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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15341 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 17:44 Sujet du message: Assouan mon Amour… par Demo Dan |
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En raison de la quantité de travail représentée par le front russe, des difficultés techniques indépendantes de la volonté de Demo Dan (et de la mienne) retardent la parution de la suite du dit front.
Pour patienter, j'ai retrouvé un texte de Demo Dan aussi, mais vieux de huit ans et qui s'était apparemment perdu dans les limbes informatiques.
Il vous changera du front russe !
(Et en plus, ça tombe quelques jours après l'élection de Miss France 2025 !) _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Dernière édition par Casus Frankie le Lun Déc 08, 2025 18:01; édité 2 fois |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15341 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 17:59 Sujet du message: |
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8 août 1943, Assouan
Ça ne sert à rien, dit la petite voix dans la tête. Tu perds ton temps et tu gaspilles l’argent de l’État. Ce n’est pourtant pas le moment !
Mais non ! répondit une autre voix. La situation reste précaire, aucun biais ne peut être négligé et aucune piste laissée inexplorée.
C’est ça, insista la première voix. Parce que tu crois vraiment qu’on attend ton retour, là-haut au Caire ? On s’est débarrassé de toi, voilà tout ! Il fallait juste un prétexte, que tu as toi-même fourni !
La réponse se fit rageuse : un prétexte ? Alors pourquoi m’avoir laissé un mois pour retrouver cette chocolatière savoyarde ?
Goguenard, le sceptique n’en persiflait pas moins : ce fut tout autant sans intérêt, sans parler de l’accueil reçu… Les divorcées n’aiment pas la publicité.
Ça suffit, trancha-t-il finalement, faisant taire provisoirement les doutes qui le hantaient. Au moins, cette Mme Carron lui avait-elle indiqué le chemin qui l’avait mené jusqu’ici. Et il était trop tard pour reculer, de toute façon… Lui-même avait trop dépensé en bakchich et intermédiaires, faisant des pieds et des mains même, tout ça pour une seule information et une unique intercession. D’abord, elle était à la Villa, seule, ce qui était rare. Ensuite, elle avait finalement accepté de le recevoir. Alors, inutile de faire le difficile, Monsieur Christian Berthaud, détaché du Consulat français au Caire !
………
Petit orientaliste enthousiaste, perdu entre Égypte et Soudan ! Il n’avait jamais quitté les quais de Seine auparavant, rêvant du désert dans les livres illustrés vendus par les bouquinistes entre Notre-Dame et le Quartier Latin. Jusqu’à ce jour de juin 1940 où il avait été évacué, comme tout le personnel (théoriquement) “sensible” du Quai d’Orsay. Exilé et peut-être jugé inutile, il avait finalement échoué au consulat du Caire, où il avait continué à étudier l’Orient. Une position confortable, quelque part.
En tout cas, certainement plus confortable que les onze heures de train qu’il avait subies pour arriver ici, dans des wagons surchauffés ! Une fois à la gare, il était encore allé à pied jusqu’aux quais, avant de trouver un patron de felouque au tarif raisonnable, et surtout négocié au préalable, pour traverser le Nil et le mener à destination.
Il regarda tout autour de lui, enfin extrait de ses doutes.
La beauté du paysage était saisissante. A l’est, les quais et la ville bruissaient d’activité. Navires et felouques, au premier plan, laissaient la cohorte des camions, calèches et chariots en arrière et en surplomb. L’appel du muezzin retentit au loin, sans que d’ailleurs son batelier s’en émeuve outre mesure. Toute agitation humaine semblait se dissiper sur le large fleuve couvert d’embarcations blanches et survolé d’oiseaux criaillant qui s’ébrouaient autour d’iles luxuriantes. Et à l’ouest, ce désert ocre et rouge, ces collines dominées par un azur d’une pureté comme Berthaud n’en avait jamais vue auparavant. Avec, sur leurs flancs, de petites grottes faites de main d’homme, des tombeaux peut-être ? Et des mausolées sur les sommets également… Les Anciens avaient décidément bon goût.
Ce tableau impressionniste rassura le Français. Un peu. La géométrie des voiles continuait de pousser l’embarcation vers sa destination, derrière le jardin des Kitchener. Lorsque la felouque toucha terre, Berthaud transpirait de nouveau, sans qu’il sache si c’était de chaleur ou d’inquiétude. Son conducteur tendit la main lors de sa descente. Oui, oui… encore un billet. Cette histoire commençait à lui coûter cher, décidément… Enfin, la République lui rembourserait ses frais… sûrement… s’il réussissait.
S’avançant sur la berge, il passa un large portail en fer forgé, lequel donnait sur une villa orientale particulièrement cossue. Un serviteur à la peau sombre se présenta immédiatement et lui fit signe de le suivre. Il était attendu : le message était bien passé ! Suivant son guide, il monta à l’étage, sur les tapis précieux et parmi les décorations travaillées. La demeure respirait le luxe, mais aussi la sérénité.
A l’étage, l’homme s’effaça devant une porte à double battant restée ouverte. Le Français entra dans la pièce d’une démarche qu’il espérait à la fois délicate mais assurée.
– Madame Labrousse, je vous remercie d’avoir bien voulu me recevoir.
………
Une femme d’une trentaine d’années, brune et élégamment habillée à l’européenne, l’observait du fond d’un large fauteuil. A ses côtés, un homme à l’air farouche, portant la tenue des Bédouins et la main sur son poignard. Contraste saisissant entre une robe de soirée blanche et une djellaba bleue. La femme lui lança, avec un sourire de courtoisie qu’il rendit aussitôt, une invitation à s’assoir en face d’elle : « Prenez place, cher Monsieur. J’ai cru comprendre que vous recherchiez ma compagnie avec une certaine énergie. »
Berthaud ne se fit pas prier pour s’installer, avec prudence toutefois.
– Effectivement, Madame Labrousse. Veuillez excuser mon intrusion en votre demeure.
– Appelez-moi Begum Om Habibeh, je vous en prie.
Les Européens disaient la Begum. Les informés savaient qu’elle avait changé de nom en se convertissant à l’islam.
On apporta du thé, pendant que la conversation prenait un tour mondain. Elle demandait des nouvelles de la France, son pays d’origine, qu’elle avait quittée à la fin des années 30, pour suivre son amour temporel rencontré en Égypte. Évidemment, une bonne partie de ses questions portait sur Sète, sa ville d’origine – malheureusement, avec la guerre, les nouvelles n’étaient pas très bonnes. Berthaud répondait courtoisement, au mieux de ses informations.
Heureusement, au-delà de la baie vitrée restée ouverte, la ville d’Assouan et le Nil restaient visibles. Et magnifiques. Avec la beauté et l’élégance de son hôtesse, l’ensemble formait un tableau admirable pour le jeune homme, qui tentait de garder sa concentration et sa réserve (1), à l’amusement de la Begum, qui finit par lui lancer : « J’apprécie toujours les visites, Monsieur le Diplomate. Mais je ne doute pas que vous soyez venus à moi dans un but précis, n'est-ce pas ? »
Son regard malicieux et pénétrant perturba quelque peu Berthaud.
– En effet, chère Madame. Vous êtes une femme… une femme …
Il perdait ses mots entre le désert et le fleuve, tandis que les yeux de son interlocutrice se faisaient complices pour mieux le noyer.
– Depuis ma naissance, oui !
Un léger rire suivit.
– Mes excuses… Le voyage a été épuisant.
Mais il était temps, en effet, d’entrer dans le vif du sujet. Ce qu’il fit donc, d’un ton oscillant entre réserve et prudence, avec, en sus, quelques hésitations.
– Comme vous vous en doutez surement, je me suis présenté à vous afin de rencontrer un homme que vous connaissez très bien. Saint pour beaucoup, respecté par les autres, sa voix porte sur tout l’Orient et même, par-delà les océans, jusqu’aux Indes britanniques.
Il avait répété cette tirade bien des fois auparavant.
– C’est le chef, l’Imam, d’un courant majeur de l’Islam Chiite. Sa sagesse et sa richesse d’esprit ont été des lumières pour le monde avant le conflit actuel. Aujourd’hui, en ma personne, la France, terre de votre sang, sollicite ces qualités. Elle est engagée, avec ses alliés, dans une lutte pour la sauvegarde de la Civilisation elle-même, dont les cinq piliers de l’Islam sont une illustration. La sympathie de l’Aga Khan (2) envers notre juste cause me semble assurée. Après tout, son fils, le prince Aly Salman Khan, a présidé à des levées de fonds pour l’Angleterre il y a quelques années et sert à présent avec distinction dans notre Légion Étrangère (3). Aussi, au nom de la République, je vous supplie d’intercéder afin d’obtenir pour ma personne une entrevue privée avec Son Excellence Mohammed Chah.
Un peu théâtral peut-être. Cela lui avait semblé meilleur devant son miroir. Et la flatterie paraissait bien grosse. Bon, au moins c’était fait. Il risqua un sourire, qui lui fut retourné. On lui répondrait courtoisement, c’était déjà ça.
– Un instant, j’ai craint que vous parliez de l’imam Ja’far as-Sâdiq (4), ou de la scission d’avec les chiites.
Elle émit un rire léger, qui perturbait décidément Berthaud. Consciente de son trouble, elle laissa flotter un instant dans l’air, porté par la brise qui rentrait par la baie.
– Je me doutais bien que vous n’étiez pas venu, après tant d’efforts, pour prendre le thé ou discuter mode. Quoique, dans les deux cas, cela paraisse plutôt pertinent.
Le Français considéra sa tasse vide, puis son veston relativement élégant mais froissé, et enfin le large sourire de la Begum.
– Pourquoi vous ? Et pourquoi passer par moi, cher Monsieur ? Après tout, mon Aimé a été président de l’Assemblée générale de la Société des Nations (5). Et il a représenté l’Inde musulmane en de nombreuses occasions (6). Il a l’habitude des diplomates comme vous.
Une question évidente, mais une réponse délicate. Heureusement, Berthaud avait anticipé.
– Les questions que je souhaite aborder avec Son Excellence nécessitent son attention, mais également une totale discrétion. Votre entremise garantit les deux, ainsi qu’une bienveillance allant au-delà encore de celle qui lui est naturelle.
Mieux valait se faire plus gros que le bœuf, et ne pas mentionner son rang. Il n’avait pas le prestige, ni même le soutien, d’un ambassadeur en poste !
– Je vois, cela peut avoir du sens, répondit La Begum avec une moue énigmatique. Je ne vous gâche pas que mon Aimé est retiré des affaires mondiales depuis maintenant plusieurs années. Les errements de la Société des Nations et l’attitude des Britanniques aux Indes ont achevé de le dégoûter de cet aspect de sa vie. Et il faut avouer que la France n’a guère brillé par son altruisme en Afrique, elle non plus !
La Begum fit un geste sec et lança un mot bref au Bédouin qui s’avança, la mine toujours aussi fermée et la main toujours posée sur le poignard. Le jeune Français sentit une goutte de sueur froide glisser sur sa tempe. Mais au lieu de dégainer son arme, le guerrier sortit des plis de sa robe une feuille et un crayon. Berthaud poussa un soupir discret.
– Bâ’z est mon garde du corps et mon serviteur le plus dévoué. Vous voudrez bien indiquer ici l’adresse où l’on peut vous joindre, précisa son hôtesse en finissant sa tasse de thé.
– Bien volontiers, chère Madame, mille mercis, s’exclama un Français soulagé. Je vais loger au Old Cataracts, l’hôtel anglais au bord du fleuve, ajouta-t-il en griffonnant sur un guéridon tout proche.
– Comme tout bon Occidental ?
Décidément, cette chère Madame était taquine, avec ses yeux sombres et malicieux.
– Comme tout bon homme du monde, sourit Berthaud. Oserai-je en déduire que Son Excellence est dans les parages ?
– Effectivement. Son Excellence est partie seule en villégiature. Sûrement pas bien loin, car il adore cette région. En vérité, il vient ici chaque année. Mais je ne sais pas où il est présentement. De mon côté, je reste plutôt à Assouan. Comme vous le savez peut-être, ma fondation occupe une grande partie de mon temps.
– La Om Habibeh, c’est cela ?
Berthaud avait bien révisé dans le train.
– Oui. Ne vous laissez pas abuser par le paysage idyllique qui sert de décor à cette villa, déclama-t-elle avec un geste large vers la baie vitrée. L’Égypte est un grand pays, un pays majestueux, mais aussi terriblement pauvre et démuni. Des siècles d’exploitation étrangère sont passés par là. Hélas, la France a été un de ces vils colonisateurs, dans le reste de l’Afrique sinon ici…
Le Français tenta une réponse suffisamment large pour ne vexer personne, sans rappeler les… particularités turques de l’Histoire du pays et sans médire de l’État qu’il servait.
– Madame, nous ne pouvons pas rectifier les errements du passé en un tour de main. Surtout dans les circonstances présentes. Néanmoins, le bref passage ici de Bonaparte et Kléber n’a pas laissé que de mauvais souvenirs face aux Ottomans, et Ferdinand de Lesseps a sans doute bien travaillé pour l’Égypte aussi. Enfin, depuis trois ans, vous n’ignorez pas que le gouvernement Reynaud a mis en place…
– Une politique se voulant extrêmement généreuse, il est vrai. Elle plaide en la faveur de votre gouvernement. Même si le caractère désespéré des mesures de l’été 1940 n’échappe à personne.
Un silence, mais un sourire. Le diplomate sentait, sous le reproche, de la bonté et peut-être même un peu d’empathie pour son pays d’origine. Son hôtesse reprit la parole.
– Joindre Son Excellence prendra un peu de temps. Je vous ferai contacter à l’adresse que vous avez indiquée. Prenez votre temps, Monsieur le Diplomate, visitez Assouan et les alentours. Bâ'z va vous raccompagner à votre bateau. Le batelier a surement dû vous attendre ! conclut-elle dans un petit geste amusé.
Tout son argent allait disparaitre en frais divers ! L’hôtel Old Cataracts n’était pas donné. Mais au moins l’après-midi n’avait pas été inutile. Berthaud se leva et prit congé après un baisemain, selon la politesse les plus courtoises. Descendant le grand escalier en compagnie de son désormais correspondant, il admirait le Nil qui rougeoyait sous le soleil couchant. Partout sur sa surface, oiseaux et felouques découpaient des silhouettes dansantes sur l’eau, dans un lent spectacle d’ombres chinoises.
Le batelier qui l’avait amené l’avait effectivement attendu ; il faisait de grands signes à son client favori. En passant le perron, il semblait à Berthaud que le rire charmant de la Begum accompagnait chacun de ses pas.
Notes
1- Née en 1906, la Begum a 37 ans en 1943. Ancienne Miss France 1930, elle n’a rien perdu de son éclat.
2- L’Aga Khan III, pour être exact – troisième du nom, ou plutôt du titre.
3- Certes – mais l’Aga Khan III s’est toujours, par prudence, abstenu de prendre position publiquement dans la guerre. Et c’est bien là l’enjeu de la visite de Berthaud.
4- Seconde moitié du VIIIe siècle…
5- De 1937 à 1938.
6- Notamment lors des Round Table Conferences relatives aux réformes constitutionnelles en Inde et à la Conférence sur le désarmement à Genève. Il fut aussi premier président de la Ligue Musulmane, qui sera plus tard responsable de la création du Pakistan. |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1641 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 19:42 Sujet du message: |
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Sauf erreur de ma part il me semble que le mariage d'Yvette Labrousse avec l'Agha Khan n'a eu lieu qu'en 1944 ? Elle ne peut pas avoir porté le titre de Bégum avant.
A part cela ils se sont bel et bien rencontrés en Egypte et sont d'ailleurs inhumés à Assouan dans un mausolée dédié.
Sinon attention à la note de bas de page 6 : il n'est pas dit que le Pakistan existe FTL ! _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11751
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 20:18 Sujet du message: |
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Bien vu pour le Pakistan, la scission de l'Inde est due en grande partie à l'invasion de la Birmanie par les Japonais et surtout aux pénuries alimentaires (volontairement aggravés par les décisionnaires musulmans qui ont laissé mourir leur frère JUSTE pour prétendre que le gouvernement britannique en Inde et les Hindous les avaient volontairement sacrifiés). _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12685 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 20:45 Sujet du message: |
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Dans l'ordre Poireau :
- mais c'est ce qu'on dit,
- Titre officieux,
- Attends !
- Je ne crois pas à une Inde unie. C'est une chose de pouvoir vivre ensemble sans famine, c'est une autre de le vouloir. La simple observation de ... hélas ! _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1641 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 21:57 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | Dans l'ordre Poireau :
- mais c'est ce qu'on dit,
- Titre officieux,
- Attends !
- Je ne crois pas à une Inde unie. C'est une chose de pouvoir vivre ensemble sans famine, c'est une autre de le vouloir. La simple observation de ... hélas ! |
Yvette Labrousse se faisait vraiment appeler la Bégum avant même son mariage avec l'Aga Khan ? Qui d'après ce que j'ai trouvé eu lieu OTL le 9 octobre 44.
Ils se sont rencontrés quant d'ailleurs ?
Sur l'Inde ce n'est pas le sujet ici, juste pour dire qu'il n'est peut-être pas judicieux de faire référence au Pakistan alors qu'on n'est même pas sûr qu'il existera FTL.
Sinon la question a commencé à être discutée sur d'autres fils et quant on connaît les circonstances de la partition OTL (littéralement bâclée à la va-vite par un Mountbatten dilettante pressé d'en finir qui fait affaire avec un Ali Jinnah mourant malgré l'opposition résolue de Nehru et Gandhi...) on se dit qu'il y a néanmoins matière à une divergence possible dans la FTL. Cependant, même unie il est certain qu'une Inde FTL ferait quoi qu'il en soit l'objet de violents conflits internes communautaires, confessionnels et ethniques. Mais bon, ça sera à débattre plus tard et ailleurs. _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12685 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 22:08 Sujet du message: |
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No spoil enfin !
On en reparle quand c'est fini. Et c'est fini en écriture déjà. Depuis longtemps ... j'ai écris ca en 2017. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1529 Localisation: Ile de France
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 22:23 Sujet du message: |
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8 août 1943, Assouan
Ça ne sert à rien, dit la petite voix dans la tête. Tu perds ton temps et tu gaspilles l’argent de l’État. Ce n’est pourtant pas le moment !
Mais non ! répondit une autre voix. La situation reste précaire, aucun biais ne peut être négligé et aucune piste laissée inexplorée.
C’est ça, insista la première voix. Parce que tu crois vraiment qu’on attend ton retour, là-haut au Caire ? On s’est débarrassé de toi, voilà tout ! Il fallait juste un prétexte, que tu as toi-même fourni !
La réponse se fit rageuse : un prétexte ? Alors pourquoi m’avoir laissé un mois pour retrouver cette chocolatière savoyarde ? (Soit j’ai raté un épisode – fort possible – mais je ne comprends pas la passage précédent. Si hors contexte, peut être ajouté une note pour plus de précisions )
…
Toute agitation humaine semblait se dissiper sur le large fleuve couvert d’embarcations blanches et survolé d’oiseaux criaillant (criaillants ?? adjectif ?? ) qui s’ébrouaient autour d’iles luxuriantes.
…
On apporta du thé, pendant (tandis ?? – simple suggestion – Ca colle plus au style du texte. Comme dans un Agatha Christie. C’est Old style. Mort sur le Nil) que la conversation prenait un tour mondain.
…
Heureusement, au-delà de la baie vitrée (à cette époque ??? techniquement ça me paraît compliqué mais si origine d’un texte OTL alors pas la peine) restée ouverte, la ville d’Assouan et le Nil restaient visibles.
…
– La [/i]Om Habibeh[i], c’est cela ?[/ (Idem, une petite note pour transcrire, SVP ?) i]
…
Berthaud avait bien révisé dans le train.
[i]– Oui. Ne vous laissez pas abuser par le paysage idyllique qui sert de décor à cette villa, déclama-t-elle avec un geste large vers la baie vitrée .
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1641 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 22:27 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | No spoil enfin !
On en reparle quand c'est fini. Et c'est fini en écriture déjà. Depuis longtemps ... j'ai écris ca en 2017. |
M'enfin... je ne spoile rien !
L'histoire est connue quant même !
D'ailleurs c'est cela mon problème : comme je connais déjà l'histoire OTL de la Bégum, quant je lis ce récit rien n'indique que Labrousse et l'Aga Khan ne sont pas déjà mariés ! En fait il y a un souci de contextualisation à leur histoire personnelle dans la FTL qui me confusionne ! _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12685 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 22:37 Sujet du message: |
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- c'est une amorce enfin ! On ne peut pas tout raconter. Ne me reproche-t'on pas assez de trop en dire sans laisser respirer le lecteur,
- invariable !
- Merci c'est gentil,
- Mais bien sûr que si. C'est juste que ce n'est pas dans le sens d'une baie telle que tu l'imagine. Par exemple, voici l'intérieur du Old Cataracts de nos jours.
D'époque.
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15341 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Déc 08, 2025 23:25 Sujet du message: |
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La Om Habibeh - c'est le nom de la fondation mentionnée à la ligne précédente, et on a indiqué précédemment que c'était aussi le nouveau nom de la Begum.
La baie vitrée, évidemment, n'a pas la taille de ce qu'on fait aujourd'hui, mais c'est quand même une large ouverture vitrée.
Quant à la chocolatière savoyarde… j'ai bien aimé cette légère obscurité du texte. Une Mme Carron, divorcée, apparemment intime de la Begum depuis le temps où elle s'appelait Labrousse, qu'il a été moins difficile de retrouver et qui a accepté, non sans réticence, d'aider Berthaud… _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15341 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Déc 09, 2025 10:32 Sujet du message: |
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13 août 1943 dans la matinée, Assouan
Attablé à la terrasse du Old Cataracts, Christian Berthaud se demandait si l’on ne l’avait pas mené en felouque. Tel Hercule Poirot dans le fameux roman d’Agatha Christie, il restait là, à observer ibis et hérons qui égayaient le paysage.
Pour sûr, il avait fait le tour de la ville, sans toutefois oser aller trop loin. On ne sait jamais, “Elle” aurait pu tenter de le joindre en son absence et il l’aurait manquée – ç’aurait été le bouquet. Et puis, il n’était pas là pour faire le touriste, a fortiori avec un budget tout sauf extensible. Il avait tout de même pu inspecter quelques éléments remarquables : le jardin des Kitchener bien sûr, mais aussi les ruines de l’île Éléphantine ainsi que son musée archéologique. Un peu poussiéreux… mais avec des pièces admirables, assurément, et l’on commençait pourtant à peine à explorer le site (7). La carrière de granit, aussi, avec la roche fendue d’un obélisque inachevé, car semble-t-il fracturé accidentellement – encore une maladresse d’Hatchepsout et de ses serviteurs (8). Enfin, les tombeaux nubiens et le barrage bâti par les Anglais en 1902, lequel offrait un vaste panorama du site… pour qui osait braver la chaleur et monter sur son parapet. Et bien sûr, il y avait eu les soirées passées sur la terrasse à contempler, un verre à la main, la dichotomie d’une cité bruyante et lumineuse face à un désert sous un ciel bleu profond d’une sérénité millénaire.
Assurément, on se lassait difficilement d’Assouan. Mais, pour le Français, il s’agissait moins de lassitude que d’angoisse. Il restait là, à attendre un signe, un message, qui n’arrivait pas. Il commanda donc un nouveau brandy au garçon de café en faction, dont l’uniforme blanc comme le fez rouge accentuaient encore le caractère bariolé du paysage. Un alcool de plus… Mais il était inutile d’essayer de boire l’eau du robinet, sauf à souhaiter souffrir mille morts – ou une seule, mais définitive, comme Champollion après avoir bu l’eau du Nil, dit-on. Berthaud était frustré.
Car enfin, on était cerné par la perfide Albion ici. Tout sentait l’Angleterre, du maintien du personnel à la décoration du bar, sans parler des boissons. Sherry, brandy, whisky … Seule la bière paraissait vaguement locale. Ce décalage, ce dépaysement supplémentaire, donnait un argument de plus à la petite voix dans son esprit. Celle qui lui susurrait qu’il ne devrait décidément pas être là.
– Mister Berthaud, I’ve got a message for you! lui glissa le maître d’hôtel britannique, avec le flegme de celui qui croit qu’il dérange. Il avait une enveloppe à la main et sa moustache frémissait de réserve. Pourtant il ne dérangeait pas du tout, au contraire. Sortant de sa torpeur, le jeune orientaliste sauta quasiment de sa chaise.
– Un message ? Quoi ? Pardon, qui ? Comment ?
– Un… humf… camelboy… chamelier, c’est cela, est passé tantôt pour vous voir. Il m’a remis ceci. Il prétendait que c’était important.
Berthaud considéra successivement le maitre d’hôtel et l’enveloppe dans sa main : « Il n’est pas entré pour me le remettre directement ? »
– Sorry Sir, mais nous sommes un établissement de standing. Nous n’allions pas laisser entrer un Bédouin comme ça au milieu de nos clients. De plus, l’homme nous a semblé peu sûr, voire antipathique.
Ce devait être Bâ’z. Qu’il puisse être effrayant était une chose, mais quand même. Quel mépris pour les locaux ! Le jeune homme comprenait un peu mieux la pique de la Begum quant à son choix d’hôtel. Il soupira : « Mais ne pouvait-on me faire appeler, en ce cas ? »
– Well, cette personne était pressée et cela ne nous a pas paru pertinent, fit le maitre d’hôtel avec une moue que Berthaud interpréta sans peine comme de la condescendance. Au surplus, je crois devoir préciser à Monsieur que son visiteur ne parlait qu’arabe.
– Je parle également arabe, cher ami ! répliqua immédiatement ledit Monsieur, lequel souhaitait signifier qu’il était aussi un client qui aurait goûté un peu plus de respect.
Le responsable battit en retraite, mais dans l’exacte mesure du respect qu’il estimait devoir à son invité (qui n’était après tout qu’un Mangeur de grenouilles) : « Oh, it’s a shame. Well… Toutes nos excuses… J’ai pris la liberté de me conserver le message de… l’ami de Monsieur pour lui apporter. Here it is, Sir… ».
Berthaud saisit l’enveloppe qui lui était tendue et constata qu’elle n’était pas fermée !
– Vous m’avez dit que mon visiteur s’exprimait en arabe. Cela ne vous autorisait pas à examiner mon courrier !
– I am sorry, j’ai cru bien faire et…
Eh bien, il n’y avait plus qu’à espérer que le garde de la Begum avait su rester discret quant à l’expéditrice du message. Quoiqu’à la réflexion, l’homme était sûrement assez fin pour cela. L’exact contraire de l’individu en face de lui ! Il n’y avait sans doute rien à craindre d’un homme de ce genre, une moustache épaisse incapable de saisir l’enjeu du moment.
– May I leave?
– Je vous en prie…
L’homme s’inclina cérémonieusement et laissa Berthaud seul avec le message tant attendu. Il commença à le lire avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Le contenu de la missive allait cependant l’inquiéter.
« Cher ami, je reviens vers vous comme convenu.
Il ne sera pas de retour en sa demeure avant une à deux semaines. »
Deux semaines ? Impossible ! pensa un Berthaud effaré.
« En effet, il effectue actuellement une croisière en Nubie et remonte le fleuve entre la première et la seconde cataracte. Néanmoins, il est curieux et votre requête l’intrigue.
Il vous propose donc de le rejoindre par vos propres moyens sur son bateau, qui vous attendra dans les deux jours à venir au sud de la Colline aux Singes, près de Wadi Halfa. Vous le reconnaitrez sans peine.
Très amicalement, B. »
La Colline aux Singes ? Qu’est-ce que c’était que cette carabistouille ? Espérait-on qu’il se mette à rechercher l’Aga Khan dans le désert derrière chaque tas de pierres, tel un archéologue coiffé d’un casque colonial ? Interloqué et confus, Berthaud se leva de sa chaise avec un geste de dépit, faisant s’envoler de nombreux oiseaux qui étaient restés à proximité, à l’affût de miettes de repas.
Le Français prit un instant pour recouvrer son esprit, les doigts pincés sur le haut de son nez. Ses réflexes d’analyste reprirent le dessus. Il se rassit finalement. Voyons, un bateau au nord de Wadi Halfa, apparemment facilement reconnaissable… Mais c’était presque au Soudan, à des centaines de kilomètres ! Comment s’y rendre, nom d’un chien ?
A cet instant, un oiseau plus gros et plus bruyant que les autres passa au-dessus de la terrasse.
– Mais oui, c’est la bonne idée !
Notes
7- Dans les années 90, un bâtiment moderne, le musée de Nubie, accueillera une grande partie des collections.
8- Considération typique de l’opinion de l’époque, car basée sur des sources antiques particulièrement défavorables à la grande reine, et que l’on qualifierait aujourd’hui pudiquement de « sujettes à débat ». |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11751
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Posté le: Mar Déc 09, 2025 10:39 Sujet du message: |
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Il va y aller en avion.
Demo... à force de lire tes récits tordus tu en deviens prévisibles.  _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12685 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mar Déc 09, 2025 10:52 Sujet du message: |
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Ou tu vois un aéroclub à Assouan ?  _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1529 Localisation: Ile de France
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Posté le: Mar Déc 09, 2025 10:57 Sujet du message: |
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...
13 août 1943 dans la matinée, Assouan
…
J’ai pris la liberté de me ( ???) conserver le message de… l’ami de Monsieur pour lui apporter. Here it is, Sir… »[/i].
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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