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Novembre 1943, Italie / Balkans
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ciders



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MessagePosté le: Mer Sep 28, 2016 20:51    Sujet du message: Répondre en citant

La défense antiaérienne italienne (et allemande) semble assez peu efficace, si on excepte les navires utilisés comme batteries flottantes de Flak. Est-ce par manque de tubes ou de servants expérimentés, ou est-ce que le ratio de pertes correspond à ce qui s'est passé OTL ?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Sep 28, 2016 21:02    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense qu'ils manquent de canons. Les villes Allemandes doivent avoir la priorité.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mer Sep 28, 2016 21:08    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir

24 novembre

Citation:
Sur le chemin du retour, les pilotes entendent sur leur fréquence radio les échos d’un combat tout proche.


@+
Alain
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Sep 28, 2016 23:10    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Capu Rossu !
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Casus Frankie

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lebobouba



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MessagePosté le: Mer Sep 28, 2016 23:49    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Une petite question:

Il est fait mention d'une canonnière AA "Niobe" durant l'opération Walrus du 29 novembre.

A ma connaissance, il existe déjà un Flak ship portant ce nom : l'ex croiseur hollandais Gelderland(1898) saisi avant le POD.
(Coulé durant l'été 44 OTL en Finlande)

A moins qu'il ne soit dèjà détruit FTL, ca risque pas de faire doublon ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 29, 2016 00:06    Sujet du message: Répondre en citant

La Niobe est l'ex-canonnière Cattaro (ex-yougoslave Dalmacija), rebaptisée Niobe car c'est le nom qu’elle portait avant que la Yougoslavie l’achète à l’Allemagne. Cette ancienneté lui donne priorité sur le vieux machin hollandais, qui a été débaptisé.
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Casus Frankie

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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Sep 29, 2016 10:39    Sujet du message: Répondre en citant

30 novembre
La campagne d’Italie
Dommages collatéraux
Bologne – En prévision de d’une future offensive,

Petite faute de frappe Very Happy Very Happy

Les alliés frappent voies ferrés et fluviales, mais y a t'il des missions rhubarbs ou assimileable de prévu pour le trafic routier ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 29, 2016 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

Merci.
Strangle concerne autant les routes que le rail et les fleuves.
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Casus Frankie

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loic
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MessagePosté le: Jeu Sep 29, 2016 13:21    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
La Niobe est l'ex-canonnière Cattaro (ex-yougoslave Dalmacija), rebaptisée Niobe car c'est le nom qu’elle portait avant que la Yougoslavie l’achète à l’Allemagne. Cette ancienneté lui donne priorité sur le vieux machin hollandais, qui a été débaptisé.

Voir http://www.german-navy.de/kriegsmarine/ships/aabattery/index.html : le navire ex-hollandais a bien été mis en service comme batterie AA flottante (mais capable de se mouvoir seule) sous le nom de Niobe. La conversion a lieu dans un chantier néerlandais et se termine OTL le 1er mars 1944. FTL, le navire peut sans doute être achevé (les bombardements alliés sur les chantiers néerlandais étaient à priori assez limités compte-tenu de la faiblesse de l'enjeu et sans doute des réticences du gouvernement en exil), mais il y a toutes les chances qu'il reste du côté de la Mer du Nord au lieu de partir vers la Finlande.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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egdltp



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MessagePosté le: Jeu Sep 29, 2016 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

A la vue du calendrier OTL et de ce mois de Novembre 1943, le nom "Niobe" est libre pour le bâtiment hollandais, donc pas de souci si il est souhaité de le garder.
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lebobouba



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MessagePosté le: Jeu Sep 29, 2016 19:09    Sujet du message: Répondre en citant

OK, donc plus de problème de nom pour les deux Niobe... Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 13:08    Sujet du message: Market en Macédoine Répondre en citant

Revenons à Novembre 1943, dans les Balkans, grâce à Demolition Dan.

1er novembre
La campagne des Balkans
Œcuménisme de guerre
Serbie
– Dans toutes les églises orthodoxes suivant le rite byzantin, le 1er novembre n’est pas vraiment un jour férié. Si les popes et leurs ouailles célèbrent bien la Fête de tous les Saints, ils choisissent pour cela le dimanche suivant la Pentecôte. Une différence de plus avec la Croatie, dont les habitants, bons catholiques, respectent le rite instauré par Grégoire IV.
Aujourd’hui, les popes orthodoxes préparent donc surtout, malgré les difficultés et le rationnement imposés par la guerre, la célébration de la Saint-Dimitri, le 8 novembre. Cette fête traditionnelle est l’occasion d’un service religieux et d’une communion, mais aussi d’un repas offert à tous, dans la maison du “patriarche” local (maire du village, chef d’une famille importante) et durant lequel le prêtre bénit la maisonnée. Hélas, les contraintes de rationnement étant ce qu’elles sont en ce début d’hiver, le repas en question risque d’être des plus frugaux. Où trouver des clous de girofle et du miel pour le slavski kolač (le gâteau de la slava), décoré de la Croix ? Ou se procurer les rameaux de blé, symbole de la Résurrection ?
Hélas, les popes et toute la population serbe ne peuvent que subir ce dénuement, eux qui vivent sous la coupe des Allemands ou, pire, des Russes voire des Croates. Car chacun feint d’ignorer l’existence même du Gouvernement de Salut National de Milan Nedić, le traître de l’invasion de 1941, l’homme dont on dit qu’il détourne l’argent de ses propres Tchetniks… Par contre, si l’autorité temporelle a ses Judas, l’église orthodoxe peut s’enorgueillir de n’avoir pas cédé aux pressions du vainqueur. Le patriarche Gavrilo V a même été exilé pour avoir protesté contre le pillage par la Heer du monastère d’Ostrog. On murmure que les Allemands auraient fait marcher le vieil homme sur 300 kilomètres, pieds nus et en chemise, jusqu’au monastère de Ljubostinja (Trstenik, Serbie), où il vivrait désormais confiné avec l’archevêque Nikolaj Velimirović [Il faut toutefois signaler que, contrairement aux rumeurs, la détention de ces religieux se passe « correctement », selon leur propre témoignage. Les Allemands, et notamment Hermann Neubacher, continuent à espérer obtenir l’appui de l’église orthodoxe contre les Partisans communistes.]. Privés de cette figure tutélaire, les popes sont donc livrés à eux-mêmes pour leurs sermons.
De ce fait, quand des envoyés du cardinal croate Aloysius Viktor Stepinac demandent audience aux principaux membres de la hiérarchie orthodoxe, dont l’évêque de Banja Luka ou les archevêques de Belgrade-Karlovci et Sarajevo, ces religieux, surpris, ne disposent pas d’instructions de leur Patriarche quant à la posture à adopter. Mais en bons chrétiens, ils se souviennent bien sûr que la vertu d’hospitalité fait partie de leurs vœux, quel que soit le visiteur, et ils reçoivent les émissaires catholiques.
………
« Même si les rangs inférieurs de l’église catholique croate (dont la majorité des curés et les mouvements de jeunesse comme “l’Organisation des Croisés”) soutenaient sur le terrain la politique raciste des Oustachis, sa hiérarchie maintint au contraire envers le régime oustachi une politique de prudence typique de Pie XII. On ne peut vraiment parler de Résistance, même si Giovanni Montini [Futur pape Paul VI.], secrétaire particulier du Vicaire de Saint-Pierre et très actif au sein de la Curie, ne cacha jamais son mépris personnel envers Ante Pavelic – il lui aurait même déclaré en personne que l’Eglise ne reconnaitrait jamais des frontières modifiées par la force. On dit que Pavelic, pour qui les relations avec le Vatican étaient aussi importantes que les relations avec l’Allemagne, en fut fort dépité. Mais le seul Montini ne pouvait évidemment lui barrer le chemin du Vatican. Et finalement, à la fin de 1941, alors que la Croatie était censée être devenue une monarchie avec à sa tête Aimone de Savoie-Aoste, duc de Spolète, Pie XII reçut Pavelic, en tant que chef du gouvernement de ce “royaume” et sous la pression du Duce. L’audience ne dura qu’une grosse demi-heure… mais elle allait ensuite servir à justifier de véritables bains de sang.
En effet, voyant dans le geste du pape une bénédiction du régime de Pavelic, les plus exaltés des membres du clergé croate saisirent l’occasion de montrer au grand jour leur haine du communiste, de l’orthodoxe et du musulman – tous apparemment exclus de l’enseignement du Christ sur l’amour de son prochain. De cette terrible légion de fanatiques, nous n’extrairons que deux personnages exemplaires. Le premier, un moine franciscain nommé Tomislav Filipović, dirigea tout simplement le camp de concentration de Jasenovac, où il mérita le surnom de “Fra Sotona”, Frère Satan ! Ayant contribué au meurtre de plus de 50 000 personnes, il fut excommunié et chassé de l’Eglise par les autorités ecclésiastiques de Croatie dès le mois de juillet 1942 – ce qui fut confirmé plus tard par le Saint-Siège. Quand il fut enfin jugé et pendu pour ses crimes, il avait quitté la bure depuis longtemps. Autre exemple, plus feutré mais non moins actif : l’archevêque de Vrhbosna (paroisse correspondant à l’état médiéval de Bosnie et centrée sur Sarajevo), qui poussa à la conversion forcée de nombreux orthodoxes, tout en se servant largement dans les biens des Juifs déportés. L’intéressé écrivait par ailleurs avec une remarquable hypocrisie dans son journal diocésain : « Il y a une limite à l'amour. Le mouvement de libération du monde des Juifs est un mouvement pour le renouvellement de la dignité humaine. Un Dieu omniscient et omnipotent se cache derrière ce mouvement. »
Pourtant, la hiérarchie catholique croate la plus élevée continuait à observer une réserve très marquée envers les Oustachis et leurs protecteurs allemands, dont il lui paraissait de plus en plus évident qu’ils perdraient la guerre. Et parmi ces dignitaires, il faut citer le cardinal Aloysius Viktor Stepinac, qui n’hésitait pas à montrer son désaccord avec les exaltés des mouvements catholiques croates et réprimandait publiquement certains prêtres qui allaient jusqu’à servir de gardes du corps à Pavelic. Hélas, si le jugement des actes du cardinal ne relève plus aujourd’hui que de son Seigneur, il est nécessaire de préciser ici que Stepinac ne fut jamais un véritable opposant au régime criminel des Oustachis. Juste un fin personnage, peut-être rapidement revenu lui-même d’un enthousiasme national et religieux, qui évita soigneusement de se compromettre en condamnant régulièrement les violences de tous les côtés, que celles-ci soient commises contre les chrétiens ou les Juifs, et par les Serbes, les communistes ou même les Croates. Naïf pour certain, “commerçant” pour d’autres, ce confesseur de bien des Oustachis ne pouvait ignorer les crimes commis – mais il en mésestimait peut-être l’ampleur. Aussi, par petites touches, il égratignait le soutien de l’église au régime – le 22 novembre 1941, en protestant auprès de Pavelic contre les lois raciales les plus radicales, le 25 octobre 1942, en nuançant le concept de “race” lors d’une de ses déclarations œcuméniques, ou lors de son sermon du 31 octobre 1943, dans lequel il mettait sur le même plan différents péchés : l’avortement, le communisme et des crimes génocidaires dont les auteurs étaient bien connus. Certains prétendent même qu’il servit d’intermédiaire pour tenter de sauver les Juifs de Croatie. Toutefois, il paraît évident que ni ses prêches, ni les protestations exprimées en privé à Pavelic ne pouvaient quoi que ce fût face à la haine… A-t-il fait plus ? Certains des membres de sa hiérarchie furent-ils moins timorés que lui ? Difficile à dire encore de nos jours – mais la liberté de mouvement de ses ouailles dans les débris d’une Yougoslavie en état de siège pouvait certainement être un atout pour les forces de la Lumière. »
(Robert Stan Pratsky, La Libération de la Grèce et des Balkans, Flammarion, 2005)
Les émissaires de Stepinac passeront quelques heures auprès de leurs frères chrétiens (mais orthodoxes), évoquant longuement le sermon prononcé la veille par Son Eminence Stepinac. Après tout, les Croates ne sont pas tous oustachis… et moins encore communistes, n’est-ce-pas ? Nul ne saura ce qui s’est dit dans le secret des sacristies.

Opération Derby
Balkans
– Les avions alliés repartent à l’assaut pour fêter la Toussaint à leur façon. Les forces de l’Air-Marshall Tedder frappent toute la largeur du front balkanique, de Kotor (sur la côte adriatique) jusqu’à la frontière bulgare, sans que la Luftwaffe puisse s’y opposer. Les Boston des 234th et 235th Wing frappent ainsi le nœud routier de Blagoevgrad, en Bulgarie. Les conditions nuageuses étant jugées mauvaises sur l’objectif, les avions décident de faire deux passages avant de larguer leurs projectiles – et quand ils rebroussent chemin, ils ne sont poursuivis que par quelques discrets panaches de DCA.

Préparatifs
Macédoine
– Les montagnards grecs poursuivent leur avance discrète le long du lac Ohrid et s’assurent de la ville de Lin, à moins de 15 kilomètres de Struga. Non loin, les 155 mm du 107e RALCA s’installent tout aussi discrètement près d’Urakë, sur une éminence qui domine le paysage de presque 300 mètres.


2 novembre
La campagne des Balkans
Œcuménisme de guerre
Serbie
– En pays orthodoxe, le jour des morts n’est pas plus célébré que la Toussaint de la veille. Selon la liturgie de cette Eglise, chaque jour est un jour de prière destiné à honorer les défunts – avec une attention particulière toutefois portée au samedi. Et Dieu sait qu’il y a beaucoup de morts à honorer ces dernières années. Dans le calme de leurs lieux de culte (du moins ceux épargnés par les Croates et les Russes), les popes reçoivent les instructions épiscopales et archiépiscopales pour la Saint-Dimitri… et les diffusent à leurs collègues moins informés.

Opération Derby
Balkans
– Les bombardements préparant Market se poursuivent sans que rien ne puisse s’y opposer. Les nœuds de communications alimentant la Macédoine et le Monténégro sont impitoyablement ciblés. Mitchell, Havoc et Baltimore, Boston, Beaumont et Banshee ravagent toutes les routes jusqu’à Pristina et Nis. Ils évitent toutefois de survoler les villes les plus importantes : on n’est jamais à l’abri d’un mauvais coup. Un Baltimore yougoslave et un Boston grec sont toutefois victimes de la Flak (l’équipage yougoslave est tué, l’équipage grec s’en tire en se posant sur le ventre dans les lignes alliées).
Dans la nuit, les Wellington du 202nd Wing poussent jusqu’à Velika Plana, visant le nœud ferroviaire de cette petite ville qui subit pourtant déjà la proximité de la 1. PanzerDivision, en garnison non loin.

Au commencement était le chaos
Kosovo
– Les centres de regroupement de la Résistance kosovare et notamment du Balli Kombëtar grouillent d’activité alors que les Partisans de Safet Butka fourbissent leurs armes pour l’insurrection annoncée. Pour eux, la Saint-Dimitri ne signifie rien – de bons musulmans ne sauraient ainsi honorer que le Prophète lui-même.
Mais si l’insurrection qui se prépare est dangereuse, elle ne l’est peut-être pas seulement pour les forces de l’Axe : le petit Kosovo concentre en effet bien des tensions et contradictions des Balkans dans un sac de nœuds particulièrement explosif. La région, qui fait l’objet de revendications contradictoires de longue date entre Albanie et Yougoslavie, est aujourd’hui majoritairement peuplée d’Albanais musulmans (même si les Serbes revendiquent une occupation majoritaire plus ancienne, datant de la seconde guerre austro-turque, au XVIIe siècle). Mais le gouvernement monarchiste de Pierre II n’envisage pas pour autant de lui laisser le droit à l’autodétermination – pour lui, la province fait bien partie de la grande Serbie slave et les musulmans n’y sont que des migrants transitoires [Après le premier conflit mondial, Pierre Ier de Serbie avait mené une politique assumée de “désalbanisation”, en poussant les Albanais au départ par tous les moyens afin d’installer à leur place des familles serbes et monténégrines.]. Et l’occupation italienne n’a évidemment rien arrangé, les Fascistes s’efforçant d’arracher la province à la Serbie pour l’intégrer à “leur” Albanie, avec une bonne partie du Monténégro en prime ! Seul Josip Broz Tito, avec son sens politique habituel, maintient une politique de modération et d’attentisme, évitant surtout de prendre parti.
En résumé, nonobstant les efforts des Musketeers de McLean ou les manigances de Mister Krymer, une évidence s’impose : on demande à des musulmans réputés d’obédience fasciste d’obéir à un Croate de culture catholique mais chef du Parti communiste afin de faciliter une offensive destinée à remettre au pouvoir un roi orthodoxe qu’ils ont combattu et dont le grand-père cherchait à les expulser de leurs propres territoires. Cette configuration n’est pas sans générer quelques difficultés !
Bien entendu, les services secrets de Sa Majesté ne sauraient faire preuve d'un excès de naïveté devant pareil tableau, surtout depuis les désagréments subis lors de l’opération Présage. La myriade de chefs locaux affiliés au Balli Kombëtar pourraient très bien ne pas se sentir concernés par l’accord de Tirana-Mukte, si personne ne venait le leur expliquer… C’est pourquoi le SOE suit avec la plus grande attention les divers mouvements de partisans de la région, tout en installant des correspondants locaux (et pas forcément occidentaux) aux allures d’ambassadeurs – ces seigneurs de guerre sont si susceptibles ! Parmi eux, il faut décrire deux personnalités saillantes.
D’abord, Muharrem Bajraktari, dit le Seigneur de Lumë, dirige l’une des plus importantes “troupes” du nord de l’Albanie, au-delà de l’axe Pukë-Kukes – c’est-à-dire l’extrême nord-est du pays, encore occupé par l’Allemagne et de surcroît accordée au PC d’Enver Hoxha. Bajraktari peut donc se sentir floué par l’accord de Tirana, à l’élaboration duquel il a assisté. Après tout, ce militaire de carrière administre et commande cette région depuis le retour du roi Zog… en 1926 [“Règne” interrompu seulement en 1936, par une courte période d’exil en Yougoslavie – Bajraktari refusait obstinément de collaborer avec l’inspecteur général britannique servant de conseiller militaire au roi Zog.] ! Depuis, l’homme a finement géré son fief et suivi une politique prudente faite d’absence d’engagement, d’alliances avec les tribus locales (dont les Kelmendi de Prek Cali) et – fait assez rare – de collaboration avec les résistants royalistes serbes de Draža Mihailović. C’est donc un interlocuteur naturel du SOE dans cette zone, d’autant plus privilégié qu’il est pour beaucop dans la réussite de la conférence et tient une bonne partie des centres de regroupement de Kosovska Mitrovica, Drenica et Tetovo – les Croates de la 373. ID ont bien fait de ne pas s’y attarder.
Autre personnage d’envergure, également présent à Tirana le 21 septembre, mais à l’opposé de la table de négociation (sinon du spectre politique) : Gani Bey Kryeziu, l’un des fameux trois frères théoriquement alliés à Enver Hoxha. On pourrait croire l’homme favorable aux idées du PC – en réalité, il n’en est rien. La famille Kryeziu est une famille dirigeante issue de l’occupation ottomane, qui a compté dans sa lignée nombre de prestigieux beys et hommes politiques, tous anti-communistes. Et Gani est le plus pro-serbe de la fratrie : il a fait l’académie militaire de Sarajevo, servi dans l’armée yougoslave et a même fini par devenir l’aide de camp d’Alexandre Ier. Son alliance avec le PC a donc tout de l’association de circonstance. Enver Hoxha lui-même méprise discrètement ce « parasite social » qui s’est échappé de l’Italie fasciste grâce à la complicité de Mehmet bey Konica, l’un des ballistes les plus compromis dans la collaboration. Au point de le qualifier en privé « d’agent serbe qui n’a jamais tiré un coup de feu contre les Allemands » ! Il est évident pour tous que le chef du PC le fera égorger par Mehmet Shehu dès qu’il ne lui sera plus utile …
Evidemment, les conflits internes à l’Albanie sont supposés gelés depuis la conférence de Tirana le 21 septembre. Evidemment, tous ces gens sont supposés lutter ensemble contre l’envahisseur nazi pour régler plus tard (et loin des regards) leurs différends. Mais le Kosovo n’est pas l’Albanie – du moins, la question n’est toujours pas résolue ! Muharrem Bajraktari ou Gani Bey Kryeziu ont beaucoup à perdre dans l’affaire, coincés entre les communistes albanais et des Serbes leur déniant tout droit sur le Kosovo. Et les deux hommes n’oublient pas la répression sanglante du 10 septembre 1943, qui avait vu Tchetniks, Titistes et Allemands ligués contre les ballistes musulmans. Plus ou moins contraints et forcés, ils obéiront – mais il suffirait d’une étincelle pour que tout dérape.


3 novembre
La campagne des Balkans
Opération Derby
Balkans
– Les avions de reconnaissance alliés (notamment ceux du GR II/33) reprennent leurs missions au-dessus des lignes et des voies de communication ennemies, estimant les positions des concentrations de forces ainsi que les dégâts infligés par les frappes.
Mais les bombardiers n’attendent pas le retour des épreuves pour repartir à l’assaut : toutes les provinces proches de la ligne de front sont frappées, même si la côte adriatique fait l’objet d’une attention soutenue avec notamment un raid des Blenheim des 237th et 238th Wings sur Trebinje. L’état-major allié espère ainsi ranimer la crainte d’une opération amphibie dans l’esprit du commandement de l’Axe. Quant aux Boston (le jour) et aux Wellington (la nuit), ils ciblent le nœud routier de Kraljevo, dont les voies desservent tout à la fois la Macédoine, Belgrade et la Bosnie-Herzégovine. Les troupes allemandes sur la ligne de front se préparent à un choc qu’elles appréhendent.

L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Enseignement
Macédoine yougoslave
« Fini de faire le beau ténébreux devant les recrues (enfin, les agneaux…) du bataillon de réserve : le capitaine me renvoie en première ligne avec les éléments de reconnaissance avancée. Ma petite démonstration d’il y a quelques jours a sans doute laissé des traces – au moins elle me servira dorénavant de carte de visite !
Je retrouve donc mes camarades, Kurt le mitrailleur et Oscar son assistant, plus un jeune imbécile blond dénommé Olaf qu’on m’a collé comme observateur. Il en faut bien un, et cette tâche ingrate mais ô combien essentielle n’allait tout de même être confié à un tireur expérimenté. Ici au moins, cette andouille farcie à la propagande ne risquera pas de tuer un ami ! Je ne peux toutefois pas nier que, pour l’instant, je n’apprécie pas l’individu, trop idiot pour trouver tout seul les toilettes du camp, et qui semble incapable de me saluer autrement que le bras droit levé. Enfin, il faudra bien que je m’y fasse… Je vais passer pas mal de temps avec lui caché dans les fourrés. Ce qui réveille de bien meilleurs souvenirs !
Toutefois, au fond de moi, je sais que j’en veux surtout à ce pauvre gosse d’avoir des illusions, sur son pays, sur cette guerre et accessoirement sur lui-même. Il sera sûrement mort dans un mois… comme les tankistes de Korinos.
Me sentant d’humeur morose, et inquiet de mon évolution de ces derniers mois, Oscar est venu confraternellement à ma rencontre pour que je vide un peu mon sac. Une belle preuve d’estime, peut-être d’amitié. Sans rien lui dire de mes… rencontres nocturnes, j’évoquai à mots couverts ma peine de soldat et ma peur de mourir – une crainte bien légitime (voire utile) si elle est maîtrisée et surtout si elle ne met pas en danger les autres ! Et j’avais retrouvé largement suffisamment de prestige dans l’unité pour pouvoir parler sans crainte. Kurt n’était pas loin, comme souvent. Toujours orientaliste cultivé sous ses dehors de combattant blasé, il me tint un curieux discours qui lui venait (me dit-il) d’un vieux Chinois de Nankin : « Ne crains pas la mort, car elle marche toujours à tes côtés. Si tu montres de la peur, alors elle te saisira d’autant plus vite. Mais si tu lui montres que tu ne la crains pas, alors elle posera sur toi un regard aimable et te guidera vers l’infini… Sois humble, toi qui es fait de terre, sois humble devant elle qui est faite d’étoiles. » Puis il éclata de rire, ne pensant pas que ces vaticinations auraient pour moi la moindre utilité. Pourtant, associées aux apparitions de la Dame, elles résonnaient étrangement dans mon esprit. »


Au commencement était le chaos
Environs de Has (frontière albano-kosovarde)
– Alors que le soleil se lève au-dessus des monts des Balkans, le camp de Gani Bey Kryeziu s’active déjà. Soudain, trois coups de feu retentissent – et il est évident qu’ils ne viennent pas du champ de tir installé à bonne distance, mais bien de la tente du commandant du groupe en personne.
Chacun se précipite, arme à la main, et l’on découvre une scène féroce : deux hommes gisent dans leur propre sang, il semble bien qu’ils se soient entretués… ou qu’ils aient essayé. Gani Kryeziu, son revolver Astra 900 de prise à la main, est gravement touché. Face à lui, un homme, armé d’un TT33 soviétique, gémit encore. L’individu, que l’on dit avoir été envoyé par les communistes pour conférer sur l’opération à venir, est promptement achevé – dommage, il aurait peut-être pu parler – alors qu’on porte précipitamment le Bey vers la tente qui tient lieu d’infirmerie.
Le sort du chef est incertain et pendant que le doute s’empare du camp, chacun s’agite, discute, s’énerve… s’enflamme. D’où vient le coup ? Des fascistes (donc des Allemands). Ou des communistes (donc des Albanais), alliés aux Serbes, ceux-là même qui tentent de chasser les “frères” ballistes de leurs terres ancestrales ? Les plus réfléchis font alors remarquer que l’agression sent son amateurisme : Mehmet Shehu et sa 1ère Brigade d’Assaut (ou d’Assassinat) n’ont pas pour habitude de rater leurs coups – si c’était eux, Gani Kryeziu serait déjà mort. Mais en attendant plus d’informations, il paraît impossible de continuer à collaborer avec les collectivistes, avec les Anglais du SOE… ou avec qui que ce soit. Et si un communiste montre son nez, Serbe, Albanais ou Croate – tant pis pour lui ! Le groupe évolue dangereusement vers la meute, répondant à l’appel du sang par l’envie de mordre …

Environs de Gorazdevac (frontière albano-monténégrine) – Dans la cachette que les hommes du Parti communiste lui ont aimablement (?) offert de partager, le Lt-colonel Neil Loudon Desmond MacLean est proprement catastrophé. Cette tentative d’assassinat remet en cause des mois de travail. Qui a pu commettre pareille folie ? Contacté urgemment et avec insistance par les services alliés, Enver Hoxha jure évidemment n’y être pour rien. Et le britannique tendrait à le croire – cette tentative est à la fois trop maladroite et trop grossière pour le rusé chef du PC albanais. De surcroît, si l’on voulait porter un coup aux ballistes et aux autonomistes kossovars, Gani Bey Kryeziu n’est sûrement pas le choix le plus évident, ni le rival le plus redoutable…
Mais, en y réfléchissant de plus près, MacLean ne peut écarter l’idée d’un mauvais coup particulièrement sournois. Assassiner Gani Kryeziu, même sans le revendiquer, c’est envoyer un message menaçant aux autres frères Kryeziu, d’obédience incertaine. Qui sait, Hoxha estime peut-être même qu’il peut désormais se passer d’eux ? Et puis… une réaction incontrôlée et violente des ballistes et consorts les mettrait hors-jeu pour l’offensive à venir et les priverait de tout soutien des Alliés ! Ces derniers seraient alors contraints de ne soutenir que le Parti communiste, seule puissance fiable et jugée coopérative ! Le tout en ne sacrifiant finalement qu’un exalté (en plus d’un certain nombre de soldats de Sa Majesté, dont l’offensive serait plus difficile…). Oui, ce serait terriblement brillant – risqué mais brillant…
Impuissant dans sa planque, le Musketeer demande à Tirana d’envoyer dans les meilleurs délais des personnes d’expérience pour démêler cet écheveau, et vite. D’autres membres du SOE ? Pas Krymer – il est en Serbie à l’heure actuelle… Et les Alliés ne peuvent se payer le luxe d’attendre le retour du Polonais, ou celui de MacLean lui-même. Il faut pourtant agir avant que tous les mouvements partisans du Kosovo ne deviennent enragés. On murmure déjà que Muharrem Bajraktari hésite sur la conduite à tenir…


Dernière édition par Casus Frankie le Lun Nov 26, 2018 15:15; édité 1 fois
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Etienne



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Bien entendu, les services secrets de Sa Majesté ne sauraient pêcher pas par excès de naïveté devant pareil tableau, surtout depuis les …

...c’est-à-dire l’extrême nord-est du pays, encore occupé par l’Allemagne et de surcroît accordée au PC d’Enver Hoxha. Bajraktari peut donc se sentir floué par l’accord de Tirana, dont il a assisté à l’élaboration.

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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 15:15    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, j'ai repris tout ça.
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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 16:33    Sujet du message: Répondre en citant

l'Astra 900 est un pistolet, pas un revolver
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