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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16026 Localisation: Paris
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Posté le: Dim Sep 13, 2026 20:08 Sujet du message: |
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2 septembre
La campagne d’Italie
Opération Concord – Le défi
Entre les lignes Brenta et Piave – Le Sile est franchi ! Bien soutenue sur son arrière et sa droite par l’infanterie venue de partout, la 6th Armoured Division (SA) (William Poole) a passé la nuit à dégager une tête de pont aux alentours de Canton. L’appui de la 78th Infantry (Donald Butterworth), à la lutte autour de Quarto d’Altino, a fini de rendre sans espoir la résistance du pauvre 190. Panzer Abt (Ernst-Günther Baade). Réduit en miettes, l’Abteilung retraite à présent vers Bocca Callalta, face à… Ponte di Piave (hé oui !). L’unité, qui ne comporte plus qu’une dizaine d’engins opérationnels, n’est vraiment pas de taille face à deux, voire trois divisions alliées, même étirées et opérant dans les plus mauvaises conditions. Il lui faut des renforts d’urgence !
Sitôt posés plusieurs ponts Bailey, les blindés sud-africains obliquent vers la gauche, en direction d’Olmi-San Floriano, menaçant – à nouveau – de couper la liaison avec Udine.
Et s’il n’y avait que Poole… Entre lui et Butterworth, se frayant un chemin avec difficulté dans les marais – mais on en sort, le terrain s’améliore ! – la 1st Army Tank Brigade (Douglas H. Pratt) prend à son tour la tête de la course en direction de la Piave et de Fossalta di Piave. Ce faisant, Pratt libère aussi la 78th des derniers défenseurs qui lui faisaient face sur la gauche, contraints à la déroute où à la reddition.
Derrière, la 6th Infantry (Ronald Scobie) prend le relais. Et encore derrière, en éternelle réserve, la 10a Corazzata Piave (Ugo Tabellini) n’est est même plus à se demander si on se paie sa tête !
Autant de raisons pour Heinrich von Vietinghoff de lâcher définitivement le secteur de Trévise… L’Allemand sait qu’avant ce soir, l’ennemi aura atteint la Piave – et il ne peut que prier qu’il ne l’ait pas franchie.
La 29. Panzergrenadier (Walter Fries) et le 506. schw Panzer Abt (Hauptmann Heligenstadt) sont donc obligés d’abandonner leurs positions dans le secteur de Paese, où ils faisaient pourtant face avec un succès relatif – c’est un début… – à la 3rd Armoured Brigade Latin Dodgers (Otho Prior-Palmer), aux approches ouest de Trévise. Tous deux se retirent vers Ponte di Piave, en une manœuvre qui semble bien préparer une contre-attaque désespérée sur les arrières adverses… Mais Prior-Palmer ne peut poursuivre. Son unité manque de forces neuves en pointe et surtout, elle est très dispersée et doit se reconcentrer pour vraiment peser. En un mot, elle commence à fatiguer. Logique, à force de se cogner sur des adversaires retranchés en terrain difficile ou par-delà des coupures humides.
Quant à la 4th Armoured Brigade Black Rats (John Currie) et à la 2nd Infantry Division (SA) (Hendrik Klopper), elles se décalent en urgence de Piombino Dese vers Istrana, laissant donc Castelfranco Veneto aux Italiens. Concord se heurte ici à un problème “de riche” : l’effondrement allemand est si important et rapide que les manœuvres les plus hardies la veille deviennent hors de propos le lendemain. Et en plus, on se marche dessus !
Opération Concord – Sereine Sérénissime
Mestre – Les envoyés anglais partis en Jeep par le pont – non miné – reviennent avec des nouvelles rassurantes : Venise a été évacuée par l’Allemand depuis 48 heures et le drapeau tricolore flotte déjà partout sur la ville, de San Giorgio jusqu’au palais des Doges en passant par le Rialto. Les fascistes n’ont plus rien sur place, hormis quelques policiers en uniformes plus ou moins convaincus et une poignée de caciques du Parti : terrorisés, ceux qui n’ont pas déjà été arrêtés se terrent au plus profond de leurs maisons.
– Nous ferions mieux d’y aller, avant que les Italiens eux-mêmes sèment une fichue pagaille ! conclut le chef de la délégation.
Sitôt dit… Une colonne de véhicules passe les eaux en direction de Santa-Lucia ; elle est sur place en moins de vingt minutes – le reste devra se faire à pied, à travers une foule ivre de joie et de chianti…
Dans les deux jours, toute la lagune sera ainsi saisie par la 25th Engineer Armoured Brigade. Celle-ci peut cheminer en DUKW et autres engins amphibies parmi les hérons, villas abandonnées et autres monastères désertés dignes de Torcello au milieu de ce qui reste décidément l’un des paysages les plus étrangement romantiques au monde.
Opération Concord– Du côté des Italiens, des Américains, des Brésiliens…
Au nord-ouest de Padoue et à l’ouest de Trévise – La masse des troupes italiennes et américaines profitant de la percée britannique refoule ce qui subsiste encore de troupes allemandes, qui reculent en hâte vers l’est et vers les Alpes, au nord. Enfin, partout où elles peuvent échapper à cette impitoyable déferlante !
Pour la 263. ID (Alfred Hemmann) il est déjà trop tard. Pressée de toute part et tentant vainement d’atteindre Castelfranco Veneto, elle se retrouve bloquée par les Britanniques avant de se faire rattraper par la 102a Divisione Celere Trento (Umberto Utili). L’unité se fragmente alors en petits groupes, qui disparaissent les uns après les autres… Hemmann est fait prisonnier – il ordonne à ses troupes de se rendre aux Impériaux, conformément à ce que ces derniers lui ont aimablement suggéré et par crainte de représailles des “terroristes” sur d’éventuels éléments isolés. Sage décision… ce qui ne veut absolument pas dire que tout son monde soit sorti d’affaire, mais au moins, il aura essayé !
La 252. ID (Walter Melzer) a un peu plus de chance… un peu ! Fuyant en direction de l’est, elle arrive à Istrana… pour se heurter au flanc de la 3rd Armoured Brigade Latin Dodgers (Otho Prior-Palmer). Melzer en est quitte pour continuer vers le nord et Montebelluna. En vérité, il parait douteux que cette division puisse atteindre la Sile. C’est déjà un miracle qu’elle soit arrivée jusqu’à là, avec tout ce qui converge derrière elle !
Faute d’une Trento occupée à broyer du Teuton, la 92nd Infantry Buffalo Soldiers (Edward M. Almond) est la première à entrer dans Castelfranco Veneto. Les murailles de la vieille cité médiévale (XIe siècle), pratiquement intactes, voient ainsi défiler ses libérateurs : des Afro- et Nippo-Américains. La division des Buffalo Soldiers est décidément unique ! Sur sa gauche, les Cobras Fumantes brésiliens (Mascarenhas de Morais) libèrent Bassano del Grappa.
Bref, le XVth Corps US (Wade H. Haislip) est désormais déterminé à foncer droit devant. Ce qui l’oblige à croiser les divisions d’infanterie du Regio Esercito (Giovanni Magli), qui sont en train de se rabattre sur une ligne Bassano del Grappa – Riese – Montebelluna. D’où une certaine confusion, une fois encore ! Les routes de Vénétie sont étroites et les conducteurs italiens ont leurs propres manières (3). Mais une fois encore, rien qui ne puisse se résoudre avec un peu de temps – hélas pour les Allemands.
Pareille poussée fragilise notablement la position du LI. Gebirgs-Armee-Korps (Valentin Feuerstein), déjà soumis aux coups de surin énervés des unités de montagne du Regio Esercito (Emilio Battisti), qui n’en peut plus d’être contraint à l’inaction. Finalement, sur l’ordre personnel de Rommel – qui estime que ce genre de chose relève encore de son seul commandement – le corps de troupes de montagne reçoit enfin l’autorisation de reculer sur une ligne Trente-Enego afin de défendre le val de Brenta. Mais n’est-ce pas trop tard ?
………
Enfin, les unités allemandes fuyant les Alliés qui suivent depuis hier la Via Postumia sont toujours matraquées par une aviation ayant trouvé ici une cible des plus faciles. La “Voie Posthume” porte bien son nom (4) ! C’est un véritable calvaire pour la 715. ID (Hans-Georg Hildebrandt), la 356. ID (Karl Faulenbach), le 278. Sturmgeschutz Abt (Hauptmann Johannes Stier) et le 525. schw PanzerJäger Abt (Major Friedrich Guttmacher), qui doivent malgré tout marcher jusqu’à Maserada sul Piave.
En théorie, ces unités devront ensuite se retourner pour contre-attaquer vers le sud le flanc allié. Dans les faits, cette masse confuse en est bien incapable. Il lui faudra au minimum 24 heures pour se déployer correctement. Sans parler de sécuriser ses arrières. Sans parler d’encaisser la remontée des blindés sud-africains… Le plus sage serait sans doute de passer la Piave à Grave di Papadopoli en relatif bon ordre, tant que c’est encore possible.
Opération Concord – Dans les cieux
Base aérienne de Trévise – L’évolution rapide et désastreuse des combats oblige ce qui reste des forces aériennes italiennes combattant pour l’Axe à se retirer de Giannino Ancilotto vers Udine-Campoformido. En théorie, les Italiens ne perdent pas au change : l’ancien nid de la Scuola Caccia dispose d’installations adaptées depuis 1912 et d’une très bonne situation. Au point que les Allemands y ont engagé la construction – jamais achevée… – d’une belle piste en béton de 2 750 m, destinée selon la rumeur à de nouveaux chasseurs ultra-modernes.
Mais dans les faits… Cette installation est sans cesse bombardée et sa position géographique se trouve désormais dangereusement exposée. Ce qui explique d’ailleurs sans doute pourquoi l’achèvement de l’installation allemande a été reporté sine die. Peu importe – les Italiens ne peuvent aller nulle part ailleurs. Direction Udine, donc, en avion, en camion ou avec tout ce qui roule. Comme tout le monde, pourrait-on faire remarquer…
Opération Concord – Chez les Allemands
Bolzano – Heinrich von Vietinghoff raccroche le téléphone d’un air las. Lui qui s’est installé – à raison, visiblement – au creux des Alpes pour éviter de se voir pris par surprise par une vague blindée ou un débarquement allié voit toutes ses craintes se matérialiser.
Le général vient d’avoir son chef au téléphone. Hélas, lui qui vient d’une famille des plus antiques et prestigieuses, lui dont les parents, descendants de générations de militaires, ont fait des pieds et des mains pour l’aider dans sa carrière (5), lui qui a servi dans les forces blindées du Reich jusqu’au grade de General der Panzertruppen (et au surnom de Panzerknacker)… ne s’entend guère avec Rommel. Non qu’il reproche au Renard d’être un talentueux arriviste – son ancien chef et protecteur, Guderian, en était un. Le problème, en vérité, c’est plutôt que Vietinghoff n’est pas du bon sérail. Rommel ne lui fait pas vraiment confiance – et il le fait savoir. Au point que le chef de la 14. Armee soupçonne qu’il pourrait bien servir de lampiste au Renard en cas de désastre. « Il faut être plus au front, Vietinghoff ! » lui a lancé ce dernier – tout juste s’il ne l’a pas traité de résidu de l’Ancien Monde.
Eh bien, l’ancien monde a ses défauts, mais il a une qualité : il voit clair. L’offensive alliée est un plein succès : en moins de huit jours, l’ennemi a franchi les deux lignes de défense tracées quelques semaines plus tôt. C’est une catastrophe. Pour la conjurer, certains préparent une tentative de rétablissement sur le Tagliamento… mais lui, à titre personnel comme professionnel, n’y crois pas du tout. Prise de vitesse et ne disposant pas d’une motorisation suffisante, la 14. Armee se voit obligée de disputer une course de vitesse qu’elle ne peut tout simplement pas gagner. L’ennemi s’arrêtera quand il voudra. C’est-à-dire, sans doute, quand il sera fatigué, par exemple en Slovénie.
Après Padoue, ce Dempsey réitère donc à Trévise son audacieuse manœuvre : percer sur le flanc droit ennemi par-delà une coupure humide, menacer de tourner les forces adverses, ne pas leur laisser le temps de contre-attaquer, les forcer à se retirer jusqu’à la prochaine coupure, injecter une division fraîche, recommencer… Face à une armée allemande de 1943, ce serait risqué – et face au modèle 1942, ce serait suicidaire. Mais on est en 1944, même si, à cette heure, tout le flanc gauche allié sur 50 kilomètres est à la merci d’une contre-attaque qui coincerait les unités de tête dos à la mer… Ou simplement d’un contre de face un peu vif, lequel ferait perdre son élan (6) à la Ist Army pour permettre à la 14. Armee de se rétablir.
………
Sur la route venant de Ljubljana – Erwin Rommel tente justement de mettre en place un contre de ce genre avec la 7. SS-Gebirgs Prinz-Eugen et la 4. SS-Polizei PzGr. Retirées de Croatie, elles arrivent dans le secteur d’Udine en laissant un sillage de feu et de cendres.
Même s’il ne l’avouera jamais à ce fat de Prussien supposé commander la 14. Armee, le Renard des Balkans n’est pas des plus sereins. Lui qui, avant-hier encore, envisageait un coup de bouclier depuis la Piave ou (à la limite) le Tagliamento avant de sectionner la tête de ces impudents britanniques par une frappe du nord au sud, voit bien que la situation lui échappe, ici comme ailleurs.
Aujourd’hui… il n’est plus sûr de rien. Sauf d’une chose – il lui faut préparer l’évacuation de toute la zone au sud des Alpes, en bon ordre et au plus tôt. L’objectif des Anglais est Vienne, c’est évident – ce Montgomery est bourré de défauts, mais il ne va sûrement pas tenter de traverser les Alpes tel Hannibal, ce serait grotesque. La preuve : le secteur du lac de Garde est tenu par des Italiens. Rommel méprise ces Latins, rogatons d’un empire mort. Il n’a pas oublié qu’en 1917, à Caporetto, il avait négocié seul et à découvert la reddition d’une section retranchée entière, laquelle l’avait porté en triomphe en hurlant « Eviva Germania ! ». Rien à craindre, donc, de leur côté.
Non, le sujet, c’est Maribor et le lac Balaton. Voilà la clé.
………
Udine – Le gros du III. SS-GAK (Friedrich-Wilhelm Krüger) arrive dans une atmosphère de fin du monde – entre chaleur estivale, incendies, attentats répétés et représailles en miroir… Il s’agit de la 7. SS-Gebirgs Division Prinz-Eugen (Otto Kumm) et de la 4. SS-Polizei-PzGr Division (Jürgen Wagner). Les troupes sont harassées : elles ont roulé de nuit pour éviter les raids aériens – ce qui n’a d’ailleurs pas amélioré la sérénité des campagnes traversées. Néanmoins, elles vont immédiatement devoir se porter en direction de Latisana et Garibaldi par Palmanova, pour un probable coup d’arrêt sur le Tagliamento. Bien entendu, ces mouvements massifs en plaine n’ont échappé à personne – et notamment pas aux groupes de Résistance locaux, quand ils sont à la fois disciplinés et compétents (mais cela arrive).
Résistance et répression
Unternehmen Feuerzange
Trévise – L’armée allemande et ce qu’elle conserve de collaborateurs évacuent en hâte la ville, près d’être encerclée ou prise par les forces alliées. Faute d’auxiliaires locaux efficaces – les quatre bataillons anti-terroristes (7) du “prince” Borghese sont déjà partis (sur ordre !) – l’affaire déclenche une insurrection générale. Plusieurs centaines de Partisans attaquent ainsi les derniers bastions de l’Occupant à la Fonderia di Santa Maria del Rovere, à Corti et à Silée. Évidemment, les troupes du Reich se dégagent avec violence… Au soir, plusieurs faubourgs sont en feu et les Italiens ne tiennent pas grand-chose. Mais les Alliés ne sont plus bien loin !
Entre Udine et Trévise – Il parait désormais évident que le Reich va perdre son dernier lambeau d’Italie. Toutefois, en bon pillard, il n’envisage pas de partir sans avoir raflé l’intégralité de ce qui pourrait encore avoir de la valeur pour lui. C’est ainsi que le général Ludwig Kübler, patron de l’Oberbefehlshaber du Littoral Adriatique Nord-Est, publie sa 53e (et dernière) ordonnance, valant mobilisation de tous les hommes (italiens) nés entre 1914 et 1926. Laquelle n’a absolument aucune base légale – quel gouvernement représente Kübler, au juste ? – mais peu importe.
Un recensement est improvisé dans l’urgence : les personnes inscrites à l’Institut d’Assurance Maladie sont ainsi convoquées, sur la base de listes extorquées à leurs employeurs. Évidemment, comme en France, cela encourage la fuite… et fait remonter (un peu) les effectifs des maquis. Non que les intéressés souhaitent tous prendre les armes. Non, ils veulent… se planquer.
Car en pareille situation, les préférences sont fluctuantes – s’y fier est dangereux ! La preuve : à Rubignacco, Felice Di Giusto, un ancien des troupes alpines, pénètre dans le poste de police local avec le Partisan “Ettore” (de son vrai nom Gino Lizzero) pour contacter des agents qu’on prétend désireux de déserter. Mais c’est un guet-apens. Et si Ettore parvient à s’échapper en voiture, Di Giusto est capturé, torturé et tué – sa dépouille finissant abandonnée dans un champ.
Nul n’est prophète en son pays
Pordenone (Frioul) – La 1a Bersagliere Divizione Italia arrive dans un climat lourd de menaces, entre insurrections, représailles… et indifférence. Guère encadrées – mais bien plutôt surveillées – par les forces allemandes, les dernières unités italiennes fascistes alliées au Reich s’interrogent désormais sur le sort qu’on leur réserve.
Dans les rangs, les avis sont plus que partagés. Du côté des anciens Bersagliere, on n’oublie pas la Noël de Sang, conséquence, bien sûr, de la trahison des Savoie. Les anciens de la Sturmbrigade Duce, pour leur part, préfèrent croire que les Allemands resteront fidèles à l’honneur et à l’alliance Rome-Berlin, contre les communistes et leurs alliés. Enfin, les survivants du Régiment San Marco – ralliés au fil de l’eau, comme ceux de la Duce – se veulent personnellement fidèles à Valerio Borghese, et ne démordent pas d’une haine farouche des Rouges.
Basses vengeances
Carbonera (Vénétie) – Des coups de feu émaillent les acclamations dans la nuit estivale, au cœur d’une région en passe de redevenir italienne, mais du bon côté cette fois. D’aucuns pourraient s’en réjouir… Hélas, comme c’est bien souvent le cas, d’autres préfèrent régler de vieux comptes sanglants.
Dans le hameau de Carbonera, au nord-est de Trévise, les Brigades Garibaldi viennent d’aménager un centre de détention dans la vieille papeterie de Mignagola. On y enferme tous ceux qui leur tombent sous la main : soldats allemands égarés, bien sûr, mais aussi anciens des Chemises Noires ou de la RSI, arrêtés lors de véritables rafles sur dénonciations – ciblant souvent, comme c’est étonnant, de grands propriétaires terriens réputés compromis – ou lors de contrôles sur les routes d’une région mise peu à peu en coupe réglée. Les méthodes employées par la suite ne diffèrent pas significativement de celles de l’autre camp : interrogatoires plus que musclés, tisons, braséros, maillets.
A la sortie, les corps se comptent par dizaines. Pour s’en débarrasser, les partisans de Gino Simionato ne s’encombrent pas d’une procédure unique. Tous ne sont pas enterrés dans un cimetière, loin de là ! Certains sont inhumés dans des lieux honteux, d’autres finissent brûlés dans les fours des usines de papier, voire dissous dans de l’acide… Mais la plupart sont finalement jetés dans les rivières, et plus particulièrement dans le Sile. L’ancien Partisan Aldo Tognana racontera beaucoup plus tard (en 2007) : « Lorsque les Partisans descendirent de Cansiglio et des montagnes, les raids commencèrent. Un matin, j’ai traversé le pont de Santa Margherita et on ne voyait même plus le Sile depuis le parapet. Tout était couvert de sang ! La nuit, ils avaient fait prisonniers des fascistes, les avaient tués et jetés dans la rivière. ».
Notes
3- Selon un observateur attentif de la chose, les Italiens ont apporté à la conduite automobile une innovation considérable en remplaçant le frein par le klaxon. D’ailleurs, le guide Michelin de 1956 (première édition) ne dit pas autre chose dans son chapitre Conseils de conduite, avec une touche de mépris, toutefois : « Faites comme les Italiens : roulez vite, klaxonnez beaucoup ».
4- En vérité, cet via romaine doit son patronyme à son créateur, le consul Spurius Postumius Albinus Magnus – mais toute guerre aime à avoir ses légendes…
5- Au point de réussir à le faire accepter chez les cadets dès ses 15 ans !
6- « Lose our momentum » – selon les Mémoires de Dempsey.
7- Bataillons Serenissima, Sagittario et San Giusto et bataillon d’élite “NP”. |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1771 Localisation: Ile de France
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Posté le: Dim Sep 13, 2026 21:24 Sujet du message: |
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2 septembre
La campagne d’Italie–
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Opération Concord – Sereine Sérénissime
Mestre –
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Sitôt dit… Une colonne de véhicules passe les eaux en direction de Santa-Lucia ; elle est sur place en moins de vingt minutes – le reste devra se faire à pied, à travers une foule ivre de joie et de chianti (c’est toscan, pas vraiment un cru local, le local connu c’est le Prosecco : pétillant ) …
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Opération Concord – Chez les Allemands
Bolzano –
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Prise de vitesse et ne disposant pas d’une motorisation suffisante, la 14. Armee se voit obligée de disputer une course de vitesse qu’elle ne peut tout simplement pas gagner.
… _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14085 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Dim Sep 13, 2026 21:58 Sujet du message: |
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Bon faut que je continue à écrire la suite moi ... l'angoisse de la page blanche ! _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 11090 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 07:28 Sujet du message: |
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| Citation: | | mais lui, à titre personnel comme professionnel, n’y croit pas du tout. |
| Citation: | tout le flanc gauche allié sur 50 kilomètres est à la merci d’une contre-attaque qui coincerait les unités de tête dos à la mer…
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Plutôt le flanc droit, non ? _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 4141 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 07:46 Sujet du message: |
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On voit les fronts italien et balkanique se rapprocher inexorablement. Bientôt la jonction... _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16026 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 07:52 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | | Citation: | tout le flanc gauche allié sur 50 kilomètres est à la merci d’une contre-attaque qui coincerait les unités de tête dos à la mer…
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Plutôt le flanc droit, non ? |
Le flanc gauche (ouest) des attaquants - le flanc droit (est) est du coté de la mer. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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ladc51
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 1334 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 08:20 Sujet du message: |
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Bonjour,
| Citation: |
Résistance et répression
Unternehmen Feuerzange
Trévise – L’armée allemande et ce qu’elle conserve de collaborateurs évacuent en hâte la ville, près d’être encerclée ou prise par les forces alliées. Faute d’auxiliaires locaux efficaces – les quatre bataillons anti-terroristes (7) du “prince” Borghese sont déjà partis (sur ordre !) – l’affaire déclenche une insurrection générale. Plusieurs centaines de Partisans attaquent ainsi les derniers bastions de l’Occupant à la Fonderia di Santa Maria del Rovere, à Corti et à Silée. Évidemment, les troupes du Reich se dégagent avec violence… Au soir, plusieurs faubourgs sont en feu et les Italiens ne tiennent pas grand-chose. Mais les Alliés ne sont plus bien loin !
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Je ne suis pas certain de comprendre la mention des 4 bataillons de Borghese ici dans un paragraphe sur la situation à Trévise.... La chrono de juillet (31/07) expliquait que ces bataillons étaient déjà déployés beaucoup plus à l'est (Cividale, vallée de Natisone, Tarnova della Selva, Trieste)...
Ai-je raté un redéploiement de ces bataillons en août ? Sinon, si cette phrase fait référence à un ce déploiement de juillet vers la frontière orientale italienne, elle est un peu bizarre... _________________ Laurent |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14085 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 08:23 Sujet du message: |
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Ben c'est bien ce qu'on dit - ils sont partis, et depuis longtemps. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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ladc51
Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 1334 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 08:36 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Ben c'est bien ce qu'on dit - ils sont partis, et depuis longtemps. |
Ok, en ligne avec le fond ; je partageais juste que le "et depuis longtemps" ne m'avait pas sauté aux yeux à la première lecture...
J'aurais bien suggéré une légère correction pour le préciser explicitement, par exemple "les quatre bataillons anti-terroristes (7) du “prince” Borghese sont déjà partis (depuis plus d'un mois, et sur ordre !)" (ou "depuis longtemps, et sur ordre)... _________________ Laurent |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 892 Localisation: La Tour du Pin
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 08:58 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: |
Notes
3- Selon un observateur attentif de la chose, les Italiens ont apporté à la conduite automobile une innovation considérable en remplaçant le frein par le klaxon. D’ailleurs, le guide Michelin de 1956 (première édition) ne dit pas autre chose dans son chapitre Conseils de conduite, avec une touche de mépris, toutefois : « Faites comme les Italiens : roulez vite, klaxonnez beaucoup ».
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L'observateur en question ne serait-il pas un capitaine de la marine marchande, alcoolique (presque) repenti, et héritier suite à des circonstances que d'aucun trouverait rocambolesque d'un agréable château du Grand Siècle ? La mention m'a bien amusé en tout cas ! _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 16026 Localisation: Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 09:12 Sujet du message: |
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Cher Chat, la première phrase de la note 3 est un témoignage que j'ai personnellement recueilli…
@ LADC = j'ajoute le "depuis longtemps". _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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FREGATON

Inscrit le: 06 Avr 2007 Messages: 5307 Localisation: La Baule
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 09:23 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | Ce qui l’oblige à croiser les divisions d’infanterie du Regio Esercito (Giovanni Magli), qui sont en train de se rabattre... |
| Le Chat a écrit: | | L'observateur en question ne serait-il pas un capitaine de la marine marchande, alcoolique (presque) repenti, et héritier suite à des circonstances que d'aucun trouverait rocambolesque d'un agréable château du Grand Siècle ? |
| Casus Frankie a écrit: | | Cher Chat, la première phrase de la note 3 est un témoignage que j'ai personnellement recueilli… |
Illustration du témoignage:
https://img.xooimage.com/files110/f/7/e/002-4739663.jpg _________________ La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 14085 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 09:24 Sujet du message: |
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Quant à l'extrait du Michelin, il est peu ou prou authentique. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 12230
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 10:30 Sujet du message: |
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| Citation: | | dans une atmosphère de fin du monde – entre chaleur estivale, incendies, attentats répétés et représailles en miroir… |
| Citation: | | Les routes de Vénétie sont étroites et les conducteurs italiens ont leurs propres manières |
| Citation: |
3- Selon un observateur attentif de la chose, les Italiens ont apporté à la conduite automobile une innovation considérable en remplaçant le frein par le klaxon. D’ailleurs, le guide Michelin de 1956 (première édition) ne dit pas autre chose dans son chapitre Conseils de conduite, avec une touche de mépris, toutefois : « Faites comme les Italiens : roulez vite, klaxonnez beaucoup ». |
Pas si différent de la rocade de Bordeaux fin juillet, au plus fort des incendies et des chassés-croisés juillet-istes & aout-iens
(je sors ) _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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patzekiller

Inscrit le: 17 Oct 2006 Messages: 4197 Localisation: I'am back
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Posté le: Lun Sep 14, 2026 18:27 Sujet du message: |
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ya peut etre un chtit problème à nouveau entre les jap et les buffalo soldiers
il faudrait peut etre supprimer le mot nisei puisque maintenant on est sur qu'ils sont plus au nord _________________ www.strategikon.info
www.frogofwar.org |
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