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Août 1943 - Méditerranée
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 02:34    Sujet du message: Répondre en citant

Sur ce front les alliés ne disposeront pas des ressources quasi-illimitées du génie américain. Et de plus ce théâtre d'opération reste secondaire. Alors il ne faut sans doute pas espérer trop dans un premier temps.

Certes ce qui pourra être fait le sera. Mais il est probable, étant données la géographie locale et la nature des infrastructures de la région, que les alliés dans leur remontée vers le nord préfèreront bâtir leur logistique sur la mer en "sautant de ports en ports" au fur et à mesure de leur progression puis complèteront par la route.
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solarien



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MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 03:30    Sujet du message: Répondre en citant

Pas faux, d'un autre coté, avoir plusieurs moyens et voie de ravitaillement peu être un avantage, si un port est encombrée, on peux déposer a un autre port et convoyer le tout par train, et il faut pas oublier la population grecque.

Disons qu'on peux avoir un compromis, le gros et le plus important du ravitaillement se fera au plus prêt du front par la mer, mais plusieurs unités du génie, et de la population locale seront chargé de remettre en état les voies ferrée et les routes, ne serait ce que pour pouvoir desservir les villages ruraux et les troupes de montagnes.

Le souvenir de la campagne de 1941 restant en mémoire de certains officiers et soldats alliées, on pourrait imaginer qu'ils aient demander le contrôle et la supervision des chemin de fer grecque.
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 04:14    Sujet du message: Répondre en citant

Ce serait logique. Et dans l'absolue, tout est envisageable. Mais tout est aussi affaire de priorités et de moyens.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 10:23    Sujet du message: Répondre en citant

N anticipons pas trop vite !!! Laughing Twisted Evil
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solarien



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MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 20:13    Sujet du message: Répondre en citant

Ben on anticipe pas trop, on est déjà en Aout 43, les alliées sont revenus au printemps 42, il faut imaginer qu'entre temps, ils aient déjà commencer a étudier les différents moyens d'améliorer leur logistique, sachant qu'ils ont déjà dus y faire face en 41.

Même si le Péloponnèse est petit, il y avait des troupes a l'intérieur des terres, ainsi que des villages et surement des bases aériennes.

Puis avec un chef comme Monty, maniaque et voulant tout contrôler, cela m'étonnerai qu'il ai laisser la logistique se débrouiller seul.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 22:55    Sujet du message: Répondre en citant

Je voulais simplement dire que ce genre de considérations va très vite ce faire jour !!! Cool Cool Cool
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 10:40    Sujet du message: Répondre en citant

La suite de la campagne de Grèce !

2 août
Opération Whirlwind – La poursuite
Grèce centrale, région de Pharsale
– Les Australiens ont finalement achevé de déminer la route vers Volos, en travaillant toute la nuit dans un secteur évidemment dangereux, mais sans opposition humaine, toutefois. La progression commence donc dans la matinée, à un rythme jugé trop prudent par bien des officiers de liaison grecs… Cependant, les Allemands ayant correctement identifié l’axe initial de poussée de Whirlwind, ils n’ont laissé que des éléments de couverture vers Volos, et les Australiens avancent sans difficulté.
Pharsale est en vue alors que la nuit tombe. Apercevant les premiers éléments alliés, les quelques collaborateurs présents, ainsi qu’un détachement du KG Müller arrivé en ville le jour même pour y étendre sa sinistre besogne, lèvent le camp dans la confusion et s’enfuient plein nord vers Larissa. La cité qui vit la victoire de César sur Pompée est donc cette fois épargnée par les combats. De nombreux drapeaux grecs fleurissent rapidement sur les toits, dressés sous le soleil couchant par les partisans de l’EKKA.
Les Australiens ne poursuivent pas : les ordres de Montgomery interdisent toute marche de nuit en terrain présumé hostile. Les soldats alliés campent donc à l’extérieur d’une ville qui leur est acquise… ce qui est peut-être préférable pour leur forme physique, car la Libération est fêtée dans une ambiance digne des plus grandes célébrations méditerranéennes. Las, seule les échos de la musique jouée en ville égayera la soirée des Kangourous (Kankourói pour les Hellènes).
………
Région de Kardista – De leur côté, la 1ère Australian Armored et les Néo-Zélandais poussent assez mollement vers l’ouest et Kardista. Ils attendent que les troupes de Brašić arrivent sur leurs arrières.
………
Nord de l’Attique – Le 1er Corps d’Armée Yougoslave est presque à Lamia, sur les positions de départ de l’ANZAC. Ni les chauffeurs grecs, ni les soldats serbes ne souhaitent ralentir leur train d’enfer qui surprend les flegmatiques policiers militaires britanniques disposés sur leur passage afin de réguler le trafic.
………
Volos – Le colonel Müller a reçu au matin les ordres de Salonique, partis la nuit précédente : « En l’absence de toute avancée alliée vers la côte égéenne, il convient de s’assurer par tous les moyens nécessaires du calme de cette région, puis de s’opposer à toute progression ennemie vers Salonique en réduisant ses possibilités de ravitaillement. ». On lui ordonne donc de ravager, pardon de pacifier la plaine de Larissa, puis de jouer le rôle d’une épine dans le flanc droit des Alliés en leur interdisant de remonter vers le nord. Ce qu’il avait déjà anticipé, ayant lancé des éléments de reconnaissance vers Velestino, Néa-Anchialos et Pharsale, qui seront ses prochains objectifs. Puis, le colonel envisage, les jours suivants, de remonter vers le nord et Larissa pour assister la 153. Feldausbildungs-Division, qu’il juge un peu tendre.
Mais pour cela, il lui faut rassembler ses hommes. Il fait donc sonner le rappel des éléments égaillés dans la ville, lesquels obéissent rapidement, car l’affaire des pendus a laissé quelques traces dans les esprits. Même les pires individus savent désormais qu’ils peuvent eux aussi subir la colère du Reich, qui veut bien qu’on massacre, mais seulement sur ordre.
………
Rive nord du golfe de Corinthe – La colonne polonaise Sud s’empare de Missolonghi, qui offrira un mouillage supplémentaire pour les LST et navires de ravitaillement. En milieu d’après-midi, elle oblique vers la vallée d’Agrinio, où elle devrait rejoindre la colonne Nord.
Celle-ci a achevé de se regrouper après avoir franchi la barrière rocheuse surplombant Nafpaktos et longe désormais la rive sud du lac Trichonida en direction d’Agrinio. Elle ne se dirige toutefois pas vers cette ville : le but de la manœuvre est clairement de décourager toute formation de bouchon entre Rigani et Angelokastro, point d’étranglement sur la route des Polonais, où la vallée ne fait guère que 6 kilomètres de large.


3 août
Opération Whirlwind – La poursuite
Grèce centrale, Pharsale
– Au petit matin, la 6e DI (AIF) reprend son avance plein est vers Volos. Le Lt-général Vasey laisse toutefois deux bataillons en couverture vers Vamvakou, sur la route du nord, vers Larissa. On n’est jamais trop prudent – et cette précaution a toujours plus de sens que d’interdire la traversée de nuit d’une ville pourtant acquise à la cause alliée, soupire-t-il en allumant une Winfield.
Nonobstant les difficultés réglementaires, ses troupes arrivent dans la région d’Argithea, dernière et modeste barrière de relief avant Mikrothives et le golfe Pagasétique.
………
Volos – Le KG Müller commence à faire mouvement vers l’ouest. Son chef prévoit de déplacer jusqu’à Néa-Anchialos et Velestino tout son KampfGruppe (auquel l’appellation “groupe d’assassinat” conviendrait mieux que “groupe de combat”) pour assister ses éléments avancés dans leur “travail”, avant de tendre la main à la 153. Feldausbildungs-Division, qui œuvre à Larissa. Il ne laissera dans la province de Volos, définitivement soumise au Reich, que des éléments de couverture et des collaborateurs grecs choisis parmi les plus loyaux, ou du moins les plus zélés.
Toutefois, ses “correspondants” à Mikrothives signalent que des soldats alliés seraient dans la région. Sûrement un lieutenant qui a abusé du raki ! Néanmoins, Müller demande une reconnaissance aérienne… pour se faire répondre par un officier de la Luftwaffe écœuré qu’il lui sera donné satisfaction dès qu’il aura convaincu Berlin d’envoyer des avions de reconnaissance (ou, d’ailleurs, n’importe quels avions) dans ce pays oublié, non des dieux, mais de l’OKH.
………
Cours du Sperchios – La tête du 1er Corps d’Armée yougoslave atteint Néo-Monastiri dans la soirée. Les Serbes bivouaquent à cet endroit, libérant les derniers Australiens qui peuvent rejoindre leurs compatriotes vers l’Est. Les camions grecs vont retourner dans leurs unités ; ils ont déplacé de 80 kilomètres les soldats yougoslaves à une vitesse inusitée.
………
Région de Kardista – Grâce à cet effort remarqué, les Cromwell de Robertson peuvent enfin reprendre leur avance à plein régime. Ils prennent sans mal Sofades, désertée des forces de l’Axe, et ne sont plus qu’à 15 kilomètres de Kardista.
………
Rive nord du golfe de Corinthe – Aux environs d’Angelokastros et Lisimachia, les deux colonnes polonaises se rejoignent ou presque. Comme prévu, un fort bouchon formé par un régiment de la 164. ID (Josef Folttmann) est en place. L’intuition des planificateurs alliés a été bonne !
La 164. ID a subi de lourdes pertes depuis le début de Butress, mais son régiment a reçu le renfort d’un bataillon de la 100. Jäger-Division (Willibald Utz), en provenance de Vlora, qui est tout frais. Tout l’Oberbefehlshaber Albanien (100. Jäger-Division, 162. ID, KG albanais) a en effet été offert au XLVIII. Armee-Korps d’Hellmuth Felmy, qui commençait à être transparent à force d’encaisser les offensives alliées.
Les soldats polonais ne voient pas la nécessité d’un assaut improvisé sur des positions fortifiées, a fortiori en fin d’après-midi et alors qu’ils bénéficient en partie de l’avantage du revers, et totalement de celui du nombre. Ils programment donc tranquillement un assaut pour le lendemain, avec toute l’artillerie et le soutien aérien nécessaire. La colonne Nord étend toutefois son dispositif de défense vers Agrinio. Ici aussi, on n’est jamais trop prudent. Les leçons des maîtres allemands ont été retenues – depuis 1941 pour les Australiens, depuis 1939 pour les Polonais.


4 août
Opération Whirlwind – La poursuite
Grèce centrale, entre Pharsale et Volos
– Le lieutenant éclaireur du KG Müller n’a pas abusé du raki. Et il ne peut que regretter de ne pas avoir été informé par ses estimés collègues de Pharsale, qui sont pour l’heure en train de courir se réfugier dans les jupes de la 153. Feldausbildungs. Ce qui lui aurait épargné, à lui et à ses hommes, de devoir fuir vers Volos. La route du nord paraît près d’être coupée !
Les Australiens sont bien à Mikrothives, et libèrent Néa-Anchialos dans la soirée. Ils atteignent ainsi le rivage de la mer Egée et les régions ravagées par le KG Müller. Indigné par ce qu’il découvre, Vasey décide de presser le pas et ordonne aux deux bataillons laissés en couverture à Pharsale d’avancer vers le nord, sans trop s’exposer mais de façon à pouvoir intercepter d’éventuels groupes ennemis en fuite. Dans le même but, il dépêche deux autres bataillons sur la route allant de Mikrothives vers Velestinos.
………
Volos – Le colonel Müller a désormais confirmation de l’arrivée des Australiens dans le golfe Pagasétique. Il lui faut d’urgence replier son KG vers le nord, faute de quoi il sera coincé dos à la mer, dans la péninsule de Magnésie. Oubliant tous ses projets de razzia, il ordonne à ses troupes de se diriger en toute hâte vers Larissa, via Velestinos. A quelque chose malheur est bon, il “oublie” dans la confusion d’embarquer dans ses camions quelques dizaines de soldats, dont une grande partie des Grecs du gouvernement collaborateur…
………
Kardista – La 1ère Australian Armoured Division atteint la ligne de défense de cette première ville d’importance avant le nœud routier de Trikala, objectif principal de l’ANZAC. Les Allemands ont décidé de défendre cette cité, qui constitue un point d’appui appréciable dans cette région de fermes céréalières. De plus, c’est la zone de jonction entre le XLVIII. AK et le XVIII. Gebirgs-AK. Le dispositif barre donc la région d’ouest en est : 164. ID (deux régiments), 11. Luftwaffen-Feld-Division et 4. Gebirgs-Division (celle-ci tenant la ville et ses faubourgs). Le deux unités du XLVIII. Armee-Korps, très fatiguées, sont d’une valeur combative tout juste passable.
Robertson et Freyberg aimeraient contourner la ville, qui n’est qu’une étape avant Trikala, s’épargnant ainsi de coûteux combats de rue. Ils prévoient donc de frapper à l’ouest de Kardista, vers Gorgovites. Un assaut de grand style est donc planifié pour le lendemain, avec blindés, infanterie et appui aérien. Toutefois, la présence des chars australiens dans les champs à l’est de Melissa n’échappe ni aux Allemands, ni aux Grecs. Tous vont en tirer les conséquences…
………
Rive nord du golfe de Corinthe – Alors que le soleil se lève, comme de toute éternité, sur l’azur de la Méditerranée, le chant des cigales et des oiseaux est couvert par le tonnerre de l’artillerie et le grondement des moteurs, sur terre et dans les airs.
Les Allemands sont toujours là. L’arrivée des Polonais au sud d’Agrinio a été une mauvaise surprise, qui les a contraints à réorienter quelque peu leur dispositif dans la nuit, pour faire face à cette nouvelle menace. Globalement, les défenseurs ne se font guère d’illusions, mais ils estiment que leur position fortifiée, sur un terrain favorable, saignera et ralentira assez les Polonais pour permettre à leurs camarades d’Amfilochia de fermer les passes dans les montagnes au nord. Cette tâche effectuée, ils tenteront de décrocher pendant la nuit pour rejoindre le reste de la 100. Jäger à l’abri des reliefs…
La matinée s’ouvre par un fort bombardement d’artillerie, auquel se joignent de nouveau les B-25 de la 31e EB (Pol.), couvert par les NA-89 de la 10e EC (Pol.) qui patrouillent en altitude, prêts à montrer à tout avion de la Luftwaffe qui se risquerait dans le secteur que leurs avions sont “un peu” plus performants que leurs PZL P.11 de 1939. Les positions près d’Angelokastros (à l’est de la passe) sont matraquées, mais celles de Palaiomanina (à l’ouest de la passe, derrière la rivière Achéloos) passent inaperçues et sont épargnées. Les Jägers ont eu le temps de se camoufler, et leur discipline de feu s’avère sans faille.
08h30 – L’assaut terrestre en pince, selon les deux axes de progression polonais, démarre. Comme attendu, les troupes de l’axe résistent obstinément, en s’accrochant aux collines boisées au nord d’Angelokastros.
Quand les SAV-42 parviennent devant Palaiomanina, les canons antichars camouflés aux abords de la ville sont prêts à les tirer de flanc, mais les soldats alliés ne tentent pas de submerger les défenseurs sous le nombre pour forcer le passage. La progression est méthodique, chaque position antichar repérée est aveuglée aux fumigènes, puis éliminée par les A-20 de la 19e EB basés à Patras, qui font la navette toute la journée, toujours accompagnés par les NA-89. Ceux-ci n’hésitent plus guère à descendre pour mitrailler les sous-bois, car la Luftwaffe est décidément absente des cieux de Grèce centrale. En effet, le Fliegerführer Griechenland ne dispose que d’une escadre de chasse, la JG 27 (sur Bf 109 G) – encore cette dernière est-elle dispersée de la Yougoslavie à la Roumanie pour contrer les incursions des bombardiers alliés…
A la nuit tombée, les Feldgraus décrochent discrètement vers le nord, sauf un fort détachement resté coincé au sud d’Angelokastros ; il sera réduit les deux jours suivants par les premiers éléments de la 3e DIP Legions du général Bohusk-Szusko. La poussée vers Amfilochia et Ioannina va donc pouvoir continuer.
« Encore une fois, j’eus l’occasion d’admirer le grand professionnalisme des Polonais, qui faisaient montre d’une science tactique incomparablement supérieure à la maladresse commune à toutes les armées alliées au début de la guerre, quelles qu’elles furent. Artillerie, aviation, blindés et d’infanterie se succédaient, comme dans un ballet orchestré de main de maître par les officiers. En face, les troupes ennemies, bien que déterminées, paraissaient usées, fatiguées… Où étaient passés les corsaires aéroportés d’Eben Emael ? Les panzers ravageant la terre de France ? Les parachutistes se jetant sur la Corse du haut des cieux, attaquant malgré notre mitraille ? Consumés dans les flammes de la folie hitlérienne, engloutis sous les vagues d’assaut des Bolcheviques… Les Allemands ne paraissaient plus croire en leur victoire, mais nous étions chaque jour plus confiants : nous allions vaincre parce que nous étions, enfin, les plus forts. » (Capitaine Pierre Percay, op. cit.)



5 août
Opération Whirlwind – La poursuite
Grèce centrale, Volos
– Les Australiens arrivent enfin à Volos, quatre jours après la discussion… un peu vive entre Montgomery et Spiliotopoulos, modérée par Audet. Au fil des kilomètres, des maisons incendiées et des cadavres de civils, hommes, femmes et enfants, la colère monte dans les rangs des soldats, alors qu’apparaît au bout de la péninsule une ville désolée d’où s’élèvent de nombreux panaches de fumée.
Il n’y a pratiquement pas de combats à l’entrée des Alliés dans la ville, qui s’effectue dans une ambiance lugubre qui tranche avec les acclamations de Pharsale. Le port a été ravagé, le centre-ville largement incendié, pleurs et cris sont les seuls sons qui accompagnent la progression des troupes. Pour tout trophée, les hommes du Lt-général Vasey capturent une vingtaine de déserteurs allemands ou italiens, ainsi qu’une centaine de Grecs collaborateurs. Ces derniers ont évidemment tenté de se cacher, en ville ou dans la campagne, après s’être débarrassé de leurs uniformes… mais pas de leurs armes. Ils sont de toute façon systématiquement dénoncés aux soldats alliés, qui doivent souvent les protéger face à la population en colère. Des lynchages sont évidemment signalés, parfois interrompus par les Australiens, mais pas toujours. Parfois, ceux qui en sont la cible peuvent se défendre avant de succomber, ajoutant encore des morts aux morts.
Vasey, révolté, interroge le prisonnier le plus gradé, un lieutenant d’origine autrichienne, sur la raison du pillage de Volos et du martyre infligé à la population. Le lieutenant tente d’invoquer « des éléments incontrôlables qui ont été sanctionnés lorsque c’était possible », désignant de la main les deux pendus de la place Riga Fereou, qui pourrissent au soleil depuis cinq jours. Pathétique défense évidemment, et seule la discipline d’un général de Sa Majesté britannique protège le lieutenant d’une correction immédiate.
Le KG Müller s’est donc replié vers le nord, hors d’atteinte de Vasey. Les bataillons qui vont tenter de l’intercepter ne ramasseront que des traînards ou des déserteurs. Aujourd’hui encore, certains habitants de la région critiquent amèrement l’attitude des soldats anglo-saxons, jugée timorée alors que le drame se jouait devant eux. Les mouvements d’extrême-droite grecs n’hésitent guère à parler de complot, voire de complicité. Pourtant, il apparait clairement que la 6e DI (AIF), qui a parcouru 70 kilomètres en cinq jours dans une zone réputée ennemie, ne pouvait guère faire mieux sans s’exposer dangereusement. Certes, s’il est de nos jours acquis qu’aucune unité d’importance ne se trouvait entre Néo-Monastiri et Volos, à l’époque, les officiers australiens n’en savaient évidemment rien. L’action des Australiens a néanmoins pu préserver de nombreux civils des exactions des sbires de Müller, qui seuls portent la responsabilité du massacre.
Par malheur, le colonel Müller refera parler de lui plus tard, avec sa « Damned Band », comme l’appelleront les “Kangourous”. Réduit à un gros bataillon, le KampfGruppe laissera une trace sanglante bien plus connue que celle de la 153. Feldausbildungs-Division, dont les exactions commises plus au nord seront un peu moins spectaculaires.
Les troupes de Vasey ne poussent pas immédiatement vers Larissa, ne pouvant sécuriser leurs lignes déjà fort étirées. Pour secourir la population, un hôpital de campagne sera envoyé d’Athènes, ainsi qu’une unité du génie destinée à remettre en état le port dans les meilleurs délais.

Kardista – Robertson et son état-major sont réveillés vers minuit par le son du canon. Ce n’est pas leur artillerie, mais bien celle des Allemands ! En effet, pensant profiter de la présence des chars alliés, les partisans de l’ELAS (les Andartès), aidés par un grand nombre de paysans à l’armement très divers (pétoires, haches, couteaux ou même bâtons !) se soulèvent dans le centre de Kardista, immédiatement à l’arrière du dispositif allemand.
Les civils sont, pour une fois, vigoureux et relativement bien équipés – conséquences directes des deux dernières excellentes récoltes réalisées dans cette région agraire [Le taux de récolte dans cette région est à cette époque de 30 à 40 oke de blé par jour de travail, soit 42,7 kilogrammes en moyenne.]. Ils ont, au surplus, l’habitude de s’entraider contre l’Occupant : la majorité des jeunes ont rejoints les partisans, et les Juifs ont été cachés et protégés de la déportation. Ceux qui ne prennent pas les armes se font agents de liaison, les lettrés sont versés aux tâches organisationnelles et administratives, tandis que les artisans fabriquent le matériel. Les femmes servent d’infirmières et, montées sur les toits, renseignent les Résistants au péril de leurs vies.
Si la ligne de front était éloignée et la zone occupée par des troupes de second ordre, cette insurrection aurait certainement réussi. Son déclenchement en présence de troupes aguerries, sur la seule rumeur d’un assaut allié imminent, est catastrophique. Les GebirgsJägers, un moment déstabilisés, ripostent avec violence, reprenant vite le contrôle des faubourgs. La rébellion est ainsi cantonnée à la vieille ville, qui n’a pas d’intérêt militaire pour les Allemands et qui est bombardée au canon de campagne. Les insurgés prisonniers, au nombre de 63 (dont de nombreux Juifs), sont exécutés sommairement, ainsi que 76 civils raflés au hasard, en représailles.
Robertson et Freyberg confèrent sous la tente, dans une ambiance pesante. Ils imaginent sans peine le calvaire que subissent les habitants de Kardista. Néanmoins, ce sont aussi des soldats professionnels, qui savent que l’émotion est mauvaise conseillère : jeter leurs hommes dans la nuit sous les mitrailleuses allemandes n’aidera en rien la population. En conséquence, ils décident de s’en tenir au plan initial, en se contentant d’avancer l’heure de l’assaut. Les officiers ont bon espoir que les soldats allemands abandonneront la ville, une fois la percée réalisée, de crainte de se faire encercler.
L’attaque démarre à 06h30, alors que le soleil se lève. Comme prévu, les troupiers de la Luftwaffe craquent sous la pression et toute la 11. Luftwaffen-Feld-Division commence à reculer, entraînant les deux régiments de la 164. ID – l’ensemble de l’aile droite allemande reflue en désordre dès 11h30. Les Australiens ne poursuivent pas immédiatement, mais décrivent un large arc de cercle vers l’est, en direction de la ville et tendant à l’encercler. Message bien compris par les soldats de la 4. Gebirgs-Division, porteurs de la gentiane blanche, qui se replient vers les montagnes et Mouzaki alors que la nuit tombe. Ils devront faire un large détour avant de rejoindre Trikala. Pour cela, au moins, la révolte grecque a eu une utilité…
Les soldats du Commonwealth se préparent à continuer d’avancer, quelque peu ralentis par la population civile qui crie sa joie mais demande des secours. De fait, les services sanitaires et logistiques seront forts occupés durant les jours à venir.
………
Cours du Sperchios – Plus au sud, grâce aux progrès des soldats l’ANZAC, les Yougoslaves cantonnés à Néo-Monastiri lèvent le camp. Ils sont relayés par les Grecs du 2e CA (général Georgios Tsolakoglou).
………
Rive nord du golfe de Corinthe – Après l’empoignade de la veille, les Polonais reprennent leurs avancées vers Amfilochia, se dirigeant vers les montagnes au sud d’Argos Amphilochiens, dont les contreforts sont atteints à la nuit tombée. Les chars de Maczek arrêtent là leurs progressions, dans l’attente de l’infanterie. Ils en profitent pour prendre contact avec les partisans de l’EKKA, bien plus avenants que ceux de l’ELAS. La cité d’Agrinio, à l’est, a d’ailleurs été libérée par leurs soins.
Les défenseurs survivants poursuivent pendant ce temps vers le nord, pour rejoindre le prochain bouchon formé par d’autres éléments de la 100. Jäger-Division.

(A suivre)
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 10:59    Sujet du message: Répondre en citant

Eh, le Raki, c'est Turc! En Grèce, on boit l'Ouzo... Wink
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patzekiller



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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 11:11    Sujet du message: Répondre en citant

je reprécise pour remettre dans le contexte…
on est à la veille de dragon et il y a en ce moment une grosse opération aérienne contre les defenses de la cote yougoslave l'Istrie et la Vénétie, depuis l'Italie, dans le cadre de l'intox fortitude/zeppelin. il s'agit de laisser croire à un débarquement éventuel en adriatique… on peut comprendre que la JG27 ait quelques autres chats à fouetter Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 11:18    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Eh, le Raki, c'est Turc! En Grèce, on boit l'Ouzo... Wink


Ah, pertinent ! A la tienne !
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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FREGATON



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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 11:37    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Le Lt-général Vasey ... soupire-t-il en allumant une Winfield.


La marque de cigarettes Winfield n'existe que.... depuis 1972!

Le diable se cachant dans les détails et même s'il y à un kangourou sur le paquet ça ne le fait pas Smile

Je verrais plutôt une Craven A ou une Embassy pour un officier de l'Empire.

Nota: pour un officier de la royal navy c'eut été impérativement une Players navy cut ou une Senior service Cool
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La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 11:51    Sujet du message: Répondre en citant

Va pour la Craven, mea Culpa ! Laughing
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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 13:42    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
les premiers éléments de la 3e DIP Legions


Pourquoi Legions ?

Citation:
Les chars de Maczek arrêtent là leurs progression

_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 14:16    Sujet du message: Répondre en citant

"Légions" c est le nom de la division Smile
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 22, 2018 15:02    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé, j'ai oublié de mettre en italiques Legions (ou peut-être Legion, ou Legiony… à vérifier)
et j'ai oublié d'enlever le s de progression (et le s de leur, aussi… Wink )
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Casus Frankie

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