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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10516 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 09:20 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Le 2e CA belge est relevé par le 3e CA français |
_________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15247 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 10:18 Sujet du message: |
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(suite et fin du 1er juin)
1st US Army et 7th US Army
Montargis (Vienne) – Le général Patton est connu – et craint – pour son tempérament… explosif. Voyant que les unités de sa 1st Army dépassent celles du IVe CA (7th Army) qui restent immobiles, son tempérament volcanique le conduit droit au QG de Patch pour lui ordonner de reprendre la route avec lui. Et le chef du IVe CA voit débouler chez lui un volcan alors qu’il s’apprête à partir pour Orléans…
– Sandy , vous pouvez m’expliquer ce bordel ? Qu’est-ce que foutent vos divisions, elles ont un boulevard devant elles !
– Mon général, mes hommes sont épuisés par deux semaines de poursuite effrénée et ont livré des combats intenses il y a quelques jours. Le matériel est défaillant, la logistique ne va même pas tout à fait jusqu’à Orléans, les unités de pointe ont subi des pertes sévères…
– Je m’en moque ! Vous croyez que les combats en Normandie c’était de la rigolade ? Vous croyez que nos dernières semaines ont été plus faciles que les vôtres ? Vous repartez, et tout de suite, c’est un ordre ! Les Allemands sont finis, un dernier coup de collier et on sera sur le Rhin pour le 4 juillet !
– Malgré tout le respect que je vous dois, mon général…
– Sandy, faites très attention à ce que vous allez dire !
– Je ne suis pas sous vos ordres. J’ai une autre mission, qui m’a été confiée par le général Bradley, et je compte obéir à ses ordres. Je tiens à préciser, mon général, que vos unités à vous ne sont pas sur la brèche depuis huit mois, et ce n’est leur deuxième grande offensive en deux mois ! Mes hommes se reposent car ils ont vaincu leur ennemi, qu’ils ont rempli leur mission et qu’ils ne peuvent pas aller plus loin pour l’instant.
– Vous êtes un mou, Sandy. C’est précisément quand l’ennemi est vaincu qu’il faut le poursuivre.
– C’est justement ce que je viens de faire, mon général. Le LXIV. ArmeeKorps nous faisait face sur la Dordogne. Depuis le 28, ce corps a été détruit en rase campagne avant d’avoir passé la Seine. Mes hommes sont fatigués, leur matériel aussi, les unités n’ont guère plus de 50 % de leur capacité de combat. Elles n’iront pas plus loin. Je me permets également de vous rappeler, mon général, que les Allemands sont friands des contre-attaques surprises quand on les poursuit trop ardemment.
– Décidément, vous êtes un non seulement mou mais aussi un lâche. Vous me dégoûtez.
Et Patton ressort comme il était entré, pendant que ses chars tentent de franchir le canal de Briare sur des ponts Bailey.
A Montargis, l’état-major de Patch, inquiet, envoie l’aide de camp du “Vieux” évaluer son état après l’altercation. A sa grande surprise, Patch semble… satisfait. Il lui aurait été bien plus facile de discuter avec Patton s’il avait été son égal, mais l’envoyer dans les cordes en se déclarant prisonnier des ordres de son supérieur a été bien pratique. D’ailleurs (et Patton s’en doute peut-être !), le fait que Patch semble si discipliné est évidemment lié à l’avantage que cela procure à celui qui sera sous peu le nouveau chef de la 7th US Army.
………
Sens – Old Blood’n Guts n’a d’ailleurs pas fini de tempêter lorsque ses unités parviennent enfin à Sens, sans avoir rencontré de résistance. Le XIXth US Corps commence donc à se déployer dans la plaine, tandis que le Vth US Corps devrait le rattraper d’ici quelques jours, après avoir traversé la Seine-et-Oise. En ce moment même, ce dernier s’organise pour traverser les approches sud de Paris, tout en les nettoyant des quelques éléments allemands désorganisés qui errent dans le secteur.
Mais avec les quatre divisions déjà à sa disposition, Patton se fait fort de prendre Troyes sous deux jours, avant de foncer sur Metz. Le soir venu, le XIXth Corps commence donc à marcher vers Troyes dans la plaine sénonnaise. Le Vth Corps, une fois la Seine passée, se déploiera dans la plaine à l’est de Melun pour couvrir le flanc nord de cette progression. Les deux corps progressent ainsi de manière indépendante, Patton considérant que chacun distraira l’ennemi de l’autre. Ou que chacun sera battu séparément, disent les mauvaises langues que Patton a toujours irrité – et irritera toujours.
Dans le grand mélange, voire la grande pagaille d’unités au sud de Paris (pas moins de seize divisions américaines !), quelques mouvements particuliers sont à noter. La 82nd Airborne All American de Matthew Ridgway marche vers Tours, dont la gare, plus importante que celle d’Angers, recommence à fonctionner, quoique de manière réduite. C’est d’ailleurs dans cette gare qu’embarque pour Orléans la 29th Infantry Blue and Gray de Charles Gerhardt, sous les yeux des cavaliers de Harmon, lesquels ne prendront le train qu’une fois passées les deux divisions d’infanterie. La 1st Armored Old Ironsides appartenant à la 7th Army, elle ne va pas tout de suite retourner au front.
En fin de journée, les deux corps de Patton se sont extraits de ce bazar et s’échelonnent le long de la Seine (pour le Vth Corps) et de l’Yonne (pour le XIXth Corps). Demain, on pourra réellement relancer l’offensive.
Par ailleurs, au lieu de rejoindre la masse des divisions américaines, la 35th Infantry, arrivée en direct des Etats-Unis par Marseille, va rejoindre le front des Alpes. Patton aura beau tempêter, cet arrangement entre Français et Américains a été décidé en haut lieu depuis que la 45th Infantry Thunderbird d’Eagles (VIIIth US Corps, 7th US Army, 15e GAA) s’est retrouvée embourbée devant La Rochelle. En échange de la prise en charge de ce siège – ou plutôt du gardiennage de la ville, selon l’expression à la mode dans les états-majors – par une division d’infanterie métropolitaine française, la 35th a été “prêtée” aux Français. Et Frère vient justement d’annoncer à Ike que la 1ère DI est à présent rassemblée autour de Toulouse. Cette unité n’est pas vraiment capable de manœuvrer en campagne ; elle manque d’hommes, de spécialistes, de cadres, d’équipements, bref de tout. Constituée à partir de quelques milliers d’hommes des maquis de l’Ouest, elle ne possède pratiquement pas de véhicules blindés et une bonne partie de son artillerie date du début de la guerre. Mais les Allemands de La Rochelle ne sont pas en meilleur état et n’auraient ni les moyens ni l’intérêt d’attaquer franchement s’ils voulaient rompre la trêve. La semaine prochaine, la 1ère DI va s’étoffer, gagner en substance et en efficacité, avant de relever la 45th Infantry, que l’on pourra alors employer sur un front plus important.
………
Nemours – Une blague plutôt vaseuse mais épidémique s’est répandue parmi les GI de la 1st Army depuis le Débarquement et à présent, c’est sûr, le caporal James C. Kilroy déteste son nom. Depuis presque un mois, il doit faire face à une demi-douzaine de “Kilroy was here” par jour, et ses supérieurs trouvent la situation plus hilarante que pénible. Au moins les Frenchies n’ont pas encore repris la blague à leur compte.
A quelques pas, le first sergeant de sa compagnie essaye de négocier le passage de celle-ci sur le seul pont de la ville avant que traverse une compagnie des cavaliers de la 7th Army. Les salopiauds sont arrivés en ville il y a déjà quatre jours et font passer leurs véhicules au compte-gouttes, empêchant le passage rapide du bataillon de Kilroy, alors qu’on les attend de l’autre côté ! Mais les cavaliers sont intraitables, et comme ce sont eux qui ont la maîtrise du terrain, le first sergeant n’en peut mais. Kilroy le voit juste grimper dans une jeep et partir en direction du QG de la 3rd Armored, installé à quelques centaines de mètres dans le château de la ville, pendant que les Sherman avancent. Et le pauvre caporal, en retournant à son camion, découvre que la ridelle de celui-ci a été barbouillée d’un magnifique “Kilroy was here”…
7th US Army et 1st US Army
Versailles – Bradley se pose sur l’aérodrome de Villacoublay, puis file à Versailles voir Eisenhower, qui commence à installer le SHAFE au Trianon. Malgré les réticences franco-britanniques, Ike s’impose de plus en plus comme le généralissime du Front de l’Ouest, comme on commence à l’appeler. Il explique sans trop d’agacement à l’actuel chef de la 7th Army que la mise en place du First US Army Group (FUSAG) qu’il doit lui confier fait l’objet d’une opposition discrète et polie, mais néanmoins obstinée, de la part des Français qui ne veulent pas perdre leur dernier commandement de Groupe d’Armées sur le front.
Bradley, qui connait les Français mieux que quiconque, depuis un an qu’il combat à leurs côtés et sous leurs ordres, ne peut que reconnaître le caractère politique de la chose. Mais du point de vue opérationnel, il n’y a pas d’hésitation : la marche à suivre la plus logique est bel et bien la réunion de la 1st Army et de la 7th US Army au sein du FUSAG, et tant pis pour l’orgueil blessé des Français. Bradley indique tout de même qu’il serait très malvenu de proposer à leurs alliés d’inclure la 1ère Armée française dans le FUSAG.
Eisenhower approuve, bien conscient de l’humiliation que cela représenterait. Libre aux Français d’organiser leurs forces comme ils le souhaitent, tant qu’elles jouent leur rôle. De toute manière, la logistique alliée dans le nord de la France étant presque exclusivement contrôlée par le SHAFE, ils seront bientôt mis au pas en douceur.
Paris – Ses instructions prises, Bradley quitte le Trianon pour Paris, où il rencontre le futur état-major du FUSAG, composé d’officiers venant de l’ensemble des troupes américaines présentes en Europe : certains sont des anciens du front italien, d’autres étaient en Angleterre il y a peu, et les derniers sont en France depuis septembre 43.
Orléans – Sitôt réglé le passage de Patton, Patch gagne son nouveau QG, où commencent à se rassembler les organes du commandement de la 7th US Army, qui profite actuellement d’un peu de repos. Willis D. Crittenberg, son successeur à la tête du IVth US Corps, a atterri à Londres la veille, on le lui enverra sous peu. En effet, si Bradley est encore officiellement le commandant de la 7th Army et Patch celui du IVth Corps, les deux commencent à prendre en charge les responsabilités qui seront tout à fait les leurs d’ici une semaine ou deux.
Poitiers – Quatre jours de repos pour les divisions du VIIIth Corps, c’est Byzance ! Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et la 85th Infantry prend le train vers Orléans. Sans aucun ennemi à l’horizon et avec peut-être la possibilité de prendre le train à Tours, la progression va donc être rapide. Surtout qu’avec l’accroissement de la logistique venant du sud, les réparations des voies ferrées progressent bien : les trains commencent à rouler à nouveau et peuvent aller sans s’arrêter de Marseille à Orléans en passant par Bordeaux et Poitiers, et bientôt par Limoges, une fois le pont réparé.
La 2nd Armored, de son côté, a encore un certain nombre de véhicules hors d’usage et va devoir patienter une journée de plus. Pas grave – de toute façon, les quais de Saint-Pierre des Corps ont encore besoin de plusieurs heures de préparation pour pouvoir faire grimper des blindés sur les plateformes.
1ère Armée française – Opération Marguerite
Entre Seine et Saône – Pendant que les Américains sont en pleine refonte de leur dispositif, les Belges se concentrent et les Polonais finissent de débarquer dans le sud de la France – les Français n’échappent pas à la nécessité d’une réorganisation. Plusieurs changements touchent la structure de la 1ère Armée et la répartition de ses unités. Ainsi, la 14e et la 19e DI, jusque-là incluses dans le IIe CA belge, rejoignent le IIIe CA du général de Lattre de Tassigny. La 2e DB de Philippe “Leclerc” de Hauteclocque devra aussi rejoindre bientôt le IIIe CA. Chez Montagne, on ignore encore comment les deux hommes vont collaborer, mais certains officiers les ayant côtoyés se doutent que ce sera tendu…
Les 14e et 19e DI prennent donc la route du Nord-Est. Eisenhower, mis au courant de la volonté de Patton de foncer tête baissée, a bien spécifié aux Français qu’il vaudrait mieux le laisser prendre Troyes et marcher tout seul. Huit divisions foncent en deux échelons sur Troyes puis Metz, pas besoin d’ajouter du monde. En somme, la Champagne est l’affaire de Patton, que les Français achèvent la libération de la Bourgogne et entrent en Lorraine.
Après une journée où les mauvais chemins ont été un ennemi bien plus difficile que les Allemands en pleine retraite, les deux divisions ont donc passé les dernières collines du Morvan. Après que la 19e DI a laissé derrière elle le Haut de Baissey, la division est la troisième à entrer en Lorraine, suivie par la 14e dans la soirée.
Langres – La percée des deux divisions blindées du IIIe CA a repoussé les Allemands loin devant. Ne cédant pas à l’enthousiasme, notamment en raison de la présence de petits KG embusqués dans les parages, la 1ère DB et la 5e DB marquent un peu le pas. En effet, la 1ère DB doit d’abord réduire un bouchon improvisé et malheureusement solide au niveau de Rolampont.
Réemployant le vieux fort de Saint-Menge et utilisant un mélange de trous de combat et de tranchées pour canaliser les colonnes blindées, les Allemands de la 243. ID forcent les cavaliers à la prudence. Ils achètent ainsi de précieuses heures pour permettre le recul des restes de la 1. Armee et du LXXXVI. AK. Von Rundstedt veut tendre un piège aux “Amis”, et il a besoin de tous les hommes possibles. La 243. ID n’a d’ailleurs pas vocation à arrêter les Français ici, mais à calmer leurs ardeurs en donnant “un bon coup de bâton entre les jambes”, avant de retraiter en bon ordre. André Sudre doit donc consacrer sa journée à réduire un à un les points d’appui, pénalisé par le relief et les coupures boisées qui permettent aux fantassins allemands de manœuvrer sans s’exposer au feu des blindés. Quant au vieux fort, abandonné dans l’entre-deux-guerres, il est protégé par le couvert des nombreux arbres qui ont poussé autour depuis vingt ans. Il faut donc plusieurs heures avant que les artilleurs parviennent à atteindre sa position exacte malgré des cartes précises. De plus, le temps humide favorise la pénétration des obus dans le sol sans exploser . A la tombée de la nuit, devant la perte de plusieurs points critiques et le contournement en cours par des blindés ayant fait le tour du lac de Charmes, Otto Schonher abandonne les lieux, ses troupes disparaissant dans les bois. Bien que très meurtrie par les récents combats, la 243. ID a rendu la monnaie de leur pièce aux Français : la 1ère DB a perdu dans l’affaire plusieurs chars, près de 50 morts et plus de deux cents blessés, la plupart légers cependant.
De son côté, la 5e DB doit également faire face à un bouchon, entre Neuilly-l’Evêque et Bonnecourt. Mais le terrain est bien plus propice aux manœuvres blindées et Vernejoul le balaie vite. La journée apporte une nouvelle intéressante pour… les historiens : l’artillerie peut – dans de très rares cas… – être utile à l’archéologie. En effet, un obus explosif tiré par l’artillerie allemande sur un escadron du 507e RCC qui débordait par Andilly manque sa cible et décoiffe une énorme motte de terre près de la voie ferrée. Le souffle dévoile alors un ensemble gallo-romain dont on soupçonnait l’existence dans le coin, mais dont on ignorait la position exacte. L’artillerie allemande avait jusque-là plus l’habitude de transformer des villes récentes en ruines que de remettre au jour des ruines de villes anciennes.
Vesoul – Au sein du IVe CA, la 83e DIA poursuit la 91. LFD, ou plutôt ce qu’il en reste, mais ce reliquat de division parvient à lui fausser compagnie dans les bois alentours. C’est que von Schweppenburg tient à pouvoir défendre Nancy ! Rien ne sert de perdre ce qui reste d’une division, même affaiblie, pour un village sans intérêt au sud de la Saône. La 83e DIA se contente donc de border le fleuve et de se mettre en mesure de le franchir.
Louis Kœltz, en bon tacticien, sait que sa carte maîtresse est la 3e DB de Jean Rabanit. Si la division parvient à repousser la 39. ID et à lui infliger des pertes, les cavaliers pourront fondre dans le dos du LXXXV. AK et condamner la 2. FJD et la 5. FJD. Il ordonne donc l’assaut, mais Franz Kerch a pu profiter de son retrait la veille pour organiser embuscades, bouchons et autres ralentissements le long de la route vers Montbéliard. Rabanit, conscient de ces difficultés, fait remonter à Kœltz, qui donne quand même l’ordre d’avancer… mais sans imprudence. La 3e DB aurait peut-être pu foncer sur Epinal mais, isolée et loin de son ravitaillement, elle aurait alors pu tomber sur une contre-attaque allemande violente, et Kœltz veut absolument l’éviter. Dès lors, le programme de la 3e DB se limite à un nettoyage méthodique des contreforts sud des Vosges où, pour ne rien arranger, la plupart des hauteurs sont plus boisées que les plaines. La division parvient à avancer, mais à un rythme de sénateur.
Qu’importe : l’Allemand craque de partout. Les quatre brigades de la Légion, autour de Pontarlier, finissent de déborder la 2. Fallschirmjäger de Koh lorsque la 6e BMLE Brunete d’Alberto Pablo atteint Lods et menace de prendre Valdahon – donc de couper le dernier lien entre Koh et le reste de son corps d’armée. Dans la soirée, c’est une division en déroute et presque en fuite qui rassemble ses forces et se hâte pour se rétablir sur Morteau.
Les brigades françaises commencent alors un pivot vers Valdahon et Beaume-les-Dames. Ce qu’évidemment, la 5. Fallschirmjäger de Wilke n’a pas encore réalisé, alors même que les fantassins du 5e RI s’empare de Saint-Vit, appuyé par le 61e RA. Les fantassins inscrivent donc encore une victoire sur la longue histoire du 5e RI en Bourgogne. En effet, depuis près de quatre siècles, le ci-devant régiment de Navarre a participé à toutes les campagnes françaises dans la région, avec plus (bataille d’Arnay-le-Duc) ou moins (siège de Thionville) de succès.
Les parachutistes allemands s’enferment pour l’heure dans Besançon, mais dès qu’il apprend la déroute de la 2. Fallschirmjäger et les difficultés de la 39. ID, Wilke prépare sa 5. FJD à abandonner la ville, où ça commence à sentir mauvais.
Pendant ce temps, Kœltz voit arriver avec satisfaction la 9e DIC de Marc-Elie Pellet. Il va bientôt pouvoir l’engager, sans doute pour nettoyer enfin tout ce qu’il y a au sud du Ballon d’Alsace et pour border le secteur défensif de Belfort-Montbéliard, qui sera sans doute bien plus difficile à faire craquer.
Notes
4- Surnom d’Alexander Patch dans l’US Army.
5- Après la guerre, la zone autour du fort sera interdite à la circulation après qu’un vétéran allemand revenu sur les lieux en octobre 1947 soit mort dans l’explosion d’un de ces obus enterrés dans la boue. Le déminage complet des lieux sera financé par un fromager du coin voulant utiliser les caves du fort comme hangar d’affinage – avec succès d’ailleurs. |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3919 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 11:04 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Versailles – Bradley se pose sur l’aérodrome de Villacoublay, puis file à Versailles voir Eisenhower, qui commence à installer le SHAFE au Trianon. |
La libération de l'aérodrome de Villacoublay, c'était l'opération Clémentine? _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15247 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 11:23 Sujet du message: |
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Villacoublay est libéré le 24 mai par la 2e DB, au fil de sa marche. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10516 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 14:39 Sujet du message: |
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| Citation: | | Willis D. Crittenberger, son successeur à la tête du IVth US Corps |
La même coquille se retrouve au 29 mai. _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1495 Localisation: Ile de France
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 14:56 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | | Casus Frankie a écrit: | | Le 2e CA belge est relevé par le 3e CA français |
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Le 2e( IIe) CA belge est relevé par le 3e (IIIe ) CA français _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1495 Localisation: Ile de France
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 15:34 Sujet du message: |
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1st US Army et 7th US Army
Montargis (Vienne) –Le général Patton est connu – et craint – pour son tempérament (caractère ?) … explosif. Voyant que les unités de sa 1st Army dépassent celles du IVe CA (7th Army) qui restent immobiles, son tempérament volcanique le conduit droit au QG de Patch pour lui ordonner de reprendre la route avec lui. Et le chef du IVe CA voit débouler chez lui un volcan alors qu’il s’apprête à partir pour Orléans…
– Sandy (renvoie de note 4 ? ) , vous pouvez m’expliquer ce bordel ? Qu’est-ce que foutent vos divisions, elles ont un boulevard devant elles !
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– Je ne suis pas sous vos ordres. J’ai une autre mission, qui m’a été confiée par le général Bradley, et je compte obéir à ses ordres. Je tiens à préciser, mon général, que vos unités à vous ne sont pas sur la brèche depuis huit mois, et ce n’est que (à ajouter ??) leur deuxième grande offensive en deux mois !
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D’ailleurs (et Patton s’en doute peut-être !), le fait que Patch semble si discipliné est évidemment lié à l’avantage que cela procure (donné ? ) à celui qui sera sous peu le nouveau chef de la 7th US Army.
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Sens – Old Blood’n Guts n’a d’ailleurs pas fini de tempêter lorsque ses unités parviennent enfin à Sens, sans avoir rencontré de résistance. Le XIXth US Corps commence donc à se déployer dans la plaine, tandis que le Vth US Corps devrait le rattraper d’ici quelques jours, après avoir traversé (dépassé/franchi ?? la Seine-et-Oise. En ce moment même, ce dernier s’organise pour traverser les approches sud de Paris, tout en les nettoyant des quelques éléments allemands désorganisés qui errent dans le secteur.
Mais avec les quatre divisions déjà à sa disposition, Patton se fait fort de prendre Troyes sous deux jours, avant de foncer sur Metz. Le soir venu, le XIXth Corps commence donc à marcher vers Troyes dans la plaine sénonnaise. Le Vth Corps, une fois la Seine passée, se déploiera dans la plaine à l’est de Melun pour couvrir le flanc nord de cette progression (avance ??) . Les deux corps progressent ainsi de manière indépendante, Patton considérant que chacun distraira l’ennemi de l’autre.
…
Par ailleurs, au lieu de rejoindre la masse des divisions américaines, la 35th Infantry, arrivée en direct des Etats-Unis par Marseille, va rejoindre (se dirige vers ??) le front des Alpes.
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Nemours – …
A quelques pas, le first sergeant de sa compagnie essaye de négocier le passage (franchissement ? de celle-ci sur le seul pont de la ville avant que traverse (signalement pour éviter répétition) une compagnie des cavaliers de la 7th Army. Les salopiauds sont arrivés en ville il y a déjà quatre jours et font passer (avancer ?) leurs véhicules au compte-gouttes, empêchant le passage ( ) rapide du bataillon de Kilroy, alors qu’on les attend de l’autre côté ! Mais les cavaliers sont intraitables, et comme ce sont eux qui ont la maîtrise du terrain, le first sergeant n’en peut mais.
…
7th US Army et 1st US Army
Versailles – Bradley se pose sur l’aérodrome de Villacoublay, puis file à Versailles voir Eisenhower, qui commence à (entreprend d’/supervise l’installation du ? ) installer le SHAFE au Trianon. Malgré les réticences franco-britanniques, Ike s’impose de plus en plus comme le généralissime du Front de l’Ouest, comme on commence à l’appeler.
…
Bradley, qui connait les Français mieux que quiconque, depuis un an qu’il combat à leurs côtés et sous leurs ordres, ne peut que reconnaître (qu’admettre ?) le caractère politique de la chose. Mais du point de vue opérationnel, il n’y a pas d’hésitation : la marche à suivre la plus logique est bel et bien la réunion de la 1st Army et de la 7th US Army au sein du FUSAG, et tant pis pour l’orgueil blessé des Français (Frenchies ?). Bradley indique tout de même qu’il serait très malvenu de proposer à leurs alliés d’inclure la 1ère Armée française dans le FUSAG.
Eisenhower approuve, bien conscient de l’humiliation que cela représenterait. Libre aux Français d’organiser leurs forces comme ils le souhaitent, tant qu’elles jouent leur rôle.
…
Orléans – Sitôt réglé le passage de Patton, Patch gagne son nouveau QG, où commencent à se rassembler les organes du commandement de la 7th US Army, qui profite actuellement d’un peu de repos. Willis D. Crittenberg, son successeur à la tête du IVth US Corps, a atterri à Londres la veille, on le lui enverra sous peu. En effet, si Bradley est encore officiellement le commandant (chef/patron ?) de la 7th Army et Patch celui du IVth Corps, les deux commencent à prendre en charge les responsabilités qui seront tout à fait les leurs d’ici une semaine ou deux.
Poitiers – Quatre jours de repos pour les divisions du VIIIth Corps, c’est Byzance ! Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et la 85th Infantry prend le train vers Orléans. Sans aucun ennemi à l’horizon et avec peut-être la possibilité de prendre le train à Tours, la progression va donc être rapide.
…
1ère Armée française – Opération Marguerite
Entre Seine et Saône – …
Ainsi, la 14e et la 19e DI, jusque-là incluses dans le IIe CA belge, rejoignent le IIIe CA (Il faut corriger le texte de Will qui utilise : 2e CA belge, … 3e CA dans son texte publié le du Sam 16) du général de Lattre de Tassigny.
…
Les 14e et 19e DI prennent donc la route du Nord-Est. Eisenhower, mis au courant de la volonté de Patton de foncer tête baissée, a bien spécifié aux Français qu’il vaudrait mieux le laisser prendre (conquérir -vision Patton-/libérer -vision française -) Troyes et marcher tout seul. Huit divisions foncent (se précipitent ?) en deux échelons sur Troyes puis Metz, pas besoin d’ajouter du monde. En somme, la Champagne est l’affaire de Patton, que les Français achèvent la libération de la Bourgogne et entrent en Lorraine.
Après une journée où les mauvais chemins ont été un ennemi bien plus difficile que les Allemands en pleine retraite, les deux divisions ont donc passé les dernières collines du Morvan. Après que la 19e DI a laissé derrière elle le Haut de Baissey, la division est la troisième à entrer en Lorraine, suivie par la 14e dans la soirée.
Langres – …
De plus, le temps humide favorise la pénétration des obus dans le sol sans exploser (renvoi note 5 ) .
…
La journée apporte une nouvelle intéressante pour… les historiens : l’artillerie peut – dans de très rares cas… – être utile à l’archéologie. En effet, un obus explosif tiré par l’artillerie allemande (l’un des canons/tubes/obusiers allemand ?) sur un escadron du 507e RCC qui débordait par Andilly manque sa cible et décoiffe une énorme motte de terre près de la voie ferrée.
…
Vesoul – Au sein du IVe CA, la 83e DIA poursuit la 91. LFD, ou plutôt ce qu’il en reste ), mais ce reliquat de division parvient à lui fausser compagnie dans les bois alentours. C’est que von Schweppenburg tient à pouvoir défendre Nancy ! Rien ne sert de perdre ce qui reste (subsiste/survit ?) d’une division, même affaiblie, pour un village sans intérêt au sud de la Saône.
…
Notes
…
5- Après la guerre, la zone autour du fort sera interdite à la circulation après qu’un vétéran allemand revenu sur les lieux en octobre 1947 soit mort dans l’explosion d’un de ces obus enterrés dans la boue. Le déminage complet des lieux sera financé par un fromager du coin voulant utiliser les caves du fort comme hangar (lieux/zones ??) d’affinage – avec succès d’ailleurs.[/quote] _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3919 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 20:15 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Villacoublay est libéré le 24 mai par la 2e DB, au fil de sa marche. |
C'était une référence à un dessin animé de mon enfance. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11536
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 20:45 Sujet du message: |
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Clémentine ? une horreur ce dessin animé. Il a traumatisé toute une génération: la mienne.
Surtout le truc chelou en flammes, Malmotte (et il mettait pas le chocolat dans le papier d'alu, celui là). Et les grouillons.
Moi qui était fans d'avions, je me suis fait avoir par ce truc horrible. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - vous imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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mikey1983
Inscrit le: 17 Fév 2010 Messages: 525 Localisation: Helsinki, Finland
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 23:34 Sujet du message: |
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| Archibald a écrit: | Clémentine ? une horreur ce dessin animé. Il a traumatisé toute une génération: la mienne.
Surtout le truc chelou en flammes, Malmotte (et il mettait pas le chocolat dans le papier d'alu, celui là). Et les grouillons.
Moi qui était fans d'avions, je me suis fait avoir par ce truc horrible. |
The theme song keeps ringing in my head every now and then, though, years and decades after watching it as a kid on TCC. |
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Bob Zoran
Inscrit le: 19 Nov 2017 Messages: 290
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Posté le: Sam Mar 16, 2024 23:44 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Et au sud du Tréport, on utilise quel nom ? |
Entre Dieppe et l'estuaire de la Somme j'ai trouvé la Côte Picarde. Qui n'est pas spécialement en Picardie finalement mais a priori c'est ce nom. Ou sinon rien de spécifique. |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11536
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Posté le: Dim Mar 17, 2024 08:01 Sujet du message: |
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| mikey1983 a écrit: | | Archibald a écrit: | Clémentine ? une horreur ce dessin animé. Il a traumatisé toute une génération: la mienne.
Surtout le truc chelou en flammes, Malmotte (et il mettait pas le chocolat dans le papier d'alu, celui là). Et les grouillons.
Moi qui était fans d'avions, je me suis fait avoir par ce truc horrible. |
The theme song keeps ringing in my head every now and then, though, years and decades after watching it as a kid on TCC. |
Yeah the credits were cute. Unlike the story. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - vous imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15247 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Mar 17, 2024 09:59 Sujet du message: |
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2 juin
Libération et Libérateurs
Les Festungen de Bretagne
Brest – Le labourage se poursuit sous une pluie tenace – au temps pour l’aviation. Du côté est, le 359th Inf Rgt a enfin contourné la Festung : depuis le phare du Portzic, les GI ont une vue imprenable sur le port militaire, la rade, les nuages lourds et gris… et plus généralement la cité déjà fumante de décombres. Ils ne s’attardent pas : on ne sait jamais où les pièces krauts peuvent tirer, et on murmure que des tireurs isolés rôdent toujours… Pour le reste, l’US Army n’en est même pas encore à faire mine de serrer le collet.
………
Lorient – Les combats sont aussi acharnés que la veille dans Lanester, entre un 942. Grenadier Rgt (Major Görtmüller), toujours aussi buté et à l’aise en défense, et une 9th Infantry Varsity (Manton Eddy), qui doit bien faire avec toutes ces contrariétés. La route des ruines du pont Saint-Christophe et du pont Gueydon, dans l’arsenal – ce dernier est encore vaguement traversable, donc objet de toutes les convoitises – se négocie au plus haut prix, tandis que l’infanterie américaine tente toujours de forcer le passage. Le secteur de Saint-Joseph-du-Plessis et notamment les abords de l’église du même nom sont au centre d’intenses affrontements.
Faute de soutien de l’aviation et d’obus d’artillerie en suffisance, et tandis que la 79th Infantry Cross of Lorraine (général Ira Wyche) est toujours assez loin vers Keraude et Soye, Manton en est réduit à nettoyer les ruines au bulldozer… littéralement. Tâche dangereuse, coûteuse et pénible ! Pire : dans la soirée, la 4th Armored de John S. Wood reçoit l’ordre de se retirer dans le secteur d’Hennebont, pour regroupement avant un départ imminent vers la Champagne. Patton a obtenu ce qu’il voulait ! Et Collins va devoir entrer dans le dur avec encore moins de forces qu’escompté.
………
Saint-Malo – Ce matin, on ne voit plus vraiment l’île Cézembre, noyée qu’elle est dans les embruns et la fumée. C’est heureux – mais indifférent à Taylor, lequel a reçu l’ordre de régler au plus vite le cas de la cité d’Aleth. C’est qu’on a besoin de lui ailleurs et ici aussi, les choses n’ont que trop trainé, bullshit ! Pour en finir, on lui a promis un puissant appui, qui sera mis en œuvre dès demain.
………
Saint-Nazaire – Les reconnaissances de la nuit ont fini de faire leurs rapports – en résumé, le périmètre allemand parait pour l’heure impénétrable. Il faudrait des bombardements massifs appliqués sur la durée. Dans son compte-rendu à Collins, Raymond Bardon ne montre donc pas plus d’allant que ces confrères de Lorient : « C’est du costaud ! Rocky Mountains indeed ! ». Et pourtant, nous ne sommes pas dans le Colorado, mais bien au bord de la Loire. Joseph Collins acte donc l’interruption ici de toutes les opérations offensives. Un seul lièvre à la fois…
Normandie
Second périmètre de défense du Havre, 07h00 – Après une nouvelle nuit et une nouvelle matinée de frappes d’artillerie et de réduction de bunkers menée notamment par des Avre, les Crocodiles s’avancent à nouveau – cette fois, vers la seconde ligne de défense, dont les points forts leur sont connus grâce aux réseaux de Résistance locaux.
Ce matin, il fait moche, une fois encore. Mais ça n’empêche pas le chef de char du blindé de tête d’observer que devant lui, on hisse le drapeau blanc ! Les servants krauts n’ont visiblement plus envie de se faire incinérer pour rien. « They’re surrendering, they’re giving up ! » hurle le tankiste, qui a sorti un peu imprudemment la tête à son tourillon pour mieux voir aux jumelles. Et la nouvelle se propage au milieu des acclamations, tandis que l’infanterie de Gustaw Paszkiewicz se répand en ville.
………
Le Havre, capitainerie du port, 11h45 – Considérant que sa blessure, quoique peu grave, l’empêche de poursuivre la lutte, le colonel Eberhard Wildermuth présente officiellement sa reddition personnelle, ainsi que celle de tout son état-major. Il refuse cependant d’ordonner au reste de ses troupes de capituler – renvoyant ainsi chacun à ses propres responsabilités, peut-être avec un peu d’hypocrisie. Détail… Transféré en Angleterre à Trent Park (le camp de prisonniers pour officiers importants), Wildermuth rapportera plus tard bien volontiers à qui de droit qu’il estimait avoir tenu son serment en immobilisant pendant un peu moins de dix jours des forces ennemies substantielles (1).
Dans la soirée, le reste du port est sous contrôle. Les Polonais de la 4e DI se font un plaisir d’aller débusquer personnellement chaque petit malin qui tente de se cacher dans une cave. Les Alliés récupèrent ainsi un peu moins de 10 000 prisonniers. Le port est ruiné et saboté – mais réparable – la ville est martyrisée – mais moins que si l’affaire avait duré longtemps – et surtout l’estuaire de la Seine est dégagé. Les réparations vont aller bon train (2) !
Quant à la 4e DI de Paszkiewicz, elle se prépare déjà à lever le camp, pour aller rejoindre ses compatriotes en Champagne.
Côtes de Picardie – Le long de la Bresle, les 4th Canadian Armoured et 3rd Canadian Infantry commencent à tâter les défenses du LXVII. ArmeeKorps. Ce dernier pourrait sans doute espérer contenir un temps l’adversaire – à défaut de véritablement tenir… Mais la situation stratégique globale comme (surtout) le débordement en cours de la 5th Canadian Armoured (Guy Simonds) – laquelle approche d’Amiens avec la 2nd Canadian Infantry (Charles Foulkes) sur ses arrières – rend l’exercice aussi risqué qu’inutile. C’est que la capitale picarde n'est tenue à cette heure que par les restes de la 26. Panzer du Generalleutnant Smilo von Lüttwitz, mal renforcée de diverses unités de marche et du 902. StuG Abt du Hauptmann Frerich von Lessen.
A Blangy-sur-Bresle, la 49. ID (Sigfrid Macholz) – qui avait déjà largement garni sa voie de repli – reçoit donc l’ordre de lâcher prise pour remonter vers la Somme par Airaines et Picquigny, afin de contribuer à la défense du fleuve. En chemin, elle croisera la 4. Fallschirmjäger d’Heinrich Trettner, en route pour prendre sa place vers Pont-Remy. Quant à la 48. ID de Karl Casper, évidemment, c’est direction Abbeville. Le tout de nuit, et sous la pression molle de Canadiens qui franchiront la Bresle tôt le lendemain matin.
Oise et Picardie
Région de Beauvais – La 50th Infantry Northumbrian (Douglas Graham) libère Breteuil sans coup férir – la localité était désertée par l’ennemi. Au centre, la 3rd Infantry (Tom Rennie) avance vers Saint-Just-en-Chaussée, avec la 15th Infantry Scottish (Gordon MacMillan) sur sa droite à Ressons-sur-Matz, tandis que la 3rd Infantry Welsh (Robert Knox Ross) entre enfin dans Compiègne, sur les traces de la redoutable 16. Panzer de Balck. Evidemment, le dépôt de munitions du camp des Sablons, le camp d’aviation de Margny-lès-Compiègne et le pont sur le barrage de Venette comme celui du boulevard Gambetta ont déjà sauté… Mais tout n’est pas noir pour autant. La preuve : un train conduisant des déportés vers l’Allemagne a été détourné vers Péronne. Il attend désormais sagement qu’on vienne l’y chercher, sur une voie de garage et sous la garde de FFI locaux…
Le 1st Corps de John Crocker a donc atteint une ligne prolongeant grossièrement la Bresle sur 90 kilomètres. Il reçoit l’ordre de stopper ici ses mouvements offensifs, le temps pour le VIIIth Corps de Sidney Kirkman de lui passer devant. Ce qui devrait être fait demain en milieu de journée.
Chambly – Le général George Erskine est débarqué de la 7th Armoured ! Jugé responsable de la désastreuse affaire de Creil (risquer une défaite face à un adversaire vaincu, quelle honte !) et aussi plus généralement – quoiqu’un peu paradoxalement – d’une prudence excessive ayant conduit à une « indifferent performance » de son unité, l’intéressé est renvoyé en réserve. Plus tard, un poste d’état-major le conduira en Extrême-Orient puis à diverses responsabilités de police en Afrique, où il se comportera plus ou moins bien…
La division est confiée à Gerald Lloyd-Verney – un officier de blindés depuis 1940, personnellement recommandé par Montgomery (qui aurait aimé le récupérer) et dont nul ne doute qu’il donnera toute satisfaction.
2e Division Blindée
Paris – Les derniers points de résistance allemands au nord de la Petite Couronne finissent de tomber les uns après les autres. Sans perdre de temps, la 2e DB reprend la route vers Melun. L’objectif est de suivre la Seine en passant derrière Patton pour rejoindre de Lattre. Leclerc n’est pas pressé de revoir son futur chef : il est de notoriété publique que le caractère fougueux du divisionnaire est l’opposé du méthodique et mesuré général de corps d’armée. Une contradiction qui ne risque pas de s’arranger si l’on en croit des bruits de couloirs selon lesquels on pourrait accorder une quatrième étoile à Leclerc pour la libération de Paris… mais pas tout de suite, bien sûr.
Du côté des Allemands
QG du Heeresgruppe G, Metz – Une fine bruine empêche de bien voir par les fenêtres des bureaux de von Rundstedt. Tant mieux : cela empêche l’aviation alliée de jouer les trouble-fête ! Et surtout, se dit-il, de repérer les 8 divisions, 4 brigades blindées et un bataillon de chasseurs de chars qui commencent en ce moment-même à passer le Rhin pour renforcer la défense du Reich. Gerd von Rundstedt ne se fait aucune illusion : la guerre est perdue, quoi qu’il arrive. Le Reich est déjà privé de ses plus belles conquêtes : la Pologne, presque toute la France, l’Ukraine… Le mois dernier a définitivement éteint ses derniers doutes quant à la fin du conflit. Mais son devoir de soldat prime sur son défaitisme. Et von Rundstedt est un excellent soldat.
Sur la carte de son bureau s’étalent les positions des unités amies, mais aussi et surtout ennemies, telles que fournies par l’Abwehr et les reconnaissances. L’objectif de l’opération qu’il prépare est relativement simple : casser les dents des Américains sur les solides positions sur la Meuse, évacuer celles-ci quand les conserver deviendrait trop coûteux et, quand la 1st US Army aura suivi et sera désorganisée, contre-attaquer violemment afin de saigner cette armée. Pas de faux espoirs de reconquête de la Champagne ou de défendre la Marne, la Westheer n’en a plus les moyens ! Mais elle peut faire payer ses ennemis.
Pour cela, il faut impérativement sauver les trois corps d’armée encore dans la plaine de Champagne et qui y risquent l’anéantissement face aux Britanniques et aux Américains, plus mobiles mais pour l’instant heureusement contraints par la logistique. Les dernières divisions du HG G quittent donc la ligne Provins, Romilly et Troyes sur laquelle elles s’étaient installées, pour retraiter sur la Marne. L’organisation du commandement est modifiée pour cela. Ainsi, la 1. Armee reprend le LXXVI. AK de la 19. Armee, pour son évacuation puis la défense temporaire de la Marne, avec le LXIV. AK. Tous deux seront renforcés par deux des divisions de PanzerGrenadiers qu’il va bientôt recevoir.
Chose rare, la plupart des divisions encore existantes dans le coin sont plus ou moins à effectifs normaux… grâce à la récupération des fuyards venant de l’ouest. Par exemple, la 327. ID de Rudolf Friedrich retrouve une dotation presque normale – à l’exception de l’artillerie, décimée à Montargis. Faute de mieux, on lui confiera des armes de prise du début de la guerre : 75 mm français ou belges, pour la plupart, entreposés à Verdun. Triste symbole de la déchéance de la Wehrmacht, ces canons, modifiés pour le tractage moteur, vont devoir être tractés par des chevaux.
La 19. Armee de von Schweppenburg, elle, va recevoir, à la place du LXXVI. AK, le renfort du XC. AK de la 1. Armee. Deux corps d’armée sont ainsi échangés sur le papier, mais ce sont des débris, loin des solides formations d’il y a un mois. Von Obstfelder n’en aura pas besoin pour ses combats retardateurs, et bien que diminué, le XC. AK sera critique pour défendre Nancy alors que les Français tentent de progresser dans les Vosges.
Par ailleurs, la 363. ID d’Anton Freiherr von Hirschberg est en train de passer le Rhin à Vieux-Brisach, profitant de la bruine pour éviter les attentions de l’aviation alliée. D’ici deux jours, elle sera à Belfort et pourra défendre la ville avec l’aide des deux divisions parachutistes qui reculent en plus ou moins bon ordre dans la vallée du Doubs. Erich Straube va donc retrouver une densité correcte avec quatre divisions en ligne, même si trois d’entre elles sont bien diminuées. Un ou deux jours de plus et les deux divisions de Panzergrenadiers qui arrivent pourront garnir le front des Vosges. Les autres renforts devront aller boucher les trous – à l’exception, bien sûr, des deux SS-PzK, qui formeront le poing blindé de sa contre-attaque. Ça peut marcher… ça doit marcher, soupire Rundstedt, un pli amer aux lèvres.
1st US Army
Bassin de la Seine – Von Rundstedt a eu du nez en ordonnant le repli. Alors même que les Allemands évacuent Troyes, Patton relance son offensive et bondit de derrière l’Yonne et la Seine. En une journée, Provins, Nogent et Villeneuve-l’Archevêque sont enlevées, laissant loin derrière les divisions de Patch. Le Vth US Corps commence déjà à se déployer au nord de la Seine, progressant parallèlement au XIXth.
C’est enfin reparti ! peut se dire Patton avec satisfaction, après avoir fait taire l’officier responsable de la logistique, qui s’inquiète du ravitaillement de la 1st Army. L’intendance suivra, elle l’a toujours fait, et ce n’est pas Ike ou Brad qui joueront les gêneurs : ses relations avec eux sont distantes mais relativement cordiales. De fait, si les deux généraux sont de plus en plus critiques vis-à-vis du fougueux Patton, ils l’apprécient à titre personnel.
Et puis, des renforts arrivent : la 29th Infantry débarque à Orléans. D’ici quelques jours, elle aura rattrapé le Vth US Corps. Et à Tours, la 82nd Airborne prend ses quartiers de repos. En cas d’urgence, elle pourra plus facilement être redéployée depuis une gare fonctionnelle que depuis Angers.
7th US Army
Orléans – Patch finit de prendre en main ce qui sera désormais “son” armée.
Le VIth et le IVth US Corps terminent leur période de repos et de reconstitution ; ils attendront le rétablissement d’une logistique digne de ce nom avant de repartir de l’avant. Fin mai, on s’était par moments retrouvé à deux doigts de manquer de nourriture, alors les munitions et l’essence… Avec les progrès de la remise sur rail (littéralement) de la SNCF, on pourrait repartir dans trois jours, et reprendre vraiment l’offensive une semaine plus tard.
De plus, les premières divisions du VIIIth US Corps commencent à arriver à Orléans. La 85th Infantry, en tout cas ses éléments légers, déchargent déjà en gare des Aubrais, alors que les éléments lourds comme l’artillerie sont encore sur la route et devraient arriver demain. La 1st Armored, approche aussi de la ville martyre. La 2nd Armored a quitté Tours pour participer au mouvement vers Orléans. A Olivet, une aire a été rapidement préparée par le génie pour accueillir la masse de soldats prévue – les autochtones seront dûment dédommagés (3).
………
L’évènement “mondain” de la journée est la cérémonie officielle des obsèques de Maurice Rose. Le général a déjà été inhumé il y a une semaine selon les rites hébraïques au cimetière d’Orléans, mais c’est la première fois depuis son décès que suffisamment de hauts gradés ont pu faire le déplacement, une nouvelle cérémonie a donc été organisée devant sa tombe. Il y a tout le gratin des étoilés du front qui ne sont pas accaparés par les opérations en cours. Patch, bien sûr, mais également Ike et Bradley, qui ont fait le déplacement ensemble. Frère et un autre Français que Patch ne reconnaît pas à première vue. Les Britanniques sont représentés par un Ecossais, Orléans oblige, et il y a même un Polonais, la famille de Rose venant de ce pays.
La cérémonie se prolonge, non au cimetière mais au Campo Santo, cloître catholique qui accueille pour l’heure l’unique synagogue d’Orléans. En effet, Rose n’était rien moins que le plus haut gradé juif de l’armée américaine ! Un sergent polonais juif, rabbin dans le civil, a été dépêché dans l’urgence pour organiser la cérémonie, les Juifs d’Orléans étant dispersés aux quatre vents et leurs rabbins introuvables.
Alors qu’il se tient au côté d’Ike, Patch apprend de sa part sa prochaine promotion au rang de lieutenant-général, qui sera officielle le jour où il prendra le commandement de la 7th US Army. La cérémonie de passation aura lieu le 5, pile le jour où cette armée ira occuper des positions favorables à son retour sur le front.
1ère Armée française – Opération Marguerite
Lorraine – Les deux “nouvelles” divisions du IIIe CA continuent leur prudente avancée vers les lignes allemandes. La nouvelle des affrontements de la veille à Rolampont a renouvelé la vigilance des troupes, qui ne souhaitent pas se faire piéger. La progression est donc lente, les reconnaissances méthodiques, et en soirée la 14e DI n’a progressé que d’une dizaine de kilomètres, la faute à la bruine qui transforme la terre en boue et empêche les reconnaissances aériennes. Les deux divisions passent l’Aujon et s’étalent entre Cour-l’Evêque et Marac. Les soldats de la 19e peuvent même apercevoir depuis Bugnières la Maison-Dieu de Mormant. A première vue, la plaine au nord semble vide.
Cependant, à quinze kilomètres des Français mais à leur insu, un grand nombre de soldats allemands se reposent pour la nuit sur l’ancienne base aérienne de la Luftwaffe, à Semoutiers. Il s’agit des deux divisions survivantes du XC. AK ainsi que des deux escadrons qui restent au 341. StuG Abt, qui vient d’évacuer Troyes. Tous doivent se réorganiser et tenir en respect les Français sur la Meuse pendant le redéploiement des autres forces. La météo médiocre les a bien aidés en masquant leurs mouvements à la suprématie aérienne alliée, et en permettant d’accélérer l’évacuation de la plaine de Champagne.
Du côté des deux divisions blindées du IIIe CA, la 1ère DB reprend avec précautions son avance malgré après les affrontements coûteux de la veille. Elle atteint Thivet, mais doit s’arrêter avant d’avoir atteint Nogent. Aimé Sudre craint une réédition de l’embuscade de Rolampont : les bois au sud de Nogent sont très denses et la D1, qui mène à la petite ville, traverse sur plus de deux kilomètres un épais couvert boisé. Cette prudence est justifiée : la 243. ID, depuis la veille, s’est installée dans la forêt, déployant plusieurs canons antichars en attendant l’assaut blindé français. Un engin de reconnaissance est perdu, mais Sudre ordonne immédiatement une halte. On ne sera pas à Chaumont aussi vite que prévu…
Nouvelle d’importance, cependant, pour les caméras alliées : la 5e DB atteint les sources de la Meuse ! Pas la source à proprement parler, mais le point où la rivière devient officiellement un fleuve par la confluence de deux cours d’eau. Radio-Marseille, pardon, Radio-Paris dresse évidemment un parallèle entre Marguerite et l’offensive Meuse-Argonne, qui poussa les Allemands à l’armistice. Hélas, si du point de vue des états-majors, la Westheer est bel et bien vaincue, la guerre n’est pas finie, et l’Allemagne n’est pas encore défaite. Mais les fantassins de la 19e DI et les dragons de la 1ère DB n’en ont cure : cette fois-ci, c’est clair, ils peuvent faire honneur à leurs camarades du 15e RDP (ci-devant Noailles-Cavalerie) tombés en 1940. Les Français reprennent la Lorraine et, cette fois, ils ne se contenteront pas de faire boire leurs chevaux dans le Rhin…
Vesoul – La 83e DIA descend le long de la Saône, mais comme pour ses consœurs du IVe CA, plus à l’ouest, prudence est mère de sûreté. La météo médiocre empêche de savoir au juste où en sont les Allemands et ce qu’ils préparent, et Eugène Mordant n’est pas friand de surprises. Il s’arrête donc à Port-sur-Saône, et ses reconnaissances essaient de trouver la trace des Allemands, sans succès. La 91. LFD s’est évanouie dans les bois.
Ce que Mordant et Koœltz ne peuvent savoir, c’est que le redéploiement allemand est rapide. Dès le lendemain, l’entièreté du LXXXVI. AK sera en ligne pour défendre l’accès aux Vosges en s’appuyant sur de nombreux couverts et sur des positions préparées pour mener une bataille d’escarmouches sur toute la zone entre la Saône et les contreforts du massif montagneux. Pendant ce temps, la 91. LFD entre dans Epinal, dont elle doit préparer la défense avec diligence.
De leur côté, les chars de Rabanit continuent d’avancer, mais les fantassins de Franz Krech défendent pied à pied l’accès à la vallée du Doubs. En fin de journée, après avoir réduit plusieurs bouchons et repoussé la 39. ID sur Villersexel, la 3e DB peut enfin déboucher sur la vallée, mais trop tard pour permettre l’enveloppement de la 5. Fallschirmjäger de Wilke, qui a abandonné Besançon en flammes dès que Krech lui a appris la perte du bouchon de Vallerois-le-Bois. Les parachutistes longent le fleuve le plus vite possible, afin de se réfugier dans Baume-les-Dames pour la nuit.
Wilke rend compte à Straube, qui ne peut qu’accepter la perte définitive de la vallée du Doubs. Ses ordres sont de se replier et de s’encasemater dans les fortifications du secteur de Belfort-Montbéliard. Cependant, il faudra faire durer les combats et épuiser les Français afin de tenir Belfort. La retraite se fera donc en tiroir, en pratiquant cette guerre d’escarmouches dans laquelle les Landsers sont passés maîtres.
Plus au sud, la 2. Fallschirmjäger devrait pouvoir tenir en respect les unités mobiles de la Légion. Celles-ci ont payé un très lourd tribut depuis début mai et vont sans doute devoir sous peu être retirées du front pour repos et réorganisation. Ce qu’ignore Straube, c’est que la 9e DIC, que les Allemands croient toujours bien au Sud, vient d’arriver à Dole. Elle va prendre le relais des unités de la Légion épuisées, amaigries et qui arrivent en bout de potentiel.
Notes
1- Classé par ses interrogateurs dans la catégorie des “patriotes sensiblement opposés aux nazis” (il aurait eu connaissance des opérations d’élimination des malades mentaux par son frère médecin et aurait peut-être joué un petit rôle dans Walkyrie), Wildermuth deviendra plus tard une figure particulièrement positive de l’Allemagne d’après-guerre, recommandant des figures politiques et animant des séminaires sur… les crimes de guerre, à destination de certains de ses anciens collègues. Elu député démocrate du Wurtemberg-Hohenzollern et membre du Bundestag, il sera ministre dans les premiers gouvernements allemands, en charge de la reconstruction. Il mourra de ses blessures à ce poste, en 1952 – ses jambes, déjà usées par le Premier Conflit, avaient fini par le lâcher et il ne se déplaçait plus qu’en fauteuil.
2- On peut aujourd’hui admirer sur le pont de Normandie une curieuse statue, déplacée de l’ancien siège de la Compagnie Générale Transatlantique (lui-même jadis un ouvrage majeur du port) : un taureau supportant un aigle blanc, lui-même porteur d’une flamme allumée dans une vasque – la bête à cornes étant l’insigne de la 79th Armoured et la vasque à la flamme celui de la 4e DI polonaise.
3- L’endroit deviendra après-guerre la garnison de plusieurs unités américaines, ainsi que de deux régiments français : les 6e et 12e Régiments de Cuirassiers. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15247 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Mar 17, 2024 10:06 Sujet du message: |
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2 Juin chez les Belges
Impatience
A l’est de Paris – Les véhicules progressent vers le nord, bientôt le regroupement. Les hommes sont de plus en plus impatients de rentrer au pays – quatre ans, c’est très long !
Le long des routes, les habitants font de grands signes joyeux. A chaque halte, ils sont surpris de voir les drapeaux sur les manches des hommes et les enfants sont réjouis en recevant qui une tablette de chocolat, qui une boîte de biscuits. Mais plus d’un père de famille belge frémit en pensant aux siens restés en Belgique…
Au 2 Cy, Dumont observe la distribution de bonbons en pensant à sa femme et à ses enfants. Son aîné doit avoir tellement changé ! Et puis, surtout…
– Ça va mon colonel ? interroge le commandant Jockin. Vous avez l’air soucieux.
– Oui Jockin, mais je pensais à mon fils aîné, Lucien…
– Il à quel âge ?
– 19 ans maintenant ! C’est ce qui m’inquiète. J’espère qu’il est resté tranquille…
Le colonel ignore qu’à quelques dizaines de kilomètre de là, un jeune maréchal des logis qui n’est pas resté tranquille est mort de peur, et pas par crainte des Boches ! |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 573
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Posté le: Dim Mar 17, 2024 10:18 Sujet du message: |
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| Citation: | Du côté des Allemands
QG du Heeresgruppe G, Metz – Une fine bruine empêche de bien voir par les fenêtres des bureaux de von Rundstedt. Tant mieux : cela empêche l’aviation alliée de jouer les trouble-fête ! Et surtout, se dit-il, de repérer les 8 divisions, 4 brigades blindées et un bataillon de chasseurs de chars qui commencent en ce moment-même à passer le Rhin pour renforcer la défense du Reich. Gerd von Rundstedt ne se fait aucune illusion : la guerre est perdue, quoi qu’il arrive. Le Reich est déjà privé de ses plus belles conquêtes : la Pologne, presque toute la France, l’Ukraine… Le mois dernier a définitivement éteint ses derniers doutes quant à la fin du conflit. Mais son devoir de soldat prime sur son défaitisme. Et von Rundstedt est un excellent soldat. |
Il me semble qu'on a déjà fait à plusieurs reprises un sort à la réputation "d'excellent soldat" de Von Runstedt : pleutre, alcoolique, se contentant de contresigner les ordres opérationnels de son chef d'état major. Alors certes, il est très expérimenté et assez lucide stratégiquement, mais cela n'en fait malgré tout pas un épigone de César... Peut être une formule plus axée sur le côté "droit dans ses bottes", comme : "Et Von Runstedt, malgré une certaine lucidité stratégique, est d'abord un soldat. QALM ? _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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