse les communistes. « Je sais parfaitement qui a ordonné cet acte stupide, lance-t-il en regardant Doriot en face, et je n’ai rien à faire avec des individus qui utilisent des méthodes de voyou ! » Doriot blêmit sous l’insulte : « Si cette action avait réussi, vous seriez aujourd’hui le premier à vous en réjouir ! » riposte-t-il. Laval bouscule son fauteuil et sort en crachant : « La séance est levée ! »
Il faudra toute la diplomatie de Jean Jardin et Otto Abetz pour raccommoder (en apparence) les deux hommes (2).

(2) Notons cependant que, selon des déclarations de Jean Jardin faites après la guerre, Laval aurait été mis au courant par l’intermédiaire de Darnand, et qu’il aurait laissé faire en grognant : « Cela nous débarrassera de quelques excités ! » Par ailleurs, au moins un des nombreux services secrets du Reich devait être au courant du complot, comme le prouve l’utilisation par les assassins de postes de radio visiblement fournis par les Allemands.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mar 28, 2012 12:44    Sujet du message: Répondre en citant

Aussi étrange que cela puiosse paraître, la plupart des personnages de cette histoires sont OTL, notamment la très improbable Violette Morris !

En revanche, le nommé René Morillon n'est PAS OTL - si quelqu'un a l'idée d'un personnage authentique pour le remplacer, n'héistez pas !
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mar 28, 2012 18:41    Sujet du message: Répondre en citant

Improbable, c'est le mot ! Drole de dame...

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/07/Violette_Morris_1913_%2802%29.jpg/220px-Violette_Morris_1913_%2802%29.jpg
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Fantasque



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MessagePosté le: Mer Mar 28, 2012 18:45    Sujet du message: Répondre en citant

V. Morris était semble - t- il de la famille du Maréchal Franchey d'Esperey.
Elle fut pilote pour l'écurie BNC fin des années 20 début des années 30.

Excellente histoire!

F
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sting01



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MessagePosté le: Jeu Mar 29, 2012 04:39    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Improbable, c'est le mot ! Drole de dame...

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/07/Violette_Morris_1913_%2802%29.jpg/220px-Violette_Morris_1913_%2802%29.jpg


Cette photo est la preuve que les accusations d'usage de produits prohibes par les nageuse est allemande (russes, ukrainiennes, chinoises) ne sont que la propagantes du lobby capitalisto/ploutocrato/judeo/petito-bourgeoiso ....

Perso, je n'aurais pas aime la rencontrer sur un ring, ou de nuit ...
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heritier de la Comte je serai.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Mar 29, 2012 08:58    Sujet du message: Répondre en citant

Cette tentative d'assasinat ne devrait-elle pas pousser Reynaud à passer la main et abandonner la présidence du conseil?
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marc le bayon



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MessagePosté le: Jeu Mar 29, 2012 09:30    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Improbable, c'est le mot ! Drole de dame...

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/07/Violette_Morris_1913_%2802%29.jpg/220px-Violette_Morris_1913_%2802%29.jpg

Comme on dit, elle a des arguments...
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MessagePosté le: Ven Avr 06, 2012 17:51    Sujet du message: Répondre en citant

le texte est excellent.

Je risque un comentaire: le nom de code "marat" ne me parrait pas vraissemblable.

1) trop explicite Le nom politicien assassine met deja sur la piste
2) le personnage historique etant un republicain, "integriste" qui plus est, le nom est difficilement choisissable par des hommes de Laval.

Certes le mot de passe de fin de mission est amusant.

S'il faut une proposition, pourquoi pas "grande lessive" avec mot de passe "le linge est accroche.

D'autres feront sans doute de meilleures propositions
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JPBWEB



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MessagePosté le: Sam Avr 07, 2012 06:36    Sujet du message: Répondre en citant

Je propose 'Opération Augias', et mot de passe 'Justice est faite', encore que 'Charlotte va bien' soit en effet très approprié.
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MessagePosté le: Sam Avr 07, 2012 07:00    Sujet du message: Répondre en citant

Après plusieurs années, je reste frappé par la cohérence de l'ensemble de cette initiative remarquable qu'est lafrancecontinue.org

D'une part, ça 'sonne' vrai. Excellente documentation et souci permanent du détail permettent une 'immersion' souvent absente d'authentiques récits historiques. D'autre part, l'impression que j'ai en lisant les différents passages clé, dont le plus délectable reste à mes yeux le décisif conseil au château de Cangé et l'arrestation de Pétain, est celle d'une intense jubilation. Comme il est évident désormais que le cours 'normal' de l'histoire était que France continue la guerre ! Elle le pouvait, l'initiative FTL le prouve, et donc elle le devait. Ce n'est que par une pirouette funeste que le destin pris le cours sinistre que nous connaissons, et que les défaitistes, qui semblent finalement avoir été assez peu nombreux mais très influents au moment décisif, ont été capables d'arracher la décision.

Bravo à toute l'équipe. C'est du très bon boulot, rendu plus lisible par la republication de ces intégrales.
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Archibald



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MessagePosté le: Sam Avr 07, 2012 12:29    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
celle d'une intense jubilation


Exactement ! Jubilation venant (dans mon cas du moins) d'une certaine frustration à la lecture d'histoires alternatives (anglo - saxonnes) commençant invariablement après le 30 juin 1940, avec la France toujours vaincue bien sur...
et, en mirroir, la situation OTL, ou la France disposait de tout les moyens pour l'emporter: la bataille, finalement, s'est jouée le 13 Mai 1940 au soir, en quelques heures... avant, tout était possible. Cette défaite n'avait rien d'inéluctable.
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MessagePosté le: Sam Avr 07, 2012 13:24    Sujet du message: Répondre en citant

Le vilain de la bande, c'est très clairement l'infect Gamelin, avec sa bataille de rencontre en Belgique qui expose l'armée française à un contre-emploi qui lui sera fatal, à cette armée construite pour la défense et si mal employée en Mai 1940. Déjà en 1914, le même Gamelin était la partie droite du cerveau de cette infecte ganache de Joffre, le fossoyeur d'un demi million de jeunes soldats français.

Mais si en effet, comme on le fait ici avec FTL, on admet que la perte de la France était en quelque sorte inévitable, ce qui est et reste débatable par ailleurs, il n'en reste pas moins que la suite logique de cette défaite militaire sur le sol métropolitain aurait normalement dû amener le gouvernement légal de la République à se reporte à Alger pour poursuivre la lutte aux côtés des Britanniques. Les dirigeants norvégiens, les Belges, les Hollandais l'ont fait, et nul de peut douter que les Britanniques l'auraient fait aussi. Alors, pourquoi pas la France ?

Damnée soit la mémoire de Philippe Pétain. 'Il faut cesser le combat'. Tu parles. Avec la France sous la botte, comment peut on même oser parler ainsi ? Sans conteste, son sort FTL à Cangé est bien plus conforme à ce qui était logique.
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loic
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MessagePosté le: Sam Avr 07, 2012 19:25    Sujet du message: Répondre en citant

Attention à ne pas dépasser le cadre du sujet, on peut en débattre dans un autre fil (y a-t-il débat d'ailleurs ? Laughing)
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patrikev



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MessagePosté le: Dim Avr 08, 2012 21:35    Sujet du message: Répondre en citant

Récit savoureux et rondement mené, et comme d'habitude, c'est ce qui est le plus vrai qui semble le plus incroyable.

Le 17 décembre 1942, une petite coquille: il s'agit bien du sergent Lahcen et non Nahcen (ce personnage est aussi OTL, engagé volontaire dans la LVF).

Je n'ai pas d'idée d'équivalent pour Morillon. Il y a eu toutes sortes de contacts entre la Cagoule et Franco pendant la guerre civile espagnole, ce serait à explorer.

Dans la liste très largement bidon fournie par Morillon, serait-il possible d'intégrer l'industriel Jacques Lemaigre-Dubreuil ? Ancien cagoulard, son passage de France en AFN, fin avril 42 (FTL), a dû laisser quelques soupçons.
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