Casus Frankie Administrateur - Site Admin

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Posté le: Mer Oct 25, 2006 00:28 Sujet du message: Ukraine, 1er au 5 juillet 42 |
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Fantasque, c'est loin, Kiev ? Tais-toi et traduis !
JULY 1st
Secteur sud
Dans les deux camps, l’attention est fixée sur la bataille pour Novograd-Volynskiy. Von Rundsted demande à la Luftwaffe de fournir l’appui maximum aux forces de von Kleist et les bombardiers allemands martèlent toute la matinée les défenses soviétiques avant la reprise de l’attaque, à 14h30. Mais en dépit des bombardements, les défenses antichars sont encore efficaces. Il est vrai que la Luftflotte 4 manque de bombardiers en piqué et d’appareils d’attaque au sol. En l’absence de Ju-87, le bombardement en piqué est confié aux Ju-88 des KG-54 et KG-51. Pour l’attaque au sol, les 1 et 4/Sch.G1, qui possédaient à eux deux 87 Hs-123 le 15 mai, ont été réduits à 27 Hs-123, renforcés par 12 Bf-109E Jabos. Quand la bataille diminue d’intensité, vers 22h30, la première ligne de défense a enfin été percée, mais les Allemands ont perdu 79 chars de plus. Dans la nuit, le 1er Corps Aéroporté se replie sur la deuxième ligne de défense.
Au centre du Front d’Ukraine, la 6ème Armée de von Reichenau a été trop affaiblie pour représenter une menace pour les forces soviétiques. Rokossovsky peut donc sans inquiétude replier quelques unités de Brody pour tenter de constituer un groupe mobile à Chepetovka, dès que Kirponos l’y autorise. Mais cette autorisation est arrivée trop tard pour que les mouvements commencent avant la nuit.
Plus au sud, les forces de von Stülpnagel progressent vers Vinnitsa quand elles rencontrent la 6ème Armée de Muzychenko à l’ouest de Volkovintsy. A ce moment, le LIXème Corps est très étendu et a un peu perdu le contact avec le Corps hongrois, ralenti par les destructions pratiquées par les Soviétiques au nord-est de Dunaevtsy. Si les forces de Konev avaient déjà été regroupées, la 17ème Armée allemande aurait été très vulnérable à une contre-attaque. Mais les ordres de Kirponos, donnés à la suite des critiques de Chapochnikov, sont venus trop tard et Konev est encore en train de rassembler les restes de ses forces mobiles – une brigade blindée affaiblie du 68ème Corps Blindé et ce qui subsiste de la 44ème Division de Cavalerie. Heureusement pour lui, la Luftwaffe est occupée au nord et l’aviation hongroise (même soutenue par les Slovaques) est trop faible pour gêner sérieusement ses mouvements.
Dans la partie sud du front, de durs combats continuent autour de Kishinev et sur le cours supérieur du Prouth.
JULY 2nd
Secteur sud
Préférant éviter de livrer deux batailles de percée successives, von Kleist ordonne à ses unités d’obliquer vers Chepetovka, au sud-est, pour encercler Novograd-Volynskiy. La Luftwaffe est toujours très active, mais doit faire face à une vigoureuse opposition de la chasse soviétique. Les batailles aériennes du jour coûtent 27 avions aux Allemands et 41 aux Soviétiques.
A midi, Konev lance enfin son attaque sur le flanc gauche du Corps hongrois. Ses troupes sont bien trop peu nombreuses pour obtenir des résultats notables, mais la 1ère Pancelos Hadosztaly (division blindée) et la 6ème D.I. hongroise sont surprises et ébranlées. L’avance de la 17ème Armée vers Khmel’nitskiy est momentanément interrompue. En revanche, sur le flanc droit, ses unités avancent toujours vers Volkovintsy.
Au sud, von Schobert ordonne à ses troupes de se regrouper après l’échec d’une nouvelle tentative d’enlever la zone fortifiée de Kishinev.
Au QG de von Rundstedt, il est clair qu’il faut absolument emporter la décision au plus vite. Il est évident que de nombreuses forces soviétiques opèrent entre le PzG-1 et la 17ème Armée, mais leur encerclement ne semble guère possible, car les forces allemandes n’avancent que très lentement. Von Rundstedt autorise alors von Kleist à engager les réserves stratégiques du Groupe d’Armées Sud : la 16ème Panzer Division et la Leibstandarte SS Adolf-Hitler. Il s’agit d’une décision marquante, car ces deux divisions blindées faisaient partie des forces censées foncer sur Kiev une fois accompli l’encerclement des troupes du Front d’Ukraine.
En face, la Stavka autorise le transfert sur le Front d’Ukraine, à partir des réserves stratégiques, de sept divisions d’infanterie, quatre brigades blindées (dont deux entièrement rééquipées avec des chars neufs), trois brigades indépendantes d’artillerie et trois brigades antichars. Kirponos est informé que ces troupes vont se déployer sur une ligne Jitomir-Kazatine-Vinnitsa pour couvrir Kiev.
JULY 3rd
Secteur sud
Au nord du front, l’attaque de Chepetovka s’intensifie, alors que les colonnes blindées du PanzerGruppe 1 commencent à contourner Novograd-Volynskiy par le sud. La deuxième ligne de défense de la ville tient toujours solidement, malgré des bombardements continuels des positions fortifiées et de la ville elle-même. La Luftwaffe et les VVS continuent à combattre au-dessus de la région ; dans la journée, 19 avions allemands sont abattus (dont deux par abordage) contre 29 soviétiques – un rapport de pertes qui commence à avantager les VVS.
Rokossovsky et Vlasov rassemblent maintenant leurs forces pour une bataille de rencontre à Chepetovka. Malheureusement, le temps gagné par la très belle défense du 1er Corps Aéroporté et des survivants de la 5ème Armée soviétique a été gaspillé par la pusillanimité de Kirponos.
Plus au sud, après son attaque infructueuse contre le Corps hongrois, Konev bat en retraite vers Khmel’nitskiy. La 17ème Armée allemande parvient jusqu’à Volkovintsy, mais elle est stoppée devant la ville par des tirs d’artillerie féroces. Sur sa droite, les troupes du LIIème Corps atteignent le Prouth après de durs combats, sans pouvoir le traverser.
JULY 4th
Secteur sud
Au nord du front, la bataille fait rage toute la journée autour de Novograd-Volynskiy. Le PanzerGruppe 1 a presque achevé sa manœuvre d’enveloppement, mais constate que la route entre Novograd-Volynskiy et Jitomir est la cible de tirs d’artillerie intenses. Autour de Chepetovka, les forces allemandes repoussent ce qui reste des groupes mobiles de Rokossovsky et Vlasov, mais doivent s’arrêter avant d’entrer dans la ville.
Les unités d’attaque au sol des VVS, renforcées par la 5ème Armée Aérienne du Colonel-Général S.K. Goryounov (qui arrive à peine du District Militaire Transcaucasien), réapparaissent en force au-dessus du champ de bataille. La Luftwaffe, usée par les engagements au-dessus de Brody et par le soutien accordé au PzG-1, doit engager les dernières réserves de la Luftflotte 4 pour faire face. Les Allemands détruisent 37 avions soviétiques en échange de 20 des leurs. Cependant, les avant-gardes de von Kleist sont harcelées en permanence par des formations d’Il-2 et d’I-153 formations, alors que la disponibilité des appareils allemands commence à s’effondrer.
La 17ème Armée allemande, qui tente d’enlever Volkovintsy, se retrouve sous un ciel plein d’étoiles rouges. Les groupes aériens hongrois et slovaques, qui sont censés la soutenir, sont rapidement décimés. Von Stülpnagel appelle alors le QG de la Luftwaffe pour se plaindre du manque de soutien aérien : « Que font vos autres Gruppen ? Ils sont en vacances ? » Réponse d’un officier épuisé : « Mais oui, Herr Général. Ils sont en vacances en Grèce, avec leurs amis anglais et français ! »
Dans la soirée, Kirponos réévalue la situation lors d’une longue conversation téléphonique avec la Stavka, mais à Moscou, les opinions sont partagées.
« Le potentiel de combat des troupes du Front d’Ukraine est pratiquement épuisé » affirme Chapochnikov. Vasilevsky confirme : « Certaines divisions du secteur commandé par Konev ne comptent plus que 2000 hommes ! » Et Chapochnikov supplie presque Staline : « Nous contrôlons encore les routes qui vont à Vinnitsa et à Kazatine. Camarade Secrétaire Général, je vous prie d’autoriser Kirponos à se retirer derrière une ligne Jitomir-Vinnitsa. »
Mais le dictateur n’est pas de cet avis : « Il ne faut pas s’affoler ainsi, Boris Mikhaïlovitch. Kirponos peut encore reprendre l’initiative, n’est-ce pas, Simion Mikhaïlovitch ? » Boudienny, ainsi interpellé, approuve vigoureusement : « Bien sûr ! Il doit attaquer vers le sud, pour couper la 17ème Armée fasciste de ses bases ! »
Apprenant cette décision, Kirponos est abasourdi. Il sait qu’une telle stratégie est irréaliste et que ce qui ressemble à une division sur les cartes d’état-major à Moscou se révèle, sur le terrain, n’être qu’un régiment à peine. Mais il n’ose pas s’opposer à Staline. Il préfère plaider la cause du secteur nord de son Front.
Il a d’ailleurs plus de succès sur ce point, car la sauvegarde de Kiev est un sujet politiquement très sensible. Staline accepte de nommer Rokossovsky à la tête d’un groupe improvisé d’unités venant des réserves de la Stavka, qui commence à se déployer à l’ouest de Kiev. Chapochnikov prévient cependant que ces forces ne seront pas opérationnelles avant plusieurs jours.
JULY 5th
Secteur sud
Dans la nuit, von Kleist perçoit que les forces soviétiques faiblissent dans son secteur. Il ordonne au XLVIIIème PanzerKorps, tout juste renforcé par la 16ème Panzer Division et la Leibstandarte SS Adolf-Hitler, de pousser vers Jitomir sans se soucier des pertes. Le XIVème PanzerKorps doit s’emparer de Chepetovka et poursuivre jusqu’à Starokonstantinov pour couper la retraite des forces soviétiques qui font encore face à la 6ème Armée de von Reichenau. Enfin, le IIIème PanzerKorps doit compléter l’encerclement de Novograd-Volynskiy.
Pour soutenir le PanzerGruppe 1, la Luftflotte 4 engage l’essentiel de ses ressources. Cependant, si le Major-Général Löhr avait sous ses ordres 738 appareils au début de Barbarossa, il ne commande plus, malgré un flux continu de renforts, que 337 avions, dont 199 seulement sont opérationnels (dont 48 Ju-52). Sur ces 337, 151 (dont 31 Ju-52) sont engagés en soutien du PzG-1, ce qui ne laisse que 41 avions (dont 17 Ju-52) pour couvrir les trois autres armées du Groupe d’Armées Sud, avec le maigre appui des aviations hongroise, slovaque et roumaine. En face, grâce à l’engagement massif de la 5ème Armée aérienne, les Soviétiques bénéficient à ce moment sur le front ukrainien d’une supériorité numérique de l’ordre de 3,5 contre 1 en ce qui concerne les avions de combat (en excluant les transports et les avions de reconnaissance).
La bataille aérienne se poursuit toute la journée au-dessus des unités du PzG-1 qui avancent. Les VVS perdent 89 appareils dans ce seul secteur (22% des avions opérationnels déployés) et la Luftwaffe 37 (mais cela fait 31% de ses appareils opérationnels déployés). La Luftwaffe ne pourrait supporter longtemps de telles pertes. De plus, elle est incapable d’interdire aux appareils soviétiques d’appui au sol de retarder significativement l’avance des blindés de von Kleist. Sur la route de Chepetovka, les Allemands sont arrêtés à Grishev, et vers l’est, ils ne parviennent qu’à 50 km de Jitomir. Cette ville se prépare désespérément à se défendre ; toute la population, femmes et adolescents compris, est mobilisée pour creuser des tranchées et des fossés antichars. Vinnitsa se prépare de la même façon. Sous le couvert de la nuit, un avion enlève le Lt-Général Rokossovsky et le dépose à Jitomir où il doit organiser ce qui est désormais baptisé la “deuxième ligne de défense opérationnelle” du Front d’Ukraine.
Plus au sud, les forces de von Stülpnagel atteignent le cours supérieur du Youzhniy Boug (Boug Sud) mais ne peuvent couper la route Khmitel’skiy-Vinnitsa. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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