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Bataille de France-Sud, Janvier 44
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Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
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MessagePosté le: Lun Mai 31, 2021 22:50    Sujet du message: Répondre en citant

@ Demo Dan

1) Les Américains arrivent (c'est écrit !) dans l'après-midi. Le temps de voir que ça ne va pas être facile, la nuit tombe (janvier).

2) (…) le petit camp militaire du Larzac, déserté par les Français depuis le retournement de veste des FST. La pseudo-armée du NEF ne l’avait d’ailleurs guère utilisé.
Ça te va mieux ?

3) Non, à cette date, la 60. PzGr VA partir pour l'Allemagne. L'OdB front russe est daté du 17 janvier.

4) Non, désolé.

5) L'école de Nis est "secondaire" (hors des limites du Reich). Où exactement en parle-t-on ?

6) La réunion de Rastenburg est datée du 10 janvier. Il n'y a rien à ce moment pour le Front de l'Est !
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Mai 31, 2021 23:02    Sujet du message: Répondre en citant

Oui ... Mais regarde l'épisode du 12 janvier avec Model/Manstein et tu verra qu'Hitler ne peut pas être à la fois en Autriche et en Pologne occupée !
L'école de Nis, on en parle en novembre. Elle est déplacée en Hongrie, vers Osijek de mémoire.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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loic
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MessagePosté le: Lun Mai 31, 2021 23:11    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Citation:
Arrivant en vue de la gare, où la voie ferrée venant de Perpignan s’arrête pour passer le relais au célèbre Train Jaune (à voie étroite), les éléments de tête sont pris à partie par plusieurs canons et mitrailleuses allemandes, installés dans la citadelle de Fort Libéria, qui domine la plaine, mais aussi sur les remparts de Villefranche (1). Après un moment de flottement, les Américains se replient. Le verrou de Villefranche-de-Conflent va être une noix difficile à briser !


Question ouverte : ca sert pas à ça, les appuis aériens ? Surtout que plus au Sud, l'Air Force appuie efficacement. Alors certes on en parle le lendemain mais ...

Plus au sud ? Ah non, y'a rien de plus au sud que Villefranche-de-Conflent dans la description du front. Pour ce qui est de l'appui aérien, je t'engage à remonter la vallée de la Têt (en plus, c'est une très belle région). Ben c'est pas de la tarte pour y manoeuvrer un avion censé en plus faire de l'appui-feu un tant soit peu précis !

demolitiondan a écrit:
Citation:
Le Sturmbannführer Horstmann a établi son QG dans le petit camp militaire du Larzac, déserté par les Français depuis le retournement de veste de la FST. Le camp n’avait en réalité plus guère été utilisé depuis le Grand Déménagement.


Je comprend l'idée mais vu comme c'est dit, n'y a t'il pas une incohérence ? A moins que les templiers de la Couvertoirade ne soient sur place ... Cool

Le camp a été très peu utilisé par l'armée française pendant l'occupation (à noter que c'est là que Barré y fit ses essais de moteurs de fusée). Pour l'armée allemande, il ne présente guère d'intérêt non plus, perdu au milieu de nulle part. Ici, c'est une utilisation de circonstance.

Citation:
Plus au nord, le 339e RI reste pour le moment sur ses positions face à la 158. ID, se contentant de patrouilles offensives pour maintenir l'adversaire dans l’incertitude, mais aussi pour éviter une réaction trop rapide de la 60. PzGr dans un secteur très peu vallonné.


demolitiondan a écrit:
Euh chez moi, elle est en route vers le front de l'Est après reconstitution en Allemagne ...

La 60. PzGr Feldherrnhalle quitte le sud-ouest le 22 janvier pour reconstitution dans le nord-est de la France avant départ à l'est.

demolitiondan a écrit:
Citation:
Panzertruppenschule I à Bergen-Belsen et Panzertruppenschule II à Potsdam-Krampnitz


Huuuum ... Je crois qu'on a écris autre chose dans les Balkans à moins qu'il ne s'agisse pas de l'école de Nis.

Oui, l'école d'application de Nis. Disons plutôt un terrain d'entraînement. Les Panzertruppenschulen sont historiques.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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Messages: 11656
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Juin 01, 2021 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

(Comme toujours,les observations sont notées et le texte corrigé)


11 janvier
Lents progrès
Opération Scissors
Hérault
– Alors que la 88e DI-US achève de se déployer sur le plateau du Larzac et que les Allemands se réorganisent, on est plus que satisfait à Montpellier, au siège de l’état-major américain. La “88” compte maintenant parmi les divisions aguerries et on ne peut que vanter la performance en débordement de la 10e Mountain Division, qui a complètement déséquilibré la 355. ID et permis cette percée éclair, en quatre jours seulement. Les Allemands ont été forcés de réagir en engageant une partie de leurs réserves pour boucher la trouée de Millau et les renseignements laissent apparaître que seul le 37. Rgt de la 14. SS-Division est maintenant sur les arrières sur la zone de Gaillac-Albi.

Redéploiement allemand
Carcassonne
– Les Allemands doivent faire face à un sérieux problème d’effectifs : la 1. Armee ne dispose plus que du LXXX. ArmeeKorps, comprenant trois divisions d’infanterie, dont une de réserve à deux régiments, pour contrôler les 40 000 km2 du grand Sud-Ouest. La nouvelle de l’offensive alliée dans le Roussillon n’avait d’abord pas trop inquiété les états-majors de Lemelsen (1. Armee) et Nehring (LXVI. PzK), d’autant plus que le relief et la météo auraient dû rapidement doucher les espoirs ennemis. La situation dans la basse Aude et dans l’Hérault, avec pas moins de trois divisions blindées américaines à contenir, semblait bien plus préoccupante.
Néanmoins, les informations sur l’entrée en action dans le Roussillon de soldats marocains, que les Allemands ont appris à redouter, notamment en montagne, a fait réfléchir. Il est vite apparu que la 344. ID ne pourrait pas tenir indéfiniment à elle seule un front aussi large face aux Américains et aux « supplétifs marocains des Français » (dit Goebbels, qui parlait encore naguère des « supplétifs français des Anglo-Saxons »). Lemelsen a finalement réussi à obtenir de von Rundstedt l’envoi dans le Sud-Ouest de la 3. Fallschirmjäger Division, en provenance de Bretagne où elle est à l’entraînement.
Ce renfort, s’il est appréciable, ne constitue qu’un pis-aller, car l’entraînement de cette division est encore très insuffisant et l’unité souffre d’un important déficit en mitrailleuses, armement antichar et véhicules. Le régiment d’artillerie ne compte qu’un seul bataillon et le bataillon de mortiers réglementaire n’a pas pu être formé. Cependant, l’arrivée de la 3. FJ permettra d’éviter d’engager la 60. PanzerGrenadier, qui a grandement besoin de repos et est en instance de départ. En revanche, pour l’instant, il n’y a pas d’autres solutions que de laisser en ligne le Kampfgruppe de la 14. SS-Division, au moins jusqu’à la relève.
Von Rundstedt, qui a accepté sans enthousiasme le transfert de la 3. FJ, sait qu’il va devoir rendre d’autres arbitrages délicats en ce qui concerne l’attribution des renforts et des matériels. Compte tenu de la situation sur le Front de l’Est, lors des prochaines relèves, il devra demander à conserver certaines unités pour les rééquiper.

Opération Dague
Secteur de Villefranche-de-Conflent
– Les Allemands, environ une compagnie du Grenadier-Rgt 854, ont transformé le petit village de Fillols en camp retranché, après avoir expulsé la population vers la ville voisine de Vernet-les-Bains. Toute la journée, ils résistent aux assauts ennemis, car ils entendent bien empêcher la prise de flanc voire le contournement pur et simple de Villefranche.
Toutefois, les Américains ne perdent pas leur temps : une patrouille est envoyée en reconnaissance dans le Serrat d’En Parrot, un massif boisé situé au nord du village, qui surplombe la vallée de la Têt. Elle capture un petit groupe d’observateurs d’artillerie allemands qui aidaient à régler les tirs depuis Fort Libéria. La position paraît très intéressante, car elle surplombe assez largement le fort, situé sur le versant opposé de la vallée ; elle pourrait ainsi permettre de museler les canons ennemis. En fin de journée, la solution se présente : les premiers goumiers du 2e Tabor, qui ont terminé la sécurisation du massif du Canigou, rejoignent Taurinya, avec leurs mules… et les mortiers transportés par celles-ci.
Vallée de la Castellane – La journée est à nouveau consacrée à préparer le combat à venir et surtout à tenter d’organiser les maquisards de la mine de Caillau, ce qui revient en premier lieu à trier le bon grain de l’ivraie.
Massif de l’Agly – Les Américains progressent toujours avec difficulté dans le massif boisé. Néanmoins, en faisant appel aussi souvent que nécessaire à un appui des mortiers du 3e Chemical Mortar Battalion ou de l’aviation, ils grignotent du terrain en direction de l’ouest.
Au nord du massif, les hommes du 1er régiment de la 1ère Special Service Force, suivant le cours de l’Algy, atteignent Ansignan en fin de journée. Ils ont été chargés de s’emparer des ponts dans leur secteur pour permettre aux chars, toujours bloqués devant Saint-Paul-de-Fenouillet, de déborder si la situation s’éternisait. Mais les Allemands ont anticipé cette manœuvre et fait sauter au cours de leur retraite les ouvrages sur les principales routes. Ils n’ont heureusement pas touché au pont-aqueduc d’Ansignan, vital pour l’agriculture locale (1). Toutefois, ce dernier est bien incapable de laisser passer des véhicules autres que des charrettes.
Plus au sud, le 4e Ranger Btn a été débarrassé des mortiers ennemis installés sur le massif du Sarrat d'Espinet grâce à un mitraillage des P-51 du 363e Fighter Sqn. Il peut reprendre sa progression vers Sournia.
En fin de journée, le détachement du 3e Tabor bloqué en avant du col de Roquejalère constate que les Allemands se replient sous le couvert de l’obscurité vers Sournia. Laissant aux troupes américaines le soin de finir le travail dans le massif de l’Agly, les Marocains rejoignent leur unité dans la vallée de la Castellane, où leur présence est requise.
Vallée du Fenouillèdes – La situation à Saint-Paul-de-Fenouillet est totalement bloquée. Les défenseurs allemands tiennent bon, s’accrochant aux bâtiments qui tombent en ruine sous le matraquage des mortiers et des canons américains. Les hommes du 180e Régiment de la 45e DI-US ont réussi à s’emparer du faubourg nord de la bourgade, de façon à permettre aux blindés de tenter de franchir l’Agly par le pont ferroviaire. Les Allemands ont lancé plusieurs contre-attaques pour les déloger. N’y parvenant pas, ils se sont résolus à faire sauter le pont, qu’ils voulaient au départ conserver intact.
Sud des Corbières – En début de matinée, un coup de main audacieux permet aux Américains de s’emparer du château de Quéribus, ce qui prive l’ennemi d’un point d’observation stratégique. Ailleurs dans les Corbières, la progression est toujours la même : lente et méthodique.


12 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Carcassonne
– Les officiers d’état-major de la 3. Fallschirmjäger-Division (Generalmajor Walter Barenthin) parviennent ce jour par avion à Carcassonne. La division doit arriver par la route et par le train quelques jours plus tard.
Secteur de Villefranche-de-Conflent – Les défenseurs du village de Fillols ont fait de leur mieux, mais doivent finalement décrocher vers Corneilla-de-Conflent, où ils tentent de mettre en place un ultime barrage pour bloquer l’accès à la vallée de la Têt. Sur leur lancée, les Américains libèrent Vernet-les-Bains et poursuivent sur la RD27, espérant rejoindre la RN116, plus à l’ouest. Sur le Serrat d’En Parrot, les goumiers du 2e Tabor ont mis leurs mortiers en batterie. Ces derniers arrosent bientôt Fort Libéria, qui est toujours pris pour cible par les mortiers américains dans la vallée. En fin de journée, la position étant devenue intenable, ses défenseurs doivent se replier dans Villefranche-de-Conflent.
Vallée de la Castellane – A partir de la mine de talc de Caillau, goumiers et maquisards se sont infiltrés de nuit dans la forêt de Lapazeuil en direction du col de Jau. Depuis qu’ils sont en place, ils attendent l’arrivée du gros du 3e Tabor. Celui-ci, parti de Mosset par la route au lever du jour, s’annonce bientôt, remontant lentement la route en lacets en faisant un maximum de bruit. Les hommes sont précédés d’un véhicule muni d’un blindage improvisé constitué de solides planches.
Les Allemands, embusqués sur les hauteurs, attendent le dernier moment pour ouvrir le feu sur les Marocains qui progressent le long de la route. Toutefois, ces derniers ne se jettent pas à l’assaut de façon inconsidérée. Leur but est d’attirer les feux adverses pour permettre à leurs camarades et aux maquisards cachés plus haut dans les bois de repérer les positions ennemies. Bientôt, des tirs de mortiers s’abattent sur les Allemands qui, obligés de s’abriter, n’arrivent plus à diriger leurs tirs avec efficacité. Alors les goumiers s’élancent et rapidement la bataille devient confuse.
En début d’après-midi, les derniers défenseurs cèdent, la bataille du col de Jau est gagnée. Elle a coûté cher au 3e Tabor, dont les hommes pourront après la guerre arborer fièrement la distinction créée à cet effet. Car cette victoire crée une faille importante dans le dispositif allemand, en permettant aux Alliés de pénétrer dans le Pays de Sault, à la limite entre Aude et Ariège.
Massif de l’Agly et vallée du Fenouillèdes – Les Américains continuent de progresser et Sournia est prise en milieu de journée. En fin d’après-midi, la position allemande à Saint-Paul-de-Fenouillet, qui avait bien résisté jusque là, risque d’être tournée. Le commandant du Grenadier-Regiment 855 obtient l’autorisation de replier son dispositif sur Caudiès-de-Fenouillèdes sous couvert de la nuit. Plus au nord, les gorges de Galamus, particulièrement encaissées, sont toujours solidement tenues, pour éviter que les positions dans les Corbières ne soient menacées.
Sud des Corbières – L’avance des Américains se heurte à une résistance allemande acharnée, qui s’appuie sur tous les éléments de terrain propices : cols, forêts, collines… De plus, le Grenadier-Regiment 950 peut compter sur le soutien de quelques éléments de la 158. ID, située plus au nord et dont le secteur est relativement calme.
Axat – La nouvelle de la perte du col de Jau parvient au QG de la 344. ID en début de soirée. Même si elle était prévisible, vu l’extrême dispersion des effectifs de la division, cette information jette un froid. Le Pays de Sault est un secteur boisé et accidenté, où opère un important maquis qu’il n’a pas été possible d’éradiquer, malgré de nombreuses tentatives. Cette région, tout bonnement impossible à contrôler, peut permettre à l’ennemi de partir dans plusieurs directions. Les positions allemandes dans la vallée du Fenouillèdes menacent d’être tournées à très court terme, tandis que la résistance opiniâtre dans la vallée de la Têt pour interdire l’accès au plateau de Cerdagne et à la Haute Ariège n’a plus de raison d’être : c’est l’ensemble du dispositif de la 344. ID qui risque de céder.
Le Generalleutnant Felix Schwalbe prend alors la décision de replier son dispositif tant qu’il peut en maîtriser le recul. Les troupes positionnées dans le massif de l’Agly et dans la vallée du Fenouillèdes vont se replier en tiroir directement sur Axat, puis mettre en défense les gorges de la Pierre-Lys. Le plus possible d’hommes devront être envoyés dans les Corbières, où le relief, pas assez accidenté, ne peut retenir l’ennemi à lui tout seul. Enfin, le régiment qui se bat près de la frontière espagnole devra tenir la forteresse de Mont-Louis le plus longtemps possible, de façon à permettre la mise en place d’une ligne de défense au niveau du col de Puymorens, qui défend l’accès à la Haute Ariège. Le massif du Carlit est pratiquement infranchissable en cette saison, de même que les cols qui, au nord du massif (port de Pailhères, col du Pradel et col du Chioula), permettent également de rejoindre l’Ariège. Schwalbe, quant à lui, va reculer son QG dans la ville de Quillan.
Quant à la 3. Fallschirmjäger-Division, dont le déploiement devient à présent urgent, elle devra s’installer sur un axe Belcaire – Quillan – Couiza, le long de la RN613. Elle y recueillera les éléments en repli de la 344. ID et empêchera l’ennemi de déboucher des Corbières et du Pays de Sault.

Redéploiement allié
Alpes et Provence
– Alors que le calme revient peu à peu dans le sud du Massif Central, la pause opérationnelle après Nordwind permet le repositionnement de certaines unités. Ainsi, dans les Alpes, le 6e BCA relève le 7e RTM dans la vallée de Barcelonnette. La 27e DA fait maintenant face dans ce secteur au 904. Rgt de la 188. Gebirgs Division. La 4e DMM a pu raccourcir ses lignes en redéployant son régiment descendant dans la vallée de Fours Saint-Laurent.


13 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Secteur de Villefranche-de-Conflent
– La garnison de Villefranche refuse toujours de se rendre, bien qu’une partie des défenseurs aient évacué la cité médiévale assiégée sous le couvert de la nuit. Dans la matinée, les éléments avancés du 2e Rgt de la 1ère SSF rejoignent la RN116 et la vallée de la Têt à l’ouest de la ville. Le colonel Frederick ordonne à ses troupes de maintenir un étroit blocus et de harceler les défenseurs. Il espère que ceux-ci finiront par jeter l’éponge, par épuisement ou faute de munitions.
Pays de Sault – Le 3e Tabor commence à reconnaître le terrain au-delà du col de Jau. Dans les hameaux et villages traversés en remontant vers le Pays de Sault, il apparaît que la région a été totalement évacuée par les militaires et les diverses polices des Allemands.
Massif de l’Agly et vallée du Fenouillèdes – Les derniers éléments du Grenadier-Regiment 855, qui ont été rejoints à Axat par les rescapés de la bataille du col de Jau, achèvent leur repli au niveau des gorges de la Pierre-Lys. Ce canyon, d’environ deux kilomètres de long pour vingt mètres de large, est encadré de falaises abruptes de plus de 300 mètres. C’est le lieu idéal pour tenir à moindre frais contre un ennemi supérieur, car la voie ferrée comme la RN117 empruntent plusieurs tunnels et peuvent facilement être bloqués par des éboulements ou une mitrailleuse bien placée.
Les Américains n’ont pas poursuivi immédiatement, préférant sécuriser le massif de l’Agly pour s’assurer qu’aucun élément retardateur ne s’y trouvait. Dans la vallée du Fenouillèdes, le 757e Tank Battalion a dû attendre que le génie mette en place un pont provisoire pour reprendre sa progression à partir de Saint-Paul-de-Fenouillet. Mais les Allemands en retraite ont saboté tous les ponts (ils les ont même détruits lorsque c’était possible), et ils ont abattu un grand nombre d’arbres en travers de la chaussée.
Sud des Corbières – Le repli allemand vers Quillan expose le flanc sud de ce qui tient lieu de front dans les Corbières. A Caudiès-de Fenouillèdes, une petite route permet, par le col Saint-Louis, de contourner par l’est les gorges de la Pierre-Lys, ce que le commandement allemand ne peut évidemment pas accepter. Un Kampfgruppe est rapidement constitué pour aller barrer cette voie d’accès. Le renforcement du secteur est prioritaire : la 3. Fallschirmjäger-Division devra dès que possible y dépêcher au moins un bataillon, ainsi que de l’artillerie.
Une équipe d’observateurs devra également prendre position en haut du pic (ou pech, dans le patois local) de Bugarach, point culminant des Corbières. Avec ses 1 230 mètres, ce sommet isolé offre une vue incomparable sur toute la région.

Redéploiement allié
Provence
– La 10e DBLE, récemment arrivée, prend position au nord de la 15e DBLE, dans le secteur de Loriol. La 14e DI quitte donc ses positions au bord du Rhône pour se regrouper vers Montélimar. Elle doit prendre en charge une partie des fonctions logistiques dans ce secteur, la situation du ravitaillement alimentaire de l’armée (et des civils) étant loin d’être excellente.
Sur le Rhône, la 14e DI est remplacée par les paras de la 1ère DP, qui reprennent son rôle de garde au fleuve entre Valence et Livron sur Drôme. Dans l’intervalle, la 3e BMLE a fait mouvement depuis Marseille et s’est établie en réserve dans le secteur de Chabeuil.


14 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Secteur de Villefranche-de-Conflent
– Au petit matin, faute de munitions, les défenseurs de Villefranche-de-Conflent se rendent. La neutralisation de ce bouchon sur la RN116 va grandement faciliter la logistique alliée. Il ne faudra toutefois pas compter sur la voie ferrée, car tout le matériel roulant du Train Jaune a été évacué par les Allemands vers le terminus de Latour de Carol (2). La bonne nouvelle, c’est que cela rend peu probable la destruction des infrastructures en amont, comme les tunnels ou pire, les ouvrages majestueux que sont le pont Gisclard et le pont Séjourné.
Les habitants de Villefranche, du moins ceux qui n’avaient pas fui, vivaient terrés dans les caves depuis plusieurs jours. Désolés devant les destructions subies par les remparts et les habitations centenaires, ils accueillent néanmoins la fin des combats avec soulagement et leurs libérateurs avec joie.
Après la guerre, quelques vétérans américains reviendront sur les lieux des combats et leur témoignage soulèvera un élan de générosité aux Etats-Unis. Les dons venus d’Outre-Atlantique contribueront largement à la reconstruction de la ville et de Fort Libéria ; ils aboutiront ultérieurement à leur inscription au classement au Patrimoine de l’Unesco.
Pays de Sault et Donezan – Les éléments de reconnaissance du 3e Tabor continuent leur progression dans ces régions montagnardes faiblement peuplées, mais où leur passage soulève un enthousiasme croissant. Dans le village ariégeois de Quérigut, ils sont accueillis par des représentants du maquis de Picaussel, le plus important de la région. Ce maquis a été formé initialement dans la forêt du même nom, près du village de Puivert, situé plus au nord dans l’Aude. Il a été relativement bien pourvu en armes grâce à plusieurs parachutages et il est en contact avec Alger. Du fait de plusieurs opérations de ratissage menées par les Allemands, il a dû se replier dans une zone plus difficile à contrôler par l’ennemi, en ne subissant toutefois que des pertes légères grâce au talent de son chef, Lucien Maury.
Plus au nord, un groupe de Marocains parvient au village d’Axat par la RN118, faisant la jonction avec les Américains et confirmant ainsi que toute la haute vallée de l’Aude est libérée.
Gorges de la Pierre-Lys – Les Américains venant d’Axat mènent une reconnaissance à l’entrée des gorges. Accueillis par des tirs nourris, ils n’insistent pas. Dans l’après-midi, un vol de reconnaissance confirme que la position est solide, d’autant plus que les Allemands peuvent compter sur une bonne ligne de ravitaillement : les trains venant de Carcassonne peuvent être déchargés au nord des gorges, à Quillan, dont la gare est couverte par de la DCA installée sur les hauteurs de la ville. Par ailleurs, la petite ville voisine de Couiza abrite un important dépôt de vivres de la 19. Armee.
Il n’y a que deux possibilités pour contourner l’obstacle des gorges de la Pierre-Lys. À l’est, il faudra poursuivre la progression méthodique dans les Corbières : ce sera la mission de la 85e DI-US. À l’ouest, c’est le Pays de Sault, où les Marocains progressent, mais où l’on est encore dans l’incertitude sur les intentions de l’ennemi : va-t-il renter de résister ou se replier directement sur le massif du Plantaurel, qui défend l’accès à la Basse Ariège et à la plaine de l’Aude ? Il est décidé de dépêcher dans ce secteur le 4e Ranger Btn, qui sera suivi par le 180e Rgt de la 45e DI-US.
Sud des Corbières – Les combats se déplacent à présent dans les forêts domaniales de Termes et de l’Orme Mort, des zones boisées et accidentées dans laquelle la progression est difficile pour les hommes de la 85e DI-US.

Guerre aérienne
Alpes
– Pour ses raids vers l’Allemagne du Sud, la 15e Air force utilise souvent la route des Alpes. Si celle-ci permet de survoler des troupes amies jusqu’assez loin au nord, mais également d’éviter la couverture radar adverse, elle n’est cependant pas sans danger. Si les raids partant d’Angleterre doivent survoler la Manche et la mer du Nord, les chances d’être repêché en cas de problème sont élevées, alors qu’au-dessus des montagnes, c’est la mort de froid presque assurée pour les équipages qui se parachuteraient sur les cimes.
Cela ne veut pas dire non plus que la Luftwaffe ne sera pas au rendez-vous dans la région. Heureusement, la chasse alliée peut assurer une certaine couverture. Lors du raid d’aujourd’hui, si les bombardiers paient le prix du sang pour aller marteler la Race des seigneurs dans sa Heimat – plusieurs quadrimoteurs abattus et de nombreux autres endommagés – le lieutenant Sylvan Feld, du 52e FG, qui était devenu un as sur Spitfire, obtient sa sixième victoire, tandis que le lieutenant James “Sully” Varnell devient un as avec un quadruplé qui lui vaudra une DFC.

Carnets de Provence
Robert Capa
« J’ai appris il y a quelques jours la présence sur le front de cette 10e Division de Montagne qui avait fait la une du Times Magazine il y a maintenant plusieurs mois. Flairant un bon sujet de reportage, je demandai à mon contact à l’état-major l’autorisation d’aller les rencontrer. Je me retrouvai donc dans une Jeep, en route vers un village dénommé Lasalle, au nord de Montpellier, conduit par un caporal de l’unité venu me chercher. En discutant avec lui, j’eus immédiatement la confirmation de ce que l’on m’avait raconté sur cette unité (la seule de son type) : elle a le plus haut QI de toute l’armée américaine. Mon simple caporal suivait des études en Histoire de l’Art à l’Université du Colorado.
Nous ne tardâmes pas à arriver au village, où s’était installé un poste de commandement du 85e RI et un hôpital de campagne. Lors de mes interviews, je rencontrai divers personnages du même acabit que mon chauffeur : avec un grade souvent modeste, certains étaient à Harvard, d’autres étaient alpinistes renommés ou champions de ski, tel ce Norvégien, évadé de son pays occupé en 1940, qui était avant-guerre dans les meilleurs mondiaux de sa spécialité. Je croisai aussi un soldat à l’accoutrement assez singulier : des vêtements civils, mais un de ces blousons blancs propres au régiment et, bien en vue, un brassard bleu-blanc-rouge. J’engageai la conversation. Il s’agissait d’un Français, un Résistant en contact avec la division depuis un certain temps. Avec ses camarades, ils avaient guidé de nuit sur les sentiers les sections d’éclaireurs lors des premières phases de la récente bataille.
L’activité de l’hôpital me frappa également. Outre un certain nombre de blessés de chez nous, à la suite de notre offensive dans le sud des Cévennes, je remarquai des blessés allemands, mais également des prisonniers sous escorte qui participaient à la recherche et au brancardage des blessés et des morts dans les collines avoisinantes. Les équipes de brancardiers croisaient des groupes de civils descendant des collines en portant leurs maigres possessions dans divers baluchons. Ils avaient quitté leur maison dans les collines, souvent détruite, pour aller s’installer chez de la famille ou des amis dans les environs. Certains venaient se faire soigner ou aider les médecins et infirmiers en s’acquittant de menues tâches.
A l’intérieur de l’hôpital, l’ambiance différait de celle que j’avais pu observer lors de mes précédents passages dans ce genre de poste de secours : pas de discussions sur les courses de chevaux ou les projets d’achat de décapotable une fois la guerre finie, pas de pulps de Dick Tracy ou de Flash Gordon, mais plutôt des discussions sur les possibilités offertes par un métal nommé titane, sur l’exil de Léonard de Vinci en France, ou sur Othello, la pièce de Shakespeare, dont un exemplaire était parvenu jusqu’ici. Je me suis dit que cette guerre était vraiment mondiale et que la lutte contre le nazisme faisait vraiment l’unanimité, des fils d’ouvrier de Detroit jusqu’aux jeunes intellectuels de Yale. »



Notes
1- Cet ouvrage à l’aspect insolite, voire surprenant pour les Américains, remonte probablement à l’époque romaine.
2- Cette ligne étant à voie étroite, ce matériel est introuvable, sauf à le faire venir d’AFN ou à solliciter les Espagnols – deux solutions à peu près inenvisageables. Il serait aussi possible d’utiliser le matériel de la ligne Nice-Digne, mais son transport poserait des difficultés excessives dans les conditions du moment.
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Juin 01, 2021 11:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Lors de mes interviews, je rencontrai divers personnages du même acabit que mon chauffeur : avec un grade souvent modeste, certains étaient à Harvard, d’autres étaient alpinistes renommés ou champions de ski, tel ce Norvégien, évadé de son pays occupé en 1940, qui était avant-guerre dans les meilleurs mondiaux de sa spécialité.

Cette division comptait même un champion de patinage artistique. On se demande s'il entretenait ses triples axels dans ses moments perdus.
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Mar Juin 01, 2021 14:04    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Cette division comptait même un champion de patinage artistique. On se demande s'il entretenait ses triples axels dans ses moments perdus.

C'est possible s'il s'entrainait comme cela et que les allemands, complices, fournissaient les balles

[url][][/url]
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Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
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loic
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MessagePosté le: Mar Juin 01, 2021 21:04    Sujet du message: Répondre en citant

Une petite redite (de ma part !) :
Citation:
c’est l’ensemble du dispositif de la 344. ID qui risque de céder.
Le Generalleutnant Felix Schwalbe prend alors la décision de replier son dispositif

_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Juin 02, 2021 10:07    Sujet du message: Répondre en citant

15 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Vallée de la Têt
– Le 2e Régiment de la 1ère Special Service Force a repris sa progression vers l’ouest, tandis que le 1er, éprouvé par les batailles de Prades et de Villefranche-de-Conflent, se voit accorder quelques jours d’un repos bien mérité. La progression des Américains le long de la RN116, appuyée par quelques chars légers M5 Stuart du 757e Tank Btn, est régulièrement entravée par des arbres abattus et par des rochers placés sur la chaussée, couverts par quelques tireurs embusqués ou parfois par un nid de mitrailleuses. Les soldats ont d’ailleurs rapidement compris l’intérêt d’emprunter la voie ferrée en plus de la route.
À Olette, une petite route mène vers les Garrotxes, une petite région enclavée entre des montagnes dépassant les 1 500 mètres. Les Américains décident de poursuivre vers Font-Romeu et confient au 12e Tabor, qui suit avec une journée de retard, le soin de s’engager dans cette vallée à l’écart. Comme il semble probable que les goumiers ne rencontreront aucune opposition dans cette région sans intérêt stratégique, ils devaient pouvoir déboucher sur le plateau du Capcir et faire leur jonction avec le 3e Tabor.
Pays de Sault et Donezan – Le colonel Leblanc s’est rendu en personne au QG du maquis de Picaussel pour organiser la suite des opérations dans la région. Il y rencontre le chef du maquis, Lucien Maury, avec lequel le courant passe tout de suite. Ce dernier est un ancien du 22e BCA, qui s’est illustré dans l’Aisne en juin 1940. Fait prisonnier, il a réussit à s'évader puis à regagner son sud-ouest natal.
Les deux hommes font le point sur la situation dans l’Aude, les Pyrénées Orientales et l’Ariège. Maury indique que les cols menant vers la Haute Ariège resteront difficiles à franchir pendant plusieurs mois, et impraticables pour les véhicules. Par conséquent, le ravitaillement aura du mal à suivre, sauf peut-être par la voie des airs. Leblanc estime très peu vraisemblable qu’un effort soit entrepris pour cela, car l’opération Dague est avant tout une diversion. Reste alors l’option la plus évidente après la libération complète des Pyrénées Orientales, à savoir la descente vers la plaine de l’Aude. À ce sujet, le chef maquisard indique que ses hommes ont repéré l’arrivée de soldats allemands dans le secteur d’Espezel, qui verrouille la sortie nord du Pays de Sault. Plus au nord, la 3. Fallschirmjäger-Division vient en effet de commencer à se déployer. Il va falloir consulter sur la marche à suivre les alliés américains, à commencer par le major Roy Murray, dont le 4e Ranger Btn vient de rejoindre Axat.
Sud des Corbières – Les combats se poursuivent dans le même secteur boisé que la veille. Les hommes du Grenadier-Regiment 950 voient leur moral remonter avec l’arrivée d’éléments avancés du Fallschirmjäger-Regiment 9 venus leur prêter main-forte.

Redéploiement est-ouest
Région toulousaine
– La situation semblant s’être stabilisée, le mouvement de relève des unités de la Wehrmacht, prévu dès avant Nordwind, commence. Débarquent ce matin, de convois ferroviaires arrivés dans la nuit, les premiers éléments de la 9. Panzer Division, qui va relever la 11. Panzer en réserve de la 1. Armee. La 11. Panzer est mise en réserve dans le nord de la France, afin de toucher de nouveaux matériels (elle sera par la suite envoyée sur le Front de l’Est).


16 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Vallée de la Têt
– Juste avant le village de Thuès-Entre-Valls, la progression américaine se grippe : les Allemands ont profité de la proximité de la route et de la voie ferrée, le tout entre contrebas d’une forte pente, pour provoquer un éboulement massif à l’aide d’explosifs. L’énorme grondement sourd a d’ailleurs été entendu dans la vallée, loin en aval. Des milliers de tonnes de terre et de roche bloquent chaussée et rails.
Pour contourner l’obstacle, les Américains débordent par le flanc sud de la vallée, moins abrupt que le versant nord et surtout abondamment boisé. Ils arrivent ainsi au niveau de l’entrée des gorges de la Carança, sans pouvoir s’attarder pour admirer la beauté de l’endroit (1). Mais les véhicules et les quelques chars M5 qui accompagnent la progression vont être bloqués tant que le génie ne sera pas intervenu pour déblayer la route.
Pays de Sault – Le 4e Ranger Btn, guidé par quelques hommes du maquis de Picaussel, vient reconnaître les positions allemandes. Des unités de la 344. ID et de la 3. FJD tiennent en effet les hauteurs dominant toute la vallée du Rebenty. Cette ligne en forme d’arc de cercle s’étire sur une trentaine de kilomètres, depuis le col de Pailhères, à l’ouest, jusqu’au massif qui domine les gorges de la Pierre-Lys, à l’est. La densité de la défense est en réalité assez faible, mais elle profite d’un terrain boisé et accidenté, voire abrupt, avec de la neige sur les hauteurs.
Sud des Corbières – Avec l’arrivée des parachutistes de la 3. Fallschirmjäger-Division, le front se stabilise peu à peu. Dans ce secteur accidenté, la chaîne logistique américaine, toujours fortement sollicitée par les unités en contact avec l’ennemi, a du mal à suivre.

Redéploiement est-ouest
Région lyonnaise
– Le mouvement de relève des forces allemandes ne touche pas seulement la 1. Armée mais aussi la 19. Armée. La 16. Panzer Division a été engagée dès le mois d’octobre face aux Français, et a bien tenu en défense. Ses hommes sont heureux d’être mis au repos dans le nord de la France, où ils toucheront un matériel plus moderne. Elle est remplacée sur le front, au côté de la 39. ID, par la 21. Panzer. Le régiment blindé de celle-ci ne possède cependant encore qu’un seul Abteilung de Leopard.
La 2. Panzer, engagée depuis décembre seulement, voit sa relève annulée. En effet, la 15. Panzer, qui devait la remplacer, est affectée à la 1. Armee, qui doit couvrir un front beaucoup plus vaste que celui de la 19. Armee. Les tankistes de la 2. Panzer et de la 15. Panzer ne sont cependant pas mécontents de rester sur le front français plutôt que de suivre à terme leurs camarades de la 16. Panzer sur le front de l’est.
Par ailleurs, il est décidé de transformer la 159. RD en 159. ID par adjonction d’un troisième régiment. Ce dernier devrait être composé de jeunes recrues, encadrées par des convalescents du Front de l’Est.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Un bataillon du 1er Choc vient relever les Tirailleurs du 5e RTM dans le hameau de Braux. Ce mouvement se veut discret, en prévision des futures opérations. Les commandos n’auront qu’un coup de main à assurer et n’auront normalement plus à se battre ensuite, mais cette mise en ligne illustre parfaitement les casse-têtes que l’état-major français doit résoudre régulièrement entre la tenue de la ligne, la réserve et la logistique : l’armée française est encore à flux tendu, jusqu’à ce qu’arrivent de nouvelles unités.


17 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Haut Conflent et Capcir
– Le 2e Rgt de la 1ère Special Service Force quitte enfin la partie escarpée de la vallée de la Têt. Mais, avant de pouvoir déboucher sur le plateau de Cerdagne, l’unité américaine butte sur la citadelle de Mont-Louis. Les rescapés du Grenadier-Rgt 854 se sont repliés dans cette forteresse, qui, à 1 600 mètres d’altitude, est la plus haute de France. Cette réalisation de Vauban occupe en effet une position stratégique, au carrefour de trois régions (Conflent, Capcir et Cerdagne). Mortiers et mitrailleuses allemands bloquent pour l’instant la progression des Américains. Mais ces derniers ne sont pas inquiets : ils savent que le 12e Tabor va bientôt arriver du nord, après avoir traversé la région des Garrotxes.
Plus au nord, justement, les éléments avancés du 12e Tabor atteignent Matemale et y retrouvent le 3e Tabor, qui achève de sécuriser le plateau du Capcir.
Pays de Sault – Le 4e Ranger Btn a achevé sa reconnaissance du dispositif ennemi, sans trouver de faille. Il va falloir attendre un soutien d’artillerie, voire de chars, et surtout disposer de davantage d’hommes pour forcer la ligne de défense allemande. Pour le moment, seul le 180e RI de la 45e DI-US est arrivé. En attendant le reste de la division, le secteur va donc connaître une accalmie pendant les prochains jours.
Sud des Corbières – Les Américains de la 85e DI-US tentent un dernier effort pour briser le dispositif allemand, appuyés par quelques Sherman du 757e Tank Battalion, qui sont remontés depuis la vallée du Fenouillèdes. Mais les observateurs installés sur le pic de Bugarach, protégés de l’aviation par une abondante DCA légère, guident avec précision les tirs des canons allemands cachés dans la forêt en contrebas. Là aussi, les Américains décident une pause de quelques jours.

Guerre aérienne
Salon de Provence
– C’est une nouba de tous les diables ce soir au sein des Groupes de la 6e Escadre de Chasse : plusieurs de ses pilotes ont été l’auteur d’un doublé, voire d’un triplé lors d’une mission Cirque sur la région lyonnaise. Tout d’abord, au GC I/6, le capitaine Georges Valentin s’est offert deux 109 – ses deux premières victoires officielles. Le GC III/6 n’est pas en reste : le lieutenant André Lesieur est également l’auteur d’un doublé, ce qui l’amène à trois victoires (il a obtenu la première quelque temps plus tôt lors de l’attaque des Mistel contre le port de Marseille). Mais le pompon est remporté par le lieutenant Félix Brunet, du GC II/6, qui a abattu pas moins de trois Bf 109 “sûrs” – ce sont ses premières victoires !

Presque sentiment
Sur le front, au nord-est d’Eygluy (au pied du Vercors)
Santini tentait de s’en griller une tranquille dans un coin, lorsque, pas de bol, Tisane lui tomba dessus par hasard. Dans des cas comme ça, comme Tisane était capitaine et lui caporal, Santini, qui croyait à beaucoup de choses, au hasard, il n’y croyait pas. Passons.
– Alors, caporal, cette patrouille ?
– Ben… Euh… C’est que le sergent…
– Caporal, le sergent n’est pas là, si j’en crois mes yeux. C’est donc à vous que je m’adresse. J’aimerais entendre votre version… Attention, vous allez vous brûler…
Santini jeta l’allumette et rectifia la position.
– Ben… Euh… Alors, voilà, mon capitaine. On est partis en patrouille en avant de nos lignes, vu qu’on savait pas trop où qu’étaient ceux d’en face, comme vous nous l’avez demandé.
– …
– Alors voilà qu’on arrive à une espèce de petit creux un peu comme une vallée, mais en plus petit. Sinon, on serait descendus, mais là, on s’est arrêtés. Vous voyez, mon capitaine ? On faisait gaffe, parce que c’est quand on voit pas l’ennemi qu’on sait qu’il est là, mais comme il est planqué, on le voit pas.
– Intéressant. Et… ?
– Alors Ahmed, qui était un peu sur ma gauche, il siffle comme ça, vous voyez ? (Il siffla entre ses dents) C’est pour dire qu’il a vu quelque chose. Et ça tombait bien, parce que j’avais comme un presque sentiment, mon capitaine, vous voyez ? Et El Mardi, il devait avoir pareil, parce que de là où j’étais, j’ai vu qu’il s’était arrêté, et qu’il se baissait. Bonne idée : je me suis baissé aussi, à côté d’un rocher que j’avais repéré. D’abord, on voit mieux sous les arbres qu’à travers, et puis, si jamais ça arrose… Bon, et là, je vois comme un mouvement en face. C’est leur foutue tenue tachetée, je me dis. Ben non, c’était juste un gars qui se baissait, comme moi, et il avait fait bouger les branches. En fait, ils ont dû avoir le même presque sentiment que nous, si vous voulez mon avis, mon capitaine.
– Pour résumer, votre patrouille et la leur se sont découvertes mutuellement.
– Sauf votre respect, mon capitaine, c’est pas tout à fait ça. Parce que, pas fous, nous, on est restés à couvert. Remarquez, eux aussi. Les gars se sont couchés : c’était facile, on était comme qui dirait sur une petite crête, vous voyez ? En face, on les voyait pas trop bien : ils se planquaient aussi. Et on a attendu les ordres du sergent.
– D’accord. Ensuite ?
– Ben, mon capitaine, c’est un peu comme aux cartes : y’a un moment où y’en a un qui craque. L’sergent, y passait d’un gars à un autre, mais toujours derrière nous : ceux d’en face pouvaient pas le voir. Pourtant, c’est eux qui ont commencé à tirer. Alors, l’sergent a dit qu’y z’allaient pas s’en tirer comme ça. Alors on a tiré aussi… Mais…
– Mais ?…
– Ben, on s’est vite aperçus qu’ils tiraient vachement haut. L’aurait fallu qu’on soit sur des caisses pour qu’y nous chopent.
– Ils tiraient pour faire du bruit ?
– C’est ce qu’a dit l’sergent. Moi, ça m’allait bien. Et pareil pour les gars.
– Et qu’est-ce que le sergent a dit d’autre ?
– Ben, on avait déjà commencé à tirer… un peu haut, aussi.
– Un échange de bons procédés, en quelque sorte ?
– Ben, mon capitaine, c’était surtout du plomb. Mais ça n’a pas duré : on leur a filé quelques cartouches, et eux aussi. Evidemment, s’ils z’avaient tété plus près, on aurait p’têt bien balancé une ou deux grenades.
– Histoire de faire du bruit ?
– C’est ça, mon capitaine ! Et l’sergent a dit qu’ça suffisait, parce que si ceux d’en face faisaient tant de boucan, ça voulait p’têt dire qu’y z’avaient des copains dans l’coin, et qu’on risquait d’se faire coiffer. Du genre y nous amusent, et les autres nous tombent sur l’dos. On n’était qu’une patrouille, mon capitaine. L’sergent…
– A sûrement pris les bonnes dispositions. Vous avez décroché sans casse ?
– Néga… Heu… Affirmatif, mon capitaine. A part Rachid qui s’est pris une branche dans la tronche et pissait le sang. Avec Chakir, on est partis en dernier. Et…
– Et ?…
– Ben, j’me d’mande si ceux d’en face, y z’ont pas fait pareil…
– Mmhh. Une idée sur leur nombre ? Leur unité ?
– Ben… on n’a pas eu l’temps de faire connaissance plus que ça, mon capitaine. Pas des tachetés, mais ça veut rien dire. Sauf que les tachetés, z’auraient p’têt pas visé si haut.
– D’accord, là dessus. C’est tout ?
– Ben… une idée comme ça, mon capitaine. On en a parlé entre nous. Voilà. En face, on a eu affaire à des gosses, ces temps-ci. Assez souvent. Mais là… Ben, c’t’une impression, hein, mon capitaine, on pense que c’était des vieux. Pas des comme on en rencontre parfois, qu’y z’ont fait 40, puis la Grèce, puis la Russie, hein, et qui sont vachement dangereux. Des vieux plus âgés… Mais pas des très vieux, pas de l’Autre, hein, quand même… Mais… Ben, vous comprenez, mon capitaine ?
– Un “presque sentiment” ?
– Plutôt une impression, mon capitaine. Evidemment, si on en avait chopé un… Mais l’sergent…
– Je verrai le sergent tantôt. Merci pour ces informations, caporal. Rompez !
Et laissant là le caporal au torse bombé par ses derniers mots, De Fresnay s’en fut attendre que le sergent lui fasse son rapport. Non qu’il doutât de la conformité des deux récits, mais parfois, le détail des uns négligé par les autres pouvait avoir une importance. Des “vieux”, hein ? Après les gamins… A vérifier… A vérifier…



18 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Mont-Louis
– Tenant toujours en respect les Américains qui arrivent de l’est, les défenseurs de la citadelle découvrent que de nouveaux ennemis arrivent du nord : les goumiers des 3e et 12e Tabors. Les Allemands n’ont d’autre choix que d’abandonner leur position, sous peine d’être totalement isolés ; ils se replient en catastrophe sur la Cerdagne par le col de la Perche. Mais ils ne vont pas s’y attarder, car ils ont reçu l’ordre de mettre en défense le col de Puymorens.
Plaine du Roussillon – Le 157e RI de la 45e DI-US arrive dans le secteur de Rivesaltes, ainsi que l’artillerie divisionnaire. Après une période de repos consécutive aux éprouvants combats de Nordwind, ces unités vont rejoindre le 180e RI et le 4e Ranger Btn dans le Pays de Sault, via la vallée du Fenouillèdes.

Bataille en haute montagne
Alpes
– La position de Saint-Benoît est enlevée par un coup de main audacieux. En effet, c’est par les hauts et dans la nuit que deux sections du 1er Choc se sont approchées en déjouant tous les pièges. Les commandos ont ainsi neutralisé un à un silencieusement tous les points d’appui et autres nids de mitrailleuse, dont les Marocains avaient dressé la carte depuis un mois. Au petit matin, lorsque le 5e RTM a donné l’assaut, après une brève préparation d’artillerie, le hameau s’est rendu quasiment sans combat.


19 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Plateau de Cerdagne
– La libération de la région se poursuit, mais les Américains et les Marocains évitent soigneusement de pénétrer dans l’enclave espagnole de Llívia, où une petite garnison de la Guardia Civil fait acte de présence (2).
La chape de plomb des années d’occupation a pris un caractère particulier en Cerdagne, du moins dans la partie française de cette entité géographique assez homogène qui se partage à parts égales entre la France et l’Espagne. La région a connu très peu de faits de Résistance au sens militaire du terme, pour une raison très simple : la situation frontalière en a fait une zone particulièrement surveillée par les Allemands. Plus de 1 000 Allemands étaient stationnés dans la partie montagneuse des Pyrénées-Orientales (Capcir, Cerdagne et Haut Conflent), alors que la population dépassait à peine dix mille habitants. A la suite de la libération de la Corse et se méfiant de l’Espagne franquiste, toujours soupçonnée de mener un double jeu avec les Alliés, l’Occupant avait commencé la construction d’une ligne de défense sur toute la longueur des Pyrénées, la Sperrlinie Pyranäenfront (3). La région était tout bonnement interdite aux non-résidents ne possédant pas un Ausweis en bonne et due forme. Les activités de Résistance s’étaient ainsi concentrées sur deux missions tout aussi vitales que la lutte armée : le renseignement et les filières d’évasion. Ces dernières avaient connu une activité très importante, probablement favorisée par un certain esprit de contrebande qui avait de tout temps existé, mais aussi par les forts liens établis de part et d’autre de la frontière.
En fin de journée, après avoir traversé en trombe Latour de Carol et Bourg-Madame, les éclaireurs américains et marocains, qu’accompagnent les colonels Leblanc et Frederick, arrivent dans le village de Porté-Puymorens, en contrebas du col de Puymorens (1 920 mètres), qui permet de passer en Haute Ariège. Cette arrivée marque la libération intégrale du département des Pyrénées-Orientales.
Après un accueil chaleureux, les militaires alliés sont rapidement mis au courant de la situation. Le passage vers l’Ariège est à priori impossible. En effet, la route qui mène au col est impraticable à cause de la neige. Le chef de gare de Porté-Puymorens indique que les Allemands se sont repliés par la voie ferrée, en faisant s’effondrer le fronton de l’entrée nord du tunnel, grâce au fourneau prévu à cet effet (le cheminot ne s’est pas aventuré lui-même dans le tunnel, mais il a entendu l’explosion et il a surtout constaté la disparition du courant d’air froid qui soufflait en permanence dans l’ouvrage d’art).
Si d’aventure les soldats marocains ou américains tentaient malgré tout de forcer le passage vers le col, ils seraient exposés aux tirs des Allemands installés dans la vieille mine de fer de Pimorent. Cette mine (exploitée depuis le Moyen-Âge) est située dans la montagne à l’ouest du village, mais son accès se fait par la route menant en Andorre.
Le colonel Leblanc se fait vite son opinion : dans ce secteur, l’opération Dague est terminée.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Le 5e RTM ne reste pas inactif et continue sur sa lancée de la veille. Profitant de la nuit, le 1er Bataillon s’est infiltré à flanc de montagne jusque vers les Hameaux de Enriez et Castelet lès Sausses. Le 2e Bataillon lance une attaque en forêt de Chantebranne, sur l’autre versant, et bouscule les défenseurs de la 148. ID qui couvrent ce secteur.
Devant la menace qui pèse sur leurs arrières, les Gebirgsjägers du 902. Rgt de la 188. Gebirgs Division lancent une attaque de flanc vers Braux, pour déboucher dans la vallée sur les arrières du régiment français. C’est compter sans la présence des commandos français, qui ont entretemps reçu le renfort d’un peloton de M3 du II/4 Chasseurs, qui a accompli l’exploit de monter ses engins jusqu’à presque 1 000 mètres d’altitude, et d’une compagnie de DCA sur half-tracks. Ces engins portent des affûts quadruples de 12,7 mm que leurs servants ont surnommé, non sans humour noir, les hachoirs à viande. Après deux heures de combat, le régiment autrichien se retire en abandonnant de nombreux morts sur le terrain.
Entre les deux bataillons du 5e RTM se trouvent des éléments du 281. Grenadier Rgt de la 148. ID, qui gardent les deux ponts de Gueydan. Les Landsers se retrouvent donc pris en tenaille entre le 1er Bataillon au nord et le 2e au sud, renforcé par des éléments du 82e Btn de Génie et du II/4 Chasseurs, qui se sont engagés dans la vallée dans le sillage des tirailleurs. La situation est d’autant plus intenable que les demandes de renforts au QG du régiment restent lettre morte. En effet, ce dernier est attaqué sur son aile gauche dans le secteur de Castelet Saint-Cassien par les Goums du 2e GTM, qui mènent là une action de fixation.


20 janvier
Lents progrès
Opération Dague
Plateau de Cerdagne
– À présent que les Pyrénées-Orientales sont intégralement libérées, il est décidé que la 1ère Special Service Force va retourner sur Perpignan, en empruntant le Train Jaune, dès que la voie ferrée sera remise en état.
Les derniers chars légers M5 Stuart du 757e Tank Battalion, accompagnés d’une compagnie du 3e Chemical Mortar Btn, vont rejoindre le Pays de Sault pour prêter main forte à la 45e DI-US.
Le 1er GTM va rester stationné dans le Conflent, en Cerdagne et dans le Capcir, où il aura largement de quoi s’occuper : outre le maintien de l’ordre et la traque d’éventuels Allemands qui n’auraient pas pu fuir vers l’Espagne, il devra aussi tenir à l’œil les Espagnols et bien entendu garder le col de Puymorens contre un hypothétique retour allemand. Grâce à des montagnards locaux, les goumiers mèneront également des reconnaissances dans le massif du Carlit, pour voir s’il serait possible de dénicher un itinéraire vers la Haute Ariège, ou du moins prévoir quand un tel passage deviendra praticable. Enfin, ils vont contribuer à la transformation du maquis de Picaussel en bataillon de marche, qui, à terme, pourra participer à la libération de l’Ariège ou de l’Aude.
Les jeunes hommes de la région en âge d’être incorporés vont devoir rejoindre la plaine du Roussillon pour intégrer un centre d’entraînement.
Ce jour marque aussi la fin officielle de l’opération Dague. Le front semble stabilisé, hormis quelques escarmouches, des Corbières jusqu’aux frontières de l’Ariège.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Les forces allemandes réagissent directement contre les auteurs de la percée, qui se sont retranchés dans le village de Castelet lès Sausses. Une attaque en pince est donc montée avec le 902. GbJg Rgt, du col de Fa, et le 281. Grenadier Rgt, dans la vallée, du secteur des ponts de Geydan. Cette fois, c’est compter sans les mortiers de 160 du 64e RAA, qui sont maintenant déployés dans les champs à l’est de Saint-Benoît et couvrent efficacement le bataillon de pointe, et sans les appareils de la 2e EC, qui vont se relayer toute la journée pour soutenir les montagnards français. Les appareils du GC 2/II sont nouveaux dans ce secteur, couvert auparavant par les Corsaire et les Cormoran du GAN 2. Ces derniers ont fini par délaisser la haute montagne pour retrouver la mer et la Corse.
De son côté, le 2e Bataillon du 5e RTM continue sa progression en forêt de Chantebranne.


Notes
1- Le site est classé depuis 1927 pour son intérêt pittoresque et artistique.
2- Début 1939, le gouvernement Daladier avait accepté la demande du gouvernement de Franco d’occuper militairement la ville, ce qui supposait d’accorder aux occupants un droit de passage par la route la reliant à l’Espagne.
3- Beaucoup moins connue que le Südwall, cette ligne ne comportait à ce stade que quelques bunkers, dont certains auraient dû recevoir à terme une tourelle de Panzer 38 (t) avec son canon de 37 mm. La plupart étaient situés sur la côte et au col du Perthus.
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Hendryk



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MessagePosté le: Mer Juin 02, 2021 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Fait prisonnier, il a réussit à s'évader puis à regagner son sud-ouest natal.

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MessagePosté le: Mer Juin 02, 2021 11:16    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les appareils du GC 2/II sont nouveaux dans ce secteur, couvert auparavant par les Corsaire et les Cormoran du GAN 2.


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MessagePosté le: Mer Juin 02, 2021 13:53    Sujet du message: Répondre en citant

La 16e Panzer n'est pas destinée à partir sur le front russe, mais à intégrer la réserve blindée du nord de la France, le PanzerGruppe West.

Les 9e, 15e et 21e Panzer viennent elles du front russe.
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MessagePosté le: Mer Juin 02, 2021 18:31    Sujet du message: Répondre en citant

Deux redites avec mes suggestions :
Citation:
la situation frontalière en a fait une zone particulièrement surveillée par l'Occupant. Plus de 1 000 Allemands étaient stationnés


Citation:
dans la vieille mine de fer de Pimorent. Ce gisement, exploité depuis le Moyen-Âge, est situé

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MessagePosté le: Jeu Juin 03, 2021 10:58    Sujet du message: Répondre en citant

21 janvier
Bataille en haute montagne
Alpes
– Les pertes se sont accumulées pour les grenadiers, mais surtout pour les chasseurs de montagne allemands. Risquant d’être tournés, les Gebirgsjägers décrochent vers de nouvelles positions autour de Daluis, forçant le 281. Grenadier Rgt à resserrer sa défense autour d’Entrevaux, après avoir fait sauter le pont ferroviaire de Gueydan. En revanche, le pont routier est toujours debout, un tireur d’élite marocain ayant réussi à abattre pendant l’assaut les deux fantassins chargés de la mise à feu des explosifs. Dans l’après-midi, les deux bataillons du 5e RTM peuvent donc effectuer leur jonction, alors que les hommes du génie sont déjà à l’œuvre pour remettre route et pont en état.
La progression n’a été que d’environ six kilomètres, mais par la manœuvre à elle seule, deux régiments ennemis ont été obligés de reculer.


22 janvier
Relève
Albi
– Dans la nuit ont commencé à débarquer les premiers éléments de la 3. Panzergrenadier Division. Cette relève programmée permet le départ des grenadiers de la 60. PzGr Feldherrnhalle pour reconstitution dans la région strasbourgeoise. Quant à la nouvelle arrivante, elle va aller directement occuper sur le front, dans le sud du Massif Central, les positions de la 14. SS-PzGr. Cette dernière doit aller se mettre en réserve à l’aile de la nouvelle 9. Panzer, qui achève son déploiement.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Maintenant que le 5e RTM est à nouveau rassemblé, on assiste au retour au calme dans le secteur de Castelet lès Sausses. Le recul des Allemands permet un redéploiement du 4e RTM, plus au nord et au bord du plateau, vers le sud et vers l’intérieur. Il relaie ainsi à Braux les hommes du 1er Choc, qui vont retourner en réserve dans les Bouches du Rhône.
Cependant, en altitude, la progression dans le massif du Grand Coyer reste modeste en raison du manque de Sections d’Eclaireurs Skieurs des deux RTM, contrastant avec la 27e Division Alpine, qui opère plus au nord.
Au sud, en dépit du resserrement du dispositif du 281. Grenadier Rgt, le 2e Tabors ne peut progresser vers la forteresse naturelle de Val de Chalvagne et du pic de Chabran. En effet, les Allemands tiennent toujours les passages entre Villevieille et Castelet Saint-Cassien.


23 janvier
Suites de Dague
Pays de Sault
– Les Américains achèvent leur réorganisation dans ce secteur face à une défense allemande qui entend tenir le plus longtemps possible et profite du répit pour renforcer ses positions. Les parachutistes des 5. et 8. Fallschirm-Jäger-Regiment tiennent les hauteurs, depuis le col de Pailhères et tout le long de la vallée du Rebenty. Ils ont bâti des fortins en rondins, miné les voies d’accès et sont soutenus par une batterie d’obusiers de 105 mm bien camouflés.
En face, toujours d’ouest en est, s’alignent le 4e Ranger Btn, ainsi que les 180e et 157e Rgt de la 45e DI-US avec, en retrait, l’artillerie divisionnaire, une compagnie du 3e Chemical Mortar Battalion ainsi qu’une dizaine de chars légers Stuart M5 du 757e Tank Battalion. L’attaque n’est pas encore à l’ordre du jour, car la logistique poursuit encore l’accumulation du ravitaillement, qui a du mal à parvenir jusqu’à ce secteur reculé depuis la plaine du Roussillon. Le major-général Eagles préfèrerait aussi attendre que sa division soit au complet ; il lui manque en effet le 179e Régiment, qui se trouve encore du côté de Béziers.
Néanmoins, le major Roy Murray a convaincu son supérieur que son 4e Ranger Btn, guidé et soutenu par les maquisards les plus aguerris du maquis de Picaussel, peut s’emparer sans plus attendre du port (ou col) de Pailhères, situé à 2000 mètres d’altitude, qui conduit vers Ax-les-Thermes. En effet, leurs adversaires allemands ne disposent pas dans ce secteur de troupes de montagne ; tout au plus peuvent-ils compter, d’après les Français, sur quelques douaniers autrichiens habitués des sommets. Le relief et surtout la météo n’auront très certainement pas permis d’établir une quelconque défense en dur, dont les occupants seraient condamnés à subir en permanence des conditions climatiques particulièrement rudes. Le chef du maquis, Lucien Maury, estime que la véritable défense allemande dans ce secteur se situe à la lisière de la forêt, sur le flanc ouest du col. Rangers et maquisards commencent donc à progresser en direction du col à partir du village de Mijanès, en prenant soin de rester à couvert pour éviter d’être repérés précocement.

Welcome
Albi
– Grace aux interceptions Ultra, les décisionnaires alliés sont au courant de l’évolution de l’ordre de bataille allemand. Ils considèrent que le bilan du mois de janvier est plus que positif. Au prix de deux opérations de faible ampleur en zone montagneuse, ils ont limité les relèves ennemies en forçant la Wehrmacht à engager une fois de plus leurs réserves en ligne et, par contrecoup, à ponctionner une fois de plus des unités dans le nord de la France.
En attendant, l’occasion est trop belle : la 15e Air Force souhaite à sa façon la bienvenue à la nouvelle division de Panzergrenadiers fraîchement arrivée dans le secteur. Les B-17 des 2e et 99e BG bombardent la gare et quelques autres zones signalées par la Résistance et les reconnaissances photo. Si l’objectif est atteint, à savoir entraver la montée en ligne de cette nouvelle unité et lui causer quelques pertes, le bilan chez les civils français est une fois de plus bien lourd, avec plus d’une vingtaine de morts.


24 janvier
Suites de Dague
Col de Pailhères
– Rangers et maquisards ont progressé sur un terrain de plus en plus pentu (la pente moyenne avoisine les 10 %), mais toujours sous la protection de la forêt, de façon à pouvoir franchir les centaines de mètres à découvert les séparant de leur objectif pendant les dernières heures de la nuit. Malgré l’obscurité, ils arrivent à s’orienter aisément grâce à la silhouette du pic de Tarbésou, qui domine le col sur la gauche.
Au petit matin, l’assaut est donné, mais il tombe pratiquement dans le vide, et pour cause : le col n’est gardé que par deux dizaines de soldats ennemis qui s’abritent comme ils peuvent dans les cabanes de berger éparpillées dans le secteur. Dans l’élan, les attaquants commencent à redescendre en direction du village d’Ascou, mais ils sont accueillis par un feu nourri déclenché au dernier moment depuis la lisière des bois de part et d’autre de la route. À cet endroit, c’est une véritable ligne de fortins bâtis avec des troncs d’arbres qui interdit toute progression. Sans appui, les rangers et maquisards doivent se replier jusqu’au col, qu’ils n’ont toutefois pas l’intention d’abandonner.
………
Sud des Corbières – Après une semaine d’inactivité forcée à cause d’un temps médiocre et d’un ravitaillement insuffisant, la 85e DI-US repart à l’attaque des positions allemandes.

Relève
Agen
– Les lignes de chemin de fer plus au sud étant congestionnées, c’est à Agen que débarquent ce matin les premiers éléments de la 15. Panzer Division. Cette division devait au départ être affectée à la 19. Armee, mais cette dernière, en dépit des pertes subies lors de Nordwind, dispose déjà de quatre divisions panzers renforcées d’infanterie (dont la 9. SS sur les arrières) pour défendre les 30 kilomètres du cours de l’Isère. En revanche, la 1. Armee ne disposait que d’une seule division panzer et de deux divisions de Panzergrenadiers, dont une vient d’être engagée, pour défendre presque 350 kilomètres linéaires de front avec un intervalle perçu comme “poreux” d’une centaine de kilomètres entre Albi et Limoux.
L’arrivée de la 15. Panzer permet donc à la 1. Armee d’avoir une réserve mobile constituée de la 9. Panzer et de la 14 SS-PzGr. La 15. Panzer est affectée au LXVI. PzK dans la trouée de Carcassonne et la 3. PzGr, sur le point de relever les éléments de la 14. SS autour de Millau, sera affectée au XC. ArmeeKorps (qui remplace le IV. Luftwaffen Feldkorps, dissous).


25 janvier
Suites de Dague
Sud des Corbières
– Cette journée ne permet pas aux Américains de progresser de façon notable, mais les hommes du 337e Rgt de la 85e DI-US réussissent toutefois un véritable exploit en chassant les parachutistes allemands du massif de Bugarach. Il faut dire que l’attaque a été méticuleusement préparée, avec bombardement en règle par l’aviation, suivie d’un matraquage par l’artillerie divisionnaire. L’attaque elle-même est soutenue par une compagnie du 3e Chemical Mortar Battalion, qui, par sa bonne mobilité en terrain accidenté, arrive à s’adapter à la progression des fantassins.
La chute de ce point fort de la défense allemande dans les Corbières laisse espérer une progression générale dans les jours à venir. Néanmoins, une nouvelle pause est décidée car, à nouveau, les Américains n’ont pas été avares de leurs munitions.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Depuis le mois de décembre et l’affaire des Vercors, la 77. ID s’est redéployée à l’extrême sud de l’Isère, au débouché de la vallée de Grenoble, en lieu et place de la 2a Alpini Divizione Monterosa. Cette dernière a pu ainsi concentrer son 1er Régiment dans le massif des Ecrins face aux 7e et 15e BCA, ainsi qu’à une partie du 24e BCA.
Dans le secteur du col de la Croix Haute, le 1049. Grenadier Rgt s’est positionné face aux 11e et 14e DBLE. Les grenadiers dominent ainsi leurs adversaires depuis les monts Barral et Jocou ou la crête de l’Aup. A l’autre extrémité du dispositif, le 1051. GR verrouille le récent lac du Sautet et les pentes du col d’Aspres. Mais au centre, dans le Dévoluy, si les grenadiers du 1050. Rgt verrouillent les gorges de Saint-Disdier et le défilé de la Souloise, ils manquent de matériel et n’ont pu s’installer sur les sommets voisins, culminant à plus de 2 000, voire 2 500 mètres. Ils ont dû se contenter de la promesse des Italiens, leur assurant qu’ils avaient copieusement miné les accès à leurs anciens refuges sur la Tête de l’Aupet et aux Combes de la Fuvelle. Le dispositif allemand s’étale donc depuis la Pierre Baudinard et le Clos du Mounard jusqu’au Gicon et à la cabane de l’Aup.
Mais les Français sont conscients de la faille dans les lignes ennemies et eux disposent des spécialistes et de l’équipement nécessaire à la haute montagne. Ils savent même qu’il ne sert à rien de grimper sur les sommets, puisque les Alpini n’y sont plus. Ainsi, à l’ouest, le 11e BCA s’est contenté d’une manœuvre de débordement de ses Sections d’Eclaireurs-Skieurs par la Tête de l’Oriol, tombant ainsi sur les arrières de la Pierre Baudinard et sur le flanc de la ligne allant au Clos du Mounard. Le capitaine Vissac a même emmené une section de mortier sous les Combes de la Fuvelle, dominant ainsi la vallée et gênant la montée en ligne des renforts ennemis. Pendant ce temps, le reste du bataillon met la pression dans la vallée, sur Saint-Disdier. Sur l’autre versant, le chef de bataillon Héritier a envoyé sa compagnie de choc de haute montagne et une section de mitrailleuses en débordement sur les pentes de la montagne de Faraut, vers le pic Pierroux, à presque 2 400 mètres d’altitude. Le reste du bataillon se chargera de son côté du point d’appui du Gicon, dominant Saint-Disdier.
En fin de journée, si les combats continuent toujours autour de Saint-Disdier et en avant du Clos Mounard, le point d’appui de la Pierre Baudinard est tombé aux mains des Alpins. Sur l’autre versant, la crête dominant la cabane de l’Aup est prise sans coup férir, la compagnie de choc surprenant les occupants de ladite cabane, qui sont faits prisonniers après un bref combat. Il en est de même pour le point d’appui du Gicon, dont les survivants se rendent après avoir épuisé leurs munitions. La situation commence donc à être très inconfortable pour les défenseurs de Saint-Disdier, maintenant pris en tenaille et même en passe d’être débordés : en effet, le 13e BCA a maintenant une ouverture vers la Vallée, ayant vue sur la Chapelle de Monestier d’Ambel, et plus loin dans la vallée sur Abel, au bord du lac du Sautet.


26 janvier
Bataille en haute montagne
Alpes
– Les fantassins allemands ne peuvent pas laisser l’offensive française se développer. Aussi contre-attaquent-ils à partir de Monestier d’Ambel avec un fort soutien de leur artillerie divisionnaire. Cependant, les avions de la 2e EC et de la 25e EB ne se contentent pas d’assurer un appui rapproché efficace, ils traquent aussi les positions d’artillerie ennemies. De plus, la compagnie de choc profite de sa position dominante, de la présence de mitrailleuses positionnés judicieusement sur la crête et de l’appui d’une batterie de mortiers de 160 arrivés au Collet la veille en fin de journée.
Dans la journée, les grenadiers voient leurs trois tentatives repoussées.
Pourtant, la Luftwaffe ne reste pas inactive. Elle tente à deux reprises de s’en prendre aux positions des Alpins, en ouverture d’une attaque des fantassins de la 77 ID. Cependant, la seconde fois, ses avions ont la malchance de tomber sur le GC II/2. Entre autres, le capitaine Robert Thollon et le commandant Jean-Marie Accart obtiennent chacun une victoire, pour un total, respectivement, de 12 et 10 victoires confirmées.
Au défilé de la Souloise et à Saint-Disdier, les Allemands tiennent presque toute la journée. Cependant, la nouvelle des échecs au-dessus de Monestier d’Ambel, mais surtout celle de la chute du point d’appui du clos du Mounard sonnent le glas de leurs ambitions dans ce secteur. Pour éviter l’encerclement, ordre est donné d’abandonner ces positions et de reculer quelque peu.


27 janvier
Suites de Dague
Col de Pailhères
– Les hommes du 4e Ranger Btn et du maquis de Picaussel repartent à l’attaque de la ligne de défense allemande, appuyés cette fois par quelques pièces du 3e Chemical Mortar Battalion qui ont été péniblement hissées au sommet du col à dos de mulet. Mais il va leur falloir beaucoup d’obstination pour emporter la partie, car le relief et la météo rendent très aléatoires l’approvisionnement en vivres et munitions.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Si les hommes de la 77. ID abandonnent la “presqu’île” d’Ambel, ils se battent toute la journée sur les pentes de la Tête des Ombres pour permettre à leurs camarades de quitter le secteur de Saint-Disdier, en passe d’être débordé. Les Français du 11e BCA pénètrent dans ce village mais ne peuvent encore s’avancer dans les gorges, leurs ennemis menant un féroce combat d’arrière-garde, multipliant les coupures à coups d’explosifs et les embuscades.
Sur l’autre versant, le 13e BCA a fait passer la crête au pied du pic Pierroux à une deuxième compagnie, mais ces effectifs réunis ne peuvent encore franchir le barrage allemand le long de la D217B. En effet, les grenadiers du 1050. Rgt, en se retirant, ont laissé toutes sortes de pièges retardant la progression des Français et ont installé un point de résistance autour de Monestier d’Ambel pour permettre aux effectifs de la “presqu’île” d’évacuer.


28 janvier
Bataille en haute montagne
Alpes
– Après trois jours de combats, les fantassins allemands peuvent enfin souffler et se rétablir sur de nouvelles positions. En effet, les 11e et 13e BCA sont trop occupés à nettoyer le terrain et à atteindre Ambel, au bout de la “presqu’île”, pour pouvoir maintenir une pression efficace. Il faut dire que la perte d’altitude et le retour en plaine gomment l’avantage qualitatif des chasseurs alpins et permettent à l’avantage numérique des Allemands de jouer.


29 janvier
Opération Pique/Pike
Axat (Aude)
– Le général Alexander Patch approuve le plan de cette opération qui doit succéder à Dague/Dagger. Il s’agit de percer les défenses adverses de part et d’autre de Quillan, de façon à encercler cette ville, qui est la clé de voûte du dispositif allemand dans le sud de l’Aude.
Un bataillon du 157e Rgt de la 45e DI-US conduira une attaque de diversion dans les gorges de Pierre-Lys. À l’ouest, le 4e Ranger Btn et les maquisards français continueront leur harcèlement de la défense allemande en contrebas du col de Pailhères, pour laisser croire à une percée en direction d’Ax-les-Thermes. Le reste de la 45e DI-US s’attaquera aux positions allemandes sur toute la longueur de la vallée du Rebenty, avec pour objectif de rejeter les défenseurs sur le massif du Plantaurel. Enfin, à l’est, la 85e DI-US reprendra sa progression dans les Corbières en espérant atteindre la basse vallée de l’Aude.

Bataille en haute montagne
Alpes
– Alors que le 13e BCA achève la prise de la “presqu’île” d’Ambel et prend contact sur son aile droite avec le 24e BCA, le 11e BCA recolle aux positions du 1050. Grenadier Rgt. Les Allemands se sont déployés au col de la Samblue et sur le sommet immédiatement au nord. De là, ils contrôlent les accès à leurs arrières depuis la Grand-Tête de l’Obiou et la plaine menant au barrage du Sautet, où ils se sont installés en force.
Les opérations vont donc s’arrêter là, le seul 11e BCA ne pouvant affronter en plaine tout un régiment de la Wehrmacht avec ses appuis.


30 janvier
Bataille en haute montagne
Alpes
– Peu à peu, les combats se calment. La journée se passe en accrochages de patrouilles et échanges de tirs d’artillerie.


31 janvier
Guerre aérienne
Alpes
– Si au sol on s’observe maintenant en chiens de faïence, il n’en est pas même dans les airs, où la JG 2 constitue toujours la première ligne de défense contre les raids des heavies de la 15e Air Force. L’exploit du jour est réalisé par le Hauptmann Lemke du II/JG 2, auteur d’un triplé. Il a abattu un P-38 et un P-51 de l’escorte avant de réussir à détruire un B-24 du 98e BG. Sa victoire est confirmée, mais il faudra attendre 1980 pour que l’épave de ce bombardier soit retrouvée et que l’équipage ne soit plus déclaré Missing In Action.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Juin 03, 2021 13:36    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Sa victoire est confirmée, mais il faudra attendre 1980 pour que l’épave de ce bombardier soit retrouvée et que l’équipage ne soit plus déclaré Missing In Action.

Ça paraît un peu surprenant, c'est dans quel secteur ?
Le crash en montagne d'un avion de cette taille génère sans doute énormément de débris de toute taille, voire même un incendie si c'est en zone forestière.
Pour les crashes qui eurent lieu OTL, à chaque fois la population locale ou les Allemands retrouvèrent les aviateurs (ou leurs corps), des débris, entendirent des explosions, ...
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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houps



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MessagePosté le: Jeu Juin 03, 2021 13:49    Sujet du message: Répondre en citant

25 janvier
Suites de Dague


"...A l’autre extrémité du dispositif, le 1051. GR verrouille le récent lac du Sautet et les pentes du col d’Aspres. Mais au centre, dans le Dévoluy, si les grenadiers du 1050. Rgt verrouillent les gorges de Saint-Disdier et le défilé de la Souloise,.."

Et pendant ce temps-là, tout le monde dérouille....

Très joli défilé, entre St Disdier et la résurgence des Gillardes. En été. "Pittoresque", disent les guides touristiques. A cette époque de l'année, à St Disdier, le soleil se lève vers les 10-11 heures et se couche vers les 15.00. Bref, ça caille. Pour peu qu'un tout aussi pittoresque brouillard se lève du Sautet pour venir se bloquer sur le Col du Festre - soleil radieux sur le reste du pays - on en viendrait à regretter le Briançonnais.
_________________
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