| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10613 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Sam Aoû 30, 2025 22:28 Sujet du message: Projet Lucid / opération Lucifer |
|
|
Comme d'habitude, comments welcome.
Début octobre 1940
Le Petroleum Warfare Department, créé au mois de juillet, a reçu pour mission d'étudier toutes les façons possibles d'utiliser au combat le pétrole et ses dérivés. De nombreuses expérimentations ont été menées et des témoignages recueillis sur ce qui se pratiquait déjà pendant la Première Guerre Mondiale ou plus récemment lors de l'évacuation de Dunkerque. Ces travaux ont abouti à la création de plusieurs modèles de pièges incendiaires, statiques ou mobiles. Ces engins ont été prépositionnés en grand nombre dans le sud-ouest de l'Angleterre, dans le cadre des préparatifs face à une hypothétique invasion allemande. Une partie des dispositifs est réservée à la neutralisation des réserves de carburant si les Allemands parviennent à débarquer.
Les ingénieurs du PWD ont également lancé un autre projet : trouver le meilleur moyen de neutraliser les navires ennemis, en réalité des barges et des péniches, avant qu'ils n'atteignent la côte britannique, en complément des attaques habituelles par des navires de surface, des sous-marins ou des avions. Depuis septembre, le renseignement indique en effet une concentration progressive des moyens ennemis dans les ports français et belges. Bien entendu, la RAF fait de son mieux pour les détruire, mais à un coût élevé et au grand déplaisir des alliés français et belges devant les pertes et destructions infligées sur leur sol.
Quoi de mieux en effet que du pétrole enflammé pour détruire des navires ennemis ? Churchill, grand amateur d'histoire, a ainsi apporté son habituel soutien aux idées novatrices, voire osées ou carrément fantaisistes, à un tel point que ses proches doivent régulièrement modérer son enthousiasme. Car le Prime Minister se souvient, et il n'est pas le seul, de l'utilisation réussie de brûlots (navires enflammés) contre l'Invincible Armada espagnole en 1588 ou contre la flotte française lors de la bataille de l'île d'Aix en 1809 [Note : Opération aboutissant à la destruction de nombreux navires français pourtant ancrés dans une zone réputée à l'abri et ruinant au final les projets maritimes de Napoléon.].
Le premier concept mis au point est simple : diriger un navire bourré de carburant vers les embarcations ennemies et le faire exploser pour disperser du carburant en feu sur une vaste zone. Les premiers essais ont été prometteurs.
Une autre idée consiste à déverser du pétrole dans un large anneau de nattes en fibre de coco, ce dernier étant remorqué, puis enflammé et enfin dirigé contre les navires ennemis. Les premiers tests ont certes réussi, mais la vitesse désespérément lente (4 nœuds) de cette structure ne laisse guère d'espoir d'une utilisation en conditions réelles. Cette piste a été rapidement abandonnée.
C'est donc la solution la plus évidente qui a été retenue, sous le nom de projet Lucid, mais encore fallait-il dénicher plusieurs vieux pétroliers sacrifiables. Ces derniers seraient pilotés par un équipage réduit au strict minimum, qui évacuerait au dernier moment sur une vedette, après avoir réglé les minuteries des détonateurs.
Trois vieux pétroliers ont finalement été dénichés, tous jaugeant un peu plus de 5 000 tonnes : l'Oakfield civil et les War Nawab et War Nizam de la Royal Fleet Auxiliary, à présent désarmés. Ces véritables épaves ont été remises en état jusque ce qu'il faut - inutile d'espérer qu'elles dépassent les 6 nœuds. Les Britanniques ont même poussé le sens du détail pour faire croire à d'éventuels espions qu'ils préparaient des blockship de façons à barrer des estuaires.
Les navires ont été chargés de 2 000 à 3 000 tonnes d'un mélange composé de 50 % de pétrole lourd, 25 % de diesel et 25 % d'essence et d'une charge explosive composée de cordite, de nitrocellulose et de vieilles bombes anti-sous-marines pour embraser le tout et projeter le liquide enflammé au loin.
Le plan nécessite tout de même une conjonction de facteurs favorables : il faut de bonnes conditions de vent et de marée pour une traversée de nocturne de la Manche vers les ports visés. Après l'explosion du navire, la marée doit être montante pour emporter le mélange combustible enflammé dans le port et atteindre les navires qui s'y trouvent.
En attendant, il a bien fallu mettre au courant les alliés français et belges. Et c'est là que les choses se sont compliquées, surtout du côté d'Alger ! Bombarder les ports pour la bonne cause, passe encore, mais risquer de mettre le feu à toute une ville, il n'en était pas question. Par ailleurs, nombreux étaient les marins français qui se souvenaient de l'"affaire des brûlots" et pas en des termes favorables ! Les Britanniques n'insistèrent pas et promirent que l'opération Lucifer (version opérationnelle du projet Lucid) ne serait exécutée que contre des navires ennemis en mer. Et bien entendu, il était vivement souhaité que la Marine Nationale contribue à détruire la flotte d'invasion, sans hésiter à braver les bombes de la Luftwaffe évidemment.
Au final, même si le concept ne fut pas mis en pratique, la propagande britannique n'hésita pas à largement diffuser dans le monde entier des rumeurs affirmant que l'invasion allemande avait été repoussée par des rideaux de flammes ayant provoqué le mort de milliers de soldats allemands. Berlin dut apporter un démenti officiel et ainsi confirmer que l'invasion n'avait même pas été tentée !
Accessoirement, cela répond à l'idée d'utiliser nos trois épaves dans le cadre de Merkur : aucune chances qu'elles évitent le naufrage dans l'Atlantique avant d'arriver à destination. Et peu de chances aussi qu'elles puissent aussi atteindre les ports italiens depuis la Corse ou la Sardaigne.
Le PWD sera par la suite impliqué dans la mise au point de dispositifs lance-flammes (modèles portatifs ou véhicules), ainsi que du système PLUTO pour le transport du carburant à travers la Manche après Overlord. D'autres trucs plus exotiques aussi, comme un dispositif pour disperser le brouillard et ainsi éviter de trop nombreux accidents lors d’atterrissages ou encore une sorte de lance-flammes vertical monté sur des navires pour tenter d'abattre les avions ennemis !
11 octobre => modif
[...]
Ce que les Alliés ne savent pas, c'est que Seelöwe n’est plus pour l’OKW qu’un exercice intellectuel, l’opération Barbarossa étant déjà en préparation.
[...]
La force britannique regagne intacte l’Angleterre le 12 vers 08h00, mission remplie.
Évidement, la presse du NEF va s'empresser de publier des articles vengeurs sur ces bombardements menés par la perfide Albion et facilités par les traîtres d'Alger, bombardements ayant causé la mort de nombreux civils (nombre non précisé) et provoqué d'importantes destructions sur les infrastructures (en oubliant de préciser que l'activité économique des ports de la Manche est déjà à l'arrêt, guerre oblige). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3659 Localisation: Le Creusot, France
|
Posté le: Dim Aoû 31, 2025 21:11 Sujet du message: |
|
|
Quelques remarques et propositions :
| loic a écrit: | Les ingénieurs du PWD ont également lancé un autre projet : trouver le meilleur moyen de neutraliser les navires ennemis, en réalité des barges et des péniches, avant qu'ils n'atteignent la côte britannique, en complément des attaques habituelles par des navires de surface, des sous-marins ou des avions. Depuis septembre, le renseignement indique en effet une concentration progressive des moyens ennemis dans les ports français et belges. Bien entendu, la RAF fait de son mieux pour les détruire, mais à un coût élevé et au grand déplaisir des alliés français et belges devant les pertes et destructions infligées sur leur sol.
Quoi de mieux en effet que du pétrole enflammé pour détruire des navires ennemis ? |
une concentration progressive de moyens de débarquement
pour anéantir une flotte adverse ?
| Citation: | | Le premier concept mis au point est simple : diriger un navire bourré de carburant vers les embarcations ennemies et le faire exploser pour disperser du carburant en feu sur une vaste zone. Les premiers essais ont été prometteurs. |
bourré de liquides et matières inflammables
pour disperser ce carburant
| Citation: | | Ces derniers seraient pilotés par un équipage réduit au strict minimum, qui évacuerait au dernier moment sur une vedette, après avoir réglé les minuteries des détonateurs. |
Ces derniers seraient armés par un équipage réduit au strict minimum recueilli par les destroyers d’escorte quelques milles avant la cible, laissant seulement trois hommes pour le diriger jusqu’au dernier moment avant de fuir dans un canot automobile rapide, une fois réglées les minuteries des détonateurs.
Mais il n’est peut-être pas nécessaire d’entrer dans ce niveau de détail.
| Citation: | | Trois vieux pétroliers ont finalement été dénichés, tous jaugeant un peu plus de 5 000 tonnes |
Le déplacement est en tonnes, la jauge est en tonneaux. Ici il s’agit de tonneaux (2,83 m³).
| Citation: | | Ces véritables épaves ont été remises en état jusque ce qu'il faut - inutile d'espérer qu'elles dépassent les 6 nœuds. |
En raison des pénuries de toutes sortes et de l’absence de priorité pour ce projet, ces vieilles coques et leurs machines asthmatiques ont été à peine remises en état – inutile d’espérer qu’elles dépassent 6 nœuds. Il a d’ailleurs été très difficile de leur trouver des canots rapides, personne ne comprenant pourquoi doter aussi richement de telles épaves.
| Citation: | | Le plan nécessite tout de même une conjonction de facteurs favorables : il faut de bonnes conditions de vent et de marée pour une traversée de nocturne de la Manche vers les ports visés. |
Non, deux des trois tentatives ont été faites par mauvais temps et la première, au moins, voyait les navires partir de points opposés (Portsmouth et estuaire de la Tamise) pour converger vers Boulogne et Calais.
| Citation: | | En attendant, il a bien fallu mettre au courant les alliés français et belges. Et c'est là que les choses se sont compliquées, surtout du côté d'Alger ! Bombarder les ports pour la bonne cause, passe encore, mais risquer de mettre le feu à toute une ville, il n'en était pas question. Par ailleurs, nombreux étaient les marins français qui se souvenaient de l'"affaire des brûlots" et pas en des termes favorables ! |
Bien vu !
| Citation: | | Accessoirement, cela répond à l'idée d'utiliser nos trois épaves dans le cadre de Merkur : aucune chances qu'elles évitent le naufrage dans l'Atlantique avant d'arriver à destination. Et peu de chances aussi qu'elles puissent aussi atteindre les ports italiens depuis la Corse ou la Sardaigne. |
Le Oakfield a navigué jusque vers 1955
Le War Nawab a fait Portsmouth – Calais et retour par mauvais temps sans problème le 26 septembre 40 (mission annulée à la dernière minute)
Le War Nizam a navigué en convois jusqu’à la fin de la guerre, touché par une bombe en février 44, il a continué à naviguer jusqu’en octobre 1947
Il n'y a pas de raison majeure pour les empêcher de faire le trajet jusqu'à l'Italie. Et Agar voudra certainement aller du Nord vers le Sud... _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10613 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 07:00 Sujet du message: |
|
|
Merci pour les corrections.
Pour une utilisation possible des trois vieilles coques, le War Nizam et l'Oakfield n'ont participé qu'à quelques convois côtiers en GB, rien à voir avec le fait d'affronter l'Atlantique. Le War Nawab n'a semble-il pas quitté la GB non plus et n'est pas répertorié dans la base des convois alliés (Convoy Web).
Le War Nawab, pas joli joli...
Et bravo pour la réf' ! _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3659 Localisation: Le Creusot, France
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 08:37 Sujet du message: |
|
|
Le War Nawab n'a, en effet, été utilisé que comme dépôt de carburant jusqu'à la fin de la guerre.
Mais l'Oakfield est mentionné à Port Saïd le 15 mars 1948.
https://historicalrfa.uk/requisitioned-auxiliary-oakfield/
Et le War Nizam est signalé à Curaçao le 2 octobre 1947.
https://historicalrfa.uk/rfa-war-nizam/
Il pourrait y avoir quelque chose comme :
Janvier 1941 - Face à la montée de la menace en Méditerranée Occidentale et Centrale, la Marine nationale demande à l'Amirauté britannique si elle ne pourrait pas réactiver l'opération Lucid, cette fois-ci contre les ports italiens. Celle-ci détache Morgan Morgan-Giles, l'adjoint du Captain Augustus Agar sur cette opération (ce dernier étant bien trop indispensable sur le problème des convois autour de la Grande Bretagne), pour passer l'expérience acquise aux marins français. Il ira ensuite en Égypte pour travailler sur la campagne contre les mines magnétiques dans le canal de Suez.
Quand aux navires, plusieurs solutions :
1. Devant la bronca de leurs alliés, les Anglais n'ont pas entamé les travaux de remise en état, les pétroliers ne sont peut-être même pas affectés.
- Les Anglais fournissent les vieux War Nawab et War Nizam sur lesquels tous les travaux restent à faire.
- Les Français vont devoir chercher un ou des navires adaptés.
2. Les travaux ont été menés sur les trois navires avant que Lucid soit annulée sans avoir eu de début de réalisation. Les navires ont alors leur affectation OTL post Lucid.
- Les Anglais acceptent d'en céder un ou deux.
- Les Anglais s'en tiennent à l'aide opérationnelle avec le transfert de connaissance et laissent les Français se débrouiller.
Je pense que les Anglais, qui pensaient toujours à l'opération début 1941 OTL, transféreront des navires soit plus ou moins en état de naviguer, soit à reconditionner.
Ensuite, les péripéties du trajet et de la réalisation, ou non pour tout un tas de causes, de Ludion en Méditerranée restent à définir. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10613 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 09:21 Sujet du message: |
|
|
Nos marins peuvent-ils nous indiquer si ce genre de "piraterie" (attaquer une flotte ennemie au port avec du carburant enflammé) aurait une chance de passer dans les instances dirigeantes ou au sein du personnel de la Marine ?
Pour le transfert, je persiste à penser qu'il est trop dangereux en temps de guerre pour des navires aussi vieux et surtout lents, d'autant plus que cela se ferait pendant la période hivernale (passage de Gibraltar très délicat). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3659 Localisation: Le Creusot, France
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 10:06 Sujet du message: |
|
|
Les convois lents étaient composés de navires allant à 8 nœuds ou moins, il y en avait qui se traînaient à moins de six nœuds. Ces pétroliers y auraient eu toute leur place, sachant qu'ils étaient donnés (War Nizam et War Nawab) pour 11 nœuds, en briquant un peu les chaudières et avec un bon carénage, on doit pouvoir en tirer encore huit ou neuf nœuds. En octobre 1947, le War Nizam mit 19 jours pour aller de Curaçao à Lizard Point, soit 8,4 nœuds de moyenne sur les 3.820 milles (en orthodromie).
Ce n'est pas le passage de Gibraltar le plus délicat, c'est les abords du golfe de Gascogne lors des passages de dépression. Par très mauvais temps, un convoi lent devait marcher à quatre nœuds, voire moins. Bonjour les cibles. Mais ça n'a pas empêché les Britanniques de continuer toute la guerre.
| loic a écrit: | Nos marins peuvent-ils nous indiquer si ce genre de "piraterie" (attaquer une flotte ennemie au port avec du carburant enflammé) aurait une chance de passer dans les instances dirigeantes ou au sein du personnel de la Marine ?
|
Je ne sais pas ce qu'en aurait pensé l'Amirauté mais je vois bien une discussion acharnée pour savoir s'il faut incendier le « sanctuaire » de Portoferraio sur l'île d'Elbe, rapport aux mânes de Napoléon... _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11643
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 10:20 Sujet du message: |
|
|
Me suis toujours demandé si il y aurait eu moyen de créer des bombes flottantes artificielles, pour refaire Halifax 1917 mais de manière délibérée.
https://en.wikipedia.org/wiki/SS_Mont-Blanc
| Citation: | A fire aboard the ship ignited her wet and dry cargo - 2,300 tons of picric acid, 500 tons of TNT, and 10 tons of guncotton. The blast was the largest human-made explosion at the time. It released the equivalent energy of roughly 2.9 kilotons of TNT
|
Le risque étant évidemment le même que celui des bombardiers Aphrodite - que la bombe pète trop tôt par accident... _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - vous imaginez un peu la taille des bâtiments."
Dernière édition par Archibald le Lun Sep 01, 2025 10:40; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
FREGATON

Inscrit le: 06 Avr 2007 Messages: 5075 Localisation: La Baule
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 10:40 Sujet du message: |
|
|
| loic a écrit: | | Nos marins peuvent-ils nous indiquer si ce genre de "piraterie" (attaquer une flotte ennemie au port avec du carburant enflammé) aurait une chance de passer dans les instances dirigeantes ou au sein du personnel de la Marine ? |
Ce n'est qu'une version contemporaine de la tactique des brulots, employée de longue date dans la Royale. Il existait même un grade d'officier correspondant (Capitaine de Brulot) qui fut supprimé par ordonnance royale en 1786...
| Archibald a écrit: | | Me suis toujours demandé si il y aurait eu moyen de créer des bombes flottantes artificielles, pour refaire Halifax 1917 mais de manière délibérée. |
On peut également penser au drame de l'Ocean Liberty à Brest en juillet 1947:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Explosion_de_l%27Ocean_Liberty _________________ La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10613 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 11:09 Sujet du message: |
|
|
| FREGATON a écrit: | | loic a écrit: | | Nos marins peuvent-ils nous indiquer si ce genre de "piraterie" (attaquer une flotte ennemie au port avec du carburant enflammé) aurait une chance de passer dans les instances dirigeantes ou au sein du personnel de la Marine ? |
Ce n'est qu'une version contemporaine de la tactique des brulots, employée de longue date dans la Royale. Il existait même un grade d'officier correspondant (Capitaine de Brulot) qui fut supprimé par ordonnance royale en 1786... |
Dans le contexte de la 2e GM, est-ce envisageable ? Il faudra aussi tenir compte du côté politique. La terreur aveugle (on pense aux bombardements sur Rotterdam ou Guernica), c'est une spécialité du camp d'en face (bon, évidemment, ça ne sera plus le cas par suite...). _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3659 Localisation: Le Creusot, France
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 12:02 Sujet du message: |
|
|
| loic a écrit: | | Dans le contexte de la 2e GM, est-ce envisageable ? Il faudra aussi tenir compte du côté politique. La terreur aveugle (on pense aux bombardements sur Rotterdam ou Guernica), c'est une spécialité du camp d'en face (bon, évidemment, ça ne sera plus le cas par suite...). |
Bah ! Il ne faut pas surestimer les « bienfaits » du Sursaut, les militaires et les hommes politiques resteront ce qu'ils étaient et tant qu'il ne pourra leur être reproché de violer outrageusement les conventions de Genève (et quand bien même pour certains...), ils feront ce que leur dictera l'efficacité opérationnelle plus que leur conscience. Après tout, c'est une réelle cible militaire.
D'autre part, l'opération ne sera pas connue de grand monde, au niveau politique : le Comité de la Défense nationale uniquement. Si Blum est dedans, il va certainement s'en offusquer mais les autres... Je ne vois pas les militaires soulever ce problème moral. Et puis il argueront que le pétrole n'escaladera pas les quais et que l'incendie ne concernera initialement que les navires et embarcations même si c'est un vœux pieux, surtout si on attend de profiter d'un vent soufflant vers la terre pour être sûr que le pétrole enflammé aille bien dans la bonne direction.
Enfin, on est en plein dans le blitz sur Tunis et la campagne de France a laissé de très mauvais souvenirs, je doute que beaucoup y voit autre chose qu'une riposte proportionnée. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Capu Rossu

Inscrit le: 22 Oct 2011 Messages: 2898 Localisation: Mittlemeerküstenfront
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 12:03 Sujet du message: |
|
|
Bonjour,
Frégaton a écrit :
| Citation: | Archibald a écrit:
| Citation: | Me suis toujours demandé si il y aurait eu moyen de créer des bombes flottantes artificielles, pour refaire Halifax 1917 mais de manière délibérée.
|
On peut également penser au drame de l'Ocean Liberty à Brest en juillet 1947:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Explosion_de_l%27Ocean_Liberty |
Et aussi à l'explosion du liberty Grandcamp de la Transat à Texas City le 16 avril 1947
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Texas_City
@+
Capu _________________ Aux Postes de Propreté - Mouillé, c'est lavé ! Lavé, c'est propre ! - Rompre des Postes de Propreté |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11756
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 12:07 Sujet du message: |
|
|
Je rappelle qu'OTL des villes comme Caen et Brest ont été massivement bombardés par les Alliés, détruisant des églises, des monuments classés, des milliers d'habitations et tuant des centaines de civils... sans que la question morale ou le droit ait le droit à plus qu'une note en bas de page.
Pourquoi les choses seraient différentes en FTL.
Peut-être le savez-vous, mais les premières torpilles n'étaient pas autonomes. La torpille est une invention... médiévale. Après la découverte de la poudre à canon, cette technologie fut adaptée à la guerre navale sous différentes formes. Le canon de marine est la plus évidente, mais la première torpille est apparue sous la forme d'une sorte d'éperon (comme sur les galères). Au lieu d'une pointe, il y avait à l'extrémité un mélange incendiaire/ explosif en deux ampoules séparées. Le choc de la torpille avec la coque d'un autre navire provoquait le bris des deux capsules qui se mélangeaient et explosaient spontanément.
Les torpilles évoluèrent au cours des siècles. A l'époque de la Guerre de Sécession, les marines des deux camps plantaient des torpilles en eaux peu profondes pour couler les navires ennemis (une première forme de mine, en fait).
Vous avez lu "L'ïle Mystérieuse" de Jules Vernes? Le navire pirate Botany Bay est détruit par une torpille de ce type planté dans l'estuaire du fleuve par le capitaine Némo. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3659 Localisation: Le Creusot, France
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 14:28 Sujet du message: |
|
|
On peut aussi penser à l'opération Chariot le 27 mars 1942 contre la forme Joubert de Saint-Nazaire.
Il y a une longue liste d'explosions industrielles qui aurait pu inspirer l'utilisation de brûlots ou de navires piégés :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27explosions_accidentelles_impliquant_du_nitrate_d%27ammonium
Et puis le SS Fort Stikine à Bombay 1944
https://fr.wikipedia.org/wiki/Explosion_de_Bombay_de_1944
Si vous voulez un navire piégé « spécialisé », on peut imaginer un semi-submersible pour la discrétion, émergeant pour maximiser l'effet de l'explosion.
Ses caractéristiques seraient : longueur : 80 m, bau : 10 m, tirant d'eau minimum : 2 m, tirant d'eau submergé : 6 m.
Un rapide calcul de coin de table me donne de 1.300 t de déplacement en surface (dont la moitié d'explosifs) et près de 4.000 t submergé (pont au ras de l'eau).
Avec une machinerie de 500 cv (un diesel pour la discrétion visuelle et limiter l'équipage), une hélice en carton-pâte, on doit pouvoir atteindre 10 nœuds émergé, quelque chose comme huit nœuds submergé (à la grosse louche).
Un kiosque de navigation et commande moteur, un capitaine-navigateur-radio, un timonier, un mécanicien, un canot automobile à la poupe (ou deux, faudrait pas qu'on soit bloqué par une panne).
Un tel navire « jetable » serait certainement pas beaucoup plus long à construire que remettre en état des pétroliers pourris...
Mais quelqu'un aura-t-il l'idée à l'époque ? _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10613 Localisation: Toulouse (à peu près)
|
Posté le: Lun Sep 01, 2025 14:47 Sujet du message: |
|
|
Au-delà du drame, on imagine les lingots d'or projetés dans les airs... (voir Wiki anglais).
FTL, cet incident se produira-t-il ? Il semble qu'une restriction empêchait le transport du coton (chargé au Pakistan) par le rail jusqu'à Bombay et que l'incendie se soit déclenché justement dans ce chargement (sous les explosifs...).
Sinon, ajout d'une mention dans la chrono ? _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
DMZ

Inscrit le: 03 Nov 2015 Messages: 3659 Localisation: Le Creusot, France
|
Posté le: Mar Sep 02, 2025 04:48 Sujet du message: |
|
|
| loic a écrit: | Le War Nawab, pas joli joli...
 |
Bof, la rouille, on s'en tape, c'est l'état de la machine qui compte...
L'opération Lucid pourrait donner quelque chose comme :
17 janvier
Opération Merkur – Préludes
Méditerranée occidentale – Les avions de reconnaissance du GR II/33 détectent une concentration de petits bâtiments sur la côte italienne. Les vols suivant montreront que ces déploiement vont de Savone à Naples.
On se souvient alors à l’Amirauté de l’opération Lucid que les Anglais voulaient lancer vers les ports du Pas-de-Calais. Ne serait-il pas possible de la réactiver vers l'un de ces port montrant une certaine activité inhabituelle ?
23 janvier
Opération Merkur – Préludes
Londres – Une réunion franco-britannique a lieu à Londres à laquelle assiste exceptionnellement – il est maintenant chargé de trouver des solutions aux très importantes pertes subies par les convois côtiers autour de la Grande-Bretagne – le Captain Augustus Agar qui commandait l’opération Lucid. Les préparatifs de celle-ci sont décrits dans les détails et il est précisé que trois vieux pétroliers désarmés avaient commencé à être remis en état pour servir de brûlots. « Avec l’abandon de l’opération pour les raisons que vous savez, messieurs les Français, ces navires ont été récupérés par la RFA, la Royal Fleet Auxiliary, il faudrait voir ce qu’ils sont devenus et s’ils sont disponibles mais ce n’est plus de mon ressort ». Renseignement pris, le War Nawab sert de dépôt de carburant et les deux autres, War Nizam et Oakfield, doivent reprendre du service comme caboteurs. L’amirauté britannique acceptera que le War Nizam soit transféré en Méditerranée pour la réactivation de l’opération Lucid qui prendra le nom de Ludion en AFN. L’ancien adjoint d’Agar, Morgan Morgan-Giles, sera détaché à Alger pour passer l'expérience acquise aux marins français. Il ira ensuite en Égypte pour participer à la campagne contre les mines magnétiques qui commencent à poser problème dans le canal de Suez.
29 janvier
Opération Merkur – Préludes
Bristol – Le pétrolier War Nizam, destiné à l’opération Ludion d’envoi de brûlot contre un port italien, est intégré à un convoi lent à destination d’Alger.
15 février
Opération Ludion – Préludes
Alger – Arrivée du convoi lent incluant le War Nizam qui va être préparé pour sa mission. En raison des risques inhérents à sa future létale cargaison, il est décidé que le chargement des explosifs se fera à Bougie pour éviter un désastre dans la capitale de la France en exil en cas de bombardement de l’Axe. Le petit port kabyle a beaucoup moins de chance d’être l’objet de coupables attentions de la part de l’ennemi et l'état extérieur pitoyable du vieux pétrolier sera sa meilleure protection.
20 février
Opération Ludion – Préludes
Bougie – Le War Nizam est prêt à l’action, sa cargaison incendiaire et ses explosifs chargés. L’équipage a répété les actions à réaliser, armement des explosifs, évacuation dans le canot automobile et attend d’en découdre. Naples étant à plus d’un jour de navigation à partir de Cagliari, cette cible a été abandonnée car les chances d’éviter la détection sont beaucoup trop faibles. Savone et Gènes risquent d'être trop défendus. La Spezia est inaccessible avec son filet anti-sous-marins. Portoferraio est à six heures du cap Corse, le trajet est réalisable dans nuit, c’est ce port qui sera visé bien que plusieurs responsables se soient offusqués de porter atteinte à l'œuvre de Napoléon. Le navire est envoyé vers la Corse où il attendra une occasion favorable dans le golfe de Saint-Florent où il ne devrait pas trop attirer l'attention de l'Axe.
Mais c'est trop tard, l'opération sera annulée...
Dates à adapter, bien sûr. _________________ « Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte. » « Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort. » Giuseppe Garibaldi |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|