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Les Balkans, Mai 1944
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 15:05    Sujet du message: Les Balkans, Mai 1944 Répondre en citant

1er mai
La campagne des Balkans
Opération Plunder – Teatime
Vallées du Danube et de la Save
– Le LXVIII. Armee-Korps a achevé son périple – après presque deux cents kilomètres en une semaine de marche, il est désormais à nouveau auprès des siens et à sa place, dans la vallée de la Save. Les divisions d’Hellmuth Felmy se positionnent afin de fermer la route de Nagykanizsa. Les jours suivants, elles vont se répartir comme suit : 100. Jäger (Willibald Utz) à Szigetvár, ce qui libérera la 1. Panzer de Walter Krüger de ses positions sans intérêt vers Szentlőrinc ; 181. ID (Hermann Fischer) à Barcs, sur la Save (avec le 914. StuG Abt du Major Friedrich Domeyer en réserve vers Csokonyavisonta) ; enfin, sur la rive droite, la 173. ID (Heinrich von Behr) à Virovitica (avec le 907. StuG Abt du Hauptmann Friedrich von Lessen en réserve à Pitomača).
Felmy, lui, prendra ses quartiers à Nagyatád, dans le monastère franciscain du XVIIIe siècle. Pas l’idéal – tout comme sa position, en plein sur l’axe prévisible de progression ennemi ! – mais avec le LXIX. PanzerKorps et les deux divisions de réserve arrivant bientôt de Transylvanie, ça ira… En tout cas, la situation est toujours bien meilleure que dix jours auparavant – on a cédé un bout de Yougoslavie, c’est tout ! Et puis, il y a des bonnes nouvelles : en partant, Felmy a aussi laissé à son infortuné confrère, Julius Ringel, le Corps des volontaires serbes des détestables Dimitrije Ljotić et Radoslav Rade Radic. Au moins, ces deux-là ne seront plus dans ses pattes ! Et à mesure qu’on s’éloigne de la Bosnie, Felmy espère (lui aussi !) revenir à une forme de guerre plus… normale.
En face, dans la vallée de la Save, le XIIIth Corps accueille son nouveau chef, Richard McCreery, venu d’Athènes par avion après avoir dû traverser une bonne partie de la chaine des Balkans en zigzaguant entre les nuages.
McCreery n’est pas du tout un inconnu dans l’armée britannique – sans y jouir pour autant d’une grande notoriété. Et pourtant, l’homme a tout pour assoir sa réputation : fils de sportif de haut-niveau (son père était compétiteur olympique en polo), issu d’une illustre famille d’ingénieurs (1) et de militaires, c’est un officier très brillant (2). Il a fait le Premier Conflit mondial, pendant lequel il a été grièvement blessé (3). Resté boiteux, il a dû réapprendre les gestes du quotidien… et de l’équitation (il était dans la 5e Division de Cavalerie), avant de remonter au front comme chef de section, récoltant la Military Cross dans les tout derniers jours du conflit ! Un véritable meneur d’hommes, bien connu de Richard O’Connor et de Bernard Montgomery, qui avaient tous deux été parmi ses instructeurs au Staff College de Camberley dans l’entre-deux-guerres, afin qu’il ne passe officier supérieur. En 1940, au sein du BEF, il a combattu à Abbeville avec la 2nd Armored Brigade, aux côtés de la 4e DCR d’un certain Charles De Gaulle, lequel lui a fait forte impression – et réciproquement. Comme le Français, McCreery était passé naturellement du picotin au diesel – il est aujourd’hui considéré comme un expert des blindés.
Avec un pedigree pareil et des soutiens aussi haut placés, Richard MacCreery devrait être l’une des étoiles montantes de l’armée britannique. Pourtant, il n’en est rien : il a végété dans des postes de conseillers au Moyen-Orient auprès d’Auchinleck avant de devenir CEM d’Alexander en Italie. Pire : c’est à lui qu’on a confié le sale boulot de gérer le très pénible épisode de la mutinerie de Sindos, près de Salonique, pour le compte du Xth Corps. On le dit modeste, voire effacé… à moins qu’il ne soit seulement plus porté sur l’équitation que sur la communication, voire l’autopromotion (spécialité de son chef). Ce qui ne l’empêche pas, sur le terrain, d’être audacieux, voire téméraire. En résumé, entre McCreery et Montgomery, c’est un peu le feu et la glace : complémentaires… pour peu qu’on ne les confronte pas. Pour l’instant, “Dick” en est encore à prendre ses marques. On le verra toute la journée parcourir les lignes en Bosnie, où il sera témoin du spectacle toujours surprenant offert par le Fiat CR.42 du 5e Corps “Bosniaque” de l’AVNOJ. Désormais à peu près bien ravitaillé grâce aux Australiens (et reconnu par tous les tireurs de la DCA alliée, au grand soulagement de son pilote !), celui-ci passe en pétaradant au-dessus des bois du secteur de Derventa, à la recherche des positions de la 264. ID… « Décidément, ici, rien ne semble tout à fait normal. » souffle le brigadier-general. Il ignore à quel point il n’est pas au bout de ses surprises !

Opération Veritable – Celle dont personne ne voulait
Bosnie et Monténégro
– Situation inchangée à Olovo et Donja Ljubogošta – les forces gréco-yougoslaves en sont encore à accumuler des moyens, tâter le terrain et… attendre le retour d’un beau temps qui permettra d’y voir plus clair et de faire bombarder l’ennemi.
Dans le secteur de Pendičići, par contre, c’est une autre limonade. Le 13. SS-Freiwilligen Gebirgsjäger Rgt Artur-Phleps, déjà empêtré dans un long et pénible combat pour la vallée de la Željeznica – avec (pour simplifier) le 1er Corps “Prolétarien” de Koča Popović sur son flanc gauche et le 3e Corps “Bosniaque” de Kosta Nađ sur sa droite, qui le harcèlent tous deux depuis les reliefs ! – voit débouler derrière lui depuis Dobro Polje le 12e Corps “de Voïvodie” (Danilo Lekic “Spaniard”, Stefan Mitrović) et surtout la 13e DI de Charalambos Katsimitros ! Comme le craignait le Standartenführer August Schmidhuber, son unité est désormais coincée dans une cuvette, à la merci de l’ennemi.
Evidemment, en pareille circonstance, l’idéal nazi commanderait de tenir, en attendant la contre-offensive qui anéantirait l’ennemi. Lancée, par exemple, par le 7. SS-Panzer-Grenadier Rgt d’Alfred Wünnenberg, qui pourrait (peut-être) remonter de Kalinovik pour assaillir le flanc adverse… Oui, mais voilà, ce serait long et pas forcément décisif. Et le tout obligerait à sacrifier le sang de bons Aryens juste pour le plaisir de rester maitre d’un mauvais terrain.
Aussi, pressentant avec justesse que les ambitions de Krüger se limitent en pratique à défendre Sarajevo, Schmidhuber décroche plein nord et va défendre la capitale bosniaque. Son régiment traverse la vallée sous les tirs des Partisans, auxquels il riposte avec intérêts, et résiste aux coups de main des Prolétariens jusqu’à atteindre finalement Krupac : le goulet de l’entrée sud de Sarajevo, une position facilement défendable. Informés, ni Karl Reichsritter von Oberkamp, ni Friedrich-Wilhelm Krüger ne désavoueront leur subordonné. Le Bavarois a bien fait – et, du même coup, il a paré une tentative d’infiltration bolchevique pouvant être aussi dangereuse qu’elle était hardie. A présent que ces adversaires sont coincés en fond de vallée, il leur sera difficile de renouveler la tentative, surtout que dans la soirée, le 7. SS-Pz-Gr Rgt reçoit l’ordre de se replier vers Konjic : le massif des Treskavica est désormais dénué d’intérêt stratégique – par contre, il reste toujours aussi dangereux pour les nazis.
Du côté de l’AVNOJ, c’est un peu la déception – on tenait presque un gros contingent d’assassins en noir, et juste pour la fête des Travailleurs ! Mais ce n’est que partie remise… En réalité, à force de reculs, les SS se regroupent autour de Sarajevo – ainsi, peu à peu, l’encerclement de la ville prend forme. Et la corde se resserre autour du cou des Occupants, surtout avec les opérations en cours plus à l’ouest. L’opération Sarajevo se poursuit…
Au Monténégro, les opérations se poursuivent vers une conclusion prévisible. Les Croates ont atteint Nikšić. La 369. ID “du Diable” ferme toujours la marche à Dabojevići, face à une brigade blindée grecque point trop aventureuse sur un terrain qui ne la favorise pas. Les forces du NDH, elles, entreprennent de traverser en direction de Trebinje, en se servant de Kotor comme pivot. Le port est toujours occupé par la 392. ID “Bleue” d’Artur Gustovic – assez usée mais point trop sollicitée, même par les monitors alliés. De fait, ceux-ci ne voient guère l’intérêt de tirer pour le plaisir de ravager un port que l’on sait bientôt abandonné… L’évacuation se poursuit donc dans une sorte d’indifférence, voire de flegme.

Entretien avec un Oustachi
« – Bon, vous avez réussi à sortir de Podgorica. J’ai bien compris. Mais ensuite, qu’avez-vous fait ? Cette mission secrète dont vous me parliez juste avant ?
– D’abord, sortir de Pogdorica et quitter le Monténégro n’avait pas signé la fin de nos ennuis. Il nous a fallu, à moi et mon groupe, remonter toute la file de nos troupes en retraite jusqu’à Mostar, où nous étions attendus.
– Un long voyage.
– Très long ! Et réalisé de surcroît dans des conditions très difficiles, sur des routes encombrées, pleines de soldats et de réfugiés. C’est dans de tels moments que j’ai pu me féliciter d’avoir récolté autant de Kunas, plus des Dinars royalistes et quelques babioles, en complément des laisser-passer tamponnés par Zagreb.
Il tend la jambe droite avec brutalité tout en serrant les poings, pour mimer la conduite d’un camion.
– Nous avons donc taillé la route. Achetant, menaçant, renversant parfois. Rien ne devait nous arrêter. Direction Mostar. Je vous l’ai dit, nous étions attendus ! »

(Dans la tête du monstre – Conversations avec un officier oustachi, Robert Stan Pratsky, Flammarion 1982)

Opération Veritable – L’aigle du Monténégro
Port de Durrës (Albanie)
– Le général Władysław Anders reçoit ce matin copie d’une lettre que le général Montgomery vient d’adresser à Londres et au gouvernement du président Raczkiewicz – faute d’un général Kazimierz Sosnkowski démissionné de force et jamais remplacé ! Dans sa missive, Monty prend le contrepied complet de ses récents rapports en vantant abondamment la bravoure des soldats polonais. Il précise même qu’il sollicite la DSO pour une dizaine d’entre eux.
Dans l’esprit du Britannique, il s’agit peut-être de faire plaisir à ces troupes sur le départ, en rétablissant une certaine vérité après quelques exagérations – et surtout après avoir dit des choses fort désagréables à leur propos. La politique reste la politique, mais nous sommes ici entre soldats, isn’t it ? Possible… pour un insulaire, Mais du point de vue des exilés continentaux, c’est de l’hypocrisie et de la flagornerie.
Quelques heures plus tard, la visite d’adieu du général Montgomery, pourtant d’habitude si adroit à soigner son image auprès de la troupe, s’achève donc dans une ambiance plus froide encore que la pluie qui tombe à seaux. La plume du général Maczek saisira bien plus tard, avec une cruauté chirurgicale, l’acidité de l’instant.
« L’ultime inspection effectuée par les chefs et les états-majors s’était faite discrète ; sans doute se contentait-elle des rapports des missions de liaisons. Elle ne s’extériorisa que par deux visites à l’échelon le plus élevé, une du côté britannique et une du côté français.
Premier de ces invités, le général Montgomery nous rendit visite le 1er mai, auréolé de sa gloire de triomphateur de la Grèce, de vainqueur du Danube et précédé par la popularité dont il jouissait dans le monde entier. C’est à travers ce prisme que le regardait le soldat de ma brigade blindée, qui n’avait qu’une idée en tête : croiser le fer avec les Allemands. Aussi ne tint-il aucun compte de l’originalité vestimentaire de Monty, qui ne correspondait guère à notre conception de la tenue militaire, de son sweater rose et de ses deux insignes sur le béret, non plus que de sa façon de se servir d’une Jeep comme d’une estrade et de ses déclarations telles que « Voilà, nous avons ensemble tué des Allemands ! ». Ni de quelques autres détails ridicules qui sont, parait-il, des traits typiques des hommes qu’on juge exceptionnels et pleins de génie.
Monty arriva par une froide journée de mai en ne portant apparemment qu’un battledress, face à des soldats vêtus de capotes et gantés. Mais il cessa de nous en imposer quand, avant de déjeuner sous la tente, il retira jusqu’à trois épaisseurs de chandails de sous son battledress !
Tout d’abord, je ne sus au juste s’il blaguait ou s’il se payait ma tête quand il demanda quelle langue, en fait, les Polonais parlaient en Pologne : l’allemand ou le russe ? De tels propos auraient pu nous agacer, mais qu’importe ! Nous réalisions avec joie que cette visite mettait un point final à notre incorporation au 18e GAA du fabuleux maréchal Montgomery ! »

(Général Stanislaw Maczek – Avec mes blindés : Pologne, Grèce, Balkans, France, Allemagne – Presses de la Cité, 1967)

Opération Veritable – Prise de relais
Port de Durrës
– Le 2e GTM (Augustin Guillaume) a enfin fini de débarquer. Il a surmonté les difficultés inhérentes aux faibles moyens de grutage sur le port et l’encombrement notable des environs, dû en particulier à la présence du 2e Corps polonais, dont chacun sait qu’il est en partance pour d’autres cieux. Sans perdre de temps, les derniers goumiers – d’une unité quelque peu dispersée, non accoutumée aux spécificités locales et a priori incapable d’une action immédiate – montent donc vers Priboj, libérant ainsi de la place.
En marge de cette cohue, Camille Caldairou a l’occasion de méditer sur sa situation présente. Après avoir conféré avec de nombreux vétérans du coin tout en observant du coin de l’œil les Albanais, il comprend mieux pourquoi c’est encore Sylvestre Audet qui commande à Tirana, et non Alexandros Othonaios (en dépit de la supériorité numérique hellène). La France a, dans cette région du globe, une réputation de neutralité et de probité. Elle compte bien la conserver – et c’est sa tâche à lui, Caldairou, de s’en assurer, bien davantage que d’aller châtier quelques médiocres barbares croates au fond de la Save. Vaste programme… et complexe avec ça ! En réalité, entre Partisans communistes, Oustachis criminels et royalistes serbes, tous à couteaux tirés, le GDB marche sur des œufs. Chacun commence à peine à s’en rendre compte…

Guerre aérienne
Pluie de mai…
Balkans
– Le mauvais temps sur toute la Yougoslavie (hors Serbie) ne permet pas de missions de combat. Cette nuit, même les bombardiers lourds basés en Italie restent au hangar – après les pertes de ces dernières semaines, il n’est pas question pour Arthur Tedder de les engager pour le seul plaisir de faire acte de présence. Mais cela ne signifie pas que la Balkans Air Force a dit son dernier mot – surtout que les opérations terrestres ne manqueront pas de reprendre un jour prochain.

HeeresGruppen B et E
Un hold-up de la Waffen-SS
Adlerhorst (Hesse)
– Dans les Balkans comme sur le Front de l’Est, la Schutzstaffel triomphe de la Heer au milieu d’un immense chambardement. En conséquence logique de la situation stratégique complexe du Reich, c’est tout le commandement allemand en Europe du Sud qui est bouleversé par deux décisions majeures :
– Création d’un Oberbefehlshaber Donau (haut-commandement du Danube), qui chapeaute les HeeresGruppen B et E. L’ensemble est confié au Feld-maréchal Gunther von Kluge. Gotthard Heinrici reste à la tête du HG B, Lothar Rendulic remplace von Kluge comme chef du HG E.
– Au sein du HG E, transformation de la 20. Gebirgs-Armee en 2. SS-Gebirgs-Armee. Cette dernière sera confiée au SS-Obergruppenführer Walter Krüger, qui laisse son II. SS-PanzerKorps à Wilhelm Bittrich – lequel va donc revenir tout compte fait assez vite de ses vacances en Hongrie.
En pratique, Kluge hérite donc de la lourde tâche de défendre – avec ses adjoints Gotthard Heinrici et Lothar Rendulic – tout le flanc sud-est de l’Allemagne. Pour l’instant ! Car d’aucuns murmurent dans les couloirs de l’OKH que les jours de l’HeeresGruppe F italien d’Albert Kesselring seraient eux aussi comptés en tant que formation indépendante.
Dans l’ensemble, c’est logique : Hitler crée un commandement unique de tous les secteurs “non-offensifs”, le confie à un maréchal en semi-disgrâce, affecte à ce dernier comme adjoint un nazi de la première heure bien sous tous rapports (Rendulic, au bilan moins désastreux que celui de Löhr), tout en créant une nouvelle armée SS destinée d’évidence à rassembler sous la swastika toute la racaille slave du secteur ! Avec pour chef, au surplus, le vaillant SS Walter Krüger : l’un des héros de Friedericus II (à ne pas confondre avec son homonyme nouvellement nommé chef du LXV. PzK). Nul doute qu’il sera à la hauteur de la tâche !
Les SS ont donc désormais sous leur commandement l’essentiel des moyens de l’Oberbefehlshaber Donau – presque toutes les unités de valeur du secteur. Mais ils sont également comptables de tout : de la Save, de la Hongrie, d’une bonne partie de la Heer… et même des Oustachis. Quant à Kluge, sa promotion a un goût amer. Car dans les faits, de son QG de Hongrie, l’intéressé est dorénavant un peu responsable de la situation en Roumanie, sans avoir pour autant les moyens d’y faire grand-chose. Il en est donc réduit à espérer ne pas être obligé de faire roquer sans cesse ses quelques divisions panzers d’un bout à l’autre de l’Europe du Sud…

AVNOJ
La lutte finale
Slovénie
– Poursuite des actions disruptives du 9e Corps “Slovène” – lequel commence toutefois à se heurter aux renforts dépêchés par la Garde nationale locale, à la demande expresse des autorités du Reich. Comme chacun le sait, le gouverneur Leon Rupnik n’a rien à refuser à ses amis allemands. Une fois encore, les hommes de Lado Ambrožič se replient dans leurs montagnes, poursuivis par un ennemi qu’ils sèment (et saignent) aisément sous la pluie. Une fois encore, les troupes d’Ernest Peterlin font preuve d’une étonnante réserve – pour prix de celle-ci, le gouverneur Rupnik les fait envoyer vers Senovo, sur la suggestion de l’Obergruppenführer Rösener, qui estime impératif de remotiver ces troupes.
Comme quoi, Volksdeutschen assimilables ou non, ces êtres ne seront jamais au niveau des vrais Allemands, sauf à être formés et dirigés par eux. La preuve – demain, la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Karstjäger arrivera à Novo Mesto, pour un nouveau combat contre le 7e Corps “Slovène”. Et sans doute pour une nouvelle victoire.
………
Croatie (nord-ouest) – Jonction à Novi Grad entre la 34e Division de Martin Dasović (10e Corps “de Zagreb”) et la 35e Division de Stanko Perhavec (11e Corps “Croate”). Les forces de l’AVNOJ tiennent désormais formellement un vaste ensemble en Dalmatie, pénétrant de près de 115 kilomètres à l’intérieur des terres. A ce rythme-là, la liaison Zagreb-Sarajevo sera bientôt intenable – et les forces du nazi Krüger comme celles de leurs auxiliaires oustachis devront se retirer de Bosnie ou être anéanties, abandonnant dans tous les cas la province aux Partisans. L’opération Sarajevo – le patient collet du chasseur, et non pas la bruyante chevauchée des panzers prussiens – va réussir, ce n’est qu’une question de temps. Enfin, si les camarades de tous bords veulent bien continuer à jouer le jeu, et avec succès tant qu’à faire.
C’est évidemment le cas du 10e Corps “de Zagreb”, qui continue d’avancer vers Glina, sur les talons des Hrvatske Oruzane Snage. On est déjà à mi-parcours, à hauteur de Donji Klasnić… Hélas, Josip Antolovic rapporte ce matin encore que le nombre de malades augmente sans cesse, ce qui commence franchement à inquiéter. Hommes et femmes tombent, terrassés par la fièvre, sans que rien ni personne ne parvienne à entraver cette épidémie. Le mal commence aussi à toucher la population locale – le diagnostic de typhus est de plus en plus probable.
………
Croatie (nord), vallée de la Save – Dans les lagunes vers Uljanik, sur la route de Garešnica, la 12e Division “Slavone” de Petar Drapšin rencontre les premiers éléments de la SS-Kosaken-Freiwilligen Kavallerie-Brigade envoyés « rétablir l’ordre ». L’affrontement est très défavorable à l’AVNOJ – les Partisans, quoique motivés et relativement bien armés, sont contrés par des Cosaques menés d’une main experte par l’Hauptmann Orlov, l’un des adjoints de von Pannwitz. Ce sont de rudes combattants, mobiles (les cavaliers sont à leur aise en terrain humide) et habitués à la petite guerre, pas comme les Oustachis patauds du Ve Corps ! Dans une suite rapide de rencontres brèves et violentes, les Partisans encaissent défaite sur défaite. Ils doivent finalement se disperser par petits groupes afin d’éviter le massacre. A la tête de l’un de ces groupes, Drapšin – absolument pas vaincu, mais peut-être ramené à une certaine prudence. Les cosaques leur donneront la chasse toute la nuit, mais une nouvelle série d’engagements ne leur apportera rien d’autre que de l’agacement et de la frustration – avec l’expérience et dans l’obscurité, les Slavons se sont déjà repris…
………
Croatie (ouest), Lika-Senj – Pas d’autre action majeure dans le secteur d’Andrija Hebrang. Avec précautions, la 7e Division Banija (Vojislav Djokic, Kluro Kladarin) et la 13e Division “de Primorje-Gorski Kotar” (Veljko Kovacevic, Josip Skočilić) se préparent à avancer respectivement vers Josipdol et Bosanki Petrovac, afin d’élargir le territoire libéré sans se confronter à des adversaires trop forts. Dans la région, il s’agit essentiellement d’éléments de la Garde nationale slovène et de territoriaux croates – ça devrait aller.
………
Région de Nikšić (au nord du Monténégro) – L’arrivée du Ier Corps d’Ivan Brozovic, suivi de près par le KLAK d’Ivo Herenčić (observé d’assez loin par un Johann Mickl volontiers sarcastique) sauve les forces du IIIe Corps d’Ivan Markuli de la dislocation au moins autant que sa défense désespérée de ces deux derniers jours leur a évité un encerclement. En effet, confronté désormais à des troupes vaincues, certes, mais toujours très supérieures en nombre, Peko Dapcevic est contraint à la prudence. Il n’a pas mis en déroute les fascistes tout seul, quelle surprise… Par contre, il peut toujours prétendre avoir libéré un bon quart du Monténégro – voire carrément une moitié, si l’on considère qu’il a collaboré avec le 2e Corps d’Armée grec lors du démarrage de Veritable. Cela comptera dans l’avenir – pour sa carrière personnelle, pour la gloire de son corps d’armée et pour la place de l’AVNOJ dans cette nouvelle république monténégrine, indubitablement vouée à rejoindre la fédération yougoslave.

Ambitions
Višegrad (Bosnie occidentale)
– Sous le double coup de l’enthousiasme et de la conquête d’une grande partie des territoires du centre de la Yougoslavie, l’AVNOJ n’en finit décidément pas de développer son ordre de bataille !
Dernier ajout en date : une nouvelle troupe d’assaut, la 16e Brigade de choc musulmane (Salim Ćerić et Muhidin Begić). Deux bataillons de 450 hommes à peine – mais ces combattants ont été triés sur le volet, sur des bases ethniques bien plus que politiques (on a, de ce fait, évité l’amalgame avec les Prolétariens). Leur mission : mener des opérations en profondeur sortant du harcèlement usuel, pour s’emparer de vive force des positions urbaines ennemies ! Dans cette tâche, le matériel occidental fourni/prêté/réquisitionné/oublié/tombé du camion sera évidemment très utile. La brigade ne tardera donc pas à prendre la route de Pale, pour une destination que tous connaissent déjà : Sarajevo, sinon rien !

NDH
Migrations contraintes (bis)
Ouest du Monténégro
– La défaite des forces du NDH dans cette province entraine naturellement la fuite, dans les fourgons oustachis, d’un grand nombre de collaborateurs d’obédiences diverses – même pas forcément tous partenaires de l’Axe. Parmi eux, l’Armée nationale monténégrine de Sekula Drljević – qui se fait toute petite, tandis qu’elle avance vers le nord-ouest dans les monts au nord du Bobotov Kuk. Et, en parallèle de cette pauvre troupe, certains Monténégrins proserbes – mais pas assez pour rejoindre les Karađorđević.
Mihailo Ivanović est l’un de ceux-là. Considéré autrefois comme l’un des hommes politiques monténégrins les plus influents du début du siècle, membre du Crnogorska stranka (le Parti national monténégrin, indépendantiste au sein de la Yougoslavie…), il a été expulsé de Serbie dès ses années estudiantines, en 1899, pour préparation d’actions terroristes. Grand ami de Drljević, partisan d’une union paritaire avec la Serbie, il a ensuite été banni du Monténégro en 1912 pour ses opinions politiques trop extrêmes. Pardonné par le roi Nicolas Ier, il est rentré au pays pour assister à la chute de la couronne des Petrović, puis a passé l’entre-deux-guerres à mettre à profit ses brillants talents d’orateur au parlement royal, au service de la Cause. Puis il a franchi définitivement et une dernière fois la ligne jaune en soutenant la tentative d’indépendance de 1941, sous protectorat italien. Une politique dont on peut, à cette heure, mesurer toute la pertinence (4)…


Notes
1- Son ancêtre John Loudon MacAdam est célèbre pour avoir inventé un revêtement routier bien connu.
2- 12e sur 212 au concours d’entrée à Sandhurst, alors même qu’il n’avait l’âge minimum pour y prétendre que depuis quelques jours !
3- Le 10 avril 1917, lors de la bataille d’Arras, une balle de mitrailleuse lui avait sectionné l’artère fémorale. Il était revenu dans les lignes anglaises avec un garrot trop serré, ce qui avait provoqué une gangrène. McCreery avait alors refusé une amputation du pied… mais il avait laissé dans l’affaire tous ses orteils de ce côté.
4- Moins chanceux que d’autres, Ivanović sera condamné à la déchéance de tous ses droits par les autorités yougoslaves. Il mourra en exil aux Etats-Unis, en 1953.


Dernière édition par Casus Frankie le Lun Nov 14, 2022 15:41; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 15:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Le LXVIII. Armee-Korps a achevé son périple – après presque deux cents kilomètres en une semaine de marche

Si c'est vraiment de la marche (la motorisation au sein de la Heer n'est pas totale, loin de là), il va leur falloir du temps pour récupérer.

Citation:
Un véritable meneur d’homme, bien connu de Richard O’Connor et de Bernard Montgomery, qui avaient tous deux été parmi ses instructeurs au Staff College de Camberley dans l’entre-deux-guerres, afin qu’il ne passe officier supérieur.

Avant ?
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En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 15:39    Sujet du message: Répondre en citant

(1) Oui !

(2) Exact !
_________________
Casus Frankie

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houps



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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 16:09    Sujet du message: Répondre en citant

Opération Veritable – Celle dont personne ne voulait
Bosnie et Monténégro –


"...En réalité, à force de reculs, les SS se regroupent autour de Sarajevo – ainsi, peu à peu, l’encerclement de la ville prend forme. Et la corde se resserre autour du cou des Occupants, surtout avec les opérations en cours plus à l’ouest. L’opération Sarajevo se poursuit
Au Monténégro, les opérations se poursuivent vers une conclusion prévisible...."

Dans cette suite d'opérations, il s'en suit que la poursuite continue.
"Au Monténégro, les opérations s'acheminent vers une conclusion prévisible...."
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Timeo danaos et dona ferentes.
Quand un PDG fait naufrage, on peut crier "La grosse légume s'échoue".
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 17:49    Sujet du message: Répondre en citant

Ai-je besoin de préciser que la saillie d'Anders est adaptée d'OTL ?????
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Hardric62



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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 21:01    Sujet du message: Répondre en citant

Tu veux dire, y compris la remarque sur le genre de langue que les Polonais devrait parler par Montgomery? Parce que la, si celle-là est vraie, la vraie grande énigme de la Seconde Guerre Mondiale, est comment il a évité une balle perdue polonaise après ça. ou même des chargeurs entiers. Et il aurait mérité chaque balle en prime.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 21:21    Sujet du message: Répondre en citant

En réalité, tout cet extrait est pratiquement issu des mémoires d'Anders OTL dont je dispose sur mon bureau (héritage de feu mon grand père Stanislas ...), aux environs de 43. J'ai juste modulé pour faire correspondre aux circonstances FTL des Balkans.
J'aime bien Monty. But truely, my Dear friend, would you please shut the Fuck up one day ?
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Hardric62



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MessagePosté le: Lun Nov 14, 2022 22:28    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
En réalité, tout cet extrait est pratiquement issu des mémoires d'Anders OTL dont je dispose sur mon bureau (héritage de feu mon grand père Stanislas ...), aux environs de 43. J'ai juste modulé pour faire correspondre aux circonstances FTL des Balkans.
J'aime bien Monty. But truely, my Dear friend, would you please shut the Fuck up one day ?


On va dire qu'il était vraiment pas le bon choix pour gérer une armée de coalition et en rester là pour préserver la politesse, et que c'est un miracle que personne ne l'ait flingué dans le camp allié avant la fin (j'avoue que ma propre opinion de 'Petit-Pas' (trouvaille très personnelle) Montgomery est qu'à part une citation de lui ("Quand on perd la guerre du ciel, on perd la guerre. Et on la perd vite." ou au moins qqchose de similaire), rien de ce qu'il a dit ou fait que j'ai pu lire ne m'a impressionné).
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 08:59    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
En réalité, tout cet extrait est pratiquement issu des mémoires d'Anders OTL dont je dispose sur mon bureau (héritage de feu mon grand père Stanislas ...), aux environs de 43. J'ai juste modulé pour faire correspondre aux circonstances FTL des Balkans.
J'aime bien Monty. But truely, my Dear friend, would you please shut the Fuck up one day ?


Leçon apprise sur AH.com: toute histoire alternative de la WWII, côté allié et qui se veux croustillante, se doit de faire intervenir trois personnages aux caractères résolument impossibles
- notre Henri Giraud national
- Montgomery pour les rosbifs
- MacArthur pour les ricains

Avec ces trois têtes de lard, on est sur de pas s'ennuyer à la lecture.

Et la FTL ne fait pas exception à la règle. Les Balkans avec Giraud et Montgomery: comme dirait Patrick Sébastien "ha ha ha, c'est que du bonheur, oh purain, c'est génial !"
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 10:36    Sujet du message: Répondre en citant

On l’a déjà souvent souligné, Montgomery était un être humain assez détestable par bien des aspects, mais c’était à la base un excellent professionnel de la guerre, personnellement brave et ayant l’expérience du combat en première ligne, studieux comme un vrai moine-soldat, très soucieux des aspects logistiques et du bien-être des troupes (pour des raisons objectives, pas par simple bonté d’âme), … Il a certes accumulé quelques casseroles majeures, notamment dans ses commandements les plus élevés, mais dans un casting de généraux britanniques assez terne, ou le talent militaire était rare, il reste un des meilleurs généraux britanniques. Une partie de sa popularité et de ce qui reste de sa légende est pure fabrication par la propagande, qui avait besoin de monter en épingle les succès d’un général afin de mieux occulter les défaites des autres, mais il lui reste a la base de tout cela un indéniable savoir-faire. De plus, bien que très imbu de sa personne, Monty savait s’entourer, et les talents de ses proches collaborateurs sont pour beaucoup dans ses succès, et ont peut-être aussi un peu mitigé ses mécomptes.

Une uchronie intéressante serait de postuler que Montgomery est nommé GOC en Malaisie, et Percival est place à la tête de la VIIIe armée en Afrique du Nord. Pas sûr que Percival aurait fait mieux que Montgomery contre Rommel, ni que Montgomery aurait tellement mieux tenu le choc devant les Japonais, mais au moins son caractère de teigne absolue l’aurait amené a pousser de hauts cris bien plus stridents que ceux de Percival dans les 6 mois qui ont précédé l’invasion japonaise, avec peut-être une chance d’obtenir des moyens de défense supplémentaires (des chars d’infanterie Matilda, par exemple, et des avions plus modernes). Son manque de diplomatie, flagrant dans le récit FTL, aurait alors été un précieux atout.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 10:43    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais devoir m'autociter mais je vous invite vraiment à aller regarder la description que j'en ai fait au 24 décembre 1943. Monty était maladroit, hautain et désagréable - anglais quoi. Plus anglais que les anglais même.
Mais c'était aussi (et c'est documenté) un authentique meneur d'homme très aimé de sa troupe, un grand professionnel de la logistique, et un très très bon planificateur. Un très bon soldat en résumé.
Il n'est peut-être pas sympathique. Mais on ne demande pas à un général d'être sympathique. On lui demande de gagner. Et il a gagné.
Plein de ses traits de caractère me font penser à un Asperger léger. Observez dans le récit (que je n'ai pas modifié) comme il essaie d'être sympa avant de devenir acide quand il comprends que ca ne sert à rien.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 10:55    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Monty était maladroit, hautain et désagréable - anglais quoi. Plus anglais que les anglais même.
Mais c'était aussi (et c'est documenté) un authentique meneur d'homme très aimé de sa troupe, un grand professionnel de la logistique, et un très très bon planificateur. Un très bon soldat en résumé.


On ne peut mieux dire.

En fait, Montgomery était l’antithèse du malheureux Gott, dont il fut le remplacement après la mort tragique de celui-ci. Même Churchill semble avoir admis qu’il avait commis une erreur en nommant Gott a la tête de la VIIIe armée, un homme apprécié de tous mais aux modestes qualités militaires, une erreur potentiellement très grave que la cruelle providence se chargea de rectifier en lui permettant de nommer Montgomery par la suite.
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John92



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 14:05    Sujet du message: Répondre en citant

...
Les divisions d’Hellmuth Felmy se positionnent afin de fermer la route de Nagykanizsa. Les jours suivants, elles vont se répartir comme suit : 100. Jäger (Willibald Utz) à Szigetvár, ce qui libérera la 1. Panzer de Walter Krüger de ses positions sans intérêt vers Szentlőrinc ; 181. ID (Hermann Fischer) à Barcs, sur la Save (avec le 914. StuG Abt du Major Friedrich Domeyer en réserve vers Csokonyavisonta) ; enfin, sur la rive droite, la 173. ID (Heinrich von Behr) à Virovitica (avec le 907. StuG Abt du Hauptmann Friedrich von Lessen en réserve à Pitomača).
Felmy, lui, prendra ses quartiers à Nagyatád, dans le monastère franciscain du XVIIIe siècle. Pas l’idéal – tout comme sa position , en plein sur l’axe prévisible de progression ennemi ! – mais avec le LXIX. PanzerKorps et les deux divisions de réserve arrivant bientôt de Transylvanie, ça ira…
...
Comme le craignait le Standartenführer August Schmidhuber, son unité est désormais coincée dans une cuvette, à la merci de l’ennemi .
Evidemment, en pareille circonstance, l’idéal nazi commanderait de tenir, en attendant la contre-offensive qui anéantirait l’ennemi .
...
Aussi, pressentant avec justesse que les ambitions de Krüger se limitent en pratique à défendre Sarajevo, Schmidhuber décroche plein nord et va défendre la capitale bosniaque.
...
L’opération Sarajevo se poursuit (continue ? )
Au Monténégro, les opérations se poursuivent) vers une conclusion prévisible.
...
En marge de cette cohue, Camille Caldairou a l’occasion de méditer sur sa situation présente. Après avoir conféré avec de nombreux vétérans du coin (locaux ?) tout en observant du coin) de l’œil les Albanais, il comprend mieux pourquoi c’est encore Sylvestre Audet qui commande à Tirana, et non Alexandros Othonaios (en dépit de la supériorité numérique hellène).
...
Le mauvais temps sur toute la Yougoslavie (hors Serbie) ne permet pas de missions (mission ?? ) de combat.
...
Poursuite des actions disruptives ( anachronisme ??) du 9e Corps “Slovène” – lequel commence toutefois à se heurter aux renforts dépêchés par la Garde nationale locale, à la demande expresse des autorités du Reich. Comme chacun le sait, le gouverneur Leon Rupnik n’a rien à refuser à ses amis allemands. Une fois encore , les hommes de Lado Ambrožič se replient dans leurs montagnes, poursuivis par un ennemi qu’ils sèment (et saignent) aisément sous la pluie. Une fois encore (A nouveau ? ), les troupes d’Ernest Peterlin font preuve d’une étonnante réserve – pour prix de celle-ci, le gouverneur Rupnik les fait envoyer vers Senovo, sur la suggestion de l’Obergruppenführer Rösener, qui estime impératif de remotiver ces troupes.
...
L’affrontement est très défavorable à l’AVNOJ – les Partisans, quoique motivés et relativement bien armés, sont contrés par des Cosaques (voir plus bas, majuscule ou pas ? ) menés d’une main experte par l’Hauptmann Orlov, l’un des adjoints de von Pannwitz.
...
Les cosaques leur donneront la chasse toute la nuit, mais une nouvelle série d’engagements ne leur apportera rien d’autre que de l’agacement et de la frustration – avec l’expérience et dans l’obscurité, les Slavons se sont déjà repris…
...
Mihailo Ivanović est l’un de ceux-là. Considéré autrefois (en trop à cause de « du début du siècle » ? ) comme l’un des hommes politiques monténégrins les plus influents du début du siècle , membre du Crnogorska stranka (le Parti national monténégrin, indépendantiste au sein de la Yougoslavie…), il a été expulsé de Serbie dès ses années estudiantines, en 1899, pour préparation d’actions terroristes.
...
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le poireau



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 14:12    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
demolitiondan a écrit:
Monty était maladroit, hautain et désagréable - anglais quoi. Plus anglais que les anglais même.
Mais c'était aussi (et c'est documenté) un authentique meneur d'homme très aimé de sa troupe, un grand professionnel de la logistique, et un très très bon planificateur. Un très bon soldat en résumé.


On ne peut mieux dire.

En fait, Montgomery était l’antithèse du malheureux Gott, dont il fut le remplacement après la mort tragique de celui-ci. Même Churchill semble avoir admis qu’il avait commis une erreur en nommant Gott a la tête de la VIIIe armée, un homme apprécié de tous mais aux modestes qualités militaires, une erreur potentiellement très grave que la cruelle providence se chargea de rectifier en lui permettant de nommer Montgomery par la suite.


Enfin le malheureux Gott (par ailleurs bien poussé par Churchill) n'a jamais vraiment eu l'opportunité de démontrer (ou d'infirmer) sa valeur OTL ; la faute à un Messerschmitt en maraude !
Mais bon, FTL il n'est pas mort (du moins pas encore) et nous le retrouverons bientôt.

Pour en revenir à Monty, c'est assez marquant concernant la littérature à son sujet mais l'on ne trouve que deux tendances : d'un côté les thuriféraires et admirateurs béats qui le mettent sur un piédestal et en font le plus grand des généraux alliés ; de l'autre les détracteurs intégraux qui en font un incapable complet dépourvu du moindre talent ; jamais aucune mesure ! C'est dire à quel point le bonhomme est clivant !
Chose amusante : les Américains le détestent, mais bon nombre de ses détracteurs (aussi bien à l'époque que maintenant) sont tout ce qu'il y a de plus Anglais ! Il ne fait pas l'unanimité même chez lui !
Pourtant, en prenant un peu de recul, il est frappant de constater à quel point Montgomery incarne (parfois jusqu'a la caricature !) la quintessence du système militaire britannique de l'époque, à la fois dans ses qualités et ses défauts :
Authentique vision stratégique, souci constant du moral et de l'entraînement des hommes, planification exemplaire, précision et méticulosité... mais aussi rigidité extrême, incapacité à improviser, maîtrise médiocre des opérations mobiles.
En mettant de côté le caractère impossible de Monty, sa mégalomanie et son absence totale de tact, les louanges et les critiques que l'on peut lui adresser sont valables en bonne partie pour les armées de Sa Gracieuse Majesté dans leur ensemble.
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
Une uchronie intéressante serait de postuler que Montgomery est nommé GOC en Malaisie, et Percival est place à la tête de la VIIIe armée en Afrique du Nord. Pas sûr que Percival aurait fait mieux que Montgomery contre Rommel, ni que Montgomery aurait tellement mieux tenu le choc devant les Japonais, mais au moins son caractère de teigne absolue l’aurait amené a pousser de hauts cris bien plus stridents que ceux de Percival dans les 6 mois qui ont précédé l’invasion japonaise, avec peut-être une chance d’obtenir des moyens de défense supplémentaires (des chars d’infanterie Matilda, par exemple, et des avions plus modernes).

Il me semble que l'idée de remplacer Percival par Montgomery est explorée dans Essai en guerre par Spkaca, une uchronie inspirée de la FTL mais qui part ensuite dans sa propre direction.
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