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Intégrale Euro-Nord Mars 1944
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 7021
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Nov 22, 2021 18:45    Sujet du message: Répondre en citant

Alors ...
1) Félicitations à Tyler, qui partage (comme d'autres ici) assez de références avec moi pour me corriger quand je dis une kornerie. Niveau 4 "Wevelsburg, l'antre du mal". Avec le doubleur du capitaine Haddock qui fait le Briefing (une fois qu'on s'en est rendu compte, impossible de ...)
Ambiance PS1 pixelisée année 2000 mais gothique à souhait, sur cette musique : https://www.youtube.com/watch?v=EkCb43ixP0I
Et une Manon française membre du SOE tellement b...rné (semble-t'il inspirée d'Hélène Marguerite Deschamps Adams - tiens on en a jamais parlé d'elle !) qu'on a même pas droit au French Surrender Monkey - pour une fois. Et même de jolies évocations de la libération de Paris.

2)Alors Joukov confond 2 choses: les niveaux 4 Wevelsburg et les 8 "Panzerknacker Unleashed! " dans un chateau abandonné de Bavière où l'on pars dans un (encore plus gros) délire à base de robots, de casse-noisettes et de ... chiens qui conduisent des half-tracks. Oui vous avez bien lu.

Remarquez, c'est vrai que pour le coup on aurait réglé le problème d'effectifs du Reich en 45.

Pour revenir sur Wevelsburg, un joli niveau donc, dans le Noir avec des torches, où l'on passe un pont-levis (que les SS ouvrent gentiment, jamais compris pourquoi au juste ...), on vole le couteau d'Abraham dans la collection personnelle du Reichsführer, on traverse une grande pièce carrelée porteuse du soleil noir pour atteindre un bureau d'Himmler au moins aussi grand (ca doit être pratique à chauffer dis donc). Le tout en croisant des gardes SS en armures de chevalier avant de fuir par la crypte du chateau reconverti en mausolée SS.
C'est du délire bien sûr ... mais toutes ces pièces et éléments d'architectures existent ! Ils se sont documentés les bougres !

La pièce avec les chevaliers,


La Crypte,
https://europeanmemories.net/magazine/wp-content/uploads/sites/9/2018/11/crypt-M.-Groppe-2010-Kreismuseum-Wewelsburg.jpg

Enterrement dans la crypte
https://www.warhistoryonline.com/wp-content/uploads/2016/08/bundesarchiv_bild_183-h08447_quedlinburg_heinrichs-feier_heinrich_himmler-640x483.jpg

Wevelsburg est un endroit bizarre et malsain, où le plan triangulaire et les murs ont été calculés pour satisfaire le délire ésotérique du chatelain. Repris à son compte par les nazis.

https://occultthirdreich.files.wordpress.com/2011/08/wewelsburgplan-occulthistorythirdreich-petercrawford1.jpg

Même son nom - la ville aux chouettes. Et pourtant, c'est des jolis animaux.

En tout cas, ce n'est pas dans la FTL qu'on évoquerait ce genre d'ambiance, même dans un clin d'oeil parfaitement documenté (j'insiste). Ou alors ...

Citation:

Un cadavre de trop
Wewelsburg, 23h00 – Dans l’antre du Mal, le Reichsführer-SS apprend en pleine nuit que le SS-Obergruppenführer Artur Phleps a été retrouvé pendu à un arbre en Bosnie. Avec un calme étonnant, Himmler fait immédiatement réunir sa cour dans l’Obergruppenführersaal pour évoquer la mémoire de ce « grand soldat » (voir appendice 5).
Assemblés dans la salle au sol de marbre orné de trois croix gammées formant le soleil noir, les dignitaires de l’Ordre Noir constatent tristement que c’est le quatrième général SS à tomber pour l’Ordre, que ce soit au front ou par une lâche action terroriste. Avant Phelps, il y a eu Friedrich Philipp Weitzel (mort dans un raid aérien en avril 1940), Theodor Eicke (tué sur le Front de l’Est en 1943) et bien sûr l’irremplaçable Reinhard Heydrich. Théâtralement, Himmler déclame : « Phelps rejoint donc notre légende – et dire que j’ai pu croire, un temps, qu’il avait déserté 11 ! Nous penserons à lui la prochaine fois qu’une cérémonie sera organisée dans la crypte. En attendant, il faut que les Yougoslaves paient ! »
La réaction est immédiate : « Sieg Heil ! Sieg Heil ! Sieg Heil ! » Visiblement, pour les SS, Artur Phelps est un cadavre de trop, même si, depuis bientôt cinq ans, on ne compte plus vraiment les morts en Europe, et moins encore en Yougoslavie. Cette acclamation parait satisfaire le Maître – derrière ses lunettes rondes qui reflètent le flamboiement des torches, le Reichsführer conclut : « C’est parfait. Nous allons déchaîner l’enfer. »


Wink Wink Wink Wink Wink Wink
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Anaxagore



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Messages: 8711

MessagePosté le: Lun Nov 22, 2021 19:24    Sujet du message: Répondre en citant

Comme certains le savent les châteaux, c'est un peu mon péché mignon... et en faisant des recherches sur des châteaux médiévaux en Allemagne je suis effectivement tombé sur des photos du château d'Himmler... j'aurais bien proposé qu'on fusille Himmler pour avoir massacré un authentiques château médiéval... mais il avait avalé une capsule de cyanure depuis longtemps.
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Archibald



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MessagePosté le: Lun Nov 22, 2021 20:49    Sujet du message: Répondre en citant

Du cyanure gâché... mais enfin, saluons quand même le courage de ce cyanure, imaginez, aller empoisonner un truc pareil, il a risqué sa vie, le cyanure... 50-50 que c'était le poison qui allait crever, pas l'autre raclure...
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 6775

MessagePosté le: Lun Nov 22, 2021 21:00    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
J'espère que Stanislas Lefort sera toujours présent pour l'accueillir, le pilote de l'Opéra


C'est grâce a ce cher Stanislas que j'ai découvert "La damnation de Faust", le morceau tonitruant qui conclue le film.
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loic
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MessagePosté le: Lun Nov 22, 2021 21:27    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, allez, la (macabre) récréation est finie Grrrr
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 22, 2021 21:51    Sujet du message: Répondre en citant

Loic, vu ce que j'écris à cet instant précis sur Varsovie, permet moi de rire. Très jaune. Crying or Very sad
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le roi louis



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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 00:06    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Un jour, on avait vu arriver un gusse bizarre, la soixantaine bien sonnée, costar et grosses lunettes de myope, mais plutôt négligé, un clope toujours éteint sur la lèvre inférieure. [...]Il a fallu qu’on aille retrouver le gars, dénommé Pierrot, tout heureux de pouvoir faire péter les Boches

Pierrot le fou, dite donc ce gars il aurait pas fait du cinéma ensuite ?

Citation:
Robert N. Bateson aurait rebroussé chemin, mais entre le tempérament opiniâtre du vétéran [..] et son sens de l’orientation, bien aidé par son radio-navigateur Stanley A. Livingstone,

Et ce radio il serait pas aussi docteur, je présume ?
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 08:13    Sujet du message: Répondre en citant

Quand je trouve dans un doc un nommé S.A. Livingstone, forcément je pense à Stanley...

Ma foi, démasqué sur la plupart des références, merci!

Sauf celle-ci:
le roi louis a écrit:
Citation:
Un jour, on avait vu arriver un gusse bizarre, la soixantaine bien sonnée, costar et grosses lunettes de myope, mais plutôt négligé, un clope toujours éteint sur la lèvre inférieure. [...]Il a fallu qu’on aille retrouver le gars, dénommé Pierrot, tout heureux de pouvoir faire péter les Boches

Pierrot le fou, dite donc ce gars il aurait pas fait du cinéma ensuite ?

Eh non, c'est plus du visuel-BD Wink
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 08:25    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Sauf celle-ci:
le roi louis a écrit:
Citation:
Un jour, on avait vu arriver un gusse bizarre, la soixantaine bien sonnée, costar et grosses lunettes de myope, mais plutôt négligé, un clope toujours éteint sur la lèvre inférieure. [...]Il a fallu qu’on aille retrouver le gars, dénommé Pierrot, tout heureux de pouvoir faire péter les Boches

Pierrot le fou, dite donc ce gars il aurait pas fait du cinéma ensuite ?

Eh non, c'est plus du visuel-BD Wink

Je me disais aussi. Pierrot le Fou, il était plutôt du genre collabo, et l'âge ne correspond pas.

Mais si on pense "vieil anar myope" en BD, c'est plus clair:


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Etienne



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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 10:11    Sujet du message: Répondre en citant

Gagné!

Les Vieux Fourneaux... J'adore.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 19:47    Sujet du message: Répondre en citant

23 mars
King’s Eggs
Made in USA
Lens (Pas-de-Calais)
– Un puissant vent d’ouest a chassé les nuages couvrant la moitié nord de l’Hexagone depuis quelques jours, amenant une traîne peu active de cumulus à 4/10 sous le soleil. Un temps plus conforme aux normes américaines de la 12th AF, qui peut engager ses groupes. Suivant les précédents exemples, les deux Wings de B-26 se voient dégager le terrain par des P-47 armés de roquettes. Les “Jug” neutralisent au mieux la Flak qui se dévoile à l’arrivée des Marauder et ceux-ci peuvent descendre plus bas qu’à leur habitude, retrouvant les altitudes utilisées en école et prévues pour les viseurs. La concentration des impacts est donc bonne, même si certaines bombes partent se perdre sur la ville, fort proche de la gare. L’une d’elles va même faire un joli cratère au fond des buts Est du stade Bollaert, au grand désarroi des Lensois, même si quelques supporters du Racing commentent un joli “goal” !
Un autre match se joue plus haut, entre l’équipe américaine des Lightning, renforcée de Thunderbolt, contre celle des Schlageter allemands de Lille et Abbeville. Le nombre des Cow-Boys contre l’expérience des Huns, la partie est inégale, ce qui ne porterait pas à conséquence si le carton rouge ne signifiait pas une exclusion… définitive.
………
Hirson (Aisne) – Même principe d’attaque combinée entre P-47 déblayeurs et Havoc en matraqueurs. Ils sont en plus petit nombre, la gare ayant déjà reçu sa bonne part de TNT lors des précédents épisodes. Mais on achève bien les chevaux-vapeur : c’est ainsi qu’une vingtaine de locomotives de la Reichsbahn en provenance directe d’Allemagne sont pulvérisées sur les voies d’attente. Trois P-47 et deux A-20 Havoc sont perdus sous les coups d’une flak trop nombreuse pour être complètement jugulée, car elle bénéficie de l’appoint de wagons armés de 88 mm en route vers l’ouest.


24 mars
King’s Eggs
Made in USA
Amiens-Longueau (Somme)
– Temps toujours aussi clair, une vraie journée de printemps. Pendant que la 2nd TAF multiplie les sorties Rover et Rhubarb sur tout ce qui roule de la Normandie à la frontière belge, voire au-delà pour quelques pilotes belges “étourdis”, le brigadier-général Elwood Quesada mobilise tous ses Fighter Groups pour la seconde phase de destruction de la gare picarde. P-47 armés de roquettes en première vague pour la Flak et autres cibles potentielles, puis une fournée d’autres “Jug” munis de bombes de 500 livres, le tout encadré en hauteur par des P-38.
Pas moins de 400 avions sur tout son territoire de surveillance ! Priller est rapidement débordé par les demandes d’intervention des stations radar et des postes de guet. Chaque pilote, y compris leur chef, fera au minimum trois sorties ce jour-là, sauf ceux qui seront descendus avant. A ce rythme, hommes et machines s’usent vite.
Sur une cible aussi grande qu’une gare, les roquettes font merveille, trouvant toujours une cible à faire sauter. Le spectacle, dantesque, fait se terrer chacun des spectateurs involontaires. Spectaculaire et efficace cette fois, avec très peu de dommages civils, ça change. Dans les états-majors, on commence à se demander si on ne tient pas LA solution pour ce genre de situations. Moins de bombes, mais mieux placées, ce n’est pas si mal, après tout. Cela devrait empêcher les Français de râler (mais ça, c’est mal les connaître !).
Seul inconvénient, la (relativement) faible capacité d’emport des P-47. Rapport est donc fait au Pentagone, demandant à la fois un avion monomoteur lourd (ce sera le Douglas Skyraider) et la mise à disposition d’un ou plusieurs groupes de B-25J, capables de mitrailler et de bombarder.

Sur la piste des V
Crossbow
France occupée
– Laissant les chasseurs lourds jouer leur nouveau rôle de bombardier léger pour achever la destruction de la gare d’Amiens, les Marauder et Havoc de la 12th AF reprennent le chemin des sites Noball encore debout. Les réseaux de Résistance français semblent indiquer un certain délaissement de la part des Allemands, mais à Londres, on préfère ne pas s’en laisser conter. Chez Argos, on se demande bien pourquoi les Allemands agissent ainsi, car les renseignements collectés un peu partout ne trahissent pas du tout un abandon des projets V, ce qui signifierait qu’il se trame des modifications importantes dans la façon de lancer les V1 ou V2. Visibles sur les photos de reconnaissance de l’aérodrome de Peenemünde, de nombreux Heinkel 111 semblent indiquer une mise en œuvre différente. Consigne est donc donnée aux opérateurs radar de surveiller leurs écrans. On conseille aussi à la Royal Navy d’organiser une veille radar aérienne en travers de la Baltique, ce qui provoque quelques grimaces chez les marins.
Loin de ces considérations, les équipages des Havoc et Marauder continuent leur matraquage sans sourciller. Leur préoccupation est bien différente : comment échapper à la flak, chaque jour plus nombreuse et plus efficace ?
Le Martin B-26 Marauder X2-B du 596th BS, 397th BG (serial 42-96143), touché à plusieurs reprises, a été vu pour la dernière fois par ses équipiers fumant des deux moteurs. L’avion est évacué par son équipage au-dessus d’Auberville, au sud-est de Dieppe. Tous parviennent à toucher le sol sans dommages. Le copilote (2nd Lieutenant Harry Walter), le bombardier (2nd Lieutenant George Hofmann), le mitrailleur de queue (Staff Sergeant Marion Rose), sont rapidement faits prisonniers. Cela se passe mieux pour le mécanicien, Staff Sergeant Oscar Young, et le radio, Staff Sergeant Harry Hoderliuk, qui parviennent à se cacher chez l’habitant et resteront à l’abri jusqu’à l’arrivée des troupes alliées après le débarquement en Normandie, mais le pilote, 2nd Lieutenant Elmer Freeman, joue de malchance. Lui aussi se cache dans une ferme, mais il préfère essayer de rejoindre au plus vite l’Angleterre en passant par un réseau de Résistance. Las, le réseau Picourt a été infiltré par un traître qui le dénonce à la Gestapo. Arrêté à Paris, Freeman est emprisonné à Fresnes et déporté à Buchenwald, puis emprisonné plus normalement au Stalag Luft III de Sagan. Drôle de parcours pour un “homme libre”…


25 mars
King’s Eggs
Made in USA
Mantes-la-Jolie (Seine-et-Oise)
– Nouvelle visite des Thunderbolt, suivant la nouvelle méthode. Mais celle-ci n’a pas manqué d’être remarquée par les états-majors allemands. Une série de mesures ont donc été prises afin de contrer le phénomène. Tout d’abord, il est évident que les gares sont devenues l’objectif n°1 des Alliés. On renforce donc leur défense anti aérienne, en enlevant des batteries disposées ailleurs. Mais ça, c’était déjà en cours.
Il est tout aussi évident que les Alliés font tout pour éviter les pertes civiles : on installe donc les batteries de Flak lourde (88 mm) à l’intérieur des villes, au beau milieu des maisons, voire sur celles-ci quand c’est possible (immeubles à toit plat). Ainsi, espère le QG allemand, il sera illusoire d’attaquer une batterie sans faire de dégâts aux alentours, d’autant plus qu’ordre est donné de maintenir la population habitante dans ses demeures – ordre qui ne sera pas toujours respecté par des chefs de poste indignés.
Puis, on concentre dans les gares elles-mêmes que de la Flak légère, mais en nombre pour faire un écran de fer et de feu à l’intention des avions arrivant bas. De plus, des guetteurs sont installés sur des points culminants, comme des châteaux d’eau, pour signaler au plus tôt aux batteries la direction d’où approchent les assaillants.
Bref, une rude surprise attend les Américains.
« Ça sent le roussi. A 10 secondes de l’objectif, aucun éclatement, aucune traçante en l’air, alors que les copains là-haut avec leurs œufs de 500 livres sont bien visibles. Ce serait tout de même étonnant que les Krauts aient enlevé toute leur Flak… Nerveusement, je tripote le commutateur des roquettes sur “All”. » (Joe L. Blumenthaler, op. cit.)
Soudainement, un mur de traçantes s’élève devant les pilotes médusés. Emportés par leur élan, ils ne peuvent que continuer, certains ouvrant le feu sans réfléchir, par simple réflexe, comme si leurs propres balles pouvaient arrêter celles d’en face.
Le résultat est effrayant. Les P-47 sont réputés pour leur robustesse, mais pas à ce point ! Un Jug est pulvérisé dans l’explosion de ses propres roquettes, endommageant deux de ses proches équipiers, dont l’un finit sa course en pièces détachées au beau milieu des voies ferrées, l’autre parvenant à se traîner un peu plus loin pour se poser sur le ventre. Trois autres vont s’éloigner en fumant noir ou bleu pendant leur montée, juste ce qu’il faut pour que les pilotes puissent sauter en parachute. Tous les rescapés de la première vague rentreront, plus ou moins difficilement, avec plus ou moins d’impacts.
« J’ai eu la chance d’être à l’extrême gauche du dispositif, où les tirs étaient moins concentrés, et j’ai pu passer au travers sans trop de dommages. La batterie devant moi était assez loin, j’ai pu l’aligner, et Whooff ! Les huit roquettes dans la tronche, j’ai vu les morceaux sauter en l’air. Nous sommes partis sans demander notre reste, mais le retour a été difficile pour tous, beaucoup se demandaient quand leur zinc allait lâcher… Sam et Rick ont d’ailleurs dû se poser sur le ventre à Bisterne. Le major a eu du pot, déjà de ne pas trop ramasser alors qu’il était au centre, puis de pouvoir évacuer au-dessus de la Manche et d’être récupéré très vite, mais m’est avis qu’il doit se poser des questions sur la validité de sa méthode ! » (Joe L. Blumenthaler, op. cit.)
Les fumées n’empêchent pas les guetteurs de repérer la deuxième vague qui arrive suivant un axe à 45° de la première. Mais alors que les postes de Flak s’orientent vers cette nouvelle menace, le leader des T-bolt bombardiers en piqué, ayant constaté les pertes infligées à la première formation et le risque que court la deuxième, donne l’ordre d’amorcer l’attaque sans attendre le passage des rase-moquettes, tout en prévenant ceux-ci par radio, afin qu’ils se détournent. La confusion règne donc chez les servants de Flak, qui ne savent plus trop où donner de la tête, et dont les tirs se font désordonnés. Le reste de la mêlée est tout aussi confus, les pilotes agissant selon leur instinct et le hasard qui leur fait entrevoir une cible potentielle, de Flak ou ferroviaire.
Cinq autres P-47 sont perdus, mais les installations de la gare ont été assez durement touchées et le Flak Abteilung a beaucoup souffert de ce duel avions-canons. Curieusement, les batteries lourdes situées en ville n’ont pas tiré un seul coup, mais il est vrai que tout s’est passé assez bas, dans un angle de tir inhabituel pour elles.
………
… et made in Britain
Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise)
– Simultanément au raid américain, les Beaumont de la RAF reviennent pour la deuxième couche. Si le bataillon de Flak a bien suivi les nouvelles instructions en déplaçant les 88 mm et en concentrant les armes légères, il semble que le guetteur chargé d’alerter les batteries ait été distrait, endormi ou pire – un rapport de la Résistance locale fait état d’un soldat exécuté sur le toit d’un immeuble, mais s’agit-il du même ?
Toujours est-il que la Flak légère ne réagit que tardivement au passage des Typhoon, qui laminent les batteries, y compris celles installées sur les toits ! Le passage est pratiquement libre pour les bombardiers qui suivent l’exemple des Belges de tête et larguent à moins de 500 m, avec une précision inégalée jusqu’ici. Si les résultats semblent à nouveau valider le processus, les observateurs ont cependant noté la nouvelle disposition des batteries anti-aériennes, ce qui les inquiète. Le rapport des Américains permettra d’élucider la question, et donnera des sueurs froides rétrospectives aux officiers…
Quant à la Luftwaffe, elle s’est contentée d’effectuer des sorties contre les avions de la 2nd TAF en missions Rhubarb, le volume trop important des attaques massives empêchant une réponse efficace, même en coordonnant toutes les forces disponibles.

Sur la piste des V
Crossbow
France occupée
– Nouvelles sorties pour les bimoteurs de la 12th AF, qui poursuivent avec méthode et assiduité leur œuvre de destruction des bases de lancement des “armes de représailles”. Ils sont en faible nombre (une cinquantaine), toutefois : les mécaniques ont besoin de soins et les équipages de repos, surtout pour les nerfs.
C’est d’ailleurs lors d’un vol de routine exécuté pour tester la mécanique après de grosses réparations que le Captain Battersby (officier d’opérations) perd le contrôle du Douglas A-20 Havoc serial 43-9223 du 668th BS à 2 km du terrain de Wethersfield. Il entraîne dans la mort son passager, Charles Coleman, plieur de parachute de son état, à qui il offrait le baptême de l’air.
Plus classique (et encore plus meurtrier) : le Douglas A-20 Havoc serial 43-9457 du 643rd BS est touché par la flak au-dessus du site de Bonnières, au sud-ouest de Frévent. Seul le mitrailleur de queue, Staff Sergeant Louis Dickinson, parvient à se parachuter, mais il est fait prisonnier dès son arrivée au sol.

Pré-Overlord
Opération Tiger
Port de Plymouth
– Des exercices en vraie grandeur sont entrepris par l’US Army en prévision de l’opération Overlord. La première phase consiste à déterminer la procédure de mise en route depuis les camps de stationnement, l’acheminement vers les ports et la manière d’embarquer des unités d’infanterie, d’artillerie et de blindés de divers types avec leur matériel roulant spécifique, chars, GMC, Jeeps, automoteurs d’artillerie, etc. Pour ce faire, l’US Navy a mis à la disposition de l’Army huit navires de débarquement : les LST-58, 289, 496, 499, 507, 511, 515 et 531.


26 mars
King’s Eggs
Made in USA
Mantes-la-Jolie (Seine-et-Oise)
– Les Américains détestent recevoir des leçons, c’est bien connu. Il est donc logique qu’ils remettent le couvert, mais à leur façon, avec beaucoup de sauce ! Ce qui n’est pas forcément idiot, car les Allemands n’ont guère de possibilités pour remplacer les pièces de Flak perdues la veille. Sans compter qu’il n’y a guère de candidat au poste de guetteur : le château d’eau, principal poste de guet, faisait une trop belle cible pour n’avoir pas été balayé dans la bataille.
D’autres objectifs étant au programme de la journée, c’est la quasi-totalité de la 12th AF qui décolle des bases d’Angleterre, près de 450 Marauder et Havoc et 275 Thunderbolt et Lightning.
À l’arrivée des quelque 80 bombardiers sur Mantes, la Flak lourde ouvre le feu – cette fois, elle ne peut compter sur la légère pour éliminer les P-47. Ce faisant, les batteries se dévoilent, et les leaders des escadrilles hésitent : faut-il attaquer à la roquette en pleine ville ? La réponse fuse sous forme d’un ordre simple : « Attack ! »
Jeu dangereux, mais les emplacements des canons de 88 sont tout de même relativement dégagés, ne serait-ce que pour avoir un créneau de tir suffisamment large. De plus, même si le quadrillage des rues ne vaut pas celui des villes américaines, il permet une visée plus précise. Réciproquement, un Jug qui arrive en suivant une rue, c’est comme un éléphant, ou plutôt un sanglier, dans un couloir : impossible de le louper. Trois avions se font abattre ainsi, l’un d’eux allant s’écraser directement sur la batterie, sans que l’on sache si son pilote était mort avant. Une statue s’élève aujourd’hui sur la petite place à la mémoire du pilote disparu.
Les tirs ayant rapidement faibli, les Marauder effectuent une passe destructrice à moins de 1 500 m, laissant la gare dans un état de ruines contredisant quelque peu le nom de la ville.
………
Arras, Blainville, Cambrai, Châlons-sur-Marne, Creil – Leurs gares sont les cinq autres objectifs du jour. Les commandants des formations de P-47 qui attaquent à la roquette ont reçu pour consigne de préparer des manœuvres évasives afin de déjouer les rideaux de feu de la Flak. Chacun y va donc de son petit stratagème, plus ou moins efficace, le tout n’allant pas sans pertes, malgré les louanges adressées par les pilotes à leur solide Jug. Bilan mitigé au final, surtout que du côté nazi, l’évidence est là : il faut plus de Flak ! Les jours heureux des aviateurs alliés sont derrière eux…

Sur la piste des V
Crossbow
France occupée
– Temps toujours clément sur l’Angleterre et le nord de la France. En conséquence, la 12th AF lance un grand nombre de raids sur une multitude d’objectifs variés, incluant bien sûr des sites Noball. Mais la perplexité des membres d’Argos se reflète dans la quantité d’objectifs visés, avec en prime la pression accentuée par les “Œufs du Roi”…
Au retour de mission, le Douglas A-20 Havoc serial 43-9371 du 641st BS, piloté par le 1st Lieutenant John Little, se pose sur le ventre sur un seul moteur. Si l’équipage est sauf, l’avion est irréparable.
………
Mimoyecques – Vingt-cinq Forteresses Volantes B-17 viennent bombarder la forteresse souterraine. Les Américains sont surpris par la présence de renforts de flak, qui se fait sentir : treize bombardiers sont endommagés par les tirs, plus de la moitié de l’effectif. Sans que les résultats au sol soient très nets…


27 mars
King’s Eggs
Mixed
Creil (Oise)
– Les photographies aériennes ayant montré à la fois les maigres résultats des attaques précédentes et une reconstruction avancée, il est brusquement décidé d’en finir une bonne fois pour toutes avec ce nœud important des réseaux ferroviaire, fluvial et routier.
Deux missions sont donc programmées ce même jour : le matin, la 12th AF déblaye le terrain de 6 000 m, la Résistance ayant indiqué que la ville était à présent désertée par ses habitants fuyant les bombes ; le relais est pris l’après-midi par la 2nd TAF, dont les escadrilles de chasse n’ont pas pour autant laissé dans la matinée les Rhubarb au jardin ou les Rover au garage. Avec une telle intensité, les Mossie post-meridiem n’ont aucune peine à fignoler le travail, les postes de Flak étant soit démolis, soit à court de munitions !

Sur la piste des V
Crossbow
France occupée
– Une centaine de bombardiers de la 12th AF sur les deux cents engagés ce jour s’occupent des sites Noball de la Somme. Une flak de plus en plus intense fait des dégâts de plus en plus importants dans les rangs alliés. Même s’ils ne sont pas abattus sur l’objectif, le retour au bercail est parfois difficile. C’est ainsi que le Havoc A-20 Mama Lou (serial 43-10127) du 647th BS, 410th BG, s’écrase à l’atterrissage à Manston. Il est détruit, mais l’équipage est sauf.
La même mésaventure arrive au A-20 serial 43-9672 du 646th BS à Stradishall, mais cette fois le pilote, F/O Elliott Orr, se tue. Il avait d’abord cerclé autour du terrain pour permettre à ses coéquipiers de sauter, mais ayant épuisé le peu de carburant qu’il lui restait, il est arrivé trop court et a décroché en entrée de piste.
………
Siracourt – Les travaux qui progressent toujours sont à nouveau perturbés par l’attaque de 94 B-24 Liberator du 20th Bomber Wing de la 9th AF. Pas découragés, ou peut-être incités par la présence des SS de la Bau Brigade, tous les ouvriers reprennent le collier dès le départ des quadrimoteurs.


28 mars
King’s Eggs
Made in USA
Somain, Busigny, Cambrai, Douai (Nord), Arras, Béthune (Pas-de-Calais)
– Profitant d’une météo clémente qui perdure, les Américains de la 12th AF sortent à nouveau en nombre, évités par les chasseurs de Priller qui s’occupent plutôt des patrouilles quotidiennes de la 2nd TAF, plus accessibles numériquement parlant.
Les tactiques diffèrent suivant les endroits, mais les résultats ne sont pas forcément ceux attendus. Ainsi, la gare de Busigny, plutôt excentrée par rapport à la bourgade, fait l’objet d’un bombardement “haut” ne nécessitant pas l’emploi de nettoyeurs de Flak. Si le bombardement est réussi, les aviateurs ignorent qu’à ce moment-là, trois des convois pulvérisés en gare (qui devait être déserte) sont en fait des omnibus attendant la correspondance en retard de la ligne Dijon-Lille… On dénombre près de 600 morts et blessés, victimes de la guerre mais surtout du destin.
Le lendemain, le gouvernement français proteste auprès de la 12th Air Force. Mais le commandement de celle-ci, ainsi que les officiers de liaison français, n’auront aucune peine à démontrer qu’il n’y a pas eu d’erreur et que seule la malchance est responsable du drame. En effet, avec l’aide de la Résistance, les planificateurs de la mission croyaient avoir pris toutes les précautions. En conclusion, il faut se faire une raison : soit on arrête le plan de destruction des transports utilisés par la Wehrmacht, soit on en accepte les risques pour la population civile. Le choix est évident…
Néanmoins, De Gaulle juge nécessaire de réagir au niveau politique, comme il l’avait fait envers Churchill peu de semaines plus tôt. Passant, plus réglementairement cette fois, par Léon Blum et Cordell Hull, une protestation sera donc transmise à Washington. Après quelques échanges exprimant un mécontentement diplomatique et des excuses de même, Roosevelt en personne exprimera ses regrets. Et après la guerre, les Etats-Unis financeront la reconstruction de Busigny et l’érection d’un monument aux victimes du bombardement.

Sur la piste des V
Crossbow
France occupée
– Sur un total de 450 avions de la 12th AF ayant décollé des bases du sud-est de l’Angleterre, où le beau temps se maintient obstinément, une bonne centaine part s’occuper des rampes de V1 du Nord et du Pas-de-Calais. Mais ces conditions climatiques agréables sont aussi synonymes de bonne visibilité : un plus pour les servants des batteries anti-aériennes et pour les chasseurs de la Luftwaffe, prompts à opérer dès que les avions alliés sortent du champ de la flak. Les pertes sont lourdes, malgré des escortes de plus en plus nombreuses, mais qui sont souvent distraites par l’attaque au sol d’objectifs divers, de la voiture au convoi ferroviaire.
L’attaque des aérodromes de secours de la Luftwaffe fait également partie des objectifs habituels, surtout lorsqu’ils sont proches des bases de lancement de V1. Montdidier-Fignières n’échappe pas à la règle, d’autant plus qu’une escadrille du I/JG 1 y a été signalée. Aujourd’hui, aucun Focke-Wulf n’est visible, mais la flak est présente, elle. Et se signale par son efficacité, abattant directement deux Douglas Havoc.
Sur le premier, serial 43-9216 du 668th BS, seul le pilote, 1st lieutenant Bradford est tué. Les mitrailleurs sont faits prisonniers, le bombardier/navigateur parvient à s’échapper.
Même sort pour le 5H-C serial 43-9211 (donc très proche), du même squadron. Le pilote, 1st Lieutenant Kleopfel, se parachute trop bas et décède de ses blessures. Ses coéquipiers ne peuvent échapper à la capture.

Pré-Overlord
Opération Tiger
Port de Plymouth
– Après de nombreux tâtonnements pour la partie “embarquement”, le dernier exercice de Tiger se déroule sans incident majeur – seuls les moteurs de deux ou trois véhicules refusent de démarrer au moment de leur embarquement. Un général américain philosophe déclare que ces pannes sont un plus pour l’exercice, puisqu’elles ont permis d’entraîner les équipes de dépannage.


29 mars
King’s Eggs
Gare aux gares
Somain (Nord)
– Suivant le principe de répétition, les Anglais reviennent sur le site de la première gare de triage de France (historiquement parlant), installée par une compagnie minière. Les Allemands, commençant à s’habituer au procédé, ont ramené d’urgence de Lille quelques batteries anti-aériennes, qui ouvrent le feu à peine installées, sans grande précision. Un seul Boston du Sqn 88 est abattu, il tombe derrière l’église.

Sur la piste des V
Crossbow
Chipping Ongar
– C’est au décollage pour une mission sur un site Noball de France occupée que le Martin B-26 Marauder Lucky Lady FW-N (serial 41-35062) du 556th BS, 387th BG, perd soudainement la totalité de son circuit électrique. Le pilote, Lieutenant Jerald Fisher, pose aussitôt son avion sur la bande de roulage parallèle, heurte au passage de son saumon d’aile un autre B-26 attendant son tour pour décoller et va finir sa course dans les arbres longeant la bordure de piste. Personne n’est blessé, un miracle ! Mais l’avion n’est plus bon qu’à être cannibalisé…

Pré-Overlord
Opération Tiger
Port de Plymouth et Baie de Lyme
– Dans l’après-midi, les troupes procèdent à un nouvel exercice d’embarquement avant que les huit LST appareillent dans la soirée, escortés par la corvette HMS Azalea et le vieux destroyer HMS Scimitar.


30 mars
King’s Eggs
Gare aux gares
Achères (Seine-et-Oise)
– Nouvelle inscrite sur la liste des cibles, la gare d’Achères voit arriver les Typhoon du 123rd Wing précédant les Mosquito des 138th et 140th Wings, qui démolissent les infrastructures sans vraiment toucher aux voies ou aiguillages. C’est un inconvénient de la précision du bombardement, globalement moins destructif – mais les riverains ne s’en plaindront pas !

Sur la piste des V
Crossbow
Eperlecques et Siracourt
– Sortie en masse pour la 9th AF qui engage B-17 et B-24 sur les bunkers en travaux, sans pour autant provoquer de gros dégâts. Peu de pertes cependant : la météo a tendance à se dégrader, gênant la flak, dont les servants n’entrevoient les silhouettes des bombardiers que par les trouées dans les nuages. Quant à la Luftwaffe, elle brille par son absence… faute de moyens, tant matériels qu’humains.
………
France occupée – Peu de vols chez la 12th AF : on prépare une grosse sortie le lendemain, dans le cadre de King’s Eggs. Le chef du 669th BS tient néanmoins à emmener ses jeunes recrues pour une mission d’entraînement. Celle-ci s’achève par un accident à l’atterrissage à Little Walden pour le Douglas A-20 serial 43-9368. L’avion est cependant réparable.

Pré-Overlord
Opération Tiger
Port de Plymouth et Baie de Lyme
– A l’aube, les LST viennent beacher sur la plage de Slapton Sands, dans le comté de Devon, sud-est de l'Angleterre. Les troupes débarquent et quittent la plage sous la direction des officiers de plage, vétérans de Torch, Avalanche et Dragon, et qui sont, eux, parfaitement entraînés. Les observateurs notent un certain nombre de dysfonctionnements qui sont rapportés à l’état-major du général Eisenhower. C’est donc sans surprise que marins et soldats apprennent qu’il va falloir remettre ça, et dès ce soir.
………
France occupée – Du côté allemand, ces différents exercices sont passés inaperçus. Il faut dire que les appareils de reconnaissance de la Luftwaffe ont de plus en plus de mal à opérer sur le sud de l’Angleterre, où la chasse alliée, bien guidée par radar, a la maîtrise du ciel. Mais le commandement de la Luftwaffe en France s’obstine. Souvent, les avions de reconnaissance sont abattus, mais parfois, les résultats sont au rendez-vous.
En début de soirée, un Ju 88 repère dans l’est de l’île de Portland un convoi comprenant « une quinzaine de caboteurs et quatre ou cinq corvettes », cap à l’ouest. L’information est transmise rapidement au QG de Marinegruppe West, à Rouen. L’amiral Krancke téléphone personnellement à l’amiral Hennecke, à Cherbourg, pour qu’il envoie sur les côtes anglaises quelques S-boots pour intercepter ce convoi. L’amiral Hennecke répercute l’ordre aux vedettes basées à Cherbourg, mais la 5e Schnellbooteflottille ne peut mettre en ligne que six unités, les S-100, S-136, S-138, S-140, S-142 et S-143. Les belles heures des flottilles de vedettes lance-torpilles du Reich sont passées !
………
Port de Plymouth et Baie de Lyme – Les LST embarquent hommes et matériels comme la veille et dans la nuit, le convoi reprend la mer. Mais dès le début de l’opération, il apparaît que la chance n’est pas avec les participants.
Lors des manœuvres dans le port, le HMS Scimitar est abordé par un des LST. Ses avaries sont sérieuses et le destroyer doit renoncer à sa mission d’escorte. Première erreur des planificateurs de l’exercice : rien n’a été prévu pour remplacer le destroyer.
20h30 – Après un échange de messages entre les Naval Acting Officers de Plymouth et de Portsmouth, il est décidé que le HMS Sabre appareillera dès que paré de Portsmouth pour rallier le convoi à la mer. Seulement le destroyer, qui n’est pas d’alerte, est à six heures d'appareillage (1). Il ne pourra prendre la mer que le 31 à 02h30 ! Le convoi n’aura du coup qu’un seul escorteur, la corvette HMS Azalea.


31 mars
King’s Eggs
Made in USA
Nord et Est de la France
– Pas moins de 14 objectifs à traiter ce jour pour la 12th AF, avant l’arrivée d’une forte perturbation atmosphérique.
Amiens-Longueau (Somme), Aniche, Cambrai, Douai, Tourcoing et Valenciennes (Nord), Mantes-Gassicourt (Seine-et-Oise), Arras (Pas-de-Calais), Hirson (Aisne), Serqueux (Seine Inférieure), Metz et Sarreguemines (Moselle), Reims (Marne) et Troyes (Aube) sont les cibles de quelque 450 bombardiers et 300 chasseurs et chasseurs-bombardiers américains. Pas besoin de leurres métalliques, les radars allemands sont saturés, d’autant plus qu’il ne faut pas oublier les 250 avions de la 2nd TAF (environ) opérant un peu partout le long des côtes ou des voies ferrées !
Désabusé, l’Oberst “Pips” Priller se lance avec ses hommes dans la bataille, mais que peuvent faire une centaine de chasseurs contre un millier d’assaillants ? Tout au plus gêner de temps à autre, comme une puce dérange – un peu – un gros chien…
Certaines des gares, celles qui ont déjà été traitées, ne voient arriver qu’une petite quantité de bombardiers qui viennent fignoler l’ouvrage ; pour d’autres, c’est plus impressionnant. D’abord, le ballet des chasseurs-bombardiers virevoltant en un flot incessant avant de larguer les spectaculaires roquettes dans la toile des traçantes. Les gros bimoteurs, volant plus ou moins haut suivant l’endroit et la densité des tirs anti-aériens, qui larguent leurs chapelets mortels. D’autres, au mépris du danger, foncent au ras du sol, larguent des bombes à retardement et mitraillent tout ce qui bouge. Spectacle de guerre, de mort et de feu, dans le fracas des explosions, des tirs et des moteurs poussés à fond. Un témoin (chanceux !) ne peut que garder ces images en mémoire jusqu’à la fin de ses jours.
Puis le retour, le plus souvent dans le désordre, surtout pour ceux qui ont été atteints. Les moteurs fumants, les traînées de liquides de toutes sortes, les blessures dans les carcasses de métal, celles dans la chair humaine qu’on essaye de panser au mieux avant d’arriver sur le sol ami et salvateur. Avec de temps à autre des Focke-Wulf bourdonnant comme des mouches qui viennent se repaître de sang frais, et que les pilotes de l’escorte, toujours présents, doivent éloigner d’un revers de main.
La mer, enfin, et le calme : plus de tirs de Flak rencontrée au bord d’un chemin. Les moteurs seuls troublent le silence, dans une dernière incertitude : il faut qu’ils tiennent pour ne pas aller nourrir les poissons et les crabes !
Le retour au bercail, ensuite. Comme on peut être heureux de retrouver cette herbe si verte, ces baraquements si gris, comme le ciel. Pour aujourd’hui, c’est fini. On verra demain, c’est un autre jour.

Pré-Overlord
Opération Tiger
Baie de Lyme
– Une fois hors des passes, les LST se mettent en ligne de file, l’un derrière l’autre à intervalles de quatre encablures (730 m). La corvette, qui sert de guide de navigation, se place en tête et, comme le convoi s’étale sur 3 milles nautiques (5,5 km), son commandant a une vision des plus médiocre de ce qui peut passer sur son arrière. Et la brume qui s’est installée sur la baie de Lyme ne facilite pas la tâche des officiers de la corvette !
Comme prévu, le convoi fait tête sur l’île de Portland puis, l’un après l’autre, les navires viennent sur bâbord de façon à reprendre une route inverse, parallèlement à la côte, qui est spottée au radar de l’Azalea à quinze nautiques. Après le virement de bord, l’Azalea s’écarte légèrement sur tribord pour faire un comptage au radar des LST. L’opération de changement de cap s’est bien passée et les huit LST, toujours en ligne de file, suivent leur guide de navigation dans cet ordre : LST-515, 496, 511, 531, 58, 499, 289 et 507. L’Azalea ne reprend pas sa place sur l’avant des LST mais demeure sur une route parallèle à celles des bâtiments américains.
01h50 – Les S-boots ont manqué le convoi de caboteurs : le Ju 88 a mal estimé la vitesse de ces navires de charge. Mais, par pure chance, les vedettes repèrent le LST-507, le serre-file du convoi. Pour brouiller la détection radar alliée, elles s’infiltrent entre la côte et le convoi avant de se lancer à l’attaque ; les S-136 et S-138 s’en prendront aux navires les plus en arrière, la paire S-100 et S-140 attaquera le milieu du convoi, tandis que les S-142 et S-143 viseront les navires de tête.
L’arrivée des vedettes est repérée par la corvette, qui ouvre le feu sans toucher personne… mais n’avertit pas les officiers de l’US Navy. En effet, les Britanniques pensent que les LST pourraient se tirer les uns sur les autres !
01h55 – La batterie de Blacknor Fort, deux pièces de 9,2 pouces guidées par radar, a détecté le convoi, mais aucune autorité ne l’a prévenue qu’un nouvel exercice aurait lieu cette nuit. Aussi, en entendant les tirs de la corvette, elle ouvre le feu à son tour, tout en donnant l’alerte au PC du Royal Coastal Artillery de Plymouth. Ce dernier, parfaitement informé, lui ordonne en retour de cesser le feu. A bord de deux des LST, les personnels et passagers, qui n’ont pas vu les vedettes ennemies, entendent un bruit comparable à celui d’un train express : c’est le bruit d’obus passant au-dessus de leurs navires et qui vont se perdre dans la brume.
01h58 – Les premières torpilles ratent leur cible, les capitaines allemands ayant surestimé la vitesse des patauds navires de débarquement. Mais ils corrigent rapidement leurs estimations et la deuxième attaque va être mortelle.
02h03 – Le premier LST touché est le LST-507, atteint par une torpille de la S-136 ou de la S-138. Il coulera lentement, puisqu’il ne disparaitra de la surface des flots qu’à 2h30.
02h06 – Le LST-531 est torpillé et coulé par les S-100 et S-140, qui ont remonté le flanc tribord du convoi. Ayant épuisé leurs torpilles, elles coupent la ligne alliée sur l’arrière du LST-511 et s’éloignent vers les côtes normandes.
Les vedettes S-142 et S-143 ignorent les LST-496 et LST-511, sans doute parce que ces derniers ont entrepris de se défendre avec force rafales de 40 et 20 mm. Mais dans la confusion, ils se canonnent l’un l’autre, comme l’avaient craint les marins britanniques, avec des pertes sensibles à bord des deux bâtiments. L’une des vedettes lance sans succès contre le LST-515, le premier de la file, tandis que l’autre tente de torpiller le HMS Azalea, entraperçu dans la brume, mais elle n’est pas plus heureuse. Peu désireuses de rester dans les parages de la corvette en étant démunies de torpilles, toutes deux coupent la ligne alliée pour s’éloigner dans la nuit, en arrosant au passage le LST-515 à coups de 2 cm, lui causant quelques pertes et des avaries légères dans les superstructures.
Les S-136 et S-138 décrochent aussi et, ce faisant, aperçoivent le LST-289. Celui-ci, voyant son matelot arrière (2) attaqué par les vedettes, avait préféré quitter la ligne et abattre vers le large dans l’espoir de se mettre à l’abri. Une des S-boots a encore une torpille. Touché à l’arrière, le LST est gravement endommagé (3).
A bord de la corvette Azalea, les appels des radios britanniques pour faire un premier bilan de l’attaque restent sans réponse. Et pour cause : deuxième grosse erreur des planificateurs, les radios des LST et de la corvette ne sont pas calées sur la même fréquence ! Une fois fait malgré tout, le bilan va se révéler très lourd : en un quart d’heure, durée totale de l’engagement, 465 marins et soldats ont été tués et plus de 300 blessés. En plus de ceux qui sont resté coincés à l’intérieur des deux LST coulés, de nombreux GI, peu familiarisés avec l’usage de leur mae-west, se sont jetés à l’eau avec leur équipement de combat et leur casque. Le poids de ces impedimenta les fait basculer en arrière, maintenant leur tête sous l’eau et les noyant. Pour couronner le tout, ce n’est qu’à l’aube que le général Eisenhower donne l’ordre d’envoyer des secours sur zone. Ces quelques heures de perdues vont être fatales à de nombreux naufragés, qui périssent d’hypothermie : l’eau de la Manche n’est pas chaude au mois de mars !
A l’état-major allié, une autre inquiétude taraude les officiers. Le major Ingersoll, chargé par le SHAEF de tirer les premiers enseignements de la tragédie, signale que, parmi les 200 hommes portés disparus, on compte huit officiers porteurs de cartes et d’instructions secrètes référencées sous le nom de code “Bigot” et relatives à Utah Beach (la plage de Slapton Sands avait été choisie pour ces exercices car elle ressemblait à la plage normande codée Utah). Les plus paranoïaques pensent que les Allemands ont monté cette attaque dans le but de glaner des renseignements sur le futur débarquement allié et faire des prisonniers. S’ils ont mis la main sur les documents “Bigot”, l’opération Overlord devra être abandonnée !
Une vaste pêche aux cadavres est alors lancée, sur l’ordre du général Eisenhower. Finalement, 50 corps ne seront pas retrouvés après les opérations de recherche, mais les dépouilles des huit officiers concernés auront été repêchées, et avec elles les précieux documents. Overlord pouvait se poursuivre.
Les jours suivants, des instructions seront données pour assurer :
– la standardisation des fréquences radio américaines, britanniques et françaises,
– un meilleur entrainement à l’utilisation des gilets de sauvetage,
– la planification de la récupération d’éventuels naufragés par l’utilisation de petites embarcations,
– une meilleure collaboration entre les différents états-majors, et notamment entre l’armée et la marine,
– une meilleure coordination interalliée en général.
Les familles des victimes ne recevront les avis de décès qu’après Overlord (de façon à les confondre dans ceux du Débarquement) et sans la moindre explication : les états-majors veulent taire cet énorme fiasco. Les témoins directs sont menacés de passer en cour martiale s’ils racontent ce qui s’est passé. Finalement, ce n’est qu’en… 1984 que l’administration américaine déclassifiera les archives relatives à ce drame, après le travail acharné d’un civil britannique qui, depuis les années 70, arpentait les plages de la baie pour recueillir des objets témoignant du drame.


Notes
1- Un bâtiment qui n’est pas d’alerte est dans la position “bas les feux” ; suivant son type de chaudières, il lui faut six ou douze heures pour être en pression et appareiller. Il existe deux stades d’alerte avec chaudières allumées : un d’alerte normale, où le bâtiment est à deux heures d’appareillage, et un d’alerte renforcée, où le bâtiment, sous les feux, est à trente minutes d’appareillage.
2- Dans une formation de plusieurs navires, celui qui navigue devant le vôtre est appelé “matelot avant” tandis que celui qui vous suit est appelé “matelot arrière”.
3- Ramené à Plymouth par un remorqueur, le LST-289 sera décommissionné. Une fois réparé, il sera transféré le 9 décembre à la Royal Navy.


Dernière édition par Casus Frankie le Mar Nov 23, 2021 23:54; édité 2 fois
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 20:47    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Thunderbolt et Lightning.

Very frightening!
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With Iron and Fire disponible en livre!
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 20:55    Sujet du message: Répondre en citant

Peut on dire que l'US Army à été parasité par la KM dans la baie de Lyme ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 21:50    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
ce sera le Douglas Skyraider

Il me semble que ce dernier n'est pas spécifiquement commandé pour remplacer le P-47, mais par l'USN pour remplacer le Helldiver et l'Avenger.

Citation:
Serqueux (Seine Inférieure)

Je découvre cet ancien nom de la Seine Maritime...
Il faut un tiret (passage du 17 mars) et il faudrait aussi remplacer Seine Maritime dans les fichiers Juillet 42-3 Politique et annexe A C2
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 23, 2021 23:10    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Peut on dire que l'US Army à été parasité par la KM dans la baie de Lyme ?


Celui-là, il est vraiment tordu !
_________________
Casus Frankie

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