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Septembre 1943 - Asie-Pacifique
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 24, 2016 10:30    Sujet du message: Septembre 1943 - Asie-Pacifique Répondre en citant

J'ouvre ici la série des textes de Septembre 1943. Bien sûr, il manque plein de choses avant.
Le front russe, notamment, est en pleine révision, aucun bouleversement n'est à attendre et nous avons un synopsis de l'ensemble 1942-44, mais pour pouvoir faire du solide, ce travail entrepris notamment par Le Poireau, Loïc, Anaxagore, Joukov6… est nécessaire.
Il manque d'autres choses, mais ce sont des éléments relativement ponctuels qui viendront quand les rédacteurs auront trouvé le temps, qu'il s'agisse du 14 Juillet 43 ou des aventures de la famille royale belge Wink

En attendant, avançons !

En commençant par l'Asie-Pacifique.
Certains textes ont déjà été postés et ont été plus ou moins revus, d'autres sont tout neufs. Merci à (dans l'ordre alphabétique) Anaxagore, Hendryk, LADC, Patzekiller et j'en oublie (dont moi Rolling Eyes ).

_________________
Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 24, 2016 11:22    Sujet du message: Répondre en citant

Septembre 1943
2 – La guerre en Asie-Pacifique
La victoire des Lilliputiens

1er septembre
Campagne de Birmanie
Front birman
– Depuis plusieurs semaines, le front de la Salween est plutôt calme. En dehors de quelques reconnaissances aériennes ou de duels d’artillerie peu intenses, il n’y a rien eu à signaler. Mais ce matin, les positions alliées sont assaillies par un raid relativement important de la RTAF : 16 Ki-21 couverts par 12 Ki-27 et 9 Ki-43. Ils sont interceptés par quatre Hurricane II du Sqn 136 et quatre Spitfire du Sqn 113 (en cours de rééquipement), mais ceux-ci ne peuvent empêcher un bombardement assez précis. Deux Sally, trois Nate et un Oscar sont cependant abattus, en échange de deux Hurricane et un Spitfire.
Le gouvernement thaïlandais, qui a ordonné ce raid pour rassurer son allié japonais sur sa combativité, va utiliser ses pertes pour protester contre la vétusté du matériel fourni, alors qu’il lui faut défendre le territoire national contre les incursions de bombardiers lourds américains venus de Chine. L’ambassadeur japonais affirme en réponse que son gouvernement est prêt à défendre la sécurité et l’intégrité territoriale d’un pays ami, ce qu’il fait d’ailleurs tant en Indochine qu’en Birmanie, où se développe depuis un mois une campagne aérienne ennemie majeure. De plus, dit-il, des appareils japonais participent à la défense de Bangkok.
A Rangoon, l’attaque thaïlandaise a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Craignant une contre-offensive japonaise, le dispositif de couverture de la ligne de la Salween est renforcé et il est décidé de demander à Londres d’accélérer le rééquipement en Spitfire du Sqn 113.

Campagne d’Indochine
Sud du Laos
– Comme chaque matin, une patrouille de quinze hommes quitte Phalane vers Donguen. Les soldats, des réguliers vietminh, marchent sur la piste en silence, aux aguets. A midi, ils font une pause pour se restaurer, puis repartent. Ils ne sont plus très éloignés de Donguen, qu’ils pensent atteindre vers 14h00. Ils doivent dormir au village et repartir le lendemain pour patrouiller en sens inverse. De moins, c’est ce qui est prévu – cependant, il arrive que les Vietminh ne soient pas ceux qui tendent des embuscades, mais ceux qui y tombent.
Le caporal Thy a juste le temps de s’étonner du calme qui règne : les habituelles criailleries des singes se sont tues et l’on n’entend que quelques cri d’oiseaux éloignés et le bruissement des insectes.
Une rafale de FM crépite. Le tir est précis – le lieutenant, chanceux, n’est qu’effleuré mais les deux servants du FM, un MAC 24/29, boulent au sol dans un jaillissement de sang. D’instinct, plusieurs hommes se jettent à l’abri. D’autres cherchent à riposter, tiraillant au hasard. Le sergent Pham (la sergente, plus exactement) ramasse le FM et ouvre le feu, l’arme calée sur le cadavre d’un des servants – ce n’est sans doute pas très efficace, mais cela réconforte ses équipiers.
Les Vietnamiens tentent de décrocher tout en combattant. Pendant deux ou trois heures, des accrochages se succèdent. Finalement, vers quatre heures, des renforts venus de Phalane parviennent à dégager la patrouille.
Partis de Phalane vers l’est un peu après les Vietminh, une patrouille de tirailleurs laotiens a plus de chance. Elle réussit à repérer les Japonais la première et c’est elle qui les prend en embuscade !
Le retour des patrouilles à Phalane donne lieu à de vifs échanges que la population civile suit dans un silence inquiet. Finalement, le capitaine Lê tranche. Les Japonais ne peuvent avoir coupé les routes conduisant à Phalane que pour préparer une attaque. Cette nuit, les garnisons seront doublées !
Quelques instants plus tard, il ordonne au radio du camp de transmettre un message codé.


2 septembre
Campagne de Birmanie
Birmanie occupée –
Couverts par des Spitfire du Sqn 17, les Hurricane du Sqn 1 (RIAF) effectuent plusieurs missions Rhubarb le long de la “ligne de la mort” entre les Trois Pagodes et Takanum. Leurs ordres sont de s’en prendre particulièrement aux locomotives. Pour ces missions, les appareils doivent utiliser des réservoirs supplémentaires qui ne leur assurent qu’une présence limitée sur l’objectif – c'est sans doute pour cela qu'ils ne font guère de dégâts. Un des groupes est intercepté par la chasse japonaise, mais arrive à s’enfuir dans les nuages.
Le long de la route côtière, la campagne continue : les Anglais du Sqn 2 (BVAS), les Belges du Sqn 342 (B) et les Américains du 449e FS se partagent équitablement les missions d’interdiction jusqu’au sud de Tavoy.

Campagne d’Indochine
Phalane-Muong (sud du Laos), 01h00
– La lune éclaire le muong plongé dans le très relatif silence de la nuit tropicale. Les crapauds-buffles peuplant les rizières répondent aux cris des margouillats, lézards familiers des villages Lao. Le vent s’est levé, agitant les branches des manguiers.
03h00 – Le Vietminh de garde au mirador ouest se frotte les paupières. Il surveille la rizière depuis deux heures, ses yeux sont fatigués. Il lui semble que les ombres de la diguette dansent… Non, elles ne dansent pas… Elles s’allongent ! Le choc de la compréhension réveille le soldat. D’un geste rapide, il tire le levier d’armement de son FM puis écrase la détente.
Les cris de douleur provoqués par ses balles ne sont pas des hallucinations. Des tirs montent en riposte de la rizière et en un instant, c’est le pandémonium. Un sous-officier tire une fusée éclairante tandis que les soldats empoignent leurs armes et courent à leurs postes.
Les Japonais, voyant leur tentative d’infiltration éventée, se sont levés, tandis que des sifflets et des clairons ordonnent la charge. Dans la pénombre découpée par la fusée qui retombe au bout de son parachute, on découvre des centaines de soldats casqués et brandissant des fusils au bout desquels étincellent des baïonnettes. Un cri formidable éclate : « Banzai ! »
Arrivé au “boulevard” hérissé de pieux de bambou qui entoure le village, les Japonais ont déjà subis de nombreuses pertes, car les armes des bunkers battent le glacis, croisant dans les chairs ennemies les frelons de feu de leurs traçantes.
Soudain, le sifflement soyeux d’un obus se fait entendre et une case est fracassée, projetant des débris en tous sens tandis que s’élève une colonne de poussière et de fumée. Un deuxième obus atteint un retranchement. Éclaboussés de shrapnels, des tirailleurs annamites roulent au sol en hurlant. Un infirmier accouru à leur aide s’effondre, le front marqué d’un cratère écarlate.
Les mortiers et le canon laotiens ripostent violemment. Les artilleurs connaissent parfaitement la rizière et n’ont pas besoin de voir pour savoir où tombent leurs obus. Les Japonais sont balayés par grappes, massacrés au fur et à mesure que leurs vagues d’assaut se succèdent.
Finalement, sifflets et clairons sonnent la retraite pendant que mortiers et mitrailleuses s’acharnent pour couvrir les hommes qui se replient. Puis, comme un rideau que l’on tire, le silence retombe. A l’exception de quelques coups de feu isolés, on n’entend plus que les gémissements des blessés. Un officier envoie une nouvelle fusée éclairante. Sa lumière vacillante éclaire les rizières gorgées de sang. Tout autour du muong, des corps gisent, recroquevillés au bord de cratères boueux ou empalés sur les bambous. Certains vivent encore, levant une main pour appeler au secours ou rampant dans la fange.
Sur un mirador, un servant de FM s’effondre d’un coup, alors que retentit le claquement d’un fusil solitaire. Moins d’une minute plus tard, un infirmier qui s’élance vers un blessé voit un impact faire jaillir de la poussière.
– Sniper !
Les hommes blottis dans les tranchées rentrent la tête en jurant.
– Du côté est !
Deux mortiers se mettent à tirer sur le secteur indiqué, cherchant à museler le tireur d’élite. Peut-être le touchent-ils, peut-être pas, mais ils réussissent à faire cesser les tirs. En riposte, les pièces japonaises rouvrent le feu pendant une dizaine de minutes. Heureusement, les explosions se concentrent sur les positions nord. Les tranchées protègent assez bien les défenseurs, qui n’ont qu’une dizaine de blessés. Cependant, les obstacles défendant ce secteur sont en grande partie démolis.
Le deuxième assaut japonais part de plus loin que le premier. Les soldats avancent en tirailleurs mais, ralentis par la boue, ils ne peuvent courir, ce qui laisse le temps aux défenseurs de renforcer le point menacé. A nouveau mortiers et mitrailleuses font de larges coupes dans les rangs nippons bien avant même qu’ils n’arrivent au contact. Les Hmongs qui défendent le secteur ne montrent pas plus d’émotion qu’un tireur de pipes à la fête foraine. Chaque balle porte, faisant tournoyer un envahisseur.
Pourtant, les Japonais réussissent à franchir la première ligne, mais des grenades les accueillent. Une petite poignée d’attaquants s’accrochent dans la tranchée qui sépare le glacis éventré du village, mais le bunker nord-ouest domine l’étroit fossé. Son FM prend les intrus en enfilade d’une seule rafale sanglante.
L’assaut marque le pas. Les soldats nippons blottis derrière les arbres ou à l’abri de la diguette font feu à volonté en direction de Phalane. En face, on riposte de même. Mortiers et pièces légères contribuent au vacarme.
04h00 – Un semblant de cessez-le-feu s’établit sur le champ de bataille. Les Japonais sont toujours là, tout proches. On peut les voir aller d’une position à une autre en courant, pliés en deux. Chaque déplacement est salué de quelques coups de feu, pas toujours inefficaces. En retour, les tireurs nippons blessent le soldat qui a remplacé le servant FM tué dans un des miradors.
05h00 – L’assaut reprend. D’abord, un bruit de moteur, puis des craquements dans la forêt. Soudain, une automitrailleuse archaïque débouche sur la chaussée qui mène à l’entrée du village. Le 75 mm tire deux fois ! Il ne touche pas directement le véhicule, mais des éclats déchiquettent son pneu avant gauche. Le 75 cesse le feu (ses obus sont comptés) et une mitrailleuse de .50 arrose de balles incendiaires le véhicule immobilisé. La trop mince plaque de métal qui sert de protection est perforée et l’engin prend feu.
Le sacrifice de l’automitrailleuse a quand même détourné l’attention des défenseurs. Le troisième assaut traverse le no man’s land sans trop de pertes. Mais lorsque les Japonais atteignent les pieux en bambou, ils se retrouvent face à des défenseurs tout aussi décidés qu’auparavant, qui arrosent de grenades les Japonais qui tentent, à mains nues, d’arracher les pièges défensifs.
A l’aube, le commandant japonais décide le repli. Epuisés, les assiégés ne tirent que quelques rafales contre l’ennemi qui décroche en bon ordre.
………
07h30 – Volant au ras des arbres, un shotai de Ki-43 mitraille pendant cinq minutes les positions laotiennes. Bien que pris au dépourvu, les défenseurs réussissent à endommager un Hayabusa. Echaudés, les avions repartent vers Tourane. Comprenant que les Japonais risquent de revenir, les Laotiens demandent un soutien aérien à Dien-Bien-Phu.
10h30 –Une patrouille du II/40 arrive et s’installe à 12 000 pieds afin d’assurer une couverture pendant une heure et demie.
14h00 – Au tour de quatre appareils du 76e FS d’être de garde – Epervier n’a pas les moyens d’une surveillance continue. Au bout de vingt minutes, les guetteurs repèrent à basse altitude une petite formation arrivant de l’est. Celle-ci est constituée de cinq Ki-30 (Ann) couverts par trois Ki-43 (Oscar). Leur intervention a été demandée par les unités au sol pour « éliminer les rebelles ».
Profitant de l’avantage de l’altitude, les P-40 plongent en trombe à travers le groupe des Japonais qui s’éparpillent. L’empoignade est furieuse bien que rapide. Les Warhawk y perdent un des leurs, plus deux endommagés, contre la chute d’un Ki-43 et de deux Ki-30. Le plus important, cependant, est que les “Aigles Sauvages” ont dû renoncer au bombardement.

La guerre sino-japonaise (et ses à-côtés)
Des Français sur le toit du monde
Chongqing
– Du minuscule hublot du DC-3 aux couleurs de l’Armée de l’Air qui l’emmène de Calcutta à Chongqing, André Migot contemple, émerveillé, les contreforts enneigés de ce massif himalayen dont il a rêvé depuis des années. Après avoir reçu sa nouvelle affectation comme secrétaire général du futur consulat de France à Lhassa, il ne se l’était pas fait dire deux fois : quatre jours plus tard, après de rapides préparatifs, il était en route pour la capitale de la Chine libre afin d’y prendre contact avec le futur consul et le reste de la petite équipe qui leur tiendra lieu de personnel, pour ensuite rejoindre le Tibet par voie de terre.
A sa descente de l’avion, c’est André Guibaut, le futur consul en question, qui l’accueille en personne. Celui-ci est un peu surpris du collaborateur qu’on lui a attribué, mais il se rend bien compte que les candidats ne devaient pas se bousculer dans le sérail de la Carrière pour aller s’enterrer au fin fond de l’Himalaya. Alors, autant faire avec un amateur de bonne volonté, du moment qu’il est volontaire… De toute façon, nul ne remplacera jamais Louis Liotard, feu son compagnon d’aventures, tué en 1940 par des bandits tibétains au cours d’une mission de renseignements à laquelle il avait bien failli ne pas survivre lui-même. C’est aux bonzes secourables d’un petit monastère qu’il doit de ne pas être mort de froid et d’épuisement.
Migot, qui a passé les deux dernières années à se documenter frénétiquement sur le Tibet, fait plutôt bonne impression à Guibaut. Les deux hommes tombent rapidement d’accord sur l’idée de partir dès le surlendemain pour Lhassa – le premier par impatience de rejoindre les hauts sommets qui l’obsèdent, le second pour échapper enfin à la moiteur étouffante qui règne dans la capitale provisoire chinoise. Et comme leur itinéraire les fera passer par le Kham, ils conviennent de s’arrêter à Dartsédo (appelée Kangding par les Chinois), le chef-lieu de la province, pour y rencontrer la célèbre tibétologue Alexandra David-Néel, qui y effectue depuis cinq ans une retraite spirituelle.


3 septembre
Campagne d’Indochine
Des difficultés du maintien de l’ordre dans la Sphère de Coprospérité
Hanoi (Tonkin)
– Le lieutenant Murata enrage. Il doit se maîtriser. Le capitaine au visage rond qui lui fait face est son supérieur ! Mais il y a des jours où même un descendant de samouraï, malgré toute sa discipline zen, peut voir rouge.
– Mais… mon capitaine… Que voulez-vous dire par : « Je l’ai laissé sortir » ?
– Exactement ce que cela signifie, lieutenant. Le caporal Otanabe avait fini son temps de prison. Je n’avais aucune raison de le garder plus longtemps.
– Mais le caporal ne s’est pas présenté à son unité !
– Je n’y peux rien, lieutenant.
– Vous auriez… Ne vous semble-t-il pas qu’il aurait fallu le faire escorter ?
– Le caporal est un soldat de l’Empereur, lieutenant ! Et je n’ai pas d’hommes pour dorloter les prisonniers libérés !
tranche le capitaine Omura.
Après un salut roide, le lieutenant ressort. La prison militaire japonaise, non loin de l’hôtel Métropole, est en plein centre. Hanoi est devenue une ville sinistre. Il y a une tension et des regards qui ne trompent pas. Ce n’est plus la peur qu’il lit dans les yeux des citadins. Ils ne détournent plus le regard devant les uniformes japonais… Et dans ce regard, Murata lit la haine et l’expectative. Les habitants attendent… Ils attendent quoi ?
Il y a des rumeurs, dans les casernes japonaises. Le Vietminh serait bien implanté en ville. On parle d’imprimeries de tracts, d’ateliers de fabrication d’armes. Et même d’une organisation complète, quartier par quartier, avec divers comités… dont des comités d’assassinat. Et le lieutenant Murata veut bien le croire. Le caporal Otanabe est le cinquième soldat japonais isolé à disparaître depuis un mois dans la capitale, le troisième cette semaine. Apparemment, les Vietnamiens ont retenu la leçon de ce qui se passe en Europe, où les assassinats de soldats allemands sont suivis de nombreuses exécutions d’otages. Ici, aucun assassinat revendiqué, seulement des disparitions, qui sont peut-être des désertions, qui sait ? Les autorités d’occupation se demandent comment réagir. Il faut que cela change, se dit Murata.


4 septembre
Campagne de Birmanie
Birmanie occupée
– Depuis le départ quelques jours auparavant du 490e Bomber Squadron pour la Chine, les P-38G du 449e FS sont les seuls appareils américains dans ce secteur du front. Ils sont aujourd’hui en mission d’escorte au profit des Mitchell du Sqn 343 (B). Ceux-ci vont bombarder les installations ferroviaires du Rin Tin, en Thaïlande, sur la ligne menant à la Birmanie.
Pendant ce temps, les Hurricane IIc du Sqn 342 (B) mitraillent tout ce qu’ils trouvent dans le secteur au nord de Tavoy. Ils accomplissent efficacement leur mission malgré l’intervention de deux Ki-44, qui abattent l’un des Hurricane.
Plus au nord, le Sqn 1 (RIAF) s’occupe de la route côtière entre Moulmein et Ye.

Campagne d’Indochine
Marchandage entre alliés
Dien-Bien-Phu
– Le général Martin se sent las et irrité. Ce matin encore, il doit faire face aux courtoises, mais insistantes demandes et aux insidieuses remontrances de Monsieur Nguyen Sinh Cung, que ses hommes n’appellent que par son nom de guerre : Hô Chi Minh. Discuter avec le chef du Vietminh, c’est une forme de lutte verbale et mentale, mais aussi une épreuve d’endurance. Le général Martin compare souvent son improbable partenaire à une goutte d’eau. Insaisissable, fluide, il frappe jour après jour le même point, érodant la résistance qu’on tente de lui opposer.
– Je comprends vos problèmes d’approvisionnement, général. Je comprends également que vous faisiez passer le rééquipement des unités françaises avant celui du Vietminh. Je vous assure de ma parfaite compréhension de vos difficultés, général Martin. Si les choses étaient inversées, j’agirais exactement comme vous.
Martin a depuis longtemps renoncé à déchiffrer le visage de son vis-à-vis. Hô Chi Minh arbore en permanence un masque souriant, mais ses yeux sont sans expression.
– Mais puisque vous me comprenez si bien, pourquoi revenez-vous sans cesse à la charge ?
– Parce qu’il faut que, vous aussi, vous compreniez. Dans certaines de nos unités régulières, il n’y a qu’un fusil pour deux soldats. Nous sommes obligés d’armer les hommes sans fusil avec des grenades artisanales… qui parfois n’explosent pas. Et nos fusils – puisque c’est le cœur du problème – appartiennent à des dizaines de modèles différents : français, américains, allemands, italiens, japonais. Les plus anciens sont plus vieux que moi. Pire encore : pour approvisionner ces armes en munitions, nous sommes obligés de ramasser les douilles chaque fois que c’est possible, de fondre des balles artisanalement et d’assembler les cartouches dans des ateliers souterrains dissimulés dans la jungle. Et trop souvent, nous ne disposons que de poudre de mauvaise qualité. Les fusils perdent en précision, s’enrayent et il arrive même que les balles explosent lors du tir.

Martin hoche la tête malgré lui : « Je suis un soldat et ces hommes dont vous parlez sont aussi mes hommes. Je sais que sans leur sacrifice, l’Indochine aurait été perdue. Je sais aussi tout ce que vous venez de dire… hélas, je ne peux rien faire. J’ai ordre de faire passer en priorité les besoins des troupes proprement françaises. D’ailleurs, les priver d’armes et de munitions ne serait pas une solution. Et vous savez à quel point notre approvisionnement est limité. »
– Etes-vous sûr de ne vraiment rien pouvoir faire ?

Combien de fois Martin a-t-il entendu cette question ? Mais il a réfléchi au problème et aujourd’hui, il va pouvoir tenter de répondre, au lieu d’admettre son impuissance.
– J’ai envisagé trois solutions. Toutes utilisent les nombreuses armes japonaises que nous avons saisies lors de la bataille de Dien-Bien-Phu. La première est de demander à nos alliés de nous envoyer toutes les munitions qu’ils ont saisies de leur côté, en Birmanie, en Chine, dans le Pacifique. La deuxième concerne les fusils modèle 38. J’ai découvert que pendant la Première Guerre, les Anglais en avaient reçu un grand nombre de la part des Japonais, alors nos alliés. Ils ont rétrocédé ces armes aux Russes, mais ils avaient aussi reçu le matériel nécessaire pour produire la munition de 6,5 mm utilisée par cette arme. Si nous pouvions nous le faire envoyer ici, cela résoudrait bien des problèmes. Enfin, nous pourrions rechambrer et réaléser les tubes des fusils modèle 99 pour qu’ils tirent une munition française ou américaine.
Hô Chi Minh a-t-il vraiment souri ? « Ah, général, enfin les idée positives que j’attendais de vous ! Pourtant, vous ne paraissez pas optimiste… »
Le militaire soupire : « Sur les autres fronts, nos alliés n’ont guère pu capturer de munitions. En Chine, ils les ont tout simplement utilisées – leur situation n’est pas beaucoup plus enviable que la nôtre. Les îles du Pacifique sont loin. Et en Birmanie, les avions de transport manquent. Au reste, si j’ai bien compris, il est à craindre que les munitions éventuelles soient, hmm, récupérées par les Chinois au passage sur leur territoire… »
Le Vietnamien hoche à son tour la tête – visiblement, cette concurrence des Chinois ne l’étonne pas.
– Le matériel dont disposent les Anglais est de l’autre côté du monde et nos alliés ont d’autres priorités que de se préoccuper de nous le faire parvenir, reprend Martin. Enfin, les Américains pourraient nous fournir le matériel nécessaire à la modification des fusils modèle 99, mais eux aussi ont leurs priorités…
Le général grimace et, baissant un peu la voix : « Cependant, je pense que vous pourriez faire quelque chose pour débloquer la situation. »
Hô Chi Minh, soudain très attentif, se penche vers son interlocuteur – apparemment, il n’avait pas prévu cette possibilité.
– Cher Monsieur, dans la situation difficile où se trouve la France – non plus désespérée, mais toujours difficile – l’Indochine est un front secondaire et toutes mes demandes doivent systématiquement se retrouver tout au fond de la pile des affaires à traiter. Moi, je ne peux rien faire de plus que ce que j’ai déjà fait. Mais vous, plutôt que me harceler, m’épuiser, et m’empêcher de travailler, pourquoi n’utiliseriez-vous pas votre indéniable talent de casse-pied, enfin, je veux dire, de diplomate, à pourrir la vie des Anglais et des Américains ? Je vous assure que nos demandes avanceraient beaucoup plus vite. Je vous en parle en soldat, bien sûr – je ne sais pas si Monsieur Sainteny apprécierait que je vous tienne ce langage.
Cette fois, un vrai sourire pétille dans les yeux d’Hô Chi Minh, marquant un réel amusement – et surtout un réel intérêt.
– Je prends très bonne note de votre conseil, mon général. Et je vous laisse travailler, je me rends compte que j’abuse de votre temps précieux.
Lorsque retombe le rideau servant de porte au bureau du général, celui-ci pousse un soupir. Il se demande si Hô a cru que l’idée venait vraiment de lui et que Sainteny n’était pas au courant. Bon, quoi qu’il en soit, l’important, comme toujours par ici, ce sont les apparences… Martin soupire à nouveau. Finalement, la plus importante pièce de rechange attendue est un nouveau commandant en chef des forces françaises en Indochine. Il serait parti à la retraite trois ans plus tôt sans la guerre… Mais comme pour tout le reste, la pièce en question se fait désirer.

Harcèlement
Laos
– Le temps s’améliore un peu, permettant l’envoi d’avions de Dien-Bien-Phu au-dessus du Laos. Dans la journée, des patrouilles de B-25 de type “nez plein”, couverts par des P-40, se livrent à une partie de cache-cache mortelle avec les forces terrestres nippo-siamoises.
Dès que les équipes radios franco-laotiennes identifient des cibles d’intérêt, elles guident les appareils alliés sur les colonnes et postes ennemis. D’abord harcelés à coup de Parafrags et de bombes incendiaires, ceux-ci subissent ensuite le mitraillage des Browning…
Plusieurs accrochages ont lieu avec des patrouilles de Ki-27 et de Ki-43. Si les pilotes japonais savent à quoi s’attendre (du moins pour les plus anciens), les Thaïs ont du mal face aux vétérans d’Épervier. Les Alliés perdent un Mitchell (plus trois endommagés) et deux Warhawk contre trois Nate et deux Hayabusa.

Des difficultés du maintien de l’ordre dans la Sphère de Coprospérité
Hanoi (Tonkin)
– Toutes les armées d’occupation ont leurs informateurs et leur police, leurs délateurs et leurs services secrets. En vérité, ceux des Japonais travaillent plutôt bien. Pourtant, les officiers sur le terrain en ressentent plus d’amertume que de satisfaction. Car, chaque fois qu’ils sont envoyés contre un QG rebelle, une unité de production secrète ou un rassemblement de rebelles, ils referment leur étreinte sur le vide ou ils ne peuvent que s’emparer d’un matériel dérisoire. Les rebelles ont un don magique. Il suffit apparemment de penser à organiser une opération contre eux pour qu’ils disparaissent dans la nature sans laisser de trace.
Mais certains officiers japonais ont fini par comprendre que l’utilisation de grosses unités est vouée à l’échec. Leur rassemblement n’est pas discret et la rapidité de mouvement n’est pas leur qualité première. C’est pourquoi, lorsqu’un informateur de la Kempetai vient dénoncer les assassins du caporal Otanabe, en expliquant où trouver, non seulement le “comité” responsable de l’assassinat, mais aussi une unité militaire, une unité de propagande, un atelier de fabrication d’explosifs et une imprimerie clandestine pour tracts et faux papiers, son officier traitant ne se contente pas d’informer ses supérieurs. Tandis que son rapport chemine lentement par la voie hiérarchique, il va directement voir ceux qui désirent le plus venger le caporal.


5 septembre
Campagne d’Indochine
Des difficultés du maintien de l’ordre dans la Sphère de CoprospéritéHanoi (Tonkin)
– L’aube se lève à peine. Le lieutenant Murata inspecte ses hommes du regard, puis leur fait signe d’avancer. Tous, tendus et anxieux, ont des expressions de loups affamés. Cette fois, le sang va couler.
– En avant. Nous sommes dans la rue Song To Linch, l’impasse Tu Vi est à deux cents mètres. Groupe d’appui, selon le plan, allez !
Les hommes désignés se mettent à courir. Murata reprend sa marche, suivi du reste de ses hommes. Le guide vietnamien, vêtu d’un uniforme japonais et le visage passé au noir de fumée pour éviter l’identification… et les représailles, désigne une maison.
– En avant, répète le lieutenant.
Les soldats se ruent vers l’immeuble et enfoncent la porte avec un bélier improvisé. Déjà ils bondissent, armes braquées. D’autres soldats se sont immobilisés, tenant en joue les fenêtres.
Cette fois, la surprise a joué ! Au rez-de-chaussée, les Vietminh encore endormis se réveillent lorsque les baïonnettes touchent leurs gorges. Le seul à saisir son arme est abattu avant de pouvoir tirer.
Mais il y a des étages et une cave. Les coups de feu ont donné l’alarme. Alors les Japonais ne prennent aucun risque. A chaque porte, une grenade entre en premier. Les soldats du tenno ne suivent qu’après la détonation, ouvrant le feu sans hésiter.
L’immeuble est finalement pris sans un mort du côté japonais. Dix Vietnamiens ont été tués, douze ont été capturés – cela fait autant de “langues” que la Kempetai saura délier. Une quinzaine d’armes – pistolets, fusils et deux pistolets-mitrailleurs – ont été saisies ainsi que tout un atelier de fabrication de grenades avec ses moules en terre cuite. Il y a aussi de nombreuses liasses de tracts près d’une imprimerie à main bricolée.
Mais les tirs et les explosions ont réveillé tout le quartier et l’immeuble pris d’assaut n’est pas le seul à être occupé par l’ennemi. Une bande vietminh tente de contre-attaquer. Cependant, l’informateur des Japonais les avait prévenus. Le groupe de soutien accueille les assaillants avec des fusils-mitrailleurs. Lui seul aura des pertes – un mort et quatre blessés graves, dont un mourra dans la journée à l’hôpital. Lorsque les derniers tirs se taisent, le quartier est sans conteste aux mains des Japonais.
Les documents saisis et les prisonniers – longuement torturés et achevés d’une balle dans la tête – révèleront aux Nippons combien le réseau de résistance est dense à Hanoi même. Son objectif ? Rien moins qu’un soulèvement de la population et l’extermination de tous les Japonais.

Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
Iles de l’Amirauté
– La baie de Balscott, sur la côte nord de l’île Manus (au nord de la Nouvelle-Guinée), a le double avantage d’être déserte (l’ancienne mission Bundralis a été dispersée par les Japonais) et bien abritée. Dans l’après-midi de ce 5 septembre, comme la veille, le sous-marin italien Volframio navigue à très faible vitesse et en plongée périscopique au large de cette crique, à la limite des eaux côtières. Rien de suspect…
Dès la tombée de la nuit, l’Italien fait surface et émet vers le large un signal lumineux. Cette fois, contrairement à la veille, un kiosque surgit de l’eau et le nouveau venu répond de la même façon. L’échange des codes de reconnaissance a lieu et bientôt, sur le pont des deux navires, des hommes s’agitent, passant des tuyaux de l’un vers l’autre. Pendant une partie de la nuit, l’USS Tuna (SS-203) va transférer du carburant au Volframio, complétant ses réservoirs avant la seconde partie de son trajet.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2016 11:49    Sujet du message: Répondre en citant

6 septembre
Campagne de Birmanie
Birmanie occupée
– Les prisonniers anglais du camp des Trois Pagodes entendent nettement dans le lointain les moteurs de nombreux avions. Même si la plupart sont aux mains des Japonais depuis maintenant un an (depuis la chute de Singapour) ou plus, ils savent que ces avions ne sont pas japonais. Ils savent que la guerre tourne en faveur de l’Empire britannique et de ses alliés et que la fin de leurs souffrances se rapproche peu à peu.
Les moteurs en question sont ceux de Spitfire V et de Beaumont des Sqn 45 et 84 qui vont pénétrer le long de la vallée jusqu’aux installations ferroviaires de Kon Kuta. Sur le chemin du retour, six Ki-27 et autant de Ki-43 de la RTAF tentent de les intercepter, mais les Beaumont sont trop rapides pour les petits Nate et l’escorte a tôt fait d’abattre deux des Oscar en échange d’un Spitfire.
La pénétration profonde de ce raid a été facilitée par les Hurricane III du Sqn 2 (BVAS), les Hurricane IIc du Sqn 342 (B) et les P-38 du 449e FS en mission Rhubarb, qui ont servi de diversion mais ont refusé le combat.
A la nuit, les Wellington de Sa Majesté s’enfoncent bien plus profondément chez les Japonais pour rendre visite au nœud ferroviaire de Ban Pong, là où les lignes venant de Singapour et de Birmanie se rejoignent. Les résultats sont mitigés : quelques hangars sont incendiés mais le trafic reprendra dès le lendemain.

Campagne d’Indochine
Menace
Sud du Laos
– Les contre-attaques japonaises et thaïlandaises ont été un échec complet. Complet et coûteux : plusieurs centaines de soldats ont trouvé la mort.
Depuis, tous les rapports des renseignements nippons signalent d’importants mouvements de troupes ennemies dans la partie centrale du pays. Du coup, les Japonais et leurs alliés s’attendent à un assaut imminent. A Savannakhet, la garnison a reçu des automitrailleuses de renfort et des canons de campagne de 75 mm.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Campagne de Salamaua-Lae
Bataille de Labadia Ridge
– Après la défaite japonaise de San Francisco River Crossing, les Australiens se sont contentés d’avancer jusqu’à Labadia Ridge pour s’y retrancher et préparer d’autres mouvements offensifs avec la lenteur imposée par la médiocrité des communications. Mais le lieutenant-général Hatazo Adachi, commandant la 8e Armée japonaise, a décidé de les devancer en lançant une contre-offensive pour reprendre les positions perdues. Pour cela, il a choisi le 66e Régiment, stationné à Finschhafen, près de Lae, “capitale” de la partie de la Nouvelle-Guinée occupée par les Japonais. Ces soldats devront rejoindre le Groupement Okabe et chasser les Australiens de Labadia Bridge.
Mais lorsque le général Adachi a conçu son plan, il lui a suffi de prendre un pion et le bouger de quelques dizaines de centimètres sur la carte. Dans la réalité, ce simple déplacement a déjà été une épreuve. Les hommes du 66e Régiment ont dû marcher pendant des jours, dans une jungle hostile et étouffante, sous une pluie continue qui gonflait le moindre ruisseau. Voyage d’autant plus lent et pénible que la colonne était retardée par de nombreux porteurs indigènes lourdement chargés. En effet, le groupement Okabe est à cours de vivres et de munitions et une partie de la mission du 66e Rgt est de le ravitailler.
Enfin le régiment est à pied d’œuvre. Face à lui, les positions australiennes sont tenues par la compagnie D du 2/6e Btn. Cette unité, composée de vétérans de la campagne de Grèce, est l’une des premières formations australiennes constituées au début de la guerre. Elle s’est retranchée de manière particulièrement intelligente. Les positions sont reliées entre elles par des tranchées peu profondes, épaulées par des murs de sacs de sable et précédées de pieux plantés dans le sol. Les champs de tir des bunkers construits en troncs d’arbre et en sacs de sable se chevauchent, ne laissant aucun angle mort.
Quinze cents soldats japonais assaillent ces retranchements sur un front étroit.
La première ligne de défense est arrosée par les lance-grenade et l’infanterie, déployée en tirailleurs, s’avance sous cette couverture, mais celle-ci ne les protège guère du feu des FM Bren Mk II des Australiens. De plus, des tireurs d’élite placés en retrait couvrent les approches, visant les officiers, pendant que des mortiers pilonnent les positions de départ des Japonais.
La première vague d’assaut est ainsi littéralement clouée au sol. Incapables d’avancer de front, les Japonais tentent bien de contourner les zones de feu les plus denses, mais s’exposent aux tirs des casemates de la seconde ligne, placées en quinconce avec celles du premier réseau.
Alors, les Japonais lancent d’autres hommes à l’attaque, puis d’autres encore. Ils espèrent faire craquer la défense sous le poids du nombre, mais ils se heurtent à une résistance des soldats australiens aussi acharnée et même héroïque que l’obstination des attaquants. La réputation de férocité, voire de cannibalisme, de l’envahisseur se retourne contre lui : nul Australien n’envisage de tomber vivant aux mains de l’ennemi, cette seule idée les terrorise… et les hommes acculés, loin de perdre pied, se défendent avec rage et efficacité.
A deux reprises, les Nippons réussissent à entamer les défenses et même à s’emparer de plusieurs blockhaus, mais des contre-attaques décidées les repoussent. Il faut une nouvelle attaque, lancée en pleine nuit, pour que les attaquant parviennent à chasser les défenseurs de la première ligne.

La guerre sino-japonaise
Préparatifs aériens
Chongqing
– Au mois de mars, l’American Volunteer Group du général Chennault est officiellement devenu la 14e Air Force, faisant de l’ancien chef des Tigres Volants la plus haute autorité de l’aviation alliée sur le théâtre chinois, tandis que la China Air Task Force était dissoute et ses appareils versés à la ROCAF. Récemment, plusieurs mois d’activité limitée ont permis à la 14e AF et à la ROCAF de procéder à divers changements bienvenus. La 14e Air Force a été rééquipée en B-24 en échange de ses B-17, qui ont été versés à la ROCAF. Les Lockheed Hudson portant cocardes chinoises ont presque tous été recyclés comme appareils de transport ou d’entraînement pour céder la place à des B-25, de plus en plus souvent convertis en version “nez plein” du fait de l’expérience indochinoise. Les P-38 (des premiers modèles) sont utilisés comme chasseurs-bombardiers, chasseurs à long rayon d’action et avions de reconnaissance. Enfin, les pilotes de chasse de la 14e AF se sont familiarisés avec leurs premiers P-51A et B (de deuxième main certes, mais bienvenus tout de même pour remplacer les P-40).
Malgré les demandes insistantes du général Zhu Jiaren, qui commande la force aérienne chinoise, il n’a pas encore été possible de lui attribuer de modèles plus récents que le P-40N (équipé d’un moteur Allison plus puissant que les types précédents et à la stabilité améliorée grâce à un fuselage allongé). Les Warhawk reversés par les Américains sont vieillissants, mais ont quand même permis de mettre au rebut les derniers Seversky P-43 Lancer. Malgré leurs performances à haute altitude, ces appareils s’étaient révélés trop vulnérables contre les chasseurs japonais dès leur introduction, un an plus tôt. Entretemps, la formation de nouveaux pilotes a continué bon train dans les centres d’entrainement de Delhi. La ROCAF reste encore une force de second ordre mais, petit à petit, elle rattrape son retard.
A partir d’aujourd’hui, le rythme d’activité monte d’un cran. En effet, les forces aériennes chinoise et américaine commencent à être mises à contribution dans le cadre des préliminaires à l’opération “Zhulin/Bamboo Grove”.
………
Wuhan – Au petit matin, 26 Liberator de la 14th Air Force et 21 B-17 de la ROCAF bombardent la conurbation. La DCA ne se montre guère efficace ; 16 Ki-43 envoyés en toute hâte interceptent le raid sur le chemin du retour, mais sont vivement pris à partie par les 12 P-51B qui escortent les bombardiers. Seul le fait que les pilotes américains, encore habitués à refuser le combat tournoyant malgré leurs nouvelles montures, continuent d’employer les tactiques appropriées pour des P-40, limite les pertes japonaises à trois appareils, contre un B-24 abattu et un B-17 endommagé, qui parviendra néanmoins à rentrer à bon port sur trois moteurs. Au sol, les résultats sont mitigés : les installations portuaires et les entrepôts ont subi des dommages modérés, et l’arsenal de Hanyang n’a reçu que quelques-unes des bombes qui lui étaient destinées. On déplore plusieurs dizaines de victimes dans la population civile… mais qui s’en soucie vraiment, dans les états-majors ?


7 septembre
Campagne d’Indochine
Menace
Entre Savannakhet (Laos) et Quang Tri (Vietnam)
– Dans la matinée, un Tachikawa Ki-36 (Ida) repère une colonne d’infanterie – forcément ennemie, car aucune unité nippone ou même siamoise n’est signalée dans cette zone. Après avoir essuyé des tirs d’armes légères, le Ki-36 est rejoint par un shotai de Ki-43 (Oscar). Ces derniers mitraillent de longues minutes la lisière des bois où se sont réfugiées les troupes ennemies.
Sur le chemin du retour, ils découvrent une deuxième colonne en ordre de marche. Toutefois, les nuages bas et surtout le manque de munitions permettent aux soldats alliés d’échapper à la colère des “Aigles Sauvages”.
Sitôt les appareils rentrés, tous les postes du secteur sont mis en alerte dans l’éventualité d’une attaque. L’une des colonnes, notamment, a probablement pour objectif le camp japonais de Tchepone.

Harcèlement
Don Muang (Bangkok)
– En fin d’après-midi, le 308e BG et ses anges gardiens du III/40 reviennent au dessus de Don Muang. Ils espèrent achever la tâche qu’ils ont commencé le 31 août et rendre enfin inopérant le principal terrain de la RTAF, qui est aussi le QG de la force aérienne thaïe.
Le ciel étant plus dégagé, le bombardement effectué par les seize Liberator est plus précis que celui de la semaine dernière. Pistes et bâtiments sont frappés en de nombreux points. Seulement, échaudés par la précédente attaque, les Thaïlandais ont pris leurs précautions. Leurs avions ont été dispersés dans des abris et seuls quelques appareils sont légèrement endommagés par des éclats.
La DCA parvient à abattre un B-24 et deux autres sont endommagés. Une dizaine de Ki-43 se ruent sur le reste de la formation, mais ils sont immédiatement accrochés par les huit NA-73 de l’escorte. Les chasseurs siamois abattent un Mustang et parviennent à endommager un Liberator supplémentaire, au prix de quatre des leurs, plus deux endommagés.
Les dégâts subis rendent Don Muang indisponible pour 48 heures.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Campagne de Salamaua-Lae
Bataille de Labadia Ridge (deuxième jour)
– Aux premières lueurs du jour, les Australiens lancent une nouvelle contre-attaque, mais les Japonais ont eu le temps de mettre en batterie des mitrailleuses et, avec l’aide de leurs mortiers et de leurs lance-grenades, ils repoussent l'assaut. Toutefois, épuisés par les combats de la veille, n’ayant ni blindés ni artillerie lourde, ils ne peuvent progresser davantage.
Les affrontements se poursuivent toute la journée, mais ils se limitent à des échanges de tirs d’armes légères et aucun des deux camps ne prend clairement l’avantage.


8 septembre
Campagne de Birmanie
Birmanie occupée
– Quelques jours plus tôt, ils avaient escorté les B-25 belges dans cette région de la Hellfire Pass. Aujourd’hui, les “dragons à deux queues” du 449e FS sont de retour pour une partie de chasse à la locomotive entre Rin Tin et Konyu. Soudain, un filet de fumée apparaît entre les arbres – il s’agit d’une des deux machines que les Thaïlandais ont affectées à cette ligne, au service des Japonais. En dépit de la présence de deux wagons de DCA, la locomotive, criblée de balles et d’obus, sera irréparable.
Le long de la route côtière, les Hurricane belges, anglais et indiens rentrent sans avoir rencontré d’opposition.

Campagne d’Indochine
La tuerie de Bac Kan
Bac Kan (Tonkin)
« Il paraît que les dépliants touristiques d’avant-guerre vantaient abondamment la région : la beauté de son lac, les multiples ethnies et leurs nombreuses fêtes traditionnelles si vivement colorées. Mais aujourd’hui, nous nous en fichions éperdument. Tout ce qui nous intéressait, c’était notre objectif, le fortin japonais installé juste à la sortie de la ville de Bac Kan. Nous devions l’éliminer – histoire de montrer aux Japonais qui était le vrai maître dans le secteur ! » (Klaus Müller, op. cit.)
L’opération est en réalité une diversion qui n’engage que deux compagnies du 5e Régiment Etranger d’Infanterie, comptant à elles deux moins de deux cents hommes. Un effectif réduit, mais la garnison nippone n’est pas plus nombreuse. Ces hommes sont notamment chargés, selon les renseignements parvenus à Dien-Bien-Phu, de protéger une batterie anti-aérienne couvrant les approches d’Hanoi contre les bombardiers stationnés en Chine. On se trouve donc assez loin à l’intérieur du dispositif couvrant la capitale, dans une région théoriquement bien contrôlée par les Japonais. Bac Kan n’est pas vraiment un objectif stratégique. En fait, le but du raid est de convaincre les Japonais qu’il n’existe pas de poste assez éloigné des lieux d’affrontement pour être en sécurité. Et surtout, la Légion doit, par cette action hardie, détourner l’attention des événements du Laos.
Les légionnaires s’infiltrent au cours de la nuit, par groupes de dix hommes.
06h00 – Les Japonais s’aperçoivent qu’il y a quelque chose d’anormal. Le lieutenant Kanawa alerte Hanoi par radio pour signaler des coups de feu, puis envoie quelques hommes à vélo donner l’alarme aux différents avant-postes et leur ordonner de rejoindre le poste principal.
06h10 – Survolant le lac Ba Be, six Warhawk du II/40 envoient par le fond un sampan armé qui a le malheur de passer par là. Ils tournent une demi-heure au-dessus du secteur, puis repartent sans avoir vu d’autre cible intéressante.
06h35 – Le premier véritable affrontement se déclenche quand un des groupes de la Légion se heurte en pleine rue à des soldats japonais qui cherchent à rallier le fortin. Les Nippons esquivent, préférant commencer par se concentrer.
06h50 – Une paire de Ki-36 approche, en réponse aux appels à l’aide de la garnison. Guidés par radio, les “Ida” bombardent et mitraillent les endroits qu’on leur indique, mais sans certitude sur la présence ennemie.
07h30 – Un nid de mitrailleuse japonais est pris d’assaut à l’entrée sud de la ville. Les légionnaires ont trois morts et plusieurs blessés. Les combats en ville ont commencé, ils seront longs. Les Japonais ont transformées en bunkers les maisons où ils se sont installés, et des tireurs isolés sont embusqués sur les toits.
13h20 – Une formation hétéroclite de quatre Ki-36 (Ida) suivis de trois bimoteurs Ki-48 (Lily), couverts par deux shotais de Ki-43 (Oscar) et un de Ki-44 (Tojo), vient pilonner les positions adverses. Les appareils s’acharnent durant près d’une heure, mais l’attaque ne donne rien de probant.
14h25 – Alors que les avions repartent, des hydravions de la Marine apparaissent (1). Ils amènent des renforts pour la garnison. Deux H6K4 (Mavis) chargés de fantassins, accompagnés d’un E7K (Alf) chargé de reconnaître le site et escortés par trois F1M (Pete), entament leur approche au dessus du lac. Les bonnes qualités de vol du “Mavis” et l’adresse des pilotes permettent un amerrissage en douceur. Pas de chance : le point de débarquement choisi se trouve sous le feu de plusieurs mitrailleuses lourdes françaises, qui ont tôt fait de couler les deux appareils, malgré les mitraillages des “Pete”. Seuls quelques soldats parviennent à s’échapper à la nage.
15h00 à 16h30 – La garnison lance trois contre-attaques. Mais les légionnaires visent juste et les assauts japonais sont des échecs sanglants.
17h00 – Une sorte d’accalmie précaire s’installe.
21h00 – Sous le couvert de l’obscurité, ce sont les légionnaires qui attaquent. Les combats, très violents, durent jusqu’à minuit. Les Français ont 25 tués et 45 blessés. Il reste à peine une centaine de légionnaires valides.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Campagne de Salamaua-Lae
Bataille de Labadia Ridge (troisième jour)
– La matinée est semblable à l’après-midi de la veille. Japonais et Australiens échangent des tirs nourris d’armes légères variées : fusils, FM, mitrailleuses, mortiers, lance-grenades. Parfois, une explosion projette des cadavres vers le ciel. L’œil collé à leur viseur, des snipers attendent qu’un ennemi se relève entre deux rafales de mitrailleuse. Les heures passent, chacune faisant son quota de victimes.
En début d’après-midi, les Japonais commencent à décrocher. Le 66e Régiment de l’Armée Impériale renonce – il s’est révélé incapable de prendre les positions défendues par une seule compagnie de soldats australiens. Après la guerre, plusieurs auteurs australiens décriront la bataille de Labadia Ridge comme un exemple du combat défensif. Il n’empêche que les pertes australiennes ont été lourdes… mais quatre à cinq fois moindres que celles des Japonais.

Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
Carolines
– Le MV Krait navigue au large des îles Pulusuk, en direction du nord. Après avoir traversé la mer des Célèbes puis navigué plusieurs jours en haute mer, le petit navire entre dans la partie la plus dangereuse de son trajet, celle qui lui fait croiser les routes marchandes (et militaires) japonaises dans les Carolines.
Vers midi, Falls donne l’alerte : « Commandant, navire ennemi à bâbord ! »
Effectivement, un bateau vient d’apparaitre sur l’horizon nord-ouest. Le capitaine Lyon se saisit de ses jumelles : il s’agit de toute évidence d’un navire de guerre, sans doute un destroyer, qui vient de sortir d’un grain et fait route à l’est.
– Procédure de camouflage !
En quelques secondes, l’équipage du Krait s’est organisé, appliquant mécaniquement les mesures prévues au cours de son long entraînement. Les jumelles et autres instruments militaires sont rangés, et seuls quatre hommes vaquent à de paisibles occupations sur le pont : habillés à l’indonésienne, avec leur peau hâlée et leurs cheveux teints en noir, ils ressemblent à de simples pêcheurs. Mais la tension est palpable : s’ils espèrent donner le change de loin, les hommes de l’unité spéciale Z savent que leur camouflage ne tiendra pas si les militaires japonais montent à bord du Krait : les deux maiale embarqués sont invisibles de l’extérieur, mais leur cache ne résisterait pas à une inspection rapprochée de l’intérieur ! Aussi, les deux derniers commandos et les quatre nageurs italiens veillent à l’intérieur du navire, les armes à la main…
Tandis que le Krait poursuit paisiblement vers le nord sans changer de cap ni de vitesse, le Japonais se rapproche : il vire de bord et prend un cap de collision. Ses canons sont bien visibles, mais il n’en a nul besoin – il lui suffirait d’une embardée pour éperonner le fragile bateau de pêche. Malgré la tension, “Happy” Huston continue imperturbablement à réparer des filets sur la plage arrière. Arrivé à moins de 300 mètres du Krait, le destroyer remet cap à l’est sans ralentir ; des reflets trahissent les jumelles qui scrutent le petit bateau de pêche, mais aucun signal lumineux ne lui est adressé. Huston relève la tête, et salue vaguement de la main le destroyer qui s’éloigne déjà…

La guerre sino-japonaise
Préparatifs aériens…
Jiangxi
– Nouveau raid combiné de la 14e Air Force et de la ROCAF, cette fois sur Nanchang. La capitale du Jiangxi est bombardée par 17 Liberator et 12 Forteresses escortés de 10 P-51. Dix Ki-43 s’interposent mais perdent trois d’entre eux sans rien obtenir en échange. Six Ki-61 arrivés tardivement profitent de la distraction de l’escorte par les Hayabusa pour abattre un B-17, qui ira se poser sur le ventre dans les lignes chinoises. Cependant, le bombardement manque de précision ; les bombes qui ne tombent pas en pleine rizière atteignent des habitations civiles, sans que les installations militaires et industrielles aient subi de dommages notables.
………
… et terrestres
Pour préparer l’opération Zhulin, la Première Armée (général Sun Du) et la Trentième Armée (général Wang Lingji) commencent leur déploiement vers leurs positions respectives. La Première va se positionner près du bourg de Muzidianzhen, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Macheng, dans le Hubei. La Trentième, renforcée de la déjà fameuse 200e Division Blindée, s’achemine vers le nord de Yichun, dans le Jiangxi.
Derrière les lignes japonaises, la Nouvelle Quatrième Armée (général Peng Dehuai) s’apprête à entamer un discret mouvement en direction de Bengbu, dans l’Anhui.


9 septembre
Campagne de Birmanie
Birmanie occupée
– Aujourd’hui les Spitfires participent à un grand sweep dans le triangle Moulmein - Ye - Trois Pagodes : le but est de dégager la route des Hurricane indiens qui vont faire parler leurs 20 mm dans la vallée jusqu’à Kon Kuta. Le bilan de la journée est de deux Ki-43 abattus sans pertes côté allié. Vers Tavoy, les Hurricane belges incendient plusieurs véhicules sans autre réaction qu’une DCA modérée.

Campagne d’Indochine
La tuerie de Bac Kan
Bac Kan (Tonkin)
– Mis à part deux patrouilles nocturnes qui ne rencontrent aucun Japonais, les légionnaires se contentent de rester sur leurs positions, attendant l’aube. Jusque là, trois Lysander du GB “Louvre” asticotent les Japonais survivants, à coups de petites bombes explosives ou incendiaires, ou en lançant des fusées éclairantes.
Les premiers rayons du soleil éclairent de nombreux cadavres. Seul trois Japonais sont retrouvés vivants. Deux d’entre eux, grièvement blessés, ne tarderont pas à rendre l’âme. Le dernier – un cas rarissime – sera capturé vivant.
« Contrairement aux renseignements reçus avant l’opération, il n’y avait aucune batterie de DCA. Et en comptant les corps, nous avons constaté que la garnison ne comptait que 87 hommes. Quatre-vingt-huit, en comptant notre prisonnier… Bref, nous avions fait des prouesses et bien trop d’entre nous avaient perdu la vie pour pas grand-chose. C’est la guerre, paraît-il. » (Klaus Müller, op. cit.)
Après avoir incendié les installations japonaises, les légionnaires se replient dans la jungle à la mi-journée… mais une nouvelle est venue améliorer leur humeur.
« Après avoir accusé réception de notre rapport, Epervier a ajouté quelques mots : les troupes « françaises et alliées » ont débarqué en force en Provence, il y a déjà trois jours. Elles ont établi une solide tête de pont. Nous n’avons pas eu droit à d’autres détails, mais c’était bien assez pour que tout le monde, même les blessés graves, se mette à chanter la Marseillaise, avec tous les accents de la Terre. Si les autres Japonais d’Indochine nous avaient entendu, ils se seraient enfuis jusqu’à Tokyo ! » (Klaus Müller, op. cit.)

Menace
Entre Savannakhet (Laos) et Quang Tri (Vietnam)
– Un ciel bas, couvert et pluvieux, empêche tout bombardement efficace. Les Franco-Laotiens restent sous les arbres, cachés aux Ki-36 thaïs qui tentent sans espoir de localiser plus précisément les intrus. Le poste de Muong-Phine est averti – à sa garnison de prendre les mesures qui s’imposent.

Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
Archipel des Carolines
– Le MV Krait fait route à l’est, sur une mer calme et par un temps un peu nuageux, à travers des grains réguliers et très localisés. Après avoir traversé les routes japonaises habituelles, le petit navire entame la dernière partie normalement calme de son voyage, avant d’aborder l’archipel de Truk par le nord-ouest. Au début de la nuit, le capitaine Ivan Lyon et le lieutenant Durand de la Penne sont de quart tous les deux, seuls sur le pont. En cette heure propice aux confidences, les deux hommes discutent pour la première fois de leurs situations personnelles. Lyon s’étonne de voir un Italien venir dans le Pacifique Sud pour mener une guerre qui ne paraît pas le concerner vraiment et s’engager dans une mission des plus risquées.
– C’est vrai, lâche Durand de la Penne dans un soupir. Mais je suis un soldat avant tout. J’ai servi loyalement et honnêtement dans la marine de mon pays, avant d’être fait prisonnier. Pendant ma détention, j’ai pu méditer sur la subtile différence entre mon attachement à mon pays et l’obéissance au régime corrompu qui a entraîné l’Italie dans cette guerre inutile. Lors de ma libération, je n’ai pas hésité à me rallier au gouvernement légal de l’Italie, en partie par loyauté et attachement au Roi, mais surtout par souci de participer au nécessaire redressement du pays. Ma participation à ce redressement, c’est de faire ce que je sais faire le mieux, me battre sous l’eau, cette fois au côté des Alliés, en espérant faire un peu oublier Mussolini et offrir ainsi à l’Italie un sort aussi honorable que possible après le conflit. Et quitte à me battre, autant le faire ici contre les Japonais plutôt qu’en Europe, contre les Allemands, qui sont malgré tout d’anciens frères d’armes, ou, pire encore, contre des Italiens… Quant à notre mission, elle n’est pas beaucoup plus dangereuse que celles auxquelles j’ai participé en Méditerranée !
Mais vous, capitaine, pourquoi vous êtes-vous porté volontaire pour cette mission, en prenant le risque d’être traité comme un espion par l’ennemi ?

Ivan Lyon grimace, mais il faut bien répondre…
– Je pourrais vous dire que je suis un soldat et que je fais de mon mieux la guerre qui a été imposée à mon pays par l’ennemi… mais ce serait incomplet. C’est une histoire personnelle entre les Japonais et moi. Ils ont tué ma femme et mon fils.
En 1939, à mon arrivée à Singapour, j’avais entendu parler au mess d’une Française dont on disait qu’elle était la plus belle femme d’Asie. C’était la fille du gouverneur du bagne de Poulo Condor, installé par les Français sur une île au large de l’Indochine. J’ai décidé de la séduire ! Je me suis rendu sur l’île avec mon yacht – oui, ma famille n’est pas dans le besoin. Prétendant que mon bateau devait être réparé, j’y ai fait une escale prolongée. J’ai constaté que la beauté de Mademoiselle Gabrielle Bouvier dépassait encore sa réputation. Je lui ai fait une cour assidue, et je l’ai bel et bien séduite – mais ce fut réciproque. Nous nous sommes mariés à Singapour, et notre fils Clive est né en 1940.
Lors de l’attaque japonaise, nous étions tous à Singapour. Au début de 1942, j’ai réussi à leur faire quitter l’île dans un des derniers bateaux évacuant des civils vers les Indes. Quelque temps plus part, j’ai été moi aussi évacué de Singapour, mais vers l’Australie. L’ayant appris, ma femme a décidé de me rejoindre. Hélas, le navire sur lequel elle avait pris place avec mon fils n’est jamais arrivé, sans doute coulé par un sous-marin ou un bombardier japonais. Depuis, je fais la guerre en espérant porter le plus de coups possible à l’Empire japonais pour les venger.
– Vos raisons de vous battre sont plus personnelles que les miennes, et peut-être encore plus puissantes, mon ami. Je vous aiderai de mon mieux.



10 septembre
Campagne de Birmanie
Thaïlande
– La gare de Hin Tok reçoit aujourd’hui la visite, comme quelques jours auparavant celle de Rin Tin, des Mitchell du Sqn 343(B), escortés par les P-38 du 449e FS. Ils ne laissent derrière eux que cendres, rails tordus et ballasts éventrés. Les Japonais s’aventurent de moins en moins à la rencontre de ces raids, et les Thaïlandais ne réagissent le plus souvent qu’aux pénétrations plus profondes au-dessus de leur territoire.
A la tombée de la nuit, les Wellington du Sqn 1 (BVAS) reviennent visiter Ban Pong avec cette fois un peu plus de succès que le 6 : de nombreuses bombes touchent les voies. Un quartier d’habitation est cependant incendié.

Campagne d’Indochine
Assaut
Phine (près de Savannakhet, Laos)
– Muong-Phine est le dernier village de la route de Quang Tri, à l’ouest de Tchepone, encore aux mains des Japonais. Ceux-ci l’ont transformé en camp retranché. Leurs avions de reconnaissance ayant découvert trois jours plus tôt une colonne avançant dans leur direction, les défenseurs s’attendent à une attaque. Mais ils sont quand même pris par surprise lorsque le bunker défendant l’entrée principale du village est transformé en volcan par un obus en tir tendu qui pénètre par l’embrasure de la mitrailleuse.
Alors que les Japonais se réveillent en sursaut, les Vietnamiens envahissent déjà le village. La moitié des Japonais tombent dans les rues et sur la place du village, massacrés par des tireurs qui se sont postés sur les toits. Une vingtaine d’hommes réussissent à se regrouper dans la pagode. Les Viêts vont les en déloger à la grenade et à la baïonnette.
Lorsque les deux compagnies de tirailleurs laotiens qui encerclaient le village y pénètrent, les combats sont déjà terminés. Les Vietminh n’ont eu que deux morts et quelques blessés. On comptera quarante-quatre cadavres japonais… Il ne reste rien pour identifier ceux qui ont occupé le bunker.


Note
1- La Marine Impériale a été mise à contribution pour appuyer l’Armée en Indochine à la suite d’une demande expresse du général Rikichi pour alléger un peu la tâche des pilotes de l’Armée, qui ont quelques difficultés à mater les bandes de partisans pro-occidentaux. Le vice-amiral Denshichi Okawachi, commandant de la 1ère Flotte Expéditionnaire du Sud, chargée de la surveillance et du maintien de l’ordre de la Malaisie à l’Indochine, a accepté (de mauvaise grâce et après consultation de ses supérieurs) les sollicitations d’Hanoi, tout en faisant observer que la Marine n’avait pas vocation à compenser les insuffisances de l’Armée.
Les forces aériennes de la Marine Impériale en Indochine comptent moins d’une quarantaine d’hydravions fatigués (en majorité du 936e Kokutai et du Toko Kokutai), basés pour la plupart sur l’hydrobase de Cat-Lai, sur la rive droite du Mékong près de Saigon, et sur celle du Grand Lac (ou Lac de l’Ouest ou Lac Hô Tay), près du Cercle Nautique d’Hanoi. Ces bases ont dû être patiemment remises en état, après les dégâts infligés par les bombes japonaises et les sabotages français en 1942. Le rôle normal de ces hydravions est d’assurer des patrouilles maritimes et de lutter contre les sous-marins alliés, chaque jour plus nombreux, dans une zone s’étendant du détroit de Hainan au golfe de Siam.


Dernière édition par Casus Frankie le Jeu Mai 26, 2016 12:23; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2016 12:10    Sujet du message: Répondre en citant

Dien-Bien-Phu => dans une partie de la chrono, le nom a été écrit sans les tirets. Il y a finalement peu d'occurrences, il suffit de chercher "Dien" ou "Phu" en cochant "Mot entier".
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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2016 12:15    Sujet du message: Répondre en citant

Je sais, j'avais cru les avoir déjà supprimé tous… (c'est pour ça qu'il y a peu d'occurrences)
Bon, je vais y retourner.
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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2016 12:47    Sujet du message: Répondre en citant

Peut-être sont-ils dans des fichiers pas encore mis à jour sur le site, mais normalement non.
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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 12:21    Sujet du message: Répondre en citant

11 septembre
Campagne de Birmanie
Guerre aérienne
Birmanie occupée et Thaïlande
– Selon le scénario établi le 6 septembre, les Beaumont des Sqn 45 et 84, escortés par les Spitfire des Sqn 17 et 67, pénètrent en Thaïlande pour s’attaquer au pont de Nikki. Mais aujourd’hui, la chasse japonaise et thaïlandaise est très bien placée pour intercepter ce raid avec quatre Ki-44 et quatre Ki-43 japonais, trois Ki-43 et six Ki-27 thaïs. Deux Beaumont et deux Spitfire sont abattus contre deux Oscar et deux Nate.
Au sud de Ye, les Belges du Sqn 342 (B) rencontrent eux aussi du monde – trois Ki-43 et trois Ki-27. Cependant, l’expérience parle et les Hurricane s’en tirent bien, abattant un Ki-43 et un Ki-27 contre un seul appareil qui, gravement endommagé, sera détruit à l’atterrissage.
Enfin, le long de la côte, vers Tavoy, les P-38 font parler la poudre. Eux aussi sont interceptés par une demi-douzaine de chasseurs, auxquels ils échappent grâce à leur vitesse, avant de revenir à l’attaque, ce qui permet au Lt Lee O. Greg de remporter sa sixième victoire.
Japonais et Thaïlandais ont fait de gros efforts pour essayer de contrer ces raids avec des moyens limités. Mais après une journée comme celle-ci, et compte tenu des autres fronts, il leur faudra plusieurs jours pour que tous leurs appareils soient à nouveau disponibles.

Blitz à la Thaï
Bangkok, 10h00
– La capitale est encore une fois la cible d’une formation alliée – douze Liberator et huit Mustang, venus de Chine attaquer l’aérodrome de Don Muang. Neuf Ki-43, alertés par des guetteurs qui ont aperçu les assaillants non loin d’Ayuthia, tentent de les intercepter. Mais des nuages rendent la tâche difficile pour les deux camps, les Franco-américains peinant, de leur côté à repérer leur cible.
Finalement, les bombes font des victimes et endommagent une piste, mais les avions sont épargnés, car ils ont été dispersés ou mis à l’abri. Seul un Fairchild 24 de liaison, en réparation, est détruit dans son hangar. La DCA parvient à endommager deux B-24 en dépit du ciel bouché.
Soudain, la radio des chasseurs thaïlandais résonne des cris et des rafales d’un combat. Sur le chemin du retour, les avions alliés ont croisé la route de six Ki-27 en vol d’entrainement, qui leur sont littéralement tombés dessus au coin d’un banc de nuages ! Malgré la disproportion des forces, les petits “Ota” foncent sans hésiter. Un B-24 est endommagé et un autre des mastodontes est percuté par un chasseur ; une boule de feu engloutit les deux avions (aucun parachute). Mais le torrent de balles de .50 crachées par les Browning des bombardiers déchiquète un des petits chasseurs, tandis qu’un autre est abattu par un Mustang.
Profitant de l’occasion, les Ki-43 tentent d’intervenir, mais sont immédiatement accrochés par l’escorte. Les Thaïlandais perdent trois des leurs avant de rompre, après avoir réussi à abattre un des Liberator éclopés ainsi qu’un des Mustang.
Minorant les résultats du raid, la presse et la radio mettront en avant le courage des pilotes (la censure annonce trois chasseurs abattus en échange de… douze bombardiers détruits). Le pilote ayant percuté un B-24 est même décoré et promu à titre posthume pour son esprit de sacrifice. Néanmoins, les aviateurs (alliés comme thaïlandais) qui ont assisté à la collision pensent qu’en réalité, il n’a pas pu dégager à temps…

Campagne d’Indochine
Base Hayabusa
Sud Laos, sur la route Saigon-Vientiane, au petit matin
– Le convoi qui avance dans la lumière indécise de l’aube est composé d’une voiture de commandement dotée d’une mitrailleuse et suivie de six camions remplis de fantassins. Une voiture blindée Type 93 ouvre la marche, une centaine de mètres en avant.
Les Nippons ont roulé de nuit pour éviter les embuscades. Peu d’hommes ont réellement dormi malgré l’assurance – feinte – des officiers, affirmant que si les rebelles attaquaient les campements de nuit ils ne pouvaient en même temps tendre des guet-apens sur les routes. En tout cas, que leurs chefs aient eu raison ou que les kami aient souri à leurs enfants, il n’y a pas eu d’incident notable.
Les rayons solaires encore teintés d’écarlate, se répandant sur les frondaisons, ont réveillé la jungle. Tranchant sur le vert intense des feuillages, les troncs des arbres se révèlent, couverts de fleurs jaunes et rouges. Affolés par le passage des bruyants véhicules, des gibbons noirs se mettent à crier et à sauter d’arbre en arbre.
Il faut encore cinq heures de route pour atteindre le croisement de la route Saigon-Vientiane et de la route Savannakhet-Dong Ha (au nord de Hué). A 35 km de Savannakhet, un village autochtone sans nom a été transformé en une puissante place-forte, ceinturée de palissades défendues par des miradors. En dépit de l’extension du camp, des bulldozers sont à l’œuvre, défrichant la jungle pour agrandir encore la forteresse. Près de l’entrée veillent deux chars type 95 Ha-Go. Impressionnés, les soldats se sont tus.
Les camions longent à présent le parking, où s’alignent plus d’une centaine de véhicules. Sur un petit aérodrome sont stationnés six Nakajima Ki-43 Hayabusa. D’un coup, les soldats sont devenus bien plus confiants. La contre-attaque se prépare et les rebelles vont rapidement ressentir une grande nostalgie pour leurs retraites dans les montagnes.
Sans doute inspirés par les avions basés sur place, le commandant de la garnison a baptisé la forteresse Hayabusa – il semble qu’il n’ait pas su que ce nom (Faucon) faisait étrangement écho à celui de la base Epervier installée à Dien-Bien-Phu…

Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
Lagon de Truk, archipel des Carolines
–En fin de journée, le MV Krait approche du lagon de Chuuk (Truk) par le nord-ouest, à l’issue d’un parcours finalement sans histoires. Un message codé capté la veille a confirmé à la fois l’objectif de la mission (trois cuirassés et deux porte-avions confirmés à l’ancre entre les îles Moen et Dublon) et la route à emprunter : la passe prévue ne semble pas surveillée. L’opération Crocodile entre désormais dans sa phase finale, celle qui comprend le plus d’inconnu et de danger.
19h05 – La passe a été facile à repérer, dans un repli vers l’est du récif corallien. Alors que le soleil est déjà couché, le MV Krait s’y engage à faible vitesse, sous une pluie de mousson bienvenue. L’ensemble de l’équipage est aux postes de combat : en cas de mauvaise rencontre, aucun subterfuge ne servira plus à rien…
19h15 – Le MV Krait est engagé dans la passe. Heureusement, les renseignements étaient exacts et cette partie du récif ne bénéficie pas de constructions défensives (canons ou nids de mitrailleuses sous blockhaus, comme cela semble être le cas pour d’autres passes) ni de garnison. En effet, même à faible vitesse, les machines du vieux bateau de pêche sont bruyantes et les commandos de l’unité spéciale Z sont certains que ce bruit infernal qui remplit la nuit les trahit à de nombreux kilomètres à la ronde malgré la pluie… Le bateau de pêche avance au ralenti et à l’aveugle : il fait désormais nuit noire (la lune et les étoiles étant masquées par les nuages), impossible d’utiliser des projecteurs pour des impératifs de discrétion, ce sont les yeux des guetteurs placés à l’avant qui doivent percer les ténèbres et les rideaux d’eau qui tombent du ciel pour guider le navire. Sans carte et dans l’impossibilité d’utiliser des sondes pour ne pas risquer de déclencher d’éventuelles mines sous-marines, l’équipage du Krait ne peut que compter sur la chance et sur le faible tirant d’eau de leur navire pour éviter à la fois l’échouage et les probables obstructions ou mines qui protègent sans doute la passe. Un instant, le bateau frôle la catastrophe – la coque racle légèrement sur un récif de corail, le Krait frémit à peine, mais un bruit sinistre frappe de terreur toute l’équipe. Avec milles précautions, Ivan Lyon change légèrement de route et le bruit cesse… Un bateau à peine plus gros se serait à coup sûr échoué – les Japonais ont dû penser que ces récifs les mettaient à l’abri de toute incursion, n’imaginant pas qu’une barcasse aussi petite tenterait de pénétrer dans leur antre.
19h35 – Le MV Krait quitte la passe sans autres ennuis et pénètre enfin dans les eaux intérieures du lagon de Truk ! Le capitaine Lyon met la barre à l’est-sud-est à faible vitesse.
23h50 – Le Krait stoppe ses machines ; il est désormais à l’ancre dans une crique abritée, sur la côte nord de l’île Falo, à moins de 8 nautiques de ses cibles. Les Australiens s’empressent de camoufler le navire avant le lever du jour.

La guerre sino-japonaise (et ses à-côtés)
Carnet mondain
Chongqing
– Le père de Shui Shifang ayant donné son assentiment au projet d’union de sa fille avec le diplomate néerlandais Robert Van Gulik, les futurs époux organisent aujourd’hui une cérémonie de fiançailles. Les deux autres membres fondateurs du Club OB-1, Paul Linebarger et Arnold Spielberg, comptent au nombre des invités.


12 septembre
Campagne de Birmanie
Guerre aérienne
Birmanie occupée
– En cette journée presque ensoleillée qui laisse entrevoir la fin de la mousson, les Américains sont de retour dans le secteur d’Hellfire Pass, par groupes de quatre appareils. Les P-38 ne repèrent aucune locomotive, mais une des formations surprend un avion de transport escorté de quatre Ki-44 et quatre Ki-43. Les Lightning attaquent en piqué et, dans l’élan, abattent le transport malgré l’escorte qui s’interpose. Un P-38 et un Ki-43 sont abattus, un autre P-38 s’écrasera à l’atterrissage, mais surtout on retrouvera dans l’épave du transport le corps du général Takuma Shimoyama, chef de la 3e Division Aérienne, dont la disparition perturbera durablement les activités de l’état-major japonais.

Campagne d’Indochine
Contre-guérilla au Sud Laos
Dans la jungle à 60 km au nord-est de Savannakhet, vers minuit
– Le paysage obscurci par la nuit est poisseux d’humidité. Des bruits confus se font entendre, puis apparaissent des silhouettes en file indienne. Ce sont des tirailleurs laotiens, des Hmongs de l’armée régulière coloniale française – une centaine d’hommes. Ils portent une veste de treillis taillée dans de la toile de tente et un chapeau de brousse australien et sont principalement armés de mousquetons Berthier, rechambrés pour la munition 7,5 x 54 mm du Mas 36. Trois ou quatre, les meilleurs tireurs, ont des fusils Berthier munis de lunettes, une dizaine portent des pistolets-mitrailleurs “Thompson” (en fait, des copies made in China). Les armes collectives se limitent à quelques FM 24/29.
L’unité longe la pente escarpée d’un arroyo d’où monte une odeur de décomposition qui prend à la gorge. Le terrain difficile force les tirailleurs à cheminer en file indienne. Beaucoup jurent à voix basse en se donnant des claques pour chasser les moustiques qui tourbillonnent autour d’eux.
Les hommes sont prudents mais pas particulièrement inquiets. Depuis près d’un mois, ils tendent des embuscades et attaquent des campements japonais. Ces prédateurs vont participer à l’assaut sur Savannakhet qui se prépare depuis plusieurs jours. Pressé par le temps, certain de ne rien risquer, leur chef a négligé de flanquer sa colonne de patrouilles, notamment sur la crête qui domine la piste à droite. Cette erreur va lui coûter très cher, car sur cette crête, une cinquantaine de Japonais ont monté une embuscade. Répartis en petits groupes distants quelques dizaines de mètres, ils ont soigneusement disposé leurs armes automatiques, des FM (des Nambu Taisho 11) et quelques mitrailleuses lourdes (des Taisho 3).
Un ordre en japonais déclenche l’enfer. La quiétude nocturne est déchirée par les éclairs des tirs au museau des armes. Des grenades explosent en flammes violentes au milieu de la colonne laotienne. Hurlements de douleur et de colère, râles d’agonie. Ce n’est pas un affrontement. Les Laotiens tournent en rond, assommés par la surprise et la panique. Seuls quelques hommes ripostent au hasard. Sans hésitation ni pitié, les Japonais vident un chargeur après l’autre et lancent leurs grenades sans interruption.
Puis le choc initial se dissipe. Les gradés survivants lancent des ordres et les tirailleurs chargent les positions japonaises révélées par les tirs. Mais dans la pénombre découpée par les flashs stroboscopiques des armes, la ruée s’émousse dans une gerbe de balles et de sang. Si quelques solitaires, baïonnette au canon, atteignent les lignes défendues par les Nippons, ce n’est que pour être abattus à bout portant.
L’assaut désespéré des Hmongs s’arrête d’un coup, comme si on avait abaissé un interrupteur. Les Japonais cessent progressivement de tirer. Dans l’air nocturne, le silence semble total après le déchaînement de violence qui a duré une éternité d’un quart d’heure. Petit à petit, l’oreille se réhabituant, les soldats du tenno commencent à entendre des râles, des gémissements.
Un ordre rauque relance l’action. Méfiants, une vingtaine d’hommes descendent vers l’arroyo, toujours couverts par les armes automatiques. Retournant un corps après l’autre, les Japonais achèvent ceux qui bougent encore. Un cadavre se relève soudain pour s’enfuir en courant, mais plus de dix fusils claquent. L’homme boule, roule au bas de la pente et termine dans la boue du ruisseau.
Une dizaine de Hmongs pourront rejoindre le plus proche camp français. Les Japonais n’ont eu qu’un blessé léger.

Bataille de Savannakhet
Savannakhet (Sud Laos), à l’aube
– L’attaque de la ville ne surprend absolument pas la garnison thaïlandaise. Les mouvements récents des Franco-Laotiens ont été faciles à repérer et leur objectif – couper en deux le Laos – est évident. L’ennemi doit donc absolument prendre la ville s’il veut poursuivre cette stratégie. C’est pourquoi des renforts ont été acheminés depuis plusieurs jours par le Mékong pour renforcer la garnison. Celle-ci a creusé des tranchées, édifié des bunkers en tronc d’arbres et transformé en fortins plusieurs maisons à la périphérie de la ville.
06h00 – Lorsque les premiers avions alliés surgissent (huit Mitchell et quatre P-40), ils n’ont d’abord pour opposition que quelques canons de DCA improvisés – des 2-pdr obsolètes, démontés sur les Vickers AA SPG de l’armée thaï et remplacés par du matériel japonais. Mais un coup heureux fait exploser un bombardier, criblant d’éclats son voisin, dont l’équipage devra se parachuter une fois au-dessus d’un secteur sûr.
Alors que les avions alliés s’éloignent, ils sont assaillis par trois Ki-27 et trois Ki-43, les premiers s’en prenant aux B-25 tandis que les seconds tentent d’éloigner les P-40. Les avions thaïs sont assez maniables pour éviter les tirs américains, mais pas assez puissants pour faire plus qu’endommager leurs adversaires, qui s’éloignent vers le nord.
Peu après, l’assaut terrestre commence par un bombardement d’artillerie assez modeste, les Franco-Indochinois n’ayant que quelques pièces de 75 qui ne font qu’égratigner les défenses. Une attaque de l’infanterie, menée sans beaucoup d’allant, se heurte à une riposte de l’artillerie des Thaïs et reflue en désordre.
07h30 – L’aviation royale thaïlandaise intervient à son tour offensivement ! Sept Ki-30 (Ann) couverts par trois Ki-43 (Oscar) s’efforcent de museler l’artillerie adverse, sans autre efficacité que de soutenir le moral des défenseurs (ce qui était d’ailleurs le but recherché).
08h45 – Cinq Ki-30 et trois Ki- 43 s’attaquent aux positions franco-vietnamiennes situées en lisière de jungle, sans grand résultat apparent. Ils sont suivis par quatre Ki-27 Ota (Nate) chargés de bombes légères – l’un d’eux tombe, victime des mitrailleuses lourdes de la DCA alliée.
09h30 – Un groupe de six Mitchell et huit Warhawk fait son apparition, cette fois en altitude. Ils sont attaqués par une dizaine de chasseurs thaïs, Ki-27 et Ki-43, mais deux Ki-27 et un Ki-43 sont abattus en échange d’un P-40 qui s’écrase dans la jungle. Les Mitchell bombardent d’assez haut et en léger piqué, puis décrochent pleins gaz vers DBP. Les bombes touchent les faubourgs, sans faire de mal aux défenseurs de la ville.
10h30 – Au sol, aucune attaque sérieuse n’a été lancée et l’affrontement s’est limité à des échanges de tirs intermittents à longue portée. A ce moment, avertis qu’une colonne de renforts japonais arrive de la base installée au croisement de la route de Dong Ha et de l’axe Saigon-Vientiane, les assaillants s’empressent de plier bagage.
Les assaillants ont perdu deux cents hommes (morts et blessés) dans l’affrontement, que la propagande thaïe va transformer en une bataille titanesque et en une héroïque victoire défensive. Toutefois, la ville est toujours assiégée. Les renseignements thaïlandais estiment qu’un peu plus d’un millier d’hommes des troupes régulières et un nombre inconnu d’irréguliers sont restés en arrière pour harceler la garnison.

Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
Lagon de Truk, archipel des Carolines
– Le jour s’est levé sur l’ile Falo mais le ciel reste bouché et pluvieux, étendant une couverture protectrice sur le MV Krait. Les quatre nageurs de combat italiens préparent méticuleusement leur mission : révision complète et intensive du matériel, énième revue des rares et imprécises cartes disponibles ainsi que des silhouettes des navires cibles, et surtout alimentation et repos. Les hommes de l’unité spéciale Z montent la garde autour du navire.
11h15 – Le matelot Jones est de garde sur une petite hauteur à moins de 50 mètres du Krait, parfaitement invisible dans la végétation. Sa garde a commencé il y a plus de trois heures et il s’est petit à petit habitué aux bruits de la jungle. Son attention est alertée par un bruit inhabituel, le craquement d’une branche sous un pas – homme ou animal ?
11h20 – Jones, aux aguets, a repéré une silhouette qui se déplace lentement le long de ce qui ressemble à un sentier côtier mal entretenu et envahi par la végétation luxuriante. Il s’agit d’un soldat japonais qui avance avec peine et sans discrétion particulière au milieu des arbres, plantes et lianes qui entravent sa route.
11h25 – Jones a désormais repéré trois militaires qui viennent dans sa direction. Ne sachant pas si d’autres Japonais sont dans les parages, Jones répugne à utiliser son PM pour abattre les trois gêneurs et ces derniers sont trop regroupés pour espérer les éliminer un à un au couteau. Il se contente donc de les surveiller, comptant sur la densité de la végétation et le camouflage de leur navire pour que la patrouille japonaise passe sans repérer le Krait et ses occupants.
11h30 – Jones s’est replié discrètement et a alerté ses collègues : toute l’équipe est camouflée, silencieuse, les armes à la main, prête à fondre sur la patrouille ennemie au moindre signe.
11h55 – La patrouille japonaise est passée à moins de 20 mètres du Krait, mais n’a aperçu ni le navire ni ses occupants. La tension est un peu retombée quand les soldats ennemis se sont éloignés, mais le commando italo-australien est inquiet à l’idée que l’île de Falo, que les reconnaissances annonçaient inhabitée, est en réalité au moins patrouillée par l’ennemi. Les gardes sont renforcées, les préparatifs accélérés afin de pouvoir lancer en urgence la mission italienne en cas d’attaque japonaise.
17h00 – Les deux SLC sont mis à l’eau et font l’objet des ultimes vérifications. Les quatre nageurs italiens commencent à enfiler leur équipement, bien trop lourd à leur goût dans la chaleur moite de cette fin de journée.
18h00 – Le soleil vient de glisser sous l’horizon, et les deux maiali s’éloignent du Krait. Sur le premier, Luigi Durand de la Penne et Emilio Bianchi sont déterminés à rééditer leur exploit d’Alexandrie – une façon pour les Italiens d’égaliser le score entre Axe et Alliés… Pourtant, ils savent que cette fois, ils ne peuvent pas se permettre d’être faits prisonniers. Juste derrière eux, sur le second SLC, Nicola Conte et Evelino Marcolini sont concentrés, bien décidés à se montrer à la hauteur de la confiance et de l’honneur que leur a fait Ginocchio en les choisissant pour cette mission. Les deux torpilles pilotées s’éloignent à faible vitesse (2 nœuds), cap au sud-est, vers la pointe orientale de l’île Moen, en semi-plongée (seules les têtes des nageurs sont hors de l’eau). Pour les Australiens de l’unité spéciale Z, une longue attente commence…
19h05 – Les deux maiali, toujours groupés, doublent la pointe orientale de Moen et font une courte halte pour se repérer et vérifier leur nouvelle route. La navigation est facile, aucun courant n’est perceptible et aucun navire ni avion japonais n’a été repéré. Mais les choses se compliquent désormais : la nuit est complètement tombée, la pluie redouble, les ombres des différentes îles sont impossibles à distinguer, la visibilité est quasi nulle… La flotte japonaise à l’ancre devrait être là, devant eux, à moins de 5 nautiques, mais ils ne voient rien ! D’un commun accord, ils décident de poursuivre leur route en navigant aux instruments, cap au sud-ouest.
19h20 – Nouvel arrêt des deux maiali. Le temps a désormais viré à l’orage… ce dont se félicitent les Italiens ! En effet, à la faveur d’un éclair, Bianchi repère de nombreuses silhouettes de navires devant eux, à quelques nautiques. Les deux SLC poursuivent leur route dans cette direction, pour identifier et attaquer les plus belles cibles.
20h15 – Après un dernier point commun, Durand de la Penne et Conte se séparent. Ils sont désormais au milieu de l’ancrage de la flotte ennemie, et le risque d’être à tout moment repérés ainsi que la faible autonomie de leurs SLC leur imposent d’attaquer les navires les plus proches plutôt que de poursuivre leur route vers le sud à la recherche des cibles les plus tentantes, les porte-avions. Tant pis : chacun a repéré un cuirassé et se dirige désormais en plongée vers sa cible.
21h00 – Le maiale de Durand de la Penne et Bianchi avance très précautionneusement à 3 mètres de profondeur, car ils estiment être désormais à moins de cent mètres de leur cible. C’est alors qu’ils sont bloqués par un filet métallique : c’est un bon signe (c’est un filet anti-torpilles, ils sont donc tout près d’un grand bâtiment), mais c’est aussi un obstacle de taille. Les deux nageurs manœuvrent leur torpille et plongent dans l’espoir de passer sous le filet. Après être descendus jusqu’à près de 15 mètres de profondeur, ils réussissent à contourner l’obstacle.
21h25 – Les deux nageurs italiens sont parvenus sous la coque de leur objectif. A sa taille, pas de doute : c’est bien un cuirassé. Ils se placent au milieu du navire, légèrement vers l’arrière. La phase la plus délicate de la mission commence alors : sans en perdre le contrôle du SLC, décrocher la tête explosive et la fixer, avec des contacts magnétiques, sur la coque du géant.
21h45 – Après de longs efforts, enfin satisfaits du résultat mais épuisés, De la Penne et Bianchi règlent le minuteur pour une explosion à 05h 00. Puis ils enfourchent à nouveau leur torpille “décapitée” et repartent. Ils doivent replonger à 40 mètres pour passer sous le filet puis, toujours en plongée, mettent le cap au nord-est.
22h40 – Aux commandes de son maiale, Durand de la Penne double en semi-plongée la pointe de l’île Moen. Leurs réserves d’oxygène presque épuisées, frigorifiés par les longues heures dans l’eau, les deux plongeurs ont hâte d’en finir.
23h55 – Durand de la Penne et Bianchi rejoignent le MV Krait, où ils sont accueillis chaleureusement par leurs camarades australiens, qui les réchauffent et leur donnent à boire et à manger, tout en les pressant de questions sur le déroulement de leur mission. Puis les hommes de l’unité spéciale Z rembarquent le SLC et commencent les préparatifs de départ du Krait, dans l’attente anxieuse du second équipage.

La guerre sino-japonaise
Préparatifs aériens
Hubei
– Huangshi, nœud logistique du moyen-Yangzi, en aval de Wuhan, est attaqué par 23 Liberator américains escortés de 11 Mustang. Douze Hayabusa et quatre Hiei s’interposent ; deux B-24 et un P-51 sont abattus pour quatre Ki-43. Au sol, la gare de triage est durement touchée, paralysant pour plusieurs jours le trafic ferroviaire vers Wuhan.


13 septembre
Campagne d’Indochine
Bataille du Laos
Hanoi
– Le général Andou Rikichi s’est couché tard. La réunion d’état-major sur la situation au Laos a été houleuse. Les éléments de la 56e Division envoyés dans l’antique Royaume du Million d’Eléphants et du Parasol Blanc manquent à présent en Annam et en Cochinchine. Des officiers généraux se sont disputés, chacun voulant se faire affecter d’avantages de troupes de la réserve générale. Celle-ci n’étant pas infinie, le général Rikichi a été obligé de faire preuve de fermeté.
En fait, ses subordonnés n’étaient d’accord que sur une chose : les Thaïlandais devaient se débrouiller seuls au Laos. Seulement, ce n’était guère possible. La gravité de la situation sur le front birman faisait douter en haut lieu de la loyauté des troupes thaïes. Les laisser seuls face aux troupes des colonialistes était prendre le risque de les voir céder à la démoralisation ou même à la trahison. Le général nippon a dû souligner que reprendre l’initiative au Laos était incontournable politiquement et que chacun devrait s’en accommoder.
Ce matin, après avoir dormi moins de cinq heures, Andou Rikichi regagne son bureau de l’hôtel Métropole avec une violente migraine. Des rapports se sont déjà accumulés. L’un d’eux porte des idéogrammes rouges, bien reconnaissables et trop fréquemment utilisés – Sakkyuu (Urgent). Le document émane de la Kempetai.
D’habitude, la Kempetai est la première à minimiser les mouvements de résistance locaux. La Binh Xuyen, le Vietminh et les Hoa-Hao sont incapables d’œuvrer ensemble. Ils passent leurs temps à razzier les villages ralliés aux autres factions pour voler de la nourriture et brutaliser les habitants. Certes, il existe un organisme de coordination de la résistance vietnamienne, le Front National Unifié, que les Japonais connaissent grâce à leurs informateurs. Mais l’unité qui a régné jusqu’à la bataille de Dien-Bien-Phu s’efface à mesure que les vieux différends se réveillent. D’ailleurs, comment peut-on seulement réunir dans une même pièce des membres d’une Triade comme la Binh Xuyen, formée de pirates et de kidnappeurs, des fanatiques religieux comme les Hoa-Hao et des communistes comme les Vietminh ?
Cependant, cette fois, la Kempetai signale l’arrivée de Français dans l’entourage de Nguyen Binh et semble s’inquiéter. Le général fronce les sourcils. Il n’a pas l’habitude que ses services de renseignement lui envoient des messages aussi flous et imprécis. Les rédacteurs du rapport ne citent aucun fait précis, seulement toute une série de « signes ». Diminution des raids entre groupes rebelles, diminution des attaques sur les cibles japonaises. Généralement, ce genre de phénomènes avant-coureurs précède une grande opération.
Ôtant ses lunettes rondes cerclées de fer, Andou Rikichi les essuie avec soin, plus pour se donner le temps de réfléchir que par réel besoin. Finalement, il prend son stylo et répond simplement : « Cherchez à en savoir plus ». En l’état, ces informations ne servent à rien et il n’y a plus assez de troupes disponibles pour lancer une attaque préventive.
Le général Andou vient juste d’ouvrir un autre dossier quand on frappe poliment à la porte. C’est son ordonnance, qui introduit un officier des transmissions porteur de dépêches.
– Votre Excellence, l’ennemi a lancé une attaque importante dans le district de Ba-Bé. Nous avons perdu Cho-Ra et le chef lieu de district signale des attaques répétées.
– Ba-Bé, c’est au Tonkin ?
– Oui, votre excellence, province de Bac-Kan.
– Encore ?

Andou Rikichi se lève pour faire face à la grande carte murale de l’Indochine. Il n’a pas à chercher longtemps. Une grosse épingle à bout rouge signale encore l’attaque lancée cinq jours plus tôt.
– Ils doivent essayer de couper la route qui mène à Cao-Bang par Thai-Nguyên et Ngan-Son.
Se massant la nuque, le général nippon jette un coup d’œil épuisé au fauteuil si longtemps occupé par son prédécesseur. Tout le monde s’est moqué de Thio parce qu’il n’était pas capable de venir à bout de « quelques paysans corrompus par une bande de colonialistes et armés de vieux fusils ». Au cours de sa carrière, Andou a déjà dû faire face à la menace des partisans. Après tout, c’est son expérience de la pacification des provinces chinoises du Guangdong et du Guangxi, à la tête de la 21e Armée, qui lui a valu d’être nommé en Indochine. Mais les forces qu’il commande aujourd’hui sont trop faibles pour quadriller convenablement le pays.

Harcèlement
Autour de Bac-Kan
– Dans la nuit, les Lysander du “Louvre" harcèlent les forces japonaises. Ils profitent de l’absence de chasseurs de nuit dans le camp d’en face pour incendier un petit dépôt de carburant à Cao-Bang.
Dans la journée, des chasseurs de la base Epervier font quelques passes de mitraillage sur les positions nippones. Un P-40 est abattu par la DCA (le pilote parvient à sauter dans le secteur tenu par les bo-dois). Deux Mustang sont endommagés après un accrochage avec des Ki-44 en fin d’après-midi.

Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
Lagon de Truk, archipel des Carolines, 01h40
– A bord du Krait, l’angoisse et l’impatience sont à leur comble : Conte et Marcolini devraient être revenus, les horaires les plus pessimistes sont dépassés depuis plus d’une heure. La nuit est désormais bien avancée et le Krait doit prendre le chemin du retour sans tarder s’il veut sortir du lagon avant l’aube. Après s’être concerté avec De la Penne, le capitaine Lyon décide d’attendre encore un peu, mais d’appareiller à 2h30 au plus tard.
02h20 – Le SLC de Conte et Marcolini arrive enfin. Les commandos de l’unité spéciale Z aident les deux nageurs italiens à regagner le bord. Conte, complètement épuisé, est incapable de dire un mot, mais l’état de Marcolini est pire, il est à peine conscient. Après avoir hissé le SLC à bord, le MV Krait appareille à 02h45, cap au nord-ouest.
03h20 – Le lever du jour approche, mais aussi l’alerte que ne manquera pas de provoquer la détonation des deux charges sous les navires japonais. En raison du retard pris sur l’horaire, Lyon estime qu’il n’a plus aucune chance de sortir du lagon et de s’échapper avant d’être repéré. Il décide alors de rester dans le lagon pour la journée, caché sur l’île la plus proche de la sortie. Tout le monde tentera de s’échapper en canoë la nuit suivante. Avant de mettre le cap sur l’île Falas, les hommes sabotent et lestent les deux SLC puis les jettent par dessus bord en plein milieu du lagon.
04h25 – Le MV Krait aborde Falas. Les commandos débarquent tout le matériel nécessaire dans une crique et organisent une garde méticuleuse. Seuls Page et Jones restent sur le Krait, qu’ils conduisent au large et sabordent avant de rejoindre leurs compagnons en canoë aux premières lueurs du jour.
Pendant ce temps, si Marcolini est toujours dans un semi-coma, Conte a repris assez de forces pour raconter à ses compagnons la suite et la fin de sa mission : « Après avoir quitté Luigi et Emilio, nous nous sommes dirigés vers notre cible, que nous avions identifiée comme un cuirassé de la classe Yamato. Presque aussitôt, nous avons repéré un petit patrouilleur, tout proche, qui surveillait visiblement le mouillage des grosses bêtes ; nous avons plongé et poursuivi notre route au compas, à 3-4 mètres de profondeur. Mais nous avons bientôt buté contre un filet anti-torpilles, dans lequel nous nous sommes empêtrés ; l’avant du maiale, s’est enfoncé dedans jusqu’à mon poste de pilotage. Avec Evelino, nous avons bataillé pendant plus de trente minutes pour dégager la torpille. Ensuite, il nous a fallu plonger sous le filet avant d’arriver enfin sous la coque de notre cible. Nous avons alors eu un nouveau problème en détachant la tête explosive du SLC et en essayant de l’accrocher à la coque du cuirassé japonais : le système de fixation magnétique a lâché et la tête explosive a commencé à couler ! Evelino s’est précipité pour la récupérer avant qu’elle ne disparaisse, mais dans l’affolement, le maiale nous a échappé à son tour, j’ai réussi de justesse à remettre la main dessus. Finalement, nous avons récupéré la tête explosive et repris le contrôle du maiale, mais nous avions dû plonger profond, 15 mètres je pense, surtout Evelino, et nous avions consommé trop d’oxygène, nous étions épuisés. J’ai pu bricoler un système de fortune pour maintenir la tête explosive en place sous le cuirassé et nous avons réglé le retardateur sur 05h00 comme prévu.
Nous avons pris le chemin du retour en repassant sous le filet. Une fois revenus en semi-plongée, j’ai constaté qu’Evelino s’était évanoui. Il était heureusement resté accroché au maiale, mais j’ai eu très peur pour lui. Je l’ai débarrassé de son masque à oxygène et j’ai eu l’impression qu’il reprenait conscience, mais j’ai préféré l’attacher au maiale pour être sûr de ne pas le perdre. J’ai ensuite mis le cap au nord-est, mais je me suis aperçu que cette route était erronée en découvrant que nous étions tout proches du rivage d’une île où des lumières trahissaient des installations humaines. La pluie avait cessé et j’ai essayé de distinguer les étoiles dans une trouée de nuages pour m’orienter et vérifier le cap donné par le compas, mais en vain… J’ai poursuivi au jugé, avec de nombreux changements de cap qui m’ont encore fait perdre du temps. Finalement, nous avons dépassé ce qui devait être l’île Moen, j’ai mis le cap sur Falo et, par chance, j’ai retrouvé la crique sans trop de mal… »

05h10 – Aucun signe d’explosion ou d’alerte n’a été perçu par le commando italo-australien, alors que les deux têtes explosives auraient dû détoner depuis plusieurs minutes… La déception est générale.
05h29 – Le cuirassé Mutsu est l’un des plus puissants navires de la ligne de bataille japonaise, ne le cédant qu’aux Yamato et Musashi. Pour l’heure, il est ancré à la bouée numéro 2 dans la zone réservée à la 2e division de cuirassés (dont il est le seul survivant après la perte du Nagato), 2 nautiques environ au sud-est de l’île Moen. Non loin de lui, d’autres navires imposants : les Yamato et Musashi d’un côté, les Yamashiro et Hyuga de l’autre.
Soudain, une immense explosion secoue le Mutsu à hauteur de la tourelle n° 3 et brise en deux le puissant navire (certains marins rescapés diront avoir ressenti deux explosions successives, la première et la moins violente suivie d’une autre, énorme, un instant plus tard). En quelques minutes, la partie avant (avec l’essentiel des superstructures) chavire et coule, tandis que l’arrière reste à flot. Le géant vient d’être abattu par une petite équipe de Lilliputiens venus de l’autre côté du monde !
Sur Falas, l’explosion tant espérée et sa puissance ont déclenché des exclamations de joie. Le lieutenant Page, seul, rapportera avoir distingué deux explosions très rapprochées mais distinctes. Les félicitations fusent de toutes parts. Aux congratulations de Lyon, Durand de la Penne répond qu’il est heureux d’avoir pu faire contre les Japonais aussi bien que ce qu’il a fait à Alexandrie. « Oh, ne vous en faites pas, ce n’était que des navires anglais, après tout ! » répond l’Australien Davidson, sous les rires de ses équipiers. Tous savent que c’est grâce à Durand de la Penne qu’il n’y pas eu un seul mort anglais cette fameuse nuit.
05h35 – Le Yamashiro a été le plus rapide à envoyer des vedettes porter secours aux marins du Mutsu.
05h40 –L’alerte générale est déclenchée sur Truk. Tandis que les secours s’organisent, avions et patrouilleurs reçoivent l’ordre de fouiller le lagon et les environs à la recherche d’un éventuel sous-marin ou de tout autre signe de l’ennemi.
06h05 – Dans le jour levant, les secours se déploient autour de la partie arrière du Mutsu, encore à flot, menés par deux destroyers et par les vedettes des navires ancrés dans la même zone. Les premiers avions décollent pour ratisser la zone.
06h35 – L’arrière du Mutsu coule à son tour.
09h15 – Camouflés sur Falas, les hommes du commando italo-australien sont survolés par un premier hydravion. Beaucoup d’autres suivront, car le lagon semble pris d’une agitation frénétique.
Pendant toute la journée, les passages d’avions et de navires se succèdent, mettant à rude épreuve les nerfs des membres de l’unité. Des bruits lointains de détonation les tranquillisent un peu : apparemment, les Japonais sont en train de chasser des fantômes.
14h20 – La menace se rapproche ! Un patrouilleur japonais fait le tour de Falas, son équipage inspectant le rivage à la jumelle, mais le commando est bien caché et le petit bateau s’éloigne sans incident.
19h30 – Dans les bâtiments administratifs sur l’île Moen, les officiers supérieurs de la Flotte Combinée dressent un premier bilan de la perte du Mutsu. Près de 300 survivants ont été recueillis, mais plus d’un millier d’hommes sont portés disparus. La piste d’une attaque ennemie reste étudiée, mais n’est pas considérée comme la plus probable : en effet, les recherches intensives n’ont permis de découvrir aucun sous-marin ni navire ennemi dans le lagon, et les Japonais doutent qu’une explosion d’une telle violence ait pu être provoquée par une torpille ou une mine. La piste d’un accident, par exemple lié à un incendie suivi d’une déflagration de la soute à munitions de la tourelle n°3, est désormais privilégiée.
20h00 – Les hommes de l’unité spéciale Z quittent Falas en canoë. Trois des quatre nageurs italiens ont repris quelques forces et participent un peu aux efforts des rameurs, mais Marcolini est dans un semi-coma. Heureusement, le long entraînement des marins australiens est payant, et l’absence de courant facilite leur progression. Loin au sud-est, des lumières sur les îles de Moen et Dublon témoignent d’une activité inhabituelle.
20h20 – Les premiers canoës repèrent de nombreuses lumières mouvantes, loin à bâbord ; des détonations régulières se font entendre : certainement des navires qui sillonnent le lagon, toujours à la recherche d’intrus, et grenadent au hasard. L’activité japonaise ne semble pas avoir diminué. Les commandos australiens redoublent de vigilance… et pagayent plus fort !
21h15 – Soudain, un petit patrouilleur apparaît comme par magie, à faible distance. Il navigue tous feux éteints, tache noire dans la nuit sombre, à faible vitesse, donc sans bruit. Avec une telle discrétion, il aurait certainement surpris le Volframio ou même le Krait ! Mais les canoës sont encore plus invisibles que lui et le Japonais continue sa route sans les repérer…
22h00 – Les quatre canoës entrent dans la passe qui doit leur permettre de sortir du lagon. Tout est calme. Sans le savoir, les légères embarcations passent sans mal au-dessus de nouvelles mines qui ont été posées dans la journée !
22h25 – Parvenus à l’extérieur du lagon, les hommes de l’unité spéciale Z commencent à utiliser leurs lampes torches pour émettre des signaux lumineux.
22h45 – Les canoës australiens sont abordés par deux nageurs Gamma, qui patrouillaient la sortie de la passe en les attendant, comme ils l’avaient fait la veille. Sans perdre de temps, les Gamma lancent de nouveaux signaux lumineux codés.
23h00 – Le Volframio fait surface. Les membres du commando montent à bord prestement, mais on doit hélas porter le pauvre Marcolini.
23h15 – Le Volframio replonge et met sans attendre le cap au sud.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 12:33    Sujet du message: Répondre en citant

Je signale que les anomalies de "Dien-Bien-Phu" ont été dûment traitées… ainsi que d'autres Wink

Et je m'étonne que les lecteurs n'aient pas relevé quelques lignes de notre ami Klaus Müller…
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Hendryk



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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 14:07    Sujet du message: Répondre en citant

Palpitant, le récit de l'opération Crocodile!

Le fait que les Japonais privilégient l'hypothèse d'une explosion accidentelle laisse la possibilité de renouveler l'exploit...
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Wardog1



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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 15:10    Sujet du message: Répondre en citant

Excellent récit, et concernant Müller j’espère bientôt avoir le plaisir de lire le récit de l'opération dragoon qui à lieu le 6 septembre 1943 apparemment
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dado



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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 15:17    Sujet du message: Répondre en citant

Au 12 septembre:
Dans la jungle à 60 km au nord-est de Savannakhet, vers minuit,
3ème ligne du 3ème paragraphe:
Citation:
Cette erreur va lui coûter très cher, car sur cette crête, une cinquantaine de Japonais ont monté une embuscade. Répartis en petits groupes distants quelques dizaines de mètres,

-> distants de quelques dizaines de mètres.

Opération Crocodile, 19h05:
un maiale, des maiali? Je demande juste, parce que je ne suis pas sûr d'avoir déjà croisé cette orthographe.

21h25
Citation:
sans en perdre le contrôle du SLC

le en est de trop


Intéressant de voir les italiens en action dans le Pacifique, ça fait un moment qu'on en parle Smile la réponse a peut être déjà été donné, mais qu'est-ce qui fait qu'en FTL les alliés décident judicieusement d'utiliser les plongeurs italiens dans le Pacifique? (je crois qu'OTL, ils ont été utilisés par les alliés en Méditerranée seulement, et donc contre des cibles très secondaires vu que l'Axe n'y a plus grand chose après le retournement italien?) Est-ce parce que FTL les plongeurs italiens ont été encore plus efficaces qu'OTL (ayant plus de cibles, deux flottes ennemies au lieu d'une, et vu que la flotte italienne est encore plus vite réduite à des coups de main pour agir un tant soit peu)?

Et sinon, saura-t-on si les deux équipes de plongeurs italiens ont sans le savoir posé leurs charges explosives sur le même cuirassé (sachant qu'il y a deux explosions rapprochées, et que la deuxième équipe a atteint sa cible avec retard), ou bien si la deuxième charge n'a pas explosé (et les explosions rapprochées ne seraient dans ce cas que des explosions dans le cuirassé provoquées par la charge)?


Si si, j'ai bien lu avec un grand intérêt ce qui est annoncé à Klaus Müller. La date est donc définitivement fixée, c'est pour le 6 septembre? Laughing
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 15:33    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour les corrections.

Un maiale, des maiali.
Les raisons qui amènent les Italiens dans le Pacifique ont été exposées petit à petit au fil des épisodes depuis le début de l'année 43.
Il y a une volonté italienne qui rencontre une bonne idée australienne…

Et qui rencontre, de notre part, le désir
a) de rendre justice à Durand de la Penne et Cie
b) de conserver la "fatalité" qui a frappé le Mutsu
c) de ne pas en rajouter…
En bref, en FTL, à la différence d'OTL, on sait ce qui a fait sauter le Mutsu : une explosion accidentelle favorisée/déclenchée par les explosifs italiens.

Dragon le 6 septembre, oui - c'était devenu un secret de Polichinelle !
A ce propos, comme d'hab', la FTL manque de bras…

Enfin, nous en avons assez pour tout ce que je poste en ce moment, du lourd comme vous voyez (70 à 80 pages en tout pour Asie-Pacifique Septembre 43) - et ce n'est pas fini !
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 16:59    Sujet du message: Répondre en citant

70 à 80 pages, et encore, l'activité est ralentie par la mousson...
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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 21:29    Sujet du message: Répondre en citant

Je signale juste un nom de navire qui n'est pas en italique le 29 septembre :

05h29 – Le cuirassé Mutsu est l’un des plus puissants navires de la ligne de bataille japonaise, ne le cédant qu’aux Yamato et Musashi. Pour l’heure, il est ancré à la bouée numéro 2 dans la zone réservée à la 2e division de cuirassés (dont il est le seul survivant après la perte du Nagato), 2 nautiques environ au sud-est de l’île Moen.
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Dronne



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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2016 23:37    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
12 septembre
Campagne du Pacifique
Opération Crocodile
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21h45 – Après de longs efforts, enfin satisfaits du résultat mais épuisés, De la Penne et Bianchi règlent le minuteur pour une explosion à 05h 00. Puis ils enfourchent à nouveau leur torpille “décapitée” et repartent. Ils doivent replonger à 40 mètres pour passer sous le filet puis, toujours en plongée, mettent le cap au nord-est.


Bonsoir,
C'est plus une question qu'une critique (constructive), mais pour remonter de 40 mètres, il faut faire des paliers de décompression, non?
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