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Août-Septembre 1943 - Souvorov Koutousov Roumantsiev
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Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 3910
Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.

MessagePosté le: Dim Déc 13, 2020 08:20    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Si ce n'était pas fin, on basculerait dans de la mauvaise fan-fiction. Le niveau général ici-bas est tout de même supérieur ...

Je salue l'effort.
_________________
Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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FREGATON



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Messages: 2071
Localisation: La Baule

MessagePosté le: Dim Déc 13, 2020 10:39    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:

Citation:
Le T-34 n'obéit à aucun schéma prédéfini de réflexion ni aucun horaire d'offensive. C'est l'essence du chaos.


Depuis on a fait des progrès...

https://www.youtube.com/watch?v=Qd3zy5ReYu0&feature=youtu.be
Encore une chti't biniouse? Ivrogne
_________________
La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 4695
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Dim Déc 13, 2020 12:13    Sujet du message: Répondre en citant

Oh si on peut plus rajouter une bêtise discrète (et crédible la preuve !) Toutes les 175 pages ... effectivement l URSS a fait des progrès en matière de stabilisation depuis ...
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 11436
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 00:41    Sujet du message: Répondre en citant

30 septembre
Opérations Koutousov et Roumiantsev
Koutousov – La peau du renard
Secteur de Berezne
– Si le temps paraît s’améliorer plus au sud, la région reste à la limite d’une dépression qui n’en finit pas de l’inonder. Mais ce n’est pas cela qui va arrêter Vatoutine et ses armées dans leur marche vers l’ouest. Prenant acte du fait que le 5e Corps Blindé de la Garde n’est pas à même de tenir seul le terrain, le chef du 3e Front Ukrainien ordonne au 2e Corps de Cavalerie de la Garde de le soutenir dans une nouvelle tentative vers Antonivka, face à la 36. PanzerGrenadier. Si Dimitri Lelioushenko parvenait à atteindre ce carrefour situé une dizaine de kilomètres seulement en arrière du front, il menacerait alors d’enveloppement à la fois Berezne et la quasi-totalité du XLIV. AK. Ce dernier devrait donc se replier vers le nord, perdant sa liaison avec le LV. AK et libérant ainsi les deux corps blindés qui luttent au même moment contre lui plus au sud-est – en un moment, cela ouvrirait toutes les vannes du barrage.
Oui, mais… c’est plus facile à dire qu’à faire. Et quand bien même l’Armée Rouge affecte toujours de mépriser la fatigue de ses hommes, il faut malheureusement en tenir compte. Le général Belov, qui commande la 61e Armée (3e Front Biélorusse), ne déclarait-il pas encore récemment à Vassili Grossman : « Lors d’un combat ou d’une opération dans son ensemble, il y a un moment où l’on doit se demander : faut-il se jeter en avant ? Lancer toutes les réserves ? Ou au contraire s’arrêter ? Chez nous, on aime parfois à donner comme ordre unique : “En avant ! En avant !” Il doit y avoir une pause opérationnelle. En cinq jours à peu près, toutes les réserves s’épuisent, les arrières prennent du retard et les soldats sont à ce point fatigués qu’ils ne sont pas en état de remplir leur mission. Ils s’effondrent dans la boue et dorment. Sur la route d’Olvesk, j’ai vu un artilleur qui dormait à deux pas d’un canon en train de tirer. J’ai même marché sur un soldat endormi, il ne s’est pas réveillé. »
De fortes paroles, pleines de bon sens – grâce à elles, les troupes de Malinovski en ont fini avec Koutousov. Mais ce n’est pas le cas pour le 3e Front Ukrainien, et les formations blindées à l’est de Kostopil passeront encore une journée à ferrailler en vain dans les bois entre Rokytne et Vil’khivka contre les Panzer III de Gollnick, sans déboucher nulle part, et en perdant un certain nombre d’engins dans des embuscades tendues par les canons automoteurs si plats du Major Herbert Sichelschmidt, parfaitement à leur aise dans cette guerre d’usure…
Du côté de la 37e Armée, ce n’est guère mieux – même si elle n’a pas de trop gros problèmes d’infanterie. Vasily Chuikov continue de pousser envers et contre tout face aux forces combinées des 168. ID et 294. ID. Les frontovikis approchent désormais de Try Koptsi, et devraient couper la route Sarny-Rovne… sous peu. Dans d’autres circonstances et sous d’autres couleurs, d’aucuns pourraient en douter – ou simplement considérer que le prix à payer est bien trop élevé. N’empêche, Vatoutine, le Parti et la Stavka (pour la forme) n’en démordent pas : la percée est pour bientôt.
A tel point que la Krasnaya Zvezda vient d’envoyer auprès de la 37e Armée un correspondant fameux pour suivre son avance. Venant de la 61e Armée, Vassily Grossman arrive au QG de Chuikov, quelque part dans les bois au nord de Richytsya, après un interminable voyage par des routes marécageuses. L’écrivain et journaliste peine à contenir sa déception. Originaire de Berdichev – que sa mère a fort heureusement pu quitter avant l’arrivée des Allemands – donc du sud de l’Ukraine, il pensait suivre la 5e Armée de la Garde dans cette région plutôt que perdre son temps ici. Mais il a fallu au dernier moment remplacer son collègue Aleksei Kapler, qui a quitté le front soudainement la semaine dernière pour une raison inconnue (1)… Cette déception s’ajoute à l’échec de son roman Le Peuple est immortel : pourtant pressenti pour le prix Staline 1943, il n’a finalement pas été couronné – c’est Ehrenburg qui a obtenu la distinction avec son livre La Chute de Paris (2)… Enfin ! Au moins, Chuikov et lui ne sont pas des inconnus – c’est déjà ça.
Son arrivée dans le bunker de rondins semi-enterré lui fait une forte impression. Il note dans ses carnets : « Quand on entre dans les abris blindés et l’habitat souterrain des officiers et des soldats, on est une fois de plus saisi par le désir ardent de conserver pour toujours les traits remarquables de ce mode de vie singulier. Ces lumignons et ces tuyaux de poêle faits à partir de douilles d’artillerie, ces gobelets faits de têtes d’obus posés sur la table à côté d’une chope en cristal, ce cendrier de porcelaine sur lequel on peut lire « Epouse, n’irrite pas ton mari » et qui voisine avec une grenade antichar. Cet énorme globe électrique mat dans le “bureau” blindé du commandant. Et le sourire de Chuikov disant « Hé oui, et un lustre aussi. C’est que nous habitons en ville ! », et ce volume de Shakespeare dans le cabinet souterrain, un peu plus loin… Tous ces samovars et ces phonographes, ces sucriers de famille bleu pâle et ces miroirs ronds dans des cadres en bois accrochés aux parois d’argile du souterrain, tout ce quotidien, ces objets du temps de paix arrachés aux flammes dévorant les maisons. »
………
Secteur de Rovne – La situation est un peu meilleure pour la 5e Armée de Choc – l’éclaircie lui permet de bénéficier du soutien d’une bonne partie de la 3e Armée aérienne du général Krasovski, qui n’a de toute façon plus guère d’autres zones où la météo lui permette d’agir.
La tête de pont de Buhryn échappe ainsi à la destruction – entre renforts injectés en continu, appui massif de l’aviation et maladresse de la 331. ID (ses membres étaient encore en Heimat il y a un mois…), le XXIX. AK est incapable d’écraser le furoncle soviétique comme Erich Brandenberger le voudrait. La Luftwaffe est requise ailleurs, et le 249. StuG doit rester en arrière pour défendre avant tout la route de Rovne – sur l’ordre direct de Maximilian De Angelis. Les choses en restent donc là, du moins pour le moment.

Roumiantsev – Voies d’eau et éclaboussures
Secteur de Slavouta
– Depuis sa position avancée de Netichyn, le général Andrei Vlassov regarde avec inquiétude sa montre en or. C’est un cadeau du maréchal Timochenko, offert en 1940. A cette époque, Vlassov venait de transformer la 99e Division de Fusiliers – la pire unité de l’Armée rouge, persiflait-on alors – en une formation d’élite en seulement neuf mois. Un bel exploit, qui a évidemment favorisé son ascension au grade qu’il occupe aujourd’hui. Cependant, les circonstances ont bien changé depuis. Plus de voyages en Chine, mais la défense de la Mère-Patrie contre les Fascistes. Plus d’entraînement et de préparation, mais la dure réalité de la guerre.
Vlassov n’est pas idiot. Devant lui, le soleil éclaire un terrain qui a tout du champ de tir. Large, dégagé, boueux… Bref, impropre à l’offensive ! Il faut pourtant il faut y aller – ordre d’attaquer sur tout le front, a dit le général Rokossovski. Sur sa gauche, il y a le 1er Corps de Cavalerie du général Vladimir Kryukov. Fraîchement promu à la tête de cette formation, opérant de surcroît sur un terrain franchement défavorable (rivière, ville, forêt, surplomb…), ce dernier risque fort de ne pas arriver à faire quoi que ce soit – sans vouloir du tout le déprécier.
C’est donc à la 1ère Armée de Choc qu’il revient de s’y coller en quittant ses positions autour de Netichyn pour s’engager dans le lit de l’Horyn – sous le défunt barrage – avant de parcourir 4 ou 5 kilomètres de marais et de boues sous les tirs ennemis, puis d’emporter les positions allemandes dans son élan ! C’est du suicide – pour parler crument. Mais Vlassov n’a absolument pas le choix face à cet ordre direct.
Au fond de lui, l’homme nourrit quelques doutes (et même plus…) sur la stratégie mise en œuvre : pour être aussi coûteuse, il est évident qu’elle n’est pas du fait de Joukov mais bien de Staline. Dans la situation actuelle, il doit défendre l’Union Soviétique et il la défendra… Mais, en d’autres circonstances, aurait-il conservé ses convictions ? N’aurait-il pas vacillé et finit par souhaiter la chute d’un régime qu’il a toujours soutenu, mais sans forcément partager – c’est un euphémisme – ses objectifs et ses choix ? Qui sait…
Mais Vlassov n’a pas eu à prendre cette décision. Et c’est sans hésitation qu’il donne l’ordre, à l’aube : en avant !
La 1ère Armée de Choc s’élance donc sur un terrain déplorable, mais face à une opposition fort heureusement réduite : la 223. ID de Christian Usinger est seule, le reste du LIX. AK étant tenu occupé partout ailleurs. Les Soviétiques passent quand même une très mauvaise journée à traverser l’Horyn, et au soir, Ostroh est toujours hors d’atteinte. Mais ils ont tout de même sécurisé un lambeau de terrain à Rozvazh, au nord d’Ostroh, dans une zone a priori favorable à l’exploitation. La bataille de l’Horyn vient de commencer.
………
Secteur d’Iziaslav à Varyvodky – Si la 8. Armee n’a pas pu envoyer de renforts à Kurt von der Chevallerie, c’est parce qu’elle fait face à une offensive générale – et contrairement aux apparences, complétement inattendue. En effet, par l’un de ces biais mentaux qu’affectionnent tant les Allemands, ces derniers ont fini par considérer que, vu que les Russes attaquent souvent en dépit de la pluie ou de la neige, les Slaves n’attaquent que par mauvais temps. Au point que, dans l’Ostheer, on dit d’un jour pluvieux qu’il fait un temps de Russes.
C’est donc une très mauvaise surprise (une de plus …) pour le IX. AK (Heinrich Clößner), le III. PzK (Werner Kempf) et l’aile droite du LIX. AK – lesquels espéraient tous profiter d’une journée calme sous les derniers rayons de l’automne ukrainien : les trois armées et les deux corps blindés soviétiques qui leur font face lancent un assaut de grand style avec appui d’artillerie à travers la rivière, sous le couvert des VVS. Evidemment, la Heer appelle la Luftwaffe à l’aide – mais comme les aviateurs sont requis partout, ils ne sont nulle part. Les bimoteurs des KG. 51 et KG. 53 font bien une apparition en début d’après-midi, protégés par le seul III/JG. 52 (renforcé des Croates du 13/JG. 52) – les Bf 109 abattent 21 “Faucons” (dont un pour Cvitan Galic) contre 6 chasseurs et 4 bombardiers – mais tout cela reste bien léger face à la puissance de la 16e Armée aérienne de Sergei Rudenko, qui pèse lourdement dans la balance de la bataille en en jetant bombe après bombe sur les positions de l’Axe.
A Iziaslav, la 4e Armée de la Garde fait face à la seule 205. ID (Ernst Michael), déjà bousculée à Myropil et qui ne peut pas compter sur le moindre renfort. Les hommes d’Ivan Muzychenko prennent donc pied avec une certaine facilité dans cette localité ainsi qu’à Mykhlya, où ils dégagent même 2 kilomètres jusqu’à Lyutarka. Ivan est dans la place, il ne sera pas facile à déloger. Surtout que les engins du 1er Corps Blindé commencent déjà à passer !
Au centre, vers Kornytsya et Shel'viv, la 26e Armée (L.S. Skvirsky) se jette avec entrain sur les lignes de la 305. ID (Bernhard Steinmetz) – sans doute la plus fraîche des divisions du IX. AK. Cette dernière fait face avec détermination, mais doit néanmoins demander à la 8. Panzer (sur ses arrières) de la soutenir pour rejeter le Rouge à l’eau. Sebastian Fichtner fait donc charger ses 60 derniers Panzer IV et Leopard, qui font leur travail et détruisent les têtes de pont en formation… au prix de vingt des leurs. Et le plus important est ailleurs.
En effet, à Bilohir’ya et Varyvodky, la 5e Armée de la Garde de Fiodor Remezov s’élance sans imagination mais avec puissance contre la malheureuse 323. ID d’Hans Bergen, qui pèse moins qu’une brigade après les saignées passées. Cette dernière, très vite débordée, doit solliciter le III. PzK – qui envoie la 6. PzD (Walther von Hünersdorff) – et la 8. Armee – qui dépêche le 311. StuG (Hauptmann Karl Ludwig von Schönau). Mais rien de tout cela ne supplée à un manque d’infanterie devenu criant. La Heer a moins de 15 000 fantassins pour tenir un front de 20 kilomètres ! Remezov dégage donc à grand coup de faucille un pied à terre de 3 kilomètres, et entreprend très vite d’y faire passer le 4e Corps Blindé afin de régler leurs comptes aux panzers. Et vu que les choses ne se passent pas trop mal, il propose également à Konstantin Rokossovski de lui envoyer aussi le 1er Corps Mécanisé, qui est allé se reformer vers Starokostiantinov. Accordé.
………
Secteur de Yampil à Lanivtsi – Ici aussi, la Wehrmacht est débordée, submergée par les assauts d’un adversaire plus puissant, qui ne lui laisse guère de répit ou de possibilité de manœuvrer. La 9e Armée de la Garde attaque à Yampil mais aussi à Lanivtsi, afin de contraindre les SS haïs à l’affrontement et d’éroder leurs forces.
La première tentative se heurte avant tout à la 10. SS-Panzergrenadier Frundsberg (Lothar Debes) – tout en tenant la 329. ID (Johannes Mayer) suffisamment occupée pour qu’elle ne puisse pas aller soutenir son équipière du IX. AK à Varyvodky. Face à ce qui est supposé être le cœur armé du nazisme, les frontovikis souffrent terriblement mais réussissent cependant à entraîner dans leur calvaire une bonne partie des soi-disant héritiers de Georg von Frundsberg, général du Saint-Empire romain germanique. La 107e Division de Fusiliers de la Garde, qui faisait tête, est pratiquement anéantie, mais il parait vite évident que les défenseurs ne pourront pas tenir longtemps à ce rythme. Les Rouges s’accrochent sur une bande de 500 mètres dont les SS sont incapables de les rejeter !
A Lanivtsi, c’est encore pire. Persuadé que le Russe ne serait pas assez bête pour attaquer de front une cible aussi évidente, Wilhelm Bittrich, de la 9. SS-PzGr Hohenstaufen, en charge de ce secteur, n’y a laissé que des forces de couverture, plaçant ses réserves plus au sud. Le temps qu’il rameute celles-ci, il est trop tard : la 103e Division de Fusiliers de la Garde a déjà pris pied fermement, sous le couvert des tubes du 2e Corps Mécanisé ; l’artillerie empêche toute remontée des fantassins de la 125. ID vers le nord, au moins autant que les raids d’un 2e Corps Aéroporté particulièrement pugnace. Bittrich doit donc demander le soutien de la 3. SS-PzGr Totenkopf – destinée en théorie à servir d’ultime réserve. Le temps que cette dernière accoure, sous une pluie de bombes des VVS, la nuit tombe déjà. Et les engins du 2e Corps de Cavalerie de la Garde (I.A. Pliev) sont en train de passer…
………
Secteur de Volotchysk – La 3e Armée relance également son offensive – quand bien même c’est objectivement la formation qui a le moins de chance de percer, au vu de l’opposition dans cette zone. De fait, sa tentative menée aux environs de Chernylivka (au sud, tant qu’à faire…) n’ira pas bien loin. Elle est assez rapidement bloquée puis repoussée par la Panzergrenadier GrossDeutschland. Mais Mikhail Shumilov continue ainsi de faire diversion pour ses camarades – autour de lui, l’Armée Rouge triomphe…
………
2e Front Ukrainien – Ici aussi, l’aviation de la 17e Armée aérienne de Sudets donne toute sa puissance et transforme une situation déjà fort mal engagée en véritable déroute pour l’Axe.
La 59e Armée d’Ivan Korovnikov a fini de jouer – avec les blindés du 16e CB de Getman, elle perce largement les défenses de la 16e DI hongroise vers Shevchenka, à l’ouest de Vasyutyntsi. Contournant ainsi la 88. ID allemande – qui doit courir pour se remettre en position, voire tout simplement pour échapper à un encerclement ! – elle franchit d’un bond les dix kilomètres qui la séparent de Bar et de la Riv. Au soir, les Landsers d’Heinrich Roth se battent dans les faubourgs de la ville, avec une partie des engins du 202. StuG (Major Dr Hans Marder). Mais l’issue parait déjà certaine, surtout vu ce qui se passe derrière eux.
En effet, sur la route de Shypynky, Georgui Joukov a choisi de se renouveler et même d’expérimenter. Il lui paraît à présent évident que l’Armée Rouge qu’il commande n’est plus celle de 1940, ni même celle de 1942 – elle est devenue plus mobile, son énorme puissance de feu dépasse celle de son adversaire, et son aviation fait jeu égal avec la Luftwaffe, justifiant ainsi le mot de Staline « la quantité a une qualité qui lui est propre ». Le maréchal décide donc de mettre en pratique ses propres convictions opérationnelles en lâchant un peu la bride à ses commandants de division, pour obtenir une avance qui ne soit pas exclusivement le fruit d’un martèlement uniforme – même s’il continue évidemment de rechercher une percée sur un axe unique.
Les résultats dépassent ses ambitions : les Hongrois, dépassés, débordés par les engins du 3e Corps Blindé, ne peuvent que s’écarter vers l’ouest, tandis que le KorpsAbteilung B est tout à fait incapable de freiner l’élan soviétique. La 10e Armée reprend 8 kilomètres en une journée. A minuit, le IV. AK et le XLIX. AK ne sont plus reliés à leurs arrières, plus à l’ouest, que par un passage de 8 kilomètres de large. Et cette distance diminue à grande vitesse.

Heure de vérité
Wolfsschanze, Rastenburg, 17h00
– Erich von Manstein est arrivé dès 11h30 par avion de Kovel, pour rencontrer Hitler – lequel n’a été prévenu que tard dans la soirée de la veille de cette visite. C’est peu de dire que le chef du HG Nord-Ukraine n’est pas attendu – et comme chacun sait qu’il vient pour annoncer de mauvaises nouvelles, beaucoup prennent grand soin de l’éviter tel un pestiféré. Le Führer est de ceux-là – au-delà de son mode de vie chaotique, il souhaite se prémunir autant que possible de tout ce qui pourrait remettre en cause ses certitudes.
L’entrevue entre les deux hommes est donc prévue à 14h00… puis 15h00… puis 16h00 – finalement, il faudra attendre 16h30 pour que Manstein puisse enfin décrire la réalité de la situation à Bar à celui qui prétend pourtant commander jusque sur le front. Après son exposé, Hitler explose de fureur contre « la lâcheté atavique des Hongrois, alliés de façade et peuple dégénéré dont les débâcles nous placent une fois encore dans l’embarras. » Autour de la table, nul ne dit mot – chacun sait que les Magyars sont des boucs émissaires commodes…
A 17h30, les feux de la colère du Guide suprême (juste colère, bien évidemment !) s’éteignent enfin et il plonge dans une sorte d’abattement. Il demande qu’on fasse venir Göring pour étudier la possibilité de ravitaillement de la poche en formation, il étudie la possibilité de faire venir des troupes de la 17. Armee des Carpates en Ukraine. En réalité, Hitler procrastine, faute de vouloir assumer un ordre qui remettrait en cause à peu près toutes ses directives de ces dernières semaines.
A 18h30, la décision est finalement renvoyée à une conférence urgente – si urgente qu’elle aura lieu demain matin. Le temps de faire venir tous les responsables concernés : Göring, List, von Herff (le chef d’état-major personnel d’Himmler) et d’autres encore… Dissimulant mal sa colère, Manstein salue et sort, avant de tenter d’aller prendre quelque repos dans l’un des bunkers du complexe – mais non sans être passé par la salle des communications afin de se tenir informé de la situation sur le front où, pendant qu’ici, l’on discute, les fils de la Grande Allemagne combattent et meurent.

Placardisation stalinienne
Moscou
– Sitôt revenu du front, le général Filipp Ivanovich Golikov – sans affectation après son éviction de la 10e Armée – se présente à la Stavka. Il n’a pas oublié de rendre auparavant une visite de courtoisie à ses nombreux amis et anciens collègues du Parti comme du GRU, qui lui ont tous fait un accueil courtois. Il en est évidemment de même à l’état-major de l’Armée rouge. On n’éconduit pas un général d’armée, communiste de la première heure, réputé proche de Staline et ancien patron des Services de Renseignements de l’Armée, disposant toujours de nombreux contacts et de dossiers sur une bonne partie de la Nomenklatura – quand bien même c’est la troisième fois qu’il est démis de ses fonctions…
Le général Golikov retrouvera donc, après un congé d’un mois bien mérité, un poste essentiel : commissaire du Peuple adjoint à la Défense de l’Union, chargé de la gestion du personnel. Lequel deviendra bien vite la « direction du personnel du commissariat du Peuple » – soit un nid d’intrigues bureaucratiques où il sera très à son aise. Après la guerre, il sera chargé du rapatriement des citoyens soviétiques déportés en Allemagne – tâche incluant bien sûr leur identification et leur tri pour jugement éventuel.
Passant au travers de la déstalinisation, Golikov sera ensuite successivement chef de l’Armée mécanisée séparée (soit l’Armée Rouge en Roumanie), puis chef de l’Académie des Forces Blindées, avant de revenir sur un terrain plus familier en prenant le contrôle du GLAVPUR (le département politique de l’Armée Rouge). Membre du comité central du PC, il en sera écarté en 1962 – officiellement pour raison de santé et d’âge. Il finira inspecteur des inspecteurs au ministère de la Défense, couvert d’honneurs et de décorations ; il vivra confortablement à Moscou jusqu’à sa mort, le 29 juillet 1980. Pour épitaphe, citons Nikita Khroutchev, quand on l’interrogea – bien après la guerre – sur le personnage : « Je me rappelle avoir eu une fois affaire à lui, quand il avait écrit à Staline une lettre très critique envers le maréchal Bagramian – lettre que Staline m’avait agitée sous le nez en me reprochant de trop soutenir Bagramian et pas assez Golikov. Peut-être avait aussi écrit quelques méchancetés sur mon compte, afin que je ne lui fasse pas trop d’ombre depuis le PC Ukrainien ? Possible – après tout, cet homme a toujours agi avec malhonnêteté. »

Partisans… et autres
Même mes amis ne sont plus mes amis
Région de Kovel (Ukraine occupée)
– Scandale dans les rangs de l’UPA ! Le commandant Porfir Frolovych Antonyuk, chef d’un détachement opérant dans le nord de l’Ukraine, a été surpris à négocier directement avec les Allemands une forme de neutralité bienveillante, voire de collaboration contre les Partisans soviétiques. Il est vrai que son unité est déjà presque exclusivement composée de policiers polonais ou biélorusses ayant travaillé pour les Allemands avant de déserter… on comprend que, pour eux, la démarche soit presque naturelle.
Peu importe – elle contrevient à tous les ordres donnés par Borovet. Antonyuk sera rapidement arrêté et passé par les armes. Mais le doute parmi les indépendantistes, jusque-là muet, commence à s’exprimer. Et si l’UPA n’était plus ce qu’elle était, si elle ne défendait plus l’Ukraine contre les Rouges ? Et si le Vieux avait tout simplement perdu les pédales ?


Notes
1- Grossman l’ignore – ou feint de l’ignorer : Kapler vient d’être arrêté pour « activités anti-soviétiques » et condamné à 5 ans d’exil à Vorkouta (le terme exil excluant le travail forcé). On peut s’étonner que ce communiste encarté et parfaitement fiable, qui avait d’ailleurs reçu le prix Staline en 1941, subisse une disgrâce aussi brutale. En réalité, il paye sans aucun doute sa romance avec Svetlana Alliluyeva – jeune femme de vingt ans plus jeune que lui, mais d’origine géorgienne et dont le père a atteint un poste assez élevé dans la hiérarchie du Parti… Dictateurs ou pas, les pères sont tous les mêmes !
2- En réalité, le jury avait bien mis Le Peuple est immortel en première place de ses recommandations – mais Staline a personnellement biffé le nom de Grossman pour le remplacer par celui d’Ehrenburg. Trois explications à ce geste. Politique d’abord : mieux vaut ne pas trop promouvoir un livre qui parle – en termes parfois crus – des défaites de 1942. Diplomatique ensuite : la France apparaît comme la porte d’entrée principale de l’URSS vers l’Occident ; distinguer un ouvrage décrivant le martyre de ce peuple ami permet de préparer l’avenir. Personnelle enfin : Staline a en lui un fond d’antisémitisme qui ressort parfois…
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houps



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 09:54    Sujet du message: Répondre en citant

Ah ben si, quand même :

Moscou. "...Sitôt revenu du front, le général Filipp Ivanovich Golikov – sans affectation après son éviction de la 10e Armée – se présente à la Stavka. Il n’a pas oublié de rendre auparavant une visite de courtoisie à ses nombreux amis et anciens collègues du Parti comme du GRU, qui lui ont tous fait un accueil courtois...."

Il aurait tout aussi bien pu rendre une visite amicale à ses amis et collègues, lesquels l'auraient reçu amicalement avec amitié, non ? Ce qui aurait été d'une extrême politesse. Very Happy
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Hendryk



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 11:08    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
C’est peu de dire que le chef du HG Nord-Ukraine n’est pas attendu – et comme chacun sait qu’il vient pour annoncer de mauvaises nouvelles, beaucoup prennent grand soin de l’éviter tel un pestiféré. Le Führer est de ceux-là – au-delà de son mode de vie chaotique, il souhaite se prémunir autant que possible de tout ce qui pourrait remettre en cause ses certitudes.

C'est toujours intéressant de comparer les styles de leadership de Staline et Hitler. Les deux ont en commun de punir ceux qui leur apportent des mauvaises nouvelles, vieille habitude des despotes de tout temps, mais au-delà de ça, Staline est un vrai bosseur (hélas), capable de lire avec attention des rapports rébarbatifs et de consulter d'interminables listes d'individus à liquider pour leur donner son imprimatur. Hitler, lui, est une feignasse qui a gardé jusqu'au bout un style de vie bohème, travaillant quand l'envie lui prenait. Deux tyrans sanguinaires, mais l'un fourmi et l'autre cigale.
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Jubilé



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 12:26    Sujet du message: Répondre en citant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Filipp_Golikov

Quand on voit le physique et la carrière de Golikov, on pense au vieux maréchal sénile joué par Jacques François dans "twist again à Moscou".
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

Oh s'il n'était que sénile ... Un véritable poison stalinien, qui a fait beaucoup beaucoup de mal. J'aime beaucoup son titre :

Citation:
inspecteur des inspecteurs au ministère de la Défense


Si c'est pas un placard de pistonné, avec capacité de nuisance.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 15:19    Sujet du message: Répondre en citant

D'ailleurs faudrait dire :

Citation:
Il finira maréchal (à partir de 1961), inspecteur des inspecteurs au ministère de la Défense, couvert d’honneurs et de décorations

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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 16:01    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Il demande qu’on fasse venir Göring pour étudier la possibilité de ravitaillement de la poche en formation, il étudie la possibilité de faire venir des troupes de la 17. Armee des Carpates en Ukraine.


J'espère faire venir une mouette ! Laughing
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houps



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 16:22    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Citation:
Il demande qu’on fasse venir Göring pour étudier la possibilité de ravitaillement de la poche en formation, il étudie la possibilité de faire venir des troupes de la 17. Armee des Carpates en Ukraine.


J'espère faire venir une mouette ! Laughing


Merci de cette courtoisie ! Very Happy
Bon, je transfère le message...
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loic
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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 16:50    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Son arrivée dans le bunker de rondins semi-enterré lui fait une forte impression [...]

Le front étant assez mouvant, on peut s'étonner de la rapidité avec laquelle un QG d'armée est aménagé.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 17:04    Sujet du message: Répondre en citant

Ca fait déjà 5 jours qu'on est dans le coin ! Et le front n'a guère bougé - enfin pas assez...
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 17:35    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Citation:
Son arrivée dans le bunker de rondins semi-enterré lui fait une forte impression [...]

Le front étant assez mouvant, on peut s'étonner de la rapidité avec laquelle un QG d'armée est aménagé.


Ca ne me surprend pas vraiment. Il suffit de se rappeler qu'une Légion romaine en campagne était censé bâtir un camp complet pour 5000 hommes tout les soirs. L'armée rouge peut bien bâtir un PC d'armée ou de front complet en quelques heures même s'il ne doit servir que quelques jours.
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Déc 14, 2020 18:00    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Il faut pourtant il faut y aller – ordre d’attaquer sur tout le front, a dit le général Rokossovski.

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