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France et Europe Occupées - Février 1944
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Oct 15, 2021 22:18    Sujet du message: France et Europe Occupées - Février 1944 Répondre en citant

1er février
Etat-croupion
Opportunisme
Banská Bystrica (Slovaquie)
– Parmi toutes les nations sujettes du Reich, ses satellites et autres états-croupions créés au fil de son expansion – Danemark, Croatie, Nouvel Etat Français… – il est une nation que tout le monde a oubliée, tant elle rappelle de bien mauvais souvenirs. Rejeton bâtard directement issue du lâche abandon de la Tchécoslovaquie par les Anglo-Français à Munich, la République Slovaque de Monseigneur Jozef Tiso n’a dû sa survie qu’aux atermoiements de la Hongrie – lesquels lui ont paradoxalement valu une forme de bienveillance d’Hitler.
Aujourd’hui, bien sûr, la Slovaquie n’a d’indépendante que le décorum – même Zagreb a plus de marge de manœuvre que Bratislava, et cela veut dire quelque chose. Elle n’en conserve pas moins des forces substantielles sur son territoire : notamment deux divisions équipées d’armes modernes et qui ne tarderont sans doute pas à être engagées face aux Soviétiques… pour un résultat fort prévisible.
Pour éviter un sort fatal à ces troupes – voire pour s’éviter à eux-mêmes un tel sort – certains responsables slovaques tentent désormais de retourner leur veste. Parmi eux, on trouve notamment le lieutenant-colonel Ján Golian : le tout nouveau chef d’état-major de l’armée slovaque vient justement de s’installer à Banská Bystrica. Soldat depuis 1927, l’homme est compétent et intelligent : il est en contact avec… le gouvernement en exil d’Edvard Beneš – lequel aimerait vraiment que son pays survive au conflit et semble prêt à beaucoup pour cela (y compris, si besoin, à arroser d’essence l’incendie chez ses voisins).
Autour de Ján Golian se sont peu à peu regroupés plusieurs civils : Jozef Lettrich, Ján Ursíny et Matej Josko, ainsi que les communistes Karol Šmidke, Gustáv Husák et Ladislav Novéeský. Ensemble, ils forment le Conseil national slovaque clandestin – lequel reconnait désormais officiellement le gouvernement en exil tchécoslovaque et s’engage à unir de nouveau Tchéquie et Slovaquie après la guerre. L’ensemble de ces engagements ont d’ailleurs été formalisés dans un “Traité de la Noël” signé en décembre dernier et qui permettra à coup sûr de reconstruire plus tard dans la fraternité retrouvée.
Beau projet… pas moins ambitieux que celui des Polonais, en vérité. Car enfin, par-delà les proclamations, que peut peser au juste cet état minuscule, enserré entre les nations allemande et hongroise (lesquelles n’ont aucune raison d’être généreuse avec lui…) et ne disposant que d’une armée au mieux négligeable par rapport à celles des autres belligérants ? De fait, en bataille rangée, pas grand-chose… Mais Ján Golian est un soldat de métier et a plus d’un tour dans son sac. Désormais à cette place, il ne manquera pas de le prouver.


2 au 4 février


5 février

Pologne
Opération Tempête
Gouvernement général de Pologne
– Informé des événements de Vilnius et de la progression rapide de l’Armée Rouge sur les anciens territoires de la République, le général Stefan Rowecki, chef de l’Armée Secrète, décide d’appliquer les conclusions d’une réunion préparatoire tenue à Varsovie le mois dernier. Il déclenche sans attendre l’opération Tempête dans le district de Nowogródek (que les Russes appellent Navahroudak) et de Vilnius (où elle prend le nom d’opération Ostra Brama (Portes de l’Aube).
L’Armii Krajowej a dû faire face à une forte présence allemande ainsi qu’à une pénible intervention lituanienne, avant d’être surprise par l’entrée des Soviétiques dans la capitale lituanienne. Elle n’a donc pas pu déclencher comme prévu Portes de l’Aube pour s’emparer de Vilnius – mais il n’est pas trop tard pour se rattraper. Si la république de Pologne doit être demain l’hôte des Bolcheviques, autant se signaler au plus vite.
Aujourd’hui encore, les modalités précises du déclenchement de Tempête demeurent floues. Le gouvernement en exil ne l’a sans doute jamais formellement autorisée, eu égard aux difficultés de communication entre Londres et Varsovie. Cependant, il a assurément eu connaissance de sa conception et de sa préparation. Il les a même encouragées, tout en autorisant « la coopération tactique locale avec les Soviétiques (1) et la facilitation de leurs actions par des opérations clandestines massives contre le Reich à des fins de sabotages, d’attentats et d’actions subversives. » A Londres, le général Tadeusz Bór-Komorowski semble persuadé que les Rouges n’oseront pas démettre par la force des autorités légales apparaissant sur leur passage, surtout après les avoir aidés à combattre. Si cela devait être le cas, il estime que l’Armée Secrète serait inévitablement conduite à diriger ses actions contre l’Armée Rouge – car, en l’absence d’opposition armée, « rien n’empêcherait le Kremlin d’affirmer que la volonté de la nation polonaise est de créer la 17e République Socialiste Soviétique ». De fait, dans son ultime télégramme avant le démarrage de Tempête, il écrivait encore : « (…) le gouvernement et moi pensons que la volonté du pays est un facteur qu’il est impossible d’effacer de l’ordre du jour. » Un encouragement implicite…
L’action démarrera donc demain – et contrairement à ce qui était prévu initialement, elle concernera aussi les grandes villes de Pologne (sauf Varsovie). Tant pis pour les civils, ce qui compte c’est le fait accompli ! Une chose est toutefois certaine : au soir de ce 5 février, les Soviétiques ne sont au courant de rien. C’est délibéré de la part des Polonais – c’est même le principe de toute l’opération. Et cela aura bien évidemment des conséquences.


6 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Selon les ordres du général Stefan Rowecki (nom de code Cyranka [Canard]), les forces polonaises dans cette zone, commandées par le Lt-colonel Janusz Prawdzic-Szlaski “Borsuk”, attaquent les faibles troupes d’occupation encore présentes. Cependant, malgré un contexte évidemment favorable, ce soulèvement n’a rien de massif. La région est… compliquée pour les Polonais, qui ne représentent qu’un peu plus de la moitié de sa population (2). D’où quelques difficultés de recrutement qui font que le district ne comprend à ce moment que cinq groupements de combat, lesquels totalisent un peu moins de 8 000 hommes organisés (quand ils sont concentrés) en neuf bataillons, un régiment de uhlans et un groupe de mitrailleuses lourdes, constituant cinq groupes.
Certes, pour y remédier – et selon les instructions de Tempête, précisant qu’il faut tâcher de reconstituer l’ancien ordre de bataille polonais – la création de deux régiments d’infanterie (77e et 78e RI) et de trois régiments de cavalerie (23e Lanciers, 26e et 27e RC) a bien commencé, mais l’offensive communiste a pris tout le monde de court. Seuls le 1er Bataillon du 78e RI et une moitié du 23e RL et du 26e RC sont opérationnels. C’est peu ! Prawdzic-Szlaski en a parfaitement conscience, du reste – en tant qu’ancien officier de la défunte 29e DI, il sait ce que le mot logistique veut dire. Tout comme il sait à quoi s’attendre de la part des Soviétiques : arrêté par le NKVD le 23 février 1941, il n’a dû sa survie qu’à une évasion audacieuse, suivie d’une fuite en territoire allemand (!).
Pourtant, il lui revient, avec les 8 000 hommes de son district, de tenir au moins en respect deux armées rouges entières ! Pas moins ! On comprend que Prawdzic-Szlaski ait été opposé au lancement de Tempête et n’ait envoyé personne à Vilnius, pour participer à Ostra Brama. Ses hommes ont beau être relativement bien armés, et parfois en uniforme, ils risquent de ne pas peser bien lourd ! Néanmoins, après en avoir une dernière fois conféré avec le délégué gouvernemental local (Jan Trzeciak “Aleksander”), il lui faut bien donner suite aux instructions d’en haut… En espérant que les milices locales de collaboration ne prendront pas trop de mauvaises initiatives – par bonheur, elles sont largement infiltrées par ses hommes (3). En revanche, on ne peut être sûr de rien pour ce qui est des Partisans soviétiques.
L’agitation s’empare évidemment des cinq groupes – bien que ceux de l’ouest (Szczuczyn, lieutenant Jan Piwnik “Ponury”), du nord (Lida, lieutenant Jan Borysewicz “Krysia”) et de l’est (Iwie, capitaine Stanisław Dedelis “Pal”) ne soient pas directement concernés, eu égard à leurs positions. Tempête touche surtout, pour le moment, le groupe Stolpeck (forêt de Naliboki, lieutenant Adolf Pilch “Góra” ou “Dolina”) et le groupe Sud (sud de Lida, lieutenant Józef Świda “Lech”).
Le groupe Stolpeck n’a pas beaucoup de chance… Par l’entremise de certains contacts locaux, ses membres ont été invités à se rendre auprès des autorités soviétiques afin de définir des modalités pratiques de collaboration. Mais sitôt sortis du bois, ils sont attaqués par les forces du NKVD, renforcées de Partisans (4). Quatre cents hommes sont abattus sur place et les cinq officiers capturés sont immédiatement transférés à Moscou. Néanmoins, Pilch “Góra” survit et réussit à s’échapper pour regagner sa tanière. Et avec ses hommes, il se trouve soudain beaucoup de points communs avec les Baltes…
Quant au groupe Sud, le lieutenant Józef Świda “Lech” n’a aucune confiance dans la parole des Rouges. Refusant ouvertement de prendre les armes à leur côté, il propose à ses supérieurs de conclure plutôt un pacte de non-agression avec la Wehrmacht ! Evidemment, ces propos n’iront pas loin – mais ils conduisent néanmoins son commandement à le mettre aux arrêts, dans l’attente d’un procès pour insubordination ! En dépit de cet incident, ses hommes s’emparent de plusieurs localités mineures comme Vsieliub ou Biarozawka.
………
District de Vilnius – Dans cette région, l’Armée Secrète a plus de monde qu’à Nowogródek : cinq groupes de combat rassemblant 18 000 hommes, sous le commandement du Lt-colonel Aleksander Krzyżanowski “Wolf”, secondé par le major Maciej Kalenkiewicz. “Wolf” a-t-il fait mieux que Prawdzic-Szlaski ? Pas vraiment… Ses unités n’ont pu s’emparer de Vilnius – la faute à ces butés de Lituaniens, à l’absence des renforts qu’auraient dû envoyer ces fainéants de Nowogródek et peut-être surtout à des problèmes de transmissions : le tiers des troupes prévues pour la prise de Vilnius n’a pas été engagé ! Faute de guides, plusieurs unités ont même dû marcher à l’aveugle vers un objectif mal repéré, voire pas défini du tout ! Evidemment, cette confusion a été encore aggravée par les ripostes allemandes et Krzyżanowski n’a rien pu y faire : il n’était pas à son PC, mais en pointe, à conduire ses hommes à l’assaut… Romantique et inefficace.
Néanmoins, ses unités désormais revenues à une forme de clandestinité imposée par l’installation des Rouges, le Polonais prévoit à présent de coopérer avec l’Armée Rouge, en échange d’une sorte de reconnaissance. Bien obligé ! Pour ce faire, il prend donc contact avec le 1er Front Biélorusse, tout en ordonnant à ses troupes de se reconcentrer « en attendant » dans la forêt de Rūdiškės, selon les instructions soviétiques.
Cette initiative de bon sens fera très plaisir au général Bogdan Kobułow. Ce dernier a en effet publié récemment des directives relatives à la « prise en charge » des Polonais. Nom de code : opération Sejm – la rivière qui traverse la Russie et le Nord de l’Ukraine. Après s’être si bien occupé, récemment, des Tatars et des Tchétchènes, après avoir tant “travaillé” quatre ans plus tôt à Katyn, il ne faudrait pas non plus que le camarade Kobułow, 1er Commissaire adjoint du Peuple à la Sécurité de l’État, perde la main !


7 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Prenant acte de l’agression subie la veille, le lieutenant Adolf Pilch “Góra” – à la tête de ce qui subsiste du groupe de combat Stolpeck, se retire vers le nord… derrière les lignes allemandes ! Il est désormais ouvertement hostile à l’Armée Rouge – ses solides préjugés étant à présent justifiés. Pilch se propose donc de souffler un temps chez les Fascistes, avant de décider de la suite. En tout cas, il n’a plus du tout envie de discuter avec les Partisans ! Son attitude, marginale à l’échelle du conflit, sera néanmoins dûment notée par certains responsables bien informés des deux côtés de la Shara.
Quant au groupe Sud, paralysé par l’arrestation de Józef Świda “Lech” – qui a une nouvelle fois confirmé par écrit son refus absolu de collaborer avec les communistes – il ne pèse plus. Toute cette agitation, ainsi que la grogne palpable dans les rangs, conduit donc Janusz Prawdzic-Szlaski à attendre un peu avant d’activer ses trois autres formations. Le temps, par exemple, de voir comment Krzyżanowski “Wolf” s’en sort avec les Rouges…
………
District de Vilnius – Pendant ce temps, en effet, Krzyżanowski se rend à Smarhon pour rencontrer le patron du 1er Front Biélorusse – Vassili Sokolovski lui-même. Le commandant du District de Vilnius va au rendez-vous dans une voiture allemande de prise en compagnie de trois de ses officiers d’état-major (5) et du lieutenant Nikolaev, de l’Armée Rouge, qui leur sert de sauf-conduit. Mais qui oserait s’en prendre au “général Wilk”, représentant le gouvernement en exil à Londres ? Une identité que Krzyżanowski s’est arrogée sans demander l’avis de quiconque, pour pouvoir discuter un peu plus d’égal à égal.
Au QG du Front soviétique, “Wolf-Wilk” est introduit immédiatement auprès de son… allié ? associé ? cobelligérant ? – qui l’attend en compagnie d’un officier inconnu, que nul ne juge utile de lui présenter, quoiqu’il semble doté d’un certain statut… Le Polonais commence par renouveler immédiatement sa proposition de collaboration avec l’Armée Rouge en unités indépendantes. Mais il ajoute qu’il refuse catégoriquement toute subordination directe aux Soviétiques. Déception dans la salle, et notamment de l’officier anonyme. Sokolovski – qui ne veut surtout pas décider de quoi que ce soit sur ce sujet ! – renvoie à plus tard, c’est à dire qu’il attendra l’avis de Moscou, car il se doute que Joukov a d’autres chats à fouetter. Et l’anonyme, qui répond en réalité au nom de Sigmunt Henryk Berling, va devoir prendre son parti des prochains événements.
………
Districts de Rovne (Volhynie) – La nouvelle de l’offensive soviétique n’a pas laissé indifférents les 6 500 hommes commandés par le colonel Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń”. Ceux-ci commencent à se concentrer dans le village de Suszybaba.
Bąbiński, qui agit ainsi de sa propre initiative et en dépit des vives réserves du commandement, espère assurément peser dans les futures opérations contre la Wehrmacht – quand bien même le rapport de force reste pour l’heure en sa défaveur d’une façon écrasante. Son premier but : constituer une unité cohérente pour lutter aux côtés des Soviétiques contre les Allemands – mais aussi et surtout contre les Ukrainiens qui ravagent les villages polonais. Après quoi, il envisage de se retourner, si nécessaire, contre les Rouges. Vaste programme… Il faut commencer par créer la formation prévue. Ce qui demandera bien plusieurs jours !
………
District de Lvov – De son côté, le colonel Ludwik Czyżewski “Julian” bat lui aussi le rappel de ses 15 000 hommes éparpillés. Avec davantage de discrétion que son collègue cependant – de fait, Lvov est tout de même aussi la base de la redoutable 8. SS-Kavalerie-Division Florian Geyer d’Hermann Fegelein ! On comprend que le Polonais soit prudent.

Roumains égarés
Haut patronage
Breslau (Plus Grand Reich)
– Tous les gratte-papiers de la Propaganda Staffel – et au premier rang ceux du magazine SS Das Schwarze Korps – sont réunis pour assister à la naissance officielle de la toute nouvelle SS-Sturmbrigade Vlad Țepeș, commandée par le Standartenführer Albert Ludwig. Cette dernière doit constituer, à terme, le noyau d’une future Waffen SS-Grenadier Division (Romanisch) qui combattra dans les Carpates le régime félon du roi Michel, comme les Italiens le feront sans doute bientôt de leur côté contre les Savoie.
Evidemment, pour l’heure, les moyens manquent un peu. L’unité de Dracula (curieux patronage, pour qui veut bien se souvenir qu’il fit la guerre aux Saxons…) ne compte à ce jour que 3 000 hommes à peine, dont la moitié proviennent de la défunte 4e DI détruite lors de Molot (il y a déjà six mois). Ceux-ci se sont retrouvés coincés en Allemagne, où ils étaient en cours de rééquipement, lors de la capitulation roumaine. Alors, ça ou le Stalag… Renforcés de recrues fanatisées ou juste inconscientes, puis d’anciens membres de la Garde de Fer ayant réussi par miracle à rejoindre les lignes allemandes, cette unité bâtarde mettra sans doute du temps à être opérationnelle. Sans parler du fait qu’elle va devoir s’installer en Hongrie, pour défendre un territoire annexé par le régent Horthy aux dépens de… la Roumanie !
Tout un programme donc – mais dans un Reich de Mille Ans qui fait désormais feu de tout bois pour combler ses pertes, on n’en est plus à une incohérence près. Même à armer aujourd’hui des recrues douteuses d’une nation qu’on méprisait hier, pour contribuer demain à la défense d’un pays qu’on aimerait bien mettre au pas… En résumé, il y a du travail !


8 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Suite aux discussions en cours à Vilnius, et afin de montrer d’une certaine façon sa bonne volonté aux Soviétiques, le Lt-colonel Janusz Prawdzic-Szlaski “Borsuk” décide d’ordonner aux groupes Sud, Nord, Est et Ouest d’avancer eux aussi vers la forêt de Rūdiškės, histoire de faire un peu masse avec les forces de Krzyżanowski. Cependant, pour beaucoup d’entre eux, Rūdiškės c’est loin. Et il faut souvent traverser les lignes allemandes – ils ne seront donc pas sur place avant plusieurs jours.
Dans l’attente, Prawdzic-Szlaski décide d’instruire une cour martiale pour Józef Świda “Lech”, désormais ouvertement accusé de rébellion. Il va falloir être sévère avec lui – déjà que le groupe Stolpeck ne répond plus aux appels radio…
De fait, au même moment, le lieutenant Adolf Pilch “Góra” est approché par… la Feld-gendarmerie allemande de Lida, qui lui propose armes et munitions en échange d’un pacte de non-agression ! Tenté, l’intéressé ne répond pas. Pas immédiatement en tout cas.
………
District de Vilnius – Alors que les 18 000 hommes du district continuent de se rassembler dans les environs de Rūdiškės, l’Armée secrète constate avec inquiétude que Krzyżanowski “Wolf” n’est toujours pas revenu de ses entretiens avec les Rouges. Pas plus que ses trois officiers d’état-major – non plus que trois autres officiers, envoyé à Vilnius discuter équipements. Sans doute ont-ils été retardés…
Evidemment anxieux, le lieutenant-colonel Zygmunt Blumski “Strychański”, qui assure le commandement, prend sur lui de déplacer ses troupes d’une poignée de kilomètres vers l’ouest, comme cela – juste pour voir et sans prévenir personne. Sauf Prawdzic-Szlaski, du district de Nowogródek, qu’il informe par radio.
Pendant ce temps, à son insu, plusieurs divisions du NKVD commandées par le général Bogdan Kobułow et guidées par des Partisans communistes approchent de ce qui était jusqu’alors sa zone de déploiement.
………
Districts de Lvov et de Rovne (Volhynie) – Les mouvements de l’Armia Krajowa se poursuivent dans cette zone – sans attirer trop l’attention pour le moment.


9 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Poursuite des mouvements des groupes du Lt-colonel Prawdzic-Szlaski “Borsuk” en direction de la forêt de Rūdiškės, où ils n’arriveront pas avant après-demain – au mieux. Sans le groupe Stolpeck évidemment – ce dernier semble s’être replié derrière les lignes allemandes, dans la région de Lida, et n’obéit visiblement plus aux instructions de l’AK.
Incertain de la situation, Prawdzic-Szlaski se montre prudent – il ne sait toujours pas ce qui se passe vers Vilnius, et il doit déjà ménager la chèvre et le chou, alors que le procès de “Lech” commence demain. Les informations qu’il recevra cette nuit lui prouveront qu’il a eu raison…
………
District de Vilnius – De fait, au même moment, les hommes du Lt-colonel Zygmunt Blumski “Strychański” voient arriver le 86e Régiment de Gardes-frontières (c’est à dire du NKVD), accompagné de nombreux blindés et de guides locaux. L’Armée Rouge, particulièrement appliquée, manœuvre pour débusquer les Polonais, les diviser, les encercler et enfin les réduire – elle n’a pas prévu d’ouvrir le feu, à moins d’y être contrainte… ce qui peut arriver assez vite, avec le NKVD. Cependant, ayant été déplacés la veille, la plupart des groupes de l’AK échappent à ce coup de filet. Et Strychański comprend soudain pourquoi son chef, le Lt-colonel Krzyżanowski “Wolf”, était injoignable… en fait, il a été arrêté et transféré à Vilnius avec ses subordonnés (6) !
Les Polonais, absolument pas de taille face à ce nouvel adversaire, prennent donc la fuite vers l’ouest. Zygmunt Blumski a ordonné leur dispersion en petits groupes mobiles opérant indépendamment. Logique, mais très risqué – les deux prochains jours seront marqués par une véritable chasse à l’homme.


10 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Informé par ses camarades de Vilnius, à la faveur d’une transmission radio aussi courte qu’inquiétante, de ce qui se joue actuellement plus au Nord, Prawdzic-Szlaski “Borsuk” se tarde pas à ordonner à ses groupes de faire halte avant de s’engager dans la forêt de Rūdiškės. Malheureusement, le groupe Est (Iwie, capitaine Stanisław Dedelis “Pal”) vient d’atteindre sa lisière ! Encerclé en plaine, il sera les jours suivants bombardé de… tracts (pour l’instant !) l’appelant à se rendre sans délai. Les groupes Nord et Ouest, signalés eux aussi par des informateurs, font demi-tour en catastrophe avant de se faire encercler par des colonnes motorisées.
Evidemment, dans ce contexte, le procès du lieutenant Józef Świda “Lech” – coupable d’avoir eu raison avant tout le monde, au moins en partie – revêt une saveur particulière… Condamné à mort, notamment pour avoir avoué qu’il avait en réalité déjà fait affaire avec les Allemands depuis au moins l’hiver précédent, “Lech” voit sa peine… suspendue, jusqu’à la fin du conflit au moins. Charge à l’intéressé de se racheter par sa bravoure en attendant. Aujourd’hui encore, la raison d’une pareille clémence étonne – elle ne saurait s’expliquer simplement par l’attitude soviétique, a fortiori avec une Wehrmacht qui martyrisait toujours la Pologne ! Faut-il y voir un souhait d’apaiser la situation suite à la défection du groupe Sponeck ? La crainte d’une guerre civile à l’ukrainienne ? Ou le simple souci d’enterrer certaines discussions gênantes entre Dedelis et Prawdzic-Szlaski – ce dernier n’étant peut-être pas complétement ignorant des arrangements passés avec l’Ostheer ? Peut-être… Mais pour l’heure, “Borsuk” a d’autres soucis. Les Rouges arrivent.
………
District de Vilnius – Pendant ce temps, dans les bois de Rūdiškės, l’opération Sejm se poursuit, entre accrochages inégaux et “disparitions”. Sur les 18 000 hommes du district de l’Armée Secrète, le NKVD recense déjà 3 500 prisonniers. Un total curieusement élevé – le général Bogdan Kobułow s’attendait à bien moins, et n’a pas forcément prévu les effectifs de garde en conséquence. Alors que la chasse se poursuit, et faute de moyens de liquidation définitive comme au bon vieux temps, il ordonne donc l’internement des captifs dans le camp de Medininkai, sur la route de Vilnius. On verra que faire d’eux plus tard…
………
Districts de Lvov et de Rovne (Volhynie) – De leur côté, ignorant toujours les événements en cours à Vilnius, les colonels Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń” et Ludwik Czyżewski “Julian” continuent de battre le rappel de leurs hommes, avec un empressement proportionnel à la vigueur de l’offensive soviétique qu’ils observent. Les forces du district de Rovne devraient être opérationnelles dans trois jours – trop tard pour prendre part à la libération de la ville donc. Pour Lvov, ce sera dans cinq ou six jours. Dans l’attente, les deux chefs concernés envisagent sereinement d’ouvrir des pourparlers avec l’Armée Rouge quant à la suite des opérations.


Notes
1- Y compris par la transmission d’ordres de bataille allemands.
2- En 1921, la répartition de la population était la suivante : Polonais 53,9 %, Biélorusses 37,7 %, Juifs 6,8 % et autres 1,6 %. On comprend pourquoi les tentatives d’organisation d’un mouvement armé clandestin polonais – même en espérant une neutralité conciliante des Soviétiques ! – n’ont pas rencontré grand succès ici…
3- A force de manigances, environ un tiers des effectifs des organisations collaboratrices étaient en réalité membres de l’Armia Krajowa ! Dans certaines zones reculées, l’autorité légale polonaise était pratiquement rétablie, avec des ateliers artisanaux, des radios… et même des tribunaux fonctionnant à plein régime !
4- Dès le 22 juin 1943, une résolution du Comité central du PC biélorusse appelait à « la liquidation par tous les moyens » des unités de la Résistance polonaise. Seuls les « éléments fiables » devaient être intégrés dans les formations de Partisans.
5- Major Zbigniew Brodzikowski “Rańcza”, major Kazimierz Radzikowski “Dąbek” et lieutenant Władysław Kitowski “Grom”.
6- NDE – Soumis à de multiples interrogatoires relativement peu violents, Krzyżanowski répètera à l’envi qu’il restait prêt à travailler avec l’Armée Rouge pour peu que l’on garantisse la sécurité de ses troupes. Transféré à Moscou, puis à Diaghilev (près de Riazan), et enfin à Griazowiec (près de Vologda), il s’évadera pour… revenir à Vilnius et contacter en toute transparence le consulat polonais afin de se faire rapatrier ! Après une nouvelle détention, il sera finalement expulsé vers son pays, où il deviendra simple directeur de dépôt agricole. Il sera cependant de nouveau arrêté en 1948 par les services du ministère de la Sécurité Publique – donc par ses compatriotes – sur la base de simples soupçons. Incarcéré pendant trois ans sans inculpation, il décèdera de tuberculose en 1951.


Dernière édition par Casus Frankie le Sam Oct 16, 2021 09:53; édité 1 fois
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Finen



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MessagePosté le: Sam Oct 16, 2021 01:31    Sujet du message: Répondre en citant

Il semble que les numéros des notes aient disparu du texte.
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Oct 16, 2021 09:33    Sujet du message: Re: France et Europe Occupées - Février 1944 Répondre en citant

Bon, pour les Polonais, ça ne s'annonce pas mieux qu'OTL. Après la peste nazie, les voilà face au choléra soviétique.

Casus Frankie a écrit:
Ensemble, ils forment le Conseil national slovaque clandestin – lequel reconnait désormais officiellement le gouvernement en exil tchécoslovaque et s’engage à unir de nouveau Tchéquie et Slovaquie après la guerre.

Une question que je me pose, et qui vaut aussi bien pour OTL que pour FTL, c'est comment les Tchèques ont pris les retournements de veste à répétition des Slovaques. J'aurais été tchèque à l'époque, j'aurais demandé à mes compatriotes intermittents: "Alors pendant que nous on se faisait annexer, vous, vous avez carrément rejoint l'Axe, et maintenant que ça sent le sapin, vous revenez la bouche en coeur et demandez qu'on passe l'éponge? Qu'est-ce qui nous dit que vous n'allez pas nous lâcher encore une fois à la première occasion?"
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Oct 16, 2021 09:49    Sujet du message: Répondre en citant

Finen a écrit:
Il semble que les numéros des notes aient disparu du texte.

Comme d'habitude - les numéros ne sont pas dans le texte, il faut que je les y ajoute et parfois je suis pris par d'autres occupations.
Si quelqu'un pouvait nous donner un truc pour que les notes de bas de page en word soient automatiquement récupérées, il aurait droit à une médaille de la FTL !
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Casus Frankie

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Etienne



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MessagePosté le: Sam Oct 16, 2021 09:50    Sujet du message: Répondre en citant

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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Oct 16, 2021 10:20    Sujet du message: Répondre en citant

Avec cynisme, Hendryk.Benes et son gouvernement n'ont plus aucune illusion sur rien et même pas sur les alliés qui les ont lâches en 38. Leur pays est dépecer entre Allemagne, Hongrie et Slovaquie- menace de disparition. On tape sur les allemands, sur les hongrois (voir la fameuse pup...terie envers Horthy) - quand aux slovaques on se les accommode pour le bien commun.
Apres tout, ils ont le droit de revenir de leurs erreurs... et d'ailleurs, sans les slovaques, sans éventuelle insurrection slovaque, que pèse le gouvernement tchécoslovaque ? Deux escadrilles une division - moins que les polonais et les hollandais! A contrario, la Slovaquie est une nation infeodee à l'axe, et la Boheme--Moravie une des provinces ďAllemagne les plus paisibles. Il est urgent d'exister, pour avoir une réalité dans le camp des vainqueurs.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
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Etienne



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MessagePosté le: Sam Oct 16, 2021 11:13    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Mettre à jour la version du forum?

Ok, je Arrow Laughing


Bon, ça ne suffit pas, j'ai testé sur le mien. Crying or Very sad
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loic
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MessagePosté le: Dim Oct 17, 2021 10:32    Sujet du message: Répondre en citant

Pour le forum, je confirme, cela ne change rien par rapport aux noter.

Deux coquilles:
Citation:
(où elle prend le nom d’opération Ostra Brama - Portes de l’Aube).

Citation:
Prawdzic-Szlaski “Borsuk” ne tarde pas à ordonner

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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Oct 18, 2021 12:47    Sujet du message: Répondre en citant

11 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Tandis que le groupe Est est désormais confronté aux troupes motorisées du NKVD (6e et 10e Divisions) – le plus souvent sans violence, mais pas toujours – les groupes Nord et Ouest luttent pour leur existence. Les forces de l’AK dans cette zone, clairement coincées entre des Allemands en pleine manœuvre pour conserver Kaunas et des Soviétiques félons, risquent d’avoir du mal à survivre en tant qu’unités organisées. Prawdzic-Szlaski “Borsuk” ordonne donc la dispersion, avant que les choses ne tournent mal. Direction (malgré tout) : l’ouest !
………
District de Vilnius – Dans les bois de Rūdiškės, le plus gros de la chasse s’achève. Sur les 18 000 hommes de l’Armée Secrète dans la région, 5 000 ont été capturés et environ 2 000 tués. Le reste s’est enfui vers le nord ou se terre dans les forêts autour de Vilnius.
Les prisonniers du camp de Medininkai attendent désormais leur destin – mais sans leurs officiers, qui ont été envoyés à Riazan (175 kilomètres au sud-est de Moscou). La garde du camp est lâche, notoirement insuffisante – 1 500 membres environ de l’Armia Krajowa réussiront à s’enfuir en quelques jours, d’une façon ou d’une autre. En revanche, les autres vont avoir sous peu de la visite.
Au milieu de ce chaos, le lieutenant-colonel Zygmunt Blumski “Strychański”, qui a échappé à la capture, tente de rassembler ses forces, pour… riposter ? se cacher ? attendre ? De toute façon, quoique ce soit, il n’en a pas la possibilité – dans la confusion générale, ses groupes se sont éparpillés et ses hommes cherchent avant tout à survivre. Les jours suivants, le NKVD ira pratiquement les chercher un par un, aidé par les Partisans ainsi que par certains Lituaniens aimant encore moins les Polonais que les Rouges.

Charité bien ordonnée…
Village de Sahryń (Gouvernement général)
– Pendant que Soviétiques et Allemands s’écharpent, plusieurs milliers de Polonais tentent d’échapper à l’étreinte de l’Ours, mais d’autres règlent aussi leurs comptes. Ainsi, dans ce petit village tout proche d’un camp que les Allemands appellent Belzec, des unités de la division “Hrubieszow” de l’AK dirigées par le lieutenant Zenon Jachymek attaquent les populations ukrainiennes et brûlent la localité jusqu’au sol, pour venger Zygmunt Jan Rumel et ses compagnons, sans parler de mille autres humiliations. On déplore 700 civils tués et 260 maisons détruites (1).
Ce n’est hélas pas la première fois que l’AK se compromet dans de si basses besognes. Durant les luttes contre l’ONU, l’UPA et autres milices qui s’opposaient à elle, il est advenu à plusieurs reprises que certains de ses membres commettent des actes honteux, notamment en Ukraine et (un peu) en Lituanie (2), le plus souvent à la suite d’initiatives intempestives de responsables locaux. On estime que 10 à 15 000 civils ont ainsi été victimes de l’Armée Secrète. Des agissements évidemment méprisables (quoique toujours un cran – au moins – en dessous de ceux de leurs adversaires) et que les instructions sévères du commandement de l’AK avaient au moins tenté d’éviter.


12 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak)
– Ultimes combats au sud de Rūdiškės entre le NKVD et le groupe Est, qui tente de percer vers la Pologne occupée, sans y parvenir. Plus de 45 Résistants tomberont dans ces affrontements au côté de leur chef, le capitaine Stanisław Dedelis “Pal”. Les autres iront rejoindre leurs camarades à Medininkai… après un tri destiné à séparer des Polonais les Biélorusses et les Baltes, qui seront, eux, immédiatement mobilisés dans l’Armée Rouge au titre de la conscription !
La plupart des autres groupes du district, désormais plus ou moins exposés, feront le gros dos les jours suivants, tentant de rejoindre le district de Białystok pour participer à la suite. Quant au groupe Stolpeck, il vient de changer son fusil d’épaule : en effet, le lieutenant Adolf Pilch “Góra” a accepté l’offre de cessez-le-feu des Allemands ! Peut-être est-ce temporaire, pour échapper aux Soviétiques… N’empêche, cela fait tache.
Mais il n’est plus personne pour s’y opposer : Prawdzic-Szlaski “Borsuk”, chef de ce qui fut le district de Nowogródek, a disparu dans la forêt (3). Dans le district de Nowogródek, Tempête a bel et bien vécu.
………
District de Vilnius – Fin de partie ici aussi pour l’Armia Krajowa, laquelle achève de se disperser sous les coups de botte soviétiques. Zygmunt Blumski est capturé – il disparaîtra au Goulag sans que plus personne entende parler de lui. Les survivants fuient vers l’ouest et, eux aussi, vers Białystok. Très peu l’atteindront.
De ces événements tragiques, l’Occident ne saura rien – bien que parfaitement informé, le ministre britannique de l’Information, Brendan Bracken, imposera une censure préventive des plus rigoureuses vis-à-vis des organes de presse. On ne dira rien non plus aux alliés. Certes, ce n’est pas comme si la République Française allait y faire quelque chose – mais mieux vaut éviter d’embêter de si vieux amis pour des vétilles, n’est-ce pas ?
………
Camp de Medininkai – Pour les prisonniers du NKVD, réunis de bon matin au milieu des barbelés, une belle journée s’annonce sous le ciel gris. Le général Sigmunt Henryk Berling en personne est venu leur rendre visite !
Berling commande de la toute nouvelle 1ère Armée polonaise, dont le Conseil National Populaire polonais de Bolesław Bierut vient de décider la constitution. Polonais d’origine douteuse (juive, allemande, suédoise ?…), vétéran sans gloire du Premier conflit mondial comme simple soldat dans les rangs de l’armée austro-hongroise, Berling est devenu un héros de la guerre contre l’Union Soviétique : il a récolté à Lvov la Virtuti Militari, la plus haute décoration polonaise. Il a ensuite étudié pour gravir les échelons. Officier, il a obtenu son premier poste à responsabilité pour avoir soutenu Pilsudski lors de son coup d’état… puis il a été placardisé et écarté de l’Armée pour de sombres affaires de mœurs et d’incompétence. Au point de ne même pas être mobilisé en 1939 ! Amer et aigri, il a ensuite été récupéré par le NKVD en 1940 – ce qui lui a sans doute évité de passer par Katyn. Citoyen soviétique depuis novembre 1940, Berling dirige désormais un groupe d’officier polonais parfaitement loyaux à Staline, et qui lui ont déjà adressé en mai 1942 une supplique lui demandant l’autorisation de combattre le Reich pour former ensuite la République Socialiste Soviétique Polonaise. On pourrait donc le qualifier de déserteur, si d’aventure l’armée polonaise avait voulu le reprendre, de vendu, voire carrément de traître…
Mais aujourd’hui, l’heure n’est pas à ressasser les aigreurs du passé. Le général vient recruter parmi les prisonniers pour garnir les rangs de sa nouvelle armée – laquelle ne comprend pour l’heure qu’une seule véritable unité, la 1ère Division d’Infanterie Tadeusz Kościuszki. Une unité confidentielle, dont l’existence est encore inconnue hors d’URSS et qui ne regroupe que des exilés survivants du KPP (le PC polonais, largement purgé en 1938), des militants de syndicats politisés tels que le ZPP et quelques rares opportunistes. Le taux d’encadrement ne dépasse pas 36 % pour les sous-officiers et 20 % pour les officiers !
On s’en doute, l’accueil des prisonniers est des plus frais. Surtout qu’il faudrait prêter serment d’allégeance à l’Union Soviétique et s’engager à défendre « la fraternité des armées alliées de l’Armée Rouge ». Cependant, entre pragmatisme intéressé et patriotisme sincère, tout le monde ne ferme pas la porte. Et puis, Berling est têtu – il propose même de créer en Pologne une sorte de… démocratie organisée, en forme de régime de gauche reposant sur l’armée. Evidemment, c’est s’écarter quelque peu de la doxa léniniste – mais cela peut plaire à certains militants avant tout militaristes.
………
District de Rovne – Le colonel Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń” a fini de regrouper ses hommes – lesquels ont voté pour prendre le nom de 27e Division d’Infanterie “de Volhynie”, en référence à une unité d’avant-guerre. Cette formation de l’Armia Krajowa comprend deux régiments, dits “Gromada” et “Osnowa”.
Certes, c’est sympathique et cela sonne bien… mais pour parvenir à cette impressionnante revendication, il a fallu que Bąbiński recrute largement, y compris dans les milices et polices collaboratrices. On comprend que Londres ne le soutienne que du bout des lèvres – déjà que Tempête semble aussi risquée que mal partie (et encore, on ignore à ce moment ce qui se passe à Vilnius !)…
Mais peu importe : partis de Suszybaba pour affronter la Heer, les 6 500 soldats de la “Division de Volhynie” poursuivent vers le sud et Loutsk… et ne tarderont pas à rencontrer l’Armée Rouge.


13 février
Pologne
Opération Tempête
District de Nowogródek (Navahroudak) –
La dispersion des forces de l’Armia Krajowa dans ce secteur s’achève. Celles qui subsistent réussiront à rejoindre Lublin, afin de tenter de peser sur les prochains événements… Quant au lieutenant Józef Świda “Lech”, anti-communiste désormais pardonné et devenu “Kmicic”, il part pour Varsovie afin d’apporter son expertise aux membres de l’Armée Secrète locale.
………
District de Vilnius – Le calme revient : les ultimes ratissages du NKVD se déroulent sans trop d’incidents sanglants. De son côté, Sigmunt Henryk Berling, infatigable, continue ses tournées, discours et autres discussions à bâtons rompus avec la troupe – les officiers ont évidemment été éloignés depuis longtemps. Son succès reste modeste, sans doute, mais le nombre de recrues augmente néanmoins naturellement avec le nombre de captifs auxquels Berling s’adresse.


14 février
Pologne
Opération Tempête
District de Rovne
– La nouvelle 27e Division “de Volhynie” est arrivée dans les bois au nord de Rovne, dans la région de Kivertsi. Opérant avec un certain succès sur les arrières d’une 6. Armee en déroute, elle tâche désormais de perturber autant que possible les opérations du XLVII. PanzerKorps (à la mesure de ses faibles moyens…) et ne tarde donc pas à entrer en contact avec les premières unités du 19e Corps Blindé puis de la 2e Armée de Chars.
Le colonel Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń” n’a évidemment pas prévu de s’opposer à une armée blindée soviétique… Il prévoit donc plutôt de collaborer, selon des modalités plus raisonnables qu’à Vilnius, à savoir :
– le commandement soviétique reconnaît que la division “de Volhynie” est une division polonaise relevant du gouvernement installé à Londres et de ses intermédiaires à Varsovie ;
– la division recevra un équipement complet dès que possible, afin de poursuivre la lutte ;
– aucune unité irrégulière communiste n’occupera le terrain ;
– dans ces conditions, la division sera complètement subordonnée au commandement soviétique.
Informé, Ivan Koniev – qui n’oublie pas d’être communiste autant que d’être maréchal – se propose de recevoir ce colonel Luboń et son état-major dans son QG avancé dès la prise de Lvov. En personne, et avec le sourire, s’il vous plaît !
………
District de Lvov – De son côté, le colonel Ludwik Czyżewski “Julian” profite du départ de la 8. SS-Kavalerie-Division Florian Geyer – sa mission est de lutter contre les Partisans, pas de prendre des risques sur le front ! – pour constituer officiellement la 5e DI “Enfants de Lvov” de l’Armée de l’Intérieur, destinée à opérer avec les Soviétiques. Cette dernière agglomère les éléments disparates, mais réels, dont dispose l’AK dans cette zone – à savoir trois régiments d’infanterie (le 19e à 4 compagnies, le 26e à 7 compagnies et le 40e à 5 compagnies), plus le 14e Uhlans (4 escadrons) et enfin les trois groupes forestiers “Kedyw”, spécialistes de la petite guerre. Une fois regroupée, l’unité commence à se déplacer vers Jovkva, afin de soutenir l’offensive de l’Armée Rouge dans le secteur.


15 février
Pologne
Opération Tempête
District de Rovne
– Première réunion de travail entre l’Armia Krajowa et l’Armée Rouge, dans un château de Loutsk tout juste libéré de l’oppression fasciste. Sur la forteresse du XIVe siècle flotte certes le drapeau rouge de la Révolution… mais beaucoup de rues de Łuck sont pavoisées en blanc et rouge.
Les Polonais sont représentés par le colonel Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń” et l’URSS par le maréchal Ivan Koniev en personne. Ce dernier a tenu à venir saluer ces courageux combattants, qui collaborent si bien avec ses propres soldats. Le maréchal est d’ailleurs très aimable : c’est compréhensible, compte tenu de la très bonne performance de cette fameuse 27e Division de Volhynie, qui combat avec succès l’ennemi fasciste et sert d’éclaireur à la 5e Armée de Choc dans sa ruée vers Kovel. Koniev s’excuse même pour les regrettables accrochages et autres incidents qu’on a signalé la veille – mais ces choses-là font partie des aléas de la guerre, lors d’une rencontre improvisée entre alliés, n’est-ce pas ! Cependant, le Soviétique est pressé, aussi – il propose donc « simplement » de poursuivre la collaboration jusqu’à la prise de Kovel sur la base des modalités proposées la veille. En échange, il offre de fournir – plus tard – les équipements nécessaires à la constitution d’une véritable 27e Division, organisée cette fois selon le futur ordre de bataille polonais… quoique, peut-être, au sein d’une armée spécifique ?
Mais, chers amis, renvoyons ces sujets ennuyeux à plus tard ! L’important reste d’avancer. Et c’est ce que font Soviétiques et Polonais, en plus ou moins bonne entente mais du moins conjointement. Dans la nuit, les Résistants progressent donc au côté des frontovikis et hissent une foule de bannières rouge et blanc dans les villages dont ils s’emparent.
………
District de Lvov – La 5e Division d’Infanterie Enfants de Lvov de l’Armée de l’Intérieur commence à affronter les garnisons allemandes. Celles-ci sont loin d’avoir l’avantage, dans la situation catastrophique que connaît actuellement le HG NordUkraine. Au surplus, les hommes de Ludwik Czyżewski “Julian” sont relativement bien pourvus et forment un ensemble cohérent. A défaut de pouvoir tenir le choc en rase campagne contre des unités de ligne, ils sont redoutables contre les petites garnisons. Plusieurs colonnes en retraite et convois de ravitaillement à destination du III. PzK sont même attaqués et détruits. C’est bien assez pour agacer les Allemands – mais ceux-ci n’ont plus les moyens de riposter pour le moment.


16 février
Pologne
Une alliance éternelle ?
Baranavitchy (QG avancé du 2e Front Biélorusse)
– Pendant que l’on s’écharpe toujours joyeusement en Ukraine, et qu’à Moscou on se prépare à fêter des retrouvailles, le général Sigmund Berling fait les comptes de sa petite campagne de recrutement dans les “camps d’internement” de l’Armia Krajowa.
Clairement, s’il est moins mauvais qu’on pouvait le craindre, il n’est pas bon pour autant. Sur environ 11 000 prisonniers fait par le NKVD ces derniers jours entre Rūdiškės et Navahroudak, près de 3 500 ont accepté la généreuse proposition qui leur a été présentée. Les autres iront… on n’a pas dit précisément à Berling où ils iraient, mais nul doute que ce sera loin de Varsovie (4). La preuve – s’il en fallait une ! – que résister stupidement de front à l’URSS ne sert décidément de rien à la Pologne et aux Polonais.
Trois mille cinq cents, c’est mieux que zéro, bien sûr. Mais il va tout de même être difficile de parler dans ces conditions d’une véritable 1ère Armée polonaise ! Pour l’heure, celle-ci ne comprend, pour ainsi dire, que la 1ère Division d’infanterie de Varsovie Tadeusz Kościuszki, issue pour l’essentiel des rangs du ZPP (5), ainsi que de quelques formations de propagande spécialisées. Des militants, des politiques… peu de soldats ! Il va pourtant falloir faire quelque chose de cette division – ne serait-ce pour que Wojciech Bewziuk ait quelque chose à commander !
Berling et ses services vont donc devoir poursuivre leurs tournées, élargir les populations ciblées, augmenter la cadence … répéter, matraquer, rabâcher le slogan affiché à grands renforts de banderoles dans les villes libérées : « L’Union soviétique et la Pologne, ensemble pour l’éternité ! » Pour convaincre qu’il n’est pas d’avenir hors de Moscou. Et pour qu’une Pologne indépendante et dotée d’un gouvernement militaire fort (mais pas forcément lié au parti) puisse renaître de ses cendres après le conflit, sans les intellectuels de ce ZPP. Le mot doit circuler – et on le dit déjà clairement dans les rangs de l’instruction politique : « Les portes de l'armée polonaise, toutes les positions militaires et les écoles militaires, sont grandes ouvertes à tous les soldats de l’Armée de l’Intérieur » !

Opération Tempête
District de Rovne
– Poursuite des combats et opérations conjointes entre le 1er Front Ukrainien et la 27e Division de Volhynie, qui accompagne le 20e Corps Blindé dans ses tentatives de franchissement de la Styr – à la grande satisfaction de Pavel Poluboiarov, semble-t-il. En effet, ces auxiliaires très agressifs n’hésitent pas à franchir les lignes ennemies de nuit, pour aller massacrer les sentinelles des Fascistes et bloquer leurs mouvements, au prix de pertes sensibles. Les braves gens !
………
District de Lvov – De son côté, la 5e Division d’Infanterie Enfants de Lvov de l’Armée de l’Intérieur continue elle aussi de harceler avec efficacité les convois de ravitaillement allemands en route vers Vuzlove et Dmytriv – où les panzers ont pourtant grand besoin d’essence et de munitions. A Przemyśl, au nouveau QG d’une 8. Armee aujourd’hui en pleine crise de nerfs, il y en a que ça agace !


17 février
Pologne
Espérer un miracle
Siège du gouvernement polonais en exil (Eaton Place, Londres)
– Pendant que Sir Anthony gagne du temps, d’autres s’efforcent plutôt d’accélérer le cours des événements. Les généraux Marian Włodzimierz Kukiel et Tadeusz Bór-Komorowski – ministre de la Guerre et chef de l’Armia Krajowa à Londres – confèrent des résultats mitigés de Tempête, dans les régions où l’opération a été lancée. Ceux-ci sont alarmants – on n’a plus de nouvelles de Vilnius (opération Porte de l’aube), très peu de Nowogródek (où il y aurait eu des accrochages avec les Rouges…) mais à Kovel, pourtant, les opérations paraissent se dérouler loyalement tandis qu’il ne se passe encore rien à Lvov ! Il plane sur tout ceci une redoutable incertitude – et il flotte dans l’air décidément comme une odeur de trahison ! Les Soviétiques gagnent du temps, c’est évident. Et les deux Polonais de se prendre à souhaiter que l’armée allemande, tout compte fait, tienne assez longtemps pour que l’on s’arrange avec les Anglais !
Marian Kukiel résume : « Pour l’instant, l’Armée Rouge serait encore hors du territoire du prétendu Gouvernement général. Elle devrait y entrer dans les prochains jours, mais il faut espérer, hélas, que sa pénétration reste assez limitée pour permettre à vos forces de se concentrer, général. Sinon, elles seront prises de vitesse, comme sans doute à Vilnius. A ce propos, j’attends toujours les rapports sur Porte de l’aube. »
– Je vous les transmettrai dès réception. Mais une chose est déjà certaine – les Rouges ne nous faciliteront pas la tâche. Ce sera pire que nous le craignions. S’ils venaient à percer le front allemand et si celui-ci s’effondrait totalement, nous n’aurions plus d’autre choix que de…
– De déclencher Tempête sur la totalité de la Pologne, je sais. Libérer le maximum de territoire, prendre le monde à témoin, montrer que nous existons, attendre des renforts… Espérer un miracle.
– La Pologne a survécu à 1772, 1793 et 1795, 1830, 1848, 1863 et enfin à 1921. Elle survivra à 1944.
– C’est certain… Espérons-le. J’ai confiance en vos soldats – et je sais que vous aussi.



18 février
Opération Tempête
District de Lvov
– Dans cette région, profitant du fait que la dernière “véritable” unité allemande occupant la ville (le 232. StuG Abt du Hauptmann Paul Franke) s’est retirée, mais sachant aussi que le gros de l’Ostheer approche de ses positions actuelles en s’ouvrant la voie à grands renforts de “représailles” (c’est à dire de meurtres et d’incendies), la 5e Division d’Infanterie de l’Armée de l’Intérieur du colonel Ludwik Czyżewski “Julian” se rapproche de Lvov. Cette ville, dont 63 % de la population est polonaise, constitue en effet pour l’Armia Krajowa un point d’appui intéressant. Si, par exemple, une insurrection l’enflammait, elle pourrait sans doute se libérer d’elle-même, et tenir jusqu’à ce que les Allemands s’en aillent… puis que les Rouges arrivent.
………
Pologne occupée – Pendant ce temps, à l’instigation du général Tadeusz Bór-Komorowski – qui a réussi à envoyer de Londres une partie des instructions convenues avec Kukiel en même temps qu’il recevait ses rapports – l’Armia Krajowa engage dans l’urgence une vaste campagne de recensement et de mobilisation dans tous ses districts : Radom-Kielce, Lublin, Krakow, Łódź, Rzeszów… jusqu’à Varsovie même, tout doit être précisément inventorié et audité, en prélude à une éventuelle insurrection, que l’on imagine très proche.
Afin d’éviter tous les menus désagréments consécutifs aux mouvements clandestins – dont les chefs ont parfois tendance à surestimer leurs forces, par intérêt ou enthousiasme – il est toutefois prévu que ces districts soient inspectés par des auditeurs indépendants, mandatés par Londres. Coup du sort : pour Varsovie, ce sera le lieutenant Józef Świda “Lech”, toujours condamné à mort par ses pairs mais devenu “Kmicic”. L’intéressé, en fuite depuis Nowogródek, est arrivé depuis peu à Lublin – il ne prévoyait sans doute pas qu’on lui confierait pareille tâche sur la route de la capitale. En profitant du train et des faux papiers qui lui ont été offert, il devrait être sur place demain soir.


19 février
Pologne
Opération Tempête
District de Rovne
– En aidant le 20e Corps Blindé de l’Armée Rouge à franchir la Stokhid, la 27e Division “de Volhynie” encaisse des pertes sensibles. La formation de l’Armia Krajowa déplore des dizaines de tués et une petite centaine de blessés – c’est beaucoup, à son échelle. Evidemment, le colonel Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń” ne peut que le déplorer – surtout que ses hommes tombent pour aider des Bolcheviques qu’il affrontait 24 ans auparavant… Mais la survie de la Pologne est à ce prix. Du reste, il a bon espoir, par ses contacts à l’état-major central de l’Armée Secrète, de pouvoir recompléter ses effectifs le moment venu, une fois Kovel libérée. Dans l’attente, les combats continuent.
………
District de Lvov – La 5e Division d’Infanterie de l’Armée de l’Intérieur entre dans la ville en force… et en toute discrétion. Cette formation, très puissante pour un mouvement de résistance, ne tarde pas à prendre contact avec les diverses antennes locales de l’AK, puis à se répandre dans les différents quartiers de la ville : Śródmieście (secteur de l’école polytechnique), Est (district ukrainien), Ouest (gare principale), Sud (secteur allemand), Nord (zone militaire). Certain que la ligne de front passera bientôt ici, le colonel Ludwik Czyżewski “Julian” prépare désormais un soulèvement supposé prendre de court tout à la fois les Allemands et les Soviétiques – c’est précisément le but de Tempête.
………
Pologne occupée – Partout sur le territoire du Gouvernement général et les autres lambeaux de la république polonaise arrachés par le Reich prédateur, les envoyés du général Tadeusz Bór-Komorowski se hâtent de rejoindre les caches de l’AK pour estimer le potentiel de combat de chacun des districts, afin que Londres puisse décider quoi faire en connaissance de cause – enfin, à peu près. Et de son côté, Józef Świda vient rencontrer les forces locales de l’Armia Krajowa dans une Varsovie pluvieuse, grise et occupée depuis bien trop longtemps. Le lieutenant doit estimer dans l’urgence ce qu’il est possible de faire, sans agir trop tôt… mais surtout avant qu’il ne soit trop tard.


20 février
Pologne
Opération Tempête
Pologne occupée
– Poursuite des “audits” demandés par Londres, dans une ambiance de fièvre, voire de dangereuse confusion, encore accrue par les nouvelles tantôt inquiétantes, tantôt encourageantes (selon le point de vue) qui parviennent du front. Les rapports, établis dans l’urgence et au mépris d’un grand nombre de règles de sécurité (les forces d’Occupation ont décelé bien des choses, elles se méprennent simplement sur leur nature !), commenceront à être transmis demain – au moins pour leurs premiers éléments.
………
District de Lvov – Situation étrangement calme dans la ville, en dépit du front qui s’approche et de l’extrême légèreté (certains diraient de la faiblesse) du dispositif sécuritaire allemand, confié pour l’essentiel à deux bataillons de la 454. Sicherung Division. Pourtant, le feu couve sous la braise…
………
District de Lublin – La traversée de la ville en fanfare par les SS de Sepp Dietrich, dont les panzers neufs et les abondants convois de munitions semblaient très pressés, n’est pas passée inaperçue des forces de l’Armia Krajowa surveillant la région. Celles-ci sont commandées par le colonel Kazimierz Tumidajski “Marcin“ – un glorieux ancien de l’armée austro-hongroise puis de l’armée polonaise, dont le fils a été exécuté par les Allemands et la fille déportée à Ravensbrück. Et elles sont substantielles, à l’échelle de l’Armée Secrète. Deux divisions – les 3e et 9e – à trois régiments chacune, pour un total de 16 000 hommes, encore renforcés ces derniers jours par plusieurs centaines d’hommes en provenance de Vilnius ou bien de Nowogródek.
Grace à ces fuyards, Tumidajski sait parfaitement ce qu’il y a à attendre des Rouges : rien du tout, sinon de la duplicité et de la trahison. Et il sait aussi que le passage de ces ordures en noir n’augure rien de bon pour eux… comme pour le Reich, d’ailleurs, au vu de la hâte de leur montée au front ! Il en déduit donc qu’il y a quelque chose à tirer de la situation.


Notes
1- NDE – Aujourd’hui encore, la république de Pologne nie la réalité du massacre et refuse toute enquête à ce sujet. Cependant, elle a tout de même financé en partie le monument érigé sur le site par la République d’Ukraine…
2- Exemple : le massacre de Dubingiai – entre 20 et 500 morts, liés peut-être en partie à des représailles contre des membres de la Police Auxiliaire créée par les Allemands. De ce fait, et malgré le caractère très isolé de l’événement, l’histoire officielle lituanienne persiste aujourd’hui encore à qualifier l’AK d’organisation « controversée », au même titre que… les Partisans soviétiques.
3- NDE – On ne le reverra pas avant la fin de la guerre. Immédiatement arrêté, il finira par passer à l’Ouest.
4- Essentiellement à Kaluga (150 km au Sud de Moscou) pour faire du bûcheronnage. Ils seront libérés pour la plupart en 1946.
5- Związek Patriotów Polskich (ZPP), Union des Patriotes Polonais : syndicat politique chapeauté par l’URSS et dirigé par Wanda Wasilewska et Alfred Lampe. Ces anciens du KPP ont survécu à la purge de 1938 et même soutenu le pacte germano-soviétique au titre de… la lutte contre le fascisme (laquelle nécessitait évidemment un peu de patience ainsi que quelques ajustements !).
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Joukov6



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MessagePosté le: Lun Oct 18, 2021 14:23    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
12 février
Pologne
Opération Tempête
[b]Camp de Medininkai
– Pour les prisonniers du NKVD, réunis de bon matin au milieu des barbelés, une belle journée s’annonce sous le ciel gris. Le général Sigmunt Henryk Berling en personne est venu leur rendre visite !
Berling commande de la toute nouvelle 1ère Armée polonaise, dont le Conseil National Populaire polonais de Bolesław Bierut vient de décider la constitution.

Un "de" en trop.
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ChtiJef



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MessagePosté le: Lun Oct 18, 2021 15:33    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Nowogródek (que les Russes appellent Navahroudak)

C'est pas l'avis de Wikipédia...
Citation:
Navahroudak (en biélorusse : Навагрудак ; en łacinka : Navahrudak) ou Novogroudok (en russe : Новогрудок ; en polonais : Nowogródek ; en lituanien : Naugardukas ; en latin : Novogardia Lituanica) est une ville de la voblast de Hrodna ou Grodno, en Biélorussie, et le centre administratif du raïon de Navahroudak.

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loic
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MessagePosté le: Lun Oct 18, 2021 15:53    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
NDE – Aujourd’hui encore, la république de Pologne nie la réalité du massacre et refuse toute enquête à ce sujet. Cependant, elle a tout de même financé en partie le monument érigé sur le site par la République d’Ukraine…

Mmh, là aussi, c'est anticiper un peu.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Oct 18, 2021 16:29    Sujet du message: Répondre en citant

Oui enfin tout ça, ca tient plus de l'anecdote et de l'ouverture que d'autre chose... Cool
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Oct 24, 2021 20:18    Sujet du message: Répondre en citant

21 février
Pologne
Opération Tempête
District de Varsovie
– Parmi le flot d’informations que transmet l’Armia Krajowa à Londres par de multiples chemins de traverse, il en est un qui semble passer inaperçu. En l’espèce, le rapport préliminaire de Józef Świda “Kmicic” sur la situation des mouvements de Résistance dans l’ancienne capitale.
Patriote malgré tout, et se gardant bien d’être défaitiste – déjà qu’il est toujours condamné à mort, autant ne pas trop souvent tenter le diable… – le lieutenant rend à ses responsables un avis des plus… mitigés concernant la situation de l’Armée Secrète telle qu’il l’a constatée. Le nombre est là, l’enthousiasme aussi… mais l’organisation fait défaut, tandis que l’armement peut carrément être qualifié, écrit-il, de « négligeable ».
Il n’est même pas certain que le rapport de Świda ait un jour atteint ses destinataires. Et si ces derniers ont pu le lire, il n’est pas non plus certain qu’ils aient souhaité en tenir compte, eu égard aux circonstances de ces instants où l’on pouvait estimer ne pas avoir le choix. Et d’ailleurs, que valent au juste les évaluations d’un déserteur compromis ?


22 février
Pologne
Opération Tempête
District de Rovne
– La 27e Division “de Volhynie” du colonel Kazimierz Damian Bąbiński “Luboń” est à la pointe des combats pour la prise de Kovel, envoyant courageusement vague après vague de combattants dans la fournaise, au milieu des frontovikis. Entre Polonais et Soviétiques semble même apparaître comme un vague début de camaraderie forgée dans les flammes des combats. Cela ne peut être que de bon augure pour l’avenir !
Toutefois, à présent que l’infanterie rouge est là en masse, l’appui des Résistants n’est plus aussi nécessaire. Il est donc convenu que les membres de l’Armia Krajowa se disperseront pendant une courte période après la prise de Kovel, pour se rassembler, voir leurs familles et préparer sereinement la suite. Une suite qui passera bien sûr par la formation d’une véritable division équipée à la régulière par les Soviétiques.
………
District de Lvov – A 12 heures, les 16 000 hommes de la 5e Division d’Infanterie de l’Armée de l’Intérieur “Enfants de Lvov”, commandée par le colonel Ludwik Czyżewski “Julian” sautent à la gorge de la faible garnison de la ville. Celle-ci est en pleine confusion – les mieux informés de ses membres savent qu’il faut préparer l’évacuation.
Au centre, dans le quartier de Śródmieście, tout se passe bien : les Polonais s’emparent sans coup férir des moyens de communications, dont la Poste centrale, place Mariacki, forçant les faibles détachements qui la gardent à se replier avant d’aller prendre d’assaut à la grenade les derniers nids de mitrailleuse. Au soir, on se bat dans le parc Kościuszko (jardin des Jésuites) ainsi que dans le quartier du théâtre, sans considération aucune pour les blessés – mais les drapeaux polonais, américains, français, anglais et soviétiques flottent déjà sur la tour de la mairie.
Un peu plus loin, dans le secteur Est, les Polonais semblent bien moins redouter les Allemands que les Ukrainiens… Cependant, en l’absence de défenseurs, ils s’emparent assez vite de cette zone, dans une ambiance de tension palpable. Il en est d’ailleurs de même dans le quartier Sud, où la Wehrmacht n’a aucun scrupule à abandonner la poignée de colons allemands qui s’y trouvent encore aux éventuelles représailles La citadelle médiévale, pratiquement pas défendue, est d’ailleurs enlevée après un bref assaut, livrant ainsi un (petit) arsenal qui sera très utile pour la suite.
Par contre, dans le District Ouest – sans doute le plus important pour l’Ostheer, car c’est là que se trouve la gare – l’attaque échoue. Soumis à un intense feu d’armes automatiques, les Polonais doivent se retirer sur leurs positions de départ, déclenchant un début de panique parmi les civils piégés au milieu des affrontements.
De même, au nord, l’Armia Krajowa affronte une résistance acharnée et ne progresse pratiquement pas. Les Résistants n’arrivent pas à s’emparer de leurs objectifs, et notamment de l’usine à gaz municipale, dont on craint que les Allemands n’aient l’idée de la faire sauter en partant.
En résumé, l’Armée Secrète tient désormais une grosse moitié de la ville. Evidemment, face à une action coordonnée aussi puissante, la 454. SicherungDivision du général Johannes Nedtwig est bien incapable de reprendre le contrôle de la ville. Elle demande donc des renforts à la 8. Armee – laquelle n’a pas que ça à faire ! Pourtant, elle risque bien d’être obligée de mettre la main à la pâte, ne serait-ce que pour garder le contrôle de ses communications. Mais qui envoyer ?
………
District de Lublin – Le colonel Kazimierz Tumidajski “Marcin“ – bien informé par son réseau d’espions disséminé partout dans la campagne – apprend que les SS reviennent dans sa direction, poursuivis, semble-t-il, par une fraction non négligeable de l’Armée Rouge. Avec sagesse, il décide que ses deux divisions ne sont pas capables d’affronter cet ennemi en rase campagne et diffère donc l’action initialement prévue ce jour, pour se contenter d’une simple intensification de sa campagne de harcèlement. Peu importe ce que la radio ou Londres pourront dire – d’ailleurs, comment pourrait-il prétendre protéger colons et population des représailles si toutes ses forces sont rassemblées en un seul point pour livrer un combat perdu d’avance ?
Toutefois, Tumidajski n’est pas seulement (plus ou moins) au fait de ce qui se passe sur le front – d’autres éléments contribuent à guider sa décision. Ainsi, il n’ignore pas qu’il se trouve, hélas, dans son secteur un lieu infâme, qu’on appelle le camp de Lublin-Majdanek et dont il estime essentiel de s’emparer intact afin que le monde sache ce qui s’y est déroulé. Une raison de plus de ne pas se précipiter… Même si, à sa grande surprise, on n’y observe pour l’instant aucune agitation particulière – la machine de mort poursuit sa besogne comme si de rien n’était.
………
Pologne occupée – Partout dans les caves, les visages se ferment. Les poings se serrent. Malgré la mort et la misère, un peuple martyrisé attend. Un cri, un mot, un souffle même en provenance de Londres. Au bout de la nuit, ce souffle se répand enfin sur les ondes, dans des radios crachotant au milieu des parasites allemands… « L’heure W aura lieu demain à 17h00. »

Préparatifs
War Office (Horse Guards Avenue, Whitehall, Londres)
– Première réunion de travail entre les responsables du gouvernement polonais en exil et ceux de l’Armée britannique, destinée à définir les modalités de déploiement de la Brigade aéroportée polonaise en Grèce, voire en Serbie – mais toujours afin de permettre, de là, un saut sur la Pologne. La tâche est évidemment technique – mais elle est aussi et avant tout urgente ! En effet, les Polonais ont catégoriquement refusé un transfert par bateau « ridiculement long pour une formation aérotransportable ! ». On le comprend : le transfert de l’unité par avion n’a rien d’impossible, au vu, d’une part, des moyens dont disposent les Nations-Unies en Méditerranée en ce moment, et d’autre part de l’effectif de la brigade, qui n’a rien de pléthorique.
………
– Etat-major (major-général S. F. Sosabowski, adjoint : Lt-Col. S. Jacnic) : 104 hommes ;
– 1er Bataillon (Maj. M. Tonn) : 354 hommes ;
– 2e Bataillon (Maj. W. Ploszewski) : 351 hommes ;
– 3e Bataillon (Capt. W. Sobocinski) : 374 hommes ;
– Batterie antitank (Capt. J. K. Wardzala) : 132 hommes ;
– Compagnie du Génie (Capt. P. Budziszewski) : 133 hommes ;
– Compagnie de Signalisation (Capt. J. Burzawa) : 93 hommes ;
– Compagnie Médicale (Lt J. Mozdzierz) : 90 hommes ;
– Compagnie de Transport et Ravitaillement (Capt. A. Siudzinski) : 43 hommes ;
– Batterie d’artillerie légère (Maj. J. Bielecki) : 80 hommes.

………
Au total, l’unité de Stanisław Sosabowski ne compte que 1 754 combattants, ce qui est tout à fait gérable pour des Dakota pouvant transporter 28 soldats équipés, ou bien 14 hommes avec des conteneurs. De plus, étant donné de ce que l’on attend de cette formation, les Britanniques n’ont pas prévu d’acheminer les 6-Pounder de l’artillerie. Déplacée en bloc, la brigade sera sans doute plutôt déployée sur le terrain en groupes de combat autonomes (probablement des compagnies). Le parachutage sera assuré par des bombardiers déclassés qui font déjà partie des forces de l’Air-Marshal Tedder. Ceux-ci, bien sûr, assureront ensuite le ravitaillement, en coordination avec l’AK. Et à ce propos, les Français ont déjà promis les mêmes vieux Leo-451 T qu’à Belgrade, si d’aventure Albion faisait preuve de perfidie…
On attend donc les premiers atterrissages de Polonais à Athènes sous cinq jours. Le nom de l’opération est déjà trouvé : Comet – un mot qui se prononce de la même façon en français qu’en anglais et presque en polonais (kometa), et qui décrit parfaitement le passage régulier de corps célestes venant décorer le ciel de jolies trainées lumineuses… Mais les Anglais ne sont pas portés sur la poésie en pareilles circonstances – ils paraissent plutôt prodigieusement agacés parce qu’ils considèrent, toujours, comme un vain gaspillage de ressources (1).
Et comme le dit avec (im ?) pertinence à ses visiteurs Sir Allan Brooke (chef de l’Etat-major Impérial) : « Il conviendra évidemment que ces actions soient minutieusement préparées en amont, sur la base des remontées de vos agents sur le terrain. Nous ne sommes plus au temps des grandes chevauchées de vos hussards ailés, chers amis ! »
Ce trait d’humour britannique soulève autour de la table quelques rires… un peu forcés, peut-être. Face à lui, le général Tadeusz Bór-Komorowski – venu en tant que représentant de l’Armia Krajowa – se contente de hocher la tête avec un sourire. « Oui, oui… Sauf imprévu. » Nouveaux rires. Puis, in petto, le général ajoute pour lui-même : « Après tout, Pierre II a bien réussi à leur forcer la main pour récupérer Belgrade. Alors pourquoi pas nous avec Varsovie ? »

Lituanie
Sauve qui peut
Lituanie occupée
– Juozas Ambrazevičius, Premier ministre très éphémère (moins de deux mois) du gouvernement d’un président Škirpa désormais aux arrêts, fuit son pays vers l’ouest, déguisé en cheminot (2).


Notes
1- NDE – Néanmoins, bien plus tard, cette action inspirera les projets d’opérations spéciales conçus par les Bérets Verts et les SAS dans le cadre d’un éventuel conflit majeur contre le Pacte de Varsovie. Le principe aurait été globalement le même : parachutage ou débarquement par sous-marin de petits groupes opérant isolément en territoire ennemi. Seul l’objectif – le plus souvent détruire des installations stratégiques ou créer l’insécurité sur l’immense territoire soviétique – différait sensiblement de celui des Polonais. Enfin, bien sûr, les membres des commandos étaient supposés rentrer à la base après l’action, pas attendre l’arrivée d’une armée alliée.
2- NDE – Ambrazevičius se terrera dans Berlin jusqu’à la fin de la guerre, sous le faux nom de Juozas Brazaitis, avant de réussir à gagner Bamberg, en Bavière (donc chez les Français) avec sa famille arrivée entretemps. Il émigrera en 1950 aux Etats-Unis. Avec lui disparaissait le dernier reste du gouvernement pro-allemand de la République de Lituanie – lequel ne vécut pas assez longtemps pour prétendre aider son pays, mais bien assez, hélas, pour faire de très mauvais choix. Les Allemands n’étaient plus en Baltique qu’une puissance occupante, au même titre que les Soviétiques… Mais avaient-ils jamais ambitionné d’être autre chose ?
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loic
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MessagePosté le: Dim Oct 24, 2021 23:09    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La Wehrmacht n’a aucun scrupule à abandonner la poignée de colons allemands qui s’y trouvent encore aux éventuelles représailles. La citadelle médiévale

Citation:
Batterie antichars (Capt. J. K. Wardzala) : 132 hommes ;

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