Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Busan en Cotentin - Le réduit normand
Aller à la page 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> Autres uchronies
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2026 18:04    Sujet du message: Busan en Cotentin - Le réduit normand Répondre en citant

Busan en Cotentin - Le réduit normand

Encore un petit délire de variation sur la FTL : et si on remplaaçit le réduit breton par le réduit normand ?

Au cours du comité de guerre du 29 mai, suite à un exposé de la situation catastrophique du front par le général Weygand, à son défaitisme et son évocation de l’armistice, Paul Reynaud propose la création d’un « réduit national breton autour du port de Brest ». Le lendemain, Weygand fait remarquer que le problème est complexe, l’amiral Darlan propose alors d’inclure le Cotentin et le port de Cherbourg dans le dispositif. L'idée reste à l'état de projet et rien ou presque n'est fait pour en débuter la concrétisation (1).

Le 13 juin, lors de la décision de l’évacuation en AFN et du remplacement de Weygand, tout reste donc à faire. La discussion porte alors sur les possibilités de réalisation, sachant que l’ennemi a déjà passé la Seine à Vernon. Il n’y a plus qu’un maigre rideau de troupe et il est fort improbable qu’il puisse tenir face aux divisions blindées. Pourtant, quelqu’un – un Normand, sans doute – fait remarquer que le Cotentin est barré par des marais au niveau de Carentan, ne laissant qu’une très faible bande d’une quinzaine de kilomètres de sol praticable aux engins mécanisés à l’ouest. N’est-ce pas l’endroit idéal pour une ligne d’arrêt ? Les aviateurs insistent sur le fait que la proximité de l’Angleterre facilitera le support de la RAF par rapport à Brest et les marins renchérissent en faisant valoir que la logistique en sera grandement facilitée et que, sous couverture aérienne, les navires de ligne pourront apporter un appui d’artillerie lourde. Consultés, les Britanniques donnent rapidement leur accord pour participer à l’opération : un grand port pour ravitailler puis évacuer au besoin, quelques terrains d’aviation disponibles entre Cherbourg et les Anglo-Normande pour la Royal Air Force qui interviendra au dessus d’un territoire contrôlé par des troupes amies, le support de la Royal Navy et de la Royal Air Force depuis Portsmouth, ça semble jouable. Tout en maintenant les instructions données au général Béthouart de préparer la défense de la Bretagne qui ne doit être qu’un moyen de gagner du temps, une étude est demandée à l’état-major de la Xe armée.

Le 14 juin au soir, une ébauche de plan est présentée :
- L’inondation des marais doit être réalisée au plus vite
- La ligne de défense principale sera d’Est en Ouest :
. La rive nord-ouest du canal de Carentan jusqu’au port (une division)
. La ville de Carentan et la bordure des marais au sud (une division)
. La chaussées de Sainteny (une ou deux divisions)
. La rive gauche de la Sèves jusqu’à la lande de Saint-Patrice (une division)
. La rive droite de la rivière de Claids puis de l’Ay jusqu’à son embouchure dans l’havre de Saint-Germain-sur-Ay (une ou deux divisions)
- Un conséquent renfort d'artillerie sera nécessaire, condition sine qua non pour tenir la ligne.



Le problème qui apparaît immédiatement est qu’il ne sera pas possible d’assurer et la défense du Cotentin et celle de la Bretagne. Mais les avantages du réduit normand avec la proximité de la Grande-Bretagne qui va notablement simplifier la logistique font basculer le choix pour celui-ci. Décision est prise de ne mettre en place qu’un périmètre défensif rapproché autour de Brest et un autre autour de Nantes et Saint-Nazaire en s’appuyant sur l’Edre, le canal de Nantes à Brest et la Vilaine. La retraite jusqu’à ces positions sera couverte par des bouchons mobiles sans chercher à maintenir un front continu.

Ce même jour, le général Altmayer, commandant de la Xe armée, reçoit confirmation de l'ordre de retraiter vers le Cotentin en abandonnant le corps de cavalerie (1re DLM et 3e DLM) qui doit continuer à couvrir le flanc gauche de l'armée de Paris avec la 2e DLM. La division Beauman, unité improvisée très éprouvée lors des combats de Rouen, est renvoyée à l'arrière pour débuter l'édification des fortifications de campagnes sur la ligne principale de résistance entre Carentan et Lessay.

L'état-major de Béthouart établit rapidement un plan de repli en étapes qui s'appuie sur diverses coupures à commencer par l'Orne. L'inondation des marais à l'est de Carentan est ordonnée, les destructions des points de passages obligés (points rouges sur les cartes) sont préparées et des positions avancées sont prévues devant la ligne principale de résistance.



En cas de rupture de la ligne de résistance principale, une ligne de repli sera préparée derrière le reste des marais qui seront alors inondés à leur tout.



La Royal Air Force commence l’installation de trois Fighter Squadron (1 Sq. 73 Sq. 242 Sq.) de Hurricane en utilisant les terrains de Maupertus, Montebourg et Vauville. deux autres (17 Sq. 501 Sq.) sur Hurricane également sont installés dans les Anglo-Normandes ainsi que deux Squadron de Blenheim. L’armée de l’air maintien un groupe de chasse sur Curtiss H-75 (I/5) à Querqueville, il a été préféré à une flottille de chasse de la Marine qui sont équipés de Dewoitine plus difficilement maintenables loin de Toulouse.

Le 15, l'ensemble du dispositif de la Xe armée est aligné sur l'Orne et le Noiret où tous les ponts sont coupés ou minés de la mer à Condé-sur-Noiret. Du Nord au Sud on trouve la 1e DLI, 32e DLI, 43e DLI, 1re DLINA, 17e DLI, 52nd (Lowland) ID. Les restes de la 3e DLC et la 1st Armoured Division sont repositionnés en arrière de Caen pour servir de masse de manœuvre de contre-attaque. Le principal point noir vient de la carence en artillerie qui va manquer pour tenir une position. Une demande urgente est envoyée à l'État-major pour tenter de pallier ce cruel déficit.

Le 17, après de violents combats de rue dans les faubourgs de Caen sur la rive droite de l'Orne, les défenseurs de la 32e DLI décrochent et font sauter les deniers ponts. Plusieurs infiltrations ayant eu lieu dans la ligne de front, l'ensemble de la Xe armée reprend sa marche à l'Ouest à la nuit tombée.

(1) C'est OTL
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 14079
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2026 18:27    Sujet du message: Répondre en citant

J'y vois tous les problèmes de Sledgehammer.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2026 21:27    Sujet du message: Répondre en citant

C'est quand même Sledghammer à rebours car la position est déjà occupée, la logistique en place avec Cherbourg et c'est aux Allemands d'enlever le tout. Mais c'est le même cas de figure pour ce qui est de la rapidité du renforcement de chaque camps avec un fort avantage initial pour les Allemands mais un possible retournement de situation avec les nouvelles unités alliées créées ou recréées à partir des évacués si les positions tiennent. Car même si les Allemands peuvent amener plus d'unités, le front est trop étroit pour les y employer.

De toute manière, ce réduit risque fort de ne pas tenir longtemps. Tout est dans la rapidité d'exécution de part et d'autre mais les Alliés partent avec des handicaps initiaux conséquents : unités déjà très diminuées, manque criant d'artillerie lourde, de DCA (bien que les Britanniques verront certainement l'intérêt de la renforcer au détriment temporaire de leur Homeland), lenteur de la mise en ligne de nouvelles unités principalement due au manque de matériel pour les équiper et, à voir, la disponibilité en munitions. Côté positif, la couverture de chasse devrait être correcte avec les 5 Squadron récupérés de Bretagne qui peuvent très facilement être renforcés.

Les Allemands vont initialement tomber sur un os avec peu de possibilités de débordement et devront attaquer frontalement ce qui ne leur sera pas facile les premiers jours (manque d'infanterie, d'artillerie et bombardiers contrés par la chasse). Mais dès que le second échelon arrivera, la messe risque d'être dite. Encore une fois, au premier qui reçoit ses renforts.
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Elan Vital



Inscrit le: 11 Mai 2023
Messages: 117

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2026 21:28    Sujet du message: Répondre en citant

J'imagine que l'intention ici est d'obtenir un sanctuaire provisoire pour évacuer une partie du Grand Déménagement par les ports du Cotentin.

Il y a une étude sur l'Opération Sledgehammer dont une version donne des besoins de 9 divisions pour tenir 75 miles de front, ce qui me semble proche de ce qui est proposé ici.

Contrairement à Sledgehammer, les Allemands ne sont pas occupés sur plusieurs fronts mais sont concentrés en France, donc l'Entente ici ne pourrait pas tenir la péninsule indéfiniment. De toute façon, les Franco-Britanniques ne pourraient pas générer de sitôt les forces terrestres nécessaires pour étendre le réduit, et l'écart entre les forces aériennes est trop réduit pour tenter une campagne d'attrition de la Luftwaffe par une force alliée numériquement supérieure comme ce qui était envisagé pour Sledgehammer.

Je suis d'accord sur le fait que la péninsule serait plus facile à défendre qu'un réduit breton.
_________________
Archives Partie 1: https://drive.google.com/drive/folders/1RY2BrN58s0nZW1mtsA2a-43Sjz_HPZBo
2: https://drive.google.com/drive/folders/1BPcevjSeog43IG6CJ6GJcTkGAtQVc2Ns
3: https://drive.google.com/drive/folders/1ZkSsiJ78A8kyorSWENoDeetEeuABhbCu
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 14079
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2026 21:32    Sujet du message: Répondre en citant

Peu importe In Fine : ce réduit ne tiendra pas, coutera cher en hommes et ne rapporte rien stratégiquement. Gallipoli...
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Mar Sep 08, 2026 21:49    Sujet du message: Répondre en citant

Soixante-quinze miles, soit cent vingt kilomètres, ça fait 13,5 km par division, ça me parait extrêmement léger, il me semble qu'il faut plus compter de l'ordre de 5 km (de mémoire).

D'autre part, le Cotentin fait moins de 40 km de large et là, le chiffre de neuf division a du sens (4,5 km / div ou 6,5 km / div si on a 1/3 de réserves), d'autant que les inondations réduisent encore le front "utile".

Mais dans cette uchronie, si le nombre y est presque, ce ne sont pas des unités complètes, loin de là. On devrait plutôt parler d'équivalents brigades... Alors renforcement rapide ou tout le monde à l'eau !

Que la tête de pont n'ait pas d'avenir est une chose, que Winston morde à l'appât en est une autre. Il était partisan du réduit breton, il jubilerait presque à l'option Cotentin. Bon, Gallipoli va lui faire remonter quelques souvenirs...
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2026 06:58    Sujet du message: Répondre en citant

La destruction de tous les ponts sur l’Orne interdit une poursuite rapide et les pionniers allemands doivent d’abord recevoir les éléments de ponts flottants qui ne vont permettre la poursuite des Panzers que le 18. La ruée reprend de plus belle sur la nationale 13 mais, à partir des environs de Bayeux, le bocage devient beaucoup plus dense et les Français peuvent organiser de nombreuses embuscades qui ralentissent fortement l’avance ennemie sans que l’aviation puisse intervenir du fait de l’intrication des combattants et de l’absence totale de visibilité depuis le ciel et c’est seulement le 22 que les Allemands parviennent devant Isigny où la ligne de défense avancée est maintenant occupée par la 1re DLI. Alors que les premiers éléments testent la solidité de la position, une gigantesque explosion coupe la route, créant un cratère de trente mètres de diamètre où l’eau de l’Aure s’engouffre, piégeant une partie des attaquants. Des dizaines de bombes d’aviation et autres explosifs avaient été massés de part et d’autre de la chaussée et l’inondation s’étend désormais de manièr,e continue sur une quinzaine de kilomètres vers l’est depuis le chenal. Il ne reste plus qu’à la contourner par le sud.

La bataille des haies reprend donc, lente et cruelle. Le général Rommel décide de passer par Saint-Lo, les routes nationales beaucoup plus droite permettant de forcer le passage plus facilement que sur les sinueuses départementales, d’autant que la résistance est plus faible sur cet axe et c’est le 24 que la préfecture de la Manche est prise. Mais dans ce secteur aussi, tous les ponts sur la Vire, et ils ne sont pas nombreux, sont coupés. Les pionniers allemands manquent maintenant cruellement de matériel et si les fantassins peuvent rapidement passer sur l’autre rive qui ne peut être gardée partout, les moyens lourds devront encore attendre ou faire un autre détour par Villedieu-les-Poêles.

Le 29 juin, les défenses avancées d’Isigny ont été évacuées et les Allemands sont, à peu près partout, au contact de la ligne de défense principale et des tête de pont de Carentan et Lessay. Ils peuvent se considérer chanceux que les Alliés n’aient pas disposé d’assez de troupes pour garder tous les champs, les obligeant à abandonner nombre de positions quasi imprenables. Les pertes allemandes sont malgré tout très significatives et l’allant des soldats n’est plus du tout le même qu’en mai ou début juin.

La situation des Alliés n’est pourtant pas confortable, les environs de Lessay sont largement recouverts de landes qui ne permettent plus une défense facile et c’est un combat frontal en terrain relativement ouvert qui s’annonce. Le dispositif de la Xe armée (PC à Valognes) comporte, d’Ouest en Est, le BEF (PC à Saint-Sauveur-le-Vicomte) avec la 52nd ID à Lessay (PC à Agroville), la 1re Division canadienne le long du cours de la Claids jusqu’au Landes de Saint-Patrice (PC à Vesly), la 1st Armoured Division est tenu en réserve (PC à La Haye-du-Puits) et la 3rd Infantry Division, après rééquipement, commence à débarquer à Cherbourg pour se positionner à Gorges (PC à Gorges) où elle remplace la 157th (Highland Light Infantry) Brigade qui passe en réserve ; le 16e corps d’armée (PC à Sainte-Mère-Église) avec la 1re DLINA au sud-ouest de Sainteny (PC à Sainteny), la 17e DLI au sud-est (PC à Sainteny), la 1re DLI de Sainteny à Carentan (PC à Caretan) et la 32e DLI au nord de Carentan le long du chenal (PC à Saint-Côme-du-Mont), la 3e DLC est en réserve au centre à Méautis (PC à Méautis) et la 43e DLI juste derrière à Auvers (PC à Auvers) ; la 236e DLI est en réserve générale (PC à Étienneville).

Tous les renforts possibles sont envoyés pour recompléter les unités et essayer de les faire passer à au moins deux régiments complets au fur et à mesure que des équipements et du personnel, récupérés par l’opération Aerial, sont disponibles. La 3e DLC est transformée en DLM modèle léger. Le manque d’artillerie est toujours criant mais la cinquantaine de vieux canons de 75 train-rouleurs récupérés par les 54e RANA et 327e RAD font bonne figure et permettent d’avoir une batterie tous les trois ou quatre kilomètres. Les quelques canons de 25 ou 47 restants ont fini par disparaître dans les embuscades retardatrices non sans avoir prélevé un important octroi de chars et véhicules, leur remplacement est réclamé à cor et à cri. Les besoins logistiques sont estimés à 600 à 700 tonnes par jour en moyenne, soit de l’ordre de 20.000 tonnes par mois, nécessitant six ou sept cargos par mois, la dotation en camions est suffisante pour la logistique finale.

En face, la situation n’est pas tellement meilleure mais pour de tout autres raisons. Le second échelon est maintenant en ligne mais les voies de communications ne sont pas bonnes. Le rail n’est plus d’aucune utilité à partir de Caen et même en amont et le manque de véhicule limite l’approvisionnement. Plus grave, la Marine nationale bombarde toutes les nuits le sud de Lessay et le Bomber Command en fait de même devant Carentan, les inondations donnant de merveilleux repères sous la clarté des fusées éclairantes quand la lune ne s’en mêle pas. Les premiers jours ont même vu le Courbet venir matraquer le nord d’Isigny mais la menace des S-Boot présents au Havre et des Stuka interdit désormais cette opération. Les dégâts de ces attaques ne sont pas énormes mais, couplées aux destructions opérées durant la retraite, cela perturbe grandement la logistique et la préparation des offensives.

La Luftwaffe attaque quotidiennement les positions alliées mais est régulièrement contrée par la nombreuse DCA amenée par les Anglais et les Hurricane omniprésents. De plus, la végétation limite fortement la précision des bombardements. Un radar GM installé au mont Castre (entre La Haye-du-Puits et le marais de Gorges) détecte les raids allemands quasiment au moment de leur décollage de Carpiquet à 70 km de là. Deux autres équipements le complètent sur la montagne du Roule à Cherbourg et les hauteurs proches de Saint-Vaast-la-Hougue. Les bombardiers allemands se tournent alors vers la logistique alliée sans obtenir de résultats probants, sauf à limiter les opérations portuaires ou les transports de jour, et ce au prix de pertes importantes.

Le 30 juin, Rommel lance une attaque en règle sur Lessay après un violent bombardement de la Luftwaffe, férocement contré par la Royal Air Force. Après de courts mais âpres combats, les Britanniques abandonnent la position avancée pour se regrouper derrière l’Ay sous la protection des Blenheim rameutés de Jersey et de la 1st AD qui sort du bois pour l’occasion. Les Allemands ont progressé de cinq kilomètres mais le coût en est d’une dizaine de chars dont la moitié pourra être récupérée. Alors qu’ils tentent de poursuivre au-delà de Lessay, le même scénario qu’à Isigny se produit et la route et la voie ferrée disparaissent dans un champignon de poussière. Leur ardeur en est fortement réfrénée. Les Anglais aussi déplorent des pertes en hommes, chars et avions mais ont la satisfaction d'avoir bloqué l'assaut.

Après une semaine de siège, il apparaît que le camp retranché du Cotentin semble pouvoir tenir. Il immobilise une douzaine de divisions allemandes, protège les îles Anglo-Normandes et interdit le trafic naval ennemi en Manche Centrale. Il divertit également des forces aériennes importantes. Tant qu’il résiste, il paraît difficile à la Wehrmacht de préparer un débarquement en Grande-Bretagne. Enfin, et ce n’est pas le plus négligeable pour les Français, son impact psychologique et politique est patent et le monde entier suit cette défense acharnée avec espoir, angoisse ou crainte.
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11090
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2026 12:01    Sujet du message: Répondre en citant

Je déplace le sujet, me reste à le lire, très intéressant !
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2026 15:10    Sujet du message: Tentatives variées Répondre en citant

Tentatives variées

Le 2 juillet, une armada fortement protégée par une chasse nombreuse vient se positionner dans l’est des îles Saint-Marcouf et deux cuirassés pilonnent lourdement pendant une heure la nationale 13 au nord d'Isigny et le périmètre des Veys, entre la Douve et la Vire, en ciblant les concentrations de troupes, les positions d’artillerie et les dépôts identifiés. Une tentative d’interception par les S-Boot depuis Le Havre se heurte à un solide rideau de destroyers. Les résultats seront très partiels mais obligeront tout de même les Allemands à alléger la pression au nord-est. À l’Ouest de la péninsule, des opérations similaires continuent à être montées toutes les nuits avec des moyens plus légers en l’absence de menace maritime de ce côté ci du Cotentin, diminuant fortement les capacités d’organisation allemande au sud de Lessay. La Luftwaffe tente bien de contrer ces navires mais les bombardements de nuit, même dirigés sur les lueurs des départs de coups, ne sont guère efficace. Trois contre-torpilleurs et un destroyer finiront quand même par être endommagés.

Le 3 juillet, l’effort principal se porte sur la chaussée de Sainteny et les premières positions sont rapidement conquises. Et il faut ensuite continuer sur les deuxièmes lignes puis les troisièmes mais l’alternance de tranchées, de trous d’homme et de haies a vite fait de briser l’attaque et les assaillants se retrouvent à leur point de départ dès la fin de matinée avec des pertes substantielles. Des lance-flammes ont été utilisés mais ne peuvent venir complètement à bout des haies qui, comble de malheur, continuent à brûler après l’expulsion des éventuels défenseurs et restent donc impénétrables pendant des heures, les troncs d’arbres calcinés restent des obstacles conséquents pour les engins blindés. Ce n’est décidément pas la bonne méthode sur ce terrain. Décision est alors prise de monter une opération de parachutistes sur les arrières des Alliés.

De leur côté, les Français ont décidé d’envoyer des corps francs sur les arrières de l’ennemi. Et, quelques nuits plus tard, des embarcations déposent deux sections à la Pointe de Carolles. Les hommes, lourdement chargés d’une semaine de vivres, d’un poste de radio et de kilos d’explosifs en plus de leurs armes individuelles et collectives, s’enfoncent rapidement dans la campagne, guidés par des paysans du coin. Trois jours plus tard, un convoi de munitions est presque entièrement détruit à la sortie de Villedieu-les-Poêles avec un des derniers ponts encore en état. Les Allemands bouclent rapidement la région mais les artificiers prennent, au sens propre, la clef des champs où ils s’évanouissent. La chasse durera une semaine au bout de laquelle une des sections sera prise en tentant de rejoindre la côte, l’autre se « démobilisera temporairement » en s’éparpillant dans des fermes proches. L’État-major considérera que ces opérations, pour utiles qu’elles puissent être, ne doivent plus être lancées avant qu’une filière de récupération n’ait été mise en place.

En face, la mise sur pied de l’opération aéroportée se heurte à deux problèmes majeurs : où atterrir dans ce paysage morcelé et comment faire la jonction avec les forces principales. Il n’y a qu’un seul endroit possible : les landes au nord du Havre de Saint-Germain, entre Saint-Germain-sur-Ay et Lessay. À condition de se regrouper rapidement, les positions de Lessay, à un kilomètre de là, peuvent être emportées par surprise et ouvrir la voie aux chars et à l’infanterie. Mais de surprise, les Allemands l’ignorent, il ne peut y en avoir avec le décodage par Ultra des communications cryptées avec Enigma. Lord Gort, commandant du BEF, pourra dire en voyant les premiers parachutistes tomber des Junker 52 à l’heure annoncée : « Dead on time ! ». Le massacre des avions allemands sera pire qu’en Hollande et les Fallschirmjäger seront décimés ou capturés dès leur arrivée au sol, encerclés par des blindés contre lesquels ils ne peuvent rien. La poussée prévue de deux divisions de Panzer se verra gratifié d’un tir de barrage dix minutes avant qu’elle ne s’ébranle et les Blenheim passeront un quart d’heure plus tard parachever le travail. La journée est un désastre et ce sera la dernière opération d'envergure des parachutistes allemands de toute la guerre.
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Mer Sep 09, 2026 21:14    Sujet du message: Mise en abyme Répondre en citant

Bon, vous l'avez compris, il s'agit d'un best case dans lequel les Allemands n'ont pas d'issue. L'histoire vaut ce qu'elle vaut et je ne sais réellement pas si les Alliés auraient pu résister comme je le narre, je voulais surtout essayer de dérouler les contraintes, opportunités et actions possibles des uns et des autres. Je n'ai surement pas été exhaustif et n'hésitez pas à proposer des opérations si vous voyez autre chose.

Au point où nous en sommes, la situation est donc bloquée et nous sommes dans une bataille d'attrition principalement à base de duels d'artillerie pour laquelle la maîtrise de la logistique est primordiale. Les deux camps vont donc chercher à s'attaquer à celle de l'ennemi. J'ai déjà décrit quelques actions de part et d'autre (bombardements aériens ou navals, actions commando), on pourrait rajouter la mise en place de réseaux de sabotage du côté français et l'utilisation de moyens navals (S-Boots et U-Boots) et le mouillage de mines côté allemand. Je ne crois pas que ça fasse réellement pencher la balance d'un côté ou de l'autre. À part d'incertains coups de main à travers les marais, je ne vois pas ce qu'ils auraient pu faire de plus.

Et donc je vais vous frustrer une fois de plus en arrêtant là cette uchronie pour passer à l'uchronie dans l'uchronie dans l'uchronie.

Que se serait-il passé si le réduit du Cotentin avait été décidé tout début juin ?

Au point de vue de la défense de la zone
L’organisation aurait été la même mais elle aurait pu bénéficier d’une préparation bien plus poussée avec la mise en place des PC (armée, corps d’armée, divisions) et leurs liaisons et la construction de quelques points d’appui et abris d'infanterie en dur (béton armé ou maçonnerie). L’idéal aurait été quelque chose comme un PA doté de deux mitrailleuses tous les 500 m derrière les coupures humides (chenaux et inondations, un total de 25 km) et deux lignes de PA tous les 300 m en terrain ouvert (25 km), soit deux cents PA en tout. En trois semaine, seule une petite proportion aurait été réalisée mais aurait rendu les attaques réellement problématiques. Des champs de mines et des barbelés auraient complété et prolongé les secteurs sensibles. Les positions d’artillerie, quoique sans fortification, celles de DCA et leurs plans de feu respectifs auraient pu être soigneusement préparés. De même le port de Cherbourg, les routes (N 13 Valognes, Montebourg, Sainte-Mère-Église et D 800 Bricquebec, Saint-Sauveur-le-Vicomte, La Haye-du-Puits) et les terrains d’aviation auraient pu être durcis bien plus rapidement (DCA lourde et légère). Les terrains d’aviation améliorés (soutes à essence, hangars, alvéoles de dispersion protégées, baraquements). Un réseau radar installé avec sa salle de filtrage et de commandement. Les munitions et rechanges auraient été rassemblées dans des dépôts préparés à Cherbourg, Valognes, Sainte-Mère-Église, La Haye-du-Puits... Quelques barques motorisées armées d’une mitrailleuse de 13,2 mm sur les marais auraient permis de patrouiller et décourager les tentatives nocturnes d’infiltration. Les véhicules nécessaires au train auraient été rassemblés pour permettre une retraite fluide. Les voies de retraite auraient été pré-déterminées avec les points de résistance intermédiaire et les plans de destruction, la poussée de Caen à Isigny aurait pu prendre facilement deux semaines pendant lesquelles les positions de la ligne de résistance principale auraient été encore consolidées.

Si les têtes de pont devant Carentan et Lessay avaient pu être dotées de points d’appui fortifiés, il est probable qu’elles auraient pu être tenues pendant une assez longue durée mais leur ravitaillement seraient rapidement devenu problématique si ce n'est cauchemardesque et il était préférable de s’en tenir à une ligne de retardement dotée de fortifications de campagne légères pour ne pas perdre trop de troupes et de matériel.

Avec une dizaine de divisions fortement retranchées s’appuyant sur la coupure des marais, je doute que l’armée allemande aurait pu parvenir à en venir à bout rapidement, voire en venir à bout tout court. La bataille d’attrition lui aurait coûté très cher. Même en cas de percée, le temps gagné aurait permis de mettre en place la deuxième ligne de défense juste au nord des marais qui aurait été encore plus difficile à passer si elle avait pu être terminée.

Mais ce qui est plus important, c'est qu'une telle décision début juin signifie que Weygand cède aux demandes de Reynaud (ou est remplacé) et donc planifie une retraite en combattant pour sauver le plus de monde et de matériel possible en vue de continuer la lutte en AFN. Au passage, la 51st (Highland) Infantry Division du général Fortune ne sera pas prise au piège de Saint-Valéry-en-Caux et se retrouvera aux côté de la 52nd ID à Lessay. Les forces mieux préservées veut dire que l'avancée allemande, si elle est plus rapide initialement, ne pourra que ralentir au lieu d'accélérer comme OTL. D'autres réduits pourront être créé en Bretagne, dans le Sud-Ouest et dans le Sud-Est, ces dernier ne pouvant probablement pas tenir indéfiniment en raison de la maîtrise du ciel de la Luftwaffe à terme sans l'appoint de la Royal Air Force. Le réduit du Sud-Est aura pour but de réaliser l'évacuation militaire principale, celui du Sud-Ouest permettant de continuer les fabrications de guerre le plus longtemps possible et d'évacuer l'industrie. Le GA2 va retraiter dans la Vallée du Rhône, le GA3 en Normandie et en Bretagne et le GA4 sur la Loire puis le Sud-Ouest et le Massif Central. La ligne Chauvineau et la Seine pourraient être défendues plus longtemps donnant aux armées et aux industries plus de temps pour évacuer et se repositionner. L'opération Aeral sera alors réalisée beaucoup plus sereinement et visera à ramener les unités britanniques vers les réduits breton et normand pour les unités constituées et rapatrier en Grande-Bretagne le plus de matériel possible, puis celles du GA4 en Grande-Bretagne pour servir de réserve stratégique au 16e CA en Normandie. Ça implique aussi que les transferts des 84e DIA et 85e DIA d'AFN en Métropole auraient été interrompus et inversés et que le front libyen aurait été pu être attaqué dès la mi-juin par des forces conséquentes.

C'est donc maintenant une uchronie dans l'uchronie dans l'uchronie dans l'uchronie où Paul Reynaud se fait obéir quand il est encore temps de préparer posément la suite plutôt que de la subir, ce qui amène l'uchronie dans l'uchronie dans l'uchronie du réduit normand et débouchant sur l'uchronie du GD et la boucle est bouclée...
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11090
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Jeu Sep 10, 2026 09:55    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a une grosse vingtaine de S-Boot en service à cette date, tous dans la Manche.

Les trois flottilles sont basées à partir du 3 juin à Rotterdam.

La 2ème flottille (5 vedettes, dont 1 doit faire demi-tour suite à problème de machines) arrive à Boulogne dans la nuit du 11 au 12 juin (accueillie par des tirs amis qui ne font pas de dégâts). La RAF intervient immédiatement avec trois raids qui forcent l'unité (7 morts, 22 blessés) à repartir à Rotterdam le 12 au soir, le temps qu'une DCA et une couverture de chasse soient mises en place. La 2ème flottille s'installe définitivement à Boulogne le 17 juin.

Au 27 juin, la 1ère flottille déménage vers Cherbourg, la 3ème étant rentrée en Allemagne entre temps.

Au 25 juillet, pour faire de la place aux navires prévus pour Seelöwe, la 1ère rejoint Rotterdam et la 2ème Ostende.

Le 15 août, un sabotage à Ostende détruit 42 torpilles, l'explosion endommage 4 vedettes qui doivent rentrer en Allemagne pour réparations.

Pertes :
- S-17 retirée du service suite à une tempête en septembre 1939
- S-32 détruite par une mine le 22 juin dans la Manche (au large de Dungeness)
- S-23 détruite par une mine le 12 juillet en Mer du Nord

Source : http://s-boot.net

Ici, l'utilisation du Havre semble donc logique pour une flottille, mais la réaction anglaise sera à la mesure : bombardements et mouillage de mines. Les Français voudront-ils imiter les Belges et organiser des sabotages ?
La cible principale des S-Boot était le trafic côtier britannique (surtout à l'aide de mines), il va donc falloir faire des choix en attendant l'arrivée des nouvelles vedettes à partir de l'automne 1940.

Au final, je pense que l'impact des S-Boot sera assez faible pendant l'été 1940.

Les U-Boot ne seront pas une grande menace en 1940, ils sont peu nombreux et, à ce stade, pourront difficilement être rebasés dans les ports français même si ces derniers sont capturés. OTL, le premier U-Boot arrive à Lorient le 7 juillet, le port ayant été capturé le 21 juin.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...


Dernière édition par loic le Jeu Sep 10, 2026 17:38; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Jeu Sep 10, 2026 13:55    Sujet du message: Répondre en citant

Bien d'accord avec toi. Les S-Boot initialement assez dangereux mais trop peu nombreux et qui vont immédiatement devenir des cibles au port (bombardements, Le Havre va pendre cher dès 1940) et en mer avec les escortes de destroyers ou de torpilleurs plus la couverture aérienne.

La Manche à l'est des Anglo-Normandes sera extrêmement dangereuse pour les sous-marins (eau resserrées, relativement faibles fonds, proximité des ports et terrains anglais).

La traversée hors protection de l'artillerie côtière fait 50 milles, soit 6 heures à 8 nœuds, elle peut donc entièrement se faire de jour pour éviter les attaques navales nocturnes bien difficiles à contrer. Elle sera pratiquée en convoi d'un ou deux cargos escortés par deux ou trois destroyers et couverts par une chasse importante (un Squadron en permanence) et des patrouilles du Coastal Command autour. Il peut être de bonne pratique de ratisser la zone la veille pour en purger les sous-marins mais ça peut mettre la puce à l'oreille des Allemands sur l'imminence d'un convoi.

Je pense que la réponse allemande sera plutôt le pilonnage de Cherbourg à l'arrivée pour interdire le déchargement ou détruire le plus de ravitaillement possible. Donc l'enjeux pour les Alliés sera la défense aérienne du port. Pour éviter un désastre en cas de coup chanceux, les munitions pourraient être détournées vers Carteret, port d'échouage mais plus à l'écart et doté d'une voie ferré. Ici, le déchargement de nuit de très petits caboteurs serait préférable, les navires arrivant à mi-marrée montante pour repartir au début de la marée descendante, ce qui laisse quatre à cinq heures pour décharger. En fonction de la marée, c'est possible pratiquement toutes les nuits.


Port de Carteret - WikiManche

Une autre localisation très intéressante est le terminal de chargement en mer des mines de fer de Diélette, accessibles à toutes heures de la marée et encore plus loin. La cible est minuscule et avant que les Allemands comprennent ce qu'il y transite, il peut se passer du temps et le terrain de Vauville est tout proche pour la couverture de chasse. Reste enfin le port d'échouage de Diélette qui peut accueillir de petits caboteurs (des écraseurs de crabes) le temps d'un échouage.


Chargement minerai de fer à Dielette - Flamanville-en-Cotentin


Chargement minerai de fer à Dielette - France TV
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Jeu Sep 10, 2026 18:15    Sujet du message: Ligne Mahlmann Répondre en citant

Ligne Mahlmann

Il y a un précédent historique comparable au réduit normand : la « ligne Mahlmann », en tous points semblable à la « ligne Altmayer » si ce n'est qu'elle est tournée vers le nord.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Mahlmann

https://archive.wikiwix.com/cache/index.html?t=20120830193214&url=http://www.8armycorpsnormandy.fr/historique.html

https://www.dday-overlord.com/bataille-normandie/communes/mont-castre

Après le débarquement en Normandie, le général Mahlmann, commandant la 353. ID rameutée de Bretagne, décide de créer une ligne de résistance s'appuyant sur les marais et les quelques défenses préparées à partir de 1942 sur les trois monts entourant La Haye-du-Puits (Étenclin, Gardon, Castre). Allant du nord du Havre de Saint-Gremain-surAy à Carentan, elle comportait trois lignes d'une longueur de 50 kilomètres, les fortifications seront bâties en terre, pierre et bois en moins de deux semaines (à pied d'œuvre le 18 juin, attaquée le 4 juillet). Le secteur de La Haye-du-Puits, armé par 9.500 hommes, tiendra dix jours face à trois divisions américaines qui n'avanceront que de douze kilomètres au prix de 10.000 pertes. Les Américains devront ensuite attendre l'opération Cobra, dix jours plus tard, pour finalement effectuer la percée décisive à trois contre un au sol et plus de dix contre un dans les airs.



À Sainteny, sur l'autre chaussée entre les marais, les combats dureront plus de deux semaines avant que la progression puisse reprendre.

https://www.dday-overlord.com/bataille-normandie/communes/sainteny

Nous voyons qu'une fortification sommaire s'appuyant sur le terrain demande, pour être enlevé, une supériorité considérable et des pertes à l'avenant.

La « ligne Altmayer » aurait été défendue, dans le secteur de Lessay, par environ 10.000 à 15.000 hommes des 52th ID et 1re DI canadienne plus 5.000 en réserve de la 1st AD et 157th LIB, en attendant l'arrivée de la 3rd ID de Montgommery. C'est tout à fait comparable à la ligne Mahlmann alors qu'en face, les Allemands ne peuvent rapidement mettre en ligne autant de forces que les Américains en 1944 et, surtout, n'ont pas la maîtrise absolue de l'air de ces derniers.

Les chances d'une résistance prolongée des forces alliées étaient loin d'être nulles.
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 3967
Localisation: Le Creusot, France

MessagePosté le: Ven Sep 11, 2026 09:41    Sujet du message: Répondre en citant

Un petit point sur la DCA.

En Norvège, les Britanniques avaient envoyé une brigade anti-aérienne comportant théoriquement deux régiments lourds à trois batteries chacun d'un total de 48 Vickers 94 mm et deux régiments légers à trois batteries également de 72 Bofors 40 mm L/60 au total. Elle était en léger déficit à (resp.) 47 et 56.

Même si la quasi totalité des canons furent détruit lors de l'opération d'évacuation de Narvik Alphabet, il est impensable que les Anglais ne fassent pas le même effort pour le réduit normand, sachant que, tant que celui-ci tient, c'est autant de bombardiers en moins sur les Îles Britanniques et que tout l'Ouest de l'Angleterre et le Pays de Galles sont relativement à l'abri.

Les Français auront encore probablement quelques pièces mais nous les compterons pour négligeables car la logistique les rendra bientôt muettes (calibres différents). Elles seront évacuées pour être, à terme, renvoyées en AFN.

Il y aurait donc 12 batteries lourdes de 8 pièces chacune et 12 batteries légères de 12 pièces disponibles, voyons comment les répartir. Les besoins estimés étant supérieurs aux effectifs, une diminution a été appliquée ( => ) à certaines zones.
• Port Cherbourg Est (gare maritime)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Port Cherbourg Ouest (Arsenal)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Cherbourg Roule (station radar et fort)
◦ 1/4 LAA Bty (3 p.)
• Querqueville terrain (1 Squadron RAF)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Maupertus terrain (1 Squadron RAF)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Barfleur (station radar et approches Ouest)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Valogne (PC d’armée, nœud de communication, voie d’approvisionnement Est)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.)
◦ 1/2 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Montebourg + terrain (PC de CA, 1 Squadron RAF, voie d'approvisionnement Est)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.)
◦ 1/2 LAA Bty (4 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Sainte-Mère-Église (PC divisionnaire, voie d’approvisionnement Est)
◦ 1/2 HAA Bty (2 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/4 LAA Bty (3 p.)
• Bricquebec (voie d’approvisionnement Ouest)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/4 LAA Bty (3 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Saint-Sauveur-le-Vicomte (PC BEF, voie d’approvisionnement Ouest)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/4 LAA Bty (3 p.)
• La Haye-du-Puits (PC divisionnaire, réserve, voie d’approvisionnement Ouest)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.) => 1/ LAA Bty (3 p.)
• Diélette (terminal en mer et port d’échouage)
◦ 1/4 LAA Bty (3 p.)
• Carteret (port)
◦ 1/4 LAA Bty (3 p.) => 1/6 LAA Bty (2 p.)
• Mont Castre (station radar)
◦ 1/2 HAA Bty (2 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Vesly (PC divisionnaire, réserves)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Angoville (front, PC divisionnaire)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Saint-Patrice-de-Claids (front)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Gorges (front, PC divisionnaire)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Sainteny (front, 2 PC divisionnaires)
◦ 1/2 LAA Bty (6 p.)
• Méautis (PC divisionnaire, réserves)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Carentan (front, PC divisionnaire)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)
• Angoville-au-Plain (front, PC divisionnaire et voie d’approvisionnement Est)
◦ 1/2 HAA Bty (4 p.) => 1/4 HAA Bty (2 p.)
◦ 1/3 LAA Bty (4 p.)

Soit un total de 64 pièces lourdes au lieu de 48 (+16) et 88 pièces légères au lieu de 72 (+16). En diminuant un peu les dotations à droite ou à gauche ( => ), on parvient à faire rentrer les besoins au chausse-pied dans la brigade. Ça semble donner une densité correcte. Il faudrait tout de même à terme envoyer une deuxième brigade pour avoir une défense au niveau de la menace, un doublement des batteries n'étant pas du luxe, ne serait-ce que pour mettre une vingtaine de pièces légères sur la côte Est pour contrer les intrusions à basse altitude.
_________________
« Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11090
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Ven Sep 11, 2026 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

Tu dis qu'une brigade de DCA fut envoyée en Norvège. Une autre est donc disponible pour le Cotentin ?
Il n'y a rien historiquement côté français ?

Les Allemands ne sont pas idiots : se rendant compte que la DCA de l'Angleterre a été dégarnie, ils mettront la pression de ce côté-là.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> Autres uchronies Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivante
Page 1 sur 8

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com