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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4394 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Mar Jan 13, 2026 16:58 Sujet du message: |
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| Citation: | | 75- Où fut signée la paix avec l’Autriche | Peut-être serait-il utile de préciser la date. Les guerres avec les Habsbourg de Vienne, y a en eu tellement... _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15399 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Jan 13, 2026 20:29 Sujet du message: |
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| Archibald a écrit: | | C'est normal que (90) soit présent deux fois ? |
Le premier 90 est tout simplement le 89 absent ! _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11750
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Posté le: Mar Jan 13, 2026 20:39 Sujet du message: |
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Et ben au moins, les deux problèmes s'annulent.
Pauvre Casus, sa tête viens de faire ça
https://www.youtube.com/watch?v=vY2KLGWjudY _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15399 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 10:43 Sujet du message: |
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Château de Champs (département de la Seine-et-Marne)
Conservateur en chef : Jean Taralon. Architecte en chef : non désigné, relevant de la Présidence.
Champs présente, comme Rambouillet, une caractéristique particulière : il s’agit non seulement d’un château-musée, mais surtout d’une résidence présidentielle (97). Cet archétype du château de plaisance du XVIIIe siècle n’a toutefois jamais été occupé par la Présidence (98) et a été, comme chacun le sait, ouvert au public en juillet 1935. Il servit uniquement aux séjours de dignitaires étrangers, ce qui était logique, au vu de son confort moderne.
Champs n’a fait l’objet d’aucune protection particulière avant l’arrivée des forces allemandes. Trop récemment classé et réputé vide de mobilier de valeur, les experts de la Kuntschutz décidèrent néanmoins, on ne sait trop pourquoi, que des troupes n’y soient pas casernées. Le domaine resta donc ouvert au public, dans les limites des nouvelles lois scélérates édictées par les autorités de fait. La présence de l’Occupant se limita alors à quelques sentinelles, à des fins de maintien de l’ordre.
Cette grâce inespérée n’a toutefois rien fait pour le domaine, aujourd’hui en piteux état : [/i]« le parc est en friche, les bois ont envahi les prairies, les parterres ne sont plus taillés »[/i] (dixit le Jardinier en chef). En sus, les autorités de fait ont cru pouvoir imposer dans les communs la présence d’un groupe des soi-disant FST – lequel n’est fort heureusement pas resté longtemps sur le site.
Château de Fontainebleau (département de la Seine-et-Marne)
Conservateur en chef : Charles Terrasse. Architecte en chef : Albert Bray.
La défense passive de Fontainebleau (99) a été préparée avec soin par les responsables concernés dès 1937 – nonobstant d’importants conflits de prérogatives et de méthodologie pour la protection des œuvres les plus vulnérables, en l’espèce les peintures prises dans les lambris. La dépose totale l’emporta. Du 27 août au 5 septembre, les équipes accomplirent un travail extraordinaire de dépose et de conditionnement de pièces entières : de la Salle de Bains de l’Empereur à la Galerie des Assiettes, et y compris les glaces peintes ! Les Tapisseries du Salon François 1er et du Salon d’Angle furent roulées sur cylindre, tous les tableaux sur chevalet décrochés – chaque positionnement étant marqué par un système d’étiquetage et de calepinage. Ces éléments furent ensuite entreposés sur place, essentiellement dans l’Escalier François Ier pour les pièces les plus volumineuses, dans la chapelle basse Saint-Saturnin et sous l’ancienne Comédie pour les autres.
Les éléments intransportables – portique Serlio de la cour ovale, retable de la Chapelle de la Trinité – furent protégées par de triples rangées de sacs de sable et les menuiseries des pièces dites “stratégiques” recouvertes de plaques de tôle ou de bois, à l’exception malheureusement de la Galerie François 1er et des grands appartements, dont la taille des baies ne permettait nulle protection. Enfin, les échafaudages nécessaires aux travaux en cours sur les façades furent immédiatement démontés puis évacués.
Il convient d’adjoindre à ces précautions le caractère protecteur du château en lui-même, lequel devait servir d’abri anti-aérien pour la population, avec installation notamment d’un système de ventilation contre les gaz de combat. La Direction des Beaux-Arts et le Conservatoire National de Musique avaient d’ailleurs prévu de s’y replier en cas de bombardements de Paris, on sait ce qu’il en advint. Après de laborieuses négociations avec le Service de Santé des Armées, il fut par contre convenu que le château ne serait pas réquisitionné et transformé, comme jadis, en hôpital militaire.
Après de brefs combats ayant endommagé la façade Louis XV (plusieurs obus de moyen calibre), la ville fut prise. Fontainebleau connut ainsi sa troisième occupation militaire en quelques décennies. Le domaine fut immédiatement réquisitionné. Cette occupation fut une très lourde charge pour tous les agents du domaine, lequel dut par ailleurs fournir de l’eau à la ville, en remplacement d’un système civil désormais hors service.
Nous pouvons convenir que le château a de tout temps réservé une large place à la fonction militaire, comme tout le domaine et en général la ville entière de Fontainebleau. Néanmoins, la présence massive de troupes allemandes, avec pas moins de 20 000 hommes, ne pouvait qu’avoir d’importantes conséquences. L’entremise de la Kuntschutz et du comte Franz Wolff Metternich permit cependant que le palais national en lui-même ne fût pas réquisitionné pour les casernements.
En revanche, elle n’empêcha malheureusement pas l’Allemand d’installer dans l’aile Louis XV (100) son commandement suprême en France, ainsi que l’ensemble des services liés (101). M. Bray passa de longs moments à tenter d’éloigner les Occupants de cet espace prestigieux et fragile pour les renvoyer vers les espaces périphériques, mais sans y parvenir avant l’hiver 1940-41 (102). Les Allemands multiplièrent par ailleurs les travaux dangereux ou dénaturant l’édifice – avec par exemple l’installation d’une nouvelle plomberie et d’électricité reliée directement à la centrale attenante.
Signe du statut particulier de Fontainebleau (103), l’Allemand y organisera de nombreuses et bruyantes célébrations (retraites aux flambeaux (104), dîners aux chandelles, cérémonies de remise de médailles, concerts, banquets…). Le théâtre et la salle de bal furent particulièrement sollicités, ainsi que, ponctuellement, la salle des gardes, sans qu’il soit possible de renvoyer vers le moindre espace accessoire.
Évidemment, le décret pris par les supposées autorités de fait en février 1941, interdisant l’accès au théâtre pour raisons de sécurité, ne fut jamais respecté (105). Chaque fois, la Kuntschutz délivrera une autorisation idoine, sans en référer à nos services et sans bien sûr qu’il soit possible d’assister à ces événements, même à des fins de sécurité. Nos services ont donc été contraints de déployer quelques tapis et tapisseries, afin de tenter de protéger ce qui pouvait l’être – au grand dam de l’Occupant. Par suite, le musée napoléonien, pour partie installé dans les salles réquisitionnées, devait être régulièrement fermé – des réouvertures très partielles restant possible, selon les opportunités comme des moyens en collections ou en personnel. Le mobilier restant fut quant à lui en partie expédié à Paris, afin de meubler les locaux de l’autorité de fait.
Il fallut attendre mars 1941 pour que M. Terrasse obtienne, de guerre lasse, l’autorisation de réouverture du musée (106) – démarche bien naturelle mais qui devait s’avérer contreproductive, quand des sections entières de fantassins débarquèrent, fusil à l’épaule, dans les appartements de l’Empereur, éraflant partout les boiseries de la crosse de leurs armes ! Convenons toutefois que ces dommages s’avérèrent globalement légers sur l’ensemble de cette période.
La Kuntschutz du comte Franz Wolff Metternich avait, semble-t-il, des projets pour Fontainebleau – en témoigne la visite du comte le 17 septembre 1940, soit le lendemain du fameux déjeuner de travail que nous évoquions plus haut. Il procéda avec M. Carlheinz Pfizner à une inspection rigoureuse du monument, en présence de M. Bray – avec une attention particulière pour la période Renaissance, laquelle devrait plus tard faire l’objet d’un reportage photographique scientifique exhaustif.
Reste le cas des bâtiments annexes. Ceux-ci, déjà dévolus à des fonctions militaires avant-guerre, connurent une activité démultipliée, génératrice d’autant de dégradations et de délits : intrusions, vandalisme, installations précaires (des cuisines furent ainsi déplacées en urgence de la Cour des Princes vers la Cour des Offices !). Le souterrain reliant les cuisines au château fut muré. Le parc fut le théâtre de nombreux exercices : passage de blindés, circulation de camions, terrassement de tranchées… Les parterres servaient de terres agricoles, au bénéfice de l’armée allemande comme de l’autorité de fait (107). M. Bray ne put rien faire pour la colonie de carpes des cours d’eau, en dépit d’accrochages parfois vifs à ce sujet. Quant au canal du Bréau, il servait au lavage des véhicules !
On le voit, Monsieur le Ministre, nos établissements ont connu des sorts divers. Ceux-ci devaient varier encore davantage après le retour heureux de nos armées sur le continent.
Par ailleurs, à l’état précédent, nous nous sommes permis d’adjoindre deux ouvrages plus éloignés de la Capitale, au vu de leur importance.
Château de Compiègne (département de l’Oise)
Conservateur en chef : Jean Bourguignon (adjoint : Jacques Robiquet). Architecte en chef : Marc Bitterlin.
Le château de Compiègne accueille depuis 1927 le Musée de la Voiture et du Tourisme – en complément de son prestigieux passé de résidence impériale. Il a fait l’objet d’un ordre de fermeture et d’évacuation à compter du 20 août 1939. Quatre convois furent organisés en conséquence du 28 août au 17 octobre, tous à destination de Paris. L’ensemble des fenêtres et le grand vitrail de la chapelle furent protégés par des sacs de sables – les cheminées et les sculptures du parc étant encoffrées. Les œuvres intransportables (lustres) furent rassemblées dans la salle des colonnes, tableaux et porcelaines allant respectivement au 1er étage et dans la cave à vins. L’important réseau de souterrains fit l’objet d’un récolement sur plan afin de servir d’abri antiaérien pour la population (108). Les combles furent vidés et régulièrement inspectés La rapidité et l’efficience de ces dispositions doit sans doute beaucoup à l’incendie tragique de 1919, lequel avait entrainé la destruction d’une partie de l’aile sur la Terrasse. Et pourtant, l’activité muséale se maintint, au fil de l’hiver 1939 et de sa longue période d’attente. A tel point que le 1er avril 1940, un certain nombre d’œuvres revinrent au Musée de la Voiture et du Tourisme, pour réouverture.
Le 16 mai 1940, devant l’aggravation de la situation, le château accueillit plusieurs dépôts tierces (archives privées, musée municipal). Le 19 mai, deux bombes d’avion détonèrent sur la terrasse, devant l’appartement de l’impératrice. La balustrade fut endommagée, les fenêtres soufflées. Le lendemain 20 mai, l’ensemble de la population – donc du personnel du château –se vit évacué, à l’exception de MM. Robiquet et Bitterlin. Ceux-ci firent plusieurs déplacements vers Paris mais organisèrent finalement un dernier convoi parti le 31 mai à destination de Chambord, comprenant la majorité des tableaux comme du mobilier.
Le 7 juin, deux obus atteignirent le château au second étage de la rue d’Ulm et à un angle du front de l’aile gauche. Le domaine comme le château se préparèrent à des combats : des tranchées furent creusées sur la place d’Armes, mais la ville tomba le 11 juin 1940.
Étant donné la simple géographie, Compiègne fut occupée vite et longtemps. Toutefois, et fort curieusement, si de nombreux Allemands s’arrêtèrent dans le château, aucun ne s’y installa jamais véritablement. Certes, le 25 août, le surveillant Grégoire – le premier de retour à son poste – dut faire décamper, avec l’appui de la Kommandantur, un groupe d’une dizaine d’Allemands ayant élu domicile dans le bureau de l’architecte. Et il fallut ensuite de nombreuses démarches pour que M. Robiquet pût seulement constater le sac des archives et le vol de nombreux objets, tels que des plaques en biscuit ou des pièces d’argenterie (coffret offert par la ville de Saint-Pétersbourg à la France en 1900). Mais, en définitive, l’édifice fut vite confié à des mains françaises – ce pillage gênant les efforts de respectabilité de l’Occupant, ce dernier renforça même la sécurité du château avant d’en interdire finalement l’accès.
Dès lors, nos agents eurent essentiellement à lutter contre les menées de l’autorité de fait, laquelle entreprit diverses installations d’administrations (jamais pérennes) et ponctionna de nombreux meubles – pour l’essentiel fort heureusement de série – à des fins non précisées. Le mobilier mis en dépôt sera pour sa part récolé en septembre 1943. La ville subit également de nombreux bombardements, laquelle n’impactèrent heureusement que fort peu le sujet nous occupant. Le Musée de la Voiture et du Tourisme resta ouvert trois jours par semaine.
Château de Chantilly (département de l’Oise)
Administrateur en chef : Georges Fossiez. Conservateur adjoint : Henri Malo.
En préambule, il nous faut rappeler ici que le château de Chantilly relève d’un statut extrêmement particulier. En effet, lors que le duc d’Aumale, Monsieur Henri d’Orléans, céda en 1884 à l’Institut de France le château et les biens s’y trouvant pour créer le futur Musée Condé, il décida expressément de le confier à « un collège de conservateurs représentant trois des cinq académies de l’Institut ». En 1939, les responsables désignés étaient :
- Monsieur Gabriel Hanotaux, de l’Académie Française,
- Général de Castelnau, de l’Académie des Beaux-Arts,
- Maréchal Pétain, de l’Académie des Sciences Morales et Politiques,
Les deux premières de ces personnalités ne jouèrent que fort peu de rôle dans la gestion du musée (109), la majorité des décisions étant prise par le président de la CAC de l’Institut de France, Louis-Germain Martin (110), et le président de la Commission de Chantilly, le baron Ernest Sellière (111) – lesquels engagèrent l’étude d’un plan d’évacuation et de protection des œuvres dès le 11 septembre 1938. Des divergences entre MM. Fossiez et Malo, partisans respectivement de la protection in situ et de l’évacuation, se firent rapidement jour, jusqu’à ce que Monsieur Germain Martin tranche en faveur de la première hypothèse, avec l’appui du maréchal Pétain – pour finalement revenir en arrière de façon hélas fort tardive (112). Le conditionnement se fit dans des conditions non académiques (113) et l’évacuation ne put avoir lieu avant le déclenchement des opérations, faute de point de repli défini (114).
Le 19 mai 1940, un bombardement aérien eut lieu sur la gare et les pistes d’entrainement des Aigles, tous deux proches du domaine. Le 21 mai, la municipalité fut évacuée sur ordre du préfet – ordre contremandé (115) par les services de l’état. S’ensuivit une période de flottement et d’inoccupation, qui permit à l’Armée française de s’installer dans le Domaine, offrant aussi son concours à la sécurisation voire, enfin, à l’évacuation des collections. Il fallut attendre le 25 mai pour que l’opération soit enfin engagée (116) par 20 camions de la Samaritaine. Deux cent quatre-vingts caisses quittèrent le domaine, pour commencer une longue errance.
Les camions se rendirent dans un premier temps à Orléans, chez Mme la comtesse de Poncins, récente donatrice d’une collection de portraits. Celle-ci refusa son secours, étant plutôt occupée à évacuer ses propres biens. Le convoi finit par échouer à Châteauroux, où la préfecture le fit garer un long temps au château de la marquise de Duranty, sous escorte militaire. Le 28 mai, un point fut enfin trouvé : le château de Lancosme, propriété du baron de Lestrange à Vendœuvres (Indre). Cinq camions y parvinrent avant que des difficultés techniques ne suspendent l’opération (absence de moyens de lutte anti-incendie, incertitudes sur la tenue des caves).
Le 16 juin, le front n’était plus qu’à 20 kilomètres de Châteauroux et il restait encore le contenu d’une quinzaine de camions. M. Malo n’obtint aucune réponse des services de l’État, ni de l’Institut (117) – l’intercession du capitaine Bauvy permit d’obtenir un camion pour l’évacuation rapide des œuvres majeures. C’est finalement dans la nuit du 17 au 18 juin que dix-neuf caisses furent chargées dans un autobus qui descendit vers le sud sans destination précise : Angoulême, Marmande… Ces caisses échoueront finalement au château de Marcellus, chez le comte de Montbron. En ces circonstances tragiques, la nouvelle de l’hospitalisation du maréchal acheva de semer l’effroi et la consternation dans les équipes subsistantes.
En ce qui concerne le Domaine, il se retrouva sur la ligne de front du 8 au 11 juin avec tout ce que cela suppose : destruction des passerelles et ponts de pierre, coupe d’arbres, terrassement de tranchées. Le 9 juin, plus aucun civil n’était toléré au domaine, eu égard à la nouvelle évacuation totale ordonnée. Ici, M. Fossiez, pourtant revenu entretemps pendant que M. Malo était parti évacuer les œuvres, disparut. Quoiqu’il en soit, le 12 juin, un combat d’artillerie détruisit la zone technique “La Fourrière” et le 13 les Allemands entrèrent en ville.
Le 15 juin, un officier et quelques hommes se présentèrent devant le Domaine. L’archiviste Jean de Boislisle déclara en allemand que le château était sous l’autorité du maréchal Pétain – les Allemands ne se retirèrent qu’après avoir mis le désordre et vidé les caves. Le pauvre Boislisle assuma seul la garde du Domaine pendant une semaine, le temps pour la Kommandantur locale d’estimer que la visite du château ne pouvait avoir lieu que sur autorisation. En cela, il faut remercier Son Excellence l’ambassadeur des Etats-Unis, qui résidait au château Saint-Firmin (118) et put émettre protestation. L’autorité militaire s’installa néanmoins dans le Domaine, et plus particulièrement dans les belles demeures de l’Institut, au nord du Grand Canal.
Le 16 septembre, particulièrement inquiet de l’état de Chantilly – à l’abandon et sous la garde de deux personnes seulement – comme de celui de l’ensemble des biens de l’Institut, M. Germain-Martin écrivit personnellement au comte Franz Wolff Metternich. Le 23 septembre, l’Institut de France reçoit dans ses locaux quai de Conti le capitaine Felix Kuetgens, auquel il fut remis une liste d’institutions et musées pour lesquels on sollicitait protection. Cinq d’entre eux reçurent immédiatement la sauvegarde (119), mais ce ne fut pas le cas du Musée Condé et de Chantilly. En désespoir de cause, il fallut se tourner vers les autorités de fait, lesquelles ne purent donner suite que six mois plus tard, le 25 mars 1941. A cette date, les locaux étaient occupés par une unité de la Luftwaffe, et le domaine servait de lieu de villégiature.
Entretemps, le château avait été déserté. Les galeries étaient arpentées par des soldats observant des cadres vides, dans une atmosphère de désolation. Un incendie déclaré le 8 février 1941 ravagea la grange à fourrage du manège, anéantissant le legs de la comtesse de Caen, autrefois déposé à la Galerie des Beaux-Arts. L’armée de l’air allemande détruisit une section de 11 kilomètres du mur du parc, ainsi que la maison forestière d’Apremont, afin d’en récupérer la pierre. M. Fossiez revint finalement, sur ordre, gérer ce désastre, ainsi que la présence d’une unité militaire dans les Grandes Écuries (120) et d’un camp de prisonniers pour soldats coloniaux, dont une récente évasion avait rendu les Allemands particulièrement nerveux, à tel point qu’ils ne toléraient plus la moindre présence française autour de leurs installations. C’est finalement au château d’Enghien que tout le personnel trouva refuge.
Tous ces faits, dûment signalés, déclenchèrent une nouvelle inspection de la Kuntschutz, menée par le capitaine Hans Hörmann. Celui-ci note : « Le château est désormais gardé et sécurisé, et reste dans un état satisfaisant. Les mesures nécessaires de protection contre l’incendie ont été prises. Une partie importante des précieux objets et livres du musée a été évacuée en d’autres lieux. Les dommages de guerre liés à nos armes sont absents. Il n’y a pas de troupes dans le bâtiment. ». Concernant les parties détruites, Hörmann écrit : « Même si le mur peut être considéré comme un monument et qu’il présente une construction exemplaire, simple et irréprochable du point de vue architectural et technique, il serait sans doute disproportionné de vouloir le déclarer intouchable dans son ensemble face aux nécessités impératives de la défense aérienne. Quant à la démolition de la maison forestière, la mauvaise qualité constatée des matériaux rend improbable la poursuite des démolitions. ». Précisons que le capitaine n’avait pu visiter les écuries. Il fallut attendre le 2 décembre 1941 et le comte von Kalnein pour cela.
Dans l’entretemps, les autorités de fait voulurent procéder à l’enlèvement des statues de bronze présentes dans le parc, à des fins de fonte. Si les Joffre et Duc d’Aumale ne purent être sauvées, notons que le Connétable Anne de Montmorency et les Cerfs & Chiens de Cain restèrent en place, grâce à la sage inertie du personnel de la Ville de Chantilly.
C’est donc un panorama pour le moins contrasté mais encore maitrisé – à l’exception déplorable de Chantilly – qui attendait le retour de nos armes au début de septembre 1943.
Notes
97- Don en 1934 de la famille Cahen, qui l’avait restauré et meublé, du fait de « l’incertitude des lendemains » – ces financiers et industriels juifs avaient déjà quelques raisons d’être inquiets. Les collections avaient alors été vendues aux enchères.
98- En pleine période de Front Populaire, cela aurait pu être mal perçu.
99- Musée des Beaux-Arts depuis 1927.
100- Réaménagée par Napoléon III et résidence présidentielle, elle dispose notamment de l’électricité.
101- Jusqu’au retour de l’OKH en Allemagne, au mois d’octobre 1940. Un hôpital de campagne fut aussi installé.
102- L’absence de cheminées (neutralisées) et le remplacement par des poêles fort peu efficaces fut pour beaucoup dans le départ allemand !
103- Détail significatif, le château n’était pas soumis au couvre-feu.
104- Notamment lors de la cérémonie pour le maréchalat de Walther von Brauchitsch, le 19 août 1940.
105- A la lecture des comptes-rendus, il semble bien que le théâtre ait été plus utilisé par l’armée allemande que par Napoléon III, son commanditaire !
106- Dont l’accès fut d’ailleurs initialement payant même pour les Allemands – il y avait des frais… Enfin, jusqu’à ce que la Kommandantur en entende parler !
107- Ils étaient cultivés par des prisonniers de guerre ou des chômeurs.
108- Ces souterrains serviront beaucoup !
109- De par leur âge, mais ce serait grossier de l’écrire.
110- Ancien ministre des Finances.
111- Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.
112- Jaujard ne souhaite pas revenir pour rien sur des sujets qui fâchent. Initialement, la collection était supposée être stockée dans les carrières situées sous les pelouses voisines… jusqu’à ce qu’Henri Malo démontre l’extrême humidité, donc l’inadéquation de l’endroit. Entretemps, le château ne cessa de repousser les mains tendues de l’État, notamment du ministère de l’Éducation Nationale, par peur d’une ingérence voire d’une confiscation des collections. Pétain aurait dit à ce sujet : « Il convient avant tout de conserver notre indépendance ».
113- Avec du personnel mis à disposition par la mairie, le personnel du Domaine étant mobilisable, faute de demandes d’exemption.
114- Le maréchal Pétain se serait personnellement opposé à une évacuation vers le château de Verteuil en Charente, mis à disposition par le comte Gabriel de la Rochefoucauld, prétendument de crainte d’un bombardement du convoi.
115- Les Allemands étaient encore loin ! Le préfet de l’Oise, Maurice Mathieu, sera révoqué pour défaitisme.
116- Malo et Fossiez, enfin d’accord, en avaient appelé au cabinet du Maréchal, qui avait refusé son appui. Il fallut attendre quatre jours pour que Pétain consente enfin à autoriser cette opération pourtant si nécessaire ! Dans le même temps, tout le personnel avait décampé, sauf le malheureux Malo qui écrivait : « Le tout avait été minutieusement préparé. J’avais été tenu dans l’ignorance la plus complète de ces préparatifs et abandonné à mes propres ressources, aussi pour mon personnel que pour moi. Le personnel ayant pu trouver des véhicules étant parti avant que M. Fossiez ne fût revenu de Paris, tout le personnel du Domaine était parti de son côté, ainsi que toutes les autorités civiles et religieuses de Chantilly. Je me trouvais seul pour assurer la garde du château. Comme toujours, sans instructions. »
117- La préfecture renvoya justement vers l’Institut de France, précisant charitablement qu’il devait se trouver à Bordeaux !
118- Au sein du Domaine.
119- Château de Lauroy, château de Langeais (deux dépôts pour collections évacuées), Palais de l’Institut, Musée Jacquemart-André, Musée Marmottan.
120- La Veterinär-Park 692. Précisons que M. Fossiez demanda que le domaine perçoive un loyer pour cette réquisition – faute de retour de l’armée allemande, il se retourna… vers la Mairie.
Dernière édition par Casus Frankie le Jeu Jan 15, 2026 16:20; édité 1 fois |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3974 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 12:36 Sujet du message: |
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On apprend énormément de choses avec la FTL. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11750
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 12:44 Sujet du message: |
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T'est sauvé (pour cette fois !) pauvre Casus, les notes sont impeccables. _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12883 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 13:03 Sujet du message: |
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Je m'attendais à une réaction sur ce brave Philippe, qui n'en aura décidément pas raté une seule.
| Citation: | | Henri Malo démontre l’extrême humidité, donc l’inadéquation de l’endroit. |
Mais si, les carrières sont saines. (jette un bouquin moisi sur le bureau) J'ai laissé ce bottin il y a 2 mois sur le sol de ces carrières, vous voulez le feuilleter ?
Oui ca s'est fait comme ca. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11750
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 15:17 Sujet du message: |
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| Citation: | | le baron Ernest Sellière |
Que voilà un nom familier. Laisse moi deviner: grand-père de l'autre, appellé "baron de MEDEF" par le Chirac version Guignols ? _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
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"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11802
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 16:05 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | Je m'attendais à une réaction sur ce brave Philippe, qui n'en aura décidément pas raté une seule.
| Citation: | | Henri Malo démontre l’extrême humidité, donc l’inadéquation de l’endroit. |
Mais si, les carrières sont saines. (jette un bouquin moisi sur le bureau) J'ai laissé ce bottin il y a 2 mois sur le sol de ces carrières, vous voulez le feuilleter ?
Oui ca s'est fait comme ca. |
Je peux réagir maintenant, si tu veux?
Pour être honnête, ce n'est pas tant Pétain qui en faute que la volonté du donateur (Henri d'Orléans) de diviser la gestion du château et des collections qui y reposent pour les confier à un triumvirat (la forme la plus instable de gouvernement, la preuve en a été donné par les Romains, il y en toujours un qui meurt trop tôt et les deux survivants finissent par s'écharper). Les deux présents sur le site ne s'entendaient pas et n'étaient jamais de la même opinion, quant à Pétain, il avait plus de 90 ans et à cet âge (surtout à cette époque) le 'pauvre' vieux était plus préoccupé par ses siestes que par la conservation des trésors du pays ou même par les grandes questions du pays. C'était déjà pas une très bonne idée de le nommer là, c'est certain. Mais comme pour Vichy, il servait plutôt de figure de proue et le désigner comme seul responsable de tout ce qui a suivi revient à exonérer les autres responsables ici, Gabriel Hanotaux et le Général de Castelnau. Peut-être que le vrai responsable du désastre est le duc d'Aumale pour ne pas avoir popté pour un système plus simple. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12883 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 19:15 Sujet du message: |
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C'est tout de même Petain qui, pendant 3 ans, a refusé toute préparation conjointe avec l'état. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4394 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 20:12 Sujet du message: |
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| Anaxagore a écrit: | | quant à Pétain, il avait plus de 90 ans et à cet âge (surtout à cette époque) le 'pauvre' vieux était plus préoccupé par ses siestes que par la conservation des trésors du pays ou même par les grandes questions du pays. C'était déjà pas une très bonne idée de le nommer là, c'est certain. | OK, à 90 ans, Pétain devient complètement sénile (et encore plus cochon qu'il ne l'était avant, si c'était possible. On se demande comment il a fait à Vichy pour que ça ne se voit pas trop...)
Mais là, il n'en a encore "que" 84 ans et relativement toute sa tête.
Mais néanmoins, au lieu de s'adresser directement à la Vieille Gloire ou ses aides de camp, l'aurait mieux valu en toucher 2 mots au Dr Ménétrel : il sait à quel moment et comment lui parler...  _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 12883 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Jan 14, 2026 20:39 Sujet du message: |
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Je nie le mensonge du Pétain sénile. Ce n'est attesté par rien, et même pas par lui lors de son procès. Seuls ses défenseurs ont accrédité cette thèse Post Mortem. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15399 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 15, 2026 11:04 Sujet du message: |
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3 – Historique des opérations de sauvegarde et de transfert menées entre le 6 septembre 1943 et le jour présent
La dégradation continue de la situation de l’ennemi s’accompagna logiquement d’un raidissement de ses positions. Le comte Franz Wolff Metternich partit, mis en congé dès le mois de juillet 1942, pour des raisons jamais précisées (121) – ce qui nous fit grand tort, au vu des relations constructives que nous entretenions avec lui. Son successeur, Bernhard von Tieschowitz, ne fut jamais aussi bien disposé.
Le 10 septembre 1943, la Kuntschutz édictait une liste d’instructions à destination des musées et dépôts, dans un contexte de reprise des combats – elles furent peu suivies, soit qu’on ne disposât pas des moyens pour y donner suite, soit que ces dispositions (protections passives pour l’essentiel) fussent déjà mises en œuvre, sinon préparées. Ainsi, j’ordonnai personnellement la descente systématique des pièces précieuses dans les sous-sols. Restait simplement à attendre désormais, mais avec une certaine angoisse, l’arrivée des armées de la Libération, en envisageant une évacuation des dépôts vers la Suisse.
Château de Sceaux (département de la Seine)
Conservateur en chef : Georges Poisson. Architecte en chef : Léon Azéma.
L’Allemand a quitté Sceaux le 22 mai 1944. L’IGN y a ensuite pris ses quartiers de vive force, avant qu’un ordre de réquisition n’y place un quartier général américain. Les termes de cette occupation n’autorisent « ni installation, ni aménagements intérieurs ». Ce point est heureux, car les nombreux passages comme l’absence d’entretien ont notablement fragilisé les toitures et les maçonneries. En l’état, le site parait impropre à de nouvelles expositions sans travaux – le premier d’entre eux devant être la démolition de l’excroissance en bois, une ignoble verrue édifiée par les Allemands pour servir de cantine. Il ne faudrait pas, toutefois, que cette vacance perdure, tant elle est propice aux mauvaises décisions, voire aux coups de force. Nous engageons donc vos services à réparer et réoccuper Sceaux dans les meilleurs délais (122).
Si les premiers retours de Chambord semblent rassurants en termes de conservation des œuvres, reste leur devenir et leur répartition. En effet, les listes de Carnavalet et de Sceaux ont malheureusement été détruites par le feu lors d’un bombardement, alors que des échanges avaient eu lieu entre les collections. De plus, les personnes ayant procédé à ces échanges, parfois à l’amiable et sans trace écrite, ayant disparu, le rétablissement des collections parait à cette heure bien complexe. Nous disposons même à cette heure de plus d’œuvres qu’il ne devrait y en avoir selon nos archives – alors que plusieurs semblent manquantes (123) !
Reste qu’à présent, Sceaux parait bien dévastée. M. Poisson m’écrivait, en conclusion de son rapport qui a servi de matière à ces lignes : « Sceaux a lourdement pâti des années de guerre. Le château a été successivement occupé par les Français, les Allemands et les Américains, tous laissant des traces de leurs passages. Les parquets sont défoncés, les glaces brisées, les parois salies et par-dessus tout règne une odeur de soldat. ».
Château de Vincennes (département de la Seine)
Conservateur en chef : André Hurtret. Architecte en chef : Jean Trouvelot.
A compter du 6 septembre 1943, le fort Neuf devient la sinistre scène d’exécutions sommaires de combattants de l’intérieur faits prisonniers. Les chiffres varient selon les témoignages et les époques – évidemment, des officiels français n’étaient pas invités. Mais les martyrs se comptent probablement par centaines (124).
A compter du 8 mai 1944, des chars commencèrent à stationner dans les cours, et un dépôt d’explosifs fut installé dans le donjon. Mais le pire advint quand deux cents hommes de la Division Panzer Lehr en retraite prirent possession du château pour la nuit du 26 au 27 mai. En partant, ils firent détonner l’ensemble des réserves d’explosifs, y compris celles des casemates situées autour des ouvrages classés et dans le donjon. L’effet fut dévastateur. Des détonations de forte intensité se succédèrent pendant plus d’une heure. Entendues des kilomètres à la ronde, elles mirent un point final à l’occupation du château. En effet, quand elles cessèrent, il n’y avait plus de château.
Les bâtiments du XVIIe, ainsi que les collections qu’ils renfermaient, furent ravagés par les explosions puis les incendies qui suivirent. Le Donjon vit ses voûtes puis ses planchers s’effondrer, ébranlant les murs et détruisant la chambre de Charles V ainsi que son fameux escalier à grande vis, alors que le tourillon Nord basculait sur le mur d’enceinte, éventrant façade et muraille !
Les dommages sont considérables. On n’a pas vu pareil désastre depuis la destruction du donjon de Coucy (125) en 1917 et il faut encore en faire l’inventaire complet. Le Pavillon de la Reine parait d’ores et déjà perdu. La toiture récemment refaite du Pavillon du Roi a empêché la propagation des flammes dans cet ouvrage – seule sa partie sud a été dévastée. Le mur d’enceinte de Charles V est percé en trois endroits, au nord, au sud et à l’ouest. Quant au donjon, ses façades ne tiennent plus que sous leur poids propre, elles sont à la merci du vent comme d’un déblaiement trop vif. On ne peut que constater avec effarement l’état des lieux du bâti. M. Hurtret me disait, visiblement ému : « Tout un passé est mort ».
Tentons néanmoins un premier inventaire des pertes.
- La salle des Gardes d’Anne d’Autriche avec le Grand Plafond “Apollon et les muses” (Michel Dorigny),
- Les appartements de la Reine Mère et ses voussures de l’école de Philippe de Champaigne, ainsi que les boiseries Louis XIV,
- La majorité des collections de la bibliothèque : 34 000 ouvrages, 20 000 pièces exposées (dont bronzes, maquettes et statues), 300 collections de périodiques. Nous estimons la perte à la moitié des fonds,
- Presque la moitié des collections de journaux,
- La totalité du fond russe antérieur à la révolution de 1917,
- La collection des toiles de Raoul Dufy (126),
- La quasi-totalité des archives photographiques (127),
- L’ensemble des vitraux, meneaux et remplages de la Saint-Chapelle,
- La couverture de la Sainte-Chapelle (soufflée à 35 %),
- L’intégralité des ouvrages intérieurs au Donjon, dont la Salle des Gardes, la chambre de Charles V, la chapelle attenante, l’oratoire, le troisième étage et le tourillon Nord.
L’arrivée de nos forces eut lieu dans un château dévasté, au milieu des gravats, de mobiliers épars et dans des cours encombrées de matériels militaires.
Il nous faut cependant aller de l’avant. Nous n’excluons pas de retrouver certaines pièces ou œuvres sauvegardées par miracle dans une zone plus solide, même enterrées sous les déblais. C’est un travail archéologique qui va devoir être mené à Vincennes. Le domaine revivra, il le faut pour notre histoire (128).
Musée du Louvre (département de la Seine)
Directeur du Musée du Louvre : Jacques Jaujard. Architecte en chef : Albert Ferran.
Les œuvres déménagées pendant le mois de septembre 1943 furent nombreuses : Diane de Versailles, Marsyas, Vase de Sosibios, Enfant à l’oie, Aphrodite accroupie… Cette mise à l’abri quasi-totale nous permit paradoxalement de procéder enfin à un inventaire et à un classement complet, avec par exemple mise en place d’une répartition géographique, prélude à l’étude et à la rédaction de catalogues. De même, la période de mise en stock de certaines statues de la Grande Galerie, parmi d’autres exemples, a offert l’opportunité de procéder à des restaurations prévues de longue date. Enfin, les dons effectués par de nombreux particuliers ont notablement enrichi certains départements (129).
Nous reçûmes en avril 1944 un message convenu de longue date par la BBC : « La Joconde a le sourire » (130). Cela signifiait que l’ensemble des caches étaient identifiées ou déjà de retour sous nos armes.
En mai, comme chacun sait, la libération de Paris fut surtout l’affaire de la rive gauche – hormis quelques tirs d’armes automatiques dans la Grande Galerie, l’institution n’eut pas à souffrir davantage de dommages.
Monsieur le Ministre, le Louvre est déjà prêt à rouvrir. Avec votre appui, il parait possible de le rétablir avant la fin de l’année dans toute sa splendeur et sa volonté d’édification. Au nom de tous les agents, fonctionnaires et employés de cette noble institution, je compte sur votre appui afin que ce souhait que nous exprimons tous devienne au plus vite une réalité (131).
Musée Nissim de Camondo (département de la Seine)
Conservateur en chef : Louis Metman puis Jacques Guérin (à compter de 1943). Architecte en chef : sans objet, bâtiment non classé.
Le sujet évolua peu durant l’hiver 1943-1944, restant dans une sage torpeur. Plusieurs expositions étaient certes prévues sous la supervision de Jacques Guérin, mais il s’agissait de simples projets destinés à maintenir une activité scientifique.
Durant cette période, nous eûmes également à rappeler régulièrement le fait que l'ensemble du musée comme des collections n'était plus assimilable à un bien dit “juif”, de par le legs réalisé à l’État. A ce titre, les multiples demandes de récupération par divers services du Commissariat aux Questions juives créé par l’autorité de fait restèrent globalement lettre morte, par ce que nous appellerons une sorte d’inertie légale.
Nous craignions toutefois toujours un vol en bonne et due forme de la part d’un quelconque dignitaire allemand. Mais cela n’arriva pas (132). Finalement, nous devons convenir que, sous toute réserve de l’inspection des collections revenues des dépôts, le Musée des Arts Décoratifs n’a connu que des dommages légers.
C’est évidemment heureux. Mais il est toutefois à craindre que, désormais, le Musée Nissim de Camondo ne soit davantage connu pour la terrible histoire de cette sombre période que pour ce qui subsiste de ses collections, a fortiori avec la disparition malheureusement possible de l’ensemble des descendants du comte Moïse de Camondo (133).
Château de Rambouillet (département de la Seine-et-Oise)
Conservateur en chef : Gérald Rémy. Architecte en chef : André Japy puis Ernest Poncet.
A compter du 10 septembre 1943, l’Occupant se retire de sa propre initiative du domaine comme du château, ayant désormais visiblement d’autres soucis. Le site reste un lieu de passage et d’exercice, interdit à nos agents mais entretenu dans des conditions analogues à celles antérieures. Détail sordide : le traître Laval aurait demandé à y loger à de nombreuses reprises, sans rencontrer le moindre succès dans sa démarche (134).
Libéré le 24 mai par nos troupes, le site, un temps occupé par les services de la 2e Division Blindée, semble en passe de retrouver assez vite sa vocation première – quand bien même il sert encore de résidence aux officiers supérieurs français de passage (135). A cette fin, il serait très souhaitable que les officiers américains encore présents à demeure dans certains appartements soient vite logés dans d’autres domaines. M. Poncet m’alerte à raison sur une tendance notable aux feux de cheminée, source de risque d’incendie majeurs. En sus, plusieurs dépôts d’armes ont été installés dans le domaine, sans que les autorités paraissent s’en émouvoir – ils sont responsables de saccages et de dégradations. Des tentatives d’intrusion voire d’installation d’un camp de prisonniers (!) auraient également eu lieu. De pareilles initiatives ont un effet proprement désastreux. Nous ne doutons pas, Monsieur le Ministre, de votre intercession afin de résoudre une fois pour toute ce pénible contentieux, que nous ne pourrions tolérer dans aucun ouvrage, mais encore moins à la Présidence de la République.
Château de Saint-Germain-en-Laye (département de la Seine-et-Oise)
Conservateur en chef : Raymond Lantier. Architecte en chef : Jean-Baptiste Hourlier.
Après le débarquement du 6 septembre, nos services ne purent que renforcer les barricades sur les meneaux et portes, en attendant que l’orage passe. Les combats du printemps suivant ne firent fort heureusement aucun dégât. M. Lantier m’écrit : « Le musée n’a pas eu à souffrir de ces différentes occupations et on doit se féliciter de la chance qui l’a préservé en ce mois de mai, où il était raisonnable de craindre le pire. ».
Le château vit cependant sous la menace permanente d’un usage par l’armée américaine, laquelle nous a tout de même sollicités pour organiser un match de basket-ball dans la grande salle ! A cette heure, l’appui du préfet nous protège de pareilles menées. Prions que cela reste le cas (136). M. Lantier a en sus de nombreux projets de modernisation du Musée des Antiquités Nationales, dont il est vrai qu’il est peut-être un peu désuet voire poussiéreux. Nous nous permettrons de solliciter vos services à ce sujet ultérieurement (137).
Château de Versailles (département de la Seine-et-Oise)
Conservateur en chef : Pierre Ladoué puis Charles Maricheau-Beaupré. Architecte en chef : Patrice Bonnet.
L’hiver 1943-44 fut, comme pour beaucoup, celui de l’attente. Particulièrement rude, il fut pour nous source d’immenses problèmes, aggravés par le manque de chauffage. Les toitures de Versailles sont très complexes et forment un labyrinthe de chéneaux à entretenir – or, le personnel nous a pis que manqué. S’ensuivirent des phénomènes de gel, dégel puis ruissellement, aux conséquences tragiques. Ainsi, l’effondrement du plafond de la Salle des Gardes de la Reine, à la fin de l’hiver et sous les secousses de factionnaires allemands passant sur les toits… Son modèle comme ses sujets sont perdus à jamais.
Le duo formé par MM. Maricheau-Beaupré et Japy poursuivit son travail durant cette période troublée, dans un état d’esprit, il est vrai, bien moins conflictuel que celui de leurs prédécesseurs. Un mot à leur sujet, Monsieur le Ministre : Messieurs Maricheau-Beaupré et Japy sont d’authentiques patriotes. Le premier a son fils dans nos forces armées. Quant au second, il a certes œuvré sous l’autorité de fait, mais ce fut, comme tant d’autres fonctionnaires, bien davantage malgré elle qu’en sa faveur (138). Il nous paraît donc pour le moins injuste d’envisager à leur égard des sanctions a priori. En sus, leurs travaux ne furent absolument pas inutiles, car nous permettant même d’envisager un renouveau global de l’Institution dans les années à venir (139).
Avec la remontée de nos forces, Versailles commença à trembler sous les coups de canon. Le 4 avril, la gare des Matelots fut frappée par les bombardiers anglais, puis ce fut au tour de la ville de Saint-Cyr, le 9 avril, de subir le pilonnage de l’aviation. Ces deux villes ont largement payé le prix du sang. Nous avons craint que le domaine ne les accompagne dans l’abîme. Le bombardement de la Gare des Chantiers le 17 avril, quand plusieurs bombes ravagèrent le quartier Saint-Louis, nous parut comme à beaucoup être un bien sombre présage. L’activité dans le parc allait en s’aggravant : passage régulier de camions, chars et voitures militaires, tous susceptibles de renverser une pièce.
Mais finalement, l’Occupant – après une ultime nuit de menaces et d’injures, s’en alla le 23 mai 1944, sans doute pris par le temps. Depuis, nos propres forces armées ont pris le relais, en ayant la courtoisie de cantonner leurs chars de combat dans les locaux les plus éloignés (La Grande Ecurie, pour ne pas la nommer).
Quel bilan tirer de cette période ? Des dégradations sont notées. Ainsi, les toiles d’histoire ou de batailles encore en place mais n’étant pas à la gloire des Prussiens ont été découpées et lacérées : la Bataille de Champigny (Alphonse de Neuville) ou Combat dans les défilés de l’Argonne (Eugène Lami). Plusieurs objets de valeur ont disparu, ainsi que nombre de fleurs de lys ou de têtes de lion (140). Une porte de l’orgue de la Chapelle a été arrachée. Un inventaire précis suivra. Les Plombs n’ont pas été déposés, soit qu’ils aient été évacués avant l’arrivée des Allemands, soit que ceux-ci n’aient pas laissé l’autorité de fait procéder à ce vandalisme, dans un accès de respect pour l’Histoire, même si c’était sans doute à la leur qu’ils pensaient.
L’inventaire des collections reste à préciser. Néanmoins, il semble malheureusement qu’il y ait eu plusieurs pertes, faute de conditions de conservation adéquates. Ainsi, les grandes toiles roulées stockées au château de Sourches ont complétement moisi : La bataille d’Aboukir (Antoine-Jean Gros), La distribution des Aigles (Jacques-Louis David)… Il n’est pas certain que nous puissions restaurer ces pièces (141).
Le pire reste toutefois le Grand Canal dont les berges, rendues libres de la pression des eaux, se sont effondrées les unes après les autres. En sus, il est désormais envahi par la vase, laquelle a permis la prise d’une grande végétation. Sa remise en état promet donc d’être l’un des plus importants chantiers jamais prévu sur le domaine. Nous pourrions profiter de ces immenses tâches pour envisager d’autres projets – je pense notamment à la destruction de l’horrible minoterie construite au bout du parc sans autorisation…
Enfin, nous préconisons bien sûr une repose des décors boisés au plus tôt – mais pas forcément le plus vite possible. En effet, les déposes effectuées par M. Ladoué nous offrent l’opportunité unique d’engager un travail de restauration. Nous nous permettons donc de proposer d’ores et déjà la mise en place (provisoire !) de copies (142).
Assurément, Versailles cicatrisera.
Notes
121- Il se serait opposé à certaines spoliations, mais son absence d’adhésion claire au régime nazi semble une hypothèse au moins aussi plausible, en dépit d’un engagement précoce au NSDAP. De fait, jamais sanctionné, Metternich finit calmement la guerre à son poste de conservateur de Rhénanie ! Il reste à ce jour un personnage ambigu, voire carrément trouble, probablement simplement attaché à la “Vieille Europe”. Son rapport d’activité pro domo rédigé dès 1944 à l’intention des Alliés ne saurait ici être considéré comme une source de confiance.
122- En fait, de très nombreux projets concurrents seront élaborés, qui repousseront la réouverture du site jusqu’en 1950. Au point qu’il faudra le garder jour et nuit pour éviter les pillages, comme une friche abandonnée.
123- N’en déplaise à Jacques Robinet, qui prétendait avoir tout évacué, la clé se trouve peut-être dans la visite de M. Boucher (du musée Carnavalet), lequel prétendra avoir aperçu « un certain nombre de tableaux à l’état d’abandon dans certaines pièces du château », et en aurait « reconnu certaines comme appartenant au Musée Carnavalet ». D’ailleurs, deux tableaux ont été retrouvés comme par hasard à la Libération dans le bureau du maire de Fontenay aux Roses ! De tels retours miraculeux se multiplieront après la guerre. Par ailleurs, plusieurs témoins feront mention d’une « pièce fermée à clé servant de stock, et violée par l’Occupant ».
124- Dont 40 fusillés encore le 24 mai, alors même que la 2e DB approchait de la capitale. Au total, on estime que 450 personnes ont été exécutées à Vincennes, soit pour « terrorisme », soit en représailles.
125- Qui faisait 54 mètres de haut, contre 50 mètres pour Vincennes. C’était donc la deuxième fois que l’Allemand détruisait le plus haut donjon de France.
126- Cinquante toiles de ce peintre fauviste.
127- 95 % pour être précis.
128- Bien qu’ayant peut-être payé le plus lourd tribut, Vincennes a paradoxalement profité de son malheur qui devait hâter le départ des autorités militaires, ce qui a permis le lancement d’un vaste programme de restauration mené sous la direction de M. Trouvelot afin de retrouver les éléments de style Louis-Philippe et Napoléon III. Les travaux d’urgence durèrent jusqu’en 1948, avant une longue période de reconstruction comme de découverte (sous les faux-plafonds dévastés du Pavillon du Roi, les peinture de l’ancienne antichambre de Marie-Thérèse !). Globalement, l’ensemble du domaine a été rebâti dans l’esprit Grand Siècle, parfois au détriment de la vérité historique, mais avec un véritable souci de mise en valeur. Le site, aujourd’hui centre d’études sur les conflits mondiaux, a ainsi retrouvé sa dignité, et même une partie de sa grandeur. Quant au donjon, il a été lui aussi rebâti, sur la base des plans de façade relevés d’époque – malheureusement, il restera à jamais vide.
129- Dons souvent contraints par les circonstances – et certains furent l’objet de contentieux acides après la guerre. « Le Louvre, grand voleur ! » dit méchamment un avocat dans sa plaidoirie.
130- Titre d’un article paru en septembre 1944 dans Les Lettres françaises sur le sujet.
131- Ce sera effectivement le cas – mais le rapatriement des œuvres attendit la capitulation allemande. On craignit jusqu’au bout un missile V2 !
132- Le goût des dignitaires du IIIe Reich, et d’abord d’Hitler et de Goebbels, se portait davantage sur les œuvres des écoles du Nord et de la Haute Époque que sur le mobilier et les arts décoratifs de la seconde moitié du XVIIIe siècle, au style jugé trop mièvre. Toutefois, une revente était toujours possible !
133- Mesdames Béatrice de Camondo et Fanny de Camondo, Messieurs Léon de Camondo et Bertrand Reinach sont tous morts à Auschwitz.
134- Il se contentera du château de Voisins, non meublé (il fallut quémander la vaisselle à Rambouillet !) pour des week-ends assez pesants, avec une garde exclusivement allemande.
135- Lesquels doivent, à leur tour, emprunter le nécessaire de couchage au château de Voisins, dans un ironique retournement de l’Histoire.
136- Ce sera le cas…
137- Bâtiment vétuste où l’on venait à peine d’installer l’électricité et le chauffage (nécessaire aux collections…), le MAN devait rouvrir en 1950, après qu’un programme de rénovation ambitieux ait été mené sous la conduite de l’architecte André Hermant, avec l’appui d’un certain André Malraux. Comme quoi…
138- Charles Maricheau-Beaupré savait flatter ses interlocuteurs. Ainsi, il envoya de nombreuses missions et s’attacha à mettre en avant des œuvres susceptibles de plaire au NEF, comme le portrait du Maréchal Pétain par André Devambez, rapatrié en grande pompe du château de Sourches. Une exposition spécifique fut d’ailleurs organisée en 1942, afin de rendre hommage au grand homme trop tôt enlevé à l’affection de son peuple…
139- L’ensemble du musée sera revu avant réouverture finale.
140- Mais aussi, plus inattendu, un papillon de « L’Amour tourmentant l’âme » (statue de Chaudet). Un Landser plus sensible que les autres ?
141- La seule toile de la Galerie des Batailles déjà présente en 1940 et dont le sujet reste compréhensible de nos jours est celle qui fut roulée puis placée devant une bouche d’aération…
142- La plupart des repositionnements auront lieu en 1946, mais la restauration de la Chambre de La Reine ne sera achevée qu’en 1976. Quant à celle de la Chambre du Dauphin, elle est toujours en cours à l’heure où nous écrivons ces lignes ! |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3974 Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 15, 2026 11:47 Sujet du message: |
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Triste sort que celui du château de Vincennes. En tout cas, le voilà éliminé de la liste des résidences potentielles pour le président de la République après-guerre. _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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John92
Inscrit le: 27 Nov 2021 Messages: 1559 Localisation: Ile de France
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Posté le: Jeu Jan 15, 2026 11:53 Sujet du message: |
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La protection stratégique des musées et châteaux franciliens
Le rapport Jaujard[/b]
D’après l’édition commentée, contextualisée et annotée par Robert Stan Pratsky dans son ouvrage Histoire de la spoliation artistique en Europe occupée, Tallandier éd., 1995.
De M. Jacques Jaujard, Directeur du musée du Louvre et des musées des Beaux-Arts (1)
...
En ce domaine, il convient de rappeler que l’ensemble de nos personnels ont eu à cœur de maintenir un échange régulier avec les services déportés (vu le contexte, je pense que cette formulation est malheureuse - transférés/délocalisés/annexes ?) en AFN, notamment avec le bureau de M. Georges Huisman, précédent Directeur général des Beaux-Arts (4).
0 – Rappel légal
...
Concernant les musées, les collections sont également réputés (réputées ?) imprescriptibles et inaliénables, au titre de l’Institution.
...
1 – Historique des opérations de sauvegarde et de transfert menées en 1939 et jusqu’au 14 juillet 1940
...
Loin de la rapide inventivité de nos pères en 1914 (10), mais animés du même esprit patriotique, nos agents et conservateurs ont procédé comme lors du précédent conflit à l’expédition de leurs collections dans des centres déportés (idem, formulation malheureuse, à mon avis ) de Province, ...
... _________________ Ne pas confondre facilité et simplicité |
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