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Août 1943 - Méditerranée
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
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MessagePosté le: Mer Mai 23, 2018 22:16    Sujet du message: Répondre en citant

Ah moi Monsieur, je fais avec ce qu'on me donne Laughing Laughing Franck, saurais-tu nous éclairer ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mai 23, 2018 22:21    Sujet du message: Répondre en citant

Certainement un problème de chiffres romains.
Au llieu de XLVIII, c'est sans doute le LVIII ou quelque chose comme ça.
Le LVIII conviendrait-il, Loïc ?
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
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MessagePosté le: Jeu Mai 24, 2018 20:10    Sujet du message: Répondre en citant

Obélix : " ça veut dire quoi lviii ?" Asterix : " Non, Obélix ce sont des chiffre romains".
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Mai 24, 2018 20:13    Sujet du message: Répondre en citant

Yves ? Qui ca Yves ? Mais non idiot quatre !!!
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7608

MessagePosté le: Jeu Mai 24, 2018 20:24    Sujet du message: Répondre en citant

Je faisais une adaptation FTL (mais on voit que certaines ont vu les douze travaux d'Astrix)
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Mai 24, 2018 20:50    Sujet du message: Répondre en citant

Certains, cher Anaxagore, certains. Je sais que le pseudonyme cache des choses mais tout de même !! Embarassed
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loic
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MessagePosté le: Jeu Mai 24, 2018 23:29    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Certainement un problème de chiffres romains.
Au llieu de XLVIII, c'est sans doute le LVIII ou quelque chose comme ça.
Le LVIII conviendrait-il, Loïc ?

Je vais vérifier ce week-end.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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le poireau



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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 09:20    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Dimitri Jerzmanowski a écrit:
En Français la 3e Division d'Infanterie Polonaise est surnommée "Legions".
En Polonais le nom officiel est 3 Dywizja Piechoty Legionów (3 DP Leg. en abrégé).
Pour information historique,c'était la division où combattait mon père et ses deux frères durant la Guerre de 1939-1945.


Merci beaucoup, Dimitri ! Nous voilà fixés.


Justement nous discutons par ailleurs des polonais et il se trouve que "Légions " est bien le nom de la 3e DI polonaise, mais celle de 1939 !

Celle reconstituée OTL en 43 sur le MTO est appelée "Carpathes" ou "Chasseurs des Carpathes" (et parfois surnommée de façon très officieuse "sapin de noël" ! A cause de son insigne distinctif : un sapin vert sur fond de drapeau polonais).

C'est que cette division a été formée à partir de la brigade de montagne des Carpathes. Or c'est aussi le cas de la 3e DIP FTL.


Quant à la 5e DIP elle est appelée "Kresowa" : la division "des confins".
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“Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon)
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Dimitri Jerzmanowski



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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 09:58    Sujet du message: Répondre en citant

Si c'est pendant la Campagne de Pologne,la 3e DI c'est la "Legions" dont une partie des unités sont passés en Syrie Mandataire en 1939 pour former avec d'autres unités la Brigade Indépendante de Chasseurs des Carpates (Samodzielna Brygada Strzelców Karpackich ou SBSK) qui donnera naissance en 1942 à la 3e Division de Chasseurs des Carpates "Karpackich" (3 Dywizja Strzelców Karpackich ou 3 DSK).

Je ne sais pas de quelle période vous parlez mais si cela est en rapport avec l'équivalent FTL du 2e Corps Polonais sur le Front d'Italie,je peux essayer de retrouver quelques papiers appartenant à mon père car il me semble qu'il y a des informations à ce sujet puisqu'il a combattu au sein de cette formation.

Après je ne sais pas si ça peut aider ou non.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 10:20    Sujet du message: Répondre en citant

avec plaisir ! Et n hésitez pas à partager anecdoctes et éléments, éventuellement par message privé si vous le souhaitez. Je fais moi-même apparaître certains membres de ma famille, en caché évidemment. Et je recherche une manière générale tout élément susceptible de rendre le récit plus vivant.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

La reconstitution de la 3e DIP FTL est plus rapide.
Même si la base est similaire à OTL, les Polonais préféreront peut-être reprendre le nom de l'ancienne 3e DI (Legions) plutôt que le nom de la Brigade de Montagne (Karpakich), qui peut sembler réducteur ?
Dimitri, j'aimerais avoir votre avis sur ce point.
_________________
Casus Frankie

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Dimitri Jerzmanowski



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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 11:01    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
La reconstitution de la 3e DIP FTL est plus rapide.
Même si la base est similaire à OTL, les Polonais préféreront peut-être reprendre le nom de l'ancienne 3e DI (Legions) plutôt que le nom de la Brigade de Montagne (Karpakich), qui peut sembler réducteur ?
Dimitri, j'aimerais avoir votre avis sur ce point.


Il est en effet probable qu'en FTL avec une reconstitution plus rapide et éventuellement des effectifs un peu plus importants,la 3e DI reste la Legionów.

Pour preuve de ce que j'avance,en OTL il y eu une 3 Dywizja Piechoty Legionów AK (Résistance Polonaise non-communiste) donc il n'est pas déraisonnable de penser qu'une division de l'Armée Polonaise en Exil reprenne le nom et les traditions de la Legionów.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 11:15    Sujet du message: Répondre en citant

Sinon, et si le recrutement était issu d une base ethnique : "légion des Carpathes" ?
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Dimitri Jerzmanowski



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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 11:34    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Sinon, et si le recrutement était issu d une base ethnique : "légion des Carpathes" ?


Je ne crois pas que les effectifs soient suffisants pour créer des unités sur une base régionale et puis je ne crois pas que c'était d’ailleurs le cas avant-guerre bien que je n'en suis pas sûr à 100%.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mai 25, 2018 11:46    Sujet du message: Répondre en citant

La suite…

8 août
Opération Whirlwind – Dernières actions
Grèce centrale, Volos
– Alors que le calme retombe enfin sur cette région martyre, les premiers éléments du génie arrivent et s’installent dans le port ravagé. Dès le lendemain, les sapeurs travailleront d’arrache-pied pour remettre en état quais et jetées. Quand aux grues, elles arriveront peu à peu en pièces détachées, d’un peu partout dans les ports alliés.
Leur efficacité, à laquelle la population n’était plus guère accoutumée, ne fera pas que des heureux. En effet, nombre de trafiquants ont profité du conflit pour s’enrichir, entre autres grâce à la contrebande vers la Turquie (le langage de l’argent permettant de contourner l’animosité traditionnelle gréco-turque), et leurs activités sont très gênées par l’organisation mise en place par les unités du génie alliées. Le Lt-général John Lavarack aura la surprise de trouver, à la faveur d’une rapide tournée d’inspection, le message suivant peint sur un mur de la ville « Prière ralentir travaux – Nous allons être ruinés. Signé : les trafiquants de Larissa ». Vachard et britannique dans son humour, l’intéressé fera répondre par le même moyen : « Impossible ralentir. Suggère tout vendre avant fin des travaux. Signé : J.D. Lavarack, Lt-général de Sa Majesté ».

Trikala – Les soldats de la 4. Gebirgs-Division sont arrivés dans la nuit en ville. Ereintés et hors d’état de combattre, ils pressent néanmoins le pas vers le nord-est et la sécurité relative des montagnes. Sitôt leurs camarades passés, la 1. Gebirgs-Division entame à son tour son repli. Inutile de préciser que, devant un pareil déploiement de forces, la population civile se terre chez elle – ce qui lui évite les déconvenues subies à Karditsa.
A l’aube, sous le soleil rasant, les officiers australiens confèrent avec leurs collègues serbes. Les seconds voudraient balayer l’opposition sans égard pour leurs pertes, qui seront certainement inférieures à celles de l’adversaire. Mais les premiers ne voient pas l’intérêt d’une telle manœuvre. Avec la prise de Trikala, l’objectif principal de “Tourbillon” est atteint. Les Grecs prendront le relais pour pousser jusqu’à Kalambaka puis Metsovo… et ce sont les officiers de la 8e Armée qui décident. Il n’y a donc pas véritablement d’affrontement, hormis quelques combats d’arrière-garde et le mitraillage des colonnes allemandes par les NA-89 de la 80e EC (Youg.), qui saluent ainsi le repli de l’ensemble du XVIII. GAK.
Cette décision peut déconcerter. Mais comme “Tower” le démontrera plus tard, elle n’a rien de pusillanime : c’est celle du pêcheur qui rabat sa proie vers ses filets. De plus, elle induira en erreur le général Lohr, à Salonique, sur l’état des troupes alliées.
Serbes et Australiens font donc halte au nœud routier, passant la journée entre déminage et ratissage des localités alentours. Les Grecs sont attendus pour le lendemain.

Amphilochia, 00h10 – Les soldats de la 3e DI polonaise de Bohusk-Szusko glissent, comme les ombres de la caverne de Platon, parmi les oliviers centenaires qui couvrent les flancs des monts antiques. L’adversaire a manqué de temps pour dégager les obstacles qui entravent sa vue. Et c’est fort heureux, juge le capitaine qui mène l’expédition. Au loin, le barrage de diversion offert par l’artillerie gronde, tel un orage accompagnant leurs pas.
Après plusieurs heures à cheminer d’abri en abri, les soldats arrivent finalement en vue du golfe Ambracique et de leur objectif. Ils n’ont toutefois guère le temps de profiter du panorama et entament en catimini la descente vers la cité, dans la chaleur de la nuit.
………
04h05 – Les Polonais et leurs guides grecs commencent à distinguer les premières maisons. Encore quelques minutes et ils seront à l’abri… quand tout à coup des détonations brisent le silence de l’aube. Toute la colonne se jette au sol et les hommes restés en couverture épaulent leurs fusils, prêts à riposter une fois l’assaillant repéré. Mais c’est dans la ville qu’on tire ! Les hommes se regardent, interloqués sous leurs visages noircis au cirage.
Puis des fusées éclairantes s’élèvent alors dans le ciel et l’on y voit bientôt comme en plein jour. Des cris d’alarme en allemand s’élèvent, puis de nouvelles détonations retentissent. Cette fois, les tirs visent bien les Polonais ! Les hommes se lèvent et courent vers l’abri le plus proche. Deux d’entre eux tombent, mais les suivants peuvent se réfugier dans les premières maisons de la ville, éliminant au passage quelques sentinelles. Hélas, le détachement est en fort mauvaise posture, isolé dans une ville ennemie désormais en alerte. Mais que s’est-il passé ?
A son poste d’observation de Limnéa, distant de 3 kilomètres, Anders fronce les sourcils. Les imbéciles ! Le responsable de l’EKKA rencontré hier avait pourtant assuré que les partisans se tiendraient tranquille ! D’ailleurs, le voilà qui a le front de se présenter devant lui, avec quelques douzaines de ses hommes, pour assurer qu’il n’y est pour rien, le tout sous les regards coléreux des Polonais ! Mais alors, qui ?
………
17h45 – Alors que le soleil tourne à l’ouest, de son poste d’observation, le général Anders contemple le désastre qui s’étend dans la vallée. Ne pouvant se résoudre à abandonner à son sort le détachement infiltré – ce qui n’aurait de toute façon fait que reporter la question – lui et son état-major ont décidé d’attaquer de front Amphilochia – donc selon les termes fixés par les défenseurs allemands, qui ont ainsi bénéficié au maximum de leurs positions préparées et de la topographie encaissée des lieux. Une cinquantaine de blindés de types divers, représentant les diverses étapes de l’équipement du 2e CA polonais (M3F, M3 Medium, SAV-41, SAV-42) constellent désormais la vallée. Ils ont sauté sur des mines ou ont été foudroyés par les canons antichars ennemis. Et s’il n’y avait que le matériel ! D’après le général Maczek, on devrait pouvoir récupérer quinze ou vingt des engins endommagés, mais l’infanterie a elle aussi souffert de cet assaut improvisé dans les pires conditions. Les pertes ont été lourdes, notamment chez les officiers, particulièrement visés par les tireurs d’élite des Jägers, au redoutable fusil Gewehr 43.
L’aviation a évidemment fait de son mieux pour soutenir les troupes, démolissant au passage une bonne partie de la ville sous le regard éploré des habitants, qui n’ont évidemment pas pu évacuer. Mais les B-25 de la 31e EB et les A-20 de la 19e EB sont tombés sur plusieurs Flakvierling installés sur les toits ! Ils perdu trois avions et plusieurs autres ont été endommagés. Un B-25 abattu a d’ailleurs réalisé un bel atterrissage forcé, mais hélas dans un champ de mines, et ses débris parsèment désormais la zone. Il est vrai qu’il a sans doute ainsi, bien involontairement, sauvé pas mal de vies dans l’infanterie et les blindés… La Flak n’a pu être muselée que par l’intervention des NA-89 de la 10e EC (Pol.), qui ont assailli les positions allemandes dans les pires conditions, perdant deux des leurs. Le second s’est écrasé parmi les oliviers situés à flanc de montagne, y laissant une lugubre traînée noirâtre. Détail pathétique d’un panorama désolant !
Evidemment, les Allemands ont fini par se replier, pouvait-il en être autrement ? Amphilochia fait maintenant partie des faits d’armes héroïques de l’armée polonaise, au même titre que la charge des Lanciers polonais de Napoléon à Somosierra, en 1808. Mais si le 2e CA polonais est maître du terrain, celui-ci n’est plus qu’un cimetière et un champ de ruines.
Les généraux polonais sont verts de rage et de dépit. Mais ils préféreraient de loin s’en prendre aux responsables de ce fiasco. Comme les gens de l’EKKA l’ont longuement et laborieusement expliqué, la tentative d’insurrection déclenchée dans la nuit a été lancée par les hommes de l’ELAS, qui pensaient que les Occupants allaient évacuer la ville sans plus tarder et qu’ils pourraient s’en rendre maîtres avant l’arrivée des Polonais. Et justement, voici qu’une délégation de partisans de cette même ELAS vient réclamer le contrôle de la zone libérée par les Alliés, autour d’Amphilochia dans un premier temps, puis jusqu’à Agrinio, le tout au nom d’un “Comité Populaire de l’Ambracie” ! En effet, les communistes ont créé dans la région une sorte de gouvernement, avec des assemblées générales mixtes (une nouveauté en Grèce), qui prétendent remplacer l’administration et les tribunaux pour finalement assumer la totalité des missions régaliennes de l’Etat.
Evidemment, Delenikas et les partisans de l’EKKA, toujours là, ne sont pas du tout d’accord, ce qui contribue à renforcer le caractère déjà tendu de l’échange, mené grâce à des interprètes forts gênés des propos qu’il leur faut transmettre.
Les gens de l’ELAS sont mal tombés, avec les Polonais. Nombre des hommes d’Anders ont connu les camps de prisonniers soviétiques et tous ont en mémoire le coup de poignard dans le dos donné à la Pologne agonisante par les soldats de Staline. Toutefois, Anders pourrait être ouvert à un arrangement provisoire – il n’est pas là pour régler les problèmes intérieurs grecs. Mais la morgue de l’envoyé de l’Armée populaire de libération nationale grecque (ELAS), nul autre que le kapetanos Áris Velouchiótis, découragerait les meilleures volontés. Velouchiótis, de son vrai nom Thanássis Kláras, de Larissa, a subi sous Metaxas la prison et la torture avant d’être libéré et incorporé comme officier de réserve en 1940… puis dégradé pour indiscipline et nommé caporal d’artillerie (!). Il a aussi été mis en cause dans l’assassinat, le 9 juillet précédent, du colonel Dimitrios Psarros, de l’EKKA. Il vient accompagné de son adjoint Takis Fitsios et d’un troisième homme, mais deux ou trois douzaines d’hommes armés les suivent à quelque distance.
Bon gré mal gré, Anders s’efforce de parlementer, mais Mazcek ne peut s’empêcher de s’exclamer avec rage : « Cinq cents de mes hommes, tous de bons Polonais, sont tombés aujourd’hui, tués ou blessés. Nos morts vont reposer bien loin de leur terre natale, mais le pire est que la plupart seraient encore bien vivants sans votre stupide intervention ! »
La réplique ne se fait pas attendre : « Général, avec l’exact respect que je dois à votre armée, je vous signale que plusieurs milliers de prolétaires grecs sont tombés depuis deux ans pour la libération de l’Ambracie. Vos pertes sont regrettables, mais vos effectifs et vos moyens sont infiniment supérieurs aux nôtres. »
Velouchiótis se tourne vers le troisième homme de sa délégation : « Camarade, tu représentes le Bureau central, viens expliquer au général que le Parti m’a chargé de coordonner les actions des maquis de Grèce centrale ! » L’individu interpellé reste en retrait – doute-t-il du respect par son mouvement des directives de Moscou, ou est-il simplement écrasé par la verve de son camarade ?
Ce dernier reprend d’ailleurs son discours sans attendre : « Au nom du peuple grec et des travailleurs de l’Ambracie, nous vous demandons à nouveau de remettre à nos comités les pouvoirs civils. Nous sommes les seuls représentants d’une nation libre de travailleurs ! Les gouvernements polonais, anglais ou français n’ont aucun droit sur ces terres, et les représentants de la bourgeoisie qui se prétend grecque en ont encore moins ! »
Cette phrase déclenche immédiatement de vifs remous dans les rangs de l’EKKA : « Traîtres collectivistes ! gronde Delenikas. Seul le Roi représente la nation ! »
– Réactionnaires passéistes, vous n’êtes pas les bienvenus ici. Repartez comme vous avez fui en 1941 !

La situation est explosive et risque de dégénérer en fusillade à tout instant. Anders prend de nouveau sur lui : « Monsieur Velouchiótis… »
– Ici, je suis le camarade Velouchiótis !
– Si vous voulez… Nous sommes ici en amis du peuple grec. Nous versons notre sang contre l’envahisseur fasciste, qui est notre ennemi autant que le vôtre. C’est ensemble qu’il nous faut lutter !
– C’est ce que nous avons fait aujourd’hui,
répond froidement le Grec. Mais vous devez comprendre, Général, que vos hommes n’ont rien à faire ici. Sachez que nous défendrons le prolétariat contre tous ses ennemis, d’où qu’ils viennent. Et même de l’intérieur !
Cette réponse scandalise évidemment les Polonais quand l’interprète la traduit. Mais c’est Delenikas qui s’interpose.
– Vous avez raison, cher… camarade, ces questions politiques concernent exclusivement notre pays. Inutile d’y mêler nos alliés. Je vous propose de négocier les termes d’un accord entre nous, en privé. Et sans armes…
Surpris par cette proposition raisonnable, les membres de l’ELAS ne peuvent qu’accepter. Ils exigent toutefois, après un rapide conciliabule, que l’entrevue s’effectue après une fouille préalable, effectuée par des intermédiaires neutres. Et sûrement pas par ces Polonais, dont l’anticommunisme est avéré ! On met donc à contribution les deux officiers de liaison alliés, le Français et l’Anglais.
Velouchiótis et les deux autres représentants de l’EKKA se retrouvent donc avec Delenikas et ses deux adjoints dans une modeste cabane de berger en pierres sèches. L’atmosphère s’est un peu détendue, mais reste lourde. Les officiers alliés et les autres Grecs des deux bords observent la masure, d’où s’élèvent de violents éclats de voix, ce qui était attendu. Mais après moins de cinq minutes, deux violentes explosions presque simultanées retentissent…
« Je pouvais éprouver une forme de pitié pour certains auxiliaires des Teutons, qui, abusés par la propagande allemande, s’étaient tragiquement trompés de combat. En revanche, je n’éprouvais que mépris pour les serviteurs des Bolcheviques. Alors que les Polonais s’étaient emparés d’Amphilochia au prix de pertes considérables et en montrant un courage digne de leurs ancêtres de 1808, ils avaient eu à subir les philippiques d’un exalté mandaté par les Rouges. Ces mêmes Rouges que les Polonais avaient glorieusement vaincus en 1922 – je crois d’ailleurs que celui qui devait devenir notre Président du Conseil était alors à leur côté. Je ne pouvais admettre que le soldat d’opérette qui pérorait insulte ces braves comme s’il était le maréchal Staline en personne, soutenu par un régiment de T-34 ! Cet homme et ses complices étaient des traîtres à la solde du collectivisme, que j’aurais volontiers pendus sans autre forme de procès, avant de les laisser accrochés à la potence pour l’édification du peuple.
J’ai évidemment regretté la perte de Delenikas et de ses deux officiers, de vrais patriotes. Je me rappelle que nous avons été plusieurs à rendre les honneurs à sa dépouille, grandie par l’épreuve. Sur son brancard, couvert de sang, il paraissait fier jusque dans la mort du devoir accompli. Sa main droite était serrée sur sa poitrine. L’adjoint de Maczek, le colonel Krakowsky, a souhaité l’ouvrir, et en a sorti, non le crucifix qu’il pensait y trouver, mais une goupille de grenade F1. « C’est curieux, m’a-t-il dit, cette arme est d’origine française, alors que ces maquis étaient approvisionnés par les Britanniques ! Vraiment curieux, n’est-ce pas ? » Je ne pouvais mieux dire. »
(Capitaine Pierre Percay, op. cit.)
Sidérés, les maquisards des deux camps, dont les troupes viennent d’être décapitées, s’invectivent d’abondance, mais finissent par retourner dans leurs montagnes. Ils n’en redescendront quelques jours plus tard, quand une unité britannique viendra ramener le calme. Tous déposeront les armes sans autre incident.
Malgré les pertes sensibles qu’il a subies, le 2e CA polonais reste pleinement opérationnel. Il reprendra son avancée vers le nord dès le lendemain.
Pendant ce temps, la 100. Jäger se replie, entraînant les restes de la 164. ID et de la 11. Luftwaffen-Feld-Division. Ce repli va se poursuivre jusqu’aux montagnes formant la frontière de l’Albanie, où la 162. ID aura préparé des positions de recueil – non à cause de ces modestes défenses, mais parce que les lignes de ravitaillement alliées se seront alors exagérément étirées.
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