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ChtiJef
Inscrit le: 04 Mai 2014 Messages: 4406 Localisation: Agathé Tyché
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Posté le: Ven Jan 09, 2026 12:34 Sujet du message: |
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| demolitiondan a écrit: | | Elles n'ont aucune valeur scientifique. |
Si une très grande partie (voire la majorité) des "expériences" menées sont dénuées de toute valeur scientifique tant par leur objet que par leurs méthodes, il en est quelques-unes, rares, dont celle de la Luftwaffe, qui ont été utiles.
D'ailleurs, en l'espèce, tous les gilets de sauvetage ont été après-guerre remplacés, en premier lieu les gilets de l'USAF et l'US Navy, par des modèles conformes aux recommandations faites dans les conclusions de l'étude (au cours de laquelle les cobayes étaient jetés à l'eau en tenue de pilote, gilet compris, ce qui a permis de pointer l'insuffisance du modèle standard) ....
Et aucun des médecins ayant mené les expériences n'a été poursuivi à Nuremberg, d'autant que les prisonniers affectés à l'assistance des expérimentateurs avaient témoigné du fait que les cobayes n'étaient pas délibérément tués, les médecins tentant de les ranimer avant l'issue fatale, éviter le décès étant d'ailleurs l'un des objectifs des recherches.
Il n'y avait pas que des Racher et des Mengele qui ont opéré dans les camps...
Il se trouve également que suite à l'intervention de ce brave Hermann, Grand Veneur du Reich aimant les bêtes, vivisection et expérimentation animale étaient théoriquement interdites. Il a donc bien fallu se rabattre sur l'homme, et comme les volontaires ne couraient pas les rues, mais que Reichsheini était disposé à mettre à disposition les animaux humains peuplant ses réserves, c'est dans les KL qu'on (ceux dont l'accommodation au nazisme avait quelque peu affaibli le sens éthique...) a pu mener certaines recherches, bien que, évidemment, Himmler ait surtout privilégié celles flattant le mieux ses lubies et fixettes... _________________ Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont (F. Nietzsche) |
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Toubib
Inscrit le: 15 Sep 2011 Messages: 98
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Posté le: Lun Jan 12, 2026 13:44 Sujet du message: |
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| ChtiJef a écrit: | | demolitiondan a écrit: | | Elles n'ont aucune valeur scientifique. |
Si une très grande partie (voire la majorité) des "expériences" menées sont dénuées de toute valeur scientifique tant par leur objet que par leurs méthodes, il en est quelques-unes, rares, dont celle de la Luftwaffe, qui ont été utiles.
D'ailleurs, en l'espèce, tous les gilets de sauvetage ont été après-guerre remplacés, en premier lieu les gilets de l'USAF et l'US Navy, par des modèles conformes aux recommandations faites dans les conclusions de l'étude (au cours de laquelle les cobayes étaient jetés à l'eau en tenue de pilote, gilet compris, ce qui a permis de pointer l'insuffisance du modèle standard) ....
Et aucun des médecins ayant mené les expériences n'a été poursuivi à Nuremberg, d'autant que les prisonniers affectés à l'assistance des expérimentateurs avaient témoigné du fait que les cobayes n'étaient pas délibérément tués, les médecins tentant de les ranimer avant l'issue fatale, éviter le décès étant d'ailleurs l'un des objectifs des recherches.
Il n'y avait pas que des Racher et des Mengele qui ont opéré dans les camps...
Il se trouve également que suite à l'intervention de ce brave Hermann, Grand Veneur du Reich aimant les bêtes, vivisection et expérimentation animale étaient théoriquement interdites. Il a donc bien fallu se rabattre sur l'homme, et comme les volontaires ne couraient pas les rues, mais que Reichsheini était disposé à mettre à disposition les animaux humains peuplant ses réserves, c'est dans les KL qu'on (ceux dont l'accommodation au nazisme avait quelque peu affaibli le sens éthique...) a pu mener certaines recherches, bien que, évidemment, Himmler ait surtout privilégié celles flattant le mieux ses lubies et fixettes... |
Chtijef n'y voyait pas une critique ad hominem mais je trouve la formulation de votre post critiquable. Laisser penser que certaines expériences furent utiles c'est la pente à penser que pour être efficace il faut dépasser les contraintes de la déontologie et de la morale. Or c'est bien contre cela que le s'est construit après Nuremberg les lois de bioéthiques.
Si j'ai bien compris, certains médecins se montrèrent plus humains vis à vis de leurs cobayes. Sérieusement, comment peut-on dans ces conditions penser qu'ils étaient eux aussi des monstres ordinaires ? L'argument qu'ils ne furent pas poursuivis ne les absout pas pour autant de leur responsabilité.
Cette question est sensible et nécessite beaucoup de prudence. J'espère ne pas avoir été par trop raide dans ma réponse, mais je ne pouvais laisser sans commentaires. |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13005 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Lun Jan 12, 2026 13:48 Sujet du message: |
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Moui, et j'ajoute que le fait de ranimer des cobayes après arrêt cardiaque, ce n'est pas de la compassion. C'est de l'économie.
En ce qui concerne les expériences sur l'hypothermie, ils ont quand même mis des prisonniers russes dans des bacs à 12° (pleinement conscients, les mecs parlaient et gémissaient entre eux ... c'est dans le rapport) puis les ont sortis pour voir quelques termes de réchauffage étaient les plus porteurs. Sauna ? Couverture ? Eaux chaudes ? Tièdes ? Bouillantes ? Quelle durée ? Quel panachage ? Des fois, la chair éclatait sous la différence thermique.
Et puis un SS s'est un jour posé la question de si une femme pouvait pas réchauffer son homme - du coup, ils ont foutu des déportées à poil entre des mecs à moitié genre congelés, histoire de voir ce que ca faisait.
On sait jamais, ca peut marcher. Et puis on a jamais essayé, alors qu'est ce qu'on risque ?
Un argument devenu d'ailleurs politique de nos jours... J'arrête là. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15442 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Fév 24, 2026 23:55 Sujet du message: |
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Bon, c'est pas tout ça, mais je ne suis plus tout à fait agonisant, alors je vais m'y remettre, malgré divers petits problèmes bizarres (informatiques, non biologiques).
Et puis le Racoon commençait à s'impatienter et à m'accuser de faire de la rétention de… d'informations variées.
Lisez vous-mêmes. _________________ Casus Frankie
"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13005 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 00:01 Sujet du message: |
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Je veux une commission d'enquête à ce sujet. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15442 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 00:03 Sujet du message: |
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11 août
La Hongrie, coûte que coûte
Après Györ-Nitra – Tenir le filet
Au sud du Danube – L’Armée Rouge continue de consolider ses positions de Györ – où la 59e Armée (Ivan Korovnikov) prend le relais du 2e Corps Blindé (Ivan Lazarev), qui entreprend de se reconcentrer aux alentours de Győrújbarát avant de progresser vers Pápa. L’unité blindée soviétique, pour victorieuse et encore nombreuse qu’elle soit, est tout de même un peu dispersée et donne quelques signes de fatigue – mais elle est désormais couverte sur ses arrières par le 5e Corps de Cavalerie (V.D. Kriuchenkine). En effet, ce dernier assure une large part des opérations de sécurisation et devrait bientôt achever lui-même de passer le Danube à Komárom pour avancer vers le sud. Aussi, Lazarev n’hésite pas trop ! Avant la nuit, ses T-34 reprennent leur marche en direction de Tét sous une pluie légère…
Au même moment, le 8e Corps Mécanisé (Vladimir Baskakov) continue de combattre – et peut-être de s’enliser – dans les faubourgs de Buda. Il doit se garder des débris du XXVII. ArmeeKorps (Paul Völckers), encerclé mais qui tente toujours de se regrouper vers les monts du Gerecse – le maréchal Bagramian a décidément bien raison de se méfier des centres urbains !
Opération Tatabánya-Székesfehérvár – Fermer la nasse
Au sud de Budapest – L’avancée des forces britanniques depuis le sud met en immense difficulté le LXIX. Armee-Korps (Erich Abraham), désormais en grave danger de fragmentation, voire d’annihilation.
Au sud, la 214. ID (Harry von Kirchbach) doit renoncer à toute action offensive pour faire face à ce nouvel adversaire et se retranche donc dans Székesfehérvár, tout en envisageant vaguement une ébauche d’action en direction de Tatabánya… si le XXVII. ArmeeKorps (Paul Völckers) se remet un jour !
La pauvre 199. ID (Walter Wißmath) se retrouve donc seule face à la 9e Armée (Vasily Glagolev). Ne pouvant prétendre tenir dans ces conditions et craignant que son centre cède, Wißmath continuer de faire pivoter son unité vers le nord, sur une ligne Százhalombatta – Lovasberény… ouvrant du coup le passage aux Soviétiques qui déferlent depuis Ercsi. Au soir, les Rouges sont à Velence et Iváncsa et l’on se bat à Baracska. Il parait évident qu’Erich Abraham ne pourra pas tenir seul face à deux adversaires à la fois, même pas franchement coordonnés. Surtout que la 9e Armée est poussée en avant avec rage par Fiodor Tolboukhine – lequel n’a toujours pas digéré son humiliation du mois dernier. Les Russes progressent de plus belle – et ni les tirs de l’artillerie allemande, ni les quelques raids lancés par ce qui reste de la Luftwaffe ne peuvent empêcher les frontovikis de traverser le Danube. Harangués par leurs chefs, certains passent même à la nage, en s’accrochant à des épaves !
Le colonel hongrois Emil Tomka, envoyé en liaison avec la 199. ID, note ses impressions effarées dans son journal… « En arrivant au secteur Sud ce matin, je fus confronté à une vision absolument unique. Notre artillerie bombardait en permanence le point de passage russe de la ferme Szinya (1) et des bombardiers en piqué allemands tentaient de l’assister, tandis que les trois mortiers de Terstyánszky tiraient dans la même direction. Mais en dépit de tout cela, les traversées continuaient ! Les troupes étaient transportées, non seulement par des barges d’assaut, mais aussi par un ferry à vapeur. Une barge lourdement chargée fut touchée par une bombe allemande et coula à pic, mais une autre surgit juste après de derrière un embarcadère et le franchissement se poursuivit. La chose la plus terrible que je vis fut à Százhalombatta, que les Allemands tenaient encore et où des soldats russes étaient en train de débarquer pour se lancer directement à l’assaut sous le feu des mitrailleuses ennemies. Un petit nombre seulement de ces hommes étaient encore en vie, et ils essayaient de se mettre à couvert dans la végétation dense des marais, où il y avait souvent plusieurs mètres de profondeur d’eau ou de boue. Voyant cela, un hussard à côté de moi me dit : “Lieutenant… Mon colonel, si c’est comme ça qu’ils traitent leurs hommes, alors qu’est-ce qu’ils font de leurs ennemis ?” ».
Festung Budapest – Mort sur le Danube
Forteresse de Buda (côté est) – Cette fois, c’est véritablement la panique. Marchant au canon, les multiples unités germano-hongroises envoyées en renfort se cognent aux pointes soviétiques, au hasard des rues et vallons du nord-ouest de la capitale.
Ainsi, sur la colline Svábhegy, le Groupe de combat hongroïste [Croix-Fléchées] local intervient au cœur de la nuit sous les ordres de son chef, le commandant Antal Ostián (2). Se dirigeant curieusement droit vers l’ouest, il rencontre finalement les Soviétiques près du terminus du funiculaire Széchenyi-Hegy. Une fusillade confuse s’engage et plusieurs de ses hommes tombent immédiatement, dont Ostián lui-même. Le reste du groupe doit se retrancher dans les jardins de la route Mártonhegyi en attendant des renforts.
Ceux-ci arrivent : les étudiants du 1er Bataillon universitaire d’assaut abandonnent leurs congés estivaux pour monter au front la fleur au fusil. Refusant avec hauteur l’offre du commandant des Jeunesses Croix-Fléchées, István Zsakó – qui leur propose de percer glorieusement vers l’ouest avec ses troupes… pour échapper à l’encerclement – les hommes du lieutenant Gyula Elischer montent au feu en camion.
Le soldat Gyula Kamocsay se souvent très bien des combats pour la vallée de Hüsösvölogy, où le 8e Corps Mécanisé s’est infiltré… « Quand nous avons regardé en bas, où la route de Budakeszi et celle d’Hidegkúti se croisent, nous avons vu comme une rivière qui arrivait vers nous. Et cette rivière était en feu. Quelque chose là-bas brûlait, et brûlait vraiment, avec des flammes bleues (3)… « Laissez tomber les gars, nos camions sont assez grands, il est minuit et six minutes, la direction est : vers le feu ! » Elischer saute dans le premier camion et fonce droit vers les flammes… Nous venions d’arriver au cœur de la confusion, en plein milieu des échanges de tirs, quand un Allemand a soudainement sauté sur la route, droit devant nous – Stop ! Les chauffeurs ont écrasé les freins, tout jaillissait et tourbillonnait autour de nous. Un Allemand nous a dit qu’ils avaient beaucoup de blessés, et ils ont immédiatement commencé à jeter de pauvres gars à moitié morts sur la plage arrière de nos camions, où nous avions encore quelques fûts de diesel.
Puis, tandis que nous les regardions faire – ça a pris deux ou trois minutes – j’ai tourné la tête vers la route de Budakeszi à ma droite et remarqué trois chars incendiés sur le bas-côté. Dès qu’ils avaient été touchés, le carburant de leurs réservoirs avait dû se mélanger avec celui répandu sur la chaussée avant de prendre feu à cause d’une grenade. »
Les étudiants viennent de vivre leur baptême du feu… Au matin, ils ont réussi à fermer la vallée de Hüsösvölogy avec l’aide d’éléments allemands ralliés, et parviennent même à dépêcher des patrouilles dans le secteur Szépilona-Budagyöngye. L’une d’elles capture deux hommes en civil, mais parlant russe, et une autre élimine à la grenade un char aventuré.
Plus au sud, les éléments de la 20. Panzergrenadier (Georg Jauer) et de la 17. SS-Freiwilligen Kavallerie Maria-Theresa (August Zehender) se heurtent aux Soviétiques sur la route de Budaörs.
Des renforts arrivent sans cesse, au fil des réquisitions, des coups de fil, voire par simple agglomération autour d’un noyau existant. Ainsi, un bataillon de gendarmerie rassemblé en hâte la nuit même dans le parc Vérmező arrive à l’académie Bolyai, sécurise l’hôpital János et le terminus du funiculaire, avant de se porter en avant. Selon les généreuses instructions allemandes, cette force improvisée de 600 hommes doit tenir les 4 ou 5 kilomètres au nord de Budaörs, repousser l’ennemi puis appuyer la progression allemande sur sa gauche…
A la mi-journée, l’étudiant Lázlo Zolnay repart vers l’arrière pour se reposer et visiter des parents dans le quartier de Pasarét. Sur son trajet, le chaos est total ! « J’ai tenté de marcher le long de l’avenue Olasz [aujourd’hui l’avenue Szilágyi Erzsébet]. Sur toute la largeur de la chaussée, des formations militaires et des véhicules en colonne [des éléments improvisés venus garnir le flanc nord de la forteresse] étaient mélangés à des hordes de paysans souabes s’échappant de Budakeszi, le plus souvent à pied, avec des ballots empilés haut sur leurs dos, le tout formant une masse compacte. Il était presque impossible de trouver un espace et de tailler sa route au milieu de ce torrent. Les cris terrifiés des fuyards accompagnaient le bruit sans cesse plus intense d’une fusillade et d’explosions venant de Szépilona. J’ai essayé de progresser en passant par la grange Városmajor, mais là, des légions de réfugiés en route vers le centre m’ont repoussé. Pistolet au poing, je me suis ouvert un chemin sur l’une des rues transversales – la rue Ezredes. Quand j’ai enfin rejoint la place Marcibányi, la nuit tombait. Je me suis retrouvé immédiatement aveuglé par un projecteur et j’ai dû m’arrêter. Puis, j’ai constaté que la place était pleine d’unités militaires en partance.
Heureusement pour moi, j’ai été interrogé par un officier hongrois. Je lui ai dit que je voulais me rendre à Pasarét pour préparer la fête nationale. Il ne m’a pas demandé mes papiers d’identité, mais m’a dit qu’il doutait que j’y parvienne… parce que les Russes s’y trouvaient déjà et que je serais immanquablement abattu dans le noir par l’un ou l’autre côté. »
Plus bas, la place Széna est le théâtre de scènes au moins tumultueuses, où la population civile, encore hier bien illusionnée, commence enfin – mais à peine ! – à prendre conscience de la situation où elle se trouve. Du côté des autorités civiles, bien sûr, c’est la débandade. Le lieutenant d’artillerie Béla Czeczidlowsky se souvient : « Les gens étaient nerveux. Dans la rue Ostrom, on vit des miliciens Croix-Fléchées sauter dans leurs voitures et disparaitre, devant un officier de police qui emportait un sac de farine sur l’épaule. C’est là que j’ai réalisé ce qui se passait ici, nom de Dieu ! La batterie de mortiers commandée par Tasziló Tarnay était en position et bombardait Hüsösvölogy. Et à côté, le restaurant Zöld Hordó était encore ouvert, j’ai même pu y manger un goulash ! »
Le commandement soviétique passera la journée à se gratter la tête, incapable de savoir s’il a ou non remporté un succès… avant que, dans la soirée, Ivan Bagramian n’ordonne personnellement à Vladimir Baskakov de s’arrêter. A raison : l’Armée Rouge n’a plus que 20 blindés opérationnels dans la capitale, et ceux-ci ne disposent que d’un appui d’infanterie minimal, en raison de la nécessité de couvrir ses flancs (et de légers soucis de cohésion liés au pillage par les frontovikis de tout ce qu’ils trouvent, notamment sur les réfugiés). Les T-34 ne peuvent pas cavaler ici. Et ils sont bien sûr extrêmement vulnérables en combat urbain, dans de petites rues où leur châssis a à peine la place de passer. De toute façon, ici aussi, le 2e Front Ukrainien a atteint ses objectifs. Le reste concerne Tolboukhine, et lui seul !
Festung Budapest – Commandos navals
Au sud de Budapest – « Un groupe composé de Nikuline, Maksimenko, Neverov et des recrues Malakhov et Veretenik, sous les ordres de Kalganov, retournait un soir d’une patrouille de routine sur les arrières ennemis. Se réchauffant au cœur d’une hutte choisie plus tôt comme point de repos, les éclaireurs discutaient de la mission qu’ils venaient d’accomplir. Mais la discussion n’était pas à propos de la nature des défenses adverses, de la disposition de leurs forces ou de la manière dont elles opéraient. De ce côté, la patrouille avait peu différé des précédentes. Cela faisait déjà deux fois qu’ils avaient traversé le no-man’s land divisé par une voie ferrée avant de remonter le long d’entrepôts et de terrains vagues, passant sans se faire voir sous le nez de l’ennemi, puis de rapporter des renseignements. Non, la discussion ne portait pas sur ces activités.
Elle concernait un entrepôt en flammes entre eux et les positions avancées allemandes. Les éclaireurs étaient passés devant cet entrepôt, un parmi tant d’autres le long de la voie ferrée, sur le chemin du retour. Leur attention n’avait pas été attirée tant par le fait que le bâtiment brûlait – ils avaient eu l’occasion de voir beaucoup d’incendies durant la guerre. De surcroît, il flambait à peine, se consumant plutôt, presque sans dégager de flammes. Seule une mince fumée s’échappait d’une petite fenêtre sur le toit, ainsi que des portes laissées grandes ouvertes. Mais ils étaient intrigués par le fait que l’ensemble de l’entrepôt était rempli de sacs, empilés haut les uns sur les autres. Et ces sacs étaient pleins de farine, ce qu’une inspection rapide du stock avait confirmé. Il semblait bien que les Allemands n’aient pas anticipé l’abandon rapide de la zone et n’avaient donc pas pu l’évacuer. La farine dégoulinait déjà des sacs consumés. C’était de la belle farine blanche. Elle prenait feu doucement, presqu’à regret. Elle pourrirait bien avant de brûler totalement.
La conversation tournait plus particulièrement autour de cette farine.
Arkadiy Malakhov ouvrit le sujet le premier. Il avait survécu au premier hiver si difficile autour d’Odessa, et avait largement expérimenté la faim lui-même. Il exprima ainsi ses sentiments : « Tant de farine qui part en fumée, et dans cette ville, les gens n’auront bientôt plus une croûte de pain à manger. ».
– J’ai regardé dans un grenier il y a quelques jours, se souvint Veretenik. Au milieu d’une foule de gens, il y avait plein d’enfants. J’ai donné un sucre à une petite fille – comment elle s’est jetée dessus ! Sa mère le lui a pris et l’a divisé en trois parts égales.
– J’ai vu un de nos chevaux de trait qui avait été tué par un shrapnel, ajouta Nikuline. On l’avait juste laissé là, dans la rue, mais quand on est revenus, les Magyars l’avaient découpé sur place. Il n’en restait que la queue. Voilà ce qu’Hitler a apporté à ces gens !
– Ils vont bientôt mourir de faim. Et pourquoi leurs autorités n’ont-elles pas distribué la farine ?
– S’il fallait la partager, leurs poches auraient explosé ! Les Allemands et leurs Salashisty [Croix- Fléchées] empêchaient tout le monde de s’approcher. Et quand ils sont partis, ils ont mis le feu.
– Ce n’est pas l’effet d’une frappe ?
– Peut-être bien qu’un obus a commencé le truc. En tout cas, il y a encore une montagne de pains potentiels là-bas, à quelques kilomètres de gens qui meurent de faim.
– Et pourquoi ne pas sortir la farine avant qu’elle brûle pour la distribuer au peuple ? demanda Malkhov avec excitation. L’entrepôt est dans le no-man’s land, pas dans une zone contrôlée par les fascistes.
– Et comment on la bouge ? Les fascistes tiennent la route.
– Pourquoi pas en prenant la voie étroite par le terrain vague ? Si on peut y passer, un chariot aussi !
– On peut faire ça avec des volontaires ! suggéra Kalganov. On a douze heures de pause entre chaque patrouille. Nous pourrions utiliser ce temps pour nourrir la population locale.
L’idée recueillit l’approbation générale.
– Bon, si tout le monde est d’accord, on le fait !
Kalganov passa aux instructions : « Lyubisha ! Prends Veretenik, Nikuline et Malakhov. Va au grenier où les gens se sont mis à l’abri. Explique-leur qu’on va leur donner de quoi faire du pain. Dis-leur où se trouve cette farine et qu’on la leur apporte. Demande-leur s’ils veulent aider. Des hommes forts seulement, qui peuvent porter au moins un sac. Tu en prends dix. Et sur le chemin du retour, tu t’arrêtes chez l’intendant et tu demandes une carriole. Tu expliques pourquoi et que tu viens de ma part, il refusera pas. On y va ! »
(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press, 1996)
La Slovaquie, prochaine étape !
Bagramian fait une petite pause
A l’est de Bratislava – Les forces du 2e Front Ukrainien sont devant la capitale slovaque – ou peu s’en faut. Le 9e Corps Mécanisé (M.I. Savelyev) dépasse ainsi Szenc [Senec], une localité d’une certaine importance qu’il laisse aux bons soins de la 38e Armée (Kyrill Moskalenko) pour mieux poursuivre immédiatement vers Bernolákovo, prise et incendiée au pied du grand manoir Esterházy – lequel sera, comme de juste, largement pillé. Plus au sud, le 4e Corps Blindé (Mikhaïl Fomichkov) poursuit mollement vers Štvrtok na Ostrove – moins retardé par les faibles forces allemandes qui lui font face que par la fatigue liée à la distance parcourue. Derrière, la 10e Armée (Vasily Popov) enlève Lég [Lehnice], semant la plus grande panique chez les colons hongrois et les soldats en fuite.
Depuis la perte du général Rudolf Koch-Erpach – et surtout depuis celle de très nombreux engins et de leurs équipages ces derniers jours – l’Armee-Abteilung Ungarn n’est plus en mesure de s’opposer véritablement aux Bolcheviques. Et vu que nous ne sommes pas en terre allemande, il n’y a même pas de miliciens désireux de mourir pour le Reich ! La 5e Armée de Chars (Andrei Kravchenko) passe donc où elle veut : sa dernière composante, le 16e Corps Blindé (Andrei Getman) repart même de Nitra, où la 5e Armée de la Garde (Vyacheslav Tsvetaev) a pris le relais. Celle-ci va se diriger vers Trnava – une conquête non prévue, mais à cette heure, les seuls vrais adversaires des Soviétiques dans le secteur sont la 78. Sturm-Division (Hans Traut) et le 311. StuG Abt (Hauptmann Karl-Ludwig von Schönau), loin de suffire à pareille tâche.
C’est pourquoi Walter Weiss tente de faire glisser de ce côté – et plus loin, vers Bratislava – le très modeste XLIX. ArmeeKorps (Rudolf Konrad), composé des petites 88. ID (Georg von Rittberg) et 94. ID (Georg Pfeiffer). Il charge donc le seul XVII. AK (Otto Tiemann) de tenir une ligne Žilina-Prievidza, réputée facile à défendre… en théorie. Car si, en face, la 16e Armée (Nikolai Kiryukhine) et la 47e Armée (Filipp Zhmachenko) ne sont certes pas les plus flamboyantes de l’Armée Rouge, elles bénéficient tout de même du soutien du 20e Corps Blindé (Pavel Poluboiarov).
Quoique, au fond, tout ceci n’a pas la moindre importance : le nord de la Slovaquie est sans valeur stratégique, il tombera forcément, avec ou sans combat. Ivan Bagramian préfère se concentrer sur le Danube, en prévision de la prochaine manche… laquelle n’est pas pour tout de suite ! On l’a dit : il ne fera pas l’erreur commise par son voisin et camarade maréchal, pressé (par le Vojd, il est vrai…) de se jeter dans de pénibles combats urbains improvisés. Bagramian sait bien que l’essentiel se joue désormais au sud du Danube. Et l’arrivée de la pluie de marquer de façon un peu théâtrale le début d’une pause (toute relative) des opérations.
Le Renard improvise
Bratislava – La bientôt ex-capitale de la Slovaquie est en état de siège et se prépare à combattre – ce qui veut dire que ses défenseurs s’agitent dans un état de panique absolu, si l’on fait abstraction des (rares) forces allemandes régulières et organisées s’y trouvant. Dans son QG mobile garé devant le Grassalkovich Palota (4), Erwin Rommel fait le point… et s’efforce de respecter les instructions qu’on vient lui donner.
Celles-ci sont sans ambiguïté : ville industrielle d’importance, porte d’entrée de la route de Vienne, cité de colonisation allemande, Bratislava doit être tenue à tout prix. Ça, le feld-maréchal s’en doutait déjà… Ce qui le contrarie, c’est qu’on lui a aussi confirmé qu’il n’aurait aucun vrai renfort pour ce faire. Tenir sans esprit de recul, c’est discutable, mais toujours possible. Tenir sans esprit de recul ni troupes, c’est sportif !
Et Rommel n’a même plus la latitude de feinter ni l’espace pour manœuvrer, comme jadis quand il défendait le Dniepr vers Jlobine. En résumé, tout se jouera avec les deux PanzerKorps en train de remonter de Nagykanizsa. Des troupes compétentes, mais durement éprouvées dans les récents combats pour ce saillant, et qui vont arriver déjà épuisées. De ce point de vue, son état-major est formel : les III. et LVI. PzK ne seront pas utilisables avant le 15, au mieux. Simple nécessité logistique, sans même parler de la nécessité de relayer les panzers sur le front par des divisions de Jägers. Si seulement on l’avait écouté en juillet dernier, plutôt que d’envoyer Breith servir de pompiers à ce fat de Model !
En attendant, il va donc falloir tenir. Mais Rommel ne sait pas encore vraiment comment ! Faute de mieux, il tentera dans les heures qui viennent d’improviser tactiquement une défense de Bratislava en créant une sorte de piège urbain, constellé de Kampfgruppen fortement équipés d’antichars, qui passeront d’un bloc d’immeubles à un autre tout en se préparant à abandonner la rive est le moment venu, une fois les blindés redevenus disponibles. La méthode polonaise, en quelque sorte !
Il en reste encore, dans le fond…
Pilsen (Plzeň en tchèque) – Si la supplique du Standartenführer Albert Ludwig a eu du mal à atteindre les cieux nuageux du IIIe Reich, la réponse est redescendue beaucoup, beaucoup plus vite – et c’est un coup de tonnerre. En bref, l’OKH refuse tout délai dans la mise en ligne de la SS-Sturmbrigade Vlad Țepeș, et le cabinet du Reichsführer-SS le soutient ! Himmler a en effet consenti, certes du bout des lèvres, mais consenti néanmoins à céder cette unité à l’OB Donau. Alors que, personnellement, il l’aurait bien plus volontiers déployée sur l’Oder, à sa main ! Il est vrai que c’était plus loin…
Bref, Ludwig n’a plus qu’à claquer les talons, lever le bras droit et conduire la Vlad Țepeș jusqu’à Bratislava pour la mettre à la disposition du feld-maréchal Erwin Rommel, qui aurait d’importants projets de contre-offensive. Le Standartenführer est évidemment d’autant plus catastrophé – mais il n’a pas le choix. Du reste, avant même de prétendre combattre, il lui reste une foule de défis à relever : le premier d’entre eux étant… de transporter sa parodie d’unité jusqu’à Bratislava sans perdre trop de monde en route !
Notes
1-Référence locale obscure, peut-être à la ville de Martonvásár, proche de Baracska.
2- Responsable de la section propagande du Parti, il est assurément à sa place et à l’aise sur le front !
3- Il s’agissait du carburant des réserves du terminus du tramway, qui s’était largement répandu sur la chaussée à la faveur des combats.
4- Palais du XVIIIe siècle construit par un aristocrate hongrois d’ascendance croate. Historiquement, il deviendra la résidence présidentielle slovaque, le Grasalkovičov palác. |
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Casus Frankie Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 15442 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 00:11 Sujet du message: |
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Slovaquie (encore) soumise
Personnalités moins importantes
Bratislava – L’arrivée annoncée, imminente et même presque visible des blindés païens bolcheviques entraine l’effondrement des dernières autorités civiles slovaques – il est vrai qu’elles sont aujourd’hui parfaitement superfétatoires. Le petit état croupion a vécu. Profitant de la confusion, leurs responsables s’éclipsent et disparaissent dans la foule qui fuit la ville, prenant la route de l’ouest comme avant eux leurs homologues hongrois ou croates. En tête, bien sûr, Monseigneur Jozef Tiso – lequel, en bon catholique, a peut-être déjà choisi sa destination…
…….
« Monsieur Jozef Tiso fut retrouvé trois mois plus tard par les troupes françaises dans le monastère autrichien de Kremsmünster, où il se cachait sous le pseudonyme de Dr Josef Taborsky. Immédiatement extradé vers la Tchécoslovaquie – après tout, le gouvernement de l’état ressuscité était parfaitement légal ! – il fut enfermé dans la prison de Pankrac, à Prague, en octobre 1944.
Son procès, une variante locale des procès de Nuremberg, dura étonnamment longtemps : quatre mois, du 2 décembre 1945 au 15 avril 1946. Son attitude fut celle des nazis les plus durs : aucune tentative de dénégation, aucun remords, aucun regret, aucune compassion, aucune condamnation même des crimes du Troisième Reich. Il affirma qu’il estimait que le moindre signe de « sensiblerie » vaudrait aveu de culpabilité. Par la suite, à des fins d’édification du public et en raison, notamment, de la collaboration active du régime à la Shoah, un film sur les camps d’extermination fut projeté durant l’audience. Le procureur Rašla se souvient : «… il était indifférent, il regardait ailleurs ou le sol ». Visiblement, Tiso et ses deux avocats s’attendaient à une sentence sévère, inévitable au vu des charges retenue – trahison, collaboration et entente avec l’ennemi (5) – mais qui serait tout aussi inévitablement commuée par une grâce présidentielle, à des fins de réconciliation nationale du pays réunifié.
La grâce ne vint pas. Condamné à mort avec Otomar Kubala, Alexander Mach (6) et plusieurs autres dignitaires du régime, Tiso envoya effectivement une demande de grâce – que le Présidium du Conseil national slovaque transmit curieusement au président Beneš sans l’avoir mise au vote. Mais le 16 avril 1946, Beneš refusa cette grâce – mais non sans que le Parti démocrate en eût longuement débattu, ce qui devait le laisser irrémédiablement divisé. Et comme un mauvais rêve qu’il était urgent de chasser, Tiso fut pendu à l’aube du 17 avril 1946, puis enterré au cimetière Martin de Bratislava. Les Communistes se serviraient du trouble provoqué par sa pendaison dans la population pour consolider leur pouvoir, jusqu’au coup d’état de 1948…
Hélas, Tiso, même d’outre-tombe, continue à faire du mal à son pays. Aujourd’hui, la nouvelle république slovaque indépendante tâche, pour des raisons plus ou moins avouables, d’adoucir son image, voulant voir en lui une personnalité ambivalente. C’est ainsi qu’on peut lire à son sujet dans le Dictionnaire biographique slovaque : « malgré certaines concessions imposées par la puissante influence du Reich allemand et les décisions erronées qui en ont découlé, il a contribué à la préservation de l’intégrité nationale et territoriale de la Slovaquie, au sauvetage de nombreuses vies et au développement des valeurs spirituelles et matérielles de la nation slovaque ». Cette campagne de réhabilitation se poursuit à bas bruit. En témoigne par exemple le récent documentaire “Sans le 14 mars”, qui prétend décrire – de façon passablement partisane, comme de bien entendu – ce qui se serait passé en l’absence de ralliement de la Slovaquie au Reich. Les mânes des insurgés du Soulèvement, qui ont lutté dans des circonstances autrement plus défavorables, apprécieront.
Aujourd’hui, la figure de Tiso continue donc, hélas, à rassembler un certain nombre de citoyens slovaques et notamment quelques partis politiques, tel le parti néonazi Ľudová strana Naše Slovensko, dont les membres se rassemblent régulièrement devant son cénotaphe (la dépouille du dictateur ayant été exhumée et incinérée à une date non précisée de la période soviétique). »
Extrait de L’état qui a failli : la Tchécoslovaquie – Mary Heimann et Robert Stan Pratsky (partiel), Yale University Press, 2009.
Ajout à la réédition complétée de 2025 : « Il y a même, depuis quelques années, une rue du Dr Jozefa Tisa – elle se trouve à Varín, et c’était autrefois la rue du Capitaine Ladislav Pfliegel, du nom d’un officier de la 2e Brigade Parachutiste, tombé lors des combats de la vallée du Hron. Un symbole éloquent de l’orientation de la nouvelle municipalité, laquelle a pris cette décision en complète illégalité et multiplie désormais les recours contentieux pour éviter d’avoir à revenir en arrière. Même à l’heure où nous écrivons, le sujet n’est toujours pas réglé, essentiellement faute d’injonctions judiciaires. Le parquet refuse en effet de voir dans le choix de ce nom (et dans le refus d’en changer) « une expression publique de sympathie » pour le dictateur et son régime. Selon ces magistrats, « le manque d’empathie pour les souffrances d’une partie de la population et l’ignorance des faits historiques ne constituent pas, en eux-mêmes, une infraction pénale. Il n’appartient pas aux forces de l’ordre de sensibiliser la société aux injustices du passé ni de s’engager dans une guerre culturelle (sic !) ». Un bel exemple de tartufferie, de notre modeste point de vue. »
Hongrie soumise
Enfants soldats – Illusions
« Père rentre à minuit, comme tous les jours ces temps-ci. Chaque soir, il y a représentation à l’opéra. Et le jour, il est aussi là-bas, occupé à faire répéter son nouvel orchestre réduit, car la plupart des musiciens ont été envoyés en Allemagne. »
(Boy Soldier – Budapest 1944, par Ervin Iván Galántay, Militaria 2007)
Tchèques et Slovaques
Nasi se vraceji
Entre Košice et Londres – C’est évident, et un gentleman, même pas du tout communiste, doit en convenir : la consultation organisée par la RAF auprès des pilotes tchécoslovaques a donné un résultat franc et massif : la presque totalité des aviateurs demandent leur retour au pays ! Et les rares réfractaires le sont – à leur grande confusion – non pour des considérations politiques, moins encore patriotiques, mais pour des raisons purement personnelles, telles qu’une fiancée (parfois enceinte) dont on ne souhaite pas se séparer.
Londres, qui espérait un peu naïvement jouer la carte de l’anticommunisme, avait oublié à quel point la défiance de ces hommes envers les Britanniques était forte, depuis 1938 ! Le Foreign Office en est donc pour ses frais. Refuser le retour chez eux des Tchèques (et des Slovaques) serait dénier à un allié le droit de disposer de ses forces. Un allié reconnu, démocratique, et rétabli de plein droit dans ses prérogatives sur son propre territoire national ! Par l’Armée Rouge, certes, mais qui s’arrêterait à pareil détail ?
Notes
5- Lors de la répression du Soulèvement d’avril 1944.
6- Mach vit sa peine commuée à 30 ans d’emprisonnement. Mais lui était en mauvaise santé et avait au moins fait mine d’avoir des regrets. |
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Hendryk

Inscrit le: 19 Fév 2012 Messages: 3992 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 08:47 Sujet du message: |
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| Casus Frankie a écrit: | | C’est ainsi qu’on peut lire à son sujet dans le Dictionnaire biographique slovaque : « malgré certaines concessions imposées par la puissante influence du Reich allemand et les décisions erronées qui en ont découlé, il a contribué à la préservation de l’intégrité nationale et territoriale de la Slovaquie, au sauvetage de nombreuses vies et au développement des valeurs spirituelles et matérielles de la nation slovaque ». |
On aimerait que ce genre de mauvaise foi révisionniste soit un cas isolé, mais hélas... _________________ With Iron and Fire disponible en livre! |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10679 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 15:10 Sujet du message: |
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| Citation: | | Je lui ai dit que je voulais me rendre à Pasarét pour préparer la fête nationale. |
Sérieux ? _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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loic Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 16 Oct 2006 Messages: 10679 Localisation: Toulouse (à peu près)
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 15:16 Sujet du message: |
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inévitable au vu des charges retenues _________________ On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ... |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 651
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 17:09 Sujet du message: |
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“Lieutenant… Mon colonel, si c’est comme ça qu’ils traitent leurs hommes, alors qu’est-ce qu’ils font de leurs ennemis ?” ».
J'ai l'impression d'avoir entendu ou lu une réplique du même genre dans un livre ou un film, mais impossible de savoir où ... _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13005 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 17:14 Sujet du message: |
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Hé encore Loic, tu n'as pas tout vu.
Avez vous avec quelle élégance les slovaques ont déchargé la responsabilité de Tiso, donc de sa mort, aux tchèques ? Venant d'une nation globalement complice des nazis (un peu moins FTL, avec le soulèvement réussi ...), ca permets de se débarrasser d'un encombrant sans rien introspecter. Rétrospectivement, on pourrait même dire Hélas que Tiso est un genre de Pétain mémoriel réussi.
Le chat, c'est OTL. _________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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Archibald

Inscrit le: 04 Aoû 2007 Messages: 11800
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 17:53 Sujet du message: |
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| Hendryk a écrit: | | Casus Frankie a écrit: | | C’est ainsi qu’on peut lire à son sujet dans le Dictionnaire biographique slovaque : « malgré certaines concessions imposées par la puissante influence du Reich allemand et les décisions erronées qui en ont découlé, il a contribué à la préservation de l’intégrité nationale et territoriale de la Slovaquie, au sauvetage de nombreuses vies et au développement des valeurs spirituelles et matérielles de la nation slovaque ». |
On aimerait que ce genre de mauvaise foi révisionniste soit un cas isolé, mais hélas... |
Je parie que l'autre trouduc de Fico est fan... _________________ Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - imaginez un peu la taille des bâtiments." |
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demolitiondan

Inscrit le: 19 Sep 2016 Messages: 13005 Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 18:09 Sujet du message: |
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| Citation: | | Hé en même temps il a sauvé la Slovaquie et les slovaques. Sinon c'était le partage entre le Reich, la Pologne (vilains polonais, ils ont récupéré en 38 un canton majoritairement polonophone ! Complices des nazis va !) et la Hongrie. Bon, il a envoyé des rebelles au carton et livré des juifs, des tziganes et des homos. Ca va, pas des slovaques. |
_________________ Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1684 Localisation: Paris
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Posté le: Mer Fév 25, 2026 18:49 Sujet du message: |
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| Archibald a écrit: | | Hendryk a écrit: | | Casus Frankie a écrit: | | C’est ainsi qu’on peut lire à son sujet dans le Dictionnaire biographique slovaque : « malgré certaines concessions imposées par la puissante influence du Reich allemand et les décisions erronées qui en ont découlé, il a contribué à la préservation de l’intégrité nationale et territoriale de la Slovaquie, au sauvetage de nombreuses vies et au développement des valeurs spirituelles et matérielles de la nation slovaque ». |
On aimerait que ce genre de mauvaise foi révisionniste soit un cas isolé, mais hélas... |
Je parie que l'autre trouduc de Fico est fan... |
Marrant cela : alors que la propagande du Kremlin ne manque jamais d'hurler à la mort quant certains en Ukraine ou dans les pays Baltes se risquent à essayer de réhabiliter certains collaborateurs des nazis (qui étaient sans nul doute des salauds mais qui au moins avaient l'excuse d’avoir agit pour essayer de se libérer de la tyrannie stalienne) ; mais par contre quant se sont les potes de Poutine, Fico ou Orban qui s’en chargent là il n’y a rien à dire ! _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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