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Asie-Pacifique, Avril 1944
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loic
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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 16:38    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
les voies de la gare de triage sont fortement cratérisées

Bof bof, pas très élégant.

Citation:
Le ravitaillement à la mer se déroule environ 300 milles au sud-est de l’île Christmas, reprise quelques mois plus tôt aux Japonais. Les quelques reconnaissances envoyées par la suite dans le secteur par les Japonais ayant été chaudement reçues par le Sqn 3 (RAAF)

Casus, n'avions nous pas convenu que finalement il n'y avait pas de groupe aérien déployé sur Christmas Island, juste une base pour hydravions et/ou une piste pour avions de liaison ? Il faudrait que je retrouve nos échanges, mais OTL cela n'a pas été le cas et les circonstances sont quasi les mêmes.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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John92



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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 16:49    Sujet du message: Répondre en citant

...
Un groupe d’attaquants va cependant s’occuper des installations ferroviaires ). En effet, le manque de locomotives à Sumatra n’a pas échappé aux Alliés : le transport ferroviaire (par rails ? ) est nécessaire pour l’acheminement du pétrole jusqu’aux raffineries et les Japonais ont dû faire venir des machines de très loin, parfois de Mandchourie… pour remplacer les locomotives emportées en 1942, après la conquête de l’Indonésie !
...
A Londres, on doutait fort de la possibilité pour les Chinois de s’emparer de Canton à présent (à supprimer ?), et la prise de la ville a causé une surprise considérable. A présent , il semble que les forces chinoises soient sur le point de prendre Hong Kong !
...
Mais pour des raisons de rayon d’action, les Liberator des 436th et 492nd BS ont été choisis pour cette mission. Ils doivent bombarder le terminal pétrolier de la ville et ravager le maximum d’ installation (installations) portuaires.
...
Si les Alliés perdent six appareils (plus deux endommagés et irréparables), les Japonais perdent quatorze Hayabusa dans les airs, plus quatre qui s’écrasent à l’atterrissage sur les pistes tout(à ajouter ? Variante : qui viennent tout juste d’être bombardées )juste bombardées.
...
Bientôt, alors que les projecteurs s’allument et fouillent le ciel, les bruits de moteurs, de nombreux moteurs, se précisent et peu après, les bombes se mettent à pleuvoir. La cible est la gare et le dépôt de locomotive (locomotives ?) de la ville.
...
Les quelques reconnaissances envoyées par la suite dans le secteur par les Japonais ayant été chaudement reçues par le Sqn 3 (RAAF), les soldats du Tenno se sont contentés de quelques raids de nuisance nocturnes, pour tenter de bombarder la piste avec plus ou moins de succès – leur attention s’est plutôt focalisée sur les aller-retours (allers-retour) de la flotte franco-britannique.
...
Défendue par les 40e et 68e Divisions ainsi que par les unités survivantes de la 104e, elle suit (conserve ?) le tracé de l’ancienne ligne Gin Drinkers sur sa partie occidentale, puis bifurque vers le nord-est pour suivre la ligne de crête du mont Tai Mo (qui, à 957 mètres d’altitude, est le point culminant de la péninsule).
...
Cependant, les Chinois ont la désagréable surprise de constater que les améliorations japonaises incluent un renforcement de la redoute Shing Mun : celle-ci, dont les Japonais s’étaient facilement rendu maîtres en décembre 1941, est devenu (devenue) un ouvrage autrement mieux défendu
...
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Ne pas confondre facilité et simplicité
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 16:51    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Casus, n'avions nous pas convenu que finalement il n'y avait pas de groupe aérien déployé sur Christmas Island, juste une base pour hydravions et/ou une piste pour avions de liaison ?


Exact, mais j'en avais perdu le souvenir du côté de la Bosnie…
Je corrige.
Cela dit, les Japonais s'en fichent un peu.
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Casus Frankie

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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 20:31    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Bonjour,

Citation:
Le deuxième est repêché en mer par le HMS Taciturn, mais sa récupération donne lieu à un incident regrettable. En effet, pour une obscure raison (erreur dans l’attribution des fréquences radio ?), le camarade qui orbitait au-dessus en guettant les secours prend le submersible venant de faire surface pour un Japonais et effectue une passe de mitraillage avant de comprendre son erreur.


Tiens, tiens, une des scènes finale dans le roman le Ciel sur la Tête de l'amiral Jubelin et gardée dans le film d'Yves Ciampi.

@+
Alain


non, non, rien de fictif mais un vrai friendly fire et des vraies bagarres ensuite otl, c'est sourcé Wink
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 20:39    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
loic a écrit:
Casus, n'avions nous pas convenu que finalement il n'y avait pas de groupe aérien déployé sur Christmas Island, juste une base pour hydravions et/ou une piste pour avions de liaison ?


Exact, mais j'en avais perdu le souvenir du côté de la Bosnie…
Je corrige.
Cela dit, les Japonais s'en fichent un peu.


1- j'aimerai bien etre au courant de ce genre de discussions avant , ça m'aurait évité pendant 5 ans de continuer à écrire sur christmas island et d'en faire une des pierres angulaires des récits sur le front sud de ce théatre Evil or Very Mad

2- j'aimerai savoir au nom de quelle légitimité, bibliographique en particulier, on m'interdirait de baser des chasseurs sur christmas island Twisted Evil

3- autant on peut discuter de choses sur la 36e di par ex , trouver des compromis etc etc, au nom des impacts éventuels sur le reste de la chrono : ok ; autant là m'emmerder pour une ile qui ne fait chier personne si ce n'est le japonais de java, ça commence à bien faire !!!!
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 21:34    Sujet du message: Répondre en citant

Y a un très bon scénar Wargame Dragon - UK & Commonwealth Vs Chine dans les années 80 pour Hong Kong.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Sep 17, 2022 14:53    Sujet du message: Répondre en citant

L'histoire de l'île Christmas est à l'étude - en attendant, voici la fin du mois.


25 avril
Océan Indien
Banshee en Birmanie
Tavoy
– Une cérémonie marque la remise au Squadron 2 (RIAF) de ses premiers Bristol Banshee. Comme les Sud-Africains sur le front italien, les Indiens disposeront dorénavant des même 4 x 20 mm que les Hurricane, mais portés par deux moteurs. La vocation de ce squadron va être d’opérer avec la 3rd TAF en vue de la future opération Dracula. En attendant, l’unité aura aussi des missions de chasse lourde à effectuer au-dessus du golfe de Thaïlande en compagnie des flottilles 10F et 17 F, dont l’arrivée à Tavoy est attendue dans les jours prochains.

Diplomatie à la thaïlandaise
Bangkok
– L’ambassadeur britannique, convoqué par le ministre des Affaires étrangères, se voit remettre une note de protestation officielle après le mitraillage dans le golfe de Thaïlande d’un navire thaï (la note ne précise pas s’il s’agit d’un cargo ou d’une simple barque de pêche), alors que, précise le ministre, le royaume de l’Eléphant Blanc est neutre dans ce conflit (c’est en effet un rappel fort utile). Les deux hommes jouent en fait pour la galerie du diable : l’incident (s’il a bien eu lieu) sert de prétexte au royaume pour jouer les vierges effarouchées dans la négociation qui vient de se conclure.
Afin de ne pas risquer d’incident regrettable, le royaume accepte de ne plus faire transiter son commerce maritime par le golfe. Il fera désormais passer celui-ci en secret (et gracieusement) par les ports de la Birmanie. De leur côté, les Alliés auront toute latitude pour attaquer tout navire surpris au large. Le royaume fermera les yeux sur les survols de son territoire (sur quelques kilomètres) dans la région de Prachuap Khiri Khan et en échange, les Alliés feront de même sur les contacts commerciaux “parallèles” via le royaume entre le Tonkin et la Malaisie, dans la mesure où ces échanges ne concerneront pas le domaine militaire : il s’agit une fois de plus pour l’ex-Siam de promouvoir la paix dans l’esprit de Bouddha.

Opération Meridian II/Méridien II et opération Umidori
Java
– Le port de Sœrabaya est attaqué. En dépit d’une opposition modérée, constituée d’une trentaine de Ki-45 Nick, plusieurs navires sont endommagés, des docks incendiés et un important dépôt de carburant détruit (l’incendie durera trois jours). Les pertes sont de deux Barracuda, d’un Vengeur et d’un Corsair contre six bimoteurs japonais.

Escadre alliée – Les Japonais semblent subir – en fait, cette impression est voulue par la Marine Impériale afin que les Alliés fassent preuve d’excès de confiance. Mais très tôt ce matin, des reconnaissances ont décollé et un Kawanishi H8K a fini par mettre la main sur la TF-57.2, autour de l’Indomitable et de l’Indefatigable. Entrant et sortant sans arrêt de la bulle radar et jouant avec les nuages, l’Emily arrivera ainsi à déjouer l’interception par la CAP pendant plusieurs heures.
………
10h03 – Les radars du HMS Bellona sont les plus rapides à détecter le premier raid japonais, détection confirmée rapidement par les radars d’autres unités de la TF-57.2. Les 8 Seafire de CAP sont envoyés en direction de l’intrus, tandis que la totalité des appareils restants (15 Seafire de l’Indefatigable et 8 Hellcat de l’Indomitable) décollent.
10h17 – Un deuxième raid est détecté, à plus basse altitude, et les chasseurs qui viennent de décoller sont détachés dans cet azimut. Le silence radio est brisé et le mot-code « Football », signifiant qu’une task-force est attaquée, est envoyé. Le message est capté par la TF 57.1, qui lance ses 8 Corsair de CAP au secours de sa consœur et fait décoller les 16 Corsair de réserve.
10h20 – Premier contact des Seafire de la CAP avec le raid. Ce sont des G4M Betty, classiquement escortés par des Zéro. Les jeunes pousses du 256e Kokutai disposent d’une large supériorité numérique (18 contre 8), qui leur permet de s’interposer efficacement entre les agresseurs et les bombardiers, mais ils ont en face d’eux des pilotes aguerris et maintenant rompus aux tactiques de combat nipponnes, sur un avion presque aussi maniable que le leur. Les Japonais tentent de les engager en combat tournoyant, mais les pilotes de la Fleet Air Arm savent parfaitement comment les contrer. Le score est sans appel : cinq Seafire sont abattus (trois pilotes récupérés) et deux autres, très endommagés, seront irrécupérable,s mais seuls trois Zéro sur dix-huit retourneront se poser à Java.
10h23 – L’action des A6M a permis aux Rikko du 707e Kokutai de passer. Ils ont à présent affaire à la DCA. Ils commencent à se déployer pour lancer lorsqu’un véritable mur de feu apparaît devant eux, fauchant l’un après l’autre les gros et fragiles bimoteurs. Les dernières torpilles sont parties, il s’agit de fuir maintenant – mais lorsque les bombardiers se regroupent, ils ne sont plus que quatre, tous plus ou moins endommagés, tous avec des morts ou des blessés à bord. Le soir, l’ambiance ne sera pas à la fête, en dépit de leur revendication d’un porte-avions touché. En fait, si un navire allié a bien été atteint, il s’agit du croiseur Fiji, qui a pris une torpille sur son avant et ralliera Darwin à vitesse réduite.
10h25 – Alors que le combat fait rage, le deuxième groupe de chasseurs tombe sur les appareils du deuxième raid signalé tantôt par les radars. Il s’agit de B5N du 653e Kokutai. Les quelques Zéro d’escorte n’arrêtent pas les chasseurs, et seuls quelques Kate arrivent à se mettre en position de lancement. Mais ils vont devoir faire face à la DCA.
10h27 – Les pilotes japonais sont pour la plupart des jeunes que rien n’a préparé à la densité de feu qu’ils affrontent. C’est une véritable hécatombe dont aucun ne sortira vivant. Chance (si l’on peut dire) des débutants : ils arrivent à couler un navire. La victime est le destroyer HMS Duncan, qui encaisse deux torpilles coup sur coup et sombre en quelques minutes, emportant avec lui presque une centaine de marins britanniques.
10h30 – Alors que les Seafire et Hellcat survivants se regroupent au-dessus de la task-force, un troisième raid est détecté à l’ouest par les radars de l’Indomitable. En dépit du carburant qui commence à baisser, les chasseurs anglais partent en direction de l’ennemi.
10h38 – Le contact est établi avec une grosse formation mixte, étagée sur plusieurs niveaux et composée de G4M Betty du 901e Kokutai et de B6N Jill du 601e Kokutai. Mais ils n’ont pour les couvrir qu’une petite dizaine de Zéro. Le combat s’engage, furieux…
10h42 – Malgré la motivation des pilotes anglais, des Japonais arrivent à passer et à se mettre en position de lancement, bravant le mur de DCA dressé par les navires anglais. Si les B6N se sacrifient en pure perte (deux seulement arrivant à rentrer), l’un des Betty arrive à toucher un navire identifié comme un cuirassé et qui sera déclaré coulé. Pour une fois, l’identification de la cible est correcte, puisque c’est le Duke of York qui encaisse une torpille en plein sur sa ceinture blindée – il s’en tire avec deux degrés de gîte et retrouve en moins d’une heure toute sa vitesse.
10h58 – Une période de calme suit, permettant aux Seafire d’apponter en urgence pour refaire les pleins – et les Hellcat n’ont plus guère de munitions. Mais voilà qu’un quatrième raid est détecté, venant du nord-est celui-ci !
Les officiers britanniques ont-ils à l’esprit à ce moment le destin du Prince of Wales ? Pas vraiment, car les Corsair venus du Victorious et de l’Illustrious vont se charger de l’interception. Ce raid est constitué des G4M du 761e Kokutai, escortés par les Zéro du 381e Kokutai. Le scénario est similaire à celui des précédents raids : quelques bombardiers réussissent à passer et à se mettre en position de lancement face à un mur de feu adverse, des torpilles sont lancées mais aucune ne touche. Les survivants, cependant, déclareront n’avoir vu qu’un seul porte-avions (validant les rapports du raid précédent)… et l’avoir coulé. Le soir venu, Radio Tokyo annoncera une grande victoire de la Marine Impériale : deux porte-avions et un cuirassé coulés.
A bord de l’Indomitable, l’amiral Vian sourit, mais se dit qu’il y aura certainement des choses à revoir pour la prochaine manche. En attendant, le raid lancé contre Sœrabaya est récupéré sans incident.

Campagne d’Indochine
Avant-poste
Phuc Hoa (Tonkin, à la frontière chinoise)
– Dans cette région accidentée, trouver un terrain assez plat pour être transformé en terrain d’atterrissage constitue une gageure. Pourtant, une piste vient d’être achevée en un temps record dans ce secteur naguère sous contrôle japonais.
Il a fallu acheminer à dos d’homme les plaques percées qui servent de revêtement sur des centaines de kilomètres patrouillés par l’ennemi, puis tracer un chemin dans la jungle avant même de commencer à abattre les arbres et aplanir les inégalités du terrain. Et tout cela a été achevé sans utiliser de machines ou d’explosifs – un exploit rendu possible par la véritable fourmilière humaine qui s’était abattu sur les proches collines. Des milliers de coolies ont œuvré de jour comme de nuit. Le plus remarquable est que cette construction n’a même pas attiré l’attention des Japonais… Il est vrai que leurs patrouilles au sol ne quittent plus les routes et que leurs avions de reconnaissance ne se risquent plus guère qu’aux alentours d’Hanoi et d’Haiphong dans ce ciel sillonné d’avions de chasse alliés.
Les premiers avions à se poser transportent des obus de 75 mm, des munitions pour les armes d’infanterie et un peu d’essence d’aviation. Cependant, de rares appareils ont été aménagés (plutôt sommairement) en transports mixtes fret /passagers.
………
« Comme l’appareil s’immobilisait, la porte arrière s’ouvrit pour permettre à un petit groupe d’officiers et de civils de quitter l’avion. Galamment, le lieutenant Peyrard offrit sa main à une jeune femme en tenue d’infirmière, mais bizarrement encombrée d’une ombrelle qui la gênait fort pour descendre l’échelle.
À la vue des grossières cahutes de bois et de toile et des mitrailleuses de DCA entourées de sacs de sable, Victoire se renfrogna. C’était encore pire que ce qu’elle avait imaginé. Elle lança un regard assassin vers Laurent Peyrard. Ce dernier sourit.
– Allons, ce n’est que pour quelques jours, Mademoiselle Dubois.
Comme le regard de la jeune fille se faisait plus noir encore, il ajouta : « Vous n’avez jamais été aussi proche de Kazuya Kujo ! »
Des émotions indéchiffrables passèrent rapidement sur le visage de Victoire. Elle se mit en marche et…
– Euh… Mademoiselle… c’est de l’autre côté.
Elle s’immobilisa, le regardant avec hauteur : « Vous faites vraiment tout pour me contrarier, lieutenant Peyrard ! »
Le jeune officier, pourtant renommé pour son esprit d’à-propos, en resta pantois. »



26 avril
Océan Indien
Opération Stoker
Rembele
– La piste de cette localité à l’intérieur des terres n’avait pas reçu la visite des lourds de l’USAAF depuis un certain temps. Cet oubli est aujourd’hui réparé. Le raid se déroule sans anicroche. La piste et les installations sont bien atteintes, mais seuls deux appareils sont détruits au sol. En effet, les chasseurs stationnés là sont pour la plupart partis, les uns vers la côte, afin de combler les pertes récentes, ou vers Palembang, pour renforcer le 87e Sentai face aux raids aéronavals alliés.
Sur le chemin du retour du raid, une poignée de Ki-43 tentent d’intervenir, sans succès : la formation rentre sans perte, alors que deux Hayabusa sont abattus. Le major Glenn, du 459th FS, obtient ainsi sa quatrième victoire. Superstitieux comme beaucoup de pilotes, il veillera à ne pas être trop démonstratif à la descente de son Lightning : nombreux sont ceux qui, en cherchant leur cinquième victoire à tout prix, n’ont trouvé que la mort.

Opération Meridian II/Méridien II
Mer de Flores
– Pendant que les Barracuda et Vengeur attaquent les aérodromes de l’île de Sumbawa, une partie des Corsaire du Jean-Bart écument la mer de Flores à la recherche d’objectifs d’opportunité. Sur l’île, les Japonais sont surpris et de nombreux appareils sont détruits au sol. En mer, les Français reviennent en ayant fait chou blanc : pas la moindre jonque à se mettre sous la dents. Quant aux Zéro de l’IJN, ils semblent étrangement absents après les péripéties de la veille.

Campagne d’Indochine
Un domino de plus
Dong-Khê (à l’est de Cao-Bang)
– Le capitaine Martin vient de lever la main droite, les yeux fixés sur sa montre. A 07h00 pile, il baisse le bras.
– Feu !
Ses artilleurs s’activent avec une précision d’automates. Le temps que Martin porte ses jumelles à ses yeux, un premier panache de fumée s’élève au-dessus de Dong-Khê. Un obus percutant vient de frapper le bâtiment servant de caserne et de PC à la garnison japonaise, et d’autres suivent.
La petite ville est encerclée. Au nord, le 1er Régiment Étranger de Parachutistes attaque après un arrosage au mortier. Les bunkers défendant l’entrée de la ville sont éliminés avec l’aide de bazookas – une nouveauté dans la région, aimablement fournie par l’Oncle Sam. La riposte des Japonais est très faible et les légionnaires s’emparent des barricades à la première poussée. Au sud, les Vietminh de la Division 108 ne sont pas aussi bien armés, mais leurs cris de guerre s’entendent jusqu’à la batterie d’artillerie.
Une fusillade nourrie a éclaté en plusieurs endroits de la ville. Martin oriente ses jumelles vers la caserne. Les obus continuent à tomber sur le bâtiment, l’éventrant toujours d’avantage. Le capitaine se dirige vers la bâche camouflée qui accueille deux radios et leurs opérateurs. L’un d’eux ne tarde pas à le mettre en relation avec le colonel Ledroit.
– Mes respects, mon colonel. Oui… Aucune réaction des Japonais.
Jumelles en main, Martin observe l’évolution de la bataille. Sur le toit de la mairie, des silhouettes sont en train d’arracher le drapeau impérial de Cuong-De et de le remplacer par un étendard bien reconnaissable, jaune avec une étoile rouge.
– Les Vietminh tiennent la mairie. Oui… Cessez le feu !
Son cri s’adresse à un adjudant munitionnaire qui vient d’extraire un obus de son casier dans le caisson d’artillerie. L’ordre est répercuté et les trois tubes de la batterie se taisent.
Dans la ville, les légionnaires sortent des bâtiments proches de la caserne et pénètrent dans les ruines fumantes. Coups de feu, rafales, explosions de grenades… Puis le silence.
Il est 09h20, la ville de Dong-Khê est entièrement aux mains des Franco-Vietnamiens.

Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Hong Kong
Ligne Kin-Yama
– Après avoir laissé souffler ses hommes pendant vingt-quatre heures, Li Zongren opte pour une tactique différente : tandis que la 167e Division se lancera dans une attaque de diversion à l’extrémité orientale du dispositif japonais, près de la ville de Tai Po, la totalité de la 5e Armée, soutenue par les chars de la 200e Division, prendra d’assaut la redoute Shing Mun, dont il est espéré que la chute livrera toute la portion occidentale de la ligne. De nouveau précédé d’une préparation d’artillerie aussi intense que possible et appuyé par de petits groupes de B-25 et de P-40 chargés de traiter les batteries japonaises au fur et à mesure qu’elles se dévoilent, ce deuxième assaut parvient à atteindre les premières tranchées ennemies, mais c’est pour y voir son élan stoppé net par une résistance obstinée.
Dans une ambiance digne des pires batailles de l’Autre Guerre, au milieu d’un terrain ravagé par les explosions et labouré par les rafales de mitrailleuses, soldats chinois et japonais se ruent les uns sur les autres et, quand les chargeurs sont vides, s’entretuent à la baïonnette et au sabre. Le combat dégénère en une mêlée confuse qui se prolonge toute la nuit…


27 avril
Océan Indien
Banshee en Birmanie
Birmanie
– Le F/Sgt Aran Singh, du Sqn 2 (RIAF), est le premier à obtenir une victoire (contre un Ki-46) sur la nouvelle monture du squadron : le Bristol Banshee. On retrouvera son interview dans les journaux de Bombay le lendemain. Il se déclare tout à fait enthousiasmé par « la » Banshee (le féminin existe en hindi), qui est un appareil étonnamment versatile et destructeur. La photo, riche de sens, le montre devant le nose art de son appareil, qui représente la redoutable déesse Kâli…

Renforts aux Andaman
Car Nicobar
– Après les B-25 du Sqn 18 et ceux, arrivés quelques jours après, des 490th et 491st BS, c’est au tour du 80th FG d’être rebasé sur l’ile. Si les P-40N qui équipent encore le Group se contentent pour l’instant d’assurer la défense locale, le passage sur P-47 du 88th FS fournit une escorte aux bombardiers bimoteurs qui vont opérer à partir de là.

Opération Meridian II/Méridien II
Mer de Flores
– La flotte alliée termine sa croisière en passant sous le parapluie aérien des bases installées au Timor. Ses avions patrouillent toute la journée en mer de Banda à la recherche d’objectifs d’opportunité, ou effectuent des missions combinées avec la RAAF ou l’USAAF. Aucune perte n’est à signaler. Sitôt le dernier appareil rentré, la flotte met le cap au sud-est, vers Darwin.

Campagne d’Indochine
Forbin en renfort
Dien-Bien-Phu
– Les forces françaises en Indochine voient arriver une petite troupe en renfort – petite, mais d’élite. Il s’agit d’une cinquantaine d'hommes, le “détachement Forbin”, appartenant au 113e RI. Ce sont des spécialistes reconnus de la guerre d'embuscade et des coups de main. Ils se sont illustrés à de nombreuses reprises sur le théâtre européen.
Intégrés administrativement au 1er RIMP, le détachement Forbin sera dans les faits déployé en deux commandos. L’un, sous le commandement du lieutenant Dio, sera utilisé contre les Japonais au Tonkin. Le second, sous les ordres du capitaine L…P…, excellera dans les combats de contre-guérilla face aux Hoa-Hao en Cochinchine.

Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Hong Kong
Ligne Kin-Yama
– Quand un soleil voilé par d’épais nuages de fumée noire finit par se lever, les défenses japonaises n’ont pas cédé. Il va falloir que les Chinois revoient leur stratégie…

Shenzhen – Li Zongren convoque une réunion d’état-major dans son quartier général provisoire, l’ancienne résidence d’une famille prospère de la ville, afin de faire le point sur la situation. Deux assauts coûteux en hommes ne sont pas parvenus à entamer le dispositif japonais, et si une telle tactique peut, malgré son coût humain, provoquer à terme la rupture des défenseurs sous le simple nombre des attaquants, elle nécessite des troupes en bonne forme ; or, l’opération Bailu ayant commencé il y a maintenant plus de deux mois, les soldats sont épuisés. Pire, les pertes subies depuis les premiers combats en février n’ont pas été comblées, et certaines divisions ne sont plus qu’à la moitié, voire moins, de leur dotation de départ. Li décide de se rendre en personne à Chongqing pour faire part à Chen Cheng – et surtout à Tchang Kaï-chek – de l’impasse dans laquelle il se trouve.
Arrivé quelques heures plus tard à bord d’un Beechcraft Staggerwing de liaison, Li est surpris de trouver le Généralissime et son chef d’état-major relativement compréhensifs. Tchang, en effet, a bien compris que les Japonais se battront jusqu’au dernier homme pour conserver Hong Kong, qu’ils peuvent sans trop de mal ravitailler par mer. De ce fait, dans l’état de fatigue où sont les troupes ayant participé à Bailu, toute tentative de franchir la ligne Jinshan (prononciation chinoise de Kin-Yama) a de fortes chances d’échouer. Or, échouer, ce serait perdre la face devant les Alliés ! Mieux vaut donc, en fin de compte, accepter la requête britannique, ce qui aura l’avantage de passer pour de la mansuétude plutôt que de la faiblesse… Li repart donc pour Shenzhen avec pour instructions de suspendre jusqu’à nouvel ordre les opérations offensives.

Canton – Les travaux de remise en état de l’aéroport de Baiyun étant en voie d’achèvement, les chasseurs du 68e Composite Wing de l’USAAF s’y redéploient, en attendant les bombardiers qui restent pour l’instant basés à Guilin.


28 avril
Océan Indien
Opération Mary
Singapour
– S’ils ne possèdent pas de véritables chasseurs de nuit, les Japonais disposent malgré tout de plusieurs radars en Malaisie, ce qui donne un préavis aux défenseurs de l’île-forteresse face au nouveau raid qui arrive. Le lieutenant Kashiide, du 103e Sentai, a sauté dans son Toryu et tente, en suivant les rayons des projecteurs de la DCA, de faire mordre la poussière à un des assaillants. Etonnamment, il y parvient ! Sa victime est un Halifax du Sqn 544. Un rapport des plus élogieux remonte jusqu’à Tokyo, proposant d’attribuer une décoration à ce jeune et téméraire lieutenant.

Opération Meridian/Méridien II
Darwin
– L’arrivée au port de Darwin est plus discrète que les fois précédentes. Les Australiens commencent à être habitués à ces grands déploiement de navires. Une place est déjà prête au dock flottant pour le HMS Fiji qui doit arriver le lendemain, et on remarque à peine l’absence du Duke of York, parti se faire réparer au dock flottant ABSD-1 mis en service par les Américains à Espiritu Santo, avec une escorte de quelques destroyers.

Guerre sino-japonaise
Nations Unies
Chongqing
– A l’invitation de Song Meiling, qui joue une fois de plus l’entremetteuse entre les deux hommes, William H. Donald rend une nouvelle visite aux époux Tchang. Après une conversation à bâtons rompus sur divers sujets anodins, et alors que le vieil Australien s’apprête à repartir, le Généralissime laisse nonchalamment glisser, comme s’il s’agissait d’un détail sans importance, qu’il a réfléchi à la proposition que son cher ami lui avait faite une semaine auparavant. Il lui est venu à l’esprit que ce corps expéditionnaire du Commonwealth envoyé en Chine lutter contre l’ennemi commun pourrait être employé pour libérer Hong Kong ! Il sait que les soldats britanniques seront dignes de l’honneur qui leur est fait – par pure bonté d’âme de sa part, évidemment.
En habitué de la Chine, W.H. Donald ne laisse paraître aucune satisfaction. Il se contente d’acquiescer. Mais après avoir regagné son bureau, il s’empresse d’envoyer un message codé au commandant Rupert Long, qui lui-même le relaie au haut commandement britannique : la Commonwealth Expeditionary Force in China va pouvoir participer à la reprise de Hong Kong !


29 avril
Océan Indien
Opération Stoker
Banda Aceh
– Après deux semaines de tranquillité, les défenseurs installés à la pointe nord de Sumatra voient revenir les Liberator des 436th et 492nd BS, escortés de leurs fidèles dragons à double queue des 459th et 449th FS. Le 24e Sentai essaie de réagir sans autre résultats que deux appareils endommagés sans pouvoir franchir l’écran. La piste est une fois de plus la cible martelée par les lourds de la 10th Air Force.
A Palembang, on est conscient que le nord de l’île absorbe les renforts comme une éponge l’eau et l’on se pose des questions sur la stratégie à adopter : ne vaudrait-il pas mieux abandonner le nord de Sumatra pour concentrer les deux Sentai de l’île autour de la partie “utile” : la plaine de Palembang ? D’un autre côté, laisser le 24e se faire étriper dans la partie nord de l’île crée un point de fixation qui empêche les Alliés d’étendre l’action de leur aviation… La question reste en suspens et personne ne prendra la responsabilité d’évoquer ce point avec le QG de la 7e Armée régionale à Singapour.

Campagne d’Indochine
Billard à trois bandes
Hué
– Un nouveau numéro de La Patrie Annamite est en vente ! Vu les restrictions en matière de papier, on peut dire que le périodique bénéficie d’un soutien certain de la part des autorités. Ce que confirme le contenu. En effet, le récit de la libération de Dong-Khê, très détaillé, comprend une foule d’informations précises : unités engagées, effectifs, tactique adoptée. La presse est rarement aussi libre en temps de guerre ! Il est vrai que ceux que l’on veut informer ici ne sont pas les lecteurs francophones de Hué, mais bien les Japonais.
Le journal évoque en détails l’offensive en cours contre Cao-Bang. Selon lui, 5 000 Japonais tiennent les garnisons dispersées de la RC4. En face, les unités régulières du Vietminh et les Français comptent en tout 25 000 hommes. La victoire est certaine !
La Patrie Annamite décrit même la stratégie que vont utiliser les Alliés : comme à Dong-Khê, écraser une à une les petites garnisons grâce à une énorme supériorité numérique et terminer par celle de Cao-Bang, la plus importante, une fois qu’elle sera isolée.
Les lecteurs de Hanoi ne sauraient manquer d’être impressionnés !

Guerre sino-japonaise
Nations Unies
Rangoon
– Depuis déjà plusieurs jours, l’état-major britannique s’efforce de trouver des forces pour l’envoi d’un corps expéditionnaire en Chine, sans gêner pour autant les opérations prévues en Malaisie. Quand la nouvelle tombe qu’il ne s’agit plus d’un projet, mais d’une décision ferme à mettre en pratique au plus vite, les préparatifs deviennent frénétiques ! Finalement, les lieutenants-généraux Alan F. Hartley, GOC India, et Arthur Percival, qui commande la 9e Armée britannique, arrivent à sélectionner des troupes suffisantes pour leur rôle diplomatico-militaire, mais ne risquant pas trop de manquer aux forces qui préparent la reconquête de la Malaisie, ni de déséquilibrer la logistique toujours fragile des armées chinoises.
La Commonwealth Expeditionary Force in China (CEFC) aura pour chef le général Geoffrey Scoones (qui commandait le IVe Corps de l’Eastern Army) et sera composée de trois éléments :
– la 11e East African Division (général Charles C. Fowkes) ;
– la 252e Armoured Brigade, récemment formée : un bataillon sur M5 Stuart, un bataillon sur Valentine, un bataillon (le 9e Deccan Horse) sur Sherman (il s’agit de M4 des tout premiers modèles, dotés du canon de 75 standard et dont on ne veut plus en Europe) ;
– la toute neuve Force W (australienne… en théorie) : 1er Bataillon de Parachutistes australien, avec ses appuis (génie et artillerie de campagne), 154e Bataillon de Gurkhas (aérotransporté), et n°1 Commando britannique (aérotransporté).


30 avril
Océan Indien
Guerre ASM
Détroit de Malacca
– Le sous-marin I-34 se fait surprendre en surface par une paire de Beaufort du Sqn 217 en maraude. Le submersible, grenadé alors qu’il tente de plonger, ne refera pas surface. Si les pilotes présument sur le moment qu’il leur a échappé, on saura à la fin de la guerre que le navire a connu ce jour-là un destin funeste.

Campagne d’Indochine
Billard à trois bandes
Hôtel Métropole, Hanoi
– L’onde de choc de la libération de Dong-Khê atteint le QG de l’Armée japonaise après un passage par les crieurs de journaux de Hué et le département de traduction des renseignements militaires. Son effet sur le général Andou Rikichi est particulièrement spectaculaire. Il est vrai que si le général ressemble à un morse doté de lunettes rondes, il a plutôt le caractère d’un taureau. De plus, comme tous les militaires japonais (surtout de haut rang), il est très sensible aux insultes personnelles. Et pour lui, il ne fait aucun doute que la feuille de chou intitulée La Patrie Annamite se paye sa tête !
Dire qu’il le prend très mal serait fort en dessous de la réalité. Le visage congestionné de fureur, le gouverneur militaire de l’Indochine passe la matinée à rabrouer ses subordonnées à la moindre occasion. Les fautes les plus minimes valent aux infortunés responsables des éclats de colère qui résonnent dans tout l’étage. Par bonheur, le général s’est un peu calmé quand l’ambassadeur Yoshizawa, représentant Sa Majesté le Tennô auprès du gouvernement de l’empire du Vietnam, vient lui parler en début d’après-midi.
Andou Rikichi est à peine poli avec le diplomate, mais c’est son habitude. Il méprise cet homme calme et urbain, qu’il voit comme quelqu’un de faible – quelqu’un qui croit que le sang n’est pas fait pour être répandu. Le général ignore évidemment tout du courage qu’il y a à défendre de telles opinions lorsque l’on est entouré de traîneurs de sabre belliqueux.
Après quelques circonvolutions typiques de l’Asie, où ce qui n’est pas dit a plus d’importance que les mots utilisés (mais qui laissent le temps de servir le thé), on entre dans le vif du sujet. D’un élégant geste de la main, Yoshizawa désigne l’exemplaire de La Patrie Annamite chiffonné sur le bureau.
– Ce journal est soudain très populaire, j’ai entendu dire que nombre de vos subordonnés, de mes supérieurs et même l’empereur Cuong De le lisent.
L’évocation réchauffe la colère de l’impétueux gouverneur. Dans un tic qui lui est familier, il glisse un doigt dans son col en écumant de rage. Certains moqueurs murmurent que le général Rikichi cherche en fait à desserrer la corde de chanvre qui se resserre chaque jour davantage autour de son cou.
– On se moque de moi ! Ce que je cache, l’ennemi le montre à tous ! Il divulgue l’état de mes troupes et les positions de mes garnisons. C’est insupportable !
Yoshizawa boit une gorge de thé et s’incline légèrement vers son interlocuteur.
– Votre Excellence, ce n’est pas seulement cela. La moquerie n’est pas le but, ce n’est que l’outil dont use l’ennemi. Au-delà, que veut-il ? Je ne doute pas que vous vous soyez posé la question. Voulez-vous connaître mon opinion à ce sujet ?
Comme Rikichi semble acquiescer, l’ambassadeur reprend : « Les Colonisateurs veulent que nous abandonnions Cao-Bang sans combattre. »
Le gouverneur cligna des yeux, surpris.
– Comment cela, Yoshizawa-san ? Ils se vantent ouvertement de pouvoir prendre tous nos avant-postes et massacrer nos garnisons. Et je suis hélas bien placé pour savoir que le danger est réel !
– Je pense qu’en réalité, les Colonisateurs et leurs valets locaux veulent nous embarrasser auprès du gouvernement d’Hanoi et de vos supérieurs en vous obligeant à abandonner Cao Bang.
– Je refuse de couvrir de ridicule le Tennô et le drapeau de l’empire en ordonnant une retraite honteuse !

L’ambassadeur boit une nouvelle gorgée de thé.
– Mais il ne s’agirait pas d’une retraite si l’empereur Cuong De demandait officiellement à la garnison de la frontière chinoise de protéger le delta, n’est-ce pas ?
L’idée paraît d’abord incongrue au gouverneur. Lorsque le général Yuzo Matsuyama a proposé d’abandonner Cao Bang et que La Patrie Annamite a rendu la chose publique, les premières notes de protestation qui sont tombées sur son bureau sont venues des services diplomatiques. Justement parce que ces derniers pensaient que cet abandon serait interprété comme un signe de faiblesse auprès du gouvernement légitime du Vietnam. Puis il réfléchit. Après tout…
– Il est vrai que si l’empereur Cuong De nous demande de redéployer les troupes disposées le long de la frontière avec la Chine pour protéger les citoyens tonkinois menacés par les bandits du Delta, l’armée japonaise sera heureuse de coopérer. Après tout, la Chine est un pays ami !
Ce disant, Rikishi pense bien sûr au gouvernement de Nankin, pas à la Chine de Tchang Kai-check, de même que, par « gouvernement légitime du Vietnam », il désigne l’équipe de Cuong-De.
Yoshizawa cache son sourire derrière sa tasse à thé. En Asie, la formulation est toujours plus importante que l’action. Déplacer les troupes ne serait plus un problème dès lors que cela ne pourrait plus être étiqueté comme une retraite.
– Je veillerai à vous transmettre dès demain une note officielle exprimant la demande du gouvernement vietnamien.
L’ambassadeur est content. Il a œuvré pour sauver cinq mille Japonais condamnés par la bêtise du gouverneur. C’est en grande partie exact – mais il ignore qu’il a été manipulé. Sun Wukong, que les Japonais connaissent sous le nom de Son Goku, était le roi des singes. Capable de manier le lourd bâton cerclé d’or et de courir sur les nuages, il a défié le Bouddha. Mais tout compte fait, il n’était qu’un singe prisonnier de sa paume.

Guerre sino-japonaise
Seabees
Canton
– Après un long voyage, la NMCB 133 des Seabees arrive à Canton. La formation de ce bataillon en Californie s’est récemment achevée et il attendait une affectation à Hawaï. C'est à lui qu’incombera la reconstruction du port pour son utilisation par l’US Navy – dans un futur encore assez lointain, mais les planificateurs américains sont prévoyants.
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John92



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MessagePosté le: Sam Sep 17, 2022 17:56    Sujet du message: Répondre en citant

...
L’ambassadeur britannique, convoqué par le ministre des Affaires étrangères, se voit remettre une note de protestation officielle après le mitraillage dans le golfe de Thaïlande d’un navire thaï (la note ne précise (n’indique ? ) pas s’il s’agit d’un cargo ou d’une simple barque de pêche), alors que, précise le ministre, le royaume de l’Eléphant Blanc est neutre dans ce conflit (c’est en effet un rappel fort utile). Les deux hommes jouent en fait pour la galerie du diable : l’incident (s’il a bien eu lieu) sert de prétexte au royaume pour jouer les vierges effarouchées dans la négociation qui vient de se conclure.
Afin de ne pas risquer d’incident regrettable, le royaume accepte de ne plus faire transiter son commerce maritime par le golfe. Il fera désormais passer celui-ci en secret (et gracieusement) par les ports de la Birmanie. De leur côté, les Alliés auront toute latitude pour attaquer tout navire surpris au large. Le royaume fermera les yeux sur les survols de son territoire (sur quelques kilomètres) dans la région de Prachuap Khiri Khan et en échange, les Alliés feront de même sur les contacts commerciaux “parallèles” via le royaume entre le Tonkin et la Malaisie, dans la mesure où ces échanges ne concerneront pas le domaine militaire : il s’agit une fois de plus pour l’ex-Siam de promouvoir la paix dans l’esprit de Bouddha.
...
Les Japonais semblent subir – en fait, cette impression est voulue par la Marine Impériale afin que les Alliés fassent preuve d’excès de confiance. Mais très tôt ce matin, des reconnaissances ont décollé et un Kawanishi H8K a fini par mettre la main sur la TF-57.2, autour de l’Indomitable et de l’Indefatigable. Entrant et sortant sans arrêt de la bulle radar et jouant avec les nuages, l’Emily arrivera ainsi à déjouer l’interception par la CAP pendant plusieurs heures.
………
Le score est sans appel : cinq Seafire sont abattus (trois pilotes récupérés) et deux autres, très endommagés, seront irrécupérable,s (-déclarés ?-irrécupérables ) mais seuls trois Zéro sur dix-huit retourneront se poser à Java.
...
Et tout cela a été achevé sans utiliser de machines ou d’explosifs – un exploit rendu possible par la véritable fourmilière humaine qui s’était abattu (abattue ?) sur les proches collines.
...
Il est vrai que leurs patrouilles au sol ne quittent plus les routes et que leurs avions (appareils –pour éviter la répétition en 1 de reconnaissance ne se risquent plus guère qu’aux alentours d’Hanoi et d’Haiphong dans ce ciel sillonné d’avions de chasse (de chasseurs ? tout simplement) alliés.
Les premiers avions (1) à se poser transportent des obus de 75 mm, des munitions pour les armes d’infanterie et un peu d’essence d’aviation. Cependant, de rares appareils ont été aménagés (plutôt sommairement) en transports mixtes fret /passagers.
...
La piste de cette localité à l’intérieur des terres n’avait pas reçu la visite des lourds de l’USAAF depuis un certain temps. Cet oubli est aujourd’hui réparé. Le raid se déroule sans anicroche. La piste (Le terrain d’atterrissage ? ) et les installations sont bien atteintes (atteints-si la modification précédente est adoptée), mais seuls deux appareils sont détruits au sol.
...
En mer, les Français reviennent en ayant fait chou blanc : pas la moindre jonque à se mettre sous la dents (dent).
...
Après les B-25 du Sqn 18 et ceux, arrivés quelques jours après, des 490th et 491st BS, c’est au tour du 80th FG d’être rebasé sur l’ile (l’île).
...
L’arrivée au port de Darwin est plus discrète que les fois précédentes. Les Australiens commencent à être habitués à ces grands déploiement (déploiements) de navires.
...
Le 24e Sentai essaie de réagir sans autre résultats (résultat ??) que deux appareils endommagés sans pouvoir franchir l’écran.
...
Puis il réfléchit. Après tout…
– Il est vrai que si l’empereur Cuong De nous demande de redéployer les troupes disposées le long de la frontière avec la Chine pour protéger les citoyens tonkinois menacés par les bandits du Delta, l’armée japonaise sera heureuse de coopérer. Après tout , la Chine est un pays ami !
...
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Ne pas confondre facilité et simplicité
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Sep 17, 2022 18:06    Sujet du message: Répondre en citant

Ca fait plaisir de voir la Fleet arm et ses Barracuda faire des trucs utiles !

Citation:
Le F/Sgt Aran Singh, du Sqn 2 (RIAF), est le premier à obtenir une victoire (contre un Ki-46) sur la nouvelle monture du squadron : le Bristol Banshee. On retrouvera son interview dans les journaux de Bombay le lendemain. Il se déclare tout à fait enthousiasmé par « la » Banshee (le féminin existe en hindi), qui est un appareil étonnamment versatile et destructeur. La photo, riche de sens, le montre devant le nose art de son appareil, qui représente la redoutable déesse Kâli…


Un volontaire pour le profil ? Cool

Comment perdre des milliers d'hommes pour rien à Hong Kong donc ...

Sinon, verra-t'on un jour la 1st Airborne ?
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Etienne



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MessagePosté le: Sam Sep 17, 2022 18:44    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
au-dessus du golfe de Thaïlande en compagnie des flottilles 10F et 17 F, dont l’arrivée à Tavoy


10F et 17F ou 10 F et 17 F ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Sep 17, 2022 18:56    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux relecteurs. Plutôt 10F 17F, on dira.
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Casus Frankie

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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Sep 17, 2022 19:14    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
La photo, riche de sens, le montre devant le nose art de son appareil, qui représente la redoutable déesse Kâli…

J'ai eu l'occasion, au cours d'un séjour à Singapour, de me rendre dans un temple de Kali. Je n'ai pas été déçu, la statuaire était fruitée.



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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Sep 18, 2022 10:25    Sujet du message: Répondre en citant

Kali... depuis une partie jeu de rôle dans les années 90 (le voile de Kali, scénario pour le jeu 'Maléfisme!'), cette déesse me fiche des cauchemars... Kali c'est une psychopathe à 6 bras, complètement cinglée... et armée de pouvoirs divins. La scène final a été la cerise sur le gâteau. Les Tugs arrivent enfin à invoquer Kali... nous avons échoué (mais en fait le scénario ne pouvait réussir... ) Et Kali s'éveille, nous allons être sacrifiés... fin de partie? Ben non, furieuse d'être invoquée, elle se retourne contre ses adorateurs! Les Tugs et les avatars de Kali affrointant la vraie Kali aurait fait ressembler une visite guidée d'un abattoir en fonctionnement à un aimable piquenic au soleil... Kali attaque ses avatars et les massacres.. au cours de la partie à chaque rencontre contre 1 avatar on avait eu toutes les peines du monde à s'en sortir vivant et la vraie Kali les a massacré dans une débauche de gore, avec la facilité d'un enfant arrachant ses ailes à un papillon... beurk...
20 ans après, je m'en rappelle encore. On a réussis à fuir en profitant de la panique, nos persos étaient aspergé de sang humain et complètement terrifiés.
Règle numéro 1 de l'ésotériste: ne JAMAIS invoquer kali. Amis? Ennemis? Juste un troupeau de sacrifices à massacrer allégrement, meêm ses adorateurs sont juste ça, des trucs à massacrer... Kali est complètement folle, couverte de sang et juste vêtue d'une ceinture de mains coupées...
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Archibald



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Messages: 6355

MessagePosté le: Dim Sep 18, 2022 10:52    Sujet du message: Répondre en citant

La gorgone ! Faut pas la chercher quand elle se lève le matin et qu'elle a pas encore pris ses trois cafés. Hendryk, Anaxagore, vous avez de charmantes fréquentations... !
_________________
« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

"Le complot nécessite de l'intelligence, qui est rare; la bêtise est universelle. CQFD."
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Colonel Gaunt



Inscrit le: 26 Mai 2015
Messages: 1568
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MessagePosté le: Dim Sep 18, 2022 11:23    Sujet du message: Répondre en citant

Et pourtant, Kali est la protectrice contre toute forme de mal, c'est pourquoi elle est est particulièrement adulée chez les Hindous. un de ces avatars, Bhadrakali, est même la déesse de la fertilité, priée par les femmes désirant un enfant.
_________________
Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
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