Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Le Front Russe, Août 44
Aller à la page Précédente  1, 2, 3 ... 9, 10, 11 ... 20, 21, 22  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Le front russe
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 11628

MessagePosté le: Dim Déc 07, 2025 16:41    Sujet du message: Répondre en citant

Ou alors, à la Russe: s'enfiler le liquid antigel des MiG et autre Tupolev. Rien de tel pour réchauffer un mécano sur une base sibérienne et du cercle polaire aussi. Enfin après il meurt. Très vite.
_________________
Sergueï Lavrov: "l'Ukraine subira le sort de l'Afghanistan" - Moi: ah ouais, comme en 1988.
...
"C'est un asile de fous; pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons mais - vous imaginez un peu la taille des bâtiments."
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 12685
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Dim Déc 07, 2025 16:44    Sujet du message: Répondre en citant

Bon enfin, soyons sérieux. Il y a bcp de textes sur le front de l'Est en l'attente de publication. Ils sortiront quand ? Ben quand tout le front Nord sera achevé. C'est en bonne voie.
Vous excuserez la direction hein - on ne peut promettre que ce que l'on est certain de tenir. Et si quelqu'un se sent de faire un jour 12 pages quotidiennes compris relecture avec en plus un travail à coté ... Confused
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Heorl



Inscrit le: 19 Mar 2023
Messages: 661

MessagePosté le: Dim Déc 07, 2025 21:06    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:
50 kilos de patates, un sac de sciure de bois, il te sort 25 litres de 3 étoiles à l'alambic. Un vrai magicien ce Racoon!!!


Et c'est pourquoi il faut se permettre d'intimer à certains salisseurs de mémoire de bien vouloir fermer leur claque-merde !
_________________
"Un sub' qui s'ennuie, c'est un sub' qui fait des conneries"
Les douze maximes de l'adjudant-chef

"There's nothing more dangerous than a second lieutnant with a map"
US Army adage
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 12685
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Dim Déc 14, 2025 23:00    Sujet du message: Répondre en citant

Sachez que le 1-10 est fini.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15341
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Déc 14, 2025 23:50    Sujet du message: Répondre en citant

Pour Demo Dan. Twisted Evil
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Le Chat



Inscrit le: 12 Jan 2020
Messages: 600

MessagePosté le: Lun Déc 15, 2025 06:49    Sujet du message: Répondre en citant

C'est malin ! J'avais prévu de corriger des copies moi... comment je vais faire avec une annonce pareille ! Maintenant, je me sens un peu dans la peau de Papa Talon et son copain le major ...



Tout deux fois avec beaucoup de sauce !
_________________
"Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15341
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 09:34    Sujet du message: Répondre en citant

Joyeux Noël à tous !

Et dans vos petits souliers, le 1er août 44 sur le front russe au nord des Tatras - et demain, le 2, après-demain le 3 et ainsi de suite jusqu'au 10.
Sachez tout de suite que Demo Dan s'est donné à fond - il y aura du lourd, du copieux, comme vos dîners d'hier soir et de mercredi prochain !

_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15341
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 09:40    Sujet du message: Répondre en citant

1er août
Opération Hannibal
Les malheurs du K-21
Baltique
– Le K-21 (classe Katjusa) du lieutenant de vaisseau Zarmair Mamikonovich Arvanov aura connu quelques… problèmes techniques durant toute sa carrière. En vérité, on peut même dire que, depuis son lancement, le 14 août 1939, il n’a connu que cela. Incendie de torpille, fuites de carburant, panne de moteur en pleine patrouille, consommation excessive, émission de vapeurs toxiques par les batteries… En vérité, les mauvaises langues pourraient même dire que c’est un miracle qu’il n’ait pas déjà coulé, d’une manière ou d’une autre (1).
Ce courageux bâtiment n’en a pas moins assuré de nombreuses patrouilles en mer Baltique, le long des côtes de Norvège, au point de récolter l’Ordre du Drapeau Rouge. C’était surtout, c’est vrai, des missions de mouillage de mines. Et aujourd’hui, grâce à de nouvelles batteries fournies par les capitalistes et à une certaine indifférence de son commandement, le K-21 poursuit sa tâche, ennuyeuse quoique dangereuse, cette fois devant Dantzig. C’est alors que deux mines se heurtent au moment de leur pose. L’une explose au bout de quelques minutes, secouant le sous-marin. Puis, une heure et demie plus tard, une nouvelle explosion est entendue dans la direction du champ de mines – laquelle est interprétée, à tort, comme celle d’un navire ennemi. En réalité, ce n’est que le détonateur de l’autre mine qui a fini par agir ! Rentrant à Kronstadt avec (à nouveau) un moteur en panne, le bâtiment ne quittera plus jamais son port d’attache (2).

Après l’opération Oder
Face à la Baltique
Prusse orientale – Front de la Baltique
– Nouveau mois, mêmes problèmes. La Prusse orientale continue de gémir sous le poids de l’offensive soviétique – et son bouclier, le HG Nord, avec elle.
A l’ouest de la Deime, la bataille pour Theut continue. La 4e Armée soviétique (Nikolai Gusev) et la 1ère Armée (Aleksei Kourkine) progressent toujours sur des axes convergents en direction du carrefour. En face, la Heer fait bien sûr tout ce qu’elle peut pour empêcher leur jonction. Ainsi, au nord, dans le secteur de Labiau, la 61. ID (Gunther Krappe) se débat toujours pour détruire le pont ferroviaire de Stellienen Neu et tenter de fermer les points de passage possibles pour la 4e Armée. Hélas, si, la veille encore, la Wehrmacht pouvait espérer, les bombardements du jour ainsi que les renforts constants déversés par l’Armée Rouge rendent cette tactique parfaitement illusoire. Peu à peu, les frontovikis parviennent à refouler les Landsers au-delà de Glückshöfen, sous un déluge de feu. La position de Krappe tend à devenir précaire… Du moins gêne-t-il encore l’avancée soviétique en maintenant une ferme pression.
Mais cela ne changera peut-être rien. En effet, sur la droite rouge, la 1ère Armée continue de progresser vers le nord-ouest, en dépit de contre-attaques désespérées de la 19. Waffen-SS-Grenadier-Brigade (lettische) (Nikolaus Heilman) et de la 217. ID (Friedrich Bayer) depuis Wilhelmmenhof et Reissdorg Fritschienen. C’est un fait : sur la rive gauche de la Deime, la tache rouge s’étend, s’étend encore, repoussant les obstacles, inondant peu à peu les moindres interstices, ne laissant à personne le temps de colmater les brèches. Et si, au soir, l’avance se fait lente, elle n’en reste pas moins inexorable. Zanderlacken et Christoplacken sont tombés, les Russes ne sont plus qu’à 2 kilomètres de leur objectif, lequel sera matraqué toute la nuit. Il est sans doute préférable que la 61. ID (Gunther Krappe) se soit retirée, on risque d’avoir bientôt besoin d’elle.
………
Afin de soulager le secteur nord, la 13. SS-Grenadier Kurland (Carl-Friedrich von Pückler-Burghauss) commence à dépêcher des Kampfgruppen par-delà la Pregel, en direction de Tapiau. La 21. ID (Gerhard Matzky) prend donc le relais face aux coups de boutoir de la 7e Armée (Alexey Krutikov), entraînant le décalage de l’ensemble du I. ArmeeKorps (Otto Wöhler) vers le nord, de Romau et Kleinhof jusqu’à Engelau. C’est un peu risqué, mais Georg Lindemann et sa 18. Armee n’ont pas le choix : il faut contre-attaquer encore, cette nuit et demain ! La Luftwaffe a promis son appui total – il sera le bienvenu pour régler cette histoire au plus vite. Car, même si Krutikov ne progresse guère aujourd’hui – quelques arpents de forêt vers Bieberswald – les choses ne vont pas aussi (relativement) bien plus au sud.
………
En effet, plus bas et dans le secteur de Friedland, si la 11. ID (Siegfried Thomaschki) tient toujours plus ou moins bien dans les bois à l’ouest d’Hohenfelde face à la 42e Armée (Ivan Morozov), au sud, la 7e Armée de la Garde (Nikolai Berzarine) continue d’enfoncer obstinément un coin vers Rätkeim entre la 59. Volksgrenadier (Rudolf Sperl) et la 64. Volksgrenadier (Fritz Warnecke). Puisque celle-ci a le front d’intervenir ! S’ensuit une succession de combats d’infanterie particulièrement violents. L’Armée Rouge fait venir des bataillons de chars extraits des restes du 15e CB et du 10e CM, tandis que l’Axe fait appel aux… trois Nashorn du KG Hofenfels, associés aux survivants du 505. schw. Pz. Abt (Werner Freiherr von Beschwitz) et à quelques engins du 185. StuG Abt (Major Fritz Glossner). Rätkeim tombe, Gerkiehnen est constestée… Les Soviétiques en sont persuadés : ça va craquer, parce que ça ne peut que craquer.
Et même si, à Lötzen, la 34e Armée (Anton Lopatine) ne progresse absolument pas face à la 254. ID (Alfred Thielmann) et à la 96. ID (Ferdinand Nöldechen), les Allemands se disent qu’il faudrait vraiment que les Rouges s’arrêtent… un jour !

Offensive sur Bartenstein – Action !
Prusse orientale et Pologne
– 1er Front de Biélorussie – La 30. ID (Wilhelm Hasse) continue de faire face avec maîtrise face à la 39e Armée (Andrei Zigin). Arrivant à la périphérie d’Arys, cette dernière se heurte à une forte résistance dans la Grondowker Wald – évidemment, la Heer a eu tout le temps de préparer son dispositif. Il y a dix kilomètres pour sortir de ce clapier marécageux, avec une seule vraie route est-ouest. Ce sera long !
Plus bas, la 126. ID (Gotthard Fischer) n’a pu que suivre le mouvement d’un réalignement global du X. ArmeeKorps (Thomas-Emil von Wickede). A présent retranchée dans la vaste étendue du Johannisburger, elle se prépare à faire face au 1er Corps de Cavalerie de la Garde (N.S. Oslikovsky) dans une énième petite guerre sale et désagréable. Mais les cavaliers soviétiques n’en sont pas encore là – pour l’heure, ils sont plutôt occupés à piller ce qu’il reste de Johannisburg, et aussi à pourchasser les éléments tentant de retraiter vers Weissuhnen. Proie facile – la chasse sera dure en forêt.
Au même moment, la 20e Armée (Arkady Ermakov) entre dans Ortelsburg – son adversaire, la 251. ID (Maximilian Felzmann) n’en peut décidément plus… Sur sa droite, la 55e Armée (Vladimir Smiridov) en profite pour pousser d’un coup sec vers Olschienen, d’autant plus que la 12. ID (Kurt-Jürgen von Lützow) doit désormais couvrir ses arrières. S’ensuit un vaste réalignement des forces allemandes, sur une ligne Korpellen – Waldspusch, mené sous les bombes et dans l’urgence.
De son côté, Ermakov – toujours guère flamboyant – continue de pousser dans le centre-ville d’Ortelsburg, malgré la Groß Haus See, qui coupe la ville en deux et sert d’énième barrière humide. A droite, Smiridov peut désormais l’appuyer – en dépit des tentatives de von Lützow et des contres réguliers de la 269. ID (Hans Wagner), toujours retranchée vers Piasutten et qui cogne avec une rage impuissante sur le flanc de l’éléphant. En résumé, les choses s’annoncent mal pour Ortelsburg. Ce sera peut-être long – et assurément douloureux – mais sans renforts, les choses s’annoncent décidément mal.
Enfin, à Allenstein, c’est fait : la 1ère Armée de la Garde (Ivan Chistiakov) est en ville. Bousculant une 122. ID (Gustav Hundt) coincée entre la Kort See et la Skanda See à Kortau, et méprisant ostensiblement sur son flanc une 39. Volksgrenadier (Ludwig Löweneck) acculée à Abstich, sur les bords de l’Okull See, l’infanterie soviétique donne un dernier et puissant coup de collier. Sous un tonnerre d’artillerie, elle déferle ainsi dans une ambiance de sac médiéval. On voit des T-34 prendre de flanc des colonnes de réfugiés, écrasant carrioles, chevaux et retardataires, pour poursuivre les Landsers en fuite. Derrière, les frontovikis ne sont pas longs à suivre pour la curée.
Pour l’heure, cela ne pose pas de problème à l’Armée Rouge – pas de problème militaire du moins. Le LII. ArmeeKorps (Hans-Karl von Scheele), quelque peu renforcé, livre toujours bataille, la 81. Volksgrenadier (Erich Schopper) arrive en courant depuis Kalborno… Les frontovikis ne peuvent donc pas se laisser distraire. Mais tandis que la Heer reflue pied à pied, en s’accrochant avec les ongles à chaque pâté de maisons jusqu’aux bois plus au nord… qui peut dire ce qu’il en sera demain ?
Herman Balck est atterré. Sa 3. PanzerArmee tient toujours – avec difficulté – le flanc sud-ouest de la Prusse orientale, avec en bout de chaîne l’ensemble du XXIV. PanzerKorps (Martin Wandel), face à la 3e Armée de la Garde (Ivan Zakharkine), à Liebstadt. Mais dans les faits, tout le centre de son dispositif a déjà dépassé ses possibilités de résistance et menace de s’effondrer.
Et dans sa forteresse de Königsberg, Georg von Küchler semble toujours plus incertain sur la suite à donner. Un bond en arrière sur une ligne Guttstadt – Seeburg – Bischofsburg – Sensburg, par semée de lacs et de bois, commence à lui sembler vraiment pertinent…

Un autre balcon sur la Baltique
Poméranie
– 2e Front de Biélorussie – La petite tentative du XLVII. PanzerKorps (Rudolf von Bünau) a fait long feu. Les formations blindées soviétiques ont avancé toute la nuit pour rattraper le retard subi… et, accessoirement, pour anéantir tout ce qui subsistait de résistance organisée dans ce secteur.
Depuis Tuchom, le 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko) accompagne vigoureusement la retraite des panzers par le plateau morainique et la forêt de Cisowa – un secteur boisé et accidenté où la Heer aurait pu avoir sa chance… s’il lui restait encore quelque unité notable dans le secteur. Pour l’heure, la résistance se concentre logiquement dans les vallons de la rivière Kacza. Mais si l’avance cale aux environs des petits villages de Chwarzno et Redłowo – les faubourgs de Gotenhafen [Gdynia] – ce n’est pas tant que l’Allemand y est fort. C’est surtout que Kirichenko n’a pas pour instruction de pénétrer en ville. Non : il doit simplement assurer le flanc du 13e Corps Blindé (Boris Bakharov), lequel arrive au même moment à Lintzau et tourne ses chenilles face au nord-est, en direction de Bohlschau : un axe de progression autrement plus porteur…
Surtout avec le futur renfort probable de la 3e Armée de Choc (Mikhail Purkayev). Celle-ci se trouve actuellement à Lauenburg in Pommern, menant un assaut violent mais décousu contre ce qu’il reste de la malheureuse 52. Volksgrenadier (Konrad Purucker). Encerclée (sans même le savoir !), sans renfort ni perspective, cette division ne passera sans doute pas la nuit.
Plus à l’ouest, dans Stolp en flammes, la 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky) et le 2e Corps de Cavalerie de la Garde (I.A. Pliev) font la chasse aux survivants. Pliev envoie des détachements dans toutes les directions – et notamment vers la côte, afin de sécuriser les routes allant aux ports de Stolpmünde, Jershöft et Rowe… pour commencer. Certes, une résistance aussi futile que désespérée se manifestera sans doute encore là-bas. Mais en cas de besoin, Kuzma Galitsky fournira des troupes. Enfin, des troupes sobres et disciplinées. En vérité, il est douteux que l’Armée Rouge contrôle véritablement cette région avant une semaine.
Reste le cas de Köslin, à l’extrême gauche du dispositif. Ici, le contre lancé la veille par la 15. Panzer (Willibald Borowitz) – moitié pour se dégager, moitié pour tenter de tenir la ville – a secoué une 2e Armée de la Garde (Leonid Govorov) certes valeureuse et objectivement supérieure, mais aussi dispersée et épuisée. Du coup, elle ne parvient pas à concentrer suffisamment ses forces pour écarter véritablement l’adversaire de son objectif. Du coup, les combats stagnent entre Streitz et Parnow. La 169. ID (Georg Radziej) et la 163. ID (Karl Rübel) se décalent peu à peu vers le sud pour espérer barrer la route de Kolberg, voire – allez ! – pour stopper l’adversaire. A la tête de la poignée d’engins qui lui reste, Willibald Borowitz se prend à rêver d’un exploit…
Il ignore qu’à cet instant précis, un Konstantin Rokossovski exaspéré vient d’ordonner à Govorov de faire mieux, tandis que la 29e Armée (Alexander Gorbatov) va devoir quitter Neustettin pour se porter vers Köslin. Bien sûr, elle va aussi devoir s’étirer pour continuer de couvrir le flanc gauche… mais en face, les adversaires sont visiblement anémiques ! C’est donc avec une certaine surprise qu’aux environs de midi, Gorbatov apprend l’arrivée par la route de Tempelburg – tenue par la 58. Volksgrenadier (Curt Siewert) – de la Panzer-Brigade Führer Begleit (Gustav Streve) et de la Panzergrenadier-Brigade Führer Grenadiers (Hans-Joachim Kahler). Leurs panzers lourds lardent comme des aiguilles le flanc de la 29e Armée. Mauvaise surprise… Au soir, Neustettin est contestée – pas menacée, mais contestée – et la remontée de troupes de Gorbatov vers le nord compromise. Govorov va sans doute devoir se débrouiller tout seul un petit moment !
Tout ceci ne peut qu’encourager le 2e Front Biélorusse à insister davantage par le sud. La 54e Armée (Sergei Roginski) tape plus fort que la veille sur la 551. Volksgrenadier (Siegfried Verhein) pour s’emparer de Trzebieszki. Encore un petit effort et il sera sorti des bois pour déboucher à Freudenfier – et là, Deutsch Krone sera menacée. La 87. ID (Walter Hartmann), déjà estropiée, est appelée en hâte pour défendre ce secteur.
En effet, une percée de la 54e Armée mettrait en danger d’effondrement la seule partie du front où les lignes de la Heer tiennent encore véritablement : autour de Schneidemühl. Dans ce secteur, la 15e Armée (Georgiy Zakharov) et la 63e Armée (Vasiliy Kuznetsov) préparent d’ailleurs une action en pince de grand style : un double assaut par Koschütz et Küddowtal, afin d’envelopper la 549. Volksgrenadier (Karl Jank) et la 161. ID (Paul Drekmann). Contraintes de combattre sur les flancs et de dégarnir la ville, ou de s’y laisser encercler, leur situation deviendra vite difficile…

Passer l’Oder
Le rocher de Joukov
Sur l’Oder – 3e Front de Biélorussie
– Malgré la pluie, la 8e Armée de la Garde (Sergei Trofimenko) a enfin commencé à assaillir Frankfurt. Enfin, pour être précis – sa rive est, évidemment, où se trouve Dammvorstadt. Ce faubourg est attaqué depuis les reliefs du Kleist Höhe et la route du stade olympique. Les combats sont d’une grande violence : c’est la dernière ligne de résistance notable avant Berlin. Le Reich prétend la tenir avec des raflés regroupés en bataillons d’alarme, des miliciens de Volksturm embrigadés à la hâte et diverses formations SS rameutées en urgence. Rien qui puisse faire peur aux Soviétiques… Surtout avec tout ce qui arrive.
Un peu plus en amont, la 60e Armée (Ivan Kreyzer) continue de foncer à travers l’Allemagne, en perdant quelques morceaux au passage. Elle atteint enfin Ziebingen, en vue de l’Oder, à portée d’artillerie de Francfort-sur-Oder, et Kreyzer se presse pour aller toucher le fleuve, face à Brieskow-Finkenheerd, pour s’apprêter à traverser. La 4e Armée de la Garde (Ivan Muzychenko) vient derrière, de Reppen, et encore après, la 3e Armée de Chars (Rybalko) se prépare. Quant à la 64e Armée (Mikhaïl Sharokine), elle achève de sécuriser Murzynowo – désertée par l’ennemi – tandis que son aile gauche s’empare de Seidlitz, face à Landsberg an der Warthe. La Warthe, qu’il va encore une fois falloir traverser.
Joukov est satisfait – évidemment. Même s’il l’est moins du retard, qu’il estime déjà trop important.

Model prépare son coup de revers
Près de Fürstenwalde
– De son côté, Walter Model n’est pas dans un état d’esprit très différent – en ce qui concerne son secteur du front et pour l’heure. Les Russes sont en train de foncer tête baissée, comme de coutume, vers la porte qu’il va leur refermer au nez. Ce n’est pas la première fois – comme quoi, le singe slave est incapable de retenir une leçon.
Model sait toutefois une chose : l’Armée Rouge est forte et nombreuse. Dispersée c’est vrai, fatiguée sans doute, mais nombreuse. Tout l’inverse de sa 1. SS-Panzerarmee, glorieusement valeureuse et très motivée pour la défense du Vaterland, mais dont les effectifs sont – hélas ! – dramatiquement inférieurs. Cette simple considération a conduit le feld-maréchal à faire son deuil d’une opération Wacht am Oder, vaste action mécanisée un temps envisagée en direction de Posen, peut-être doublée d’une prise de flanc depuis Guben. Impossible. Il faut céder l’initiative et laisser venir l’ennemi…
A contrario cependant, toute défense statique avec ses précieuses divisions de panzers et de panzergrenadiers ne pourrait conduire qu’à leur usure, leur attrition et finalement leur ruine. Non – faute de pouvoir annihiler sa masse de troupes, il faut casser l’élan du Soviétique. Et pour cela, une seule solution : lui faire croire qu’il a gagné pour transformer une lutte à mort immobile à une brillante démonstration manœuvrière, menée au-delà de la portée de cette terrible artillerie soviétique – soit quelque chose comme dix ou quinze kilomètres en arrière des rives de l’Oder. Une gigantesque gifle mécanisée, qui balaiera le champ de bataille des Rouges présomptueux et repoussera tout ce monde à l’est de l’Oder sans deuxième manche possible.
Encore faut-il que le Slave tombe dans le panneau. C’est pourquoi Model a adopté, en accord total avec Paul Hausser, une tactique des plus cyniques : Frankurt-am-Oder sera défendue à tout prix, en pleine connaissance de cause et jusqu’à sa ruine totale par des unités sacrifiées et auxquelles on assurera un soutien… homéopathique. La 104. Panzerbrigade (Oberst Kurt Gehrke) y contribuera – une autre unité sacrifiable, dont les survivants ne manqueront pas de toute manière d’intégrer l’une ou l’autre Panzerdivision après la bataille. De toute façon, il est déjà acquis que le format Panzerbrigade a vécu – ce pis-aller n’est pas de taille sur le champ de bataille.
Bien que ses ambitions soient relativement limitées, l’opération mise sur pied mérite tout de même un nom – sans aller chercher une appellation trop flamboyante. Opération Braunbär, Ours brun – contre l’Ours rouge, ce sera parfait.
C’est avec Braunbär à l’esprit que Model a personnellement nommé le commandant de la Festung Frankfurt : Hermann Meyer-Rabingen. Un officier de valeur… modeste, qui n’a pas connu le feu au-dessus de la division depuis 1941 – un gratte-papier du tribunal de la Wehrmacht. Bah ! Alors, bien sûr, c’est quand même un bon Allemand, donc c’est dommage. Mais Meyer-Rabingen ne sera pas en première ligne – Model laisse ça aux minables et aux imbéciles.

Mais qui a eu cette idée folle ?
Dammvorstadt
– La Sturmbrigade der Waffen-SS Karl der Grosse se trouve évidemment sur le front, en seconde position au niveau des Schützenhaus, soit à environ 1 200 mètres du pont qu’elle a traversé d’ouest en est quelques jours auparavant… si près, si loin. Ici, l’unité fait principalement face à la pointe du 28e Corps des Fusiliers de la Garde (Andrei Yakovlevich Vedenin) – et elle tient sans esprit de recul. Les tenues camouflées tombent aux embrasures des fenêtres, littéralement labourées d’impacts… Au soir, la Charlemagne déplore déjà 127 morts ou blessés graves sur 962 SS le matin. Une boucherie banale sur le front de l’Est.

Les Festungen, encore et toujours
Festung Marienburg
– Violent combats dans le district ferroviaire – la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) attaque à nouveau la gare en ruines. Par une action en tenaille à partir des décombres d’Hoppenbruch et Sandhof, elle tente d’isoler l’ensemble de ce secteur. Manœuvre gagnante mais difficile : les Allemands s’accrochent. L’issue des combats n’est toujours pas tranchée dans la soirée et la lutte se prolonge toute la nuit.
………
Festung Posen – Nouvelle journée de siège. L’Armée Rouge continue de nettoyer (beaucoup), de rallier (aussi), de piller (un peu…) – et surtout de préparer l’assaut contre la citadelle intérieure, obsolète il est vrai, mais dotée d’une forte garnison. La prise du bastion III Tietzen permet de faire roquer un peu mieux les troupes autour des positions adverses, lesquelles ne manqueront pas de tomber bien vite – il n’en reste pas grand-chose, hormis des sous-sols et des installations techniques… Ce sera long, peut-être coûteux, tant pis !
Mais la fortification principale, le fort Winiary, continue, elle, de se dresser orgueilleusement, comme du temps de l’armée polonaise, et de riposter de son mieux aux tirs d’artillerie. Là, les Soviétiques ont un vrai problème. Un problème en forme de polygone, avec des douves de 6 mètres de large sur 7 de profondeur et des murs de brique de 1,8 mètre d’épaisseur percés de meurtrières. Un bel exercice d’assaut de forteresse attend les frontovikis. Un de plus !
Côté allemand, on s’organise. Hermann Niehoff a réorganisé sa foule d’unités et les a réparties en trois secteurs : Est (colonel Gonella), Ouest (major Évert) et Sud (major Hahn). Sur la carte, ça fait bien. Sur le terrain, ça fait peu face à la puissance combinée de la 10e Armée de la Garde (Vasily Chuikov), de la 50e Armée (Konstantin Golubev) et de la 69e Armée (Mikhaïl Kazakov).
………
Festung Breslau – La situation de la Heer face aux assauts de la 5e Armée de Choc (Ivan Chernyakovsky) et de la 9e Armée de la Garde (Nikolai Pukhov) devient véritablement sans issue. Les Allemands n’en continuent pas moins de jeter sans arrêt de nouvelles unités improvisée dans le brasier – par exemple le régiment Reinkörber, constitué pour moitié de miliciens et pour moitié de traînards ralliés. Avec encore 500 morts rien que la veille, le régiment Wehl a pour ainsi dire disparu. Le régiment Mohr, lui, ne tient plus qu’une rue et demie.
Quant au colonel von Friedeburg, il est reparti – de nuit, dans un avion de liaison volant fort bas et qui réussira par pur miracle à rejoindre l’aérodrome de Görlitz. Son premier acte sera de faire un rapport sur ce qu’il estime personnellement être « l’impossibilité évidente et absolue » de ravitailler Breslau par avion dans les circonstances présentes. Hanke, le patron de la Festung, s’en doutait, évidemment. Mais ce n’est pas grave – entretemps, il a eu une nouvelle idée brillante pour faire taire les critiques.

Tankiste (Evgeni Bessonov)
Cantonnement presque confortable

« La compagnie s’était installée dans des huttes. Nous dormions pour la plupart sur des planches de bois couvertes de paille enveloppée dans nos capes de pluie. Le plus important restait que nous ayions un toit sur nos têtes et un poêle pour faire chauffer la nourriture. Aussi, même si nous étions un peu à l’étroit ou s’il y avait du bruit durant notre sommeil, ce n’était pas un problème.
Nous dormions à deux par lit. Il faisait chaud la nuit, la règle était donc de dormir sans nos uniformes. Durant la journée, nous formions le personnel, et nous occupions nos soirées de diverses façons. Pour nous éclairer, une lampe à pétrole faite avec une douille de 45 mm – du sel au fond permettait de faire durer la flamme plus longtemps. Nous jouions aux cartes, écrivions des lettres, chantions devant l’accordéon de Nikita ou visitions la compagnie voisine – sans parler des longues conversations, sur nous, sur nos proches ou sur des questions professionnelles.
Le chef de compagnie Chernyshov vivait séparément – par contre, le commandant en second, sergent-major Bratchenko, restait avec nous. Les requêtes devaient être adressées au sergent-major. Bratchenko n’aimait pas la critique – mais il corrigeait ses erreurs. Les soldats aimaient donc discuter avec lui, ils avaient le sentiment d’être considérés et d’avoir quelqu’un qui s’occupait d’eux. »

(Tankiste ! – Jusqu’au cœur du Reich avec l’Armée Rouge, Evgueni Bessonov, Skyhorse 2017)

Armée Rouge des Ouvriers et Paysans
La discipline faisant la force principale des armées…
Allemagne conquise
– Les premiers froncements de sourcil virils des commissaires politiques et du NKVD n’ont pas exactement eu l’effet escompté. On espérait pourtant qu’ils réduiraient les pillages massifs en terre dite libérée… Mais c’est un fait : dans l’armée russe, de tout temps, les officiers ont eu tendance à accepter les sympathiques cadeaux de leur troupe, en gage d’une évidente affection. Alors, comment pourrait-il en être autrement, maintenant que nous sommes tous camarades ?
Ainsi, le général Okorokov, chef du service politique du 2e Front Biélorusse, vient de recevoir à l’instant dans son bureau deux magnifiques présents du correspondant Lev Kopelev : une carabine de chasse de grande valeur et une série de gravures anciennes… Des gravures signées Dürer – la moindre vaut plus cher que la carabine. Tout cela fera sans doute très bien dans son salon. Alors, les hommes peuvent se défouler un peu, si c’est pour la bonne cause.

Notes
1- De fait, le K-21 n’a pu tenir jusque-là que grâce à l’esprit d’initiative de son chef électricien, N. Suslov, lequel a constitué en toute illégalité un stock personnel et considérable de pièces détachées.
2- De gros travaux seront pourtant entamés à la fin de 1944 – par exemple l’installation d’un calculateur TAS-L. Mais ce chantier ne sera jamais mené à terme. Le K-21 finira donc comme la station de ravitaillement flottante “PZS-51”, puis comme le centre d’entraînement “UTS-5”. C’est aujourd’hui un “navire mémoriel”.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wings



Inscrit le: 11 Mar 2022
Messages: 970
Localisation: U.S.A

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 10:35    Sujet du message: Répondre en citant

Le K-21 a été coulé il y a un moment en Mer de Barents. On peut le remplacer par le K-22.
_________________
"It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 12685
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 10:48    Sujet du message: Répondre en citant

Sur quel extrait de la chrono ? D'ailleurs pourquoi le K-21 en Barents ? Plutôt le 22 en Barents, si j'en crois mes archives. Very Happy
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wings



Inscrit le: 11 Mar 2022
Messages: 970
Localisation: U.S.A

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 11:31    Sujet du message: Répondre en citant

Certains noms allemands furent diferents entre 38 et 45:

Olschienen = Ebendorf im Ostpreußen
Piasutten = Seenwalde
Murzynowo = Morrn
_________________
"It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II


Dernière édition par Wings le Jeu Déc 25, 2025 11:44; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wings



Inscrit le: 11 Mar 2022
Messages: 970
Localisation: U.S.A

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 11:33    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Sur quel extrait de la chrono ? D'ailleurs pourquoi le K-21 en Barents ? Plutôt le 22 en Barents, si j'en crois mes archives. Very Happy



26 Fevrier 1943

Citation:
Coups de grâce
Mer de Barents, 12h00 – Alors que le Z-5 Paul Jakobi et les remorqueurs venus d’Altafjord tentent avec difficulté d’établir une ligne de remorquage sommaire sur l’épave du Scharnhorst, trois explosions secouent le malheureux navire. Peu après, il chavire avant de sombrer. Sur près de 1 700 hommes d’équipage, environ 350 pourront être sauvés.
Le communiqué allemand affirmera que le croiseur de bataille a heurté une mine en rentrant au port. En réalité, il a bel et bien été torpillé. Les vigies de l’UJ-1110 ont repéré les torpilles, mais il n’y avait rien à faire – rien d’autre que de traquer sans merci le sous-marin responsable et de le détruire au bout d’une heure et demie de chasse. Il est aujourd’hui certain que ce sous-marin était le K-21. Le capitaine Magomet Gadjiyev, qui a disparu avec son bâtiment, sera fait Héros de l’Union Soviétique après la guerre, lorsque les archives allemandes livreront le secret de la fin du Scharnhorst.

_________________
"It takes the Navy three years to build a ship. It will take three hundred years to build a new tradition. The evacuation will continue." Sir Andrew Cunningham, Mai 1941
"Let me soar! [...] I need no great host, just [Tyene]" - Nymeria Sand, AFFC II
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 12685
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 11:36    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne l'avais pas rédigé. C'est bizarre, l'as rien a faire la..
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15341
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Déc 25, 2025 11:56    Sujet du message: Répondre en citant

Erreur de numérotation. Le sous-marin de Magomet Gadjiyev était le K-23 !
Désolé.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 15341
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Déc 26, 2025 10:13    Sujet du message: Répondre en citant

2 août
Opération Hannibal
Loup meurtrier
Baltique
– L’opération Hannibal bat son plein.
L’U-2511, sous-marin Type-XXI tout neuf, quitte définitivement le port de Dantzig, après les ultimes tests de mise en service, pour rejoindre la 31. Unterseebootsflottille à Kiel. Plusieurs dizaines de réfugiés sont entassés dans les coursives, conscients de la chance qui est la leur, alors des milliers d’autres attendent encore leur évacuation pour fuir l’Armée Rouge.
Quelques heures après son départ, alors que l’U-boot se trouve au large de la petite ville de Leba, de fortes explosions sont entendues. Le sous-marin soviétique S-13 (Alexander Marinesko), par un « détour imprévu (3) » sur la route de Kronstadt, a enfin fait une victime d’importance ! Trois torpilles ont crucifié le grand paquebot Wilhelm Gustloff, avec probablement plus de 10 000 personnes à bord, militaires et réfugiés. Le navire coule en moins de 50 minutes. Malgré l’arrivée sur les lieux de plusieurs navires allemands, plus de la moitié des naufragés périssent – c’est une des plus grandes catastrophes maritimes de tous les temps. L’U-2511 va se charger de quelques survivants, qu’il débarquera à Sassnitz avant de reprendre sa route vers Kiel.

Loup malchanceux
Baltique
– Le K-53 du capitaine de 3e rang Dimitri K. Yaroshevich n’a pu réparer son gouvernail endommagé quelques jours plus tôt, mais il retente sa chance à l’approche d’un convoi et lance deux torpilles. Mal lui en prend ! Repéré par un BV 138 en patrouille au large de la baie de Dantzig (et que le torpillage du Wilhelm Gustloff avait attiré dans le secteur), il est signalé à l’escorte déjà en alerte et plonge à nouveau.
Ses deux torpilles explosent – elles auraient endommagé un transport, même si les archives allemandes ne l’ont pas confirmé. Mais le K-53 est à nouveau endommagé. Ses réparations dureront trois jours avant que le bâtiment puisse se traîner jusqu’à Kronstadt.

Après l’opération Oder
Face à la Baltique
Prusse orientale – Front de la Baltique
– Comme prévu, la 18. Armee a contre-attaqué toute la nuit les pointes soviétiques, afin de tenter de sauver sa ligne sur le Deime – et sans doute, avec elle, le flanc nord de la forteresse de Königsberg. Depuis 48 heures, les vagues rouges n’arrêtent pas de déferler, avec une forte supériorité numérique et d’artillerie, qui ne peut que s’accentuer. Si la Wehrmacht veut au moins tenter de les empêcher d’atteindre le Brüster Ort, sur la Baltique, c’est maintenant ou jamais.
Avant l’aube, négligeant la pointe de la 1ère Armée (Aleksei Kourkine) qui s’aventure vers Theut, la 19. SS-Grenadier-Brigade (lettische) (Nikolaus Heilman) et la 217. ID (Friedrich Bayer), renforcée par quelques KG de la Kurland, se jettent ainsi avec l’énergie du désespoir en direction de Groß Poppeln, afin d’atteindre la Deime et de couper en deux la poche soviétique. C’est leur dernière chance de renverser la situation. Il leur faudrait un miracle pour réussir – et en ce quatrième été de la guerre, on en manque. Cependant, à défaut de miracle, quelques événements improbables vont aider ici la Wehrmacht.
D’abord, après des affrontements nocturnes aussi confus que peu conclusifs, la 1ère Armée (Aleksei Kourkine) subit au lever du jour une frappe audacieuse des Bf 110 du III/ZG.1 contre les ponts de bateaux des Soviétiques. Ce raid suicidaire, digne des bombardements des ponts sur la Meuse en 1940, détruit trois ouvrages en échange de onze appareils abattus. Immédiatement après, le passage d’un grain empêche les VVS de riposter comme il le faudrait. Dans le même temps, les SS baltes démontrant une fois encore leur bel allant et progressent jusqu’à Goltzhausen, semant un léger trouble dans les rangs de la 1ère Armée. Celle-ci n’est pas en danger, c’est vrai – il ne faut pas exagérer ! Mais elle est tout de même de plus en plus gênée. Surtout que la 217. ID, à gauche des Baltes, arrive de Tapiau – où il ne se passe rien de sérieux – et pourrait anéantir une éventuelle poche à Bärwalde.
Kourkine doit donc relâcher la pression sur Theut. Et pendant ce temps, la 4e Armée (Nikolai Gusev) tente d’enfoncer seule la 61. ID (Gunther Krappe), qui essaie désormais de défendre essentiellement une ligne Labiau – Theut – Löbertshof.
Aucun doute : leurs adversaires ne peuvent prétendre à la victoire. Mais ces prises de flanc incessantes, ajoutées à la fatigue des Soviétiques, à la pluie et surtout à la destruction de trois ponts par l’aviation fasciste, font que l’on perd beaucoup de temps. Et l’Axe parvient bon an, mal an à stabiliser peu ou prou le front le long de la voie ferrée menant à Königsberg, parallèle à celle convoitée par les Soviétiques. Ceux-ci vont devoir acheminer des renforts, y compris des blindés, réapprovisionner leurs batteries… et sûrement aussi prendre d’assaut Labiau. La vague a échoué – place à la marée qui monte lentement, difficilement, voire péniblement, mais inexorablement.
Les Allemands ne pouvaient sans doute pas espérer mieux. Une fois encore, le mauvais temps leur sauve la mise – du moins, il retarde l’échéance.
………
De l’autre côté de la Pregel, la 13. SS-Grenadier Kurland (Carl-Friedrich von Pückler-Burghauss) et la 21. ID (Gerhard Matzky) tiennent toujours, orgueilleusement, fermement… douloureusement. La 7e Armée (Alexey Krutikov) ne progresse pas. Tenue à distance par les redoutes de Damerau et Romau, elle doit passer par les marais de Bieberswalde.
Cependant, côté allemand, on commence à manquer de ravitaillement. C’est ainsi que, dans la nuit du 2 au 3 août, les SS de la Kurland finissent par se jeter sur les camps de réfugiés éparpillés sur la route de Königsberg et sur leurs centres de secours péniblement mis en place par l’administration régionale. Ils se servent d’autorité, réquisitionnant, matraquant si besoin – et leurs besoins sont nombreux. Vêtements et notamment chaussettes (sèches !), nourriture, linge (pour les bandages), alcool… Les SS auraient sans doute voulu trouver des munitions, mais elles manquent, pour des raisons évidentes. Ils repartent ensuite en camion vers le front – un peu honteux, peut-être, pour certains… Mais c’est qu’ils doivent défendre ces gens qu’ils viennent de piller ! Et qu’ils vont encore devoir défendre seuls ou presque, vu la situation de l’armée allemande.
En effet, plus au sud, la 11. ID (Siegfried Thomaschki) a la mauvaise surprise de voir revenir en ligne face à elle le 10e Corps Mécanisé (Nikolai Vedeneyev). Certes, l’effectif de celui-ci reste très inférieur à sa valeur théorique, mais il n’en représente pas moins pour elle un adversaire formidable, d’autant plus qu’il est accompagné de la 42e Armée (Ivan Morozov). Le 10e CM culbute ainsi les ultimes positions allemandes à l’est de l’Alle, menaçant d’emporter le point de passage de Friedland dans la foulée. Face à cette menace mortelle – rien n’interdit aux Rouges de remonter ensuite vers Königsberg par Uderwangen ! – la 18. Armee n’a plus rien à envoyer que le KG Hofenfels et sa quinzaine d’engins. Avec le stoïcisme de ceux qui savent qu’ils vont mourir, les tout derniers Tiger et Nashorn de Prusse orientale font face. Frappant à un contre quatre le flanc droit de Vedeneyev, ils permettent à la 11. ID de se dégager un peu pour ne pas disparaitre. Dans la mêlée cataclysmique qui suit, Karl-Max Freiherr von Hofenfels disparait – son corps ne sera jamais relevé (4). Au soir, les Russes sont à Friedland, face à une 11. ID qui a échappé à l’annihilation, c’est vrai, mais surtout qui n’a plus d’espoir.
Ces événements conduisent la 59. Volksgrenadier (Rudolf Sperla) à se porter en hâte vers Schippenbell, pour passer l’Alle avant de remonter vers le nord, désormais couverte sur sa droite par la 226. Volksgrenadier (Franz Sensfuß) et la 64. Volksgrenadier (Fritz Warnecke). Celles-ci reculent jusqu’à Dietrichsdorf face à la 7e Armée de la Garde (Nikolai Berzarine), toujours aussi obstinée. L’effondrement de la 3. PanzerArmee pourrait bien se propager ici – le XXXVIII. AK (Kurt Herzog) risque fort de devoir abandonner très vite ses positions de Lötzen, en grave danger d’encerclement, car désormais dépassées de 40 kilomètres par les pointes de Malinovski !

Décisions, décisions
Forteresse de Königsberg
– On dira ce qu’on voudra de Georg von Küchler – que ce n’est pas le plus flamboyant des généraux, qu’il lui manque le prestige d’un Model, la flamboyance d’un Rommel, les appuis bien en cour d’un Schröner… la foi absolue dans le Parti d’un Hausser, aussi. Mais ce n’est pas un imbécile. Lui qui a servi loyalement le Troisième Reich depuis six ans, pour le meilleur et évidemment pour le pire (5), lui qui n’a jamais trempé dans aucune conspiration, estime que la situation issue de l’ordre de résistance statique qu’on lui impose est intenable.
La vérité, c’est qu’au sud, la 3. PanzerArmee ne tient qu’avec des bouts de ficelle. La vérité, c’est qu’au centre, la 16. Armee est désormais dangereusement étirée, dispersée, aventurée même, et menacée d’enveloppement puis de destruction en détails. La vérité, c’est que la 18. Armee va craquer sous l’effort colossal consenti par l’ennemi – et la somme de toutes ces peurs ramène à Bartenstein, où les forces bolchéviques iront se rejoindre pour parachever l’élimination du HG Nord. Ensuite, plus rien n’empêchera le massacre.
On l’a dit, von Küchler n’a rien d’un humaniste. C’est un militaire traditionnaliste et farouchement antirusse. Alors, il ne va pas suivre aveuglément des ordres stupides, laissant des sous-hommes ravager la terre de Prusse (6) et massacrer tout le monde. La 3. PanzerArmee va donc se retirer sur une ligne Guttstadt – Seeburg – Bischofsburg – Sensburg, avant qu’il ne soit trop tard. La 18. Armee, quant à elle, va retraiter sur l’Alle – elle devra gagner encore deux jours en remontant peu à peu vers le nord, le temps pour la 16. Armee d’Hansen d’arriver et de garnir le centre. Si ça marche, il devrait être possible de former un nouvel arc défensif selon un tracé… Labiau – Tapiau – Bartenstein – Braunsberg. Si tout va bien, il restera alors un demi-cercle de 50 à 60 kilomètres de diamètre centré sur le port de Königsberg – où reflue déjà une masse considérable de réfugiés, que la marine va bien devoir évacuer.
Alors tant pis. Pour la forme, Küchler va tout de même demander l’autorisation de l’OKH – mais dans les faits, ce sera après coup. De toute façon, ce n’est pas comme si Guderian pouvait contremander ses ordres depuis son bunker derrière l’Oder. Après, bien sûr, il faudra assumer…

Offensive sur Bartenstein – Action !
Prusse orientale et Pologne – 1er Front de Biélorussie
– Malheureusement pour lui, la position du X. ArmeeKorps (Thomas-Emil von Wickede) est peut-être encore pire. Isolé dans sa redoute de terrain difficile, il est à 30 kilomètres au moins de tout secours. Cruel dilemme pour Christian Hansen et sa 16. Armee, alors que, paradoxalement, tout se passe bien vers Arys et dans le Johannisburger, face à la 39e Armée (Andrei Zigin) et au 1er Corps de Cavalerie de la Garde (N.S. Oslikovsky). Si ça continue, il va falloir bientôt retraiter vers Nikolaiken voire Sensburg. Mais n’est-il pas déjà trop tard, avec tout ce qui se passe à Ortelsburg et Allenstein ? Car là aussi, la Wehrmacht craque face à une Armée Rouge pourtant elle-même à bout de souffle, mais qui submerge tout simplement son adversaire sous le poids du fer et de la chair.
Dans Ortelsburg à feu et à sang, la 20e Armée (Arkady Ermakov) passe la Groß Haus et avance vers Rohmanen et Eichthal, repoussant la 251. ID (Maximilian Felzmann) entre Schoben See et Waldpusch See. La 12. ID (Kurt-Jürgen von Lützow), rejetée sur le flanc, ne peut plus rien faire sinon s’accrocher et accompagner le mouvement, face à une 55e Armée (Vladimir Smiridov) que le succès de la 20e rend toujours plus agressive. La 269. ID (Hans Wagner) doit d’ailleurs passer la Marxöwer afin de pouvoir prendre le relais sur la gauche de von Lützow, en terrain difficile… Et demain ce sera peut-être encore pire.
Au même moment, à Allenstein, la 1ère Armée de la Garde (Ivan Chistiakov) pille, massacre et s’amuse. Repliées aux abords de la ville sur une ligne Abstich – Trautzig – Elisenhof, pas moins de trois divisions allemandes, la 39. Volksgrenadier (Ludwig Löweneck), la 122. ID (Gustav Hundt) et la 81. Volksgrenadier (Erich Schopper), tentent de revenir dans la cuvette infernale, qu’ils voient flamber tandis que montent des hurlements. Des hourras venant des vagues d’assaut qui écartent leur faible étau ? Ou des cris de désespoir ?

Un autre balcon sur la Baltique
Poméranie – 2e Front de Biélorussie
– L’encerclement de Gotenhafen parait bien engagé – en vérité, la seule chose qui empêche le 14e Corps Blindé (Ivan Kirichenko) de pousser plus fort depuis le sud, c’est l’irritante redoute de Dantzig. Un objectif prioritaire à border pour le serrer. Une Festung de plus à réduire sur la Baltique !
Le front bouge donc peu, entre Soviétiques en attente de renforts et Allemands sur la défensive, lesquels reprennent leur souffle – évidemment. Mais cela n’empêche pas les Rouges d’infiltrer dans la nuit des détachements motorisés au-delà de la Kacza et à travers bois, pour de vigoureux coups de main. Certains iront même jusqu’à Lasné Dzélczi, soit pratiquement aux abords du port ! Port où, faut-il le préciser, la Kriegsmarine prévoit de mener une nouvelle évacuation… sans moyens.
Plus à l’ouest, le 13e Corps Blindé (Boris Bakharov) descend de la Bolszewka, atteignant Bohlschau puis Neustadt in Westpreußen en milieu d’après-midi. Cette nouvelle déclenche une véritable panique dans les états-majors allemands, contraints de faire monter en urgence vers Rheda des renforts – dont ils ne disposent pas ! – afin d’espérer tenir le flanc gauche. A défaut, les Rouges pourront déferler des deux côtés et prendre Gotenhafen entre deux mâchoires d’acier, pour broyer tout le monde. Au soir, des combats désespérés ont lieu dans Rheda – en moyenne, un T-34 contre trois miliciens ou raflés. C’est pas gagné…
Pendant ce temps, à Lauenburg in Pommern, la 3e Armée de Choc (Mikhail Purkayev) achève d’exterminer les défenseurs qui ont le front de lui faire face, notamment la 52. Volksgrenadier (Konrad Purucker). Le général est capturé, avec une partie de son état-major (7) – tout le monde n’aura pas cette chance relative. Cette petite contingence écartée, Purkayev poursuit sans attendre vers l’ouest, atteignant Lusin en fin de journée. On va avoir besoin de lui, et peut-être même jusqu’à Hel.
Derrière, dans le secteur de Stolp, la 2e Armée de Choc (Kuzma Galitsky) recoit l’ordre de… laisser tomber tout ce qu’elle faisait (ce n’est pas précisé, mais quelle importance) pour se porter vers l’ouest au secours de Leonid Govorov devant Köslin. Tout compte fait, le 2e Corps de Cavalerie de la Garde (I.A. Pliev) – en train de se reconcentrer vers Neu Flinkow – suffira pour prendre les petits ports sur la Baltique. Rokossovski ne tient pas à risquer de passer pour un imbécile, comme certains plus au sud. Au pire, ça prendra le temps que ça prendra.
De fait, à Köslin, les affaires des Soviétiques continuent de… tanguer. Ce n’est pas que la 2e Armée de la Garde soit en danger, non – ce serait franchement exagéré. Mais entre des fascistes bien regroupés et motivés (par la force des choses) et des Soviétiques toujours dispersés, fatigués… et pour partie un peu en dehors du rang, la lutte est encore incertaine. Leonid Govorov ne parvient vraiment pas à pousser au-delà de la ligne Streitz – Parnow. Ses troupes s’égarent dans une succession de petits engagements sans enjeu qui, s’ils coûtent tous quelque chose aux Allemands, coûtent aussi aux Rouges et surtout leur font perdre du temps. Surtout quand la 163. ID (Karl Rübel) a le front de contre-attaquer du côté de Giezkowo et Schwessin avec quelques panzers prêtés par la 15. Panzer (Willibald Borowitz), déclenchant l’intervention du 1er Corps Mécanisé de la Garde (Mitrofan Zinkovich), contraint de réagir ainsi alors qu’on attend de lui qu’il prépare une percée vers Kolberg.
Comme on l’a vu, le renfort pour prendre Köslin ne viendra pas du sud. Dans Neustettin, la 29e Armée (Alexander Gorbatov) s’est elle aussi fait surprendre par les brigades du Führer. La Panzer-Brigade Führer Begleit (Gustav Streve) et la Panzergrenadier-Brigade Führer Grenadiers (Hans-Joachim Kahler) ont obligé Rokossovski à contremander l’ordre de marche en direction du nord donné la veille. Côté allemand, on est tout aussi surpris – au point d’avoir demandé à la 58. Volksgrenadier (Curt Siewert) de se porter sur zone en urgence pour contribuer à l’attaque contre Gorbatov. Le champ de bataille, contraint par la Streitzig See et la Vilmsee, n’est pourtant pas favorable à l’assaillant… Mais Carl Hilpert (2. Armee) et surtout Walter Model, son chef (HG Mitte) caressent l’espoir d’un coup de surin dans le flanc soviétique, pour obliger les Rouges à relâcher la pression sur Köslin et Schneidemühl. Pari gagnant… pour l’instant.
De fait, ce qui se passe à Neustettin ne fait pas trembler les Soviétiques. De Trzebieszki, la 54e Armée (Sergei Roginski) repousse encore plus loin vers l’orée des bois la 551. Volksgrenadier (Siegfried Verhein) – Freudenfier est désormais constestée. Enfin, devant Schneidemühl, la 15e Armée (Georgiy Zakharov) et la 63e Armée (Vasiliy Kuznetsov) continuent de préparer leur grand coup, testant de plus en plus fort les défenses de la 549. Volksgrenadier (Karl Jank) et de la 161. ID (Paul Drekmann), mais vers le centre de la ville. Maskirovka, quand tu nous tiens ! Même si les bombardements, eux, tombent évidemment partout.

Armée Rouge des Ouvriers et Paysans
La discipline faisant la force principale des armées…
Derrière le front
– La chute d’Allenstein s’accompagne une fois encore de nombreuses et terribles exactions contre la population restée en arrière et coincée au milieu des combats. La troupe soviétique, rendue folle de rage et de douleur par les sacrifices consentis depuis trois ans, se venge sur tout ce qui passe à sa portée. Et cela fait beaucoup de dégâts, accrus par les diatribes d’Ehrenburg. Après tout, si les grands esprits du Parti donnent quitus à la saine fureur de ses soldats, qui va retenir ceux-ci ?
Tant pis pour leur efficacité au combat et pour leur approvisionnement, qui en prennent un coup – on ne peut pas tout faire à la fois. Ce que ne manqueront pas de relever certains généraux, tels Ivan Gribov, de la 33e Division de Fusiliers biélorusses – toujours d’aussi mauvaise humeur aux environs de Liebstadt.

Passer l’Oder
Le rocher de Joukov
Sur l’Oder – 3e Front de Biélorussie
– La 8e Armée de la Garde (Sergei Trofimenko) continue de matraquer Dammvorstadt, où les défenseurs du Reich s’accrochent envers et contre tout. Ils suivent les instructions du général Hermann Meyer-Rabingen, lequel continue de dépêcher, sur ordre, section après section d’infanterie et panzer après panzer sur la rive est, le long d’un pont à voûtes fort exposé mais que, curieusement, on ne veut pas miner.
En face, la 4e Armée de la Garde (Ivan Muzychenko) est arrivée – du moins ses premiers éléments, car il lui faut sécuriser (sinon nettoyer) une route minée et encombrée d’épaves, au milieu d’un pays hostile réputé infesté de « brigands ». Les hommes de Muzychenko ont fait 130 kilomètres depuis Posen – hélas, ce nœud de communication n’est toujours pas dégagé, et pourtant on y consacre trois armées ! Ce n’est pas grave – au vu de la considérable différence de moyens, le résultat est couru d’avance. Ce n’est qu’une question de temps.
Le temps – c’est justement la principale préoccupation du maréchal Joukov, lequel observe le front depuis les reliefs du Kleist Höhe, entre ses deux immenses gorilles sibériens.
Portant son regard au sud, il observe la 60e Armée (Ivan Kreyzer) qui organise un assaut sur Brieskow-Finkenheerd afin de s’emparer de Müllrose et de remonter vers Jacobsdorf pour encercler la rive ouest de Frankfurt avant que les fascistes ne s’y replient. Pas question de perdre du temps ici ! Avant midi, les chars amphibies PT-60, leurs châssis encombrés de fantassins qui s’accrochent de leur mieux se livrent sous ses yeux à une démonstration de traversée, couverts par les 85 mm postés sur la rive est. Alors certes, tous les engins n’arrivent pas à destination et sont bien en peine de riposter dans pareille configuration. Mais un ou deux obus de 45 mm ne changerait rien – et puis le résultat est là. Au soir, Brieskow-Finkenheerd est contestée malgré les milices en déroute qui prétendent la défendre.
Plus au nord, la 64e Armée (Mikhaïl Sharokine) signale qu’elle commencera demain à traverser la Warthe vers Landsberg an der Warthe. Cette localité est bordée de reliefs boisés peu propices à l’offensive ; Sharokine se propose donc d’attaquer sur ses flancs – Giesen à gauche et Zantoch à droite – profitant ici du fait que son aile a déjà passé la Warthe. Pour cela, Joukov lui laisse le champ libre, ça n’a aucune importance.

Mais qui a eu cette idée folle ?
Dammvorstadt
– L’arrivée du 4e Corps de Fusiliers de la Garde au nord de la ville, afin de prendre d’assaut les Weiss Vorst et la digue sur l’Oder, achève de placer les défenseurs des Schützenhaus, dont la Sturmbrigade der Waffen-SS Karl der Grosse, dans une position impossible. L’unité doit céder quelques blocs à un assaut de la 39e division de la Garde, puis se replier – avec bien d’autres – pour chercher au cœur médiéval du bourg un abri au moins provisoire. En chemin, les Français abandonnent morts et blessés graves – ceux-ci seront le plus souvent achevés par les Soviétiques (8).
Les blessés légers, eux, restent en ligne. Ceux plus gravement touchés mais « réparables » sont évacués dans des conditions dantesques vers l’hôpital de campagne installé au-delà des rails, vers Behesinchen. Détail étonnant : dans cet immense désordre, on trouve sur la rive ouest une grande plume fort mal employée. Louis-Ferdinand Céline s’est souvenu qu’il était aussi un médecin et (autrefois) un militaire avant de devenir un écrivain haineux. Au volant d’une ambulance et vêtu d’un uniforme de récupération prêté par le service… vétérinaire de la Heer (!), l’ancien cavalier retrouve ses réflexes d’estafette héroïque pour rouler de nuit et à tombeau ouvert malgré tous les obstacles. Un nouveau voyage au bout de la nuit (9)…

Ober-Befehlshaber Oder
HH au pinacle
OKH
– Fidèle au Führerprinzip, le Reich vient de prendre une décision historique pour faire face aux désastres qui s’enchaînent : la nomination d’un nouveau chef qui saura barrer la route aux Bolcheviques.
Les qualités attendeus sont nombreuses. Il faut en effet un responsable fanatique, qui croie en la Victoire plus que n’importe qui, et dont l’exemple saura inspirer les hommes dans leur lutte féroce pour la civilisation européenne. Mais il faut aussi un grand chef ainsi qu’un organisateur de talent, qui saura diriger avec charisme et expertise (au moins tant que le Guide suprême prend quelque repos) l’action de l’ensemble des armées défendant le Vaterland, regroupées en un OB Oder, pendant de l’OB Donau.
Cet homme, ce chef, cet être d’exception, Hitler l’a cherché un certain temps – les mêmes voix qui lui ont soufflé la nécessité d’un tel commandement ayant toutes des idées divergentes sur le nom de l’heureux élu. Et finalement, entre petites confidences et minables intrigues de couloir, le Führer s’est décidé : ce sera le Reichsführer SS Heinrich Himmler !
La Waffen-SS touche enfin au sommet de la gloire. Elle prend de fait le contrôle d’un groupe d’armées regroupant une grosse moitié de l’Ostheer ! Himmler, bien davantage flatté que conscient des immenses difficultés qui l’attendent, va donc tranquillement préparer le déménagement de son QG de Wewelsburg vers Orianenburg. Un camp de concentration, proche de Berlin – le nouveau chef y sera assurément à son aise.

Les Festungen, encore et toujours
Festung Marienburg
– La gare de Marienburg est enfin tombée. Il aura fallu une semaine et presque six cents morts chez les attaquants pour parvenir à ce résultat – signe, s’il en fallait un, de la résistance acharnée des Allemands. Sans parler de la débauche de munitions nécessaire ! Or, de ce point de vue, la 1ère Armée polonaise (J. “Radoslaw” Mazurkiewicz) n’est pas la mieux dotée des unités de son Front…
Passons – désormais retranché derrière les murs médiévaux en ruines, ce qui subsiste de la garnison (moins d’un millier de combattants peut-être) attend désormais l’assaut final sous la pluie. Côté polonais, on propose de nouveau une reddition. Laquelle recueille encore une fin de non-recevoir, à l’heure où tant de villes allemandes baissent pourtant pavillon face au Drapeau Rouge ! On se demanderait presque si les Allemands n’ont pas encore plus peur des Polonais que des Russes…
………
Festung Posen – Toujours pas vraiment d’action décisive ici. Cependant, la 69e Armée (Mikhaïl Kazakov) progresse sur la rive est, achevant de… sécuriser avec énergie Rataje et Osiedle Warszawskie, soit en gros les derniers quartiers contestés de ce côté de la Warthe. A présent, bordant la rivière à peu près partout – quoiqu’au milieu des ruines, séparée de l’eau par les seuls forts Rauch et Prittwitz-Gaffron, cette armée ne pourra plus que menacer les fascistes d’une traversée et appuyer l’inévitable et prochain assaut de ses équipières… quand celui-ci aura lieu, c’est-à-dire quand on aura enfin le carburant comme les obus pour ce faire. Mais pour l’heure, seul l’Oder intéresse Joukov.
………
Festung Breslau – La Kaiserstraße est en flammes, mais ce n’est pas la faute des bombardements ! En fait, le Gauleiter Hans Hanke, soucieux d’allonger la piste de son fameux terrain d’aviation destiné à recevoir du ravitaillement, a eu l’excellente idée de mettre le feu aux immeubles voisins pour accélérer les travaux.
Cela présente sans doute les apparences de la logique. Mais tandis que les positions sur la rive sud sont à l’agonie, cette lubie incendiaire force le général Otto Schünemann – commandant du XXXIX. PanzerKorps, plus haut gradé présent… mais ne pouvant donner des ordres aux autorités civiles – à demander officiellement à Berlin de nommer un responsable indiscutable pour tenir la Festung et discuter à égalité avec le Kampfkommandant en ce qui concerne le militaire. Simple question d’efficacité… et même de moral.
Pendant ce temps, les blessés s’accumulent. Très jeune à l’époque, Dick Delchambre, un habitant de la ville, raconte : « Ma mère avait été réquisitionnée comme infirmière volontaire. Elle vit ainsi beaucoup de sang, de morts et de blessés. Ce qui la bouleversait surtout, c’était les jeunes soldats qui appelaient leurs mères à l’aide. Pendant la guerre, elle se heurtait fréquemment à des officiers supérieurs qui ne pensaient qu’à leur propre sort. Un jour, alors qu’elle voulait parler à des officiers planqués dans l’hôpital, elle perdit la vue d’un œil à cause d’un éclat d'obus. » Frau Delchambre survécut pourtant à la guerre. Ce qui ne fut pas le cas de tout le monde autour d’elle, loin de là.


Notes
3- Marinesko prétendra que son compas s’était déréglé en évitant un champ de mines – d’où son besoin de contourner toute la baie de Dantzig par l’ouest pendant trois jours. Évidemment !
4- Il est possible que cet épisode ait inspiré le roman L’Ami retrouvé, de Fred Uhlmann, dont le héros retrouve à la fin de l’ouvrage la tombe d’un certain Hohenfels et découvre que ce dernier, d’abord partisan d’Hitler, a fini exécuté pour conspiration contre le Führer.
5- Küchler est un fervent défenseur de la Vernichtungskrieg – la guerre d’annihilation à l’est.
6- C’est un Prussien – de Nassau, mais tout de même un Prussien.
7- Purucker aura plus tard des responsabilités régionales dans la Bundeswehr.
8- Lesquels les reconnaissent, comme tous les SS, même en l’absence d’insigne, par le groupe sanguin tatoué sur le biceps. Mais être achevé n’est peut-être pas pire que d’être confié au système carcéral de l’Armée Rouge, avec ou sans soins au préalable…
9- Aujourd’hui encore, certains thuriféraires de Céline affirment qu’il se serait rendu sur la rive est, au plus près des combats, pour soigner des blessés. L’intéressé n’a jamais démenti – notamment lors de ses longues et verbeuses interventions à la radio publique française. Mais ce n’est bien sûr qu’un point de détail.


Dernière édition par Casus Frankie le Ven Déc 26, 2025 17:06; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Le front russe Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page Précédente  1, 2, 3 ... 9, 10, 11 ... 20, 21, 22  Suivante
Page 10 sur 22

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com