Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Une famille Nordinaire, par Etienne
Aller à la page 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> Récits romancés
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 11656
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 12:18    Sujet du message: Une famille Nordinaire, par Etienne Répondre en citant

Si les réactions sont positives, je pense qu'Etienne se fera un devoir de poursuivre ce double récit !


Une famille Nordinaire

Extraits de « De la Belgique à la France, Chronique d’une famille Nordinaire » par Heudé, Ed. la Voix du Nord, 2016.

21 juin 1940
L’amour de la bonne bière
Banlieue de Lille
– En cette journée de solstice d’été, une jeune fille fête ses dix-sept printemps. Cependant, l’ambiance est morose, dans la petite maison de rue de ce quartier entre deux villages. Le spectacle des champs en face, où les coquelicots se mêlent aux blés et les bleuets aux fleurs de pomme de terre, n’arrive pas à faire oublier l’absence du père, mobilisé comme tant d’autres en 39. Il avait pourtant 41 ans, Henri, mais c’était une perle rare, à la fois conducteur de camion et chauffeur de voiture de maître. De la guerre, il ne connut pas le fusil, mais il en apprit néanmoins les désagréments, étant fait prisonnier lors de l’avance allemande en mai. Et la captivité, il connaissait : lors de l’Autre, mobilisé à 16 ans, il avait fait les frais de l’avancée tout aussi rapide des troupes germaniques et n’avait été libéré qu’en 1918… De cette époque, il avait gardé, outre des souvenirs, une calvitie précoce, et en 1924, ce qui lui restait de cheveux avait blanchi rapidement.
La mère, petite dame née avec le siècle, avait bien reçu un message l’informant que son mari, prisonnier, était sain et sauf, mais cela n’empêchait pas l’inquiétude.
Comme midi sonnait au loin, on se préparait à dîner (comme en Belgique, dans le Nord, on dîne à midi ! Et on soupe le soir…). Bien modeste repas pour un anniversaire, quelques pommes de terre du jardin, cuites à l’eau, avec un morceau de beurre, le tout accompagné d’un verre de bière faite à la maison. Qu’importe, c’est le plat préféré de la jeune fille, donc elle sourit, en humant le bouquet de fleurs que l’un de ses amis lui a apporté ce matin.
Soudain, on cogne à la porte. Fortement. Inquiète, la mère va ouvrir, et se trouve en face de quelques militaires allemands, mais bizarrement vêtus de bleu.
– Bonchour madame, avez-vous de quoi boire, de la bière?
Interdite, la pauvre femme, qui a toujours suivi les préceptes de son curé de village concernant le mensonge, ne peut que bredouiller que oui, elle en a, mais qu’elle fait elle-même et qu’elle en a peu… L’officier sourit, pénètre dans la maison en lui demandant de les précéder, puis désigne la porte de la cave à un de ses suivants en lui disant quelque chose d’incompréhensible pour qui ne connaît pas la langue de Goethe. Sans mot dire, un sous-officier, calot sur la tête, descend l’escalier. Il remontera bredouille, que des bouteilles vides…
Dans la salle à manger, où la jeune fille apeurée s’est assise dans un coin, l’officier, tout en la saluant aimablement, saisit le pot en étain contenant le nectar du Nord, et emplit un verre.
– Ach, Madame, vous êtes trois dans cette maison, il y a trois couverts, mais je ne vois que vous et la petite demoiselle !
– Je mets toujours un couvert pour mon mari, au cas où il rentrerait…
– Il est parti ?
– Oui, et prisonnier, à l’heure qu’il est…
– Ach, la guerre, gross malheur!… Hmm… Votre bière est excellente, madame, félicitazions ! Mais vous en avez d’autre?
– Euh… Oui, dans mon chaudron là-bas… Mais je l’ai faite pour l’anniversaire de ma petite, vous n’allez pas tout nous prendre ?
– Nein, dans quoi pourriez-vous en refaire ?
[Il devait penser au chaudron en cuivre !] Kurt ! [Suivent quelques mots en prussien.]
Kurt sort un instant et revient avec une dizaine de gourdes en aluminium, que trois hommes s’occupent bientôt à remplir, à l’aide d’un entonnoir et d’une louche.
– Herr Leutnant ! [Quelques mots.]
– Il en reste un peu ? Bah, laissez-en pour l’anniversaire de la kleine Fraulein. Puis il se tourne vers la petite dame, toujours immobile :
– Fous pourrez en refaire, madame ?
L’intonation est plus impérative qu’interrogative…
– C’est que… Je n’ai plus d’orge, du moins pas assez, monsieur l’officier.
– Ach ! Embêtant, ça…
– Ces Messieurs peuvent peut-être nous en procurer ?

Les deux têtes se tournent vers la petite jeune fille, qui a mis ingénument son grain de sel, grondant intérieurement devant la disparition de SA bière… Rire de l’officier.
– Ja, bonne idée petite demoiselle, nous allons vous trouver ça… Et nous reviendrons. Combien de temps faut-il pour faire la bière ?
– Euh… sept jours, à peu près.
– Gut ! Au revoir, mesdames, et à bientôt !

Les autres Allemands saluent de la tête et s’en vont, claquant la porte derrière eux. La petite dame s’effondre sur une chaise et commence à sangloter… La jeune fille s’approche et l’entoure des ses bras : « Ne pleure pas Maman, ils sont partis, ils ne nous ont rien fait et à part notre bière, ils n’ont rien pris… »
– Oui, mais ils vont revenir… Mon Dieu, qu’ai je fait d’en offrir aux voisins, je suis sûr que c’est l’un d’eux qui nous a dénoncées !
– Bah, il faut qu’ils trouvent de l’orge, donc si ça se fait, on ne les reverra plus.

Le soir même, un militaire allemand toque à la porte et leur donne un grand seau métallique rempli d’orge.
Ils vont revenir.

………

L’amour des beaux avions
SNCASO, Mérignac
– Morose, Stefan contemple la chaîne d’assemblage des bimoteurs MB-175. Depuis qu’il sait qu’il faut en déménager le plus possible en AFN, il a deviné que quelques-uns de ses chers avions risquaient d’être détruits plutôt que finis, et cela le chagrine. Ces avions font partie de son âme, de sa chair, et en démanteler même quelques-uns est au-dessus de ses forces, il confiera cette tâche à un autre, c’est sûr !
Avec l’ingénieur de production Brignon, ils ont fait un point des en-cours et des possibilités. A ce jour, il y a 20 fuselages en construction à Bacalan et onze en assemblage à Mérignac, le 23e exemplaire vient juste d’être livré à l’Armée, qui l’a fait aussitôt partir pour Oran. Plus huit MB-176, en fait des 175 à moteurs Pratt & Whitney, moins puissants mais, paraît-il, plus fiables et surtout disponibles en nombre.
Avec la perte de St-Nazaire et Rochefort, d’ici deux ou trois jours, il n’y aura plus ni ailes ni empennages de livrés, donc la direction a accepté de stopper la fabrication de Bacalan et d’évacuer leurs en-cours directement par bateau, avec les outillages et les stocks. Il ne reste donc à finir que dix-neuf appareils, mais quel répit les Allemands vont-ils leur laisser ?
Les Allemands ! Les images de l’autre guerre, la Grande, lui reviennent à l’esprit. En Quatorze, son frère, qui avait juste ses dix-huit ans, était parti, mobilisé – il reviendrait, cassé de partout, fin 1918. Lui avait à peine treize ans au début des hostilités, et avait vécu l’occupation de Lille comme une prison à l’échelle d’une ville, avec les privations et l’enfermement… Et voilà que ça recommençait, on n’en finirait donc jamais ? Il pense à son jeune neveu, que n’a-t-il accepté de le suivre, le voilà bloqué là-haut, tout comme lui l’était il y a 25 ans, la rage au cœur… D’autant plus qu’il est malin, le gamin, mais voilà, sa mère l’avait convaincu d’entrer dans l’administration : « C’est moins dangereux que ces aéroplanes ! » avait-elle dit. Il secoue la tête… « Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir, mais quel manque de jugeote, comme d’habitude, ma belle-sœur ! » se dit-il. Et maintenant, ils sont comme prisonniers… Cette pensée le fait frémir.
Tout plutôt que de retrouver le joug des Fridolins ! Heureusement qu’on lui a proposé de filer en AFN, sinon il aurait embarqué en fraude sur un bateau, en se cachant dans un avion, par exemple. Bon, pas besoin maintenant qu’il est désigné pour le voyage, mais ce qui l’inquiète tout de même, c’est qu’on lui a dit qu’il partirait dans les derniers, ils ont besoin de lui pour finir les dernières machines, voilà ce que c’est que de les connaître sur le bout des doigts.
Il est tiré de ses pensées par un appel d’un arpète, haletant : « Chef, chef ! »
– Oui, qu’y a-t-il ? Les Boches sont là ?
– Heu non, chef… Mais on a déballé les moteurs pour les derniers 175, et ce ne sont pas les bons !
– Hein ? C’est quoi ce foutoir ?
– J’vous jure, chef, ce sont tous des 14N49, c’est pour les 152, non ?
– Non, c’est bon pour les bimoteurs, mais il faut aussi des N48, qui tournent en sens opposé.

Suivi de l’apprenti, Stefan fonce au dépôt des moteurs. Là, plusieurs caisses sont ouvertes et Léon Dartigny, voyant le contremaître arriver, l’interpelle : « Ils nous ont livré que des types 49 ou presque ! »
– Combien de 48 ?
– Il nous en manque quatre pour compléter la série des onze 175.
– Marseillais, va ! Je pensais qu’il en manquait plus… Bon, ça ne nous fait plus que sept 175 à terminer, plus les 176, on devrait y arriver. Je vais aller voir Brignon pour savoir s’il faut démonter les ailes des autres pour les embarquer pour le Maroc. En attendant, petit, va voir Grandet à la ligne des 152 et dis-lui qu’il a huit bourrins de plus, ça devrait lui faire plaisir…

Toujours ça de sauvé, se dit-il en grimpant l’escalier métallique qui mène aux bureaux. Brignon est d’accord pour démonter les ailes des avions privés de moteur et s’empare du téléphone pour prévenir le responsable des chargements au port et trouver les camions ou wagons nécessaires pour y aller, ce sera plus complexe que pour les cellules seules, moins lourdes.
Stefan retourne sur la chaîne et reprend son boulot avec philosophie, coordonnant les actions, surveillant tout et mettant la main à la pâte lorsqu’un de ses gars se trouve coincé sur une opération. Pas bégueule, le contremaître, et la plupart l’adorent, hormis ceux du syndicat dont il fait pourtant partie. Faut dire que s’il est resté très ouvrier de caractère, il n’admet pas non plus les manœuvres uniquement politiques et il n’hésite pas à le dire, avec la grande gueule qui le caractérise. Demander au patron de meilleures conditions de travail et de vie, oui, mais ralentir ou saboter le boulot sous des prétextes fallacieux, ça non ! Et le premier qui l’a traité de suppôt du patronat s’est pris une mandale dont il se souvient encore. Depuis, les syndicalistes le laissent un peu de côté, ce dont il n’a cure, car il a quand même ses informations et va toujours aux réunions officielles.
Un ouvrier revenu bredouille du magasin l’amène à aller voir ce qui se passe par là. Il pénètre dans la guérite attenante au magasin, fief du chef-magasinier… Vide, mais son second, Profont, l’interpelle :
– Si tu cherches Dupuis, c’est foutu, il est parti ce matin pour Casablanca !
– Ah ? Et qui le remplace ?
– Bin moi, tiens, qui d’autre ?
– Je sais pas moi, quelqu’un de capable ?
– Pfff… Bon, qu’est-ce que tu veux ? Dépêche, j’ai pas que ça à faire, on doit rassembler et mettre en caisses le stock.
– Legrain vient de me dire qu’il n’ y a plus de connecteurs électriques AB-10 ?
– Bin non, je viens de te dire qu’on met tout en caisses pour évacuer au Maroc !
– Stupide imbécile ! Et les avions qu’on doit finir, hein ?
– Bin, heu, ils n’ont pas été approvisionnés ?
– Si, et les connecteurs ont été stockés au magasin, idiot ! On n’a pas la place pour tout mettre sur la chaîne, t’es miro ou quoi? Et t’as pas lu la note de Brignon ? Donc tu vas me faire le plaisir, avant d’emballer tes caisses, de me sortir et préparer tout ce qu’il reste de pièces nécessaires au montage des zincs en cours, plus trois-quatre jeux, des fois qu’on ait des problèmes de défectuosité. Et vite, ou je te fais bouffer ton béret !

Stefan tourne les talons en marmonnant quelque chose sur les capables-incapables, difficile à retranscrire ici. A peine est-il sorti que Profont grimpe à son tour l’escalier menant aux bureaux, afin de demander à l’ingénieur ce qu’il doit faire, en fin de compte.
Il redescend en faisant grise mine, Brignon ayant donné raison au coléreux mais logique contremaître.


30 juin 1940
L'amour des fleurs
Banlieue de Lille
– Du haut de son vélo de fonction et de ses dix-sept ans – dix-sept aujourd’hui, c’est son anniversaire ! – un jeune homme pédale de toutes ses forces pour grimper la côte, peu pentue mais longue, qui mène au domicile de l’élue de son cœur… Il profite de la pause imprévue (et imposée par l’arrivée des Allemands) dans son jeune métier de télégraphiste – pour le moment, il ne fait que porter les plis à domicile et depuis l’interruption du service par les Allemands, il n’a plus rien à faire. La veille, elle lui a dit de passer aujourd’hui, les fleurs qu’il lui a offertes le matin de son anniversaire à elle ont visiblement fait leur effet, il a donc refait un bouquet aujourd’hui, quand bien même il s’agit du sien d’anniversaire !
La vue d’un avion en approche du terrain d’aviation de Lesquin lui fait automatiquement penser à l’oncle Stefan, qui lui avait proposé en début d’année de venir travailler à l’usine d’avions où il est contremaître à Bordeaux, aux Ateliers Bloch – l’usine a été nationalisée, mais on continue de l’appeler ainsi. Il avait poliment refusé, arguant de son nouveau statut d’auxiliaire aux PTT et du fait qu’il en préparait le concours d’entrée. Bien sûr, il n’avait pas ajouté que cela l’aurait aussi par trop éloigné de sa bien-aimée, qu’il courtise timidement depuis bientôt un an…
Et puis, l’aviation lui laisse un goût amer… Celui de la disparition du père, mort des suites de ses blessures, alors qu’il n’avait que trois ans. Certes, il ne l’a pas vraiment connu : on n’a fait que lui raconter, mais il a souffert de cette perte, tant affectivement que matériellement, la famille n’était pas riche. Avec sept enfants et sans indemnité de veuve de guerre, la mère n’a pas pu faire des miracles. Tout ça parce que l’accident du père a eu lieu le 12 novembre 1918, un jour après l’armistice ! Il n’a donc pas été reconnu Invalide de guerre, et a été moins pensionné. Pourtant, sa survie avait tenu à peu ; on aurait même pu évoquer la chance si les suites administratives avaient été meilleures. L’aéroplane sur lequel il était observateur était tombé à la mer lors d’un essai de catapultage à partir d’un croiseur, tuant son pilote. Lui-même n’étant pas marin, mais détaché de l’Armée, les complications avaient rapidement commencé, alors qu’il gisait sur un lit d’hôpital de l’Armée d’Orient, brisé de partout. S’il en était sorti, il ne s’était jamais vraiment remis de ses blessures, sans compter celle à l’amour-propre – être déconsidéré ainsi lui avait peut-être fait encore plus de mal…
… Dernière côte. On aperçoit l’ancien moulin, là-haut, et toujours cet avion qui tourne…
Il a du mal à comprendre comment l’oncle Stefan, cadet de son père de cinq ans, a pu se passionner pour l’aviation après cette triste histoire. Apprenti mécanicien tourneur-fraiseur à 14 ans à Lille et à Roubaix chez Peugeot, l’oncle s’était fait embaucher, toujours comme apprenti, sur le terrain d’aviation de Ronchin, où il passait tout le temps qu’il pouvait, admirant les aéroplanes en bois et toile tout pétaradants ; son obstination et son enthousiasme l’avaient fait remarquer par les riches propriétaires d’avion de l’aérodrome. Il n’avait plus quitté le monde aéronautique et il avait bien vite grimpé les échelons, sa débrouillardise et son sens inné de la mécanique compensant son manque d’instruction (enfin, il avait son certif’, quand même !).
Perdu dans ses pensées, le jeune homme ne prête guère attention à la voiture garée non loin. Il descend de bicyclette et la pose contre la barrière du petit jardinet, devant la maison de son espoir. Bouquet en main, il toque à la porte. Celle-ci s’ouvre après quelques instants, mais non pas sur une silhouette connue – la mère ou la fille. C’est un grand escogriffe en uniforme allemand, mais bleu, qui se tient devant lui, en lançant un « Was ? » guttural et autoritaire.
Sidéré par cette apparition imprévue, le jeune homme ne sait que dire. Des pensées bizarres fusent dans sa tête : « Encore un aviateur, décidément, ça me poursuit… ». Que faire, prendre la poudre d’escampette ? C’est trop tard… Mais l’homme, voyant le bouquet de fleurs, comprend vite et éclate de rire : « Ach ! Du fiens bour la bedite demoiselle ? Komm in ! ». Dans la salle à manger, la jeune fille bondit de sa chaise en rougissant et l’Allemand s’adresse aux autres, sans que les trois Français y comprennent quelque chose. Mais ce doit être amusant, car les cinq soldats se mettent à rire. Surprise, la mère demande : « Bah, Julien, qu’est ce que tu fais là ? » Mais c’est l’officier allemand qui lui répond : « Ach, Madame, vous voyez bien, il est venu voir sa petite amie… »
La mère : « Mais non, enfin je veux dire, c’est juste un copain d’école… »
La fille : « C’est son anniversaire aujourd’hui, je lui avais dit de venir me voir. »
L’officier : « Et c’est pour ça qu’il vous amène un bouquet de fleurs, ach ! Galanterie Française ! »
Le jeune homme, qui commence à rougir lui aussi : « Euh… Bin c’est plus poli, et elle aime les fleurs… »
Nouveaux rires des Allemands, cette fois devant l’air incrédule, voire ahuri, de la mère, qui comprend soudain, en voyant les deux jeunes rouges comme des pivoines, que leur amitié d’enfance a un peu évolué.
L’officier : « Kurt ! Tu laisseras un peu de bière pour les jeunes, c’est fête ! Et je crois que Madame aura besoin d’un remontant ! Mais bon, ne nous faites pas le coup de l’anniversaire toutes les semaines ! »
Tout en plaisantant dans leur langue, les Allemands sortent tranquillement de la petite maison, l’officier en dernier. Il remercie la mère et lui donne rendez-vous pour une nouvelle cuvée de bière la semaine prochaine.
Mais ils ne reviendront jamais…
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
egdltp



Inscrit le: 07 Jan 2011
Messages: 414
Localisation: Cher

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 13:01    Sujet du message: Répondre en citant

Digne de la production FTL... La suite la suite...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 1674
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 13:08    Sujet du message: Re: Une famille Nordinaire, par Etienne Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Le jeune homme, qui commence à rougir lui aussi : « Euh… Bin c’est plus poli, et elle aime les fleurs… »

Même si c'est périssable?
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wil the Coyote



Inscrit le: 10 Mai 2012
Messages: 1872
Localisation: Tournai (Belgique)

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

Très beau récit.

Mais si je peut me permettre, que vont-ils faire des avions produits en petite quantité? genre le MB175
_________________
Horum omnium fortissimi sunt Belgae
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 2023
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Bon texte mais un petit anachronisme.

Le père de notre petit télégraphiste n'a pas pu avoir un accident lors du catapultage depuis un croiseur de son hydro le 12/11/1918 car la première catapulte embarquée sur un croiseur français, le Primauguet, qu'en ... 1926.
Donc, il faut corriger en disant que son hydro s'est crashé au décollage suite à un problème moteur. Ceux-ci n'étaient pas des plus fiables à l'époque, les pilotes de l'Aéropostale en feront souvent l'expérience.

@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2432
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 16:02    Sujet du message: Répondre en citant

Ah!
Dans mes souvenirs , enfin à ce que l'on m'a raconté, l'accident était suite à des essais sur porte-avions (Anglais?), donc pas avec un hydravion ni sur un croiseur... C'est Frank qui a corrigé ma version.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2432
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 16:07    Sujet du message: Répondre en citant

Wil the Coyote a écrit:
Très beau récit.

Mais si je peut me permettre, que vont-ils faire des avions produits en petite quantité? genre le MB175


Le souci, c'est que ça n'a pas été prévu FTL. Sinon, le MB175/176 est un bombardier rapide léger, en plus des missions de reco.

Et petite quantité, oui et non, car les approvisionnements des MB-175 étaient complétés à la hauteur d'environ 250 ex. Pour le MB-176, cela monta à plus de 1000, mais on ignore si les appros avaient commencé à être exécutées.

Donc on peut avoir minimum 200 MB-176 (des 175 motorisés P&W) en fabrication en AFN, même s'il faut du temps pour les sortir.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 11656
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 16:16    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Dans mes souvenirs , enfin à ce que l'on m'a raconté, l'accident était suite à des essais sur porte-avions (Anglais?), donc pas avec un hydravion ni sur un croiseur... C'est Frank qui a corrigé ma version.


En effet ! Un accident sur porte-avions français en novembre 1918, non.
Sur "PA" anglais ? En pour des Français ? Heu… J'ai des doutes. En outre, l'histoire des porte-avions a gardé trace des quelques accidents mortels survenus lors des essais sur "porte-avions", notamment celui d'un officier britannique qui se noya après avoir apponté, faute de brins d'arrêt (pas encore inventés).
Peut-être un essai avec un hydravion décollant grâce à un trolley largable du pont d'un "croiseur porte-hydravions" ? (comme ça s'est fait)
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
FREGATON



Inscrit le: 06 Avr 2007
Messages: 2096
Localisation: La Baule

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 19:05    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Etienne a écrit:
Dans mes souvenirs , enfin à ce que l'on m'a raconté, l'accident était suite à des essais sur porte-avions (Anglais?), donc pas avec un hydravion ni sur un croiseur... C'est Frank qui a corrigé ma version.


En effet ! Un accident sur porte-avions français en novembre 1918, non.
Sur "PA" anglais ? En pour des Français ? Heu… J'ai des doutes. En outre, l'histoire des porte-avions a gardé trace des quelques accidents mortels survenus lors des essais sur "porte-avions", notamment celui d'un officier britannique qui se noya après avoir apponté, faute de brins d'arrêt (pas encore inventés).
Peut-être un essai avec un hydravion décollant grâce à un trolley largable du pont d'un "croiseur porte-hydravions" ? (comme ça s'est fait)


Si ça peut faire un fond historique:
A partir de la fin octobre 1918, la marine mena une campagne d'essai de mise en oeuvre d'avions sur le cuirassé Paris.
Ce dernier avait été doté d'une plate-forme montée sur la tourelle de 305 n°2. Les essais ont été réalisés avec des Hanriot HD1 de la Commission d'Etudes d'Aviation au large de Saint-Raphaël puis de Corfou.
Il semble que quelques accidents ont ponctué cette expérimentation, notamment un qui a failli coûter la vie à l'EV Teste.
_________________
La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 11656
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 19:19    Sujet du message: Répondre en citant

Ah ! On s'instruit toujours grâce à la FTL ! Wink
Donc un accident au décollage… mais à partir d'un cuirassé.
Etienne, est-ce que l'accident aurait pu survenir devant Corfou, au départ du Paris ?[/i]
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2432
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Mer Fév 08, 2017 19:27    Sujet du message: Répondre en citant

C'est bien possible, je n'ai hélas pas de renseignements à ce sujet, que les mémoires orales de la famille, donc pouvant déformer l'histoire sur certains points.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Wil the Coyote



Inscrit le: 10 Mai 2012
Messages: 1872
Localisation: Tournai (Belgique)

MessagePosté le: Jeu Fév 09, 2017 09:54    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Wil the Coyote a écrit:
Très beau récit.

Mais si je peut me permettre, que vont-ils faire des avions produits en petite quantité? genre le MB175


Le souci, c'est que ça n'a pas été prévu FTL. Sinon, le MB175/176 est un bombardier rapide léger, en plus des missions de reco.

Et petite quantité, oui et non, car les approvisionnements des MB-175 étaient complétés à la hauteur d'environ 250 ex. Pour le MB-176, cela monta à plus de 1000, mais on ignore si les appros avaient commencé à être exécutées.

Donc on peut avoir minimum 200 MB-176 (des 175 motorisés P&W) en fabrication en AFN, même s'il faut du temps pour les sortir.


Donc on pourrait avoir un ou deux groupes équipés de MB-176
_________________
Horum omnium fortissimi sunt Belgae
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 6293
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Jeu Fév 09, 2017 11:23    Sujet du message: Répondre en citant

Le hic, c'est que l'intention par ailleurs tout à fait louable se heurte à l'historique déjà écrit de la FTL (mais après tout cent fois sur le métier etc ...) mais surtout aux contraintes logistiques et techniques. La capacité d'emport du GD n'est pas extensible à l'infini (ici il faut déménager machines, ouvriers, cellules, moteurs, ailes, stocks de pièces,, ...). Sachant que des bombardiers américains (DB-7, M-167) arrivent en nombre et quasi opérationnels, il n'est pas évident que le choix serait fait de poursuivre la production des MB-17x, qui ne redémarrerait forcément pas dans l'immédiat en AfN, alors que le besoin d'avions, lui, est immédiat.
Mobiliser les ouvriers (qui tous ne voudront pas déménager) pour organiser les infras sur place et assembler/finaliser les avions américains semble hélas plus logique.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
GAULLISTE 54



Inscrit le: 18 Juin 2013
Messages: 680
Localisation: Nancy

MessagePosté le: Jeu Fév 09, 2017 23:37    Sujet du message: Répondre en citant

J'aime bien ce récit ! Ca change un peu.
_________________
Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France !
Charles de Gaulle


"Qui s'y frotte, s'y pique !"
Devise des Ducs de Lorraine

"Non inultus premor"-"Nul ne me touche sans impunité"
Devise de la Ville de Nancy
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2432
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Ven Fév 10, 2017 13:01    Sujet du message: Répondre en citant

Un peu de normalité dans un monde de brutes...Angel

Pour info, cela se situe juste avant l'épisode aérien du 1er juillet. Wink


loic a écrit:
Le hic, c'est que l'intention par ailleurs tout à fait louable se heurte à l'historique déjà écrit de la FTL (mais après tout cent fois sur le métier etc ...) mais surtout aux contraintes logistiques et techniques. La capacité d'emport du GD n'est pas extensible à l'infini (ici il faut déménager machines, ouvriers, cellules, moteurs, ailes, stocks de pièces,, ...). Sachant que des bombardiers américains (DB-7, M-167) arrivent en nombre et quasi opérationnels, il n'est pas évident que le choix serait fait de poursuivre la production des MB-17x, qui ne redémarrerait forcément pas dans l'immédiat en AfN, alors que le besoin d'avions, lui, est immédiat.
Mobiliser les ouvriers (qui tous ne voudront pas déménager) pour organiser les infras sur place et assembler/finaliser les avions américains semble hélas plus logique.


Deux-trois choses: D'abord le GD doit emmener le maximum de l'industrie aéronautique, c'est écrit sur la feuille de route de DG, et comme je l'ai déjà précisé, y a pas des tonnes de machines, ni de moteurs en stock, ils étaient livrés au compte-gouttes. Et on ne va pas laisser de l'appro de pièces aux allemands. Pour les 176, les moteurs P&W doivent à présent arriver déjà au Maroc.
Ensuite, le personnel de montage des avions US existe, déjà dans les AIA, et notamment celui de Casa. Et ce sera renforcé par les AIA de la métropole qui eux seront tous évacués (quatre dans la région sud).
Enfin, décrocher des ouvriers civils d'une SNCA pour les mettre sous ordres de l'Armée va demander des discussions au plus haut niveau, d'autant plus que ce personnel-là n'est pas formé sur les avions US (donc temps de formation) mais connaît bien ceux qu'ils montaient.

Alors certes, ça va prendre du temps, ne serait-ce que pour l'infrastructure à mettre ne place, mais c'est faisable à moyen terme. Comme il y en a d'embarqués à divers degrés de finition, nul doute qu'ils seront finis avant la fin de l'année, ce qui peut modifier l'avis en haut lieu. N'oublions pas que le Bloch 174 jouissait d'une excellente réputation à tous les niveaux (sauf les mécanos moteur à cause des Gnome-Rhône).
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> Récits romancés Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
Page 1 sur 7

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com