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Une histoire de flics, de spirites et de vélos, par HOUPS
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 10:46    Sujet du message: Une histoire de flics, de spirites et de vélos, par HOUPS Répondre en citant

Nous en sommes au 20 juin sur tous les fronts. Pendant que la période 21-30 juin pour la France, les Balkans et le front russe mitonnent, voici un bijou de Houps pour patienter.

Première partie
Où il sera question d’avoir mauvais esprit (ou pas)

Melun (Seine-et-Marne), mi-juin 1941.

N’ayant reçu aucune réponse à ses appels, pas plus qu’aux coups frappés à la porte dite vitrée, Félicien Lemerchu, inspecteur dont la promotion – en partie consécutive à la disparition de fonctionnaires en place pour cause de guerre – avait fait des jaloux – espèce qui fleurit à tout propos – jeta un œil interrogateur aux deux pandores, point jaloux, eux, qui l’accompagnaient. Sous les képis, il lui fut retourné en réponse une mimique empreinte d’une prudente et réglementaire polysémie. C’est donc assuré de ce soutien inconditionnel que leur supérieur pesa d’une main résignée sur le bec de cane, et de l’autre sur l’un des montants, ayant jugé que le verre, malgré sa consolidation par force couches de crasse, ne supporterait pas la poussée de ses mâles épaules. La peinture y succombait aux assauts de la rouille, tandis que sur le sol, mousse et plantules agressaient victorieusement un ciment en déroute.
Contrairement à ce que l’on pouvait en attendre, et à ce qu’en attendait le dépositaire de la force publique, la porte s’ouvrit sans bruit notable et suffisamment pour qu’il y engageât une tête prudente et une oreille inquisitrice, dans un ordre anatomiquement parfait. Rien de particulier et encore moins de possiblement dangereux ne se révéla, sinon des tégénaires, dont l’activité ne suscite généralement aucun déluge de décibels, occupées à rêver d’Amazonie. Il est vrai qu’il ne venait pas cueillir au saut du lit un dangereux malfrat ou, pire, un terroriste stipendié par les Anglais ou leurs traîtres complices d’Alger, mais « accompagner », oui, c’était cela, on le lui avait bien signifié : « accompagner », et ce avec un minimum de courtoisie, l’occupant des lieux appelé à se rendre, de surcroît, non pas au commissariat, mais bien plus curieusement chez les Allemands. Ce n’était donc pas une arrestation, c’était une invitation, non point au 21 rue Delaunoy, dont la réputation était en passe de glisser de sinistre à effroyable, mais à la FeldKommandantur, rien que ça ! Et pourquoi diable les Fridolins ne faisaient-ils pas, pour une fois, leurs commissions eux-mêmes ? La demande était curieuse, mais en bon fonctionnaire, Félicien s’en acquittait sans trop chercher à en savoir plus, ce à quoi on reconnaissait un homme d’expérience. Quand même, « invité », et chez ces Boches-là… ! Drôle d’époque !
Lui, dont on avait enfin fini par reconnaître les mérites, mérites qui devaient beaucoup à l’empressement dont il avait fait preuve pour se maintenir au sein de la police « normale » alors qu’on envisageait la création de nouvelles forces de l’Ordre Nouveau – il était de bon ton d’éviter « Nouvel Ordre », terme fâcheux qui prêtait à de mesquines confusions – lui, qui se rêvait toujours résolvant de ténébreuses affaires criminelles ou à la rigueur démantelant un réseau d’espions judéo-communistes, se demandait s’il avait fait le bon choix, car il n’avait eu jusque-là qu’à se contenter de banales affaires de marché noir à toute petite échelle (les gros poissons, intouchables, avaient déjà quasiment pignon sur rue) et de menus larcins, ou de contrôle des prostituées ou de louches « réfugiés », qui révélaient des familles déboussolées. On ne lui trouvait aucun vrai délit consistant pour lui permettre d’exprimer ses talents, il aurait aimé un bel homicide, de préférence commis par un mec, parce que c’est bien connu, les gonzesses usent du poison, il y faut des analyses, ça prend du temps, alors que les types, ça flingue, ça poignarde, ça étrangle, c’est plus spectaculaire, les baveux adorent. Il n’avait jamais bénéficié n’était-ce que d’un ou deux cambriolages et encore moins d’un braquage !
Et voilà que ce matin, cerise sur le gâteau – en des temps où les cerises se raréfiaient et les gâteaux maigrissaient – on se rappelait son existence pour lui demander d’inviter (inviter !) un peintre de seconde zone à le suivre. Et pourquoi pas avec un bouquet de fleurs, hein ? Pff ! « Peintre ! » Et même mieux : « artiste-peintre » ! « Artiste-peintre » cela voulait dire non pas un honnête artisan maniant queue de morue et pinceau à rechampir, mais un oisif occupé à barbouiller des toiles, tout en jetant des regards concupiscents sur de pas trop farouches donzelles, de surcroît un individu nanti de revenus d’origines diverses, forcément suspectes ! Parasite, oui ! Mais bon, apparemment le gonze avait attiré l’attention de « quelqu’un » sur lui, et les ordres étaient les ordres, n’est-ce pas ?
Après l’oreille, Lemerchu engagea le pied dans l’ouverture, suivi, l’espace d’un battement de cœur d’attente, par le reste de sa carcasse. Visiblement, l’endroit avait été autrefois un petit atelier de menuiserie : sous une épaisseur notable de poussière séculaire, un tour délaissé trônait sur un établi fort encombré. Son accompagnement de courroies disparaissait dans l’obscurité du plafond et les toiles d’araignées. Et à cet emplacement, il avait dû se trouver, en des temps immémoriaux, une scie à ruban, il y avait toute la place pour. Il se tourna. Un second établi courait sous les carreaux à la défunte transparence, avec son étau, et même son valet.
Dans le fatras accumulé sous ses yeux, le commissaire remarqua une pile de périodiques dont le premier exemplaire à sa portée se réclamait de La Revue Spirite daté de… 1936. La pile voisine, encore plus jaunie et encrassée, était dédiée à La Revue Scientifique et Morale du Spiritisme, si l’on se fiait à ce que l’on pouvait y déchiffrer. Ils cohabitaient avec une poignée d’exemplaires de L’Ami du Peuple, datés (pour ce qu’on en voyait à travers une épaisse couche de… choses qu’aucun curieux ne se serait risqué à violer), de l’année 1931.
Tout cela voisinait avec un méli-mélo de pots de peinture ou de vernis et de boîtes métalliques, munis ou non de leurs couvercles, d’un récipient en terre d’où émergeait un squelette végétal, et d’une soucoupe servant de nécropole à de grosses mouches noires. Sur la gauche, en entrant, le mur, avec un grand rectangle plus clair, sans doute l’emplacement d’un tableau à outils, et ça, ça devait être le râtelier à ciseaux. Tiens, il restait encore une scie dans ce coin, bien vu donc : un atelier de menuiserie. Il est vrai qu’avec l’empilement de planches et chutes dans la petite cour, difficile d’imaginer autre chose, hormis l’antre de quelque croque-mort, pourquoi pas ?
Au-delà de cet établi s’amorçait un couloir qu’il allait bien falloir emprunter. Sans autre échappatoire, le commissaire l’emprunta donc, les deux chaussettes à clous sur ses talons, assurant ses arrières et lui laissant humblement toute latitude pour se couvrir de gloire, on rendra hommage à cette abnégation. Il fit un pas en avant, tel Livingstone dans la jungle amérindienne – oui, Félicien n’était pas une pointure en géographie, le certif’ était loin, à l’époque, il l’avait quand même obtenu, même s’il était plus intéressé par la petite culotte pas toujours très propre de la Suzon que par les préfecture et sous-préfectures du Morbihan (dans l’ordre, Vannes, Lorient et Pontivy) – à défaut de sauvages emplumés, le danger pouvait surgir de n’importe où, sous forme d’un surin ou d’un flingue.
Il s’arrêta net, de même que ses deux renforts, tout ce joli monde alerté par un bruit tout aussi léger que soudain provenant de la pièce suivante, qui bénéficiait, elle aussi, de l’éclairage diurne, issu sans doute soit d’une autre verrière, soit de larges fenêtres. Plus transparentes, pas de doute là-dessus. Le trio s’avança sur la pointe de ses croquenots réglementaires, négligeant au passage une porte sur sa gauche, négligence fort peu professionnelle, mais qui trahissait le magnétisme que venait d’acquérir le rectangle lumineux sis devant six yeux affûtés et autant d’oreilles aux aguets.
Effectivement, par des panneaux encore transparents, là-haut, tout là-haut – bien pratique pour éviter de se cogner le crâne au plafond – laissant voir le ciel, les pigeons et la fumée d’une cheminée voisine, la lumière (et non simple clarté) du jour dégringolait sur un homme en robe de chambre passablement usagée assis sur un tabouret. Courbé au-dessus d’une table dont n’apparaissaient que les angles, il leur tournait le dos. Lui succédait un meuble dont les portes absentes accentuaient la commodité. Après l’espace vide (sauf à bien y regarder) du coin, la cloison faisant face à leur entrée disparaissait sous des gravures punaisées directement sur le mur nu, antédiluviennement blanchi à la chaux. Des gravures, mais aussi des affiches défraîchies, et des photos, dont certaines tirées de journaux, la majorité de cette décoration baignant dans un noir et blanc qui avait viré au grisâtre et bistre. L’une des photos les plus récentes, ou pouvant l’être, car moins atteinte, représentait une femme en pied couverte d’un long voile, partiellement intitulée « Savitri D… » – la suite de la légende étant recouverte par la gravure d’un cercle de grosses pierres, sans titre, puisque là aussi masqué par un cliché pitoyable de pyramides égyptiennes. Dans ce cas précis, on pouvait se passer d’une information somme toute superflue. Encombré d’une bouteille, d’une assiette et d’un bol, un guéridon occupait l’angle suivant. Le mur proche de l’inspecteur était partiellement dédié à des étagères accueillant conjointement de nouveaux récipients et des livres assez défraîchis.
Constatant que l’occupant des lieux était absorbé dans sa tâche au point de ne point les avoir entendus – surdité due à l’âge, peut-être – Félicien opta pour un classique toussotement, qui obtint le résultat escompté. En pantalon de velours côtelé râpé aux genoux et tricot de corps sous sa robe de chambre, le « peintre » se retourna, les yeux écarquillés derrière de grosses lunettes à monture d’écaille. Il tenait dans sa main droite un pinceau filiforme et dans la gauche une petite fiole. Félicien nota que pour compléter le tout, l’individu chaussait des charentaises en piteux état.
– Augustin Lajoie ?
– C’est mon autre nom, oui…
– Votre autre nom ?
– C’est toute une histoire. Mais entrez, messieurs, entrez ! Je vous attendais !
– Vous nous attendiez ?
– J’ai été prévenu de votre visite.
– Vous avez été prévenu de notre arrivée ?

Averti ? Et par qui donc ? L’inspecteur était passablement désarçonné par cette révélation on avait omis cette précision, pourtant bien utile. En chemin, il s’était interrogé : l’homme allait-il opposer quelque résistance ? Faudrait-il user de la force, comme souvent, alors qu’on lui avait bien spécifié qu’Augustin Lajoie devait être accompagné chez les Allemands (« accompagné », pas « conduit » ni même [/i]« amené »[/i], termes qui auraient sous-entendu une certaine fermeté). Des inquiétudes superflues, à en juger par le spectacle : on avait affaire à un original, même s’il fallait se méfier de l’eau qui dort.
– Oui, oui… Oh là là ! Excusez ma tenue, j’étais à peu près certain du jour, parce que, voyez-vous, le 17 août 1956, ça me semblait improbable. Mais alors, bien sûr, vous vous en doutez, pour l’heure, impossible d’avoir une idée !
Tout en disant cela, il avait posé culs de bouteille et instruments sur la table puis essuyé ses mains sur sa robe de chambre, qui en avait vu d’autres. L’inspecteur allait hasarder une question quand une voix féminine le porta à se retourner.
– Mais enfin, Augustin ! Ce ne sont pas des manières de recevoir les gens, ça ! Tu le savais pourtant, que tu aurais de la visite ! Regarde dans quel état tu es ! Excusez-le, messieurs, mais avec Penthou, quand il peint, il ne pense plus à rien !… Oh ! Et évidemment, tu n’as encore rien mangé ! Il est pire qu’un enfant ! Si vous saviez !
Une femme, petite et bien en chair, assez jolie pour être remarquée, venait de surgir d’une porte latérale et traversait la pièce. A en juger par son âge, elle rendait au quidam une bonne quinzaine d’années au moins, ce pouvait être sa fille, n’était cette interpellation préliminaire. Cependant, Félicien, sachant que les « artistes » passaient pour avoir des mœurs étranges, ne s’en étonna pas plus. L’excentricité, pratique qu’il réprouvait, c’était en somme comme la marque de fabrique de cette espèce particulière d’êtres dits humains. Avancer que les trois représentants de la force publique étaient perturbés par la tournure que prenaient les événements serait peu dire. En quelques pas, la jeune femme traversa la pièce, passant entre eux sans façon, débarrassant le guéridon de sa bouteille (à demi pleine), de son assiette (au contenu figé), du bol (vide), de la fiole (opaque) renvoyée avec ses consœurs contre le mur, du pinceau (?) rejoignant ses semblables dans un petit pot Banania. Continuant son manège – qu’un simple tour de passe-passe muait en ménage – elle redressa un quintet d’ouvrages qui avaient terrassé une statuette en s’avachissant sur une étagère. Et pour finir, saisissant l’artiste par les épaules, elle le fit pivoter manu militari pour le propulser par l’ouverture dont elle avait surgi, et le suivit en lançant par-dessus son épaule : « Ne restez pas là, nous serons mieux au salon. »
Au salon ?
Dans son dos, l’inspecteur surprit l’échange des deux pandores, échange en miroir de ses pensées :
– Elle a dit « avec Penthou » non ? Tu l’as vu, toi, ce Penthou ?
– Sans doute le… matou de la maison.
– T’as vu un matou, toi ?
– Bah, on pourrait cacher un éléphant, dans tout ce… truc.

Echange que Félicien aurait pu compléter par la remarque sur la date évoquée par le peintre. Qu’est-ce que c’était que cette histoire de fous ? Original, passe encore, mais dingo… Dommage qu’il fallût embarquer le gus, la gonzesse paraissait n’avoir pas grand-chose sous son corsage, il lui aurait bien posé deux ou trois questions en face à face pour vérifier, on est professionnel ou on ne l’est pas. Avant de la suivre, il jeta subrepticement – adverbe éminemment policier – un rapide coup d’œil aux dos de la collection qui recommençait à céder à son inclination naturelle : Société des Nations, Super-État maçonnique, déchiffra-t-il sur l’un, et sur un autre, La Dictature des puissances occultes – La franc-maçonnerie d’après ses documents secrets, du même auteur – pour lui, un illustre inconnu : un certain Léon de Poncins. Il nota au vol un La destinée des personnes nées en 1896 et n’alla pas plus loin, ç’eût été faire montre de trop de curiosité, et puis son flair lui disait que le délit de subversion ne se planquait pas entre de telles feuilles.
Pour la forme, la maîtresse de maison proposa « du café ». Sachant que sous ce terme pouvaient dorénavant se dissimuler de redoutables mixtures, les deux agents déclinèrent. Mû par le sens du devoir et une bonne dose d’inconscience – on ne pouvait pas parler de courage – Félicien accepta cependant, vérifiant du même coup, alors que la dame – demoiselle ? – s’inclinait pour le servir, que ses supputations s’avéraient fondées, ce que c’était que le coup d’œil du limier, quand même ! Suivit le défilé de toute une compagnie recrutée en urgence au Paradis, sur fond de banalités météorologiques entrecoupées de prudentes considérations sur les récents bombardements – heureusement loin d’ici, on avait assez trinqué en 40 partout en province, quand les autres c… avaient voulu la jouer façon Sidi-Brahim, regardez ce que ça avait donné à Tours, on en était toujours à déblayer la Rue Neuve ! Et ici, tous ces pillages ! – qu’interrompit fort à propos le retour du susnommé Lajoie Augustin. Il avait troqué velours et robe de chambre pour un complet-veston élimé, certes (mais qui n’en était pas rendu à ces extrémités ?) exempt de taches, un vrai tour de force, ses grosses lunettes pour une paire de lorgnons, plus « habillée », façon hibou, et ses charentaises pour des souliers presque cirés de neuf.
– Mais alors, Lucette ! Tu n’as rien offert à nos visiteurs ?
– Du café…
– Du… café ?! Hum… Peut-être ces messieurs préfèreraient-ils quelque chose de plus raide ?
– C’est que…
– Augustin ! Ces messieurs sont en service !
– Voilà…
– En service, en service… Mais ça restera entre nous, voyons ! Commissaire ?
– Heu… Non, inspecteur. Mais Mademoiselle a raison. Nous sommes en service. Et si j’osais, heu, eh bien, faudrait y aller…
– Madame, inspecteur. On reconnaît en vous le gentilhomme. Et Monsieur l’inspecteur a raison, Augustin, ils n’ont certainement pas que ça à faire. A tout à l’heure, et tiens-toi bien, hein ? Et n’oublie pas ton chapeau. A propos de chapeau, je te rappelle que je dois voir Solange cet après-midi au sujet de cette ridicule histoire de bibis. Tâche de t’en souvenir !

Avec quelque retard, tout le monde se retrouva à la Kommandantur. Ou FeldKommandantur ? Il devait y avoir une différence. Encore un point sur lequel Félicien devrait se renseigner. Ils étaient attendus, un sous-off’ en noir les guettait sur le trottoir.
Déjà fort impressionné par les lieux, l’inspecteur le fut encore plus par ses occupants : il se trouvait face à un préfet, LE Préfet – le nouveau, tout juste nommé en remplacement de ce mou de Voizard. Pas un jeunot, et déjà au turbin, c’était heureux, vu qu’il y avait du boulot – un tantinet agacé par ces cinq petites, minuscules, microscopiques, minutes de retard, on allait lui en faire le reproche et il ne pourrait s’en expliquer, dur était le quotidien des subalternes. Et puis, il y avait les maîtres des lieux, sous la forme de ces deux plantons amidonnés dans leurs uniformes, PM réglementairement tenu à 90°, tout comme les sentinelles de l’entrée, et surtout un gradé, dans un uniforme noir, un type assez anodin au demeurant, dont on disait qu’il pouvait vous envoyer pour une destination inconnue sur un simple claquement de doigts. Comment s’appelait-il déjà ? Zut ! Il venait d’être pourtant présenté par Joigny, le nouveau, mais subjugué par cette débauche d’Autorités, Félicien avait raté le coche, ainsi que son grade, machinführer, un truc comme ça. Chez ces Boches-là, tous les gradés étaient quelque chose-fureur, ça n’aidait guère. Au moins – de par un bref passage en caserne (il avait été réformé pour pieds plats, peser sur les pédales devait en être la cause) et de par ses fonctions, tout de même – avec « colonel » ou « brigadier » savait-on comment se comporter.
Bref, foin de divagations, reprends-toi, Félicien, reprends-toi ! Heureusement, le Préfet venait à son secours en lui adressant un : « Attendez-nous là, inspecteur, le Sturmbannführer Völkher est très occupé, il ne peut nous recevoir que quelques instants, ensuite vous raccompagnerez Monsieur Lajoie chez lui. »
Et tandis que le trio disparaissait derrière une porte gardée par un autre de ces imperturbables troufions coulés dans le bronze de la victoire, Félicien avisa une banquette proche, extirpa d’une poche un exemplaire récent du périodique Seine-et-Marnais, où il entreprit d’apprendre par cœur non pas les dates de l’Exposition de Peinture dans la Salle des Fêtes du Théâtre de Fontainebleau – entrée gratuite – mais tout ce qu’il y avait à savoir du Grand Prix Cycliste d’Automne, organisé par la Pédale Melunaise, sous réserve que les Autorités en délivrassent l’autorisation. Pas un cil des statues humaines ne broncha tant que dura cette lecture, qui fut suivie de celle d’autres articles, il le fallut bien.
Le trio reparut enfin, Joigny faisait une drôle de tête, celle d’un homme qui a avalé une couleuvre, l’ophidien étant sans nul doute la façon dont Völkher se répandait en amabilités envers Lajoie, ou le fait qu’il appela péremptoirement l’inspecteur d’un petit signe de la main, le genre de signe qui vous fait bondir sur vos pieds et incite tout canidé qui se respecte à remuer la queue, puis lui remit sans un mot de plus un petit carton que Félicien empocha derechef, il verrait plus tard ce qu’il en était, il balbutia un « Merci Monsieur l’Officier », mais l’autre s’en retournait déjà dans son bureau, ses talons faisant clac-clac sur le beau carrelage de la salle. Aussitôt, Joigny les propulsa hors du bâtiment, avec Félicien relégué en queue, ignoré. La voiture du Préfet et son chauffeur attendaient sagement à bonne distance, devant la Juva-Quatre qu’on avait généreusement attribuée à l’inspecteur pour cette mission, des égards qui témoignaient de l’importance qu’« on » y attachait et l’avaient fait traiter de fayot par ses estimés collègues.
Il avait son permis, mais ce qui lui manquait le plus souvent, c’était le véhicule, entre restrictions et réquisitions, les quatre roues se raréfiaient. Et ne parlons pas d’un véhicule à lui ! Pour ses déplacements quotidiens, le reste du temps, il se débrouillait plus que passablement en vélo. Il en avait deux ! Pour la semaine un biclou qu’il avait fait sien car personne n’était venu le réclamer au commissariat, on le moquait – un inspecteur-hirondelle ! – mais il s’en fichait comme de l’an 40, et de pas mal d’autres choses. Les fins de semaine, il enfourchait un Wonder trois vitesses qu’il bichonnait religieusement après chaque sortie et enfermait à double tour dans sa cuisine, il habitait au premier, c’était une chance, il n’avait pu s’offrir un poids-plume. Il ne voulait en aucun cas le laisser dans la cage d’escalier, ce genre d’engin avait tendance à s’évaporer.
Ah, le vélo ! C’était son point faible, son jardin secret. S’y associaient de doux souvenirs… même la cicatrice qu’il en gardait au mollet droit.
Robert était un sale gosse, toujours à castagner, mais il bénéficiait de deux gros avantages. En premier il était le frère cadet – de dix-huit mois – de la Suzon, et pour deux caramels, ou leur équivalent : il acceptait – sûrement avec ingénuité – les berlingots poisseux de l’épicerie du haut de la rue, faciles à chaparder quand la marchande regardait ailleurs, deux berlingots, ça ne se voyait pas. Pour deux friandises, donc, il vous autorisait à soulever la jupe de sa frangine en comptant bien haut et pas trop vite jusqu’à vingt – il était intraitable là-dessus – et chacun son tour, pas question de mutualiser, ça se passait dans la cave, il fallait déjà que les yeux s’accoutument à la pénombre. On n’avait pas le droit de toucher, et, a fortiori, de baisser la lingerie, ça, ça coûtait au moins cinquante centimes, et pas question là non plus de marchander, de tenter de proposer un canif ou un fond de bouteille, de l’artiche ou rien, bref on ne pouvait que rêver. (Re)vu avec le recul du souvenir, c’était sans doute préférable.
Le deuxième levier qui assurait la réputation de ce malfrat en devenir était un vélo pour dames, de provenance incertaine, qu’il planquait dans la même cave. Les parents, soucieux sans doute de ne pas entraver ce bel esprit d’entreprise, lui foutaient une paix royale sur ces deux points, c’est comme ça qu’on apprend les choses dites « de la vie », des petits riens qui ne sont pas dans les bouquins. Pour deux caramels, là aussi, mais le marchandage avait pour une fois droit de cité, on pouvait transiger avec un illustré, une tige à peine entamée – pas un mégot, fallait pas exagérer – une bricole quelconque, un peu de tout, quoi, à l’exception des billes – le Robert avait dépassé le stade de cette passion – on obtenait le droit de grimper sur le deux-roues, garçon ou fille, il n’était pas regardant. La forme du cadre aidait fort opportunément les candidats : depuis la selle pourtant baissée au maximum, la majorité d’entre eux aurait été dans l’impossibilité d’en atteindre les pédales.
Là, agrippés au guidon et les pieds bien calés, ils pouvaient tous se lancer dans la rue légèrement en pente, ça paraissait aider, c’était vicieux en diable, mais non voulu, il fallait premièrement tenir dessus et, deuxième étape, pas toujours dans l’immédiat, activer le mécanisme. Le tour s’arrêtait lorsque le fragile échafaudage s’écroulait immanquablement dans un grand bruit de ferraille. Robert accourait, relevait son trésor, vérifiait son état parfois en râlant, remettait la chaîne en place, comme elle n’était plus graissée depuis des lustres, il ne risquait pas de rajouter du cambouis à sa crasse. Côté émules de Leducq, il y avait bien des pleurs, surtout chez les petits, des genoux couronnés, des poignets écorchés, des bosses et des bleus, c’était le métier qui rentrait. Vers dix-douze ans, on avait acquis une dextérité certaine et une taille adéquate, les champions arrivaient à boucler le tour du quartier (trois cigarettes, s’il vous plaît ! et rien d’autre !) et ne rêvaient plus que d’avoir leur propre monture. C’était ainsi que Félicien s’était brillamment décoré tout seul comme un grand de l’ordre de la plus belle gamelle, avec palmes et citation à l’ordre de la rue, un chat qui traversait, la roue contre le trottoir, même pas un valdingue… de dingue, juste la poignée du frein, plus décorative qu’efficace depuis belle lurette, qui lui avait visité le mollet. Personne n’avait fait mieux. Il avait plus souffert lorsque le docteur – on en était venu là ! – lui avait désinfecté le menton et les paumes que lorsque le praticien lui avait posé les points – trois – et piqué contre le tétanos, lui faisant ainsi prendre une belle avance de prophylaxie sur ses condisciples.
Il s’était juré alors qu’il aurait sa propre bécane et pour cela, il en avait chargé et déchargé des cageots ! Puis tourné du béton pour la réfection des trottoirs ! Et il l’avait eue ! Son premier vélo ! Une occase, d’accord, mais la clochette et le frein – avant, très casse-gueule, le frein avant, moins qu’une semelle de tatane, cependant – fonctionnaient on ne pouvait mieux.

(A suivre, bien sûr. Prenez le temps de savourer !)


Dernière édition par Casus Frankie le Jeu Mai 02, 2024 08:53; édité 1 fois
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John92



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 14:10    Sujet du message: Répondre en citant

[b]Première partie
Où il sera question d’avoir mauvais esprit (ou pas)

Effectivement, par des panneaux encore transparents, là-haut, tout là-haut – bien pratique pour éviter de se cogner le crâne au plafond – laissant voir le ciel, les pigeons et la fumée d’une cheminée voisine, (de la fumée en juin ??) la lumière (et non simple clarté) du jour …

– Bah, on pourrait cacher un éléphant, dans tout ce… truc (fourbi ? -simple suggestion - ).[/i]

C’était ainsi que Félicien s’était brillamment décoré tout seul comme un grand de l’ordre de la plus belle gamelle, avec palmes et citation à l’ordre de la rue, un chat qui traversait, la roue contre le trottoir, même pas un valdingue… de dingue, juste la poignée du frein, plus décorative qu’efficace depuis belle lurette, qui lui avait visité le mollet. Personne n’avait fait mieux. Il avait plus souffert lorsque le docteur – on en était venu là ! – lui avait désinfecté le menton et les paumes que lorsque (quand ?) le praticien lui avait posé les points – trois – et piqué contre le tétanos, lui faisant ainsi prendre une belle avance de prophylaxie sur ses condisciples.

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houps



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 14:23    Sujet du message: Répondre en citant

Ben oui, de la fumée en juin, y'a peut-être une mamie qu'a un peu de charbon et fait chauffer sa lessiveuse...
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John92



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 14:26    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Ben oui, de la fumée en juin, y'a peut-être une mamie qu'a un peu de charbon et fait chauffer sa lessiveuse...

OK donc gaffe aux planches et chutes qui trainent dans la cour ... Cet hiver, ca va faire des envieux.
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Hendryk



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 15:15    Sujet du message: Re: Une histoire de flics, de spirites et de vélos, par HOUP Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Pour la semaine un biclou qu’il avait fait sien car personne n’était venu le réclamer au commissariat, on le moquait – un inspecteur-hirondelle ! – mais il s’en fichait comme de l’an 40, et de pas mal d’autres choses.

En 41 c'est pas encore un peu tôt pour se moquer de l'an 40?
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houps



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 15:39    Sujet du message: Re: Une histoire de flics, de spirites et de vélos, par HOUP Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Pour la semaine un biclou qu’il avait fait sien car personne n’était venu le réclamer au commissariat, on le moquait – un inspecteur-hirondelle ! – mais il s’en fichait comme de l’an 40, et de pas mal d’autres choses.

En 41 c'est pas encore un peu tôt pour se moquer de l'an 40?


Oh non !

https://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/17/s-en-moquer-comme-de-l-an-quarante/
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Hendryk



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 15:45    Sujet du message: Re: Une histoire de flics, de spirites et de vélos, par HOUP Répondre en citant

houps a écrit:
Hendryk a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Pour la semaine un biclou qu’il avait fait sien car personne n’était venu le réclamer au commissariat, on le moquait – un inspecteur-hirondelle ! – mais il s’en fichait comme de l’an 40, et de pas mal d’autres choses.

En 41 c'est pas encore un peu tôt pour se moquer de l'an 40?


Oh non !

https://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/17/s-en-moquer-comme-de-l-an-quarante/

Eh bien on en apprend tous les jours avec la FTL...
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 16:04    Sujet du message: Répondre en citant

C'est compréhensible, vu l'effondrement total et absolu de 1940 il y avait des chances que ça rentre dans le langage courant comme (au hasard Balthazar, je sais pas moi, tiens: ) la BEREZINA. Laughing Laughing Laughing Laughing

J'ai toujours pensé qu'on aurait du remplacer "c'est la bérézina" par "là, c'est Sedan".

Mais bon, la bérézina c'est en russie ça vexe personne en France, par contre Sedan... pas sur que les sangliers des Ardennes apprécient.
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Wings



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 16:25    Sujet du message: Répondre en citant

"Nous en sommes au 20 juin sur tous les fronts."

On en est au 13 Juin aux Balkans et au 10 Juin sur le front de l'Est.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé - c'est vrai, mais moi j'en suis là, en fonction de nos discussions. Pour notre cher public qu'on aime, c'est encore dans les tuyaux seulement Wink
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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 16:34    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Ben oui, de la fumée en juin, y'a peut-être une mamie qu'a un peu de charbon et fait chauffer sa lessiveuse...


Ou n'importe qui réchauffe son frichti sur une cuisinière à bois ou à charbon…
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ChtiJef



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 17:57    Sujet du message: Répondre en citant

La Bérézina, contrairement à ce que laisse penser l'expression, c'est une victoire de l'Empereur...
Et même une très belle victoire !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

ChtiJef a écrit:
La Bérézina, contrairement à ce que laisse penser l'expression, c'est une victoire de l'Empereur...
Et même une très belle victoire !


Exact - mais comme on discute encore pour savoir qui a vraiment gagné à Kadesh…… Cool
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Moshe



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MessagePosté le: Mer Mai 01, 2024 22:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Désolé - c'est vrai, mais moi j'en suis là, en fonction de nos discussions. Pour notre cher public qu'on aime, c'est encore dans les tuyaux seulement Wink

Mais allez ! Retournez le couteau dans le dos de ceux qui ne contibuent pas ! Vous avez ben de la chance d'avoir la suite en avance sur nous (alors oui, d'accord, vous avez la chance que vous vous créez par votre travail et votre créativité, mais j'ai bien envie de me plaindre quand même ! J'estime en avoir le droit en tant qu'avide feignant…)
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MessagePosté le: Jeu Mai 02, 2024 05:48    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
ChtiJef a écrit:
La Bérézina, contrairement à ce que laisse penser l'expression, c'est une victoire de l'Empereur...
Et même une très belle victoire !


Exact - mais comme on discute encore pour savoir qui a vraiment gagné à Kadesh…… Cool


Kadesh !? Connais pas Kadesh !!!! Perchonne chait où cha che trouve Kadesh !!!
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