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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13218 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Jeu Avr 30, 2026 16:43 Sujet du message: |
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Je sais que je ne suis pas supposé parler, mais les deux gars que l'américain descend sont des tchèques. Ce qu'ils tentent de leur expliquer. Probablement d'unité de garnison. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Wings

Inscrit le: 11 Mar 2022 Messages: 1012 Localisation: U.S.A
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Posté le: Jeu Avr 30, 2026 17:05 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Je sais que je ne suis pas supposé parler, mais les deux gars que l'américain descend sont des tchèques. Ce qu'ils tentent de leur expliquer. Probablement d'unité de garnison. |
J'allais le dire! Si on traduit, on peut entendre "ne tirez pas, je suis tcheque!" _________________ "It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1725 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Avr 30, 2026 17:25 Sujet du message: |
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Bref, tout ça pour dire qu'aucune armée de la 2e GM n’a eu un comportement parfaitement irréprochable et exemplaire. Toutes ont charrié dans leur sillage leur lot de crimes et d’exactions en tout genre.
Mais que l’on doit tout de même faire la part des choses entre celles pour lesquelles cela relevait du registre du débordement, donc anormal et généralement marginal ; de celles pour lesquelles ceci était généralisé et consubstanciel à leur manière même de faire la guerre. _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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FREGATON

Inscrit le: 06 Avr 2007 Messages: 5186 Localisation: La Baule
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Posté le: Jeu Avr 30, 2026 17:33 Sujet du message: |
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De mémoire, dans "le jour le plus long" il y à une scène dans laquelle un Ranger, à l'assaut de la pointe du Hoc, se pose cette question: "je me demande ce que bitte bitte veut dire?" après avoir rafalé des allemands qui sortaient de leur bunker les bras en l'air... _________________ La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils. |
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Capu Rossu

Inscrit le: 22 Oct 2011 Messages: 2909 Localisation: Mittlemeerküstenfront
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Posté le: Jeu Avr 30, 2026 18:26 Sujet du message: |
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Bonsoir
Frégaton a écrit :
| Citation: | | De mémoire, dans "le jour le plus long" il y à une scène dans laquelle un Ranger, à l'assaut de la pointe du Hoc, se pose cette question: "je me demande ce que bitte bitte veut dire?" après avoir rafalé des allemands qui sortaient de leur bunker les bras en l'air... |
Affirmatif, Pointe du Hoc, il me semble.
@+
Capu _________________ Aux Postes de Propreté - Mouillé, c'est lavé ! Lavé, c'est propre ! - Rompre des Postes de Propreté |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2542 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Jeu Avr 30, 2026 20:55 Sujet du message: |
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Ah mais je suis d'accord avec vous. Ce que j'ai juste dit, c'est que dans la série, BOB, la seule scène ou on voit une exécution montrée, et que l'on pourrait qualifier, en dehors des lois de la guerre, le meurtre de soldats allemands qui se sont rendus, est commise par des soldats français, habillés comme en 40 d'ailleurs. Speirs en plus, n'a jamais tué les soldats allemands, il en parle avec Lipton dans un épisode, ou il a expliqué qu'il y trouvait son intérêt de ne pas tuer la rumeur.
| Citation: | | "I bet if you went back two thousand years, you'd hear a couple centurions standing around yakking about how Terseus lopped off the heads of some Carthaginian prisoners... Maybe that's because Terseus knew there was some value to the men thinking he was the meanest, toughest son of a bitch in the whole Roman legion." |
_________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15566 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Mai 01, 2026 10:08 Sujet du message: |
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22 août
La Slovaquie, prochaine étape !
Changement de programme
A l’est de Bratislava – La vallée du Váh est entièrement sécurisée par les forces soviétiques ou celles de leurs alliés.
Les cols de Strečniansky et de Hrozenkov, peu stratégiques, au nord du bassin, ont été abandonnés à la 1ère Armée tchécoslovaque (Ján Golian). De fait, Ivan Bagramian estime un peu plus porteur pour l’avenir le secteur de Trenčín, au sud, lequel ouvre par-delà les Carpates blanches vers Uherské Hradiště et Hodonín, puis Brno. Au moins en théorie… mais il ne faut jamais insulter l’avenir. La 47e Armée (Filipp Zhmachenko) se trouve donc plus bas, vers Trvana et le 20e Corps Blindé (Pavel Poluboiarov) est entre les deux. Les frontovikis auront le plaisir de piller les environs, dont – par exemple – le château de Čachtice, fameux pour avoir appartenu à la comtesse Élisabeth Báthory. Les légendes capitalistes veulent même qu’elle soit toujours emmurée ici. Balivernes ! D’ailleurs, vu l’état du château – en ruines… Quoi qu’il en soit, les opérations dans cette zone semblent bel et bien terminées – à quelques habituels et menus ajustements près.
Plus au sud, la 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) descend vers le Danube. Laissant à la seule 38e Armée (Kyrill Moskalenko) la charge de couvrir Budapest, elle commence à passer au sud de Šamorín en direction de Mosonmagyaróvár. Sur un mauvais terrain marécageux, la manœuvre est plus pénible que complexe – il s’agit essentiellement de balayer quelques égarés, avant de faire passer des masses d’infanterie à l’aide de bacs et autres dispositifs plus ou moins improvisés. Pénible, donc, mais l’Armée Rouge a l’habitude. Pendant ce temps, la 10e Armée (Vasily Popov) couvre toujours le flanc à Rajka.
Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor – Le III. PanzerKorps (Fritz-Hubert Graeser) a bien atteint la veille son objectif : Veszprém – mais faute de s’en être totalement saisi, il est contraint de prolonger son l’effort en se demandant (peut-être) ce qu’il devra faire ensuite. C’est que la 7. Panzer (Karl Mauss), qui se bat sur un mauvais terrain urbain face au plus gros du 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine) – lequel a dû retirer son aile gauche de la route de Tapolca – paraît tout de même bien esseulée… sinon bien vulnérable ! Mauss n’en poursuit pas moins sa tâche avec application, voire stoïcisme, certain que la 8. Panzer (Gottfried Frölich) remonte vers lui depuis Vigántpetend en déblayant, non sans mal, tout ce que le secteur compte encore de communistes. Quant à la 6. Panzer (Oberst Hans-Otto von Bermuth), elle pousse désormais vers Csót – en appui du LVI. PanzerKorps (Walter Krüger), donc, au lieu de soutenir le reste de son propre corps, et c’est bien dommage.
Cependant, depuis qu’on a touché Veszprém, les panzers n’avancent plus vraiment… Et même si Rommel caresse désormais l’espoir de marcher sur Székesfehérvár avec quelques renforts, il lui faut encore être assuré de son flanc nord. Les Slaves de 44 ne sont plus ceux de 42, moins encore les Français de 40, qu’il bernait avec sa Division Fantôme.
Walter Krüger, de son côté, continue de ramer pour préparer la prise de Györ. Sur son aile gauche, la 19. PzGr Brandenburg (Josef Irkens) achève enfin de sécuriser Pápa avant de remonter vers Gyarmat. N’ayant plus face à elle que des forces d’arrière-garde ou des détachements isolés, l’ancienne division d’élite devrait y parvenir. Sur son aile droite, la 1. Panzer (Walter Soeth) – appuyée par la 6. Panzer, nous l’avons vu – repousse désormais avec application le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) vers Veszprémvarsány et le carrefour de Románd, lequel commande la route Györ-Veszprém. Ce point stratégique est atteint, mais absolument pas sécurisé : ces maudits Rouges s’acharnent partout, chars, infanterie, artillerie… quand ce ne sont pas leurs avions qui font pleuvoir bombes et roquettes en dépit des faibles efforts d’une Luftwaffe impotente. Grandeur et décadence de la supposée guerre-éclair, laquelle ne fut peut-être qu’un mythe.
Pendant ce temps, la 5e Armée de Chars (Andrei Kravchenko) voit ses premières unités entrer dans Györ : en l’espèce, la 71e Brigade du 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev). Un adversaire déjà plus que suffisant pour contrer Irkens ou Soeth.
………
Radio Berlin – « Partout sur le front du lac Balaton, les forces du maréchal Rommel progressent, infligeant à l’adversaire des pertes considérables. La jonction avec la Festung Budapest, qui tient toujours ferme et sans défaite sur ses positions, permettra le rétablissement du contrôle du Danube et l’anéantissement des projets offensifs ennemis sur toute l’Europe centrale. »
La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (ouest) – De façon apparemment paradoxale, une stabilisation s’amorce de ce côté du Danube – c’est que, l’a-t-on assez dit, l’Armée Rouge n’a pas pour ce secteur de trop grandes ambitions et encore moins des moyens infinis. Dans Kelenföld, le combat se fige peu ou prou le long de la voie ferrée ouvrant l’accès au District de Lagymanyos. C’est heureux, parce que derrière, c’est le mont Gellért… lequel protège le centre gouvernemental de la citadelle historique, autant dire le cerveau local de l’Axe.
Depuis avril, la 17. SS-Freiwilligen Kavallerie Maria-Theresa (August Zehender) commence à bien connaitre ce secteur… Elle s’est renforcée d’éléments blindés réquisitionnés un peu partout, dont plusieurs Zrinyi II et même un peloton de Löwe arraché à un atelier de campagne. Dans la matinée, elle installe ses Flak 88 de manière à barrer la route de Lagymanyos à la 9e Armée (Vasily Glagolev). La 199. ID (Walter Wißmath) commence alors à glisser vers les reliefs plus à l’ouest, occupant les positions du secteur de Sashegy déjà tenues par plusieurs unités de marche, dont le Kampfgruppe Europa.
Pour l’instant, l’édifice tient – mais Zehender n’est pas idiot : avec ses alliés du bataillon Vannay, il dépêche plusieurs groupes sur les points sensibles, afin de servir de renforts ou de réserves mobiles. Sur ce, il retourne à son QG, installé dans les tunnels du Gellért et couvert par tout ce qu’il lui reste de Flakvierling et autres hachoirs de 20 mm.
Plus au nord, la division Szent-Lászlo (major-général Zoltán Szügyi) achève de s’assurer de positions honnêtes face à Aranyhegy et Rómaifürdő. Des positions honnêtes, sans doute, mais qui ont coûté fort cher, trop cher peut-être. Mais c’est aussi que l’infanterie de Glagolev prend désormais ses quartiers près de celle de Gretchko et qu’en parfaite méconnaissance du terrain, elle tente quelques maladroites contre-attaques de flanc, lesquelles s’achèvent le plus souvent dans la confusion par un échec désastreux. Zehender a même la satisfaction de recevoir de ses services d’écoute un message radio adverse, qui réclamait « … des renforts immédiats. Je ne peux pas accomplir ma mission dans les circonstances présentes. L’ennemi est aussi têtu que de vieilles bottes et nous oppose une résistance acharnée. ». Le Waffen-SS transmettra personnellement copie de cette missive à son compatriote Szügyi, en signe d’estime. A ce signe s’ajouteront par la suite 31 Croix de Fer des deux classes, attribuée pour une victoire réelle… mais sans doute un peu vaine.
Surtout que toute porte de sortie est désormais bien fermée – le retrait du 8e Corps Mécanisé achevé, les 9e et 18e Armées soviétiques se tiennent désormais fermement la main. Le vague flottement qui, hier encore, aurait permis quelques manœuvres à un adversaire plus heureux, a disparu.
Alors, certains jettent l’éponge, et parfois leur honneur avec. Un groupe de miliciens Croix-Fléchées, par exemple, a réussit à atteindre le village de Csobánka et à se cacher dans un hôtel de tourisme : ils tombent leurs uniformes et se dispersent dans la nature. Un bataillon entier replié de Szentendre tente la même manœuvre – acculé par les Soviétiques, il décide finalement de se rendre.
L’encerclement était déjà complet, il est à présent probablement irrémédiable. Et désormais, le siège de Budapest n’est plus l’affaire que d’une seule personne : Fiodor Tolboukhine.
………
Forteresse de Pest (est) – La 18e Armée (Andrei Gretchko) a visiblement du mal à se dépêtrer des pénibles combats de rue qu’elle livre dans le faubourg d’Újpest. Au milieu de friches industrielles ou de quartiers d’allure étonnamment moderne (1), les frontovikis ne sont pas à leur aise… Même si, bien sûr, tout ceci n’est jamais que l’affaire de quelques heures, allez, de quelques jours. Leur adversaire la 72. ID (Hermann Hohn) est visiblement battu, même si elle se trouve à présent concentrée sur un terrain favorable, où elle n’a plus une foule de positions tierces à défendre.
Dans Pestujhely, la 14e Armée (Valerian Frolov) donne de violents coups de boutoir, sans parvenir à rattraper la 330. ID (Georg Zwade). Celle-ci se rabat vers Zugló pour porter assistance à la 20. Panzergrenadier (Georg Jauer) face au 6e Corps Blindé de la Garde (Alexander Shamshin). Ce dernier rame un peu entre les immeubles, mais il approche tout de même de la gare de Rakosrendezo – un élément d’un système ferroviaire certes à l’arrêt, mais qui scinde toujours les faubourgs. Passer ici la voie ferrée signifierait pouvoir poursuivre demain vers Angyalföld et l’île Marguerite, encerclant tout le flanc gauche de l’Axe… Mais cela reste théorique, car l’infanterie rouge peine à suivre et encaisse de lourdes pertes.
La 62e Armée (Vladimir Kolpakchi), elle, arrive à peine sur place. Elle doit passer par Rákosfalva, où elle fait face à la 328. ID (Joachim von Tresckow) et à la 1ère DI hongroise (Gusztáv Deseö). Sur sa droite, la pauvre 3e Armée roumaine (Petre Dumitrescu) est presque à bout de potentiel : des régiments entiers ne sont plus en état de combattre. Elle parvient à peine à sécuriser Rákosszentmihály, pourtant évacué par les Germano-Hongrois. En effet, au sud, la 14. Panzergrenadier (Erich Schneider) a décroché pour aller en courant tenir le nœud ferroviaire de Sörgy – ou au moins essayer…
Enfin, du côté du Wekerle Telep, le 12e Corps Mécanisé (Dimitri Ryabyshev) laboure et broie ses opposants – en l’espèce, la 376. ID (Herman Frenking) et le 191. StuG Abt (Hauptmann Alfred Müller) – sans que rien de pertinent en sorte. L’appui de la 6e Armée de la Garde (Pavel Batov), pour appréciable qu’il soit, n’est pas décisif – il est vrai que la 225. ID (Ernst Riße), venue en soutien, est regroupée, n’ayant plus à couvrir l’île Csepel, à force de recul.
Quant à la 4e Armée roumaine (Gheorghe Avramescu), elle donne des coups à droite et à gauche, surtout contre la 1ère Brigade de Montagne (Ferenc Lóskay), pour tenter d’entrer dans Kőbánya. D’évidence, l’Armée Rouge n’en attend pas beaucoup plus.
………
De l’Adlerhorst au mont Gellért – Informé de la proposition du général Karl Pfeffer-Wildenbruch par l’OKH (qui a pris soin de la transmettre sans commentaire aucun), Adolf Hitler s’oppose avec force à toute idée d’abandon de la rive est de Budapest, sans parler d’une percée vers Veszprém. Dans l’esprit du dictateur, son armée doit marcher vers le Danube, et pas s’en éloigner ! Le sort de la ville est toujours davantage scellé…
………
QG du 4e Front d’Ukraine – Fiodor Tolboukhine n’a pas que des raisons d’être satisfait – mais alors vraiment pas. Certes, il a percé sans mal la ligne Attila, certes il a massacré – une fois encore… – une foule de fascistes, mais l’adversaire n’a pas été oblitéré et semble même en passe, sinon de se rétablir, au moins d’opposer une résistance sérieuse en milieu urbain. Tolboukhine sait parfaitement ce que cela implique, surtout quand le milieu en question est une ville d’un million d’habitants… Il n’oublie pas les véritables cauchemars qu’ont été les batailles d’Odessa puis de Bucarest (pour les Allemands du moins) et tient donc par-dessus tout à éviter pareil scénario interminable et sanglant, tels que ceux que Koniev et Joukov ont connu ou connaissent actuellement plus au nord.
Tout son plan – celui qu’il avait établi, pas le premier qu’on lui avait… suggéré – tournait autour de cet objectif. Objectif qu’il semble bien en passe de rater ! Certes, le résultat final ne fait aucun doute. La preuve, la progression de la contre-attaque fasciste paraît bien arrêtée à Veszprém et Gÿor. Mais nom d’un chien, ces foutus nazis doivent comprendre qu’ils sont foutus et ne peuvent plus espérer sauver que leurs misérables vies ! Aussi, avec une fraîcheur d’âme étonnante chez un maréchal soviétique, Tolboukhine se demande soudain s’il ne pourrait pas leur offrir la possibilité de le comprendre…
………
Siège de Budapest – A 23h00, le 4e Front Ukrainien émet en clair à la radio et par tous ses haut-parleurs un message annonçant une cessation unilatérale des hostilités, à compter de minuit et pour une durée de 24 heures renouvelable. L’Armée Rouge précise ensuite que des plénipotentiaires se présenteront à Buda comme à Pest, selon des itinéraires parfaitement identifiés, pour proposer aux défenseurs des conditions honorables de reddition.
Espèce en voie de disparition
Au-dessus de la Hongrie – En dépit d’une pénurie de carburant toujours plus aiguë, tout le 101/2 Század Retek (capitaine György Újszászy) décolle pour une mission de chasse libre vers le lac Balaton. En tout, cela fait une dizaine de Gustav, lesquels se cognent avec entrain à des chasseurs à l’étoile rouge eux aussi en maraude. Le sergent István Fábián et le pilote Krascsenics Lajos prélèvent un La-5. Pour le lieutenant László Máthé, ce sera un Yak 9. Malheureusement le lieutenant Béla Füleky doit décrocher, victime d’un tir chanceux qui explose sa verrière et le blesse légèrement au visage. L’homme et sa monture parviendront cependant à rallier leur base. La chance des derniers grands prédateurs !
Note
1- La nouvelle Pest a été essentiellement bâtie à partir de 1866, avant de devenir un centre industriel majeur à compter de 1890. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15566 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Mai 01, 2026 10:12 Sujet du message: |
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L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Corvées
Dans Pápa – « Après le sale combat, le sale boulot. On nous a détachés au IV. Abteilung pour finir le travail – nous ne sommes pas assez bien pour remonter immédiatement vers le Danube. Pas assez photogéniques aussi, sans doute : je n’ai pas pu me raser ! A moins que ce soit le teint hérité de mon enfance, qui ne fait pas forcément balte.
En tout cas, c’est toujours assez bien pour regarder faire sauter des maisons, trimbaler des blessés et s’occuper des prisonniers. Spitzeder a l’habitude de l’Est sauvage. Moi celle de la lutte contre les bandes armées. Olaf ne tient pas à sympathiser avec ses anciens camarades. Karl… ben il fait avec. Charles affecte de ne pas être là. Quant à Youcef, Allah sait à quoi il pense, mais sans doute (entre autres) à son estafilade au bras.
Mais le pire dans tout ça, c’est que les Russes prisonniers n’ont même pas peur de nous. Ils résistent, ils insultent. Lèvent le poing, voire foncent vers nous en dépit de la mort qui les attend. Ils meurent avec un nom sur les lèvres – toujours le même. Ce n’est pas une attitude de guerrier ! Youcef dit que ce sont des moudjahids – des combattants religieux fanatiques. Assis au pied d’un arbre, une cigarette au bec, je me demande où on peut trouver de la spiritualité dans ce bazar…
– Ton ami n’a pas tort, Dennis. Ils pensent être comme toi : des champions d’une cause qui les dépasse.
– Bonsoir Madame. Mais si c’est le cas, pourquoi ne sont-ils pas protégés par leur grand dieu unique à grosses moustaches ? Par pure cruauté ?
– Parce que – c’est encore pire : il n’existe pas. D’ailleurs, s’il existait, ce serait une chimère. Une sorte d’assemblage monstrueux surgi d’une étoile à jamais refroidie.
– Un assemblage ?
– Ils en font partie. Ils en font tous partie. Une dent pointue, une griffe acérée, un muscle noueux… Ils sont eux-mêmes cette cruelle monstruosité que jamais le Potier (1) n’aurait osé créer, même un jour d’ivresse. Comme toi d’ailleurs, jusqu’à récemment. Tu étais simplement la lance aiguisée d’une autre aberration.
– J’ai changé de maître.
– C’est ce qui te sauve, Dennis. D’ailleurs, nous allons nous revoir bientôt, une date très spéciale approche… »
Note
1- Le dieu-bélier Khnoum, créateur de l’enveloppe corporelle des êtres vivants. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13218 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Mai 01, 2026 11:11 Sujet du message: |
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Et pour les 3 que ca intéresse, une référence BD de qualité. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10783 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Ven Mai 01, 2026 20:57 Sujet du message: |
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| Citation: | | les véritables cauchemars qu’ont été les batailles d’Odessa puis de Bucarest (pour les Allemands du moins) |
Pour Bucarest, ce ne fut quand même pas une boucherie, mais plutôt une pantalonnade côté allemand, non ?
| Citation: | | Mais nom d’un chien, ces foutus nazis doivent comprendre qu’ils sont foutus et ne peuvent plus espérer sauver que leurs misérables vies |
_________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13218 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Ven Mai 01, 2026 22:42 Sujet du message: |
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Ben ils ont quand même mis 3 jours à faire 25 km de périurbain ... _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15566 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Mai 01, 2026 22:54 Sujet du message: |
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| loic a écrit: | | Citation: | | Mais nom d’un chien, ces foutus nazis doivent comprendre qu’ils sont foutus et ne peuvent plus espérer sauver que leurs misérables vies |
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Répétition volontaire, Loïc.
J'ai failli modifier en :
Mais nom d’un foutu chien, ces foutus nazis doivent comprendre qu’ils sont foutus et ne peuvent plus espérer sauver que leurs foutues misérables vies
Ça serait-y mieux ? _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 690
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Posté le: Sam Mai 02, 2026 07:13 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | loic a écrit: | | Citation: | | Mais nom d’un chien, ces foutus nazis doivent comprendre qu’ils sont foutus et ne peuvent plus espérer sauver que leurs misérables vies |
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Répétition volontaire, Loïc.
J'ai failli modifier en :
Mais nom d’un foutu chien, ces foutus nazis doivent comprendre qu’ils sont foutus et ne peuvent plus espérer sauver que leurs foutues misérables vies
Ça serait-y mieux ? |
On croirait du Patton dans le texte :
Won't these f...g Tommies and Froggies accept once for all that we give this f...g Germans their f...g weapons back, to match these f...g Russians before our f...g President decide to send our f...g boys back ? _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15566 Localisation: Paris
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Posté le: Sam Mai 02, 2026 08:37 Sujet du message: |
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23 août
La Slovaquie, prochaine étape !
Changement de programme
Autour du Danube – La 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) commence à prendre pied sur la rive droite du grand fleuve, à hauteur de Dunasziget et Kisbodak. Un terrain infâme et piégeux lui rend la tâche difficile en dépit de l’appui de la 10e Armée (Vasily Popov). Celle-ci est d’ailleurs elle-même dans une situation quelque peu précaire face à l’Armee-Abteilung Ungarn (Karl-Friedrich von der Meden), la faute aux goulets d’étranglement logistiques du secteur – sans la faiblesse insigne de cet adversaire, l’affaire aurait pu être inquiétante. De fait, l’improvisation de ces traversées multiplie pour rien les pertes, par accident ou face à l’ennemi… Mais c’est que, plus au sud, la 5e Armée de Chars est absolument prioritaire sur les meilleurs points de passage…
Opération Corvinus – Mordre les mollets des Rouges
Au sud de Gÿor – Les efforts conjugués de la 7. Panzer (Karl Mauss) et de la 8. Panzer (Gottfried Frölich) permettent la prise de Veszprém… ou du moins d’une grande partie de la ville. Les deux divisions panzer ont réussi, par une manœuvre en pince depuis l’ouest et le sud-ouest, à en chasser le 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine). Celui-ci a dû concéder les positions des secteurs de Nemesvámos puis de Szentkirályszabadja pour mieux aller défendre la piste de l’aérodrome de Veszprém-Szentkirályszabadja (1). Toutefois, en se repliant ainsi, Kriuchenkine ne prend pas de trop grands risques. D’abord, le centre-ville reste férocement défendu par une nombreuse infanterie rameutée, très bien pourvue en mines et canons antichars (2). Ensuite, le fasciste doit lui-même rallier ses troupes et couvrir son flanc droit – la station balnéaire de Balatonalmádi n’est pas près d’être sécurisée ! Enfin… le 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) n’est plus si loin derrière ! Ce qui n’empêche pas Fritz-Hubert Graeser (qui ignore évidemment ce dernier point) de proclamer que son III. PanzerKorps a obtenu une victoire retentissante… qu’il lui reste pourtant encore à saisir, comme une sorte de feu follet.
Plus au nord, le duo 6. Panzer (Oberst Hans-Otto von Bermuth) et 1. Panzer (Walter Soeth) continue de donner des résultats… contrastés mais globalement satisfaisants. Le 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev) est plus ou moins chassé du carrefour de Románd vers Bakonyszentlászló et Bakonyszombathely. Mais Lazarev ne se tient absolument pas pour battu et tient à faire honneur à sa récente promotion. Du coup, il accroche toujours von Bermuth, dont les Panther survivants ont fort à faire. Soeth doit donc se diriger sans son partenaire vers le nord et Ravazd. Dans ce mouvement, il n’a avec lui que la 19. PzGr Brandenburg (Josef Irkens), laquelle progresse vers Tét, autre localité d’une relative importance, dont la prise s’annonce pénible. Et pourtant, il faut avancer, Györ attend ! Le LVI. Panzer-Korps (Walter Krüger) ne peut pas faire moins que son comparse. Il doit même faire mieux, afin de sécuriser pleinement une ligne de départ qui permettra demain de foncer vers Budapest ! Alors qu’en face (mais Krüger l’ignore), le 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev) continue d’arriver peu à peu, en une longue colonne. Un filet d’eau, assurément… Mais un filet continu. Et, contrairement aux Allemands, les Soviétiques savent parfaitement où sont leurs adversaires, grâce notamment à leurs avions de reconnaissance.
Rommel a déjà joué, et sa chance est largement passée. Il ne le sait simplement pas encore.
La Hongrie, coûte que coûte
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (ouest) – Il est 07h30 et le soleil se lève (mieux vaut éviter les incompréhensions dues à la pénombre) quand le capitaine Ilya Afanasevich Ostapenko approche en Gaz des lignes de Kelenföld avec un adjoint, le lieutenant Orlov, et son chauffeur. Par son intermédiaire, Fiodor Tolboukhine tente d’obtenir une capitulation. Il veut croire que ses conditions (validées par Moscou), ont une chance d’être acceptées. De fait, elles sont relativement généreuses : libération immédiate des Hongrois après désarmement, rapatriement des Allemands sitôt la fin des hostilités sans passer par la case Sibérie, maintien du port des uniformes et des médailles, et même des armes personnelles pour les officiers. Quant aux malades et blessés, l’accès au service sanitaire leur est garanti dans les meilleurs délais. Cette proposition mérite donc d’être saisie, et vite ! Pourtant, l’affaire ne va pas bien se passer du tout…
De fait, sitôt arrivé à portée de fusil, Ostapenko essuie immédiatement des tirs d’intimidation, qui le laissent retenter sa chance du côté de Sashegy, où ils sont récupérés par les hommes du Kampfgruppe Europa. Ceux-ci les mènent alors, les yeux bandés, vers le QG avancé de la SS-Freiwilligen Kavallerie Maria-Theresa. Encourageant ! Surtout que les deux Soviétiques sont reçus – contre toute attente – avec une relative civilité, de qui leur permet de délivrer l’ultimatum au responsable. Lequel contacte immédiatement le chef de la place, Karl Pfeffer-Wildenbruch.
Une heure plus tard, la réponse tombe : Pfeffer-Wildenbruch refuse de recevoir les émissaires ou de considérer leur offre. Les Soviétiques sont renvoyés vers leurs lignes, après un épisode dont le lieutenant Orlov se souvient : « Une fois que le capitaine eut remis son enveloppe dans sa chemise, le lieutenant-colonel nous a offert un verre d’eau pétillante. Nous l’avons avalé cul sec. » C’est un fait – même dans une forteresse assiégée, il est des luxes inconnus en URSS.
Mais les envoyés ne sont pas tirés d’affaire pour autant. Le Scharführer Josef Bader : « Mon commandant m’a ordonné de ramener les émissaires dans le no-man’s-land, là où nous les avions récupérés. Nous avons marché dans cette direction. Plus nous nous approchions de nos premières lignes, plus les bombardements soviets étaient intenses – ils avaient déjà repris, alors qu’une heure auparavant tout était calme. Et maintenant, ils frappaient de nouveau. J’ai proposé au capitaine soviétique (qui parlait un allemand parfait) de faire halte et d’attendre une accalmie avant de poursuivre. J’ai aussi dit que je ne pouvais pas comprendre la raison de bombardements pareils, alors que qu’ils savaient forcément que leurs envoyés étaient dans le secteur, puisqu’ils n’étaient pas encore revenus. Mais le capitaine a dit qu’il avait des ordres stricts pour rentrer dans ses lignes au plus vite. J’ai ordonné au groupe de faire halte, je leur ai enlevé leurs bandeaux, puis j’ai précisé que je n’avais pas prévu de me suicider, donc que je n’irais pas plus loin. Je les ai laissé partir. Je dois préciser qu’aucun soldat de notre camp n’a tiré durant toute l’affaire. Le groupe a commencé à traverser une petite place. Cinquante mètres plus loin environ, un obus a frappé et je me suis jeté à plat ventre. Quand je me suis relevé, il n’y avait plus que deux Russes debout. »
Le lieutenant Orlov racontera que les derniers mots d’Ostapenko avaient été « Nous nous en sommes sortis. J’avoue que nous avons eu de la chance, une fois encore ! ». Tant pis pour l’émissaire, victime d’une batterie russe non informée – ou peut-être d’une batterie hongroise.
………
Forteresse de Pest (est) – Au même moment, ce n’est pas mieux pour l’émissaire sur la rive est, le capitaine Miklós Steinnmetz (3). Parti en voiture de Pestszentlőrinc vers Kőbánya, il n’atteindra même jamais les lignes allemandes.
Le premier lieutenant Gyula Litteráti-Loótz, commandant d’un bataillon antichar hongrois dans ce secteur, raconte : « Au matin, un de mes chefs de batterie a fait état d’une voiture russe avec un drapeau blanc qui venait du sud. Environ 150 ou 200 mètres devant nous, clairement visibles, se trouvaient des mines antichars qui avaient été disposées sur les pavés et formaient comme un échiquier. A cause de notre retraite rapide, les sapeurs allemands n’avaient pas été en mesure de les enterrer, ce qui aurait de toute façon été aussi long que complexe sur des pavés. Ces mines devaient forcer les Soviets, s’ils attaquaient avec des tanks, à stopper devant elles afin de nous offrir une belle cible, même un bref instant.
A notre immense surprise, le véhicule, dans lequel je voyais deux hommes – le chauffeur et un passager à son côté, qui agitait un drapeau blanc accroché à un bâton – a ralenti à l’approche des mines, puis a essayé de passer entre les engins en roulant au pas ! Cela ne m’a pas paru perdu d’avance. Après tout, les mines avaient été placées selon un gabarit de chars, deux fois plus large que celui d’une voiture. Cependant, le positionnement irrégulier des engins forçait le chauffeur à slalomer sans cesse… Tout se passait dans un silence de mort, sans qu’un seul coup de feu soit tiré d’un côté ou de l’autre.
C’est arrivé en une fraction de seconde : il y a eu un bang énorme, un gros nuage de fumée gris blanc, la voiture a décollé tandis que le drapeau blanc a fait un vol plané grotesque, selon une grande arabesque. Quand la fumée fut retombée, la voiture était posée au milieu de la barrière de mines. Les deux Russes étaient toujours à bord, sans vie, appuyés l’un sur l’autre. La mine avait explosé à l’avant gauche – le chauffeur l’avait probablement heurtée de son pneu avant droit (4). »
………
Front de Pest – Le colonel Imre Kalándy, vétéran du Premier conflit, colosse indestructible et redoutable sentinelle de l’esprit combatif hongrois, a été grièvement blessé dans les affrontements de la nuit. Son poste échoit au major-général Andor Szöke, qui aura dorénavant la lourde tâche de pousser ses compatriotes en ligne, sans cet éminent symbole ni ses talents de boxeur.
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QG du 4e Front d’Ukraine – Fiodor Tolboukhine constate avec rage que tous ses émissaires ont été assassinés par les Allemands – même si ce n’est pas le cas (5). Il n’est pas long à ordonner la reprise des bombardements comme des assauts et à informer Moscou.
Des Roumains chez les Soviets
Le bal des maudits – « Cette fois c’est certain : la grande bataille aura bien lieu pour la capitale ennemie. Les réactionnaires hongrois et leurs parrains nazis ont traîtreusement massacré les plénipotentiaires qui venaient vers eux avec des mains généreuses.
Nos alliés soviétiques paraissent surpris. Nous, l’attitude allemande ne nous étonne pas. Ce sont les mêmes qui, en 43, nous ont poignardés dans le dos et nous ont massacrés, après nous avoir poussés comme des chiens sous les mitrailleuses. « La même engeance criminelle est à la source du même malheur : mêmes chefs, mêmes choix, même fardeau ! » Nul n’ira contredire le lieutenant-commissaire Palariar. Nous avions un compte à régler avec les Hongrois fascistes, c’était évident. Mais le ressentiment contre eux était toujours moins lourd que contre les Allemands. »
(Adieu mon pays… encore une fois, Vasil Gravil, Gallimard 1957)
Espèce en voie de disparition
Au-dessus de la Hongrie – Nouveau szkennelés (6) entre Veszprém et Budapest – les 101e et 102e Escadres reviennent au-dessus de leur ancienne tanière afin de tenter d’appuyer les panzers qui luttent ici. Le lieutenant Tibor Tobak s’attribue un MiG-3 et un Il-2 – cependant, cette dernière victoire manque de lui être fatale car, par une manœuvre désespérée, le Soviétique le percute volontairement pour emporter avec lui son vainqueur. L’aviateur hongrois s’écrase dans les lignes de l’Axe. Ramassé par les panzergrenadiers avec de graves blessures aux mains et aux jambes, il ne revolera plus.
Le capitaine László Pottyondy et le pilote Ervin Flóznik ne tardent pas à le venger en abattant respectivement un autre Sturmovik et un Yak-3.
L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Le chant des forêts
Sur la route de Tét – « Nous passons la journée à nous planquer et la nuit à nous battre. Demain matin, soit nous serons en ville et nous nous battrons. Soit nous serons quelque part dans cette maudite plaine, à courir de forêt en fossé. Ces satanés Faucons Rouges sont partout. Il est impossible de traverser un pont ou même une route sans écouter auparavant si on n’entend pas un moteur qui s’approche. Et des avions, de toute façon, il y en a partout… Quant à utiliser un véhicule, ce serait suicidaire.
Gyarmat : sa route, son petit bois au nord. Son insignifiance. Ses défenseurs rouges rôdant tout autour. Il faut la nuit pour la passer, devant des panzers décidément bien précautionneux – d’évidence, au QG, on dispose de plus de chair que d’acier.
La lune est voilée, tout sauf gibbeuse. Un temps idéal pour une embuscade entre les feuillus si dense. La progression se fait bien sûr extrêmement lente – les Rouges n’ont pas beaucoup de mines par ici, mais ils ont beaucoup de sang, eux aussi. Au loin, un cri attire mon attention. Je m’immobilise. Il revient. S’arrête. Hésite. Je le reconnais et un souvenir de mon enfance me fait sourire. Un tétras – l’agent de la nuit qui appelle le jour. Heureuse période de vacances dans le Boddenland (7) !
Je reste un trop court moment d’éternité face à la lune. Jusqu’à ce qu’une silhouette bien connue me rattrape, avec des mouvements presque mécaniques.
– Charles ? Qu’est-ce que tu fais ?
– Comme je vous l’ai dit, Herr Obergefreiter. J’appréhende. »
Notes
1- Futur “Buda-Ouest”, qui sera très utilisé dans les années 60. En 1944, ce n’est qu’une piste bétonnée et six hangars destinés au projet avorté de l’Académie de pilotage Horthy István. La tanière des Pumas rouges est plus haut, dans le secteur nord.
2- Environ 600 mines au kilomètre et 8 à 16 canons par batterie.
3- Un Hongrois ayant grandi en URSS avant de servir en Espagne. Il est officier de renseignement et interprète à l’état-major de Tolboukhine.
4- Incohérence qui s’ajoute à bien d’autres dans ce récit. Ainsi, après la guerre, certains historiens feront remarquer que le relief empêchait Litteráti-Loótz de voir la zone qu’il prétend décrire – une route d’ailleurs absolument pas droite, qui n’était pavée que dans sa dernière portion et dont le minage n’aurait correspondu à aucun objectif opérationnel, le secteur ne manquant pas de voies de contournement. Enfin, les rapports soviétiques feront état d’au moins deux balles retrouvées dans le corps de Steinnmetz. Le plus probable à ce jour est que le tir d’un fantassin un peu nerveux a déclenché un feu nourri sur le véhicule…
5- Après la guerre, les Soviétiques feront état d’une troisième tentative menée par un officier fait alors traîtreusement prisonnier par les Allemands. Cette histoire n’a été confirmée que par des témoignages oraux douteux ; elle peut correspondre à une tentative de grossir le trait en éliminant toute possibilité de malentendu.
6- Balayage (sweep), en langue magyare.
7- Autour du lagon de Poméranie occidentale – aujourd’hui parc national. |
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