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Le Front du Midi en 1944
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Archibald



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MessagePosté le: Jeu Mar 15, 2018 09:20    Sujet du message: Répondre en citant

En effet le Puymorens c'est pas un cadeau. On y est allé avec mes parents en vacances l'année avant le tunnel et l'année après (94 / 95) pour passer en Cerdagne (trop beau la Cerdagne, surtout le ciel) et... on a vu la différence !
Le pas de la caze, quelle horreur, rien qu'avec une vieille Alfa 33, alors avec un char d'assaut, je veut même pas y penser... Laughing
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 15, 2018 09:48    Sujet du message: Répondre en citant

7 janvier
Opération Dague
Massif du Canigou
– La colonne venue de Thuir avance avec difficulté dans le massif, efficacement retardée par les défenses allemandes appuyées sur la succession de cols qui jalonnent la RN 618. Les Américains tentent de déborder par la vallée du Boulès vers le hameau de La Bastide, mais les Allemands installés sur les crêtes interdisent facilement toute progression dans ce secteur. Sur le versant sud, la progression des Marocains est tout aussi ardue, dans un terrain escarpé et boisé.
Finalement, en milieu d’après-midi, l’arrivée de la colonne en provenance de Céret va débloquer la situation. Cette colonne a pu progresser assez facilement jusqu’au hameau de Taulis, pendant que des groupes s’infiltraient par des sentiers parallèles, en grande partie grâce aux mules des goumiers. Menacés d’encerclement, les défenseurs des cols abandonnent leurs positions et se replient pendant la nuit en direction de Velmanya.
………
Prades : l’attente – L’Oberstleutnant Friedel Blanke, chef d’état-major de la 344. ID, a été chargé par le Generalleutnant Felix Schwalbe d’inspecter le dispositif défensif à Prades. Contrôler cette ville permet de défendre l’accès nord au massif du Canigou, barrer la route vers le sud de l’Aude, garder les liaisons ouvertes avec le reste de la 344. ID plus au nord et bien sûr interdire toute progression alliée vers la haute vallée de la Têt.
Cependant, la petite ville se trouve à la sortie de la plaine du Roussillon, dans une zone relativement dégagée, et sa défense n’est pas facile. Elle repose sur le 854. Grenadier Rgt, qui compte beaucoup d’hommes âgés dont certains ont connu l’Autre Guerre. Jusqu’au débarquement allié, il s’agissait d’un régiment statique, qui s’est certes endurci au contact de l’ennemi, mais dont les pertes n’ont été remplacées qu’avec difficulté. Il n’a pu se rétablir dans le secteur de Prades que parce que les Américains n’ont pas beaucoup appuyé leur offensive après la libération de Perpignan. En réalité, le temps gagné à Prades a surtout permis d’établir une défense que l’on espère solide plus en amont de la vallée de la Têt, à Villefranche-de-Conflent.
Achevant sa tournée en fin d’après-midi, l’Oberst Blanke se dit que, décidément, la défense de Prades ne pourra faire illusion que quelques heures, une journée tout au plus. Au final, pas mieux que les Français il y a quatre ans, lorsqu’ils combattaient en reculant vers la Méditerranée. Aujourd’hui, ce ne sont pas ces maudits Français qu’il a en face de lui, mais les Américains, si prévisibles, mais diablement efficaces tout de même. Mais de plus, un rapport de l’Abwehr fait état de l’arrivée de soldats français coloniaux, probablement marocains, dans la région de Perpignan – et ça, ce n’est pas une bonne nouvelle…
Perdu dans ses pensées, Blanke n’a pas remarqué un nuage de poussière arrivant de l’est, un peu en avant de Vinça. Averti par son adjoint, l’Oberst braque aussitôt ses jumelles et repère rapidement des chars, au moins une dizaine. Il les identifie comme des chars légers américains. Même si ces derniers sont méprisés par les tankistes allemands, Blanke ne dispose pas de blindés – contre les chars, ils ne peut compter en tout et pour tout que sur un peloton de trois canons Pak-36 disposés dans la ville et deux obusiers de 105 mm camouflés dans les hauteurs au-dessus du hameau de Catllat, le tout couvrant un maigre champ de mines qui barre les approches de Prades de part et d’autre de la RN116.
………
Prades : l’attaque – L’offensive américaine a été déclenchée suite aux nouvelles du déblocage de la situation dans le massif du Canigou. Elle est menée par la compagnie de chars légers Stuart M5 du 757e Tank Battalion, soutenue par le 3e Rgt de la 1ère Special Service Force et une compagnie du 3e Chemical Mortar Battalion.
À l’approche de Prades, les blindés sont pris à partie par les canons antichars allemands, qui se dévoilent au dernier moment. Manœuvrant pour se dégager, plusieurs chars tombent dans le champ de mines ; les deux obusiers allemands en profitent alors pour aggraver le chaos. Les Américains réagissent comme souvent un tel cas : après quelques minutes, un déluge d’obus de 107 mm (4,2 pouces ou « Four-Deuce » pour ses utilisateurs) tirés par les mortiers positionnés au niveau de Vinça s’abat sur les positions allemandes, appuyées sur les premières maisons [chaque mortier peut tirer jusqu’à 40 obus pendant les deux premières minutes, puis une centaine pendant les vingt suivantes]. Lorsque le pilonnage s’arrête, après une dernière salve constituée d’obus fumigènes, les hommes de la Special Service Force, appuyés par les derniers chars en état, partent à l’assaut pour s’infiltrer dans la ville. Ebranlés par le bombardement, les défenseurs ont du mal à s’y opposer, mais ils sont aidés par les décombres et la bataille de Prades va durer toute la nuit.

Opération Scissors
Hérault
– Le 85e RI de la 10e Mountain Division a réorienté ses efforts vers l’est, sur les arrières du 756. GR de la 334. ID, toujours fixé au nord d’Anduze par l’attaque de la Rock of the Marne. Pendant ce temps, le 86e RI a rallié et met la pression sur un Kampfgruppe de la 355. ID constitué d’un bataillon très affaibli du 866. GR et d’un Sturm Abt qui ne l’est pas moins. Ces derniers retraitent comme ils peuvent en direction de Saint-Jean du Gard. Le reste du 866. Rgt s’est rétabli sur les reliefs et tente de verrouiller un secteur allant du col de l’Asclié, sur la D20, au village de l’Estréchure, sur la D39.
Le 87e RCT, lui, continue sa manœuvre à la poursuite du KG de soutien de la 355. ID, qui s’est déplacé jusqu’au croisement routier autour de Notre Dame de la Rouvière. Les Sherman du 70e Tank Btn se sont engagés dans son sillage et leurs 75 mm courts sont parfois bien utiles en soutien d’infanterie.
Plus loin, la progression est minime pour les 349e et 351e RCT, qui passent la journée à nettoyer le terrain en faisant leur jonction. Mais à la nuit, devant le risque d’encerclement et pour garder le contact avec sa division (la 355.), le 868. GR quitte ses positions dans le secteur des gorges de Navacelle pour se redéployer au Vigan.
Encore un peu plus à l’ouest, le 350e RCT de la 88e DI-US, appuyé par le 636e TD Btn, force les positions du 867. Grenadier Rgt, qui est obligé de se replier sur le plateau, de l’autre côté de la Virenque et dans les bois de Vicenque. La route de Millau semble donc ouverte. Enfin, les 17e et 32e RCT de la Bayonet Division passent la journée à se battre pour la possession de Lodève.
L’évolution de la situation n’a pas échappé à l’état-major allemand. La 355. ID est bousculée et déséquilibrée ; un trou est en train de se former en direction de Millau… Il faut très vite raccourcir les lignes et réorganiser le dispositif !
………
Dans les airs, c’est une journée faste pour les pilotes du 27e FG, qui couvre l’opération Scissors. Le major Bill Leverette est l’auteur d’un triplé lorsque le 522e FS intercepte un raid de Ju 88, ce qui l’amène à un total de 11 victoires. Le lieutenant Forst, du 86e FG, obtient sa quatrième victoire – plus qu’une avant le titre d’as, convoité par tous.


8 janvier
Opération Dague
Massif du Canigou
– Après un dernier baroud d’honneur dans le hameau de Velmanya, les Allemands ont abandonné ce dernier dans la nuit pour se replier vers le nord, en direction de Prades, en suivant la vallée de la Lentilla. Arrivant sur les hauteurs au-dessus de Vinça, ils ne peuvent que constater que la vallée de la Têt grouille de soldats et de véhicules ennemis. Bifurquant vers le sud-ouest, les rescapés vont emprunter des chemins forestiers longeant les contreforts du Canigou. À court de munitions et épuisés, ils arrivent à Taurinya où ils reçoivent l’ordre de rejoindre, non Prades, où la situation est sans espoir, mais directement Villefranche-de-Conflent, où la défense achève de se mettre en place.
………
Prades – En fin de matinée, la petite ville est nettoyée de toute présence allemande, mais les installations de la gare ont été assez fortement endommagées. Les colonels Frederick (1ère SFF) et Leblanc (1er GTM) se concertent pour décider de la suite des opérations.
La sécurisation du massif du Canigou est bien engagée, mais il faudra probablement deux ou trois jours pour s’assurer qu’aucun Allemand ne s’y terre encore. Ce sera le rôle du 2e Tabor marocain.
Le 3e Régiment de la 1ère SFF, appuyé par les chars légers du 757e Tank Battalion, va poursuivre la progression en vallée de la Têt en direction de Villefranche-de-Conflent. Il sera renforcé par le 2e Régiment, une fois celui-ci redescendu du Canigou.
Enfin, le 3e Tabor va s’engager sur la RN619 [aujourd’hui D619] pour sonder le terrain en direction de Sournia, mais surtout sur son annexe la RN619A [aujourd’hui D14], qui mène à Molitg-les-Bains. Au-delà de cette petite bourgade, la vallée de la Castellane mène au col de Jau, vers le plateau du Pays de Sault. Cette dernière perspective est très prometteuse, car ce territoire accidenté et boisé abrite, selon les derniers rapports, au moins un maquis d’importance et permettrait de débouler dans le sud du département de l’Aude, puis de poursuivre vers la basse Ariège ou de prendre de flanc les défenses allemandes entre Carcassonne et Narbonne.
En milieu d’après-midi, les troupes américaines se remettent en route en direction de Villefranche-de-Conflent. La distance à couvrir est de moins de 10 km, mais la route est semée d’arbres abattus par les Allemands en retraite.
Arrivant en vue de la gare, où la voie ferrée venant de Perpignan s’arrête pour passer le relais au célèbre Train Jaune (à voie étroite), les éléments de tête sont pris à partie par plusieurs canons et mitrailleuses allemandes, installés dans la citadelle de Fort Libéria, qui domine la plaine, mais aussi sur les remparts de Villefranche [L’enceinte de la ville, tout comme le fort, sont à mettre au crédit de Vauban. Fort Libéria, après avoir servi de prison d’Etat, notamment lors de la célèbre affaire des Poisons, a accueilli pendant la Première Guerre Mondiale une douzaine d’officiers allemands capturés, dont certains arriveront à s’évader pour passer en Espagne.]. Après un moment de flottement, les Américains se replient. Le verrou de Villefranche-de-Conflent va être une noix difficile à briser !

Opération Scissors
Hérault et Aveyron
– Pour échanger du temps contre de l’espace et raccourcir les lignes, ordre a été donné au 756. GR de la 334. ID d’abandonner la défense des collines au nord d’Anduze et de reculer sur le compartiment de terrain suivant, une douzaine de kilomètres au nord-ouest, autour de Saint-Jean du Gard. Ce mouvement permet à un 866. GR fatigué, aidé par un 394. Sturm Abt bien entamé également, de s’établir correctement en défense sur les positions atteintes la veille. Pendant ce temps, le 86e RCT américain réoriente son effort vers le nord-ouest et retrouve le contact, après une journée d’opérations de nettoyage.
Par une manœuvre audacieuse, le 87e RCT s’empare de Notre-Dame de Rouvière. Il contraint ainsi le KG de soutien de la 355. ID à retraiter sur les reliefs voisins, un peu au nord.
Le raccourcissement des lignes allemandes a également permis de redéployer le 85e RCT vers l’ouest, où il relaye les éléments de la 88e DI-US dans le secteur du Vigan. Les montagnards américains ont la surprise de trouver le village quasi abandonné par les fantassins allemands. En effet, les grenadiers du 868. Rgt, face au risque de devoir se défendre sur trois côtés, se sont repliés sur ordre quelques kilomètres au nord autour de l’observatoire du Moufflon, afin de rester alignés sur le reste de leur division.
La 88e DI-US est également en cours de redéploiement, puisque l’ouverture de la route vers l’ouest, depuis Le Vigan, a créé une menace sur les arrières du 867. GR. Ce dernier, pour éviter l’encerclement, a profité de la nuit pour quitter la ligne sur la Virenque. Il a fait sauter le pont et s’est replié, réalignant son dispositif autour du croisement routier de Saint-Jean du Bruel. Le 351e RCT passe donc la journée à prendre possession du plateau et à retrouver le contact avec son voisin, le 350e RCT, pendant que le dernier Regimental Combat Team de la 88e DI-US, le 349e, passe la journée à nettoyer les arrières de la division.
Les Allemands ont pourtant réagi. Le KG Horstmann, de la 14. SS-Division, constitué du 38. SS-Panzergrenadier Rgt ainsi que d’éléments des SS-Panzerjäger et du 14. Sturm Abt, contre-attaque au sud de La Cavalerie, sur le plateau du Larzac. Le Sturmbannführer Horstmann a établi son QG dans le petit camp militaire du Larzac, déserté par les Français depuis le retournement de veste de la FST. Le camp n’avait en réalité plus guère été utilisé depuis le Grand Déménagement.
La frappe allemande tombe sur le 350e RCT de la 88e DI-US, le plus en pointe. Mais ce dernier est appuyé par le 6e Artillery Group et par l’Air Force (dont les pilotes parleront de « billard »). De plus, il a été rallié par le 70e Tank Btn et le 636e TD Btn. Ce qui ne l’empêche pas de réclamer des renforts ; dans la journée arrive le 601e TD Btn, qui s’est déplacé en urgence d’une vingtaine de km vers le nord.
A l’extrémité occidentale de l’opération, les 17e et 32e RCT finissent par prendre Lodève, aidés par une population qui n’hésite parfois pas à faire le coup de feu avec ses libérateurs. En face, la 708. ID se réorganise et recule légèrement vers l’ouest.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Mar 15, 2018 12:41    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Le pas de la caze, quelle horreur, rien qu'avec une vieille Alfa 33, alors avec un char d'assaut, je veut même pas y penser... Laughing

Le Pas de la Caze est surtout une horreur au niveau architectural ... d'oh!
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Mar 15, 2018 12:54    Sujet du message: Répondre en citant

otl, la 1ere DFL a monté ses blindés d'accompagnement, à plus de 2000m dans les alpes maritimes (il y a qq photos célèbres)... mais ça reste du domaine de l'exploit Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 16, 2018 09:44    Sujet du message: Répondre en citant

9 janvier
Opération Dague
Villefranche-de-Conflent
– Toute la journée, les Américains tentent de détruire les positions d’armement lourd qui défendent l’accès de la petite ville, sans succès. Malgré les tirs en cloche des mortiers, les obusiers allemands installés dans les cours de Fort Libéria sont très difficiles à atteindre et leurs servants sont bien abrités. En revanche, les tirs allemands, bien dirigés depuis le fort et les hauteurs avoisinantes, battent efficacement le fond de la vallée. Enfin, défenseurs, ravitaillement et munitions peuvent circuler aisément, car le fort est relié à la cité par un passage entièrement souterrain affichant un dénivelé de 180 mètres : l’escalier des Mille Marches [Celui-ci n’en compte en réalité que 734. A l’origine, le souterrain devait passer sous le lit de la rivière Têt pour rejoindre directement la ville, mais le projet avait été jugé trop coûteux.].
Le colonel Frederick envisage d’engager un ou deux bataillons du 18e Artillery Group pour écraser la fortification édifiée par Vauban. Mais la mise en place de l’artillerie lourde prendrait du temps, au moins trois ou quatre jours, et elle se serait guère aisée dans cette vallée étroite. De plus, la perspective ne soulève pas du tout l’enthousiasme des Français. Autre option, faire appel au 363e Fighter Sqn, récemment rebasé à Perpignan-Llabanère. Mais une mission de bombardement de précision dans cette vallée encaissée, couverte par une forte DCA allemande installée dans le fort et sur les remparts de Villefranche, ne serait pas une partie de plaisir !
Sans attendre, le colonel Frederick ordonne alors au 2e Rgt de la 1ère SFF de s’engager sur la RD27 en direction de Vernet-les-Bains, pour tenter de contourner le bouchon de Villefranche.
………
Massif de l’Agly – Le détachement du 3e Tabor engagé sur la RN619 en direction de Sournia se retrouve bloqué peu avant le col de Roquejalère par des éléments du 855. Grenadier Rgt qui tiennent les hauteurs, une centaine de mètres au-dessus de la route. Les Marocains n’insistent pas et font venir leur mortiers pour donner l’illusion d’un futur assaut en bonne et due forme. Si les Allemands tombent dans le panneau et renforcent leur position, cela facilitera l’attaque du massif depuis la plaine, qui doit débuter le lendemain.
………
Vallée de la Castellane – Plus à l’ouest, sur la RN619A, les éclaireurs du 3e Tabor ont poussé jusqu’à la petite bourgade de Mosset, libérant au passage la station thermale de Molitg-les-Bains. À Mosset, les goumiers ont été accueillis par l’ancien maire François Pujol, qui a repris ses fonctions. Il avait été remplacé à l’automne 1940 par une délégation spéciale mise en place par le NEF et dont les membres se sont à présent sagement effacés – les comptes se régleront plus tard.
Alors que les soldats commencent à s’installer pour la nuit, les officiers se concertent autour d’une carte avec le maire et quelques autres habitants. Les derniers véhicules allemands en retraite, dont l’un tractait un canon, sont passés en coup de vent la veille en fin d’après-midi. Selon toute vraisemblance, ils se sont retranchés au niveau du col de Jau. Encadrés par deux sommets boisés, ce point de passage pourrait se révéler difficile à forcer. Néanmoins, il va être possible de compter sur un petit maquis installé dans la mine de talc du Caillau, située dans le massif à l’ouest de la vallée, dont la production alimente une usine de Prades.
Composé de réfractaires au STO et autres fugitifs, ainsi que de quelques rescapés du maquis de Velmanya, ce groupe n’a pas attiré l’attention d’Alger car il est peu nombreux et, surtout, ne compte que très peu d’hommes expérimentés. Néanmoins, son emplacement actuel est un atout précieux, car il pourrait permettre de faciliter un débordement du col de Jau par l’ouest. La mine étant desservie par un petit train Decauville partant d’une métairie où un transport par bennes suspendues monte de la vallée, l’acheminement d’équipement et notamment des mortiers serait facilité.
Un plan est rapidement arrêté pour le lendemain. Dès l’aube, un groupe ira en reconnaissance vers le col de Jau ; il en profitera pour s’emparer de la tour de guet de Mascarda, située à quelques kilomètres du village et dont la fonction, depuis des temps immémoriaux (cette tour date du XIIIe siècle), est justement d’assurer le surveillance du col. Un second groupe prendra contact avec le maquis grâce à quelques habitants qui le ravitaillent, pour étudier une voie d’approche par les hauteurs.
………
De la plaine du Roussillon au sud des Corbières – Dans le reste du dispositif allié, les troupes achèvent leur préparation : l’assaut général a été fixé au lendemain. Un premier régiment (le 180e) de la 45e DI-US Thunderbird (major-général Eagles), remis des combats de Nordwind, va participer à l’opération.

Opération Scissors
Hérault
– Les Allemands de la 14. SS-Panzergrenadier Division passent la journée à contre-attaquer pour chasser la 88e DI-US du plateau du Larzac. Ces attaques seront à chaque fois repoussées à cause d’une supériorité aérienne et en artillerie sans faille. Cependant, la maîtrise de l’air alliée ne signifie pas que la Luftwaffe soit absente. Ainsi, c’est dans ce secteur que le récent major Kurt Bühlingen, de la JG 2, abat deux Mustang du 86e FG. Bühlingen note toutefois dans son journal à cette date : « Nous ne sommes plus que la moitié au sein du groupe à pouvoir être considérés comme des vétérans. Nous ne nous attachons pas aux petits nouveaux, ils n’ont plus qu’un rôle de chair à canon et rares sont ceux qui dépassent les dix missions. Les derniers arrivés n’avaient même jamais eu d’entrainement au tir en école, c’est au cours de la mission d’aujourd’hui qu’ils ont actionné pour la première fois la commande des MG-131 de leur appareil. »
Pendant ce temps, à l’est, le 349e RCT relaie le 85e Rgt de la 10e Mountain Division US face aux grenadiers du 868. Rgt de la 355. ID. Les montagnards américains peuvent ainsi se repositionner pour la tentative suivante.
A l’état-major américain, on est conscient que peu à peu, les renforts de la 14. SS-PzrGr peuvent se montrer décisifs. Aussi la 1st Armored Division reçoit-elle l’ordre de quitter ses positions en réserve autour de Béziers et de se déplacer d’une cinquantaine de kilomètres sur les arrières des 7e et 88e DI-US.


10 janvier
Opération Dague

C’est un jour important dans le calendrier de l’opération Dague. Il marque le début d’une poussée générale sur tous les axes de progression, maintenant que le dispositif allemand a été déstabilisé au sud et que l’ennemi ne peut plus utiliser le massif du Canigou.
………
Secteur de Villefranche-de-Conflent – Devant la citadelle de Vauban et le fort qui la surplombe, la situation est toujours bloquée. Plus à l’est, le 2e Rgt de la 1ère SFF a commencé sa marche en direction de Vernet-les-Bains. Les Américains progressent tout d’abord sans difficultés le long de la RD27, mais aussi sur le tracé du petit train minier [Ce train est un funiculaire à entraînement par chaînes à la norme Decauville, d’un type très utilisé en Europe de 1850 à 1950. Il convoyait avant la guerre la production de la mine de fer du Salver (le massif du Canigou compte de nombreux gisements de fer, exploités depuis la période celte).], au-dessus de Taurinya, jusqu’à la gare de Prades.
La situation se corse après Taurinya, alors que la route s’élève en lacets en direction de Fillols, dans un secteur très boisé. Là, les Allemands ont eu le temps non seulement d’abattre de nombreux arbres en travers de la route, mais aussi de construire quelques fortins en rondins pour abriter une mitrailleuse ou des tireurs. Toute la journée, les Américains continuent d’avancer lentement mais sûrement, n’hésitant pas à déborder les positions ennemies en faisant de larges détours dans un relief accidenté.
………
Vallée de la Castellane – Le gros du 3e Tabor s’est établi à Mosset et passe la journée à se préparer à l’assaut du col de Jau, où la présence d’environ une compagnie ennemie est confirmée. La liaison a été établie avec le maquis de la mine du Caillau et on a commencé à acheminer, sous le couvert de la forêt, une partie des troupes et des mortiers destinés à ce secteur. Les maquisards sont plus qu’heureux de recevoir enfin l’attention et surtout le matériel qui leur a fait défaut jusque là.
………
Massif de l’Agly – Les hommes du 1er Rgt de la 1ère Special Service Force s’élancent à l’assaut du massif en partant d’Estagel, le long de la rivière Agly. La situation se corse après Planèzes, dans une région parcourue de nombreux petits cours d’eau. Les Allemands mettent à profit ces affluents de l’Agly pour mener une bataille de retardement opiniâtre.
Dans le même temps, le 4e Ranger Btn, qui s’est repositionné depuis quelques jours au bien nommé col de la Bataille sur la RN612, se met en route vers Bélesta ; un détachement est chargé de s’emparer du Pic Aubeill, qui domine le secteur. Les Rangers ne rencontrent pas de difficultés avant d’aborder le secteur de Caramany, où les coupures humides se multiplient. Une partie du bataillon tente de poursuivre vers Sournia, mais elle est prise sous le feu de mortiers allemands installés sur le massif du Sarrat d’Espinet.
Au sud-ouest du massif, le détachement du 3e Tabor bloqué au col de Roquejalère se contente de harceler l’ennemi à coups de mortiers et de lancer quelques attaques de fixation.
………
Vallée du Fenouillèdes – Dans cette vallée d’ordinaire plutôt calme, hormis le passage d’un train de temps en temps, un puissant grondement se fait entendre du côté d’Estagel : les trois compagnies de chars moyen du 757e Tank Battalion s’ébranlent le long de la RN117 en direction des positions allemandes de Saint-Paul-de-Fenouillet, à une vingtaine de kilomètres (la compagnie de chars légers M5 Stuart est toujours bloquée devant Villefranche-de-Conflent). Au total, une cinquantaine de chars Sherman, six canons d’assaut de 105 mm et trois half-tracks porte-mortiers. Les véhicules sont accompagnés du 180e RI de la 45e DI-US et une compagnie de mortiers du 3e Chemical Mortar Battalion.
C’est à Saint-Paul-de-Fenouillet qu’a été positionnée l’essentiel de l’artillerie de la 344. ID, sur des positions bien préparées et disposant d’observateurs postés sur les hauteurs voisines. Les canons lourds allemands couvrent un champ de mines assez dense barrant toute la vallée, qui fait environ trois kilomètres de large. Fantassins et canons antichars du Grenadier-Rgt 855 sont camouflés dans les bâtiments en lisière de la ville, vidés de leurs habitants et transformés en fortins. Les défenses se prolongent à l’extérieur de la localité, sous forme de tranchées et de casemates en béton installées derrière la rivière Agly. Celle-ci descend des gorges de Galamus vers le massif qui porte son nom et son débit en cette saison est assez fort.
Les Américains ont retenu la leçon de Prades : ils engagent les Allemands à bonne distance, mais la partie s’annonce serrée, car les défenseurs ont eu plusieurs semaines pour renforcer et camoufler leurs positions. De plus, grâce aux observations effectuées depuis le château de Quéribus, ils ont une idée assez précise des effectifs adverses.
Toute la journée vont se dérouler des échanges d’artillerie, entrecoupés de charges des blindés américains en direction de la ville ou du pont ferroviaire sur l’Agly, au nord de celle-ci. Toutes sont repoussées.
………
Sud des Corbières – Depuis le secteur de Tuchan, les 337e et 338e RI de la 85e DI-US, soutenus par une partie de l’artillerie divisionnaire ainsi que par une compagnie de mortiers, commencent à pousser vers l’ouest face au 950. Grenadier Rgt, appuyé par un bataillon de fusiliers. Plus au nord, le 339e RI reste pour le moment sur ses positions face à la 158. ID, se contentant de patrouilles offensives pour maintenir l'adversaire dans l’incertitude, mais aussi pour éviter une réaction trop rapide de la 60. PzGr dans un secteur très peu vallonné.
Mettant à profit la moindre crête, le moindre cours d’eau, le moindre bosquet, les Allemands luttent pied à pied, mais le terrain n’est pas suffisamment accidenté pour espérer tenir face à la supériorité américaine, criante en matière d’artillerie. Par ailleurs, l’aviation tactique, en l’occurrence les P-51 du 363e Fighter Sqn, a fait son apparition depuis la veille. La stratégie du général Coulter dans ce secteur est simple : avancer méthodiquement, matraquer tout point de résistance et à nouveau avancer.
………
Axat – À l’état-major de la 344. ID, les rapports plus ou moins alarmistes des différentes unités affluent. Malgré ses appels répétés à son supérieur Walther Nehring à Carcassonne, le Generalleutnant Felix Schwalbe n’a aucun renfort à envoyer dans l’immédiat, d’autant plus que la géographie du secteur couvert par sa division ne facilite pas les déplacements. Heureusement pour lui, le relief gêne considérablement l’aviation alliée, sauf dans les Corbières.

Opération Scissors
Hérault
– Le 350e RCT plie mais ne rompt pas. Il s’accroche au terrain, en compagnie d’un TD Btn et d’un Tk Bn, sur le plateau du Larzac. Il faut préciser qu’outre l’appui des Mustang et Thunderbolt du VIIIe Tactical Air Command, les troupes au sol sont soutenues par les Mitchell du 340e BG, qui s’en prennent aux positions ennemies avec de pleins chargements de parafrags, qui sur ce terrain, ont un effet dévastateur sur les fantassins non protégés.
Au sein du 340e BG, le B-25 Legal Eagle accomplit sa 43e et dernière mission. Il va rentrer aux Etats-Unis pour une tournée de promotion de bons du trésor pour soutenir l’effort de guerre. Cet appareil et son équipage ont également comme particularité d’avoir remporté au sein de leur groupe le prix officieux du plus long nom peint sur un appareil, nécessitant même ensuite de le rebaptiser Legal Eagle. En effet l’un des membres de l’équipage, d’origine allemande, avait trouvé le nom de « Superdurchschnittsgeschwididigkeiter », que l’on peut traduire simplement par… « Le Rapide ».
A l’aile gauche du 350e RCT, le 351e RCT, tout en jouant les garde-flanc, met la pression sur le 867. Grenadier Rgt en direction de Saint-Jean du Bruel, tandis que le 85e RI de la 10e Mountain Division déborde sur les arrières. Le régiment allemand est obligé d’abandonner ses positions avec d’assez lourdes pertes et de se réfugier plus au nord. Il n’arrive même pas à monter une contre-attaque, car ses éléments en repli se font bousculer par les montagnards US.
Cette percée dans les collines permet d’ouvrir la porte à une attaque de flanc des positions de la 14. SS-PG Division, tandis que le coin enfoncé par le 85e RI-US force les grenadiers du 868. Rgt à recentrer et à étendre leur défense autour du hameau de l’Espérou.
En fin de journée, les SS n’arrivant toujours pas à percer sur le plateau, la situation de la 355. ID devient intenable. Elle est étendue sur plus de 40 km et ne peut s’appuyer que sur le relief et les coupures. L’état-major allemand décide de cesser d’user ses troupes en vaines contre-attaques et de regrouper les SS autour de Millau, pendant que la 355. ID, déjà repliée vers le nord-est, couvre les abords des Causses.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Mar 16, 2018 14:06    Sujet du message: Répondre en citant

Pendant la 2ème GM, mon grand-père a participé à la prise d'un fort Vauban tenu par les Allemands. Il l'ont attaqué de nuit, en escaladant la paroi à Pic.
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Mar 16, 2018 14:32    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Superdurchschnittsgeschwididigkeiter


A vos souhaits !

C'est Mary Poppins mais en version teutonne.

...supercalifragilisticexpialidocious...
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

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Wardog1



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MessagePosté le: Ven Mar 16, 2018 23:01    Sujet du message: Répondre en citant

OTL comme FTL on dirait que le Tet est toujours une mauvaise chose pour les américains....
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Ven Mar 16, 2018 23:32    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Anaxagore,

Citation:
Pendant la 2ème GM, mon grand-père a participé à la prise d'un fort Vauban tenu par les Allemands. Il l'ont attaqué de nuit, en escaladant la paroi à Pic.


Je suppose que tu fais allusion à la prise du Coudon en 1944 lors de la bataille de Toulon, lorsque les Commandos d'Afrique ont escaladé et la falaise côté vallée de Soliès Port et le rempart du fort.

@+
Alain
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Mar 17, 2018 12:31    Sujet du message: Répondre en citant

Non, ce n'est pas un épisode aussi connu. c'est un souvenir d'enfance, lorsqu'il m'a raconté ça. Et je ne me souviens plus où c'est, mais c'est un épisode beaucoup moins connu.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2018 09:23    Sujet du message: Répondre en citant

Reprenons !
Merci Pat et Merci Loïc (Pat pour Scissors et Loïc pour Dague, non le contraire, comme certains auraient pu s'y attendre).



11 janvier
Opération Scissors
Hérault
– Alors que la 88e DI-US achève de se déployer sur le plateau du Larzac et que les Allemands se réorganisent, on est plus que satisfait à Montpellier, au siège de l’état-major américain. La “88” compte maintenant parmi les divisions aguerries et on ne peut que vanter la performance en débordement de la 10e Mountain Division, qui a complètement déséquilibré la 355. ID et permis cette percée éclair, en quatre jours seulement. Les Allemands ont été forcés de réagir en engageant une partie de leurs réserves pour boucher la trouée de Millau et les renseignements laissent apparaître que seul le 37. Rgt de la 14. SS-Division est maintenant sur les arrières sur la zone de Gaillac-Albi.

Redéploiement allemand
Carcassonne
– Les Allemands doivent faire face à un sérieux problème d’effectifs : la 1. Armee ne dispose plus que du LXXX. ArmeeKorps, comprenant trois divisions d’infanterie, dont une de réserve à deux régiments, pour contrôler les 40 000 km2 du grand Sud-Ouest. La nouvelle de l’offensive alliée dans le Roussillon n’avait d’abord pas trop inquiété les états-majors de Lemelsen (1. Armee) et Nehring (LXVI. AK), d’autant plus que le relief et la météo auraient dû rapidement doucher les espoirs ennemis. La situation dans la basse Aude et dans l’Hérault, avec pas moins de trois divisions blindées américaines à contenir, semblait bien plus préoccupante.
Néanmoins, les informations sur l’entrée en action dans le Roussillon de soldats marocains, que les Allemands ont appris à redouter, notamment en montagne, a fait réfléchir. Il est vite apparu que la 344. ID ne pourrait pas tenir indéfiniment à elle seule un front aussi large face aux Américains et aux « supplétifs marocains des Français » (dit Goebbels, qui parlait encore naguère des « supplétifs français des Anglo-Saxons »). Lemelsen a finalement réussi à obtenir de Rommel l’envoi dans le Sud-Ouest de la 3. Fallschirmjäger Division, en provenance de Bretagne où elle est à l’entraînement.
Ce renfort, s’il est appréciable, ne constitue qu’un pis-aller, car l’entraînement de cette division est encore très insuffisant et l’unité souffre d’un important déficit en mitrailleuses, armement antichar et véhicules. Le régiment d’artillerie ne compte qu’un seul bataillon et le bataillon de mortiers réglementaire n’a pas pu être formé. Cependant, l’arrivée de la 3. FJ permettra d’éviter d’engager la 60. PanzerGrenadier, qui a grandement besoin de repos et est en instance de départ. En revanche, pour l’instant, il n’y a pas d’autres solutions que de laisser en ligne le Kampfgruppe de la 14. SS-Division, au moins jusqu’à la relève.
Von Rundstedt, qui a accepté sans enthousiasme le transfert de la 3. FJ, sait qu’il va devoir rendre d’autres arbitrages délicats en ce qui concerne l’attribution des renforts et des matériels. Compte tenu de la situation sur le Front de l’Est, lors des prochaines relèves, il devra demander à conserver certaines unités pour les rééquiper.

Opération Dague
Secteur de Villefranche-de-Conflent
– Les Allemands, environ une compagnie du Grenadier-Rgt 854, ont transformé le petit village de Fillols en camp retranché, après avoir expulsé la population vers la ville voisine de Vernet-les-Bains. Toute la journée, ils résistent aux assauts ennemis, car ils entendent bien empêcher la prise de flanc voire le contournement pur et simple de Villefranche.
Toutefois, les Américains ne perdent pas leur temps : une patrouille est envoyée en reconnaissance dans le Serrat d’En Parrot, un massif boisé situé au nord du village, qui surplombe la vallée de la Têt. Elle capture un petit groupe d’observateurs d’artillerie allemands qui aidaient à régler les tirs depuis Fort Libéria. La position paraît très intéressante, car elle surplombe assez largement le fort, situé sur le versant opposé de la vallée ; elle pourrait ainsi permettre de museler les canons ennemis. En fin de journée, la solution se présente : les premiers goumiers du 2e Tabor marocain, qui ont terminé la sécurisation du massif du Canigou, rejoignent Taurinya, avec leurs mules… et les mortiers transportés par celles-ci.
Vallée de la Castellane – La journée est à nouveau consacrée à préparer le combat à venir et surtout à tenter d’organiser les maquisards de la mine de Caillau, ce qui revient en premier lieu à trier le bon grain de l’ivraie.
Massif de l’Agly – Les Américains progressent toujours avec difficulté dans le massif boisé. Néanmoins, en faisant appel aussi souvent que nécessaire à un appui des mortiers du 3e Chemical Mortar Battalion ou de l’aviation, ils grignotent du terrain en direction de l’ouest.
Au nord du massif, les hommes du 1er régiment de la 1ère Special Service Force, suivant le cours de l’Algy, atteignent Ansignan en fin de journée. Ils ont été chargés de s’emparer des ponts dans leur secteur pour permettre aux chars, toujours bloqués devant Saint-Paul-de-Fenouillet, de déborder si la situation s’éternisait. Mais les Allemands ont anticipé cette manœuvre et fait sauter au cours de leur retraite les ouvrages sur les principales routes. Ils n’ont heureusement pas touché au pont-aqueduc d’Ansignan, vital pour l’agriculture locale [Cet ouvrage à l’aspect insolite, voire surprenant pour les Américains, remonte probablement à l’époque romaine.]. Toutefois, ce dernier est bien incapable de laisser passer des véhicules autres que des charrettes.
Plus au sud, le 4e Ranger Btn a été débarrassé des mortiers ennemis installés sur le massif du Sarrat d'Espinet grâce à un mitraillage des P-51 du 363e Fighter Sqn. Il peut reprendre sa progression vers Sournia.
En fin de journée, le détachement du 3e Tabor bloqué en avant du col de Roquejalère constate que les Allemands se replient sous le couvert de l’obscurité vers Sournia. Laissant aux troupes américaines le soin de finir le travail dans le massif de l’Agly, les Marocains rejoignent leur unité dans la vallée de la Castellane, où leur présence est requise.
Vallée du Fenouillèdes – La situation à Saint-Paul-de-Fenouillet est totalement bloquée. Les défenseurs allemands tiennent bon, s’accrochant aux bâtiments qui tombent en ruine sous le matraquage des mortiers et des canons américains. Les hommes du 180e Régiment de la 45e DI-US ont réussi à s’emparer du faubourg nord de la bourgade, de façon à permettre aux blindés de tenter de franchir l’Agly par le pont ferroviaire. Les Allemands ont lancé plusieurs contre-attaques pour les déloger. N’y parvenant pas, ils se sont résolus à faire sauter le pont, qu’ils voulaient au départ conserver intact.
Sud des Corbières – En début de matinée, un coup de main audacieux permet aux Américains de s’emparer du château de Quéribus, ce qui prive l’ennemi d’un point d’observation stratégique. Ailleurs dans les Corbières, la progression est toujours la même : lente et méthodique.


12 janvier
Opération Dague
Carcassonne
– Les officiers d’état-major de la 3. Fallschirmjäger-Division (Generalmajor Walter Barenthin) parviennent ce jour par avion à Carcassonne. La division doit arriver par la route et par le train quelques jours plus tard.
Secteur de Villefranche-de-Conflent – Les défenseurs du village de Fillols ont fait de leur mieux, mais doivent finalement décrocher vers Corneilla-de-Conflent, où ils tentent de mettre en place un ultime barrage pour bloquer l’accès à la vallée de la Têt. Sur leur lancée, les Américains libèrent Vernet-les-Bains et poursuivent sur la RD27, espérant rejoindre la RN116, plus à l’ouest. Sur le Serrat d’En Parrot, les goumiers du 2e Tabor ont mis leurs mortiers en batterie. Ces derniers arrosent bientôt Fort Libéria, qui est toujours pris pour cible par les mortiers américains dans la vallée. En fin de journée, la position étant devenue intenable, ses défenseurs doivent se replier dans Villefranche-de-Conflent.
Vallée de la Castellane – A partir de la mine de talc de Caillau, goumiers et maquisards se sont infiltrés de nuit dans la forêt de Lapazeuil en direction du col de Jau. Depuis qu’ils sont en place, ils attendent l’arrivée du gros du 3e Tabor. Celui-ci, parti de Mosset par la route au lever du jour, s’annonce bientôt, remontant lentement la route en lacets en faisant un maximum de bruit. Les hommes sont précédés d’un véhicule muni d’un blindage improvisé constitué de solides planches.
Les Allemands, embusqués sur les hauteurs, attendent le dernier moment pour ouvrir le feu sur les Marocains qui progressent le long de la route. Toutefois, ces derniers ne se jettent pas à l’assaut de façon inconsidérée. Leur but est d’attirer les feux adverses pour permettre à leurs camarades et aux maquisards cachés plus haut dans les bois de repérer les positions ennemies. Bientôt, des tirs de mortiers s’abattent sur les Allemands qui, obligés de s’abriter, n’arrivent plus à diriger leurs tirs avec efficacité. Alors les goumiers s’élancent et rapidement la bataille devient confuse.
En début d’après-midi, les derniers défenseurs cèdent, la bataille du col de Jau est gagnée. Elle a coûté cher au 3e Tabor, dont les hommes pourront après la guerre arborer fièrement la distinction créée à cet effet. Car cette victoire crée une faille importante dans le dispositif allemand, en permettant aux Alliés de pénétrer dans le Pays de Sault, à la limite entre Aude et Ariège.
Massif de l’Agly et vallée du Fenouillèdes – Les Américains continuent de progresser et Sournia est prise en milieu de journée. En fin d’après-midi, la position allemande à Saint-Paul-de-Fenouillet, qui avait bien résisté jusque là, risque d’être tournée. Le commandant du Grenadier-Regiment 855 obtient l’autorisation de replier son dispositif sur Caudiès-de-Fenouillèdes sous couvert de la nuit. Plus au nord, les gorges de Galamus, particulièrement encaissées, sont toujours solidement tenues, pour éviter que les positions dans les Corbières ne soient menacées.
Sud des Corbières – L’avance des Américains se heurte à une résistance allemande acharnée, qui s’appuie sur tous les éléments de terrain propices : cols, forêts, collines… De plus, le Grenadier-Regiment 950 peut compter sur le soutien de quelques éléments de la 158. ID, située plus au nord et dont le secteur est relativement calme.
Axat – La nouvelle de la perte du col de Jau parvient au QG de la 344. ID en début de soirée. Même si elle était prévisible, vu l’extrême dispersion des effectifs de la division, cette information jette un froid. Le Pays de Sault est un secteur boisé et accidenté, où opère un important maquis qu’il n’a pas été possible d’éradiquer, malgré de nombreuses tentatives. Cette région, tout bonnement impossible à contrôler, peut permettre à l’ennemi de partir dans plusieurs directions. Les positions allemandes dans la vallée du Fenouillèdes menacent d’être tournées à très court terme, tandis que la résistance opiniâtre dans la vallée de la Têt pour interdire l’accès au plateau de Cerdagne et à la haute Ariège n’a plus de raison d’être : c’est l’ensemble du dispositif de la 344. ID qui risque de céder.
Le Generalleutnant Felix Schwalbe prend alors la décision de replier son dispositif tant qu’il peut en maîtriser le recul. Les troupes positionnées dans le massif de l’Agly et dans la vallée du Fenouillèdes vont se replier en tiroir directement sur Axat, puis mettre en défense les gorges de la Pierre-Lys. Le plus possible d’hommes devront être envoyés dans les Corbières, où le relief, pas assez accidenté, ne peut retenir l’ennemi à lui tout seul. Enfin, le régiment qui se bat près de la frontière espagnole devra tenir la forteresse de Mont-Louis le plus longtemps possible, de façon à permettre la mise en place d’une ligne de défense au niveau du col de Puymorens, qui défend l’accès à la haute Ariège. Le massif du Carlit est pratiquement infranchissable en cette saison, de même que les cols qui, au nord du massif (port de Pailhères, col du Pradel et col du Chioula), permettent également de rejoindre l’Ariège. Schwalbe, quant à lui, va reculer son QG dans la ville de Quillan.
Quant à la 3. Fallschirmjäger-Division, dont l’arrivée devient à présent urgente, elle devra s’installer sur un axe Belcaire – Quillan – Couiza, le long de la RN613. Elle y recueillera les éléments en repli de la 344. ID et empêchera l’ennemi de déboucher des Corbières et du Pays de Sault.

Redéploiement allié
Alpes et Provence
– Alors que le calme revient peu à peu dans le sud du Massif Central, la pause opérationnelle après Nordwind permet le repositionnement de certaines unités. Ainsi, dans les Alpes, le 6e BCA relève le 7e RTM dans la vallée de Barcelonnette. La 27e DA fait maintenant face dans ce secteur au 904. Rgt de la 188. Gebirgsjäger Division. La 4e DMM a pu raccourcir ses lignes en redéployant son régiment descendant dans la vallée de Fours Saint-Laurent.


13 janvier
Opération Dague
Secteur de Villefranche-de-Conflent
– La garnison de Villefranche refuse toujours de se rendre, bien qu’une partie des défenseurs aient évacué la cité médiévale assiégée sous le couvert de la nuit. Dans la matinée, les éléments avancés du 2e Rgt de la 1ère SFF rejoignent la RN116 et la vallée de la Têt à l’ouest de la ville. Le colonel Frederick ordonne à ses troupes de maintenir un étroit blocus et de harceler les défenseurs. Il espère que ceux-ci finiront par jeter l’éponge, par épuisement ou faute de munitions.
Pays de Sault – Le 3e Tabor commence à reconnaître le terrain au-delà du col de Jau. Dans les hameaux et villages traversés en remontant vers le Pays de Sault, il apparaît que la région a été totalement évacuée par les militaires et les diverses polices des Allemands.
Massif de l’Agly et vallée du Fenouillèdes – Les derniers éléments du Grenadier-Regiment 855, qui ont été rejoints à Axat par les rescapés de la bataille du col de Jau, achèvent leur repli au niveau des gorges de la Pierre-Lys. Ce canyon, d’environ deux kilomètres de long pour vingt mètres de large, est encadré de falaises abruptes de plus de 300 mètres. C’est le lieu idéal pour tenir à moindre frais contre un ennemi supérieur, car la voie ferrée comme la RN117 empruntent plusieurs tunnels et peuvent facilement être bloqués par des éboulements ou une mitrailleuse bien placée.
Les Américains n’ont pas poursuivi immédiatement, préférant sécuriser le massif de l’Agly pour s’assurer qu’aucun élément retardateur ne s’y trouvait. Dans la vallée du Fenouillèdes, le 757e Tank Battalion a du attendre que le génie mette en place un pont provisoire pour reprendre sa progression à partir de Saint-Paul-de-Fenouillet. Mais les Allemands en retraite ont saboté tous les ponts (ils les ont même détruits lorsque c’était possible), et ils ont abattu un grand nombre d’arbres en travers de la chaussée.
Sud des Corbières – Le repli allemand vers Quillan expose le flanc sud de ce qui tient lieu de front dans les Corbières. A Caudiès-de Fenouillèdes, une petite route permet, par le col Saint-Louis, de contourner par l’est les gorges de la Pierre-Lys, ce que le commandement allemand ne peut évidemment pas accepter. Un Kampfgruppe est rapidement constitué pour aller barrer cette voie d’accès. Le renforcement du secteur est prioritaire : la 3. Fallschirmjäger-Division devra dès que possible y dépêcher au moins un bataillon, ainsi que de l’artillerie.
Une équipe d’observateurs devra également prendre position en haut du pic (ou pech, dans le patois local) de Bugarach, point culminant des Corbières. Avec ses 1 230 mètres, ce sommet isolé offre une vue incomparable sur toute la région.

Redéploiement allié
Provence
– La 10e DBLE, récemment arrivée, prend position au nord de la 15e DBLE, dans le secteur de Loriol. La 14e DI quitte donc ses positions au bord du Rhône pour se regrouper vers Montélimar. Elle doit prendre en charge une partie des fonctions logistiques dans ce secteur, la situation du ravitaillement alimentaire de l’armée (et des civils) étant loin d’être excellente.
Sur le Rhône, la 14e DI est remplacée par les paras de la 1ère DP, qui reprennent son rôle de garde au fleuve entre Valence et Livron sur Drôme. Dans l’intervalle, la 3e BMLE a fait mouvement depuis Marseille et s’est établie en réserve dans le secteur de Chabeuil.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2018 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

Je me demande si avec tout ça Von Rundstedt ne va pas craquer plus vite. Pour ceux qui l'ignoreraient, ce général est un ivrogne au niveau du cas clinique. Avec le stress, il a fini (OTL) par être mis à la retraite d'office en 1944 (mais rappelé après le complot de juillet) parce qu'un général qui se réveille ne hurlant en proie au délire et doit être maîtrisé par son état-major puis bourré de calmant ce n'est pas très rassurant.
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Archibald



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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2018 11:45    Sujet du message: Répondre en citant

Ach la kerre, groeusse malheur, eine rachade de chnaps pour ouplier, houps !!
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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2018 13:26    Sujet du message: Répondre en citant

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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2018 14:12    Sujet du message: Répondre en citant

Presque ça, sauf que Von Rundstedt carburait au cognac...
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