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GUY2LUZ

Inscrit le: 16 Avr 2012 Messages: 504 Localisation: Poitou
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1646 Localisation: Paris
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Posté le: Mar Nov 18, 2025 20:54 Sujet du message: Re: La Phalange |
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| GUY2LUZ a écrit: | https://www.youtube.com/watch?v=Hj6_pzIrdIs
Une recherche expérimentale sur la guerre |
Excellente chaîne au demeurant ; que je suis depuis longtemps et que je recommande chaudement ! _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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GUY2LUZ

Inscrit le: 16 Avr 2012 Messages: 504 Localisation: Poitou
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Posté le: Mar Nov 18, 2025 21:00 Sujet du message: |
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Je la suis également depuis plusieurs année et j'avais vraiment été emballé par le projet. Et ce d'autant plus que ma première armée DBM était une armée Grecs d'hoplites... _________________ Pour Loyauté Maintenir |
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Capitaine caverne

Inscrit le: 11 Avr 2009 Messages: 4481 Localisation: Tours
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Posté le: Mer Nov 19, 2025 11:00 Sujet du message: Re: La Phalange |
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| GUY2LUZ a écrit: | https://www.youtube.com/watch?v=Hj6_pzIrdIs
Une recherche expérimentale sur la guerre |
Le Capitaine est abonné à la chaine de puis plusieurs années. La production est réduite par rapport à d'autres du même type mais le contenu est de qualité. _________________ "La véritable obscénité ne réside pas dans les mots crus et la pornographie, mais dans la façon dont la société, les institutions, la bonne moralité masquent leur violence coercitive sous des dehors de fausse vertu" .Lenny Bruce. |
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Hardric62
Inscrit le: 20 Avr 2019 Messages: 217 Localisation: Dijon
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Posté le: Mer Nov 19, 2025 12:21 Sujet du message: Re: La Phalange |
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| GUY2LUZ a écrit: | https://www.youtube.com/watch?v=Hj6_pzIrdIs
Une recherche expérimentale sur la guerre |
Je suis cette chaîne aussi depuis récemment, après avoir vu des épisodes ici et là.
Effectivement très intéressante. Je serai ravi de découvrir les résultats qui se cachent derrière ce teaser quand ils seront publiés.
Et corrélation amusante, parce qu'un autre blog que je suis, Unmitigated Pedantry par Bret Devereaux, chercheur universitaire américain spécialisé dans l'histoire militaire romaine, surtout de la République, et le monde méditerranéen, a commencé une série récemment centrée sur le débat de la phalange hoplitique:
https://acoup.blog/2025/11/14/collections-hoplite-wars-part-i-the-othismos-over-othismos/
Il n'en est au qu'au début, mais vu la qualité des posts qu'il publie, j'imagine que cela fera une lecture de choix à côte des vidéos de Sur le champ. La position qu'il semble vouloir avancer entre vision 'orthodoxe' (ancienne) et 'hétérodoxe' (les développements récents), en pointant que si les orthodoxes sont dépassés, il y a encore des trous dans la vision hétérodoxe à combler. Ce qui n'est pas aider par le fait que le débat entre ces deux positions semble être au point mort (positions orthodoxes répétés bêtement sans évolutions face aux nouvelles données, ce qui ironiquement gèle un peu la progression côte hétérodoxe... Et limite la capacité à publication auprès du grand public apparemment).
J'ai pu repensé à ces deux médias récemment avec les vidéos sur la phalange macédonienne de Sur le champ, avec ce blog ayant également offert une analyse de son système à côté de la légion et de leurs conflits. Ce qui offre des points additionnels intéressants. Deveraux a par exemple mentionné qu'il pense que la sarisse ne s'est pas allongé au fil du temps et était resté à environ 5.8m. Il attribuerait les différences de mesures des sources les plus fiables (celles qui ont vus des sarisses en action) au fait que si elles utilisent des unités de mesure du même nom, les différences régionales probables ramènent à des longueurs en fait similaires.
Le blog de Devereaux sur le sujet, ou du moins le début de sa série sur le sujet: https://acoup.blog/2024/01/19/collections-phalanxs-twilight-legions-triumph-part-ia-heirs-of-alexander/ |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11756
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Posté le: Mer Nov 19, 2025 17:07 Sujet du message: |
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Intéressant, je m'intéresse au même débat de mon côté. Et j'appartiens au camp 'hérétique' celui qui soutient que les phalanges arrivaient rarement au contact. Le vainqueur était généralement désigné par l'affrontement entre les tireurs (Peltastoï - lanceurs de javelots, Toxotès, archers et Spendonêtes, frondeurs). Un camp décimait l'autre et les Hoplites devait ensuite avancer sous une grêle de tirs et entraient souvent en déroute avant même d'arriver au contact.
A ce sujet, je conseille la lecture de l'Histoire militaire de Polybe
https://remacle.org/bloodwolf/historiens/polybe/index.htm _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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Le Chat

Inscrit le: 12 Jan 2020 Messages: 601
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Posté le: Mer Nov 19, 2025 18:01 Sujet du message: |
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Je plussoie d'autant plus que j'y étais, d'ailleurs, on s'est sans doute croisé avec d'autres membres du Forum ! _________________ "Tout fout le camp, je vous dis : la preuve : Shakespeare a réussi à écrire Henri VIII. Stallone, lui, n'est pas allé au delà de Rocky VI". (Le Chat, P. Geluck) |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2461 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Jeu Nov 20, 2025 23:12 Sujet du message: |
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Donc tout ce que j'ai appris sur la grece antique, toute la légende sur la supériorité de Sparte est une fumisterie ? Les Homoioi ne foutaient rien sur le terrain et les victoires étaient acquises par les périèques et les hilotes qui détruisaient les troupes à distance ?
Pourtant la phalange spartiate ne comprenait que peu de troupes de tir historiquement, si on regarde les commentaires de Plutarque. Un mur "blindé" créeant la peur.
Comme disait Dilios à la bataille de Platée dans le film
| Citation: | | Just there the barbarians huddle, sheer terror gripping tight their hearts with icy fingers -- knowing full well what merciless horrors they suffered at the swords and spears of 300. |
Et Leuctres ? Cela bien été phalange contre phalange. La révolution de l'ordre oblique par Epaminondas etc...
La mort des Homoioi a cette bataille a bien sonné le déclin de la puissance lacédémone, l'armée spartiate ne s'en ai jamais remis. Pourtant si on suit cette idée, l'armée spartiate aurait été facile à reconstruire, on rafle les hilotes et les périèques, on les arme de frondes et de javelot et l'armée est reconstruite.
Alors je ne pense pas que vous ayez tord au demeurant. Cela devait être vrai pour les cité-états mineures, ça coute cher d'équiper un hoplite (même combat sous Rome)
Mais les grandes puissances comme Thèbes, Athènes, Sparte, Corinthe, Argos, Megare. Leur puissance militaire reposait sur la phalange et le mur de bouclier et de lance.
En plus la virilité du grec, la fameuse et importante "andreia", se devait se démontrer par le combat au corps à corps.
Le problème de ce modèle d'armée légère, fluide, peu défendue, peut marcher contre une armée entièrement en infanterie, mais que faire contre les cités déployant de la cavalerie rapide qui balayerait ces troupes par une charge, Athène d'abord puis après la Macédoine. _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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le poireau

Inscrit le: 15 Déc 2015 Messages: 1646 Localisation: Paris
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 02:18 Sujet du message: |
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Même si le débat est passionnant, le problème qui se pose c'est que l'on dispose finalement de relativement peu d'exemples de batailles hoplitiques qui soient historiquement bien documentées. C'est à dire qui soient décrites dans les sources avec un certain niveau de détail ; suffisant pour en comprendre le déroulement matériel.
Et il s'agit le plus souvent des "grandes" batailles. Celles qui mettent aux prises les cités majeures ; cités qui disposent sans aucun doute des armées les plus élaborées (les plus diversifiées, les mieux organisées, les plus disciplinées, les mieux entraînées, etc.).
Pour ce qui de la majorité des "petits" affrontements entre cités, qui sont de très loin les cas les plus nombreux et les plus fréquents (l'état de guerre étant à peu près endémique en Grèce antique où les cités sont quasi perpétuellement en bisbille avec leurs voisines !)... et bien on en sait pas grand chose !
Et il est donc hasardeux d'essayer de tirer des conclusions générales à partir de ce faible nombre d'exemples.
Dans certains cas, il est indubitable qu'il y a nécéssairement eu choc entre phalanges, Leuctres en est le meilleur exemple.
Mais est-ce représentatif ? Est-ce une exception ou la norme ?
On en sait rien et l'état de nos sources ne nous permet pas de trancher.
Du coup ce qui est un peu génant dans les positions respectives des "orthodoxes" comme des "hétérodoxes" c'est que finalement elles reposent davantage sur des convictions personnelles que sur une analyse historique sourcée !
C'est en cela que ce genre de reconstiutions peuvent aider : à défaut de trancher le débat de manière définitive elles permettent déjà de tester les hypothèses et a minima d'éliminer celles qui en pratique s'avèrent matériellement impossibles ou improbables. _________________ “Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon) |
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solarien
Inscrit le: 13 Mai 2014 Messages: 2871 Localisation: Picardie
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 03:53 Sujet du message: |
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On a plusieurs exemple de bataille entre hoplite, et on connait aussi d'autre récit de combat entre hoplite/phalange et d'autre formation militaire.
Pour ma part, je suis plus pour la thèse de l'évolution/adaptation.
le hoplite est le représentant du citoyen combattant, de la cité, il se doit de combattre.
De plus, l'équipement du hoplite est très défensif, donc assez peu sensible au arme des tireurs.
Les premiers combat entre hoplites étaient probablement traditionnel, le corps à corps.
Mais comme en Europe au 12ème 13ème siècle avec la chevalerie, les cités-état se sont adaptés en fonction des ressources, de la géographie et des relations locales.
Certains cités-états commençant à développer d'autre tactique, d'autre armes pour avoir/garder un avantage contre leur adversaire.
Avec l'apparition d'autre unités, de nouvelle tactique, et forcement, une armée qui à tendance à se spécialisé (archer crétois, cavalerie tarentine), se discipliner pour pouvoir y faire face.
| le poireau a écrit: | | Et il s'agit le plus souvent des "grandes" batailles. Celles qui mettent aux prises les cités majeures ; cités qui disposent sans aucun doute des armées les plus élaborées (les plus diversifiées, les mieux organisées, les plus disciplinées, les mieux entraînées, etc.). |
Pas totalement d'accord, les cités grecques ne comptaient pas des millions d'habitant, Athènes, a son apogée, c'est environ 400 000 habitants.
Les grandes batailles sont souvent des coalitions, des alliances entre différentes cités ayant chacune leur intérêt et qui va justement influencer le comportement de la phalange, les citoyens défendant leur ville désirant plus combattre que leur alliées qui ne veulent pas perdre de troupes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mantin%C3%A9e_(362_av._J.-C.)
| le poireau a écrit: | Dans certains cas, il est indubitable qu'il y a nécéssairement eu choc entre phalanges, Leuctres en est le meilleur exemple.
Mais est-ce représentatif ? Est-ce une exception ou la norme ? |
on peux se baser sur d'autres bataille historique connue, et pas qu'entre phalange.
il y a Raphia, les batailles entre Rome et Pyrrhus, les trois guerres de macédoine ou à chaque fois, la phalange à affronter les légions romaines au corps à corps, les guerres médiques, la campagne d'Alexandre.
il est plus que probable que le choc entre phalange fut la normes, déjà parce que cela parait inimaginable que deux armées réunit décide comme cela qu'une serai vainqueur l'autre perdante, par contre, il est aussi fort probable que les combats soient très court, l'une des phalanges pliant devant la supériorité du nombre ou l'intensité de la charge, ou les conditions extérieurs au combat (fatigue, maladie, oracle, horaire du combat [la soirée favorisant la fuite, la journée, le combat].
| le poireau a écrit: | | C'est en cela que ce genre de reconstiutions peuvent aider : à défaut de trancher le débat de manière définitive elles permettent déjà de tester les hypothèses et a minima d'éliminer celles qui en pratique s'avèrent matériellement impossibles ou improbables. |
Parfaitement d'accord avec toi, et elles peuvent même parfois apporter de nouvelles hypothèses ou théorie. |
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Hardric62
Inscrit le: 20 Avr 2019 Messages: 217 Localisation: Dijon
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 09:07 Sujet du message: |
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| solarien a écrit: | On a plusieurs exemple de bataille entre hoplite, et on connait aussi d'autre récit de combat entre hoplite/phalange et d'autre formation militaire.
Pour ma part, je suis plus pour la thèse de l'évolution/adaptation.
le hoplite est le représentant du citoyen combattant, de la cité, il se doit de combattre.
De plus, l'équipement du hoplite est très défensif, donc assez peu sensible au arme des tireurs.
Les premiers combat entre hoplites étaient probablement traditionnel, le corps à corps.
Mais comme en Europe au 12ème 13ème siècle avec la chevalerie, les cités-état se sont adaptés en fonction des ressources, de la géographie et des relations locales.
Certains cités-états commençant à développer d'autre tactique, d'autre armes pour avoir/garder un avantage contre leur adversaire.
Avec l'apparition d'autre unités, de nouvelle tactique, et forcement, une armée qui à tendance à se spécialisé (archer crétois, cavalerie tarentine), se discipliner pour pouvoir y faire face.
| le poireau a écrit: | | Et il s'agit le plus souvent des "grandes" batailles. Celles qui mettent aux prises les cités majeures ; cités qui disposent sans aucun doute des armées les plus élaborées (les plus diversifiées, les mieux organisées, les plus disciplinées, les mieux entraînées, etc.). |
Pas totalement d'accord, les cités grecques ne comptaient pas des millions d'habitant, Athènes, a son apogée, c'est environ 400 000 habitants.
Les grandes batailles sont souvent des coalitions, des alliances entre différentes cités ayant chacune leur intérêt et qui va justement influencer le comportement de la phalange, les citoyens défendant leur ville désirant plus combattre que leur alliées qui ne veulent pas perdre de troupes.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mantin%C3%A9e_(362_av._J.-C.)
| le poireau a écrit: | Dans certains cas, il est indubitable qu'il y a nécéssairement eu choc entre phalanges, Leuctres en est le meilleur exemple.
Mais est-ce représentatif ? Est-ce une exception ou la norme ? |
on peux se baser sur d'autres bataille historique connue, et pas qu'entre phalange.
il y a Raphia, les batailles entre Rome et Pyrrhus, les trois guerres de macédoine ou à chaque fois, la phalange à affronter les légions romaines au corps à corps, les guerres médiques, la campagne d'Alexandre.
il est plus que probable que le choc entre phalange fut la normes, déjà parce que cela parait inimaginable que deux armées réunit décide comme cela qu'une serai vainqueur l'autre perdante, par contre, il est aussi fort probable que les combats soient très court, l'une des phalanges pliant devant la supériorité du nombre ou l'intensité de la charge, ou les conditions extérieurs au combat (fatigue, maladie, oracle, horaire du combat [la soirée favorisant la fuite, la journée, le combat].
| le poireau a écrit: | | C'est en cela que ce genre de reconstiutions peuvent aider : à défaut de trancher le débat de manière définitive elles permettent déjà de tester les hypothèses et a minima d'éliminer celles qui en pratique s'avèrent matériellement impossibles ou improbables. |
Parfaitement d'accord avec toi, et elles peuvent même parfois apporter de nouvelles hypothèses ou théorie. |
De façon générale, je suis partisan de la synthèse aussi. En admettant qu'il y a une forte dose de convictions malgré tous, mais qui repose sur des points similaires aux tiens:
-1) L'hoplite est sensé avoir une cuirasse, casque, et bouclier d'un mètre de diamètre environ. C'est le genre de combinaison qui tend à neutraliser le tir à distance la plupart du temps. Dans le même temps, la cohue orthodoxe est non réaliste, à cette distance ce serait un combat aux couteaux hyper-létal.
-2) Je trouve le lien avec la chevalerie que tu fais intéressant à plusieurs niveaux : Je mentionne Devereaux, et il semble être d'accord avec l'idée que l'hoplite, c'est le citoyen aisé a minima, pas le paysan moyen. Et le fait est que les hoplites 'volent la vedette' dans la représentation culturelle en obscurcissant les autres types de troupes... Mais comme avec la cavalerie lourde médiévale, j'imagine que ce n'est pas juste de l'art élites pour élites ou du lèche-botting: ils doivent avoir eu un degré d'efficacité pour voler la vedette au départ. De là, tes mentions des adaptations locales
-3) Les poleis ne sont en effet pas en vase clos: Les guerres médiques, même si leur échelle est exceptionnelle pour ces cités. Et je suis d'accord pour le fait que le fait qu'elles fonctionnent en coalition implique qu'il y a une cohérence du modèle militaire entre cités qui permet de constituer une armée commune dans ces circonstances. Au-delà de ça, ce serait un rêve d'avoir un moyen de voir aussi comment les colonies du monde méditerranéen ont interagi avec leur environnement (on '''sait''' que les Perses ont conquis l'Ionie, phalange ou pas).
-4) Et il y a la question du degré de parenté entre phalange macédonienne et phalange grecque (nota bene, les Grecs anciens utilisent le mot phalange comme terme générique pour 'mur de boucliers', a contrario des historiens modernes. Polybe, par exemple, parlait de la phalange romaine, pas de la légion romaine). La phalange hétérodoxe semble un peu trop 'individualiste' sur ce point à mon goût avec son idée que c'est une série de combats individuels fluides pour chaque colonne. Encore que j'ajouterais que ce n'est pas possible de mobiliser Pyrrhus et Raphia sur le sujet du comportement des hoplites au combat, ou la phalange macédonienne en général, du moins directement. Cette dernière est en effet bâtie avec les sarisses en tête, ce qui est un équipement distinct de la lance à une main grecque, sans parler des boucliers. En même temps, on peut supposer que c'est une réponse et adaptation de la phalange grecque. Le problème étant le mot 'supposer'.
(Je vais vraiment attendre et cette vidéo qui a lancé le thread, et le reste de la série par Devereaux avec impatience.) |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2461 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 10:13 Sujet du message: |
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Le problème est que dans les récits antiques, on a eu un exemple relaté tardif où l'infanterie légère l'a emporté sur les hoplites, la bataille de Sphactérie, durant la guerre du Péloponnèse. Le reste des récits de bataille, plus antérieurs, est centré sur les affrontements de hoplites.
Donc on ne peut pas dire formellement que c'est une absence de récits, de documentations ou bien de réécriture de l'histoire qui permet d'en déduire, à travers les zones d'ombre que les combats en Grèce antique n'étaient pas ce qu'ils étaient.
Si décimer à distance, flanquer les troupes lourdes par une infanterie légère, mobile, était la révolution tactique révolutionnaire pour écraser un mur de cuirasses et de boucliers, on aurait eu plus de récits dans ce sens, de batailles ou le résultat attendu fut des retournements de situation etc....
Un vrai mur de phalange, comme la tortue romaine (enfin tortue gauloise puisqu'apparemment ce sont nos "ancêtres" qui ont inventés le concept) laisse peu d'interstices pour que le combattant soit atteint par des projectiles.
Après la bataille de Sphactérie est un combat mineure dans le fait que les forces engagées n'étaient pas numériquement fortes, des deux cotés.
D'ailleurs c'est en partie pendant la guerre du Péloponnèse, que les troupes de légères comme les Peltastes ont pris plus d'importance, les affrontements réguliers décimant les hoplites, il a bien fallut combler les trous pour reconstituer les armées.
Alors le débat sur le fond n'est pas faux mais à voir comme une évolution historique, tactique et stratégique de la guerre en Grèce antique. _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net |
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Anaxagore
Inscrit le: 02 Aoû 2010 Messages: 11756
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 10:34 Sujet du message: |
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Une partie des questions que vous posez ont des réponses données par les auteurs antiques.
Pour la parenté entre la phalange hoplitique et la phalange macédonienne, il faut savoir que la phalange macédonienne est née après la phalange hoplitique et est le résultat à la fois d'une particularité locale et... du manque de pognon des Macédoniens. Comme les intervenants l'ont remarqué, l'hoplite est combattant d'élite (mais moins que le cavalier, quoi que vous en pensiez), les cnéides (jambières), le casque corinthien et le bouclier ôplon sont tous en bronze. Les Macédoniens ont opté pour une lance très longue (la Sarisse, de 5 à 7 mètres selon la position dans la phalange) mais un armement plus léger.
A l'origine leur armement et la longueur de leur lance étaient minutieusement calculée pour rendre la phalange dévastatrice contre tout type d'ennemi. Il existait par exemple une grande différence d'armement entre le pézhétairoi au premier rang de la phalange qui avait une linothorax et des cnémides, et celui du dernier rang qui ne portait qu'une tunique, un bouclis léger (aspis ou pelta) ainsi qu'un casque léger de type pilos (typiquement macédonien)
| Code: | Diodore de Sicile a écrit:
Le roi donna à ses troupes une meilleure organisation, perfectionna les armements et occupa les soldats à des exercices continuels pour les habituer à la guerre. Il imagina de donner plus d'épaisseur aux rangs et fut l'inventeur de la phalange macédonienne |
Les phalanges sont également protégées contre les armes de jet par l'utilisation particulière de la sarisse
| Citation: | Polybe a écrit:
Les hommes alignés au-delà du cinquième rang ne peuvent pas utiliser leurs sarisses pour porter des coups à l'ennemi. C'est pourquoi, au lieu de les abaisser à l'horizontale, ils les tiennent la pointe en l'air, mais en les inclinant vers les épaules des soldats qu'ils ont devant eux, afin de protéger toute la troupe contre les traits arrivant au-dessus d'elle, car toutes ces hampes dressées les unes à côté des autres arrêtent les projectiles | .
Cependant, à l'époque des diadoques la phalange fut "optimisée" pour combattre d'autres phalanges... la rendant pratiquement inutilisable contre d'autres types d'ennemis. Sous Philippe V, elles se sont énormément alourdies, au point de ne plus pouvoir avancer qu'au pas ! A la bataille de Cynocéphales, le roi de Macédoine a aussi utilisé des troupes insuffisamment entraîné. Or, la phalange a besoin d'une cohésion parfaite pour se protéger des attaques de flanc.
Il est évident qu'une formation aussi lourde que la phalange tardive ne peut qu'être engagé en plaine pour être parfaitement efficace.
| Citation: | Polybe a écrit:
À la guerre, le moment et le lieu où l'action s'engagera ne peuvent être déterminés à l'avance, alors que, pour lui permettre de donner toute sa mesure, il faut à la phalange son moment et son terrain… uni et nu, un terrain que ne coupe aucun obstacle tel que fossés, ravins, vallonnements, talus ou cours d'eau car n'importe lesquels de ces accidents suffit pour paralyser ou disloquer une troupe ainsi formée. |
Ce lourd armement gêne également la phalange au niveau du déplacement stratégique et pour sa mise en place. Chaque pézhétairoi a besoin d'un porteur ( au moins pour son bouclier et son armure) sous peine de s'épuiser rapidement. Il doit aussi prendre le temps de revêtir son armure avant de combattre... et il ne s'agit pas là d'un défaut mineur. A la bataille de Cynocéphales, les historiens modernes expliquent souvent l'arrivée progressive des phalanges sur le champ de bataille par le fait que certaines n'étaient pas encore équipées au début de l'affrontement. N'oublions pas que Cynocéphales n'est pas une bataille planifiée, mais une action de rencontre qui résulte d'une escarmouche qui dégénère.
L'élite de la phalange macédonienne était appelée Hypaspistes au temps d'Alexandre le Grand ( c'est à dire "Porte-bouclier"... en fait leur titre complet est ὑπασπισταὶ τῶν ἑταίρων / hupaspistaì tỗn hetaírôn ou " Porte-bouclier du roi"). Ils sont remplacés plus tard par les Agèma(gardes royaux) reconnaissables à leurs boucliers en forme de croissant de lune (pelté) deux à trois mille d'entre eux étaient présent à Cynocéphales.
Solarien a cependant raison de signaler que la phalange hoplitique n'est pas un modèle figé. Il y a eu plusieurs réformes de la phalange hoplitique. je vous suggère de lire le livre de Cornélius Népos: "Les grands généraux des nations étrangères" https://archive.org/details/bub_gb_0ik34yzIzZ8C/mode/2up
si vous voulez en apprendre plus sur les réformes militaires des armées grecques.
Le plus important c'est l'abandon de la cuirasse métallique et le remplacement par la linothoraxe chez les hoplites, cet allégement les rendant plus manoeuvrable et la formation dite 'de phalange oblique' https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_oblique.
Avec l'arrivée de la phalange macédonienne, la phalange hoplitique disparaît rapidement dans les cités grecques. Certaines choisissent de se munir elle-aussi d'une phalange macédonienne, mais on assiste aussi à l'apparition d'une nouvelle classe de combattant: le peltaste lourd.
Dans le monde grec, le lanceur de javelot n'est pas une unité destiné au corps-à-corps. Comme le velites romain, il s'agit d'une troupe d'escarmouche, d'embuscade et de poursuite. Seulement, ces unités pouvaient se retrouver obligé de combattre à courte portée, aussi l'usage vint de leur donner un bouclier plus lourd le thuréos pour qu'ils puissent se défendre.
Au cours de l'épopée d'Alexandre, les Macédoniens rencontrèrent d'autres peuples qui donnaient des armures et des casques à leurs lanceurs de javelots comme les Galates ou les Juifs.
D'abord employés comme mercenaires, en particulier par les Sélucides, ces peuples inpirèrent des unités grecs comme les Thuréophores θυρεοφόρος / thuréophoros (« porteur de thuréos »).
L'âge d'or des Turéophores est la première partie du IIIème siècle. Ayant abandonné l'infanterie hoplitique traditionnelle, la ligue achéenne et la ligue béotienne constituent des armées de Turéophores. A cette époque, c'est simple, les grands états grecs ont des phalanges sur le modèle macédonien, les plus pauvres des Turéophores. Seulement, à la fin du siècle, pratiquement toutes les cités adoptent la phalange... à l’exception de Megapolis qui crée au contraire une unité de super-Turéophores, les Chalkaspides (ou "bouclier de bronze").
Chez les Sélucides, le souverain Antiochos III se retrouve à affronter des peuples hostiles de lanceurs de javelots... Ses phalanges ne sont pas adaptés à combattre dans les montagnes où ils vivent. Il recourt donc à des mercenaires galates (celtes de Turquie actuelles). Les Séleucides doivent également affronter les Juifs qui recourent à des unités de lanceur de javelots aptes au combat au contact. Cela conduit ce royaume diadoque à se doter d'une importante infanterie de Thorakitès, c'est à dire des "porteurs d'armures" ultime évolution du peltaste lourd portant linothorax ou cotte de mailles. Au contact des Romains, les Sélucides développeront encore davantage ce modèle de troupes, copiant les formations et les tactiques de leurs ennemis.
Cavalerie
Hippei
La meilleure cavalerie grecque est celle de la ligue de Thessalie, les Hippei. Elle était si redoutable que même les Lacédémoniens refusaient de l'affronter en plaine. Dans l'armée, elle est généralement déployée à gauche de la phalange (la place la plus prestigieuse). Groupée en losange, sa charge est capable d'enfoncer la phalange.
Cavalerie balkanique
Mercenaires thraces et péoniens, ils portent le pelté et des petits casques de bronze pour toute armure. Troupe d'escarmouche, ils harcèlent l'ennemis à coup de javelots, et ont une machaira (ancêtre du sabre de cavalerie) pour l'autodéfense. ils sont très utiles pour massacrer des troupes en déroute.
Cavalerie grecque
Transposition à cheval de la phalange hoplitique, ces cavaliers combattent en carré et chargent à la la lance. Ils sont le plus souvent utilisés pour la reconnaissance et la poursuite. Ils portent des casques de bronze et des linothorax.
Prodomoï
Littéralement, le nom de cette unité veut dire "en avant sur la route". Ce sont des éclaireurs sans armure, ils avancent devant l'armée en déplacement. Dans la bataille, leur rôle est la poursuite d'unités en déroute mais aussi la couverture. Sur le champ de bataille, on les déploie de manière à engager les phalanges de flanc, leurs longues sarisses les rendent très efficaces dans les charges.
Hétairoi
Leur nom veut dire "compagnon" c'est la cavalerie d'élite macédonienne. Il s'agit de nobles qui sont souvent de proches amis du roi. Ils font partis de ses conseillers, exercent le rôle de garde du corps dans la bataille, festoient avec lui. Un peu comme les chevaliers de la table ronde, leur position dépend de leurs exploits individuels. Par exemple, pour pouvoir manger couché près du roi et non assis sur un banc avec les novices, un Compagnon doit avoir tué un sanglier à la lance. Ils sont entraînés depuis leur plus jeune âge et sont capables de charger à la lance (ce qui est loin d'être évident avant l'invention de l'étrier). Leur équipement comprend un casque de bronze de type béotien une cuirasse de bonze ou une linothorax, et des cnémides. Il n'a pas de bouclier car il tient les rênes dans sa main gauche. Il se sert au combat d'une longue lance de cavalerie appelée dory. _________________ Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe. |
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Hardric62
Inscrit le: 20 Avr 2019 Messages: 217 Localisation: Dijon
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 11:49 Sujet du message: |
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| Anaxagore a écrit: | Une partie des questions que vous posez ont des réponses données par les auteurs antiques.
Pour la parenté entre la phalange hoplitique et la phalange macédonienne, il faut savoir que la phalange macédonienne est née après la phalange hoplitique et est le résultat à la fois d'une particularité locale et... du manque de pognon des Macédoniens. Comme les intervenants l'ont remarqué, l'hoplite est combattant d'élite (mais moins que le cavalier, quoi que vous en pensiez), les cnéides (jambières), le casque corinthien et le bouclier ôplon sont tous en bronze. Les Macédoniens ont opté pour une lance très longue (la Sarisse, de 5 à 7 mètres selon la position dans la phalange) mais un armement plus léger.
A l'origine leur armement et la longueur de leur lance étaient minutieusement calculée pour rendre la phalange dévastatrice contre tout type d'ennemi. Il existait par exemple une grande différence d'armement entre le pézhétairoi au premier rang de la phalange qui avait une linothorax et des cnémides, et celui du dernier rang qui ne portait qu'une tunique, un bouclis léger (aspis ou pelta) ainsi qu'un casque léger de type pilos (typiquement macédonien)
| Code: | Diodore de Sicile a écrit:
Le roi donna à ses troupes une meilleure organisation, perfectionna les armements et occupa les soldats à des exercices continuels pour les habituer à la guerre. Il imagina de donner plus d'épaisseur aux rangs et fut l'inventeur de la phalange macédonienne |
Les phalanges sont également protégées contre les armes de jet par l'utilisation particulière de la sarisse
| Citation: | Polybe a écrit:
Les hommes alignés au-delà du cinquième rang ne peuvent pas utiliser leurs sarisses pour porter des coups à l'ennemi. C'est pourquoi, au lieu de les abaisser à l'horizontale, ils les tiennent la pointe en l'air, mais en les inclinant vers les épaules des soldats qu'ils ont devant eux, afin de protéger toute la troupe contre les traits arrivant au-dessus d'elle, car toutes ces hampes dressées les unes à côté des autres arrêtent les projectiles | .
Cependant, à l'époque des diadoques la phalange fut "optimisée" pour combattre d'autres phalanges... la rendant pratiquement inutilisable contre d'autres types d'ennemis. Sous Philippe V, elles se sont énormément alourdies, au point de ne plus pouvoir avancer qu'au pas ! A la bataille de Cynocéphales, le roi de Macédoine a aussi utilisé des troupes insuffisamment entraîné. Or, la phalange a besoin d'une cohésion parfaite pour se protéger des attaques de flanc.
Il est évident qu'une formation aussi lourde que la phalange tardive ne peut qu'être engagé en plaine pour être parfaitement efficace.
| Citation: | Polybe a écrit:
À la guerre, le moment et le lieu où l'action s'engagera ne peuvent être déterminés à l'avance, alors que, pour lui permettre de donner toute sa mesure, il faut à la phalange son moment et son terrain… uni et nu, un terrain que ne coupe aucun obstacle tel que fossés, ravins, vallonnements, talus ou cours d'eau car n'importe lesquels de ces accidents suffit pour paralyser ou disloquer une troupe ainsi formée. |
Ce lourd armement gêne également la phalange au niveau du déplacement stratégique et pour sa mise en place. Chaque pézhétairoi a besoin d'un porteur ( au moins pour son bouclier et son armure) sous peine de s'épuiser rapidement. Il doit aussi prendre le temps de revêtir son armure avant de combattre... et il ne s'agit pas là d'un défaut mineur. A la bataille de Cynocéphales, les historiens modernes expliquent souvent l'arrivée progressive des phalanges sur le champ de bataille par le fait que certaines n'étaient pas encore équipées au début de l'affrontement. N'oublions pas que Cynocéphales n'est pas une bataille planifiée, mais une action de rencontre qui résulte d'une escarmouche qui dégénère.
L'élite de la phalange macédonienne était appelée Hypaspistes au temps d'Alexandre le Grand ( c'est à dire "Porte-bouclier"... en fait leur titre complet est ὑπασπισταὶ τῶν ἑταίρων / hupaspistaì tỗn hetaírôn ou " Porte-bouclier du roi"). Ils sont remplacés plus tard par les Agèma(gardes royaux) reconnaissables à leurs boucliers en forme de croissant de lune (pelté) deux à trois mille d'entre eux étaient présent à Cynocéphales.
Solarien a cependant raison de signaler que la phalange hoplitique n'est pas un modèle figé. Il y a eu plusieurs réformes de la phalange hoplitique. je vous suggère de lire le livre de Cornélius Népos: "Les grands généraux des nations étrangères" https://archive.org/details/bub_gb_0ik34yzIzZ8C/mode/2up
si vous voulez en apprendre plus sur les réformes militaires des armées grecques.
Le plus important c'est l'abandon de la cuirasse métallique et le remplacement par la linothoraxe chez les hoplites, cet allégement les rendant plus manoeuvrable et la formation dite 'de phalange oblique' https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_oblique.
Avec l'arrivée de la phalange macédonienne, la phalange hoplitique disparaît rapidement dans les cités grecques. Certaines choisissent de se munir elle-aussi d'une phalange macédonienne, mais on assiste aussi à l'apparition d'une nouvelle classe de combattant: le peltaste lourd.
Dans le monde grec, le lanceur de javelot n'est pas une unité destiné au corps-à-corps. Comme le velites romain, il s'agit d'une troupe d'escarmouche, d'embuscade et de poursuite. Seulement, ces unités pouvaient se retrouver obligé de combattre à courte portée, aussi l'usage vint de leur donner un bouclier plus lourd le thuréos pour qu'ils puissent se défendre.
Au cours de l'épopée d'Alexandre, les Macédoniens rencontrèrent d'autres peuples qui donnaient des armures et des casques à leurs lanceurs de javelots comme les Galates ou les Juifs.
D'abord employés comme mercenaires, en particulier par les Sélucides, ces peuples inpirèrent des unités grecs comme les Thuréophores θυρεοφόρος / thuréophoros (« porteur de thuréos »).
L'âge d'or des Turéophores est la première partie du IIIème siècle. Ayant abandonné l'infanterie hoplitique traditionnelle, la ligue achéenne et la ligue béotienne constituent des armées de Turéophores. A cette époque, c'est simple, les grands états grecs ont des phalanges sur le modèle macédonien, les plus pauvres des Turéophores. Seulement, à la fin du siècle, pratiquement toutes les cités adoptent la phalange... à l’exception de Megapolis qui crée au contraire une unité de super-Turéophores, les Chalkaspides (ou "bouclier de bronze").
Chez les Sélucides, le souverain Antiochos III se retrouve à affronter des peuples hostiles de lanceurs de javelots... Ses phalanges ne sont pas adaptés à combattre dans les montagnes où ils vivent. Il recourt donc à des mercenaires galates (celtes de Turquie actuelles). Les Séleucides doivent également affronter les Juifs qui recourent à des unités de lanceur de javelots aptes au combat au contact. Cela conduit ce royaume diadoque à se doter d'une importante infanterie de Thorakitès, c'est à dire des "porteurs d'armures" ultime évolution du peltaste lourd portant linothorax ou cotte de mailles. Au contact des Romains, les Sélucides développeront encore davantage ce modèle de troupes, copiant les formations et les tactiques de leurs ennemis.
Cavalerie
Hippei
La meilleure cavalerie grecque est celle de la ligue de Thessalie, les Hippei. Elle était si redoutable que même les Lacédémoniens refusaient de l'affronter en plaine. Dans l'armée, elle est généralement déployée à gauche de la phalange (la place la plus prestigieuse). Groupée en losange, sa charge est capable d'enfoncer la phalange.
Cavalerie balkanique
Mercenaires thraces et péoniens, ils portent le pelté et des petits casques de bronze pour toute armure. Troupe d'escarmouche, ils harcèlent l'ennemis à coup de javelots, et ont une machaira (ancêtre du sabre de cavalerie) pour l'autodéfense. ils sont très utiles pour massacrer des troupes en déroute.
Cavalerie grecque
Transposition à cheval de la phalange hoplitique, ces cavaliers combattent en carré et chargent à la la lance. Ils sont le plus souvent utilisés pour la reconnaissance et la poursuite. Ils portent des casques de bronze et des linothorax.
Prodomoï
Littéralement, le nom de cette unité veut dire "en avant sur la route". Ce sont des éclaireurs sans armure, ils avancent devant l'armée en déplacement. Dans la bataille, leur rôle est la poursuite d'unités en déroute mais aussi la couverture. Sur le champ de bataille, on les déploie de manière à engager les phalanges de flanc, leurs longues sarisses les rendent très efficaces dans les charges.
Hétairoi
Leur nom veut dire "compagnon" c'est la cavalerie d'élite macédonienne. Il s'agit de nobles qui sont souvent de proches amis du roi. Ils font partis de ses conseillers, exercent le rôle de garde du corps dans la bataille, festoient avec lui. Un peu comme les chevaliers de la table ronde, leur position dépend de leurs exploits individuels. Par exemple, pour pouvoir manger couché près du roi et non assis sur un banc avec les novices, un Compagnon doit avoir tué un sanglier à la lance. Ils sont entraînés depuis leur plus jeune âge et sont capables de charger à la lance (ce qui est loin d'être évident avant l'invention de l'étrier). Leur équipement comprend un casque de bronze de type béotien une cuirasse de bonze ou une linothorax, et des cnémides. Il n'a pas de bouclier car il tient les rênes dans sa main gauche. Il se sert au combat d'une longue lance de cavalerie appelée dory. |
Autant oui pour le manque de pognon ayant amené la pique ayant amené la pique, mais je vais renvoyer à ce que j'avais posté plus haut avec le blog de Bret Devereaux:
| Citation: | | Let’s start with length; one sees a very wide range of lengths for the sarisa, based in part on the ancient sources. Theophrastus (early third century BC) says it was 12 cubits long, Polybius (mid-second century) says it was 14 cubits, while Asclepiodotus (first century AD) says the shortest were 10 cubits, while Polyaenus (second century AD) says that the length was 16 cubits in the late fourth century.3 Two concerns come up immediately: the first is that the last two sources wrote long after no one was using this weapon and as a result are deeply suspect, whereas Theophrastus and Polybius saw it in use. However, the general progression of 12 to 14 to 16 – even though Polyaenus’ word on this point is almost worthless – has led to the suggestion that the sarisa got longer over time, often paired to notions that the Macedonian phalanx became less flexible. That naturally leads into the second question, “how much is a cubit?” which you will recall from our shield-wall article. Connolly, I think, has this clearly right: Polybius is using a military double-cubit that is arms-length (c. 417mm for a single cubit, 834mm for the double), while Theophrastus is certainly using the Athenian cubit (487mm), which means Theophrastus’ sarisa is 5.8m long and Polybius’ sarisa is…5.8m long. The sarisa isn’t getting longer, these two fellows have given us the same measurement in slightly different units. This shaft is then tapered, thinner to the tip, thicker to the butt, to handle the weight; Connolly physically reconstructed these, armed a pike troupe with them, and had the weapon perform as described in the sources, which I why I am so definitively confident he is right. The end product is not the horribly heavy 6-8kg reconstructions of older scholars, but a manageable (but still quite heavy) c. 4kg weapon. |
La pique n'a... probablement pas dégénérée comme certains le pensent, ce serait davantage une affaire d'unités de mesures du même nom avec différentes valeurs (ce qui n'est pas la première fois dans l'histoire).
De la même façon... l'idée qu'ils n'ont aucune armure pour les rangs arrières n'est qu'une des deux interprétations possibles, et pas garantie quand Alexandre est censé avoir reçu de nouveaux lots d'armures et brulé les anciens (ce qui correspondrait à des cuirasses textiles linothorax, qui étaient déjà ce que potaient bien des hoplites et sarissophporoi):
| Citation: | | Representational evidence, but also the report that when Alexander got fresh armor for his army, he burned 25,000 sets of old, worn out armor. Curtius 9.3.21; Diodorus 17.95.4. Alexander does not have 25,000 hegemones, this must be the armor of the general soldiery and if he’s burning it, it must be made of organic materials. I think the correct reading here is that Alexander’s soldiers mostly wore textile tube-and-yoke cuirasses. |
Quant à l'idée que la phalange est lourde et inadaptée... Polybe peut être un expert militaire, mais on peut aussi se rappeler que c'est un expert militaire pro-romain, et que sa comparaison se fait strictement entre phalange macédonienne et légion. La phalange n'est pas si inutile dans le monde hellénistique, et on peut rappeler que ni la Grèce ni la Macédoine sont ce que l'on peut appeler des pays de plaines plates. La phalange peut maneuvrer autour de collines, et les montagnes ne la rendent pas instantanément inutiles, ni les archers de cavalerie d'ailleurs:
Je renvoie aux batailles mentionnés dans ce post: https://acoup.blog/2024/03/01/collections-phalanxs-twilight-legions-triumph-part-iiia-peak-pike-phalanx/
Ni les montagnes du plateau iranien, ni les archers de cavalerie n'empêchent Antiochos III de prendre l'ascendant sur les Parthes quand il peut se focaliser sur eux. Et la phalange antigonide est parfaitement capable d'aller chercher la phalange spartiate sur ses collines de retranchements à Sellasia en 222 av JC, à un moment où la phalange macédonienne est sensée avoir 'dégénérée'.
En fait, comme tu l'as mentionné Anaxagore, le système hellénistique a continué d'évoluer et de s'adapter depuis Alexandre, plutôt que de dégénérer. Comme le montre d'ailleurs les thureophoroi, adaptation issue du contact avec les Celtes/Galates, ou tes autres exemples de troupes d'accompagnement. La phalange n'est jamais conçue comme une unité seule:
https://acoup.blog/2024/01/26/collections-phalanxs-twilight-legions-triumph-part-ib-subjects-of-the-successors/
C'est juste que les Romains sont l'exception au sens où l'armée est bâtie presque intégralement autour de l'infanterie lourde, en mailles et bouclier scutum et casque... Et le fait que le système hellénistique a la phalange comme élément-clé oui, mais considère la cavalerie comme le punch décisif qui gagne la bataille en termes de doctrine militaire (comme... Eh bien, Alexandre et Philippe II).
PS: Et dans les faits, tous cela parle encore de la phalange macédonienne et du système hellénistique. Pas la phalange hoplitique grecque. |
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Colonel Gaunt

Inscrit le: 26 Mai 2015 Messages: 2461 Localisation: Val de Marne
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Posté le: Ven Nov 21, 2025 12:15 Sujet du message: |
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En finalité, tout est question de date et de période. _________________ Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
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