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Avril 1944, la 2e Campagne de France
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Oct 31, 2019 21:51    Sujet du message: Répondre en citant

déjà, récupérer ce monde pour la logistique et autres taches arrières libèrera des unités pour la 1ere ligne
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Oct 31, 2019 23:18    Sujet du message: Répondre en citant

Pour aller de Voiron à Chambéry, il n'y a que 3 chemins :

- la Chartreuse et les Echelles - faisable, vraisemblablement controlé par la Résistance (quoi que je doute que la Heer n'y ait pas multiplié barrages et destructions),
- Le tunnel mentionné plus haut (et vraisemblablement détruit),
- la route de Yenne-Meyrieu à hauteur du lac du Bourget - dont je comprend qu'elle est hors limite pour l'instant,

C'est la formulation utilisée qui m'interpelle - détail je le sais mais "commence à contourner Grenoble vers les cols alpins qui mènent à la vallée de la Maurienne" m'étonne un peu. D'ou ma remarque Cool Cool Cool Cool Cool

@DMZ : bien d'accord mais c'est une tartufferie - d'où ma réaction. Et d'ailleurs, de quoi la Suisse a peur sinon de perdre ses précieux avoirs en or ?
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houps



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 09:53    Sujet du message: Répondre en citant

Grenoble est une cuvette au confluent de l'Isère et du Drac. Pour en sortir en direction du nord, il y a effectivement la Chartreuse, dont les routes sont "pittoresques". Je doute que de grande unités motorisées aient une envie irrépressible de les parcourir.
Restent soit à filer vers Voiron, soit remonter l'Isère (sur les deux rives).
Maintenant, pourquoi filer sur Chambéry (les Allemands s'y attendent) ? Pourquoi ne pas viser ce qui est aujourd'hui l'axe de l'A 43 ?
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 10:39    Sujet du message: Répondre en citant

Parce que l'A43 passe par des tunnels qui n'existent pas à l'époque Laughing
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houps



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 11:36    Sujet du message: Répondre en citant

J'avoue, mon cher Dan, que le franchissement de la longue arête rocheuse dite "montagne de l'Epine" soit effectivement ... épineux. Mais l'autre éminence nord/sud qui la précède à l'ouest (celle qui abrite "la grotte de Mandrin) et tourne aux environs de 300-600 m est-elle si insurmontable ? Une fois le lac d'Aiguebelette atteint, un autre débordement par le nord est possible. Si la Heer tient les passages de la montagne de l'Epine, dispose-t-elle de suffisamment de moyens pour entraver ce mouvement ?
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne prétend pas le contraire, mais on ne parle plus de col là. Et c'est pour ca que la formulation de passage rapide de cols en DI, sur des routes des années 30 défoncés favorables à la défense m'étonne un peu par sa rapidité. Après je ne me permettrais pas de remettre en cause le travail accompli, surtout sur un point aussi mineur. C'est juste, pour un local, ca m'a fait 'Beuf' !
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patzekiller



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 12:35    Sujet du message: Répondre en citant

effectivement les simulations ne se sont pas passées à un niveau aussi tactique. par contre, ne pas oublier qu'on est à peine une semaine après le déclenchement de cobra et quon a en face des divisions allemandes (de deuxieme ligne) qui ont été sérieusement bousculées.
aussi peut on mettre au pire la réussite d'un tel débordement sur le dos de la chance ou des anomalies statistiques. après tout, il faut qu'il y en ait aussi de temps en temps (où localement comme là) en dépit du fait que l'on essaie de garder des cas moyens dans la réussite des combats
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 12:43    Sujet du message: Répondre en citant

28 avril
Opération Cobra
Lyon brûle-t-il ?
Alpes et vallée du Rhône
– En Haute-Savoie, la 6e BMLE atteint Albertville, tandis que la 4e BMLE arrive à Annecy, après avoir longé le lac du Bourget par l’est et libéré Aix-les-Bains. Suivie de loin par la 36e DI, la 157. Gebirgs Division est en train de se replier dans les massifs vers Bourg-Saint-Maurice et Saint-Michel-de-Maurienne, afin de garder le contact avec les Alpini de la Monterosa. La montagne étant l’élément naturel des Gebirgsjägers, la décision sera prise dès le lendemain de rattacher ce qui reste de la division de montagne allemande au LI. Gebirgs ArmeeKorps, qui dépend du HeeresGruppe F de Kesselring.
Plus à l’ouest, la 10e DI, la 83e DIA et les autres unités de la Légion (13e DBLE, 3e BMLE) commencent à border le Rhône qui boucle autour du Bas-Bugey, sans trouver de possibilité de franchir le fleuve pour le moment. Quelques tentatives de passage en barque sont vite repérées et repoussées, car les Allemands ont disposé des observateurs sur les sommets de la région. Ce n’est qu’en fin de journée que la position avancée des parachutistes allemands entre le Rhône et le lac du Bourget est découverte, mais il faudra toute la nuit pour les en déloger.
Dans la plaine à l’est de Lyon, les 1ère et 5e DB foncent vers le nord en espérant coincer la 2. Panzer avant qu’elle ne puisse se mettre à l’abri du Rhône par les ponts de Jons et Loyettes. Cette course de vitesse provoque de nombreux accrochages entre de petits groupes de chars ou d’automitrailleuses, ponctués par le harcèlement de l’aviation alliée. En fin de journée, l’essentiel de la division allemande a pu passer le fleuve, car elle a reçu le soutien des chars de la 16. SS-Panzer Division Hitlerjugend, notamment les Panther II avec leur canon de 88 mm, embusqués sur la rive nord, à l’abri de bosquets ou au milieu des hameaux, et bien protégés par une DCA accrocheuse. La journée aura néanmoins été très éprouvante pour la 2. Panzer, qui elle devra elle aussi rentrer en Allemagne se refaire une santé.
De son côté, la 14. SS-Panzergrenadier Division traverse Lyon vers le nord-ouest, en franchissant le Rhône, puis la Saône. Après son passage, les artificiers allemands déclenchent des charges pour faire sauter méthodiquement la totalité des ponts et passerelles derrière elle. L’opération, qui endommage les immeubles à proximité, va durer toute la journée et une partie de la nuit, alors que l’armée française pénètre déjà dans les quartiers est de l’agglomération. Néanmoins, cette frénésie de destruction ne peut être entièrement menée à bien, grâce à l’action de courageux Résistants qui réussissent à sauver quelques ouvrages. Pour d’autres, les dégâts sont limités, car les vieux ponts en pierre révèlent très coriaces.
Les premiers éléments de reconnaissance de la 1ère DIM parviennent dans l’après-midi jusque dans les faubourgs sud-est de la capitale des Gaules. Le ciel est noirci de la fumée de plusieurs incendies, semblant ravager tous les quartiers de la ville. La basilique de Fourvière a été consciencieusement pillée de ses œuvres d’art avant d’être incendiée.
………
Pendant que la 3e DB poursuit sa route sur la rive droite du Rhône vers la banlieue ouest de Lyon, dans Saint-Etienne libérée, les Belges de la 4e DI sont contraints à un arrêt forcé, sous les assauts d’une foule enthousiaste. Mais ils sont également sollicités de toutes parts pour prêter assistance aux victimes des anciens Occupants, pour vérifier que plus aucun Allemand ne se terre en ville ou pour déminer des zones suspectes. Les 1er et 7e Régiments de Chasseurs Ardennais sont néanmoins envoyés en reconnaissance en direction de Roanne. Plus à l’ouest, la 14e DI progresse vers le plateau du Haut-Velay et la 19e DI rejoint la vallée de l’Allier, qui file plein nord en direction de Clermont-Ferrand. En conséquence, la coordination avec le VIth Corps US s’améliore ; il est ainsi convenu que les Franco-Belges progresseront à l’est des monts Dore, le Puy de Sancy constituant le point de repère, tandis que les Américains se tiendront à l’ouest du même massif.
Au bout de huit jours d’opérations intensives, les pertes se sont aussi accumulées chez les Alliés : les 10e et 15e DBLE sont mises au repos.

Toulouse, Ô Toulouse
Grand Sud-Ouest
– La 334. ID retraite toujours en bon ordre et arrive dans le secteur de Saint-Flour. Derrière elle, la 3e DI-US doit sécuriser le terrain, ce qui la retarde dans la poursuite de l’unité allemande, d’autant plus que cette dernière a choisi de se replier vers la Dordogne par un terrain très accidenté et truffé de cols, entre les monts du Cantal et les monts Dore. Sa progression est lente, mais celle de ses poursuivants – et surtout de leur redoutable artillerie – aussi. Seule la 10th Mountain Division peut déplacer ses mortiers et canons assez vite pour suivre le rythme.
À l’ouest de l’Aveyron, la 355. ID, suivie comme son ombre par la 88e DI-US, se dirige vers Aurillac. Le général Kraiß est fier de sa division, qui a subi les offensives américaines tout l’hiver, s’est bien battue et se trouve aujourd’hui en meilleur état que bien des unités amies.
Plus à l’ouest, la 28e DI-US suit le repli de la 266. ID en direction de Figeac, tandis que la 7e DI-US s’avance dans les plaines du Tarn et Garonne, sur les traces de la 3rd Armored qui espère toujours surprendre des traînards de la 9. Panzer.
Dans le Gers, le repli allemand se passe plutôt bien, car la logistique américaine a du mal à suivre du fait de la destruction des ponts sur la Garonne. Les boys sont bien souvent ralentis par la population en liesse. Le travail de harcèlement des colonnes allemandes est donc confié à l’aviation, mais la majorité des groupes aériens opèrent plutôt au-dessus de la vallée du Rhône et du Massif Central. À l’extrême sud-ouest du pays, l’Occupant détruit ou évacue ses installations, dont la batterie antiaérienne et le radar installés sur le sommet de la Rhune.
………
Toulouse – Avec l’aide des Résistants, majoritairement des cheminots, les Américains ont passé la nuit à traquer les derniers soldats allemands qui se terraient dans des caves, tentaient encore de s’échapper ou faisaient le coup de feu jusqu’au bout. La 245. ID se replie à présent en direction d’Agen en passant par le nord du Gers.
La ville enfin libérée, les drapeaux français et américain sont hissés au fronton de la gare Matabiau. Le moment est immortalisé par Jean Dieuzaide, un jeune étudiant qui deviendra un photographe renommé.
L’Etat français est représenté par l’universitaire Pierre Bertaux, qui a remplacé Jean Cassou, blessé la veille. Le nouveau préfet devra faire preuve de patience et d’habileté pour s’imposer face à certains groupes de Résistants souhaitant conserver un pouvoir local face à « ceux d’Alger ». Il décrira plus tard avec humour comment il avait dû « prendre possession de sa chaise, puis de son bureau, puis de son téléphone ». Mais la menace d’une « république rouge » à Toulouse ne sera qu’une grossière exagération dont tenteront d’user sans succès le NEF dans ses derniers soubresauts, mais aussi quelques parlementaires de droite ou même certains membres du gouvernement légal. Il est vrai que la présence de la police militaire américaine, dans l’attente de l’arrivée de la gendarmerie, a largement contribué à calmer les plus excités, revanchards ou résistants de la 25e heure, qui comptaient profiter de la confusion pour régler leurs comptes. Hélas, comme partout en France dans les zones libérées, d’inévitables exactions se produiront à Toulouse.
Pour ce qui est de la ville elle-même, les destructions sont somme toute limitées, même si les voies ferrées avaient souffert des bombardements alliés. Toutefois, les Allemands ont réussi à rendre inutilisables une partie des ponts sur la Garonne. Les sites industriels ont subi de lourds dégâts.


29 avril
Opération Cobra
Lyon brûle !
Alpes et vallée du Rhône
– La 1ère DIM et le 6e RCA sont maintenant dans Lyon, qui s’est vidée de ses derniers soldats allemands, civils des autorités d’Occupation et collaborateurs. Outre la majorité des ponts, les gares, plusieurs bâtiments administratifs, usines et magasins et même certains monuments (dont la basilique de Fourvière) ont été incendiés ou détruits. Le général von Choltitz a scrupuleusement respecté ses ordres, tout comme il l’avait fait sur le front russe [Après la guerre, les Français n’eurent de cesse de traîner von Choltitz en justice. C’est sans doute la destruction de monuments sans intérêt militaire qui lui vaudra de passer les dernières années de sa vie en prison.]. C’est un spectacle de désolation que les hommes du 13e RD, régiment de reconnaissance de la 3e DB, découvrent également plus tard dans la journée en arrivant par la rive droite du Rhône. Les disparus sont nombreux dans la population et les traces seront durables dans la cité, gâchant côté français le plaisir de la libération, pratiquement dans le même temps, de Lyon et Toulouse, alors que celle de Bordeaux ne saurait tarder.
………
« Il y avait foule, ce matin, dans l’église Saint-Bruno-les-Chartreux, pour assister aux obsèques du Dr Valentine Paulet, au point que de nombreuses personnes, n’ayant pu trouver place dans la nef, se pressaient à l’extérieur.
Titulaire d’un doctorat de médecin-légiste (obtenu à Lille) et d’un autre d’anthropologie (obtenu au Canada, où elle enseigna quelques années), le Docteur Paulet s’est attachée tout au long de sa carrière à permettre aux familles de faire leur deuil, en mettant un nom sur de pauvres restes osseux. Le Dr Paulet aimait à raconter que sa vocation lui était venue lorsqu’elle avait été confrontée, adolescente, aux malheurs et désespoirs des familles des victimes disparues lors des terribles combats pour la Libération de Lyon, au printemps 1944. Si elle fut amenée à œuvrer à l’étranger, c’est dans sa région natale qu’elle opérait le plus souvent, fréquemment sollicitée lorsque des travaux d’aménagements exhumaient les restes de personnes disparues dans la tourmente de ces jours funestes.
Aussi ne doit-on pas s’étonner qu’ils étaient nombreux les anonymes ayant tenu à l’accompagner dans sa dernière demeure, ainsi que des personnalités prestigieuses dont l’énumération serait fastidieuse. Auprès des ministres des cultes, on remarqua notamment la présence des représentants des corps constitués, aux côtés de ceux de la Faculté, de l’Armée de Terre et de l’Armée de l’Air, des Anciens Combattants, du ministère des Armées, ainsi que du Premier ministre. Tous étaient venus rendre un dernier hommage à celle qu’un de ses confrères nomma, par boutade, « La Lyonnaise des os », surnom qu’elle avait adopté avec sa simplicité coutumière et dont elle signa un ouvrage grand public, aujourd’hui épuisé. »

Lyon, Le Progrès, 14 novembre 2016.
………
À l’est de la ville, les unités françaises ont à présent bordé le Rhône jusqu’à la frontière suisse et font partout le même constat : les ponts sont détruits et l’ennemi est solidement installé sur l’autre rive. Le temps de la pause et de la réorganisation est à présent arrivé, car les dix jours de l’opération Cobra ont usé hommes et matériels et considérablement entamé les stocks. L’aviation, par contre, ne fera pas de pause et commencera immédiatement à pilonner les positions ennemies au nord de Rhône.
La 4e BMLE atteint Saint-Julien-en-Genevois en tout début de matinée et un contact chaleureux est bientôt établi avec les gardes-frontière suisses.
En face, l’état-major de la 19. Armee fait ses comptes, bien que les mouvements ne soient pas totalement terminés dans le Massif Central. L’opération Cobra a coûté cher à leur armée, mais c’était le prix à payer pour un repli en bon ordre : la 77. ID a été dissoute, ainsi que le 504. schw Pz Abt et le 200. StuG Abt. La 157. Gebirgs Division, bien amoindrie, défend à présent la frontière italienne et va manquer pour celle du Jura. Les hommes des 2. et 21. Panzer Divisions auront la joie de rentrer au pays, mais leur repos sera de courte durée, car de nouvelles unités doivent être formées. Leur matériel sera cédé à la 14. SS-Panzergrenadier, qui va ainsi retrouver une dotation quasi normale. Le surplus permettra de constituer une réserve appréciable pour le LVIII. PanzerKorps.
………
Toujours à l’ouest du Rhône, la 19e DI a dépassé Brioude et compte atteindre Issoire avant la nuit, tandis que la 14e DI a libéré Ambert. « Il paraît qu’on les fait cavaler, mais c’est nous qui devons cavaler pour essayer de les rattraper ! » dit-on dans la division. Un plaisantin évoquera même le repli allemand comme le « Grand Déménagement de la Wehrmacht ».
Quoi qu’il en soit, le prochain objectif des Français est Clermont-Ferrand. Dans cette ville, justement, arrive l’état-major du LXXVI. ArmeeKorps, replié du sud-ouest. Il aura la charge d’organiser la défense de ce secteur.
Après sa courte pause à Saint-Etienne, la 4e DI belge a repris sa progression vers Roanne, encadrée par les Mouflons de la Brigade Tancrémont. Les Chasseurs Ardennais, qui sont à l’avant-garde, signalent que la résistance ennemie paraît se raidir à l’approche de ce qui semble être une nouvelle ligne de défense.

Repli sur la “Dordogne-Linie”
Grand Sud-Ouest
– Les divisions allemandes continuent leur retraite éprouvante vers la ligne de défense en cours d’installation sur la Dordogne. Elles n’en sont plus loin, mais les premiers éléments qui y parviennent constatent que tout reste à faire pour que ce soit une position solide. Par exemple, le temps va manquer pour construire des bunkers. L’appellation “Dordogne-Linie” ne sera qu’un sobriquet soulignant le contraste avec les défenses soigneusement préparées barrant la péninsule italienne, notamment la ligne Gothique.
De leur côté, les premiers éléments des 9. et 15. Panzer atteignent le secteur de regroupement qui leur a été assigné, entre la rivière Lot et l’agglomération bordelaise. Les Américains suivent sans hâte particulière : l’opération Cobra est d’ores et déjà un succès majeur. Un immense territoire a été libéré et les prochaines semaines seront encore plus déterminantes. La logistique s’épuise et troupes et matériel ont besoin de repos : il est impossible, dans ces conditions, de s’attaquer à une position défensive sans une bonne préparation.
Dans l’ensemble, les garnisons allemandes du Sud-Ouest se replient vers la Garonne sans difficultés, mais parfois cela se complique.
Ainsi, l’Occupant a quitté Mont-de-Marsan la veille sans rien détruire d’autre que les installations de la base aérienne. Ce 29 avril au matin, la ville est donc libre et les Résistants parcourent les rues, où les drapeaux tricolores ont fait leur apparition. Mais une colonne ennemie forte d’environ trois cents hommes est bientôt repérée en provenance de Dax. Une centaine de Résistants décide d’attendre les Boches au niveau du pont de Bats, où la route passe sous la voie ferrée venant de la même direction. Les Allemands se retrouvent piégés entre les hommes installés sur le talus du chemin de fer bordé d’arbres et d’autres, postés sur la passerelle d’une autre ligne ferroviaire menant vers le nord. Pris entre deux feux, ils partent en déroute après l’explosion d’un camion de munitions et se replient vers Dax. Ils se rendront quelques jours plus tard aux Américains, supposés moins vindicatifs – sauf les plus politisés, qui auront préféré passer en Espagne.


30 avril
Opération Cobra
Franchir le Rhône vers le nord
Vallée du Rhône
– Les Français se retrouvent dans une situation similaire à celle de dix jours plus tôt, le long de l’Isère : bloqués derrière un cours d’eau, avec l’ennemi sur l’autre rive. Néanmoins, la prise de Lyon permettra à terme de prendre de flanc la défense du Rhône, une fois les infrastructures de la ville remises en état de fonctionner, les troupes reposées et les stocks reconstitués. En attendant, la 6e BMLE est transférée au IVe Corps d’Armée pour lui donner plus de punch et de mobilité.
………
Entre Clermont-Ferrand et Roanne, les derniers éléments des 255., 243. et 165. ID ont à présent atteint les positions que continuent d’aménager frénétiquement les hommes des 84. et 182. ID. Cette dernière fait la liaison avec la 14. SS-Panzergrenadier qui a quitté Lyon, semant la destruction derrière elle, pour se repositionner dans le nord des Monts du Lyonnais et dans la plaine devant Villefranche-sur-Saône.
Du côté franco-belge, la pause est également bienvenue. Par manque d’effectifs, les 10e et 15e DBLE vont fusionner pour donner la 10/15e DBLE Kumanovo-Valmy, qui portera donc les noms et les traditions des deux demi-brigades.
………
Dans les airs, l’exploit du jour est accompli par le commandant Jean-Marie Accart (GC II/2), auteur d’un doublé qui lui permet d’atteindre le score honorable de 13 victoires. Un message de Marseille vient quelque peu ternir son enthousiasme à la descente de son appareil. Le document lui annonce sa promotion au rang de lieutenant-colonel, mais aussi sa mutation au “Panier de Crabes” (surnom donné en escadrille à l’état-major de l’Armée de l’Air), malgré ses tentatives pour garder son affectation actuelle. Le commandant Accart achèvera sa carrière dans les années 60, en ayant atteint les étoiles.

Repli sur la “Dordogne-Linie”
Grand Sud-Ouest
– Les restes des 9. et 15. Panzer ont achevé leur repli dans la région de l’Entre-Deux-Mers, à l’est de Bordeaux. Hommes et matériels ont besoin de souffler, si possible à l’abri de l’aviation alliée. Les bataillons allemands se sont donc éparpillés dans les localités de la région, au grand déplaisir de la population, qui craint, en plus des bombardements, les exactions et pas uniquement au détriment des caves viticoles.
Au sud, c’est une 159. ID épuisée, mais relativement intacte car toujours couverte par la 3. Panzergrenadier, qui approche enfin de la Garonne. Elle aura pour mission de tenir le fleuve pour couvrir les unités blindées ; elle doit pour cela recevoir suffisamment d’explosifs des stocks de la Kriegsmarine à Bordeaux pour faire sauter les principaux ponts.
À l’est, la 245. ID s’est retranchée derrière le Lot jusqu’à Villeneuve ; ici, les ponts ont déjà été détruits. La ligne de défense derrière la rivière se prolonge avec la 265. ID qui s’appuie aussi sur les premiers reliefs boisés du Périgord pour tendre la main à la 327. ID, cette dernière faisant la liaison avec la ligne de défense appuyée sur la Dordogne et tenue par le LXIV. ArmeeKorps (362. ID et 85. ID). Tout au long de ce cours d’eau, les régiments des divisions du LXXXX. Armee Korps (334., 355., 266. et 708. ID) commencent à arriver, épuisés et suivis parfois à moins d’une journée par les Américains. Les derniers blindés du 341. StuG Abt se sont repliés à Brive.
L’état-major de la 1. Armee peut lui aussi faire le bilan de dix jours de retraite quasi ininterrompue imposée par l’opération Cobra. Une large portion du territoire français a dû être abandonnée ‒ certes pas la plus utile pour l’Allemagne, tempèrent certains. Plusieurs unités ont pratiquement cessé d’exister ; elles sont purement et simplement dissoutes : 158. et 344. Infanterie Divisionen, 3. Fallschirmjäger Division, 503. schw Pz Abt, 615. Flak Rgt. Les formations rescapées sont très diminuées ; elles ont perdu une bonne partie de leur matériel lourd et jusqu’à un tiers de leurs effectifs suite aux combats contre les Américains et aux embuscades de la Résistance. La 15. Panzer et la 3. Panzergrenadier sont si gravement atteintes qu’elles vont céder ce qui leur reste de matériel à la 9. Panzer – les personnels survivants vont rejoindre l’Allemagne pour servir de noyaux à de nouvelles unités.

Le gouffre du Massif Central
Paris
– En fin de journée, von Rundstedt et ses subordonnés qui viennent d’arriver examinent la nouvelle situation stratégique : les 1. et 19. Armées présentent à présent un front continu allant de la frontière suisse à l’estuaire de la Gironde, s’abritant derrière un massif montagneux et deux fleuves majeurs, le Rhône et la Dordogne. Autre bonne nouvelle : les lignes de ravitaillement se raccourcissent, alors que celles de l’ennemi s’allongent. Mais cette nouvelle ligne de défense n’a guère pu être préparée et présente plusieurs faiblesses.
À l’ouest tout d’abord, la réserve blindée est très faible, ce qui fait envisager à certains l’envoi d’une nouvelle Panzer Division dans ce secteur pour s’opposer aux chars américains. D’autres s’opposent avec véhémence à l’envoi d’une unité aussi précieuse au sud de la Loire, dans une position beaucoup trop excentrée.
Au centre, entre Clermont-Ferrand et Lyon, il n’y a qu’un petit massif forestier (les monts du Forez), mais aucun fleuve sur lequel s’appuyer et surtout aucune division blindée pour contrer une percée ennemie qui pourrait ensuite déborder la défense derrière la Dordogne ou le Rhône. Même si le repli de la 14 SS-Panzergrenadier Division dans les Monts du Lyonnais calme certaines inquiétudes, on ordonne à la 16. Luftwaffen-Feld-Division et au 1. Luftwaffen StuG Abt, stationnés dans le nord de la France, d’aller renforcer en urgence ce que certains appellent maintenant le « gouffre » du Massif Central, entre Limoges et Roanne.
Enfin, la ville de Lyon elle-même est un sujet de préoccupation. La totalité des ponts n’ayant pas pu être détruits et faute d’avoir les moyens (ou la volonté ?) de mener une gigantesque bataille en milieu urbain, l’abandon de la ville était inévitable. Les Français feront à coup sûr passer une partie de leurs troupes par l’agglomération lyonnaise pour franchir le Rhône et remonter de part et d’autre de la Saône. Devant la tournure des événements, la 16. Panzer Division, qui venait à peine de terminer son rééquipement en Leopard et en Panther au camp de Mourmelon, reçoit l’ordre de retourner vers le sud au lieu de partir vers le Front de l’Est comme initialement prévu. Les Français ou les Soviétiques ? Certains Landsers y voient un choix entre peste et choléra.

Lyon gravement blessée
Lyon
– Alors que la ville est libérée depuis deux jours, l’ambiance n’est guère à la fête, d’autant plus que l’ennemi n’est pas loin ; quelques obus se chargent d’ailleurs de le rappeler régulièrement.
Les problèmes de ravitaillement figurent au premier rang des préoccupations, aggravés par les destructions, notamment celle des ponts. Toutefois, sauf dans un cas, les piles et les culées sur les berges sont intactes, ce qui va faciliter la réparation ou la reconstruction. Les vieux ponts de pierre, notamment celui de la Guillotière, sont en réalité peu touchés. Les troupes du génie, assistés par les Américains, s’emploient à rétablir en urgence quelques passages, notamment à l’aide de ponts Bailey posés sur les structures existantes. Certaines passerelles seront même utilisées pour le passage de véhicules légers. Le réseau ferré étant très endommagé, il est décidé de privilégier la route, y compris via les ponts ferroviaires.
Dans l’après-midi, une revue des troupes a lieu place Bellecour par le général de Lattre de Tassigny et le commissaire de la République Yves Farge [Ce dernier a reçu pouvoir de nommer les préfets des départements entourant Lyon : l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, la Savoie, la Haute-Savoie, l’Isère, la Loire et le Rhône.]. Ce dernier a un programme très chargé, car il doit en premier lieu rétablir l’ordre et subvenir aux besoins de la population, mais aussi préparer la visite d’ici une dizaine de jours du Général ‒ pardon, du Président du Conseil.
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Etienne



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 13:08    Sujet du message: Répondre en citant

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Pour d’autres, les dégâts sont limités, car les vieux ponts en pierre se révèlent très coriaces.


répétition:
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[Ce dernier a reçu pouvoir de nommer les préfets des départements entourant Lyon : l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, la Savoie, la Haute-Savoie, l’Isère, la Loire et le Rhône.]. Ce dernier a un programme très chargé,

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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 13:11    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai habité deux ans à Aire-sur-Adour, petite-ville charmante, près de Mont-de-Marsan. Au centre de la ville, il y a un parc public de petite taille entouré d'un cercle de rues qui le contourne. Il s'y élève une colline abrupte... et artificielle.
A l'occasion d'un programme de modification du dit parc j'ai découvert que la colline artificielle cachait en fait un... bunker allemand !
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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 14:09    Sujet du message: Répondre en citant

Dans les bureaux du NEF à Paris, il doit y en avoir pas mal à être pris d'une subite envie de congés. Et je me demande comment la propagande doriotiste explique que les "victoires éclatantes" des Allemands ont lieu de plus en plus près de la capitale...
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Dans les bureaux du NEF à Paris, il doit y en avoir pas mal à être pris d'une subite envie de congés. Et je me demande comment la propagande doriotiste explique que les "victoires éclatantes" des Allemands ont lieu de plus en plus près de la capitale...


OTL, dans les derniers jours du régime de Mussolini à Salo, le duce allait au bureau... à vélo. Même son chauffeur et ses gardes du corps avaient pris la tangente. Cela risque d'être pareil pour Doriot FTL.
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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 16:20    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
OTL, dans les derniers jours du régime de Mussolini à Salo, le duce allait au bureau... à vélo. Même son chauffeur et ses gardes du corps avaient pris la tangente. Cela risque d'être pareil pour Doriot FTL.

Je repense à cette scène du "Dernier Empereur" de Bertolucci dans laquelle Pu Yi et son dernier carré de fidèles, apprenant l'arrivée imminente des Soviétiques, tentent de s'enfuir en avion... pour s'apercevoir après avoir pris place à bord que les pilotes ont déjà déserté.
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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 18:02    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Dans les bureaux du NEF à Paris, il doit y en avoir pas mal à être pris d'une subite envie de congés. Et je me demande comment la propagande doriotiste explique que les "victoires éclatantes" des Allemands ont lieu de plus en plus près de la capitale...


Un coloriage "en France occupée" sur le sujet serait intéressant 😊

J'ai fait un petit ajout sur le sujet dans le sujet Festung 😊
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Imberator



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MessagePosté le: Ven Nov 01, 2019 18:33    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La journée aura néanmoins été très éprouvante pour la 2. Panzer, qui elle devra elle aussi rentrer en Allemagne se refaire une santé.

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