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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12868 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Mai 10, 2024 19:34 Sujet du message: |
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Merci Anaxagore, mais je n'ai que peu de mérite. Un petit travail de traduction synthèse sur des sources achetées, que j'ai souhaité présenter pour tuer dans l'oeuf toute future contestation sur les engagements à venir (oui, je dis les termes). Et puis, ca met les choses au clair, pose les bases, permets de rectifier 3 erreurs.
Et sinon, j'ai oublié le Tas Rohamlöveg. Cette machine n'existe pas.
Et attention, chers amis. Ce n'est pas fini ! _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3968 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Mai 10, 2024 19:41 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Et sinon, j'ai oublié le Tas Rohamlöveg. |
Et bien sûr le Tas Deferaïh. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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FREGATON

Inscrit le: 06 Avr 2007 Messages: 5104 Localisation: La Baule
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Posté le: Ven Mai 10, 2024 20:01 Sujet du message: |
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| Hendryk a écrit: | | Et bien sûr le Tas Deferaïh. |
Imby va surement en faire une maquette de celui-là...  _________________ La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils. |
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Wardog1

Inscrit le: 29 Aoû 2015 Messages: 1234 Localisation: Puy de Dome,France
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Posté le: Ven Mai 10, 2024 20:37 Sujet du message: |
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Sans oublier la version japonais le Tas Thamie _________________ "You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."
Larry Foulke |
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Imberator
Inscrit le: 20 Mai 2014 Messages: 5616 Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 06:02 Sujet du message: |
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Puisque c'est comme ça je vais me coucher. _________________ Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable ! |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15396 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 08:31 Sujet du message: |
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Les capacités de la Honvèd vues avec réalisme : les canons automoteurs
Lors d’une visite d’une délégation hongroise le 3 décembre 1936 dans les locaux de l’industriel suédois Landsverk AB – afin d’évoquer le futur char Toldi I – un film est projeté aux négociateurs. Parmi les nombreux véhicules présentés d’une manière évidemment très commerciale, l’un attire en particulier l’attention : le Landsverk L62, un char anti-aérien armé d’un canon Bofors L/60 de 40 mm.
L’engin impressionne, et à plus d’un titre. Sa mobilité comme son châssis sont ceux du L60, futur Toldi hongrois. Sa tourelle, spacieuse et bien conçue, offre aux 4 membres d’équipages le moyen de travailler vite et rapidement, pour alimenter une pièce qui – à cette date – est en mesure d’engager tous les blindés et la totalité des avions jusqu’à 2 500 mètres. De loin et avec les yeux de la foi, le Landsverk L62 semble très proche de l’arme absolue. Et même si aucune décision n’est évidemment prise sur un coin de table, la délégation ne manque pas de faire remonter assez vite vers Budapest la pertinence comme la disponibilité de cet engin, lui aussi assurément fabricable sous licence.
Cette licence est acquise par MAVAG en 1937, avec un exemplaire témoin. Une fois encore, le processus de négociation s’avère particulièrement lent, tant du fait des inévitables contingences commerciales que du fait des multiples modifications que la Honvèd exige : tourelle rallongée pour un cinquième servant, bouclier additionnel pour fermer la tourelle quand le canon s’élève… Finalement, le prototype arrive à Budapest en décembre 1938, mais sans armement – ce qui n’est toutefois qu’un désagrément mineur, car la Honvèd dispose de nombreux Bofors dans son parc, produits en Hongrie sous la dénomination 36.M.
Le véhicule ainsi équipé est testé tout le mois d’août 1939 – le retour s’avère pleinement satisfaisant, avec une conduite jugée simple et une mobilité (toujours cette obsession cavalière) concluante. L’armement est adéquat, le tir sans vibrations. Il est cependant demandé une rehausse de la tourelle, un viseur spécifique aux engagements antichars et… une version non armée, pour la télémétrie, la radio et le transport de munitions.
Sur ces bases, le HTI remodèle les plans du L62 – donnant ainsi naissance au prestigieux (au moins de par son patronyme biblique !) 40.M Nimrod.
Un chasseur mal chaussé : le 40.M Nimrod
Tous ces aménagements coûtent cependant – et une fois encore – du temps. Et encore, pour tenir ses délais, le HTI renonce à la version non armée comme au viseur spécifique (officiellement afin de ne pas trop détourner le véhicule de son usage principal, anti-aérien). Quant à la radio, elle sera réservée aux chefs de section !
On le comprend, l’indécision règne – et jusque dans la désignation du Nimrod : “Chasseur de char – Canon automoteur anti-aérien”. Ceci étant, en dépit de tous ces errements, le royaume magyar commande finalement 46 exemplaires du 40.M, persuadé de leur trouver de toute façon une utilité. L’ordre est passé en octobre 1940. Trois ans ont donc été perdus pour rien.
Evidemment, l’intégration du Nimrod sur les chaînes des usines magyares – d’expérience limitée et déjà surchargées par les Toldi – ne pouvait qu’être lente. Dans un louable mais tardif souci d’efficacité, la firme Ganz est la seule en charge ici. Elle met pourtant à sa tâche une ardeur incertaine, qui transparaît dans les chiffres : 10 exemplaires en novembre, 10 autres en décembre… puis plus rien. Il faut attendre mai 1942 pour que l’ensemble de la commande soit honorée.
Et ces véhicules sont loin d’être opérationnels ! Ce n’est qu’en août 1942 qu’un premier contingent de 18 (ou 19 ?) Nimrod soit officiellement perçu par son unité, la future 2e Division Blindée hongroise. Du coup, les Nimrod restent sur le territoire national et ne font pas grand-chose pendant presque toute l’année 1942 – les photos les montrent sur le site de la caserne d’infanterie François-Joseph (Budapest) dans un état impeccable, avec de très fréquents lavages des trains de roulement, voire des chenilles. Au même moment, les forces mécanisées de la 1ère Pancelos Hadosztaly galèrent avec leurs Toldi I face aux T-34…
Cette pénible situation n’empêche pas le ministère de la Défense hongrois de commander dès juillet 1942 89 autres Nimrod, encore plus fortement persuadé qu’auparavant que ceux-ci seront nécessaires à ses troupes. Seuls 71 seront produits, entre février 1943 et février 1944. Peu de choses semblent avoir distingué les deux séries, hormis la remotorisation de la seconde avec des moteurs hongrois Ganz VIII VGT 107 (155 chevaux) – les Allemands ne fournissant plus de Büssing – et la généralisation mainte fois repoussée de la radio.
Les Nimrod enfin opérationnels et “bons de guerre”, reste simplement à trouver comment les utiliser. On l’a vu, la doctrine quant à l’emploi de cet engin est ambiguë, voire carrément la définition du rôle de l’engin en lui-même. Après force hésitations, et sans aucun déploiement préalable sur le terrain, l’état-major hongrois recommande la création de sections de deux Nimrod avec un camion de commandement radio équipé d’un télémètre, pour la coordination avec les centres de défense aérienne. De longues manœuvres seront menées en guise d’essais, avec des avions MAVAG Héja ou des Junkers 86… Mais cette vision quelque peu bureaucratique du combat anti-aérien ne sera jamais mise en application dans les faits.
La raison en est simple : sitôt (et enfin) l’engin engagé, en septembre 1942 au sud de l’Ukraine, l’état-major de la Honvèd opère un virage complet, et avec un certain pragmatisme, sur le rôle que doit jouer le Nimrod. L’armée hongroise a besoin d’un chasseur de char avec une bonne cadence de tir ? Nous l’avons justement sous la main ! La défense contre l’aviation vient en second. A ce sujet, il est très regrettable qu’en raison de médiocres querelles de chapelle, les unités de Nimrod n’emploient aucun membre des forces anti-aériennes, mais seulement des forces mécanisées (15)… Du coup, quand il s’agira effectivement de chasser le Sturmovik, l’efficacité des personnels novices, à peine formés à Ludovika, s’en ressentira.
Engagés dans le secteur de Jaskhiv lors de l’opération Typhon, les Nimrod du 51e Bataillon antichar déchantent vite. La visibilité est insuffisante, la silhouette surélevée de l’engin en fait une belle cible, tandis que l’absence de toit constitue (à juste titre) une source d’une grande inquiétude pour l’équipage. Sans parler de la pluie, du gel et de la neige qui s’infiltrent partout. On peut aussi ajouter que, depuis octobre 1940, personne n’a pris la peine d’ajouter enfin un viseur pour cible au sol (16) ! Un seul T-34 paraît avoir été neutralisé par les 40.M, d’un tir chanceux sur l’optique, contre 15 Nimrod perdus. Définitivement jugé doué pour tout mais capable de rien en pratique, le Nimrod a le châssis entre deux chaises. Et il pèse lourd…
Malgré l’arrivée tardive de munitions antichars (obus incendiaire APBC-TI, puis 43. Magvaspáncélgránátot en acier durci – tous deux nés comme projectiles AA ! – et surtout 42. Magvaspáncélrobbbantógránát, capable de percer 180 mm à 100 m), l’engin ne connaitra jamais qu’un succès partiel en appui terrestre.
Et pour ce qui est de l’anti-aérien… Non synchronisés avec les centres de veille, commandés par des chefs de batterie à terre, parfois accompagnés d’un télémètre, avec des équipages peu ou pas formés, les Nimrod n’obtiennent que fort peu de résultats (40 victoires revendiquées seulement durant tout l’hiver 42-43). Une variante “ambulance” avec des infirmiers en lieu et place des tireurs et radios est par ailleurs improvisée et réalisée en trois exemplaires.
Les engins de la première série sont tous détruits durant Koutouzov, ou dans les combats consécutifs à la tentative de retournement du 13 avril. Leurs remplaçants, pour leur part, connaitront les affres des combats pour le nord de la Transylvanie. Quant aux ultimes Nimrod de la seconde série, gardés en réserve autour de Budapest par un gouvernement hongrois pas assez prudent, ils ne feront rien face aux Löwe nazis puis subiront le sort commun durant le siège à venir.
Caractéristiques du 40.M Nimrod
Longueur : 5,23 m ; largeur : 2,14 m ; hauteur : 2,84 m. Poids en ordre de bataille : 10,5 t.
Blindage : frontal 13 mm en caisse et en tourelle, latéral 6 mm en caisse comme en tourelle, supérieur 0 et arrière 5 mm.
Motorisation : Büssing NAG L8 V/36 T (155 chevaux) puis Ganz VIII VGT 107 (155 chevaux).
Performances : vitesse maximum sur route 46,5 km/h ; franchissement : en coupure verticale 0,6 m, en coupure franche 0,8 m, à gué 2,2 m. Autonomie sur route 200 km.
Armement : 1 canon Bofors de 40 mm L/60.
Un succès, enfin : le 43.M Zrínyi II
Les petites escarmouches de l’année 1939 en Transcarpathie n’ayant fait qu’acter le manque d’engins blindés pouvant réduire des points d’appui fortifiés, et la spectaculaire démonstration allemande au printemps-été 1940 entérinant sa conviction que l’avenir est à l’artillerie mobile, l’état-major de la Honvèd recherche dès l’hiver 1940 le moyen de créer un genre d’équivalent local du StuG III Ausf. B.
Cette demande fera l’objet d’une étude de faisabilité du commandement de l’artillerie, émise le 25 février 1941. Sont demandés : une puissante pièce d’appui à l’infanterie, un châssis stable et de bonnes capacités manœuvrières. Les désastres de Barbarossa, qui voient de frêles Toldi pulvérisés en plein élan par les KV et bien incapables d’aider l’infanterie, ne font que renforcer le besoin d’une alternative aux canons tractés, par camions ou hippomobiles. La Honvèd a besoin d’un canon automoteur !
Avec la volonté d’aller vite, le bureau de planification des équipements terrestres du ministère de la Défense réalise en interne un avant-projet, transmis tel que aux usines Weiss Manfred, qui aura pour tâche de construire le prototype avec une équipe de développement mixte (civile-militaire), sous le commandement d’un général (M. Denk-Doroszlay) chargé spécifiquement de coordonner l’opération. C’est dire l’importance qu’on y attache !
Une fois encore, János Korbuly est à la manœuvre pour les plans d’exécution. Deux variantes sont envisagées, toutes deux baptisées Zrínyi (17) et basées sur le châssis d’un Turán : un engin antichar de 75 ou 80 mm (d’origine allemande ou AA) et un canon d’assaut avec un tube de 105 mm. C’est la seconde version, dite Zrínyi II, qui est jugée prioritaire : une maquette en bois est finalisée dès septembre 1942, validée et le prototype sur châssis de 40.M Turán I est considéré comme terminé le 28 décembre 1942. Trois mois, un record !
Le Zrínyi II présente toutes les caractéristiques attendues d’un canon d’assaut : bas (1,90 m, plus bas qu’un StuG), d’allure ramassée et doté d’un blindage respectable (75 mm en frontal, grâce à trois tôles superposées) quoique riveté (18). De surcroît, l’engin est très mobile, grâce à son moteur Weiss Manfred dV-8 de 260 chevaux, lequel encaisse sans trop de difficulté les 2,6 tonnes supplémentaires par rapport au poids d’un Turán (19), et grâce à une boîte à trois vitesses avant/arrière. Le Zrínyi II tourne aussi bien plus serré que son prédécesseur (4 m contre 12 pour le Turán). Il est armé d’un obusier MAVAG 40-43.M de 105 mm à culasse semi-automatique doté de 120 obus (20) à charge propulsive séparée – d’où un maniement complexe. Dépourvu de toute mitrailleuse, le Zrínyi II compte pour se défendre face à l’infanterie sur ses obus éblouissants/fumigènes 38/33.M et sur… trois pistolets mitrailleurs en dotation réglementaire. Un choix parfaitement en ligne avec la doctrine allemande ! Enfin, il est pourvu de tous les équipements de communication radio et de l’interphone qui manque tant à certains Turán. Bref, le Zrínyi II semble être une réussite complète. Et de fait, c’est un excellent véhicule d’appui. Mais hélas un très mauvais chasseur de char…
Le prototype est rapidement testé à l’école d’artillerie d’Hajmásker. Dès le 12 janvier 1943, il est considéré concluant, hormis quelques modifications pour une fois mineures (pointage mécanique au lieu du système pneumatique initial…). Si d’aucuns regrettent son manque de punch antichar, nécessité fait loi. Dès le 3 février, 40 exemplaires sont commandés à trois industriels en groupement : MAVAG (le canon), Weiss Manfred (l’assemblage) et Ozdi (le blindage). Mais Ozdi ne parvenant pas à livrer les plaques prévues à temps, les trois premiers exemplaires ne sont achevés qu’en septembre 1943… et encore, avec un blindage en acier doux, donc inaptes aux combats ! Ils seront conservés au 1er Escadron d’artillerie d’assaut pour la formation de cette nouvelle arme sous la direction de quatre officiers d’artillerie qui ont suivi dès janvier 1943 un cours accéléré à l’école des Sturmgeschütz de Jüterborg (21) …
Il faut attendre octobre 1943 pour que les dix premiers exemplaires utilisables du Zrínyi II sortent enfin des chaînes. Ce chiffre mensuel se maintiendra jusqu’en février 1944. Ensuite, les archives (partiellement détruites) évoquent un projet de montée en cadence (90 en 1944, 160 en 1945…). Mais il n’en sera rien. De fait, dès avril 1944, les bombardements, les pénuries comme la situation politique hongroise entrainent l’arrêt de la production, après 62 exemplaires seulement.
Quant à la version antichar à canon 43.M de 75 mm (le 44.M Zrínyi I, directement inspiré des StuG antichars à Pak 40), elle ne verra jamais le jour, en dépit des suppliques du commandement hongrois – lequel demandait carrément l’arrêt du Turán (voire du Zrínyi II !) au profit du Zrínyi I. De toute façon, et rétrospectivement, le canon 43.M n’aurait sans doute pas pu être produit avant l’automne 1944, faute d’acier approprié, tandis que les munitions auraient dû venir d’Allemagne. Selon certaines sources, un prototype démonstrateur aurait été produit en décembre 1943. Dépourvu de pièce, il aurait été finalement équipé en hâte d’un obusier de 105 mm comme tous les autres puis envoyé au front, où l’on perd sa trace. Seule une plaque supplémentaire portant le blindage frontal à 100 mm le distinguerait de ses cousins.
Dans l’urgence, les Zrínyi II sont engagés au fil de l’eau avec des modifications mineures : un seul épiscope au lieu des deux prévus, suppression de l’ouverture à la gauche du canon, modifications de trappes pour utilisation de l’optique sans exposer le personnel… et surtout ajout quasi-systématique de jupes de protection de 8 mm analogues à celles des Turán II, qui connaitront des faveurs diverses (22). Un engin (visible sur un film d’archives) parait avoir été équipé de six lance-roquettes 43.M Sorozatvetö, sans qu’il soit certain qu’il ne s’agisse pas d’une simple improvisation pour transport.
La majorité de ces engins seront détruits durant la déferlante soviétique de juillet 1944, en dépit d’actions souvent efficaces aux côtés des forces allemandes (le 25 juin, un Zrínyi revendique ainsi huit T-34 attaquant sa position). En deux mois, le 1er Bataillon perd ainsi 75 % de ses effectifs. Les survivants finiront coincés dans les rues de Budapest, dos au mur dans un combat sans espoir où ils feront, une fois encore, étonnamment bonne figure, jusqu’au sabordage (23).
Lors de leur assaut de l’est hongrois, les forces soviétiques saisiront en juillet 1944 aux usines Ganz six Zrínyi II dans des états d’avancement divers, issus de pièces détachées récupérées sur des épaves. Ils seront bien sûr ferraillés. Quant à la raison du choix de Zrínyi II au lieu de Zrínyi I pour un engin pourtant sorti des chaînes en premier, elle n’a jamais été éclaircie.
Caractéristiques du 43.M Zrínyi II
Longueur : 5,55 m ; largeur : 2,9 m ; hauteur : 1,9 m. Poids en ordre de bataille : 21,6 t.
Blindage : frontal 75 mm, latéral 25 mm, supérieur 13 mm et arrière 25 mm.
Motorisation : Weiss Manfred V-8 H (260 chevaux).
Performances : vitesse maximum sur route 43 km/h ; franchissement : en coupure verticale 0,8 m, en coupure franche 1,75 m, à gué 0,9 m. Autonomie sur route 220 km.
Armement : 1 canon MAVAG 40/43.M de 105 mm avec 120 coups.
L’arme du désespoir : le Toldi Buzogányvetö
Un cliché de l’armée britannique pris en août 1944 dans le secteur de Zalaegerszeg présente un 38.M Toldi II modifié, avec deux fusées antichars 44.M Buzogányvetö sur tourelle. Ce bricolage assemblant un antichar mobile (sinon portatif) et un blindé hors d’âge n’a pas prospéré – d’autant qu’aucun de ses deux composants n’était plus produit à cette période.
Les tentatives de contrefaçon : le Toldi páncélvadász et les chars de prise
Admirative des improvisations allemandes en matière de chasseurs de char – les fameux Marder – et recherchant désespérément, comme on l’a vu plus haut, le moyen de stopper les T-34, la Honvèd réussit à obtenir un SdKfz.131 Marder II de la Wehrmacht (en prêt uniquement !) qui est envoyé à Budapest pour analyse.
Démontant minutieusement sa pièce Pak 40, les Hongrois tentent de l’adapter au châssis d’un 38.M Toldi I en réparation, avec une casemate inspirée du Marder, mais dont l’efficacité n’est pas optimale. Ainsi, par exemple, le casier de rangement bloque l’accès au moteur… Faute de pièces antichars disponibles et (aussi) au vu de la trop petite taille du châssis, la tentative n’ira pas plus loin. La pièce sera remontée sur son Panzer II et renvoyée vers l’Allemagne sans autre forme de procès.
Pour être complet, signalons également ici la présence documentée dans les ateliers hongrois de quelques engins soviétiques de prise – deux T-70, un T-40, un T-60, un KV-1 récupéré en panne, sept chenillettes T-27, deux chenillettes T-20 servant de tracteurs d’artillerie, une BA-20 vue dans un parc à camions à Mátyáföld et deux BA-10 exposées parmi d’autres à Budapest à la foire d’août 1943… et dont un exemplaire sera revu le 13 avril 1944 à un barrage, peint en beige et portant une croix blanche ! La plupart serviront sans doute à des fins d’évaluation, actant l’infériorité manifeste des blindés hongrois. Après la chute de Budapest, les Soviétiques retrouveront aussi des T-60 et un R-35 roumains, ainsi que plusieurs épaves sur les champs de tir.
Notes
15- La raison officiellement avancée sera la crainte de « détourner » (sic !) le Nimrod de sa nouvelle mission d’appui-feu antichar – soit le miroir exact du prétexte qui avait fait autrefois refuser des viseurs AT.
16- Un équipement ad hoc développé par les officiers de l’unité sera refusé obstinément par le HTI, pour des raisons jamais éclaircies. Ce qui n’empêchera pas les intéressés de l’utiliser.
17- Du nom d’un chevalier ayant combattu les Turcs au XVIIe siècle.
18- Ce qui pose en passant un autre problème : sous les impacts, les rivets ont tendance à se détacher et à aller mitrailler l’intérieur de l’habitacle.
19- Les ponts en bois de Transylvanie, un peu moins – de nombreux ponts céderont sous ce gros scarabée.
20- Dans les faits, 52 seulement en moyenne, ces munitions étant partagées avec les Le.FG de 105 mm en dotation dans l’artillerie tractée.
21- L’instruction des équipages se fera à Hajmáskér, comme de coutume (trois semaines de base avant perfectionnement sur Zrínyi ou Turán).
22- Tantôt détestées (la 1ère Batterie du 1er Bataillon s’en débarrasse en un mois, jugeant que les débris s’y coincent et que la boue s’y amasse), tantôt louées. Lors d’un échange de tirs en juin 1944 durant Schwabenwall, la 1ère Batterie du 3e Bataillon est prise à partie par des 152 mm, lesquels détruisent toutes les armes, sauf les Zrínyi. Tous les éclats se sont logés dans les grillages, l’optique comme les radios n’ont rien. Le lieutenant Tibor Rátz avouera bien plus tard avoir été « très surpris ».
23- Un Zrínyi aurait atteint Vienne, mais son destin final reste inconnu. |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11798
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 09:17 Sujet du message: |
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Je me moquerais bien de l'indécision chronique des Hongrois mais... vu que l'Europe contemporaine n'a pas fait mieux et que nous sommes à présent tout aussi désarmé et peu préparé à la guerre... vaux mieux ne rien dire.  _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4390 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 12:29 Sujet du message: |
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| Hendryk a écrit: | | Et bien sûr le Tas Deferaïh. | Sans oublier le modèle le plus répandu : le char Abia _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3968 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 14:13 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Parmi les nombreux véhicules présentés d’une manière évidemment très commerciale, l’un attire en particulier l’attention : le Landsverk L62, un char anti-aérien armé d’un canon Bofors L/60 de 40 mm. |
Indépendamment des défauts de conception du Nimrod et des errements doctrinaux pour son utilisation, est-ce que l'idée d'utiliser le Bofors comme arme antichar était bonne? En gros, est-ce que monté sur un meilleur engin, il aurait été efficace dans un tel rôle?
Pour l'anecdote, concernant le nom "Nimrod", Bugs Bunny est plus fort que la Bible: du fait qu'il surnommait ironiquement Elmer Fudd de ce sobriquet, pour la culture populaire anglophone, Nimrod est devenu synonyme d'idiot.
 _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12868 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 14:44 Sujet du message: |
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Alors ca vous plait ? Toute cette annexe a aussi peut-être à voir avec ces quelques éléments que j'ai dans ma réserve pourun futur diorama Budapest 45. Je les mets, ca fera illustration.
Le Landsverk L62. Ou comment ne jamais acheter une voiture sur un coup de coeur vieux de 3 ans. L'engin servira en Finlande.
Le Nimrod donc. Je puis sembler un peu dur avec lui. L'engin n'est pas mauvais en soi. Juste ancien et dans le fond, personne ne sait quoi en faire ...
Du coup, ils font du rien dans la caserne.
En tout cas, il fait attraction.
Et rendent bien sur la photo.
Enfin, jusqu'à sa destruction.
A Kubinka. Dommage qu'on puisse plus y aller. Tiens, y a un Zrínyi II derrière !
Le Zrínyi II, justement. Cet engin était quand même pas mal une réussite.
Très trappu.
Un peu trop peut-être...
Vous voyez que ca sert, les jupes de protections !
Et le Le Zrínyi I, donc, qui n'exista jamais faute de pièce.
Le Toldi Buzogányvetö. Un bricolage, mentionné pour mémoire ...
Le Toldi páncélvadász. N'est pas chinwa qui veut.
Et quelques chars capturés... En tout cas, le public est charmant.
Reste un dernier chapitre, demain, de conclusion  _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12868 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 14:47 Sujet du message: |
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| Hendryk a écrit: | | Casus Frankie a écrit: | | Parmi les nombreux véhicules présentés d’une manière évidemment très commerciale, l’un attire en particulier l’attention : le Landsverk L62, un char anti-aérien armé d’un canon Bofors L/60 de 40 mm. |
Indépendamment des défauts de conception du Nimrod et des errements doctrinaux pour son utilisation, est-ce que l'idée d'utiliser le Bofors comme arme antichar était bonne? En gros, est-ce que monté sur un meilleur engin, il aurait été efficace dans un tel rôle?
Pour l'anecdote, concernant le nom "Nimrod", Bugs Bunny est plus fort que la Bible: du fait qu'il surnommait ironiquement Elmer Fudd de ce sobriquet, pour la culture populaire anglophone, Nimrod est devenu synonyme d'idiot.
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En 1937, sans doute. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
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Elan Vital
Inscrit le: 11 Mai 2023 Messages: 91
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 17:45 Sujet du message: |
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Il aurait fallu que les Hongrois renforcent considérablement leur maigre industrie pour espérer sortir des canons ou même des véhicules blindés en nombre, mais on peut difficilement leur reprocher d'avoir des difficultés étant donné qu'ils ont hérité de la partie la moins industrialisée de l'Empire Austro-Hongrois et que les machines outils produites en Europe ou importées des USA ont été majoritairement accaparées par l'Allemagne et les puissances alliées.
Si la conversion des usines tchèques pour des modèles allemands posait trop de difficultés, le mieux aurait été de constituer un complexe industriel Tchéco-Hongro-Roumain autour du Skoda T-21 ou de son concurrent (apparemment préféré par les tchèques et jugé plus fiable), le ST vz.39 de CKD, car les Roumains et les Hongrois avaient éprouvé de l'intérêt pour ces deux chars tchèques. Les Hongrois et les Roumains avaient des différents territoriaux qui limitent ce genre de coopération entre eux, par contre ils pouvaient néanmoins contribuer au complexe global même en ne coopérant individuellement qu'avec les Tchèques.
Pour les Toldi et Nimrod, il aurait été bon de lancer une première série correspondant aux modèles de base dès 36-37 avec des modifications minimales quitte à introduire les améliorations désirées par la Honved plus tard. D'ailleurs des essais de troupe en plus grand nombre auraient pu justement ajuster ces desiderata pour être plus cohérents.
Mais quoi qu'il en soit, un Zriniy II précoce conçu autour du canon AA de 8cm déjà en production constituait le matériel le plus viable à long terme. |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11798
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 17:49 Sujet du message: |
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| Elan Vital a écrit: |
Si la conversion des usines tchèques pour des modèles allemands posait trop de difficultés, le mieux aurait été de constituer un complexe industriel Tchéco-Hongro-Roumain autour du Skoda T-21 ou de son concurrent |
Euh... les Hongrois et les Roumains se détestent. Ils se détestent vraiment, ce que tu proposes a autant de sens que de proposer de créer un pôle industriel germano-français en 1935 pour créer des tanks et des canons. peut-être intéressant du stricte point de vue technologie... mais infaisable politiquement. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12868 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 17:54 Sujet du message: |
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Ne pas oublier les 3 soucis irréconciliables :
- volonté d'indépendance,
- incapacité à produire de l'acier,
- différents avec tous tes voisins,
Rajoute à cela une obsession manœuvrière et tu as la catastrophe des Toldi. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10662 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Sam Mai 11, 2024 22:07 Sujet du message: |
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| Citation: | | Ravalant sa fierté et décidant avec sagesse de s’inspirer des meilleurs parmi ceux qui le veulent bien |
Pas compris la fin de cette phrase... _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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