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Intoxication - Nord
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Aoû 24, 2020 11:49    Sujet du message: Intoxication - Nord Répondre en citant

Ce sujet (cette fois, les notes chrono sont bien de DemoDan !!!) poursuite la série du bouchage de trous…
Avec quelques petites choses pour agrémenter la lecture (qui s'étalera sur trois épisodes).



3 mai 1943
Opération Phénix
Agitation
Hôtel Dorchester (Londres)
– Voilà maintenant trois semaines que le bouillant général Henri Giraud erre comme un lion en cage dans les couloirs du luxueux établissement, l’un des plus modernes de la capitale britannique (1). Indifférent aux charmes de la vie londonienne comme aux flegmatiques propositions des serveurs, le “Lion de Limnos” (2) s’ennuie. Et il le fait savoir, à la grande tristesse de son subordonné Amédée Blanc et au très grand agacement du lieutenant-colonel Henri Navarre, qui a bien du mal à gérer l’encombrant personnage. Patton pose bien moins de difficultés ! Outre le fait qu’il ne relève pas directement de Phénix, il peut au moins s’occuper en allant visiter les camps américains qui entourent la capitale britannique – même si ce n’est pas forcément pour commander, mais plutôt pour se montrer.
C’est évidemment ce qu’on attend de lui. Et pour se faire voir, tous les moyens sont bons – y compris prononcer un discours à un gala de charité pour de vénérables ladies britanniques. Mais pas Giraud non ! « Plutôt mourir sous les balles allemandes que périr en tenant le biscuit à de vieilles Anglaises ! ». Le Lion se morfond – il lui faut pourtant patienter. Les modalités techniques de Fortitude/Phénix sont toujours en cours de mise au point. Le commandement ne tient pas à attirer l’attention trop vite sur de faux préparatifs pas encore assez convaincants pour être montrés… D’ailleurs, les Nations-Unies ont mieux à faire qu’à gérer les susceptibilités des uns et des autres, y compris celles d’un général cinq étoiles. N’empêche, soupire Navarre, il ne faudrait pas que tout cela dure trop longtemps…


7 mai 1943
Opération Phénix
Vacarme
Hôtel Dorchester (Londres)
« Ça devait arriver… » se dit Henri Navarre en découvrant avec horreur ce matin, dans les colonnes du Guardian, une interview exclusive de son protégé : « General Giraud’s Statements about France and Republic » – en première page, à côté des nouvelles de Grèce et d’Italie.
Impossible de dire comment l’article a pu passer la censure (3). Impossible de dire comment le fouille-m… s’y est pris pour arriver à ses fins – peut-être quand l’intéressé prenait son déjeuner ? Ils sont toujours interminables, suivis de surcroit d’une balade dans Hyde Park.
Enfin, que voulez-vous que Navarre y fasse, le général n’est tout de même pas aux arrêts ! Toutefois, les propos qu’il tient, sans être franchement dangereux, peuvent parfois être jugés… dérangeants. Ainsi, interrogé sur la transmission à Montgomery du commandement des armées en Grèce, Giraud se borne à préciser qu’il souhaite bonne chance à son successeur, mais qu’il a été « mis devant le fait accompli, sans pouvoir faire bénéficier [son] successeur de [son] expérience. Ce n’est pas plus mal – vu les propos qu’il a tenu sur moi depuis, il m’aurait sans doute irrité et j’aurais alors claqué la porte. Ce qui aurait été stupide, bien sûr. » Un peu plus loin, il déclare aussi que « le président du Conseil [Du haut de ses cinq étoiles, il ne donne jamais son grade à De Gaulle.] est sans aucun doute un homme… de bonne taille (4), et fort digne de sa tâche. Cependant, comme tout officier, il ne saurait ignorer que commander, c’est aussi déléguer. Je regrette donc qu’il n’ait pas daigné s’entourer davantage d’hommes de confiance, ayant ou non le titre de vice-président du Conseil. Des gens aussi acharnés que lui, énergiques dans la lutte, prêts à tout pour libérer le Pays et ayant l’expérience de la Victoire. » Inutile de dire à qui pense Giraud dans cette tirade.
De plus, l’irritant général s’exprime dans un journal de centre-gauche – un comble pour le traditionnaliste qu’il est ! Navré, Henri Navarre sent déjà qu’il va recevoir un ou plusieurs coups de fil désagréables – tout comme il sait déjà ce qu’il va leur répondre. Il faut que Phénix soit lancé au plus vite. Et d’ici là, il doit occuper Giraud.


[b]19 mai 1943
Opération Phénix
Permission de sortie
Hôtel Dorchester (Londres) [/b]– « Bon Dieu, Navarre ! Deux semaines ! Deux semaines que je suis coincé dans ce clapier à compter les motifs de la tapisserie en attendant qu’il se passe quelque chose ! Et pendant ce temps-là, Montgomery libère la Grèce avec mes troupes, tandis que Clark fait du rien en Italie ! On m’a fait venir ici pour servir ! Alors laissez-moi servir ! »
Hier encore, le lt-colonel Navarre n’aurait rien eu à répondre à cette tirade qu’il subit pour la millième fois alors qu’il s’invite dans la suite du Lion de Limnos – un lion dont les moindres mouvements sont très surveillés depuis ses dernières déclarations dans la presse. Cependant, cette fois, Navarre vient avec de bonnes nouvelles : la 3e Groupe d’Armées Alliées est enfin constitué, son état-major est opérationnel et on a donc besoin des services de son chef. De fait, ces dernières semaines, l’intendance a travaillé d’arrache-pied pour donner une véritable cohérence, au moins apparente, à ses unités, dont cette fameuse 3e Armée française qui n’est pourtant composée que d’une division blindée (toujours en Méditerranée à ce moment !) et de quelques régiments squelettiques. Patton, pour sa part, est chargé de la 3rd Army US, qui est quand même en meilleur état – même s’il n’y a pas, là non plus, de quoi pavoiser.
« Enfin ! Bon, on verra les détails plus tard ! Montrez-moi mes bureaux et puis inspection de l’état-major ! » lâche-t-il en passant en trombe devant le Lt-colonel qui s’écarte précipitamment – en saluant tout de même comme il convient. Hélas, des officiers que Giraud a prétendu choisir pour le seconder dans sa tâche, très peu sont effectivement présents. Les autres sont là où ils seront bien plus utiles !


21 mai 1943
Opération Phénix
Satisfaction
QG du 3e GAA, Wentworth (Angleterre)
– Depuis deux jours qu’il est là, Henri Giraud développe une activité frénétique. Entre inspection de bases en cours d’installation (et qui le resterons encore très longtemps) et tournées auprès d’unités “en transit” (Navarre feint de croire que les trains qui passent sont pleins et que d’autres vont arriver…), le chef du 3e Groupe d’Armées Alliées prend son rôle très à cœur, au côté d’un Amédée Blanc de moins en moins dupe, mais assez lucide pour ne s’étonner de rien.
Au moins, quand il s’occupe à des ordres de bataille et à des projets, tout fantomatiques et chimériques qu’ils soient, le Lion ne rugit plus. Au contraire, il se tourne presque avec affection vers celui qui est – après tout – son contrôleur, pour lui signifier sa « satisfaction de retourner à une vie de caserne, au service de [son] pays ». Comme dit l’Evangile, heureux les simples d’esprit…


3 juin 1943
Opération Phénix
Du berger à la bergère
Camp de Little Waltham (Angleterre)
– Aujourd’hui, Henri Giraud est en tournée auprès de la 7e DIC du général Boivin – laquelle n’est composée pour l’heure que d’un unique régiment de tirailleurs sénégalais (le 7e). Mais peu importe, pour Giraud : la Coloniale, il n’y a que ça de vrai ! En attendant bien sûr, la 2e DB du général Leclerc (pour ses hommes) ou de Hauteclocque (pour Giraud) – elle devrait bien finir par arriver d’Italie un jour…
Avant de partir pour Leicester – où il doit s’entretenir avec un Patton, d’habitude très heureux d’être loin de son “chef” – le Lion de Limnos passe longuement en revue équipages et matériels tout neufs. A l’attention de sa suite, et notamment de Navarre, il commente : « Quel outil magnifique nous avons là ! » Puis il s’arrête, frappe le sol de sa canne et ajoute : « Si nous avions eu tout ça en 40, nous ne serions pas ici et je n’aurai pas eu à fuir les Boches déguisé en Tyrolien ! Bah, je ne leur en veux même pas. Gamelin aurait mieux fait de se faire tuer, Weygand a eu le bon goût de le faire et Hutzinger n’est plus là non plus. Quant à Corap, il a fait ce qu’il a pu… oui… il a fait ce qu’il a pu. » Navarre n’épilogue pas – il sait que Giraud est sincère, ce qui ne fait que rendre sa propre tâche d’autant plus cruelle.
Cependant, la tâche du général ne s’arrête pas là. On a dressé une estrade pour sa première conférence de presse “officielle”, qui a été méticuleusement organisée. Quoi de mieux qu’un acteur convaincu pour qu’il soit convaincant ? Après un discours longuet et rébarbatif sur l’évolution du conflit, mais qui ne donne guère de détails – Navarre a minutieusement relu le propos, on s’en doute – vient une séance de questions-réponses, elle aussi préparée avec soin.
Puis surgit une question apparemment banale du reporter bien connu du NY Herald, Donald “Abe” Lincoln, et tout dérape. « Mon général, qu’avez-vous à dire sur la fraternité d’armes qui doit s’établir entre vos hommes et les Anglais et les Américains qui iront bientôt libérer la France ? »
Le Parisien répond d’une voix forte, la moustache frémissante : « Mon cher Monsieur, vous voudrez bien noter que nous ne souhaitons pas que vous veniez nous libérer. Nous voulons que vous nous aidiez à le faire. Et nous apprécions évidemment cette aide à sa juste valeur, soyez-en sûr. »
Des propos, on s’en doute, qui n’auront pas l’heur de plaire à tous – mais qu’à Alger on choisira pourtant de laisser passer sereinement. Après tout, faire parler de lui, c’est précisément ce qu’on attend du général Giraud – et la revanche après l’épisode du Guardian n’en est que plus douce…


5 juin 1943
Opération Phénix
Rencontre au sommet
Camp d’Evington Lane (Angleterre)
– S’il est un point commun (et quelque peu inattendu) entre le général Giraud et le lieutenant-général Patton, c’est bien l’amour de la France. Alors qu’ils déjeunent ensemble, le premier songe qu’il en serait encore plus heureux si son hôte – pourtant officier de renom et assurément très compétent – ne cultivait aussi et par-delà les arts militaires une excentricité des plus surprenantes pour un Saint-Cyrien. Ce Patton n’est certes pas un colon des plaines : issu d’une grande famille européenne, il prend grand plaisir à discourir longuement sur ses ancêtres. A l’entendre, il serait lié à George Washington (5) et au roi Edouard Ier, sans parler de plusieurs nobles gallois et même d’un certain Louis Dubois, huguenot, semble-t-il. Tout cela serait passionnant mais sans grandes conséquences si Patton n’affirmait pas croire dur comme fer à la réincarnation, et tirer ainsi profit des expériences multiples de sa famille ! A l’entendre parler de la guerre de Sécession, on pourrait même croire qu’il y a participé.
L’extravagance assumée de cet Américain met Giraud mal à l’aise… Mais devant la susceptibilité et la solide constitution du gaillard, il ne prendra pas le risque de dire qu’elle lui semble proche de cette folie si propre aux Britanniques.
– Vôs être certain de ne pas vouloir disputer un petit assaut au sabre, mon cher Giraud ? J’ai apprendre cet art chez vous, à Saumur ! De mon maître d’armes, the Adjutant Charles Cléry ! Grâce à lui, j’ai totalement transfôrmé l’enseignement de sabre at Fort Myers ! Pousser ! Pas trancher ! Là est le secret !
Le tout en joignant le geste à la parole, son couteau de table brandi, ce qui inquiète un peu le Français… Et en plus, son accent comme sa syntaxe sont épouvantables – même si Giraud reconnait volontiers à Patton qu’il fait un noble effort pour parler français, langue dans laquelle il possède un vocabulaire étendu… pour un cow-boy. Il préfère néanmoins passer.
– Merci, mon cher Patton, mais je crains de ne pas être un adversaire à votre taille. Ma seule véritable expérience à l’arme blanche date de ma charge à la baïonnette avec mes zouaves à Saint-Quentin, en 14. C’était une autre époque…
Il avait alors été laissé pour mort sur le champ de bataille, avant d’être fait prisonnier et – déjà – de s’échapper vers la Hollande.
– Oh, je comprendre. Dommage, cette période me manque un peu. D’ailleurs, savez-vous comment nous appellerions le Model 1913 Saber dans l’Army ? Le Patton Saber !
Et le gaillard de partir d’un rire franc qui achève de décontenancer Giraud, avant d’ajouter : « Enfin, aujourd’hui, les tanks, les tanks ! Il n’y a que ça de vrai (6). »
– Tout cela est fort intéressant, mon cher ami. Mais pour revenir à notre affaire actuelle, que pouvez-vous me dire de votre 3rd Army ? Comment voyez-vous la campagne à venir ?

Nous arrivons au nœud du problème. Car George Patton n’est pas Giraud – d’abord parce qu’il est moins surveillé que le Français, mais aussi parce qu’il ne s’est pas fait autant d’ennemis que lui à force d’arrogance et de mauvaise humeur. Malgré l’affaire de la Gifle et quelques autres frasques, Ol’ Blood and Guts reste très respecté de ses pairs. Il est donc parfaitement au courant de la nature illusoire (pour l’instant du moins) de sa 3rd Army et du 3e GAA. Un instant, il reste coi, à considérer son interlocuteur avec ce regard mi-surpris, mi-furieux, qu’il a quand quelque chose le contrarie. Puis il choisit de ne rien dire d’irréversible.
– Well, les troupes sont encore un peu vertes… sorry, bleues, comme vous dites. Mais les premiers résultats sont encourageants : j’ai deux corps d’infanterie, that’s cinq divisions total (7), ainsi que les 9th et 21th Airborne. Evidemment, ces deux divisions constitueront la première vague…
– Absolument pas ! Si, par la force des choses, vos paras vont effectivement atterrir en premier, il faut que nos forces mènent l’assaut. L’honneur de la France l’exige !

Giraud se lève – ils en étaient au café de toute façon. Il se dresse de toute sa taille et ajoute, avec bienveillance mais autorité : « Je propose que nous nous y mettions tout de suite, si cela ne vous fait rien. »
Evidemment, personne n’ira le contredire. Et le Français de quitter la salle la tête haute, sous le regard d’un Henri Navarre bien désabusé – même s’il ne le montre guère. En passant devant le Lt-colonel, Patton lui glisse : « Vous savez, ce que vous faites est… nasty. Vous avez bonnes raisons pour ça, mais mauvaises méthodes. Je ne participerai pas à cette… masquerade much longer. Considérez ceci. »
Navarre ne répond rien. Il a compris. Cet après-midi, il fera tout ce qu’il faut pour que Giraud n’ait plus envie de revenir mettre les pieds par ici !


8 juin 1943
Opération Phénix
Plein la vue
Camp de Little Waltham (Angleterre)
« Ce Patton est un individu curieux, Navarre. Indubitablement compétent, absolument pas idiot, mais curieux. A croire qu’il a tout fait pour me contrarier. Bon, au moins, l’intervention de la 3rd Army est calée dans les grandes lignes. Le reste suivra en conférence d’état-major. Les choses avancent. »
Henri Navarre acquiesce. Mais pas pour les mêmes raisons ! En effet, les choses avancent bien. Le sud de l’Angleterre s’est couvert d’installations factices : casernements non aménagés, avions-leurres, hangars et zones de bivouac destinés à rester vides. George Patton passe beaucoup de temps à les parcourir, toujours en compagnie de photographes de presse… Finalement, on n’a pas eu recours à des chars gonflables : les Britanniques – et notamment le lieutenant-colonel David Strangeways, en charge des modalités pratiques de Fortitude – n’y ont jamais cru, estimant que « cela ne passerait pas » pour la presse. Pour les Allemands, Navarre ne sait pas – par contre, Giraud, lui, n’a toujours rien vu. Et comme Amédée Blanc ne risque pas d’aller le détromper…


17 juin 1943
Opération Phénix
Volatile marin
Base de Scapa Flow (Ecosse)
– Au départ, c’était une idée du général Blanc – lequel ne croit plus à la participation de son armée à un débarquement que comme les parents font semblant de croire au Père Noël pour faire plaisir à leur progéniture. Il l’avait eue lors d’une conférence dont le sujet était – une fois de plus – la date de l’arrivée en Angleterre de la 2e DB du général Leclerc (pour ses hommes) et de Hauteclocque (pour Giraud), toujours en réserve sur le front italien.
– Elle va arriver, elle va arriver ! Certes, mais quand ? J’ai besoin d’une date pour planifier la suite ! C’est ma plus belle division ! clamait Giraud.
C’est aussi – mais il l’ignore toujours – la seule véritable grande unité française qu’il ait sous ses ordres. Hélas pour lui, on en a encore besoin en Italie pour laisser croire à un débarquement en Adriatique.
« Le général a trop de choses à l’esprit, il faut le faire changer d’air ! » avait alors glissé à Navarre le chef de la 3e Armée française, comme on suggère à une nourrice de sortir promener un enfant turbulent afin qu’il se dépense. Oui mais pour quoi faire ? Quelque chose d’éloigné, qui demanderait du temps et qui flatterait un peu l’égo considérable du Lion de Limnos. Quelque chose de français, quoi…
Et là, Henri Navarre avait eu l’idée d’une excursion sur le Richelieu – l’orgueil de la flotte et de la France combattante était en Angleterre, de passage après avoir été se refaire une beauté aux Etats-Unis. Ça ne dérangeait pas les Anglais, Giraud avait sauté de joie, l’amirauté voyait cela comme une visite qui aiderait à maintenir le moral de l’équipage de ce navire glorieux, mais qui n’avait pas beaucoup combattu depuis trois ans… et qui allait bientôt descendre en Méditerranée pour préparer le débarquement – le vrai celui-là !
Ainsi fut fait. A 11 heures, une vedette s’accole à l’échelle de coupée et trois coups de sifflet retentissent alors que l’orchestre du bord joue la Marseillaise. Giraud, en grand uniforme et gants blancs, escalade l’échelle, salue le contre-amiral Ronarc’h – lui aussi dans ses plus beaux habits, pour une émouvante cérémonie évidemment filmée par toutes les caméras alliées. Giraud sur le Richelieu en Ecosse – quelle meilleure preuve que le débarquement allié aura lieu au nord ?
Les marins ont toujours apprécié les visiteurs – ils leurs permettent de montrer à quel point leurs navires sont bien entretenus. Aussi, après une inspection des plus poussées du bâtiment, le Lion de Limnos prend une nouvelle fois la parole devant les journalistes pour une déclaration préparée… mais dont il va un peu modifier la conclusion.
« Marins de France, Officiers de France ! Moi, général Giraud, vétéran de l’autre guerre, prisonnier évadé, vainqueur des Allemands en Grèce, commandant aujourd’hui la 3e Armée française et défenseur infatigable de notre grand pays, je ne saurai vous exprimer assez fort la joie qui est la mienne de voir aujourd’hui en votre magnifique navire le symbole de la France régénérée. Celle qui s’est relevée malgré la défaite et saura demain retrouver sa place au firmament, rassemblée autour des vraies valeurs qui ont fait son identité et son histoire. La défense de la Patrie. Le goût de l’Effort. L’amour de la Famille. Autant de qualités partagées entre l’Armée et la Marine, entre ma personne et celle de votre chef, le glorieux amiral Darlan ! Vive la République, vive la France, et un seul but : la Victoire ! »
C’est inattendu et pourtant cela ne surprend pas Navarre – toujours traditionnaliste et apparemment persuadé que ses faits d’armes lui ouvrent un destin politique, son protégé multiple une fois encore les sorties polémiques. Celle-ci agacera assurément Alger, au moins autant qu’elles amuseront les Anglais.
Evidemment, le Lt-colonel a raison. Contacté directement par la présidence du Conseil, François Darlan jurera ses grands dieux qu’il n’a aucun lien particulier avec Giraud et ignore tout d’éventuels projets. L’affaire en restera donc là de son côté, ses services étant de toute façon requis pour Dragon.
Peut-on croire à une cabale dans les forces armées françaises destinée à « imposer un virage réactionnaire à la Nation en profitant de la Victoire des Armes » (selon certains) ou carrément à « suspendre la démocratie en profitant des aménagements constitutionnels de 1941 pour mettre en place un régime autoritaire à la place d’un De Gaulle jugé trop conciliant avec les communistes » (pour d’autres) ? La chose reste encore un sujet de polémique pour l’historien étudiant la biographie de Giraud. Ceci étant, un point fait consensus : la déclaration du chef de la fantomatique 3e Armée à Scapa Flow n’a vraisemblablement pas servi la cause qu’elle semblait défendre. Mais quoi qu’il en soit, les services secrets de la République – un peu débordés, c’est vrai, par l’ampleur de la tâche qui leur incombait dans le cadre du conflit mondial – maintiendront désormais jusqu’à la capitulation allemande une veille discrète mais vigilante sur certaines personnalités parmi les plus en vue au sein des forces armées.
De leur côté, les Allemands n’iront pas aussi loin dans la réflexion : si les Français fanfaronnent, c’est sans importance, s’ils se déchirent c’est tant mieux ! Quant au mot de la fin, il revient à Churchill, qui déclarera lors d’une session secrète de son cabinet, à propos de Fortitude : « Nous pensions tous que Giraud était l’homme parfait pour ce travail, et que son arrivée ferait des étincelles. Je dois dire qu’à tout point de vue, il nous aura donné magnifiquement raison ! »


Notes
1- Construit en 1931 par Sir Robert McAlpine, le Dorchester a été parmi les premiers bâtiments de Londres en béton armé.
2- Le général aime à se voir affublé de ce titre, inventé par un journaliste d’Alger et qui lui plaît autant que celui de “Renard des Balkans” plaît à Erwin Rommel.
3- La question fit l’objet de discussions assez vives entre les gouvernements français et britannique, où l’on se plaignit fut une fois de plus du manque de transparence entre alliés, et (à mots couverts…) d’une tendance historique à la perfidie de la part d’Albion… Aujourd’hui encore, nous n’avons pas d’explication certaine – la plus probable étant sans doute à chercher dans le fait que certains, à Londres (y compris dans l’entourage de Churchill) s’inquiétaient toujours discrètement d’une tendance dictatoriale du nouveau président du Conseil et désiraient tester – aux dépens d’autrui, cela va sans dire – la capacité du Général à admettre les critiques. Après tout, alors que Churchill devait toujours garder son estime et sa confiance au “Connétable”, il avait un jour lâché : « De Gaulle se prend pour Clemenceau, mais c’est juste parce qu’il a renoncé à Jeanne d’Arc ! »
4- Rappelons que Giraud est l’un des rares à pouvoir regarder De Gaulle de haut quand tous deux sont debout…
5- Plus précisément à l’arrière-grand père du premier président des Etats-Unis. Le premier Patton américain, Robert Patton, avait émigré en Virginie en 1769 – ses descendants ne tarderont pas à rejoindre l’armée de la jeune république américaine, inaugurant ainsi une longue tradition familiale. Ainsi, durant la guerre de Sécession, le grand-père du général avait commandé le 22e Régiment d’Infanterie avant de tomber à la 3e bataille de Winchester, tandis que son grand-oncle avait déjà péri lors de la charge de Pickett à Gettysburg.
6- Dès 1917, alors qu’il s’ennuyait à son poste d’assistant personnel auprès du général Pershing, Patton fut le premier responsable américain à s’intéresser de près aux blindés, et notamment aux FT-17. Il devint ainsi naturellement le premier directeur de l’école de chars légers du corps expéditionnaire et, étant le seul responsable à savoir piloter ces engins, conduisit en personne les premiers livrés pour les faire descendre du train ! Il devait ultérieurement commander au feu, à Saint-Mihiel, la 1ère Brigade de Chars de l’armée américaine, marchant déjà en avant de ses hommes…
7- Les 11th DI-US, 48th DI-US et 25th DB-US (pour le XXIIIrd Corps) et les 17th DI-US et 59th DI-US (pour le XXXVIIth Corps). Toutes fictives, à ce moment du moins…

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Archibald



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MessagePosté le: Lun Aoû 24, 2020 12:48    Sujet du message: Répondre en citant

Des ambitions politiques pour Giraud ? Mais ou donc les auteurs ont ils été chercher une telle chose ? Rolling Eyes Laughing Laughing

C'est vraiment plaisant a lire. Y a un risque tout de même dans cette histoire: que Giraud ne meure d'une indigestion carabinée.

...

De couleuvres.
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)


Dernière édition par Archibald le Lun Aoû 24, 2020 13:50; édité 1 fois
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Etienne



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MessagePosté le: Lun Aoû 24, 2020 13:25    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Navarre vient avec de bonnes nouvelles : la 3e Groupe d’Armées Alliées est enfin constitué


Citation:
Entre inspection de bases en cours d’installation (et qui le resterons encore très longtemps)

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DMZ



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MessagePosté le: Lun Aoû 24, 2020 22:21    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
tandis que Clark fait du rien en Italie

Tournure vieillie ?

Citation:
En attendant bien sûr, la 2e DB du général Leclerc (pour ses hommes) ou de Hauteclocque (pour Giraud) – elle devrait bien finir par arriver d’Italie un jour…


Citation:
la date de l’arrivée en Angleterre de la 2e DB du général Leclerc (pour ses hommes) et de Hauteclocque (pour Giraud), toujours en réserve sur le front italien.

Doublon voulu ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Aoû 24, 2020 23:10    Sujet du message: Répondre en citant

Du rien : je dirais plutôt tournure familière.

Répétition : c'est ma faute ! Bégaiement cérébral…
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 10:10    Sujet du message: Répondre en citant

24 juin 1943
Opération Phénix
Oiseau d’orage
Ministère des Affaires étrangères suédois (Stockholm)
– Avec toute la raideur que son mandat – ainsi que le cours de la guerre – lui autorise, Son Excellence Victor Mallet, ambassadeur du Royaume-Uni en Suède, remet une note aussi courtoise qu’autoritaire aux services de Christian Ernst Günther, ministre des Affaires étrangères du royaume. Articulée en trois points et signée par Anthony Eden en personne, cette note prolonge la liste (pourtant déjà longue…) des requêtes pendantes des alliés auprès du royaume de Suède en « suggérant » (ou plutôt en exigeant) que soient accordés aux Nations Unies :
1. Le droit pour leurs appareils de combat de survoler le territoire suédois dans le cadre d’opérations de guerre ;
2. Le droit pour ces appareils de se poser et de ravitailler sur des aérodromes suédois après les opérations en question ;
3. La permission pour les pays alliés (Royaume-Uni, France et Etats-Unis) de dépêcher sur le territoire du royaume de Suède une mission d’expertise militaire destinée à étudier les possibilités de transférer du ravitaillement vers la Norvège, si d’aventure cette dernière n’était plus occupée.

En somme, Londres demande à Stockholm le droit d’utiliser le territoire suédois dans le cadre d’une reconquête de la Norvège (visiblement envisagée grâce à une opération amphibie) ! Cela, bien sûr, sans présumer d’autres opérations plus au sud…


25 juin 1943
Opération Phénix
Oiseau d’orage
Siège du gouvernement suédois (Stockholm)
– Le ministre des Affaires étrangères suédois, Christian Günther, continue à privilégier – au contraire de son prédécesseur Rickard Johannes Sandler, bien plus idéaliste – une stricte RealPolitik issue directement de celle du gouvernement d’union nationale mis en place après la Guerre d’Hiver. Peu enclin à prêter le flanc à la moindre critique de Berlin, il écarte les « suggestions » alliées soumises la veille d’un revers de main vexé – et avec la bénédiction de son premier ministre Per Albin Hansson. Cette réponse ne sera pas satisfaisante…


26 juin 1943
Opération Phénix
Oiseau d’orage
Stockholm
– S.E. Mallet, ambassadeur de Sa Majesté George VI, est rappelé à Londres. Entre le Royaume-Uni et la Suède commence une grave crise diplomatique. Cette action – d’une brutalité inattendue pour qui connait la finesse dont les diplomates britanniques savent faire preuve – n’a cependant rien d’un esclandre improvisé. Elle fait tout simplement partie d’un plan plus large, dont elle constitue le fracassant coup d’envoi : Skye, le volet nord de Cascade, destiné à persuader les Allemands que la Norvège reste un objectif éventuel pour le débarquement d’une 4th Army britannique aussi fictive que bruyante. Chacun le sait, la mer du Nord reste une obsession pour Hitler, surtout depuis qu’il a lu l’essai de l’amiral Wolfgang Wegener faisant directement le lien entre la défaite allemande de 1918 et l’incapacité de la Hochseeflotte à sortir de la Baltique… A cette date, pourtant, le Reich n’a plus guère de flotte de combat – mais le Chef à ses raisons que la raison ignore.
L’OKW, dûment informé de la crise en cours (1), estimera rapidement que ces pressions sont la première partie d’un plan destiné à descendre vers le Danemark et la Baltique, après avoir libéré la Norvège, dans une espèce d’opération Weserübung inversée … mais qui pourrait à terme menacer directement Berlin. Evidemment, il n’en est pas question – mais les Alliés ne feront rien pour les détromper, multipliant durant tout l’été des reconnaissances ostensibles sur Stavanger et Narvik, en coopération avec les VVS et les forces de la Flotte du Nord. Au summum d’une hystérie sans cesse croissante, on évoquera même à Berlin le débarquement de six divisions américaines au sud et d’une force soviéto-britannique au nord, pour prendre en tenaille l’armée d’occupation et l’anéantir !
C’est grotesque bien sûr – mais la Luftwaffe a bien du mal à survoler l’Ecosse pour vérifier l’existence de la 4th Army… Et en l’absence de reconnaissances, le trafic radio généré avec application par les hommes du brigadier Richard Barker, ainsi que le bal des espions et autres agents doubles (2) permettra une quasi-matérialisation de cette fameuse armée, placée sous les ordres de Sir Andrew Thorne – qui ne commandera pourtant jamais qu’une seule unité (la 52th ID) depuis son château d’Edimbourg. De plus, la Navy créera pour l’occasion deux forces d’assaut, baptisés W et V, dont les 35 navires déclassés manœuvreront beaucoup dans le Firth of Forth sous l’œil de Junkers 86 que l’on se gardera bien d’intercepter…
De son côté, la République française adjoindra à la 4th Army un corps français, le 15e CA, lequel ne connaîtra jamais qu’une existence purement théorique dans le cadre d’Harfang – la participation française à Skye. Pour ce faire, Alger n’hésitera pas à mettre à disposition de Thorne quelques officiers vétérans du corps expéditionnaire de Narvik, bien dépités d’apprendre sitôt leur arrivée qu’ils ne serviront jamais que d’épouvantails, sous le sceau du secret le plus absolu. Mais l’amertume ultime sera du côté de la Norwegian Independent Company 1 ou Kompani Linge (en l’honneur de son premier commandant, le capitaine Martin Linge, tué en 1941 lors d’un raid de commandos). Théoriquement rattachée à la force censée libérer Narvik, elle multiplie depuis deux ans les opérations spéciales sur les côtes de la mer du Nord et jusqu’à Oslo, sans jamais pouvoir espérer rester au pays – et ce n’est, hélas pour ses membres, pas près de changer.


27 juin 1943
Opération Phénix
Rapace nocturne
Château d’Edimbourg (Ecosse)
– Coïncidence ou pas – trois jours après le début des émissions radio relatives à Skye/Harfang, un Bf 110 en maraude mitraille en pleine nuit la salle des transmissions de la prétendue 4th British Army. Assez pour convaincre Barker qu’il joue décidément bien la comédie – heureusement, on ne déplorera pas de dommages…


3 juillet 1943
Opération Phénix
Patton s’y met aussi
Knutsford (Angleterre)
– Nouvelle tournée de mondanités pour George Patton, cette fois dans le Cheshire East, pas très loin de son quartier général fantôme. Une fois de plus, le viril général américain se retrouve très loin des champs de bataille pour jouer les visiteurs de luxe auprès d’une assistance aussi enthousiaste qu’âgée.
Seul sur l’estrade, Ol’ Blood and Guts se lance dans une déclaration improvisée et sort largement de son champ de compétence. Ainsi, évoquant avec emphase le futur du monde après la fin du conflit, il annonce : « Puisque c’est la destinée manifeste des Britanniques, des Américains, des Français… et des Russes, bien sûr, de dominer le monde, le mieux est d’apprendre à nous connaitre le plus vite et le mieux possible pour faire le meilleur travail. »
Cette formulation qui paraît établir, de façon plutôt inélégante, une graduation dans les grandes puissances luttant contre l’Axe, sera très médiocrement appréciée à Moscou, où l’on feint de s’offusquer de la moindre « provocation » américaine. L’affaire n’aurait sans doute pas été aussi loin si, sous prétexte de gagner en lignage, un certain nombre de journalistes n’avaient jugé bon de supprimer la mention de l’URSS… Quoiqu’il en soit, c’est une publicité de plus pour Fortitude – mais une de celle dont on se serait bien passé !


4 juillet 1943
Opération Phénix
Mise au point
QG de la 3rd US Army (Leicester)
« Non Ike, franchement écoutez, sur ce coup-là je n’y suis pour rien ! J’ai juste voulu faire plaisir à des vieilles Ladys ! J’ai même fait attention de citer d’abord les Anglais, alors que vous savez que je n’aime pas leur côté Vieille Angleterre et Armée des Indes ! On me cherche des poux dans la tête pour me nuire, voilà tout ! » A l’autre bout du fil, Eisenhower – qui a pris personnellement les choses en main pour régler cette pénible affaire – ne trouve pas grand-chose à répondre. D’abord parce qu’il prévoit toujours de récupérer Ol’ Blood and Guts pour la prochaine campagne en France (la vraie, celle d’Overlord). Ensuite, parce qu’il a d’autres soucis, plus urgents.
Le problème, comme souvent avec Patton, c’est que le politique s’en est mêlé. L’affaire serait même remontée jusqu’à Cordell Hull, après que les Soviétiques aient signifié « s’être sentis insultés par les propos du général Patton » – le tout par la voix de Molotov en personne ! Fichus journaleux. La censure les prive d’os à ronger, alors ils inventent des problèmes tout seuls ! A moins, bien sûr, qu’il n’y ait d’autres mains à l’œuvre dans l’ombre …
Le patron du SHAFE est donc, une fois encore, contraint de faire preuve d’autorité envers son encombrant subordonné. Mais avec bienveillance. « Ecoutez-moi, George. Je vais laisser passer l’orage – après tout, les Russes ont bien d’autres chats à fouetter en ce moment. Ils veulent sûrement plus de camions pour leurs opérations en Ukraine, voilà tout. Mais je ne veux plus la moindre bêtise ! Enfin, nom de Dieu ! A force de trainer avec ce Giraud, il vous a contaminé ou quoi ? Plus un mot sans mon accord, compris ? »
Parfaitement compris. Patton sait que son retour au front – le vrai, cette fois-ci – dépend tout autant de la réussite de Dragon et de Fortitude que la survie de certaines de ses relations haut placées. Il se tiendra donc particulièrement tranquille jusqu’à l’automne.


14 juillet 1943
Opération Phénix
Dérapage incontrôlé
Ambassade de France à Londres
– Pour la fête nationale, la République a fait les choses en grand. A un défilé des rares éléments réels de la 3e Armée française (l’armée fantôme, comme certains initiés se plaisent à l’appeler discrètement), abondamment renforcés de soldats de la 3rd Army US, succède une réception d’invités de marque – essentiellement des membres du gotha de la République exilés (mais plus pour longtemps !) en Perfide Albion.L’orchestre joue (des classiques tricolores évidemment), les bavardages vont bon train et les verres s’entrechoquent ; de plus, diverses prises de parole sont prévues dans le vieux bâtiment à l’italienne, où tout ce monde est bien à l’étroit.
Toutes ces mondanités font bien sûr le plus grand plaisir au général Giraud. Celui-ci est tout sourire – il a enfin obtenu l’assurance que de la 2e DB de Hautecloque arriverait en Angleterre « avant la fin de l’été ». Et il trouve ici une fois encore l’occasion d’exprimer son considérable égo sous l’égide de Son Excellence Vincent Auriol, Haut-Commissaire de la République au Royaume-Uni et fin politique, qui a reçu d’Alger des instructions très spéciales à son sujet… Le tout sous le regard blasé du Lt-colonel Henri Navarre, lequel semble se dire que, décidément, il n’est pas pire aveugle que celui qui souhaite ne rien voir. Le verre de champagne à la main, en grand uniforme, bardé de décorations et la moustache pointant de façon martiale, le Lion de Limnos semble bien hypnotisé par les flammes de Phénix…
Très à l’aise, le général se laisse aller à quelques confidences choisies. A Amédée Blanc, qui considère son verre, il lance : « Cette histoire d’unité qui n’arrive pas se résoudra très vite. Je vais trouver les appuis qu’il faut – alors ne faites pas cette tête, cher ami ! Haut les cœurs ! » Un peu plus loin, il glisse à un groupe d’invités issus de l’aristocratie locale, qui devisent sur l’uniforme des tirailleurs coloniaux ayant défilé sous leurs yeux : « Hé oui, chers amis ! La Coloniale unit les races et les religions, bien davantage que toute autre institution ! Ce que la République a fait durant les jours terrible de 40, nous le faisions déjà avec nos propres méthodes. Dans l’armée, les musulmans sont des soldats comme les autres ! Ils pratiquent simplement une religion différente de celles de leurs voisins. Comme quoi l’indigénat n’était pas si discriminatoire. »
Jusqu’ici, le général n’a encore exprimé que des opinions issues de son expérience personnelle et qui n’engagent que lui. Tout comme lorsqu’il ironise sur le fait que le premier discours de président du Conseil de De Gaulle a aussi été « sans doute le premier discours démocratique de sa vie. Non pas que je le lui reproche ! Je n’aurais pas fait mieux moi-même ! Mais moi, je n’aurais pas été jusqu’à oser changer la constitution – un gouvernement provisoire en attendant que la Nation retrouve la maîtrise de sa destinée aurait peut-être été préférable. Mais bon, je suis le Serviteur du peuple, pas son Chef ! Même s’il faudra bien un jour qu’on s’interroge sur cet esprit de jouissance et de paresse qui nous a mené dans la situation où nous nous trouvons encore ! »
Par contre, Giraud sort vraiment de la route quand un invité un peu plus énergique que les autres (le Brandy est excellent…) propose haut et fort de porter un toast à la mort de Pierre Pucheu, ministre du prétendu gouvernement du prétendu Nouvel Etat Français (et récemment abattu dans des circonstances on ne peut plus troubles) avant de doubler ce toast par un autre, dédié à l’exécution prochaine des autres membres de cette lamentable équipe.
Même si, évidemment, personne dans l’assistance ne regrettera le sort du félon, Giraud fera ici une fois encore preuve de… particularisme en réprimandant bruyamment le fêtard. « Mon petit monsieur, dans les heures qui nous accablent, l’heure n’est pas à épurer, mais à unir. Pucheu s’était gravement compromis, soit ! Mais qui peut dire si, demain, il ne se trouvera pas des individus semblables pour revenir de leurs erreurs et aider nos troupes à libérer la France ! Peut-être même que certains mériteraient la grâce ? Qu’en savez-vous, bien à l’abri de ce côté de la Manche ! La Justice, mon cher ami, sera faite par les procès qui se tiendront plus tard. Rappelez-vous tout à l’heure. La foule chantait la Marseillaise – et j’en fus heureux ! Pareil pour les « Vive la France ! » et les « Vive De Gaulle ! », j’en étais ravi. Mais si on avait crié « Mort à Untel ou à Tel autre ! » je n’aurais pas pu escamoter le fait que demain, vous et moi pourrions bien être de ceux à qui d’aucuns, y compris dans les rangs du gouvernement actuel, promettront l’échafaud. C’est pourquoi je ne m’associe pas à votre toast, je ne l’approuve pas et franchement, je ne l’admets pas ! »
On s’en doute, la tirade jette un froid dans l’assistance – même si le propos de Giraud est évidemment de défendre, non la mémoire du médiocre Pierre Pucheu, mais plutôt une certaine conception de la Justice. Laquelle, sans être dénuée de sens, révèle tout de même un curieux manque de sens politique pour qui prétend (discrètement) diriger un jour le pays. Quoiqu’il en soit, l’incident sera rapporté à Alger et abondamment commenté les jours suivants, sans étonner grand-monde…


21 juillet 1943
Opération Phénix
Oiseau de toutes les couleurs
Ministère des Affaires étrangères suédois (Stockholm)
– Après plusieurs semaines de crispations et d’échanges plus ou moins acides, les relations entre le Royaume-Uni et le royaume de Suède montrent enfin de légers signes d’apaisement. Ainsi, Son Excellence Victor Mallet daigne enfin retourner en Suède pour y mener des négociations aussi âpres que pénibles sur les suites à donner aux exigences alliées.
En réalité, l’ambassadeur a pour instruction de faire traîner ces discussions le plus longtemps possible. Il y parviendra à merveille, tout en fournissant “par accident” de nombreuses informations aux services de renseignement de Stockholm, dont certains membres ont pourtant des sympathies bien connues outre-Baltique… La comédie durera finalement jusqu’au lancement de l’opération Dragon.
Pendant cet intermède, Londres se vengera aussi un peu de trois ans de politique suédoise nettement trop complaisante avec le Reich en faisant courir de nombreuses rumeurs sur le sort que les Alliés pourraient réserver, après la guerre, aux neutres ayant commercé avec Berlin. Celle-ci aggraveront encore l’inquiétude dans le royaume, faisant s’effondrer la bourse de Stockholm. Finalement, en septembre 1943, le gouvernement suédois ira jusqu’à envisager de demander d’être soumis à embargo par les Alliés pour pouvoir justifier auprès des Allemands une interruption de son commerce – mais les choses n’iront pas jusque-là. Il ne faudrait pas risquer de remettre en cause l’équilibre fragile mis en place dans le Grand Nord avec la coopération des Finlandais…
Le 1er janvier 1944, pour prix de ses efforts, Mallet deviendra Sir Victor. Et la chimère d’un débarquement en Norvège agitera jusqu’au bout l’esprit d’Hitler.


25 juillet 1943
Opération Phénix
Politesses
Camp de Cockfosters Cage (Trent Park, Royaume-Uni)
– Le général Hans Cramer, ancien chef du 8. PanzerRegiment (15. Panzer) au sein du Skandenberg Korps, n’a vraiment pas de chance… D’abord, parce que cela fait presque un an déjà qu’il végète dans ce maudit manoir anglais, après avoir été capturé, grièvement blessé, durant les rudes combats du Péloponnèse. Ensuite, parce que son asthme s’aggrave rapidement sous l’affreux climat britannique, si humide pour ce Rhénan.
Pourtant, les conditions de détention ne sont vraiment pas mauvaises, car cette prison pour généraux et officiers supérieurs a tout de la cage dorée : repas spécialement cuisinés, whisky à la demande, promenades libres dans le parc… Les gardes eux-mêmes rivalisent d’amabilité à l’égard de leurs hôtes, qui bénéficient de toutes sortes de petites attentions… qui permettront peut-être aux délégués du MI19 de gagner petit à petit la confiance des prisonniers et ainsi d’encourager leurs confidences (3).
Mais tout cela ne marche pas avec Cramer, non : c’est un officier de tradition et un soldat de métier, qui sait se taire. Toutefois, cela n’arrange nullement son état, lequel commence même à causer de vives inquiétudes aux médecins du camp – donc à leur patient !
Heureusement, même en temps de guerre, on peut se permettre d’être courtois. C’est pourquoi l’officier particulièrement affecté à sa surveillance lui annonce aujourd’hui deux excellentes nouvelles au général. La première : il va bientôt être rapatrié dans son pays pour raisons médicales, sous les auspices de la Croix-Rouge suédoise (dont le gouvernement donne en ce moment quelques signes de fébrilité, mais c’est une autre question). La seconde : avant de quitter le Royaume-Uni, il est l’invité personnel du général Patton, qui souhaite échanger en civilité avec un officier qui, de son point de vue, est avant tout un homme du métier comme lui.
Evidemment, Cramer voit tout à coup son avenir s’éclairer ! Et même s’il y met bien sûr les formes, il ne se fait pas trop prier pour accepter la double invitation. Peu après, une voiture arrive, pour le conduire directement au QG de la 3rd Army US. En chemin, le général a tout loisir d’observer avec attention les concentrations de troupes, les convois de chars, les alignements d’avions et autres empilements de caisses. Il l’ignore, mais il fait le tour des différents camps de Fortitude, qui s’activent tout spécialement pour lui. En vérité, il va même le faire plusieurs fois ! Sa voiture enchaîne les détours et les boucles pour multiplier (en apparence) les effectifs des troupes vues sous différents angles, alors que la totalité des panneaux indicateurs et autres points de repère (jusqu’aux noms des localités !) ont opportunément disparu du paysage…
………
Camp d’Evington Lane (Angleterre) – Arrivé à destination, le général Cramer est reçu avec les honneurs martiaux par Patton et plusieurs de ses principaux généraux. Ol’ Blood and Guts va pouvoir discuter sabres et assauts avec cet ancien cavalier – même s’il se doute qu’il sera difficile de parler chars… La soirée se passe très courtoisement, animées d’anecdotes du précédent conflit – lesquels ne portent guère à conséquence, depuis 1914, les choses ont bien changé, n’est-ce pas ? L’ambiance aidant, les maladresses de ces amateurs d’Américains se multiplient – toutes évoquant le Pas-de-Calais, une région de France si charmante qu’on espère bien pouvoir y retourner très vite. Le tout est bien entendu noté avec soin par un Hans Cramer qui se croit beaucoup plus malin qu’il ne l’est…
Quand le général rentrera en Allemagne, son premier geste sera de demander à parler à Hitler en personne, pour lui raconter ce qu’il a vu et entendu. Le Führer y verra confirmation de ses certitudes – de même que l’OKW, qui en déduira que toute cette histoire de Norvège n’est qu’une diversion de plus pour le débarquement, qui aura évidemment lieu dans le Pas-de-Calais…


Notes
1- Il n’existe à ce jour aucune preuve que le royaume de Suède ait formellement transmis la demande alliée au Reich. Cependant, tandis que cette nation maintenait un commerce des plus fructueux avec l’Axe (faute de concurrence…) et vivait dans la peur bien compréhensible d’une invasion soviétique – que la résolution peut-être provisoire du problème finlandais n’avait que très imparfaitement dissipée – il se trouvait dans le gouvernement suédois plusieurs personnalités pour estimer que « la culture germanique triompherait à terme de la barbarie nazie » après « une nouvelle guerre de domination européenne des plus traditionnelles ». Dans ce contexte, l’éventualité d’une victoire de l’Axe sur le monstre soviétique ne semblait pas des plus alarmantes – et Christian Günther était réputé faire partie des plus conservateurs des ministres du royaume.
2- Notamment deux agents de l’Abwehr capturés en Ecosse en 1941 et retournés depuis.
3- C’est ainsi que l’existence du centre de Peenemünde fut découverte des Alliés grâce à un bavardage du général von Thoma, en captivité dans ce camp.


Dernière édition par Casus Frankie le Mer Aoû 26, 2020 09:32; édité 1 fois
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 11:53    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Elle fait tout simplement partie d’un plan plus large, dont elle constitue le fracassant coup d’envoi : Skye, le volet nord de Cascade, destiné à persuader les Allemands que la Norvège reste un objectif éventuel pour le débarquement d’une 4th Army britannique aussi fictive que bruyante.

Sing me a song of a lass that is gone
Say, could that lass be I?
Merry of soul she sailed on a day
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solarien



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 16:39    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
il n’est pas pire aveugle que celui qui souhaite ne rien voir


Autant si Giraud est aveugle mais aveuglé par son propre pays donc plus comprehensible.
Autant pour les allemands, c'est une faute grave de la part de leur service de renseignement et des responsables militaires.
D'un autre coté, dans une société raciale ou l'allemand est le surhomme, on ne peux imaginer être manipuler ou influencer par des sous-hommes mais si ils sont des cousins (les britanniques).

J'espère juste que Giraud va avoir la possibilité de commander une vrai armée lors du débarquement en Normandie parce que se serait dommage de se priver d'un bon chef militaire, et qu'il fait un peu pitié.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

On rappellera ici que la quasi-totalité des "sorties" de Giraud, bien qu'évidemment transposées dans le contexte FTL, sont d'origine !
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
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patzekiller



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 17:15    Sujet du message: Répondre en citant

solarien a écrit:

J'espère juste que Giraud va avoir la possibilité de commander une vrai armée lors du débarquement en Normandie parce que se serait dommage de se priver d'un bon chef militaire, et qu'il fait un peu pitié.


un poste dans un état major quelconque, aprés tout il reste officiellement le supérieur de leclerc
le maréchalat pour la forme après le conflit...
je verrai bien des mémoires dans lesquelles il explique qu'il n'a jamais été dupe, qu'il a (sur)joué le jeu à fond dés le départ et qu'en dépit de la mise au placard putative, aucun sacrifice n'était trop grand pour la France

j'ai bon?
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Dernière édition par patzekiller le Mar Aoû 25, 2020 17:16; édité 1 fois
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 17:16    Sujet du message: Répondre en citant

Wait and see ... Wink Wink Wink Wink Wink Wink

EDIT : je pense que demain, y en a qui vont Rigoler ... Archibald, je t'attend au tournant ! Laughing
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Imberator



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 17:21    Sujet du message: Répondre en citant

Je me pose la question de la pertinence de lui confier plus tard un réel commandement opérationnel. S'il s'est si totalement fait "enfumé" par son propre camp alors que les informations étaient à sa portée, ne risquerait-il pas sur le terrain de se faire leurrer dangereusement un peu trop facilement par l'ennemi ?
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Tyler



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 17:31    Sujet du message: Répondre en citant

Représentant français à l'état-major d'Ike ?
C'est un placard assez prestigieux pour se faire pardonner de l'avoir ainsi pris pour un.... imbécile? Very Happy
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 20:47    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Wait and see ... Wink Wink Wink Wink Wink Wink

EDIT : je pense que demain, y en a qui vont Rigoler ... Archibald, je t'attend au tournant ! Laughing


Pourquoi ? Giraud se réveille dans le corps de Gamelin ?

NOOOOOOOOOOOON !!
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

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Archibald



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MessagePosté le: Mar Aoû 25, 2020 20:53    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
On rappellera ici que la quasi-totalité des "sorties" de Giraud, bien qu'évidemment transposées dans le contexte FTL, sont d'origine !


Fallait le faire quand même, car la situation en ce cas est 100% différente d'OTL.

Il avait donc des ambitions politiques, le Giraud ?

J'avais toujours cru que c'était le résultat des circonstances, OTL, de 1942-43... 1940, la république désintégrée, Vichy, tout ça...
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