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1940 - La France continue la guerre
 
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1943 - La Relève politique
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Oct 27, 2012 17:14    Sujet du message: Répondre en citant

Monnerville : il y a comme ça des incompatibilités... Ce n'est pas tellement le fond qui séparait Monnerville et De Gaule, mais la forme.

Loisirs : le mot est extrait d'un discours de DG d'époque !

Communistes : oui, en effet, ils ont des choses à se faire pardonner et ils ont compris que, dans le cadre de l'Union Sacrée, une alliance avec DG était souhaitable pour eux. Nous le verrons sous peu.

Paul Faure : Pour 40, bonne réponse de Patrikev. Pour la suite, son sort est "réglé" quelques semaines plus tard, Tyler a déjà décrit comment.

Quant aux élus d'Algérie (en 36 presque tous de gauche), bien entendu, le futur travail de Patrikev sera accueilli avec plaisir !
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Casus Frankie

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folc



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MessagePosté le: Sam Oct 27, 2012 20:20    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
C'est normal que le taux ait dépassé 100 %... certains hommes politiques peu scrupuleux ayant fait voté ... les morts Confused


Même sans les morts, les doubles inscriptions (ville et village familial; village familial et village du conjoint) pouvaient déjà contribuer à gonfler le nombre des électeurs Exclamation
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Bouhours Bernard



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MessagePosté le: Sam Oct 27, 2012 22:22    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir. Que voilà du bon travail, mais, attention de ne pas tomber dans les poncifs: pour le PCF, il n'attendra pas le 21 juin 1941 OTL pour entrer en Résistance: avec la débacle, la direction du parti, déjà clandestine depuis l'automne 1939 est complètement éclatée, je dirais au quatre coins de la France (voire du monde avec l'échappée de Thorez). Tillon va lancer un premier appel à la Résistance...le 17 juin 1940 à Bordeaux (le document y est toujours exposé) et Thorez et l'internationnale envoient un télégramme aux dirigeants communistes français non équivoque quand à la position des communistes français face aux allemands, le 22juin 1940 (voir "Le PCF entre assut et mea culpa" d'Annie Lacroix-Riz). Biensur, il y a la démarche de Tréand, mais il apparait avec le recul ,que ce n'est qu'une prise de position individuelle. Les communistes entrent en résistance dès le mois de juillet 1940 (voir le premier tome de l'Histoire de la Résistance en France de Noguères qu'on ne peut pas taxer de communiste). Donc il faut éviter d'amagamer quelques prises de position ou quelques déclarations de l'Humanité clandestine au travail des communistes. Voir l'action de Pierre Georges, Ouzoulias, ou bien d'autres moins célèbres. Que la direction du Parti, après la guerre, élimine ces résistants (sur lesquels ils s'appuieront sans les nommer) pour maintenir les têtes qui auront oeuvré plus "discrètement", n'en est pas moins vrai, mais c'est une autre histoire.... Twisted Evil Amitiés. Bernard
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Oct 28, 2012 10:32    Sujet du message: Répondre en citant

Suite : un extrait de biographie...
OTL, le premier tome de la bio de Lacouture est titré "Le Rebelle".




Derrière l’apparente simplicité de cette prise de pouvoir se cachent évidemment bien des manœuvres et arrière-pensées. Jean Lacouture évoque avec une certaine ironie cet épisode clef dans sa monumentale biographie de De Gaulle, à la fin du premier tome, « Le Soldat ».

« Les gaullistes de stricte obédience ont toujours tâché de présenter la nomination du Général au poste de Président du Conseil comme une sorte d’ascension naturelle, voire d’Immaculée Conception. Néanmoins, c’est le plus souvent par des voies étroites qu’on accède aux sommets, et l’affaire ne dérogea pas à cette règle. Il est hors de doute que, pour succéder à Paul Reynaud, Léon Blum avait d’abord pensé à lui-même, et il est tout aussi certain que Georges Mandel avait envisagé de se porter candidat en personne. Mais l’un comme l’autre avaient dû se rendre à l’évidence : en 1943, étant données les conditions du combat et la nature de l’Adversaire, ni un nommé Blum ni un nommé Mandel ne pouvait envisager de briguer la présidence du Conseil.
Eux-mêmes écartés, qui ces deux « grands électeurs » allaient-ils soutenir ? Tous deux suivirent un raisonnement semblable : pour un gouvernement d’Union Nationale, il fallait chercher un homme dégagé de toute attache partisane trop voyante. De plus, l’entrée des communistes au gouvernement s’imposait, tant pour des raisons de politique intérieure (éviter des troubles lors de la Libération) que pour faire un clin d’œil à Moscou. On montrait ainsi à ces Messieurs de Washington, de plus en plus tentés d’utiliser leur puissance sans cesse croissante pour dicter leur conduite à Alger comme à Londres, que l’on pouvait se ménager le soutien d’autres alliés. Il était clair qu’il faudrait donner des gages à la droite pour que la nouvelle équipe ne parût pas outrageusement à gauche : imposer un socialiste, voire un radical, aurait été s’aliéner une grande partie de l’Assemblée et même du peuple français. Inversement, un représentant classique de la droite politique aurait été rejeté par les élus de gauche, largement majoritaires.
Pour satisfaire les deux bords, quoi de mieux, en temps de guerre, qu’un militaire, à condition qu’il eût donné des gages de foi républicaine ?
Mandel s’y résigna sans doute plus aisément que Blum. C’est ainsi qu’il se tourna vers le général Mordacq, auquel le rattachaient des liens solides nés de leurs luttes communes durant l’Autre Guerre, liens qui lui firent sans doute oublier au début le fait que l’âge de son candidat et son éloignement prolongé des affaires pouvaient rebuter les membres de l’Assemblée.
De son côté, Blum ne pouvait que considérer De Gaulle d’un bon œil. Avant la guerre, il avait lu avec intérêt (et il avait soutenu) les positions du colonel sur l’arme blindée. En mai 1940, il avait suivi avec espoir les combats de la 4e DCR et peu après, il avait vu avec sympathie le général entrer au gouvernement. Depuis trois ans, il côtoyait fréquemment le ministre et il pouvait constater que, pour être militaire, il n’en était pas moins républicain, et même démocrate. Et surtout, peut-être, il gardait en mémoire l’image de la haute silhouette dressée, frémissante, face aux lauriers du vieux maréchal à la table de ce fatidique Conseil du Sursaut, dans la nuit du 12 au 13 juin Quarante.
Finalement, son choix dut être facile. Sans doute pensa-t-il qu’il serait délicat de convaincre ses camarades socialistes et ses alliés radicaux. En ce cas, il fut un peu surpris, car il devait vite se rendre compte qu’en dehors du groupuscule paulfauriste, les dits camarades et alliés, une fois admise la difficulté de nommer un des leurs, n’étaient point du tout hostiles à la personne de De Gaulle.
C’est que « le petit Debré » et « le jeune Delmas » (comme disait De Gaulle) avaient bien travaillé (même si Delmas accomplissait à présent un autre genre de mission, plus dangereuse sinon plus difficile, dans la région de Bordeaux). Ils avaient d’abord rencontré les députés et sénateurs qui se refusaient à admettre une appartenance partisane jusqu’à la Libération. Comme c’était à prévoir, il n’avait pas été très difficile de convaincre ces derniers que le Général pensait comme eux – et que, peut-être, ils pensaient comme le Général. Puis, les deux poissons-pilotes avaient adroitement sondé d’autres élus, dans tous les partis, afin de faire passer l’idée qu’un général n’était pas forcément un traîneur de sabre émule de Boulanger. Le bouche à oreille avait fait le reste, ainsi que l’écoute des nombreuses interventions radiodiffusées du « Général Micro » (disait Radio-Paris) qui scandaient le déroulement de la guerre.
Mandel devait d’ailleurs découvrir lui aussi que les gens de son bord à qui il parlait de Mordacq mentionnaient spontanément comme alternative le nom d’un général plus jeune…
Restait Reynaud. Mais quand celui-ci eut accepté de troquer sa démission contre la promesse d’accéder (à la différence de Clemenceau !) à la présidence de la République, il apparut vite que De Gaulle était son candidat naturel – lui, Reynaud, n’avait-il pas été son mentor en politique ? Pour le démontrer, il n’est besoin que de rappeler que c’est bien Dominique Leca, son représentant, qui lança lors des fameux entretiens de Chréa le nom de De Gaulle (3).
Sans doute, le 26 février 1943, parmi les Elus qui votaient favorablement à l’investiture de De Gaulle, beaucoup cachaient mal une arrière-pensée : « Ce petit général de brigade dénué d’implantation politique et d’un parti digne de ce nom sera facile à remercier poliment au lendemain de la Libération, et finira comme un sympathique retraité, à écrire ses Mémoires ! » Nous savons aujourd’hui que, sauf pour les Mémoires, ceux-là se trompaient fort, mais admettons qu’à ce moment, ils avaient quelques excuses. »


Il est temps pour Jean Lacouture de passer au tome 2 de sa biographie, « Le Politique »…
………
Le soir, à 20h00, De Gaulle prononce une allocution à la radio, qui sera rediffusée à plusieurs reprises par Radio Alger comme par la BBC pour s’assurer que tous les citoyens de France occupée ont pu l’entendre. Cette allocution reprend évidemment les thèmes du discours d’investiture, sous une forme condensée. Deux différences sont cependant à signaler. D’abord, De Gaulle commence par un martial, patriotique et… féministe « Françaises, Français ! » Ensuite, le Général n’est plus en civil, comme face aux élus, mais en uniforme. Certes, les caméras de la télévision soient encore loin dans l’avenir… mais les photographes de presse sont bien là. Jusqu’à la fin de la guerre, De Gaulle continuera à s’adresser en civil aux politiques et en uniforme au peuple.


(3) Encore que l’on raconte que c’est Courcel, posté derrière Leca, qui l’aurait poussé à prononcer ouvertement le nom du Général : « Dites “Charles de Gaulle”, Dominique, dites “ Charles de Gaulle ” » aurait-il chuchoté à plusieurs reprises.


à suivre


Dernière édition par Casus Frankie le Dim Oct 28, 2012 13:18; édité 1 fois
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gaullien



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MessagePosté le: Dim Oct 28, 2012 11:25    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Suite : un extrait de biographie...
OTL, le premier tome de la bio de Lacouture est titré "Le Rebelle".


(3) Encore que l’on raconte que c’est Courcel, posté derrière Leca, qui l’aurait poussé à prononcer ouvertement le nom du Général : « Dites “Charles de Gaulle”, Dominique, dites “ Charles de Gaulle ” » aurait-il chuchoté à plusieurs reprises.


pas mal je vois ou vous avez du vous inspirer cet épisode ; au moment des événement mai 1958 lorsque Delbeque a incité général Salan a criée "Vive de Gaulle"
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Oct 28, 2012 11:58    Sujet du message: Répondre en citant

Hé oui...
J'avoue ! Cool
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folc



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MessagePosté le: Dim Oct 28, 2012 18:32    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Immaculée Conception


Pour rester dans la théologie mariale, je dirais plutôt "Immaculée Assomption" (appellation non approuvée par le Vatican, bien sûr Angel).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Oct 28, 2012 19:25    Sujet du message: Répondre en citant

folc a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Immaculée Conception


Pour rester dans la théologie mariale, je dirais plutôt "Immaculée Assomption" (appellation non approuvée par le Vatican, bien sûr Angel).


OK - Disons alors "une Assomption miraculeuse". Wink
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Martel



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MessagePosté le: Dim Oct 28, 2012 23:58    Sujet du message: Ah que la vie parlementaire est jolie... Répondre en citant

Bravo... Que du bonheur !

Il va être intéressant de voir comment un général sans parti va pouvoir se maintenir au 1er rang... Avec une assemblée moins discréditée qu'otl

Gageons que nos parlementaires préférés n'auront pas oublié le caractère temporaire de la réforme constitutionnelle et que le retour aux délices de capoue parlementaires sera au premier rang de leur objectifs...

Alors : référendum pour une 3ème bis ( avec la question du degré de changement) ou retour en arrière ?

Une question a notre constitutionnaliste préfèré Menon Marec :
peut on revenir sur la réforme de 1940 ? Et si oui comment ? Une autre réforme constitutionnelle ?
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Français, que dirons nous de ce grand personnage ?
Il a fait la paix, il est mort :
Il ne pouvait pour nous rien faire davantage. "
Epithaphe anonyme du Cardinal de Mazarin.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 09:26    Sujet du message: Répondre en citant

C'est une texte incroyable, qui fait echo au discours inaugural de Reynaud en Janvier 1941 FTL. On croirait entendre le général par moment. Et peut-on savoir quelles ont étés les différentes sources d'inspirations pour ce discours "gaullien"?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 11:37    Sujet du message: Répondre en citant

Martel, je ne suis pas un spécialiste mais "officiellement" on ne peut pas revenir sur une réforme. Par contre, le nombre de réforme que j'ai vu enterrer sans fanfare me fait dire qu'il suffit d'oublier une réforme pour qu'elle cesse d'exister.

On commence par donner un coup de canif ici ou là, en pondant un texte de loi destiné à "améliorer" la réforme. Si la réaction des réformistes est molles ont sort la grosse artillerie c'est à dire les amendements de la constitution. Quoique la troisième république n'ait jamais eu de vraie constitution... j'ignore si ça rend la chose plus facile ou l'inverse.

Bien sûr l'amendement est bien sûr destiné à "améliorer" la réforme... personne n'en doute si ? Quoi vous ne pensez tout de même pas que les Elus de la République puissent voter des lois qui ne profitent qu'à eux ? Non, ce sont les purs défenseurs des idéaux républicains, les profiteurs sont toujours dans le parti d'en face.

Au final on peut trois ou quatre lois, décrets et autres amendements, vider une réforme de tout son sens.

Donnons un exemple.

Imaginons que moi, député du MACVP (Morts Aux Cons, Vaste Programme) je propose une loi disons... le travail est limité à 35 heures par semaine. Dès la rédaction de la loi un opposant du TPAMP (Touche Pas A Mon Pognon) propose une menue modification sur le fait que les heures supplémentaires, non obligatoires et mieux payées, sont évidemment non comptées dans ces 35 heures.

La loi subit un premier amendement (logique) certaines professions comme les hôteliers (qui font plutôt du 70 heures... je parle en connaissance de cause) sont exemptées.

Ensuite la majorité change. Le TPAMP devient le parti au pouvoir. Sans revenir sur la forme de la loi, ils peuvent s'attaquer au fond. Ils étendent les conditions d’exception à la loi au 35 heures et encouragent les heures sup'. Bref, on se retrouve avec une minorité de personnes qui bossent 35 heures et une majorité qui bosse 42 heures... sous différents régimes "d’exceptions" qui font d'eux la majorité des travailleurs.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 11:57    Sujet du message: Re: Ah que la vie parlementaire est jolie... Répondre en citant

Martel a écrit:

Gageons que nos parlementaires préférés n'auront pas oublié le caractère temporaire de la réforme constitutionnelle et que le retour aux délices de capoue parlementaires sera au premier rang de leur objectifs...

Alors : référendum pour une 3ème bis ( avec la question du degré de changement) ou retour en arrière ?


En fait, il y a une série d'annexes sur l'évolution institutionelle de la france en exil. Dans la première, on parle ouvertement du référendum de l'automne/hiver 1944 qui voit les français (et les françaises) dire "Oui" à l'élection d'une assemblée nationale constituante. Par contre, il n'y a pas un mot sur ce qui sort des travaux de celle-ci.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

Avant-dernier épisode...

lundi
1er mars
Alger
– Le gouvernement De Gaulle est présenté à l’Assemblée, mais aucun vote ne suivra cette présentation. La révision constitutionnelle le permet, voire l’encourage, mais certains le regrettent néanmoins… dont Gaston Monnerville, qui fait pourtant partie de l’équipe !

Le gouvernement De Gaulle du 1er mars 1943
Président du conseil :
o Charles de Gaulle
Vice-présidents du conseil :
o Léon Blum (SFIO) (Ministre des Affaires Étrangères)
o Georges Mandel (Ministre de l’Intérieur)
Ministres :
o Ministre d’État : Justin Godart (PRS)
o Ministre d’État : Louis Marin (FR)
o Ministre de la Défense Nationale et de la Guerre : Joseph Paul-Boncour
o Ministre de la Marine : Henry de Kérillis
o Ministre des Finances : Pierre Mendès-France
o Ministre de la France d’Outre-Mer : Marius Moutet (SFIO)
o Ministre de l’Armement : Raoul Dautry
o Ministre du Travail : Jules Moch (SFIO)
o Ministre de la Justice : Gaston Monnerville (PRS)
o Ministre de l’Air : Charles Tillon (PCF)
o Ministre de l’Éducation nationale : Yvon Delbos (PRS)
o Ministre des Anciens combattants et des pensions : Albert Rivière (SFIO)
o Ministre de l’Agriculture : Eugène Jardon (PCF)
o Ministre du Ravitaillement : Henri Queuille (PRS)
o Ministre des Travaux publics : Albert Bedouce (SFIO)
o Ministre de la Santé publique et de la Famille Française : Georges Pernot (FR).
o Ministre des Postes, Télégraphe, Téléphone et Transmissions : André Marty (PCF)
o Ministre de l’Information : Jean Zay (SFIO)
o Ministre du Commerce et de l’Industrie : Albert Chichery (PRS)
Sous-secrétaires d’État :
o Sous-secrétaire d’État à la vice-présidence du Conseil : Robert Schuman (PDP)
o Sous-secrétaire d’État aux Affaires Etrangères : Roland de Margerie
o Sous-secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense nationale : Philippe Serre (PDP)
o Sous-secrétaire d’État aux Approvisionnements Militaires : Pierre Cot
o Sous-secrétaire d’État aux Travaux Publics : André Février (SFIO)
o Sous-secrétaire d’État à l’Enseignement Indigène : Marius Dubois (SFIO)
o Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires Sociales : Cécile Brunschvicg
o Sous-secrétaire d’État à la Santé Publique : Suzanne Lacore


Divers changements d’importance inégale distinguent le premier gouvernement De Gaulle de la dernière version du gouvernement Reynaud.
La principale nouveauté – peut-on parler de surprise ? – est l’entrée au gouvernement de deux communistes – trois avec Charles Tillon, qui y était déjà, mais sans étiquette. Cette fois, Tillon y figure bien sous l’étiquette PCF. En apparence au moins, le Parti lui a pardonné les « initiatives » prises durant « la période initiale de la guerre » (avant Barbarossa). Deux autres membres du PCF font leur apparition. Ils ont été savamment choisis : un pur et dur du PC, André Marty, et un ancien de l’UPF, Eugène Jardon.
………
« L’Union Populaire Française était le groupe créé par les 22 parlementaires communistes (sur 74) qui avaient osé, en 1939, dénoncer la signature du pacte Ribbentrop-Molotov et les consignes données par Moscou. Une bonne quinzaine d’entre eux avaient pu participer au Déménagement (quelques-uns avaient été incarcérés avec leurs anciens camarades, la police française, après l’arrêté Daladier, ayant parfois eu du mal à distinguer les bons Français des méchants Moscoutaires). Après Barbarossa, l’élargissement puis la libération des députés communistes et la reconstitution officielle du PCF, quelques frictions étaient apparues entre ce dernier et l’UPF. Néanmoins, à l’occasion des commémorations (en privé !) du vingt-cinquième anniversaire du début de la révolution d’Octobre, le 7 novembre 1942 [Différence entre calendrier julien et grégorien oblige !], un accord avait été trouvé entre René Nicod, député de l’Ain et président de l’UPF, et André Marty, député de la Seine, ancien inspecteur des Brigades Internationales et secrétaire du Komintern. Avant la fin de l’année, UPF et PCF étaient réunis sous la même bannière (rouge). Mais les camarades avaient la mémoire longue…
Assez rapidement, les anciens dissidents devaient se retrouver évincés des postes clés. L’exemple de Marcel Capron est flagrant : démissionnaire du PCF en opposition au Pacte, il avait écrit peu après une lettre « À tous les travailleurs, à l'opinion publique » dans laquelle il expliquait la rupture de bon nombre d’élus communistes avec leur parti. Ce qui ne l’avait pas empêché, à l’automne 1939, d’être démis de ses fonctions de maire d’Alfortville par les autorités françaises et de ne participer au Déménagement que sous surveillance policière. Fin 1940, il avait finalement été autorisé à siéger, en tant que non-inscrit. Redevenu PCF en novembre 1942, il avait représenté le Parti dans les entretiens officiels suivant la succession de Reynaud en février 1943 avant de boire, sur ordre, le calice jusqu’à la lie en juillet. En récompense des services ainsi rendus au Parti (et de la perte de toute sa crédibilité, ce qui était le but recherché), il sera nommé Inspecteur général en charge de la reconstitution des cellules du PCF aux Antilles – une version en apparence assez agréable du saharage. Son suppléant à l’Assemblée désigné par le Parti fut, comme par hasard, choisi parmi les notables du PCF en Afrique du Nord qui n’avaient pas dénoncé le Pacte… Pour terminer, à la fin de 1943, une spectaculaire explosion dévasta la distillerie de rhum qu’il visitait, il s’en tira de justesse ! Les communistes antillais, ayant le sang chaud, avaient peut-être outrepassé leurs consignes… »
(D’après Stéphane Courtois, PCF, 1939-1946 – Le Parti des 75 000 Carabiniers, Fayard, Paris 1997)
………
Eugène Jardon, député de l’Allier, fondateur dans les années 30 du syndicat communiste Confédération générale des Paysans Travailleurs, arrive à l’Agriculture, en remplacement de Paul Theillier. André Marty, député de la Seine, secrétaire du Komintern, est quant à lui nommé aux Postes, Télégraphes, Téléphones et Transmissions en remplacement d’Alfred Jules-Julien. Les partants ont l’assurance qu’on n’oubliera pas, après la Victoire, les services rendus.
L’arrivée des “Rouges” n’est pas le seul changement apporté par De Gaulle, Blum et Mandel (qui ont travaillé, semble-t-il, en assez bonne entente, Mandel faisant contre mauvaise fortune bon cœur) au gouvernement hérité de Reynaud.
Blum et Mandel restent évidemment à leurs postes. Il semble que Blum ait pensé qu’il jouirait d’une plus grande indépendance que sous Reynaud dans son rôle de ministre des Affaires Etrangères…
Vincent Auriol (SFIO), ministre de l’Economie et des Finances depuis le Grand Déménagement jusqu’à son remplacement par Pierre Mendès-France en juin 1942, était depuis lors ministre de la Justice. Il est remplacé par Gaston Monnerville (PRS). Mais il reçoit en échange bien mieux qu’un lot de consolation : il va remplacer Joseph Paul-Boncour au poste de Haut-Commissaire à Londres.
Paul-Boncour est en effet nommé au ministère clé que vient de quitter De Gaulle : la Défense et la Guerre. Bon connaisseur ès affaires militaires, il a accepté, bien que sans illusions – il va de soi que le Général ne se désintéressera pas du jour au lendemain des activités de ce ministère !
Louis-Oscar Frossard (USR), abandonne les Travaux Publics à Albert Bedouce (SFIO), candidat malheureux aux Présidentielles de 1939. Frossard a négocié en échange de cet important ministère et du retour de l’USR dans le giron de la SFIO une place de choix au sein du futur organigramme de la SFIO – car il est acquis que les instances dirigeantes de celle-ci seront profondément modifiées lors de son tout prochain congrès, le 11 avril à Mostaganem. Bedouce, lui voit son enthousiasme pour le projet Trans-Saharien porter ses fruits.
Pour faire plaisir aux Radicaux, Justin Godart est nommé ministre d’Etat sans portefeuille. Sénateur du Rhône et proche d’Edouard Herriot (il a commencé au conseil municipal de Lyon en même temps que lui en 1904 et fut deux fois de ses ministres dans les années Trente), Godart est par ailleurs l’un des fondateurs de l’Union Internationale contre le Cancer.
Cécile Brunschvicg, un peu désœuvrée comme Sous-Secrétaire à l’Enseignement et qui souhaitait un poste plus actif, est nommée Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires Sociales, poste où elle dépendra à la fois des ministères de la Santé et du Travail. Elle sera chargée de proposer plusieurs projets de progrès sociaux à mettre en pratique dès la reconquête du territoire national.
Enfin, le même jour, pour flatter l’important partenaire commercial qu’est devenue l’Afrique du Sud, il est décidé d’y envoyer pour la première fois un ambassadeur. Mais pour rassurer les autorités de Pretoria, le choix se porte, sur le conseil de Mandel, sur une personnalité conservatrice, l’ancien gouverneur d’AEF Pierre Boisson (démissionné lors de l’abrogation de l’Indigénat en raison de ses réticences face aux réformes). Il est vrai que les décisions prises par le gouvernement d’Alger dans le but de pousser les populations des colonies françaises à participer le plus possible à l’effort de guerre n’ont pas toutes plu au gouvernement d’Afrique du Sud. Elles ont en effet donné des idées au Parti Communiste Sud-Africain et au Congrès National Africain. Leurs représentants respectifs, Moses Kotane et Alfred Bitini Xuma, ont même discrètement rencontré à Alger, au début de l’année, des représentants du PCF et de la SFIO, ce que le cabinet Smuts n’a pas vu d’un bon œil.

(à suivre)
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ladc51



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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 12:37    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

c'est excellent !

Si j'osais, je vous proposerais volontiers d'enrichir le CV de mon poulain :

Citation:
Paul-Boncour est en effet nommé au ministère clé que vient de quitter De Gaulle : la Défense et la Guerre. Bon connaisseur ès affaires militaires (il fut ministre de la guerre en 1932, puis brièvement en 1934), il a accepté, bien que sans illusions – il va de soi que le Général ne se désintéressera pas du jour au lendemain des activités de ce ministère ! Mais cet ancien partisan de la fermeté face à l'Allemagne dans les années 30 ne pouvait refuser d'être aux premières loges pour conduire les armées françaises jusqu'à Berlin.

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Laurent
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dak69



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MessagePosté le: Lun Oct 29, 2012 13:24    Sujet du message: Répondre en citant

C'est absolument superbe !

Mettre l'oeil et l'oreille de Moscou aux postes, télégraphes, etc, il fallait l'oser !
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